27/09/2012
Tchad: Le Journal des journaux, en soutien à Jean-Claude Nekim, saisi sur ordre du procureur de la République !
Tchad: Le Journal des journaux, en soutien à Jean-Claude Nekim, saisi sur ordre du procureur de la République !
Par Freddy Mulongo, jeudi 27 septembre 2012

L'enseigne du journal à Ndjamena
Cette édition spéciale avait été préparée par l'ensemble de la presse tchadienne indépendante et d'opposition, avec le soutien d'associations locales de défense des journalistes et la participation de Reporters sans frontières. Par cette initiative, ces titres de presse, qui ont suspendu pour une semaine leurs publications, visaient à protester contre les pressions politiques et judiciaires que subit Jean-Claude Nekim.
Pour contourner cette censure, Reporters sans frontières propose de télécharger en version PDF le Journal des journaux, intitulé "C'en est assez !" : http://fr.rsf.org/tchad-jean-claude-nekim-condamne-a-un-an-18-09-2012,43405.html
Le 18 septembre, Jean-Claude Nekim a été condamné à un an de prison avec sursis et un million de francs CFA (1 500 euros) d'amende pour "diffamation". Son journal, N'Djaména Bi-hebdo, le plus ancien titre de presse d'opposition, a été suspendu pour trois mois. Le journaliste est également poursuivi pour "outrage à magistrat", après la publication, en une de N'Djaména Bi-hebdo, d'une caricature de son procès.
Plus d'informations sur l'affaire Jean-Claude Nekim:
A la suite du verdict prononcé par la justice à Ndjamena, dans l’affaire de la publication d’une brève sur la pétition contre le régime du président Déby par les syndicalistes de l’UST, l'organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières a condamné la suspension pour trois mois du plus ancien journal d'opposition, N'Djaména bi-hebdo. Elle s’est déclarée «consternée» par la décision de justice contre son directeur.
Jean-Claude Nekim, le directeur de publication de N'Djamena bi-hebdo, a été condamné à un an de prison avec sursis et à une amende d'un million de francs CFA (1.500 euros) pour «diffamation», pour avoir, rapporté cette pétition contre le régime du président Idriss Déby.
Trois leaders de l'Union des syndicats du Tchad (UST), qui ont lancé la pétition, ont été condamnés à des peines de prison avec sursis et des amendes pour incitation à la haine raciale. «Cette décision semble signifier que certains titres de presse ne sont pas autorisés à couvrir librement la crise sociale qui sévit au Tchad». Jean-Claude Nekim et N'Djaména bi-hebdo sont sanctionnés pour avoir évoqué un sujet d'intérêt général, souligne RSF.
Le mauvais climat entre le pouvoir et la presse franchit une nouvelle étape avec ce verdict, estime RSF. Cité par l’organisation, un journaliste tchadien ayant assisté à l'audience a affirmé: "C'était un procès expéditif. (...) Les avocats de la défense ont quitté la salle en signe de protestation. Ce procès ressemble à un règlement de compte avec Jean-Claude Nekim et son journal" "D'autres titres avaient publié en intégralité la pétition de l'UST. Ils n'ont pas été inquiétés; c'est simplement N'Djaména bi-hebdo qu'on a frappé", toujours selon le journaliste cité.
RSF rappelle qu'elle "s'était entretenue, à Paris, avec le ministre tchadien de l'Information, Hassan Sylla Bakari, qui avait assuré à l'organisation que la liberté de l'information était garantie et protégée au Tchad" "Reporters sans frontières estime que ces déclarations ne peuvent plus être prises au sérieux alors que la justice s'empresse de prononcer des peines de prison, quand bien même avec sursis, contre un journaliste qui n'a fait que contribuer à la circulation d'une information d'intérêt général", selon le communiqué de l'organisation.




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