Mesdames et Messieurs les Députés, ce dont la France a besoin, encore une fois, je le redis, c’est d’une confiance en elle-même, c’est de forger une volonté commune pour se redresser. Votre motion de censure, Monsieur Copé, ne l’a absolument pas compris. Elle rejoue les divisions du précédent quinquennat et se trompe de destinataire. Ce n’est pas à mon gouvernement qu’il fallait l’adresser, c’est à mon prédécesseur, à son héritage d’impuissance et de renoncements. Vous vous êtes trompé tout simplement d’adresse ! Au lieu de commencer à faire l’inventaire de vos propres échecs, vous n’avez rien d’autre à proposer au pays qu’une censure. Nul n’a oublié ici et ailleurs et en France les 600 milliards de dettes supplémentaires, les 24 taxes supplémentaires, le million de chômeurs supplémentaire, l’industrie sinistrée avec 750.000 emplois détruit, le commerce extérieur dans un déficit inégalé, la part de la dépense publique qui est passée en cinq ans de 52 % à plus de 56 % de la richesse nationale.

Oui Mesdames et Messieurs de l’UMP, vous avez affaibli la France et pourtant le président sortant, vous l’avez sans doute oublié, avait dit en janvier dernier que la crise était derrière nous. Au mois de juillet, dans ma déclaration de politique générale, j’ai dit que la crise n’était pas derrière nous ; j’ai dit la vérité, j’ai dit la tâche immense qui nous attendait, j’ai dit la formidable mutation du monde que nous devions affronter ; c’est pour ça que je ne regarde pas derrière moi, je veux regarder devant car c’est ça qui importe.

Notre nation est à la croisée des chemins et c’est notre responsabilité de l’aider à réussir. Parce que vous savez, le risque existe, si on continue, ou si vous continuez de cette façon… continuer à s’enliser dans les confrontations stériles qui feront le bonheur de tous les populismes. Ou alors si nous prenons une autre voie et c’est celle que je propose, la France retrouvera le sens d’un destin commun. La crise n’efface pas les oppositions politiques.

Elle ne fait pas disparaître les intérêts de classe. Mais la grandeur de la République est de savoir les dépasser ; elle est de faire de chaque citoyen le dépositaire du destin de tous.

C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs les Députés, en rejetant cette motion de censure, c'est à cette formidable mobilisation que je vous appelle, pour le redressement de la France.