12/12/2018

Prix Nobel de la Paix: Merci au Roi Harald V, la reine Sonja et au peuple Norvégien !

Prix Nobel de la Paix: Merci au Roi Harald V, la reine Sonja et au peuple Norvégien !

10 décembre, à Oslo, le Roi Harald V et la reine Sonja à la remise du Prix Nobel.

C'est la Norvège, pays scandinave qui avec le Prix Nobel de la Prix remis au Dr. Denis Mukwege, qui permet aux médias du monde de braquer ses projecteurs sur les problèmes de la République démocratique du Congo: au delà des viols des femmes congolaises, la dictature et ses conséquences, les atteintes massives des droits de l'homme...La RDC est géant aux pieds d'argile, ses ressources sont devenues une malédiction, ses incapacitaires de dirigeants courent à l'enrichissement facile, ses citoyens ne sont mêmes pas protégés.

Grand Hôtel à Oslo, Berit Reiss-Andersen, la présidente du comité Nobel, Olav Njolstad, le Directeur du Nobel Institue, Denis Mukwege et son épouse, la reine Sonja et le Roi Harald V, la princesse héritière Mette Marit et le prince héritier Haakon

Grand Merci au Roi Harald V, la reine Sonja et au peuple Norvégien ! Merci au Nobel Institute pour mon accréditation. Je quitte Oslo avec une grande reconnaissance mais aussi pincement au cœur, j'ai beaucoup aimé ce pays paisible. J'ai travaillé dans des meilleures conditions. Aucune tracasserie, sans parler norvégien !

Freddy Mulongo à Oslo. Photo Réveil FM International

Les Norvégiens sont les plus heureux au monde, dixit les Nations Unies. D'après le World Happiness Report, le cinquième rapport annuel du genre, leur pays est celui où confort économique et bien-être sont le plus en adéquation. La Norvège a été nommée le pays le plus heureux du monde pour la première fois, volant le titre à son voisin scandinave, le royaume du Danemark. Classée en quatrième position les deux dernières années et deuxième en 2013, la Norvège a sauté au sommet en tête de liste du bonheur social, selon le World Happiness Report.

Les scores sont calculés en mesurant des facteurs tels que les niveaux de soins, la liberté de prendre des décisions de vie, la générosité, la bonne gouvernance, l’honnêteté, la santé et le revenu, explique le journal norvégien The local. « Ce qui fonctionne dans les pays nordiques, c’est un sentiment de communauté et de compréhension dans le bien commun », explique un expert. La Norvège a également été récemment classée comme la dixième destination la plus attractive pour les étudiants internationaux et la seconde pour les carrières dans une étude européenne distincte.

Quel beau pays, la Norvège.

21:26 Écrit par Freddy Mulongo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

Denis Mukwege à Oslo: "C’est au nom du peuple congolais que j’accepte le prix Nobel de la paix"

Denis Mukwege à Oslo: "C’est au nom du peuple congolais que j’accepte le prix Nobel de la paix"

 

A l’hôtel de Ville d’Oslo, le roi Harald, la reine Sonja, le prince héritier Haakon et la princesse héritière Mette Marit de Norvège ont assisté à la remise du Prix Nobel de la Paix 2018 à Nadia Murad et Denis Mukwege. La famille royale norvégienne a été présente au prix Nobel de la Paix 2018. Il faut dire que c’est le jour même de la célébration du 70ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme par l’ONU que l’Académie Nobel a remis son Prix Nobel de la Paix 2018 au Congolais Denis Mukwege et à la Yazidi Nadia Murad Basee.

Un standing ovation de la famille royale norvégienne présente, les applaudissements mêlés à l’explosion de joie collective dans la salle ont salué la distinction accordée au gynécologue congolais surnommé « l’Homme qui répare les femmes » et « l’ex-esclave sexuelle » des fanatiques de l’État islamique en Irak. Tous deux inscrits dans la prestigieuse catégorie des défenseurs des droits des opprimés à cause de leur combat pacifique.

Devant le couple royal, il a indiqué que la lutte contre l’impunité peut briser la spirale des violences. A l’en croire, fermer les yeux devant ce drame, c’est être complice. "Le pays est systématiquement pillé avec la complicité des gens qui prétendent être nos dirigeants", a-t-il déclaré. Car, le peuple congolais est humilié depuis plus de deux décennies au vu et au su de la communauté internationale. Profitant de cette occasion, il a invité le peuple à construire l’avenir du pays.

