14/05/2012

Le choc Le Pen-Mélenchon aura bien lieu à Hénin-Beaumont pour les législatives !

Le choc Le Pen-Mélenchon aura bien lieu à Hénin-Beaumont pour les législatives !

Jean-Luc Mélenchon du Front de Gauche a confirmé ce samedi midi sa candidature dans le Pas-de-Calais...…Fin du faux suspense. Jean-Luc Mélenchon sera bel et bien candidat face à Marine Le Pen à Hénin-Beaumon (Pas-de-Calais). Il l'a confirmé ce midi sur l'antenne de France 3 Nord-Pas-de-Calais. «Je suis quelqu'un qui propose comme réponse à la crise le social et pas l’ethnique», a-t-il indiqué. Pour conter ceux qui pourraient critiquer ce parachutage, il a expliqué se sentir «partout chez lui sur le territoire de la République». Par la suite, il a tenu une conférence de presse dans la salle du Colysée, à 100 mètres environ de l'hôtel de ville d'Hénin-Beaumon, où se trouvait plus de 200 personnes.

Jean-Luc Mélenchon du Front de Gauche au Centre d'Accueil de la Presse Etrangère (CAPE) à Paris. Photo Réveil FM, archives

«Nous voulons obtenir ici une victoire politique qui est un sens national et international», a lancé l'ancien candidat à la présidentielle. «Si vous voulez vous en prendre aux arabes, votez FN, si vous voulez vous en prendre aux banquiers, votez Front de gauche...Oui, je suis obsédé par la droite et l’extrême droite puisque je suis à gauche». Mais pour Jean-Luc Mélenchon, il ne s'agit pas d'une affaire personnelle, mais collective.Il envisage d'ailleurs cette campagne avec «un esprit de conscience, de savoir, de raison, et d’arguments. Il n’y aura pas la bataille de chiens que certains espéraient». Il invite d'ailleurs marine Le Pen a débattre où elle veut et quand elle veut. En allant défier Marine Le Pen dans son fief du Pas-de-Calais, le patron du Front de gauche prend le risque de perdre beaucoup. S’il l’emporte, en revanche…


Jean-Luc Mélenchon par franceinter

Le bras de fer s’annonce musclé dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Samedi, Jean-Luc Mélenchon s’est rendu à Hénin-Beaumont pour officialiser sa candidature dans l’ancienne cité minière. Face à lui, Marine Le Pen, sa rivale du FN, brigue le même siège. Hier, Martine Aubry, la patronne du PS, a commenté la décision du patron du Front de gauche. Pour elle, nul besoin de « match médiatique », mais d’un « élu de terrain, qui habite là, qui connaît les problèmes ». En clair, le candidat PS et maire de Carvin, Philippe Kemel. La veille, Mélenchon s’en était défendu : « Je suis un parachuté depuis que ma mère m’a mis au monde. Chaque Français est partout chez lui. » Cela suffira-t-il à convaincre les électeurs ? Dans ce scrutin, Mélenchon joue gros. Trois scénarios à la loupe.

Scénario 1 : victoire sur toute la ligne

« Mélench’ti » fait mieux que le candidat socialiste le 10 juin, au premier tour des législatives. Philippe Kemel l’a déjà dit : dans ce cas de figure, il se désistera en faveur de l’eurodéputé pour barrer la route à Marine Le Pen. Contre son ennemie politique, le tribun peut l’emporter. Lors du premier tour de l’élection présidentielle, Mélenchon n’avait certes récolté « que » 14,85% des suffrages quand Marine Le Pen est arrivée en tête avec 31,42%. Mais la circonscription reste bien ancrée à gauche : au second tour, François Hollande l’a largement emporté avec 60,44%. Le report des voix pourrait donc ouvrir les portes du Palais- Bourbon à Mélenchon.

Scénario 2 : l’honneur est sauf

L’ancien sénateur socialiste de l’Essonne se hisse au second tour, mais obtient un score inférieur au candidat PS, Philippe Kemel. Dans ce cas, « pas d’hésitation », assure le suppléant du leader du Front de gauche. « On se désisterait pour faire front contre le FN », promet Hervé Poly. Mélenchon se consolerait en contribuant à la défaite de Le Pen. La patronne du FN avait certes déjà perdu au second tour des législatives en 2007, dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais, face à un candidat socialiste (58,3%). Mais sa notoriété — donc ses chances de l’emporter — est beaucoup plus grande qu’il y a cinq ans.

Scénario 3 : pari perdu

Mélenchon se hisse au second tour. Il décroche enfin son duel frontal face à celle qu’il aura qualifiée de « chauve-souris » ou de « semi-démente ». Mais la greffe ne prend pas contre Marine Le Pen qui a fait d’Hénin-Beaumont son fief politique depuis 2007. Après une première défaite contre la chef du FN qui l’avait largement devancé au premier tour de la présidentielle (11,1% contre 17,9%), Mélenchon perd la guerre des fronts.

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