27/09/2012
Nations Unies: Ahmadinejad en vedette, mais s'abstient de créer le scandale
Nations Unies: Ahmadinejad en vedette, mais s'abstient de créer le scandale
Par Freddy Mulongo, mercredi 26 septembre 2012

Depuis plusieurs années, les diatribes anti-israéliennes du président iranien à l'ONU provoquent le départ de la salle de responsables occidentaux.
Milliers de manifestants
Aux cris de "Ahmadinejad, non, non, non" plusieurs milliers de personnes ont manifesté sans incident mercredi à New York, au moment où le président iranien prenait la parole devant l'Assemblée générale de l'ONU.
Beaucoup de manifestants, réunis à proximité du siège de l'ONU, ont également célébré à cette occasion l'annonce de la radiation imminente des Moudjahidine du peuple (OMPI) de la liste des organisations terroristes, par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton. "Le criminel Ahmadinejad ne représente pas le peuple d'Iran. Nous n'avons qu'un message pour les Nations unies, ce régime impitoyable doit être expulsé des Nations unies, et le siège de l'Iran transféré à la résistance iranienne", a déclaré une intervenante, Zahra Amanpour, devant des partisans de Maryam Radjavi, la présidente-élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), dont les Moudjahidine du peuple sont la principale composante.
Dans son discours de 33 minutes, Mahmoud Ahmadinejad a en effet accusé l'Occident et Israël de vouloir «intimider» son pays, sous le coup de sanctions et de menaces de frappes préventives pour son programme nucléaire contesté. Mais il s'est abstenu de lancer ses diatribes habituelles, consacrant l'essentiel de son discours à des considérations philosophiques et religieuses.
«Il ne fait aucun doute que le monde a besoin d'un nouvel ordre et d'un nouveau mode de pensée», a-t-il affirmé, en dénonçant le matérialisme et l'absence de valeurs morales dans le monde actuel.
Lyrisme
Les années précédentes, il avait notamment nié la Shoah et relayé des théories du complot sur les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, déclenchant le départ de la salle de diplomates américains et occidentaux. Mercredi, il a toutefois réclamé la création d'une «commission d'enquête indépendante» pour établir la «vérité» sur les attentats du 11-Septembre.
Mais cette fois-ci, il a sinon surtout prédit avec lyrisme l'arrivée imminente d'un «Sauveur suprême», l'iman Mahdi, qui tel un «printemps» spirituel, assurera à l'humanité un «avenir éternellement radieux». Le Mahdi, parfois appelé «imam caché», est une figure centrale du chiisme iranien.
Morsi critique Israël
Les Etats-Unis avaient décidé de boycotter son discours, tout comme Israël et le Canada. Le président américain Barack Obama avait affirmé mardi devant l'Assemblée que les Etats-Unis feraient «ce qu'ils doivent faire» pour empêcher l'Iran d'obtenir la bombe atomique.
C'est finalement le nouveau président égyptien Mohamed Morsi qui a critiqué mercredi Israël à mots couverts. Il a dénoncé «des politiques irresponsables ou des menaces arbitraires» et la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie. Les Palestiniens doivent pouvoir «goûter aux fruits de la liberté et de la dignité», comme les pays du Printemps arabe, a-t-il affirmé, très applaudi pour cette première apparition à l'Assemblée.
Prudence sur le Mali
Lors d'une réunion consacrée à la crise sahélienne, le premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra a répété que Bamako souhaitait le feu vert de l'ONU pour le déploiement de troupes ouest-africaines qui l'aiderait à reconquérir le nord de son pays. Cette région est depuis six mois sous la coupe de groupes extrémistes armés.
Cette demande pressante a été relayée par plusieurs responsables africains, et par la France qui a d'importants intérêts au Sahel. «La France demande au plus vite une nouvelle convocation du Conseil de sécurité de l'ONU» pour examiner la demande malienne, a déclaré le président français François Hollande, qui souhaite que les forces soient définies «dans les prochaines semaines».
Mais d'autres responsables sont restés prudents. «Toute solution militaire (..) devrait être envisagée avec une extrême prudence. Elle pourrait avoir de graves conséquences humanitaires», a averti le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Le ministre belge des affaires étrangères Didier Reynders a demandé que «les objectifs» d'une telle opération «soient clairement définis».
Syrie: force de maintien de la paix?
Sur la Syrie, ce sont des ministres des pays membres de la Ligue arabe qui étaient réunis, au lendemain d'un appel du Qatar, devant l'Assemblée générale, à une intervention militaire panarabe en Syrie pour «faire cesser le bain de sang».
Selon le président tunisien Moncef Marzouki, la Tunisie est favorable à une «force arabe de maintien de la paix» en Syrie. «Une opération de maintien de la paix par des pays arabes, oui, c'est envisageable», a-t-il déclaré. Il a cependant privilégié la «solution pacifique».
Le premier ministre britannique David Cameron a lui estimé que le sang des enfants tués en Syrie ternissait la réputation des Nations unies.




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