"Comment construire la paix sur des fosses communes, comment construire la paix sans justice et réconciliation, ayons le courage de révéler le nom de ceux qui ont commis des crimes" s’est interrogé Denis Mukwege dans son discours de circonstance devant la famille royale et tous les invités de marque. Ce qui ne l’a pas empêché de dénoncer que le « Mapping report » de l’ONU sur les exactions au Congo est toujours dans un tiroir à New York.

Prix Nobel, une victoire de la diaspora congolaise !

La mémoire fait souvent défaut. Et les historiens congolais ne jouent pas vraiment leur rôle. En tant que journaliste, il est important de rappeler des faits, de faire des croisements et recoupements sur un événement. Et à Réveil FM International, nous n'avons pas honte de le dire: Le Prix Nobel remis à Denis Mukwege est aussi le fruit de l'engagement de la diaspora congolaise contre le viol en RDC. C'est Roger Bongos qui a été l'inspirateur et chef d'orchestre de la grande marche Paris-Bruxelles 309 Km contre le viol des femmes congolaises! Organisée par l’Action des Journalistes de l’Espace Schengen (AJES)-Roger Bongos, Marie Iyongo, FreddyMulongo, en partenariat avec l’association Ni Putes Ni Soumises, cette marche mondiale contre les viols des Congolaises pour la justice avait traversé 14 villes de France et de Belgique avec pour objectif : briser un silence de 14 ans sur sur les violences sexuelles en République démocratique du Congo.

L'affiche de la marche mondiale contre le viol. STOP AUX VIOLS EN RDC ! 48 FEMMES VIOLÉES PAR HEURE ! Photo Réveil FM International, archives

La marche mondiale contre les viols en République démocratique du Congo avait débuté jeudi 30 juin 2011 à Paris. 14 jours de marche pour 14 années de silence. Chaque jour 1152 femmes sont violées en République démocratique du Congo dans l'indifférence générale. Pour dénoncer ce féminicide oublié des médias, une grande marche de plus de 309 km Paris à Bruxelles a été organisée pour sensibiliser l'opinion internationale au drame des femmes congolaises victimes de viols. L'un des objectifs était de remettre une plainte à la Cour Pénale Internationale, engageant cette dernière à faire naître un procès contre les génocidaires congolais.

La marche s'était divisé en 14 étapes dans des villes françaises et belges: Paris, Goussainville, Senlis, Compiègne, Noyon, Tergnier, Saint Quentin, Bohain en Vermandois, Solesmes, Valenciennes, Boussu, Mons, Soignies, Hal, Bruxelles et avait rassemblé jusqu'à 2000 personnes par palier. Elle a été menée par un cortège symbolique de femmes congolaises et de leaders d'opinion français et internationaux, et composée majoritairement par la diaspora congolaise et des jeunes des quartiers populaires.

 

Des femmes congolaises de la diaspora ont marché de Paris à Bruxelles contre les viols au Congo. Photo Réveil FM International, archives

Des femmes congolaises de la diaspora ont marché de Paris à Bruxelles contre les viols au Congo. Photo Réveil FM International, archives

Des femmes congolaises de la diaspora ont marché de Paris à Bruxelles contre les viols au Congo. Photo Réveil FM International, archives

Une marche mondiale contre les viols en RD Congo a débuté jeudi 30 juin 2011 à Paris. Cette marche reliera Paris à Bruxelles, afin de remettre une plainte à la Cour Pénale Internationale, engageant cette dernière à faire naître un procès contre les génocidaires congolais.

Toujours en juin 2011, une belle initiative de l'association OBJECTIF CONGO, avec une chanson "Mama Congo" contre le viol. Dans cette vidéo on reconnait Sam Tshintu, Mimi Mavatiku, Olivier Tshimanga maestro en guitare et d'autres.

 

Le 23 décembre 2013, Me Hamuli Rety a été reçu à l'Elysée avec les marraines par le président François Hollande pour plaider la cause des femmes violées et pour la création d'un Tribunal Pénal International pour la République démocratique du Congo et c'est notre confrère Roger Bongos d'Afrique Rédaction qui a couvert cette réception. Le Président François Hollande avait sur sa table plusieurs dossiers brûlants: le viol des femmes congolaises utilisé comme arme de guerre, l'assassinat de Floribert Chebeya, l’icône des droits de l'homme et Fidèle Bazana en République démocratique du Congo.

