MME GENEVIÈVE INAGOSI, Ministre du genre, de la famille et de l'enfant de la République démocratique du Congo, a déclaré qu'éradiquer les violences sexuelles implique l'éradication des foyers de violence, des milices armées et de la guerre. D'autres facteurs, comme l'inégalité des sexes, la faible participation des femmes aux instances de décision et la dépendance économique de nombreuses femmes, aggravent les discriminations et les violences dont sont victimes les femmes. La pauvreté des femmes les rend vulnérables, il est donc nécessaire d'autonomiser les femmes. Par ailleurs, il faut poursuivre la réforme du secteur de sécurité pour prévenir les violences et les causes des conflits armés. Les chiffres et les données ne servent pas à grand-chose s'ils n'aident pas à orienter les interventions et à mobiliser les ressources. Mme Inagosi a indiqué que la société civile congolaise était un partenaire important pour le Gouvernement, qui travaille étroitement avec les organisations non gouvernementales nationales. Des allocations de soutien aux activités de la société civile sont prévues dans le budget 2014, a-t-elle encore précisé. «Il faut travailler ensemble et de façon pérenne pour mettre un terme au fléau des violences sexuelles», a-t-elle plaidé avant de conclure en estimant que les violences sexuelles doivent être traitées au niveau régional, national et international.

M. WAFY a précisé qu'il n'y avait eu aucun accord avec le M23, puisque les pourparlers n'ont pas permis d'aboutir à un résultat suite à la décision de la République démocratique du Congo de ne pas intégrer d'anciens soldats du M23 aux forces nationales. Le Chef de la composante «État de droit» de la MONUSCO a par ailleurs déclaré que cette dernière se réjouit de la position des autorités congolaises, qui ont exclu tous les responsables de violations graves des droits de l'homme d'une éventuelle intégration au sein des forces armées.

MME BANGURA s'est félicitée de la lutte active des forces armées contre les violences sexuelles commises par leurs éléments. Une équipe d'experts est actuellement en République démocratique du Congo en vue de la mise en œuvre du communiqué conjoint, a-t-elle précisé. Une action robuste est nécessaire pour mettre un terme au fléau des violences sexuelles. Toutes les parties concernées doivent participer activement à la lutte contre les violences sexuelles, a encore dit la Représentante spéciale sur la question des violences sexuelles commises en période de conflit. Un Conseiller principal pour les femmes sera déployé prochainement en République démocratique du Congo, sous la supervision du Représentant spécial du Secrétaire général à Kinshasa, M. Wafy. Enfin, Mme Bangura a estimé que les forces de maintien de la paix déployées par les Nations Unies doivent recevoir une formation avant et au cours de leur déploiement. Le principal problème est le financement, car les formations coûtent cher.

MME LUSENGE a estimé que des centres hospitaliers prenant en charge les victimes de façon globale doivent être établis à travers le pays pour rapprocher les services de soins des victimes. De même, la justice doit être gratuite pour les victimes de violence sexuelle. Par ailleurs, la lutte contre l'impunité implique de disposer de prisons appropriées, car l'état de délabrement des prisons est préoccupant et ne permet pas d'assurer que les condamnés purgent leur peine.

En outre, il faut travailler à réformer les cultures traditionnelles discriminatoires, notamment en étroite collaboration avec les communautés locales et les chefs traditionnels.