29/04/2012

Paris-Bercy: François Hollande prédit «une belle victoire» !

Paris-Bercy: François Hollande prédit «une belle victoire» !

«A la victoire! Au 6 mai! A demain!», a lancé dimanche François Hollande lors d'un meeting au palais omnisports de Paris-Bercy. Des "On va gagner!" et des "François président!" ont ponctué la prestation du candidat socialiste, applaudi par 22'000 personnes, selon le PS, réunies dans et autour de la grande salle de l'Est parisien à une semaine du second tour de l'élection présidentielle. "A demain !": François Hollande a donné rendez-vous dimanche à ses partisans enthousiastes réunis dans un Palais omnisports de Paris comble, pour son dernier meeting parisien avant le second tour dimanche 6 mai.

"C'est le meeting de la confiance", avait résumé le député socialiste Claude Bartolone avant le début de ce grand rassemblement auquel assistaient notamment les écologistes Eva Joly, Cécile Duflot, Jean-Vincent Placé mais aussi Corinne Lepage.

La mobilisation était le mot d'ordre du candidat PS, qui a appelé à la "responsabilité", "à ne pas céder à la douceur suave des sondages"!: "nous avons tant à faire".

"Les problèmes de notre pays ne vont pas disparaître avec le candidat sortant, ce serait trop simple", a mis en garde le candidat PS, prévenant que ce serait "dur après", avec "la dette" qui sera "toujours là" et "la croissance" qui "ne repartira pas d'un bond dès lors que les Français auront voté".

22.000 personnes, selon les organisateurs - dont 3.000 restées dehors qui suivaient sur grand écran selon le PS -, ont assisté à ce discours d'une heure et quart, marqué à la fin par un "bis" inédit dans la campagne du socialiste.

"La ferveur était telle que François n'était pas pressé de partir", a résumé le maire de Paris Bertrand Delanoë, présent au côté de toute la famille socialiste, de Ségolène Royal à Lionel Jospin, de Robert Badinter à Martine Aubry...

Des célébrités étaient aussi de la partie, dont Vincent Lindon, Josyane Balasko, Guy Bedos, Jacques Higelin....

Dans un discours ponctué de "François président!" et d'applaudissements, le député de Corrèze a repris tous ses thèmes fondamentaux: rassemblement, République, laïcité, école, jeunesse, égalité...

En contrepoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, qui veut s'adresser en particulier aux 6,4 millions d'électeurs du FN, M. Hollande entend "réconcilier la France", et veut faire de 2012 "une date historique" pour reprendre "la longue marche du progrès".

"Je veux que le 6 mai soit une bonne nouvelle pour les démocrates et une terrible nouvelle pour les dictateurs", a-t-il lancé.

Visant la droite et le FN, il a aussi dénoncé "ceux qui craquent des allumettes, ceux qui jouent avec le feu, ceux qui mettent l'étranger au cœur de cette campagne et qui ne seront pas entendus".

M. Hollande a aussi ironisé sur l'accusation lancée régulièrement par Nicolas Sarkozy d'un supposé appel de "700 mosquées" à le soutenir. "Quitte à proférer un mensonge, il aurait pu dire 700 églises ou 700 temples ou 700 synagogues, non, 700 mosquées! que voulait-il insinuer'", a-t-il dit.

Le meeting avait commencé en musique avec le chanteur Sanseverino. On guettait la venue de son pianiste familier qui n'est autre que Dominique Fillon, le frère du Premier ministre, mais il n'y avait pas de clavier.

Il n'a pas été terni non plus par Dominique Strauss-Kahn qui se réinvite dans la campagne, via le livre à paraître d'un journaliste américain et surtout sa présence à l'anniversaire de Julien Dray (PS) la veille. Plusieurs dirigeants socialistes pourtant ne décoléraient pas. "C'est insensé, c'est un piège tendu à tous ses invités", s'exclamait l'un d'eux, sous couvert d'anonymat, à propos de M. Dray.

Galvanisé par le moment, François Hollande a agité sur scène des drapeaux français et européen après un premier discours d'une heure. Il a repris le micro après la Marseillaise pour une dizaine de minutes mobilisatrices.

"Nous devons nous battre comme si nous étions en retard, alors même que nous sommes en avance", a dit le favori des sondages qui retrouvera son adversaire, le président sortant Nicolas Sarkozy, mercredi en débat télévisé.

Arrivé en tête au premier tour avec 28,6% des voix, François Hollande a fustigé les méthodes de ses adversaires pour le dénigrer tout en tentant de séduire les 17,9% d'électeurs qui ont choisi la candidate du Front national, Marine Le Pen.

"Je comprends la souffrance de beaucoup", a-t-il souligné. "Je veux reconquérir les hommes et les femmes en colère, qui parfois s'abandonnent, oui, 100 fois oui. Mais promettre ou se compromettre, mille fois non".