Paris, mercredi 16 juin 2011, Roger Bongos, Afrique Rédaction et Me Hamuli Rety au centre d'Accueil de la Presse Etrangère (CAPE) avant la marche Paris-Bruxelles 309 km contre le viol au Congo. Photo Réveil FM International, archives

 

Paris, mercredi 16 juin 2011, Sihem Habchi, présidente de Ni Putes, Ni Soumises: "ces massacres sont en train de déshumaniser l'Afrique. Il est temps de se mobiliser pour ses femmes et de porter plainte en leur nom". Marie Inyongo, présidente de l'AJES, "Il est temps de dire stop !". Photo Réveil FM International

On a toujours pas le résultat tout de suite, personne ne doit se décourager. Lorsque la diaspora congolaise de France faisait ce méga marche contre les viols des femmes congolaises en RDC, que des artistes engagés chantaient contre ce fléau érigé en arme de guerre, nous étions en juin 2011. Personne ne présageait à un résultat probant. 7 ans après, Denis Mukwege reçoit le prix le Nobel et le dédie à la population congolaise. Ce prix n'est pas celui de la joie mais plutôt des pleurs. Et dans cette réjouissance à Oslo, on aurait pris voir toutes ces personnes de la diaspora qui battent les pavés parisiens pour manifester contre le régime d'imposture de Kinshasa. Plusieurs visages inconnus, mais rien de grave, c'est le Congo qui a été à l'honneur à Oslo.

17:55 Écrit par Freddy Mulongo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

11/12/2018

Oslo: Denis Mukwege pour un "Nuremberg congolais" contre l'impunité !

Oslo: Denis Mukwege pour un "Nuremberg congolais" contre l'impunité !

Oslo, dimanche 9 déc, Denis Mukwege à son arrivée pour la conférence de presse. Photo Réveil FM International

Il fallait montrer pattes blanches pour les journalistes accrédités au Nobel Institute à Oslo où les deux lauréats : la Yazidie Nadia Murad, ex-esclave des jihadistes devenue porte-parole de sa communauté et le gynécologue Denis Mukwege, 63 ans qui a soigné par milliers des victimes de violences sexuelles à l'Est de la RDC, devraient s'exprimer. La conférence de presse a duré 45 minutes, tous les journalistes sans exception ont pu poser leurs questions. Bravo donc à l'organisation et au professionnalisme de Monsieur Olav Njolstad, le directeur de l'Institut norvégien Nobel, qui a présidé la conférence de presse, en veillant à ce que qu'aucune main levée ne puisse être zappée ! Le Dr. Denis Mukwege étant congolais comme moi et Francophone de surcroît, je ne me voyais pas lui poser la question dans la langue de Shakespeare.

L'accréditation de Freddy Mulongo pour le prix Nobel de la paix. Photo Réveil FM International

Freddy Mulongo de Réveil FM International est le premier journaliste à qui est accordé le micro pour sa question en français, les autres confrères se sont tous exprimés en anglais. Ma question a été directe au lauréat du prix Nobel de la Paix 2018: "Monsieur Denis Mukwege ce prix Nobel vous honore et honore aussi la République démocratique du Congo, qui depuis 1960 vit les soubresauts politiques, manque de bonne gouvernance et atteintes massives aux droits de l'homme...Votre Prix Nobel allez-vous l'accrochez dans le mur de votre salon ou êtes-vous décodez maintenant à mettre vos mains dans le cambouis? Avec tous les crimes commis sur sol congolais êtes-vous d'accord avec les congolais qui réclament un Nuremberg congolais pour mettre fin à l'impunité ? Je vous remercie. Sa réponse a été au delà de mes attentes. "Il n'y a pas de paix sans justice ! Après le dialogue inter-congolais, les seigneurs de guerre ont été placés au sein de nos institutions républicaines. 20 ans après, vous remarquerez que nous n'avons toujours pas la paix. Je suis d'accord il faut que la justice se fasse pour des victimes congolaises. Nous devons tous contribuer à lutter contre l'impunité. Dans les conflits armés, (...) la transformation de corps de femmes en champ de bataille est tout simplement un acte inadmissible à notre siècle "

