15/09/2012
UNICEF : la mortalité infantile a diminué de 41% en 20 ans
UNICEF : la mortalité infantile a diminué de 41% en 20 ans
Par Freddy Mulongo, samedi 15 septembre 2012

La mortalité infantile illustrée par Faro (Espagne).
Selon un rapport du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) publié jeudi, de nombreux pays ont fait des progrès considérables contre la mortalité infantiles en l'espace de deux décennies. Intitulé « S'engager pour la survie de l'enfant : une promesse renouvelée », le document examine les tendances des estimations en matière de mortalité infantile depuis 1990 et montre une baisse marquée du nombre de décès d'enfants âgés de moins de cinq ans dans le monde puisqu'il est passé de près de 12 millions en 1990 à 6,9 millions en 2011.
Le rapport souligne que ni l'affiliation régionale d'un pays ni son statut économique ne sont forcément un obstacle à une réduction du nombre de décès. Ainsi, des pays à bas revenu comme le Bangladesh, le Libéria ou le Rwanda, à moyen revenu comme le Brésil, la Mongolie et la Turquie ou à revenu élevé comme Oman et le Portugal affichent des progrès spectaculaires : entre 1990 et 2011, ils ont réduit de plus de deux tiers le taux de mortalité des enfants âgés de moins de cinq ans.
« Le déclin mondial de la mortalité des enfants âgés de moins de cinq ans représente un succès considérable, qui témoigne du travail et du dévouement de nombreux acteurs, notamment les gouvernements, les donateurs, les organisations et les familles », s'est félicité le Directeur général de l'UNICEF Anthony Lake dans un communiqué de presse.
« Mais il reste encore beaucoup à faire : des millions d'enfants âgés de moins de cinq ans continuent de mourir chaque année de causes largement évitables, pour lesquelles il existe des interventions peu coûteuses et ayant fait leurs preuves », a-t-il ajouté. « Pour sauver ces vies, il faut des vaccins, une nutrition adéquate et des soins médicaux et maternels de base. La communauté internationale dispose des technologies et du savoir-faire. Le défi, c'est de les mettre à la portée de chaque enfant ».
Outre ses estimations sur la mortalité, le rapport fournit des informations sur les principales maladies mortelles pour les enfants âgés de moins de cinq ans et sur les stratégies à impact élevé qui sont nécessaires pour hâter les progrès. La mortalité infantile se concentre de plus en plus en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud : ces deux régions ont compté pour plus de 80% de tous les décès en 2011. En moyenne, un enfant sur neuf meurt avant d'avoir atteint l'âge de cinq ans en Afrique subsaharienne. Plus de la moitié des décès imputables à la pneumonie ou à la diarrhée (qui représentent à elles deux près de 30% des décès d'enfants âgés de moins de cinq ans dans le monde) a eu lieu dans quatre pays seulement : l'Inde, le Nigéria, la République démocratique du Congo et le Pakistan.
7 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque année, dont 80% en Asie et Afrique Subsaharienne. Certains pays ont réussi à réduire leur taux de mortalité infantile de manière rapide, signe prometteur. Or, si depuis vingt ans, la mortalité infantile a diminué de 41 %, la majorité des causes de ces décès pourrait néanmoins être évitée.
Aujourd’hui, 14 000 enfants meurent chaque jour dans le monde : c’est moins qu’il y a vingt ans (12 millions en 1990 contre 6,9 millions en 2011). Mais selon le directeur de l’UNICEF, Anthony Lake, la plupart de ces décès trouvent leur origine dans les maladies infectieuses (pneumonie, diarrhées, puis malaria), alors même que le monde détient la technologie et les connaissances suffisantes permettant d’éviter cette situation. Mais le défi reste de pouvoir mettre des solutions à disposition de chacun. Le rapport montre que les pays les plus touchés par la mortalité infantile sont l’Inde (24%), suivi du Nigeria (11%), de la République Démocratique du Congo (7%), du Pakistan (5%) et de la Chine (4%). Selon A. Lake, la mortalité infantile pourrait nettement diminuer grâce à une assistance médicale minimum et préventive, l’accès aux vaccins, aux soins et à une nutrition adéquate. Le rapport souligne que le niveau d’éducation de la mère, l’accès à l’eau potable et à une certaine alimentation augmenteraient les chances de survie des enfants.
Selon le rapport de l’UNICEF, réduire le taux de mortalité infantile ne dépend pas forcément de l’appartenance à une zone géographique déterminée ou à une situation économique précise. Depuis 1990, l’Amérique latine a vu son taux de mortalité infantile (enfants âgés de moins de 5 ans) se réduire fortement, ce qui la place derrière l’Afrique du Nord et l’Asie Orientale, qui avec des réductions de 68 et 70% ont rempli les objectifs de l’ONU fixés pour 2015. Selon Boerma Tiess, directeur du département de statistiques sanitaires de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’Amérique Latine est proche d’atteindre ses objectifs si elle continue sur sa lancée. Avant 1990, sur une échelle de 1000, 53 enfants mourraient avant d’atteindre l’âge de 5ans. Aujourd’hui, le chiffre est descendu à 19 (sur 1000), 18 étant l’objectif fixé. Quant à Haïti, sur une échelle de 1000, 70 enfants meurent, l’objectif étant fixé à 48.




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