A l'adresse du "candidat sortant" qu'il n'a jamais nommé, François Hollande a ciblé "ceux qui craquent les allumettes, qui allument les mèches, qui jouent avec le feu, qui mettent l'étranger au cœur de cette campagne et qui ne seront pas entendus."

De la première secrétaire du PS Martine Aubry au président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, deux "premier ministrables", tous les ténors du PS étaient présents dans les tribunes de Bercy, de même que beaucoup d'artistes. L'écologiste Eva Joly (2,3% des voix au premier tour) a eu droit à une ovation du public, tout comme l'ancien premier ministre Lionel Jospin.

La colère du professeur français Michel Halbwachs à propos du lac Kivu

La colère du professeur français Michel Halbwachs à propos du lac Kivu

Le professeur français Michel Halbwachs (photo) a clamé sa colère contre l’Etat français qui ne l’a pas soutenu dans son projet d’extraction de gaz méthane au lac Kivu. Pour protester, il renie sa décoration de la légion d’honneur. Michel Halbwachs a fondé une société, Data Environnement, qui serait la seule au monde à maîtriser une technologie d’extraction du gaz adaptée à la situation du lac Kivu.

Michel Halbwachs

Selon lui, les 60 milliards de m3 de méthane convenus dans le lac sont une effroyable menace pour les populations riveraines, capable de provoquer une catastrophe sans comparaison avec le tsunami de 2004 en Asie qui a fait plus de 200000 morts. Et dans le même temps, ce gaz constitue une formidable opportunité de production d’énergie représentant 150 fois la consommation annuelle du Rwanda d’aujourd’hui.

Soulignant que ce projet était «à très bas coût» (800 000 euros) et qu’il «réunissait tout : l’économique, l’environnement et la lutte contre la pauvreté», le scientifique français explique les raisons de sa profonde déception dans une longue lettre ouverte à Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères.

« Monsieur Juppé,

J'ai reçu en 2011 la Légion d'honneur sur votre proposition pour mon travail au Rwanda. Professeur de l'Université de Savoie, j'ai lancé en 2001 - dans le cadre de la Société Data Environnement que j'ai créée en 1991 - un projet d'extraction du méthane au lac Kivu en Afrique centrale. Cet immense lac contient environ 60 milliards de mètres cubes de méthane qu'il est indispensable d'extraire pour prévenir le risque d'une éruption limnique (du grec "limnê", lac) de même nature que celle du lac Nyos, au nord-ouest du Cameroun.

Le 21 août 1986, ce lac - contenant mille fois moins de gaz que le Kivu - avait explosé et libéré un nuage de dioxyde de carbone causant la mort de 1746 riverains. Pour moi, Nyos a été un véritable défi scientifique, mais aussi un laboratoire unique au monde, à la fois sur le plan fondamental et technique. Aujourd'hui, après 20 ans d'engagement scientifique, notre société, Data Environnement, a terminé, avec un succès total, la mise en route du dispositif de dégazage : les Orgues de Nyos.

Or, ce ne sont pas deux mille, mais deux millions de Rwandais et de Congolais qui sont installés sur les rives du lac Kivu : une éruption limnique - même si elle ne semble pas imminente - aurait donc des conséquences humaines apocalyptiques, sans comparaison avec le tsunami de 2004 en Asie qui a fait plus de 200000 morts. J'ajoute que la récupération du méthane permettrait au Rwanda d'être autosuffisant en production électrique durant 150 ans (au niveau actuel de consommation). Et comme combustible, de réduire la déforestation et l'érosion des sols.

Il va sans dire que pour les entreprises étrangères qui se multiplient, pour le moment sans succès, au bord du Kivu, le méthane représente de l'or !

De 2009 à 2010, Data Environnement a construit et expérimenté sur le Kivu une station pilote d'extraction de méthane qui a produit une puissance électrique de 2,4 MW au lieu des 3,6 MW espérés. Puis, des problèmes mécaniques, causés par les tempêtes, nous ont contraints à interrompre la production. Néanmoins je considère cet essai comme une validation de l'efficacité de notre technologie mise au point durant les 20 ans d'expériences au lac Nyos.

Pour toutes ces raisons - écologiques, économiques et humanitaires - notre projet représentait pour la France une opportunité formidable de reprendre pied au Rwanda et je croyais, peut-être naïvement, que la France, qui possède, grâce à notre savoir-faire, la meilleure expertise de prévention de telles catastrophes, soutiendrait notre entreprise.

Au contraire, depuis le début du projet en 2002, j'ai reçu beaucoup de bonnes paroles et perdu beaucoup de temps, en rédaction de dossiers, demandes d'aides financières et en déplacements à l'Agence Française de Développement (AFD) pour des discussions vaseuses.

On a fini par me faire savoir que Proparco, institution financière de développement de l'AFD, n'aidait QUE les grands groupes industriels. Résultat, les investisseurs rwandais qui nous financent n'ont plus d'argent pour terminer le projet (800000 euros environ) et notre société est actuellement en redressement judiciaire.