Denis Mukwege, qui a déjà reçu le prix Sakharov en 2014 "pour la liberté de l'esprit et pour son engagement auprès des femmes victimes de viols et de violences sexuelles, est un homme transfiguré ! Durant toute la conférence de presse, il a cité la RDC au moins une quinzaine de fois. On sent qu'il s'investit de plus en plus d'une mission, il devient Porte-parole de tout un pays. Denis Mukwege est porte l'étendard de la République démocratique du Congo. Le réparateur des femmes a mûri, il parle clairement et nomme des choses. Éveilleur des consciences au niveau international, Denis Mukwege est un leader Prix Nobel. Sa voix compte. Réparer les femmes, c'est bien mais s'occuper des causes de viols des femmes comme arme de guerre, c'est dénoncer le pillage des ressources en République démocratique du Congo. C'est dénoncer des rébellions factices créer pour massacrer des populations civiles et occuper des terrains. Avec un régime d'imposture de Kinshasa qui ne sait pas protéger ses propres populations, qui contribue aux magouilles où les apparatchiks vont une course effrénée à l'enrichissement personnel au détriment des victimes congolaises, on n'est pas sorti de l'auberge. « Ce ne sont pas seulement les auteurs des violences qui sont responsables de leurs crimes, mais aussi ceux qui choisissent de détourner le regard. S'il faut faire la guerre, c'est la guerre contre l'indifférence qui ronge nos sociétés », a déclaré Denis Mukwege lors de la conférence de presse.

Photos de la conférence de presse à Oslo

Olav Njolstad, les deux lauréats: Nadia Murad et Denis Mukwege, et Berit Reiss-Andersen, la présidente du comité Nobel.Photo Réveil FM International

Olav Njolstad, les deux lauréats: Nadia Murad et Denis Mukwege, et Berit Reiss-Andersen, la présidente du comité Nobel.Photo Réveil FM International

Denis Mukwege répondant à la question de Freddy Mulongo. Photo Réveil FM International

L'Irakienne Nadia Murad et le Congolais Denis Mukwege à la fin de la conférence de presse. Photo Réveil FM International

L'Irakienne Nadia Murad et le Congolais Denis Mukwege à la fin de la conférence de presse. Photo Réveil FM International

Se battre contre la barbarie: L’annonce avait été faite le 5 octobre dernier. La présidente du comité Nobel, Berit Reiss-Andersen avait alors expliqué ce choix en arguant : "Denis Mukwege est le sauveur qui a consacré sa vie à la défense de ces victimes. Nadia Murad est le témoin qui raconte les abus perpétrés contre elle-même et les autres. Chacun à sa manière, ils ont contribué à donner une plus grande visibilité aux violences sexuelles commises en temps de guerre afin que leurs auteurs puissent répondre de leurs actes".

Monsieur Olav Njolstad, le directeur de l'Institut norvégien Nobel lors du briefing avec des journalistes. Photo Réveil FM international

L'escalier du Nobel Institute à Oslo. Photo Réveil FM International

L'entrée du Nobel Institute à Oslo. Photo Réveil FM International

Denis Mukwege a demandé, au cours de la conférence de presse, aux Etats de lutter contre l’utilisation des violences sexuelles comme armes de guerre. "Nous devons tous nous approprier ce combat, cette lutte contre les violences sexuelles, y compris les Etats qui doivent cesser d’accueillir les dirigeants qui ont toléré ou pire utilisé la violence sexuelle pour accéder au pouvoir. Les Etats doivent tracer une ligne rouge contre l’utilisation des viols comme arme de guerre, une ligne rouge qui serait synonyme des sanctions économiques, politiques et des poursuites judiciaires. Poser un acte juste n’est pas difficile, c’est une question de volonté politique", a fait remarquer Denis Mukwege.

Lors de la conférence de presse, Nadia Murad a témoigné de l’importance "que justice soit faite à un moment ou un autre, rappelant qu’aucun membre de l’État islamique n’a été traduit en justice". "Notre objectif, c’est que ce prix ouvre des portes", a-t-elle ajouté. Dans la même veine, Denis Mukwege, souhaite que ce Nobel "ne soit pas considéré comme une victoire en soi" mais plutôt "comme le début d’un combat contre un mal qui ronge notre société  : la violence faite aux femmes dans les conflits".

20:11 Écrit par Freddy Mulongo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |