13/08/2012

France: Les Cent Jours du «président normal»

France: Les Cent Jours du «président normal»

Cent jours après son élection, François Hollande a déjà rempli quelques promesses électorales, mais la rentrée du président français s’annonce hors normes: chômage record, récession menaçante, crise syrienne...François Hollande ira-t-il ou non à Kinshasa pour légitimer la dictature totalitaire de Joseph Kabila, son hold-up électoral et son imposture grâce au sommet de la Francophonie en octobre prochain ? C'est fin août qu'on aura la réponse définitive du président français François Hollande. Les lobbyistes de la françafrique tentent par tout les moyens de convaincre le président français d'y aller au risque de fouler aux pieds les valeurs et principes de la Francophonie: bonne gouvernance, démocratie, liberté de presse et d'expression etc. Au moment où nous couchons ces lignes, le député Eugène Diomi Ndongala Kidnappé le 27 juin 2012 à Kinshasa par les services de Joseph Kabila, est toujours porté disparu. Eugène Diomi Ndongala a-t-il été Chebeyanisé ? La Francophonie va-t-elle tenir son sommet en octobre prochain, sans l'apparition d'Eugène Diomi Ndongala ?

Le gros morceau de la rentrée sera le bouclage du budget 2013 pour le nouveau président français, François Hollande.

Au moment où retentit les Cent Jours de son élection, le chef de l’Etat doit encore convaincre les Français qu’il est l’homme de la situation. Un sondage Ifop pour Le Figaro a jeté un froid samedi. 54% des sondés sont insatisfaits de son action même si 57% lui savent gré de tenir ses engagements de campagne.

Pour l’avenir, 40% seulement des Français font confiance à François Hollande et au gouvernement pour trouver des solutions à la crise de la zone euro. Scepticisme encore plus fort sur le rétablissement des Finances publiques, la lutte contre le chômage, la désindustrialisation, l’immigration clandestine ou l’insécurité.

Un terrain que le chef de l’Etat n’entend pas abandonner, même en vacances au Fort de Brégançon (Var). Après une visite impromptue samedi à Grenoble au chevet des victimes d’un braquage ultra-violent, il rencontre mardi les gendarmes de Pierrefeu-du-Var, qui avaient perdu deux des leurs -deux jeunes femmes tuées par balles- le 17 juin.

Nombreux dossiers

En vacances depuis le 2 août, François Hollande, qui a fêté dimanche ses 58 ans, regagnera l’Elysée au plus tard le 21, à la veille du Conseil de ministre de rentrée. De nombreux dossiers attendent son arbitrage et celui du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Les contours de la tranche d’impôt à 75% sur les très hauts revenus, proposition marquante de sa campagne, restent à préciser.

Le blocage des prix des carburants, repartis à la hausse, se fait attendre et le doublement du plafond du livret A fait débat... La ratification du traité budgétaire de l'UE promet de vives polémiques.

Budget 2013

Le gros morceau de la rentrée sera le bouclage du budget 2013. La Cour des comptes évaluait à 33 milliards d’euros début juillet le montant de l’effort nécessaire pour que la France reste dans les clous de ses engagements budgétaires européens l’an prochain. Mais la situation économique s’est encore dégradée depuis : chômage qui flirte avec la barre symbolique des 10%, kyrielle de plans sociaux, et une entrée en récession annoncée pour l’automne par la Banque de France.

Le chef de l’Etat affronte la bronca de l’UMP qui a profité de la torpeur estivale pour éreinter sa politique étrangère et l’accuser d’"attentisme" dans le dossier syrien. François Hollande a répondu en filigrane samedi, évoquant la "recherche obstinée" d’une solution politique en Syrie. Mais François Fillon est revenu à la charge, l’exhortant dans Le Figaro lundi à prendre l’avion pour convaincre Vladimir Poutine de faire plier Assad.

TVA sociale à la trappe

Elue sur le thème du changement, la nouvelle majorité a, après trois mois au pouvoir, largement tourné la page Sarkozy. Abrogée la "TVA sociale", avant même d’être entrée en vigueur. Largement réduites, les défiscalisations d’heures supplémentaires, symboles du "travailler plus pour gagner plus". Soumis à contribution exceptionnelle, l’ISF. Alourdis, les droits sur les grosses successions...

L’allocation de rentrée scolaire et le SMIC revalorisés, la retraite à 60 ans pour les carrières longues, le plafonnement des rémunérations des grands patrons du public, l’encadrement des loyers... Autant de mesures mises en œuvre sans tarder.

Selon le sondage du Figaro, les Français plébiscitent à 82% la réduction du traitement du président et des ministres et ils sont 75% à approuver le retrait anticipé des combattants français d’Afghanistan.

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