"Il est libre ? C'est normal : il n'a fait que son travail !" L'homme dont il est question n'est autre que George Zimmerman, ce vigile de quartier autoproclamé mais armé qui a abattu le lycéen noir Trayvon Martin, le 26 février.

Sa mise en liberté immédiate a fait resurgir les vieux démons raciaux de l'Amérique et suscité un vaste mouvement de protestation. Mais Frank Taaffe, son voisin et compagnon de patrouille, un quinquagénaire tiré à quatre épingles, enchaîne les interviews pour le défendre. Archétype du lotissement sécurisé ultra-tranquille, Retreat at Twin Lakes, où a eu lieu le drame, a connu récemment une série de cambriolages qui avait resserré les liens entre les deux hommes.

"Le jeune (Trayvon Martin) tenait quelque chose caché sous son sweat au niveau de la ceinture (alors qu'il pleuvait). Comment George aurait-il pu deviner que c'était une canette de thé glacé ?", argumente le propriétaire d'une des 263 maisonnettes couleur sable, sur le ton de l'évidence. L'affaire rappelle que la Floride, avec ses 6 millions de détenteurs d'armes sur 19 millions d'habitants, n'est pas seulement le paradis tropical de Disney, mais aussi l'Etat américain qui a le plus banalisé le port d'armes à feu.

A entendre certains militants non violents, le Sunshine State ("l'Etat où le soleil brille", son surnom usuel) serait devenu le "Gunshine State" ("l'Etat où les fusils brillent").