N'en déplaise au Quai d'Orsay, il n'existe pas en France de «grand groupe industriel» capable d'extraire le méthane du lac Kivu. Quelle aubaine pour les entreprises anglo-saxonnes, fortement soutenues par leurs gouvernements, qui ne manqueront pas de prendre la place que nous occupons au Rwanda.

Monsieur Juppé, j'estime donc que m'attribuer la Légion d'honneur pour ce gâchis est surtout une façon de dissimuler l'incapacité du Quai d'Orsay à garantir les intérêts et la réputation de la France. Et pour ce qui concerne ma modeste personne, un non-sens.

Comme Français et comme expert scientifique, j'aurais souhaité que notre Ministre des Affaires Étrangères ne galvaude pas une décoration que j'aurais portée avec fierté si elle n'avait été le masque de l'inefficacité ou de l'indifférence.

Monsieur Juppé, je refuse ma Légion d'honneur. »

Michel Halbwachs

Présidentielle 2012: Dis-moi ce que tu lis, je te dirai pour qui tu votes !

Pour "Marianne", Ipsos a mesuré auprès de 6 210 électeurs leurs préférences en matières de JT, de radio et de quotidien. Pas de grande surprise.

Éric Besson en pleine lecture du "Figaro", le 23 octobre 2009.

Éric Besson en pleine lecture du "Figaro", le 23 octobre 2009.

À voir les unes du Figaro ou celle de Libération, on se doute que leurs lecteurs ont une préférence politique en accord avec la ligne éditoriale des titres en question. Pour l'hebdomadaire Marianne, l'institut Ipos a mesuré précisément ce phénomène avec une marge d'erreur statistique de 0,8 %. Ainsi, le profil-type de l'électeur qui a voté Nicolas Sarkozy au premier tour a tendance à regarder, prioritairement, le JT de TF1 (38 %). C'est un lecteur du Figaro (61 %), qui écoute le plus souvent RTL (42 %), Europe 1 (36 %) ou BFM Radio (36 %).

Les lecteurs de Libération ont le plus de sympathie pour François Hollande (59 %), loin devant Mélenchon (18 %). Il reste 9 % d'électeurs sarkozystes qui lisent Libération... Ceux du Monde affectionnent aussi le candidat socialiste à 45 %, contre 21 % qui ont voté Sarkozy. C'est Le Parisien qui apparaît comme le plus "neutre", au sens où son lectorat a réparti ses votes au plus près de la répartition nationale, avec juste un peu plus de lecteurs favorables à Jean-Luc Mélenchon (16 % quand celui-ci est à 11,3 % dans les urnes).

Dis-moi ce que tu lis, je te dirai pour qui tu votes

Les téléspectateurs du JT de TF1 ont très majoritairement voté à droite : 38 % pour Sarkozy, 27 % pour Marine Le Pen. Le 19 h 45 de M6 réalise aussi de gros scores chez les électeurs du Front national : 25 %. Un quart des téléspectateurs du JT de M6 ont également apporté leur voix à Nicolas Sarkozy, et 22 % à François Hollande. Le candidat socialiste rassemble seulement 17 % des fidèles du JT de Claire Chazal et Laurence Ferrari. Quand au tandem Pujadas-Delahousse, sur France 2, il intéresse plutôt ceux qui ont voté Hollande (36 %) devant Sarkozy (24 %). Mélenchon, Le Pen et Bayrou se tiennent dans un mouchoir de poche, entre 11 et 12 %.

François Hollande réalise son meilleur score chez les assidus du Grand Journal de Canal + (38 %), là où Nicolas Sarkozy peine à atteindre les 20 %. C'est sur Canal + que Marine Le Pen réalise son plus petit score : 9 %. Le 19/20 de France 3 est également une terre d'élection pour Hollande, avec 31 % de téléspectateurs conquis. Marine Le Pen réalise une excellente performance sur France 3 avec 22 % de téléspectateurs, devant le président sortant (17 %). Signe là aussi de sa conquête de l'électorat des zones périurbaines.

Marine Le Pen leader sur... NRJ

Sans surprise, le vote Hollande domine parmi les auditeurs de France Inter (48 %), loin devant le vote Mélenchon (17 %). Sur la station dirigée par Philippe Val, Nicolas Sarkozy n'excède pas les 13 % d'auditeurs, et Marine Le Pen tombe à 6 %. Tous deux ont eu l'occasion, au cours de la campagne, de dire à quel point la station publique n'était pas leur fief...

Parmi les stations de radio, Marine Le Pen arrive en tête sur NRJ avec 33 %. L'électorat jeune sur lequel la leader frontiste a fait une percée écoute NRJ "pour s'informer". On notera également que Marine Le Pen est dans la même fourchette, avec 24 %, que Nicolas Sarkozy (23 %) sur RMC, station sur laquelle Hollande conserve une courte avance (26 %).

19:08 Écrit par Freddy Mulongo | Tags : tf1, france 2, libération, figaro, marianne, nrj | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |