Frank-Walter Steinmeier, le ministre fédéral des Affaires étrangères au Global Média Forum de la Deutsche Welle à Bonn !

Frank-Walter Steinmeier, le ministre fédéral des Affaires étrangères au Global Média Forum de la Deutsche Welle à Bonn !

Qui est donc Frank-Walter Steinmeier, le ministre fédéral des Affaires étrangères qui a prononcé un discours tonitruant et très applaudi au Global Média Forum de la Deutsche Welle à Bonn ? Frank-Walter Steinmeier est né le 5 janvier 1956 à Detmold, homme politique allemand, il est membre du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD).

Frank-Walter Steinmeier, le ministre fédéral des Affaires étrangères au Global Média Forum de la Deutsche Welle à Bonn

Il entre à la chancellerie régionale de Basse-Saxe en 1991, et devient assez rapidement un proche collaborateur du ministre-président de l'époque, Gerhard Schröder. Lorsque celui-ci est désigné chancelier fédéral en 1998, il le suit à Berlin en tant que délégué du gouvernement fédéral aux services de renseignements. En 1999, il prend la succession de Bodo Hombach à la tête de la chancellerie fédérale, une fonction qu'il occupera jusqu'au départ de Schröder, en 2005. Durant ces six années, il participe à la conception et à la mise en œuvre de politiques libérales contestées, plus connues sous le nom d'Agenda 2010, gagnant une réputation de travailleur pragmatique.

Frank-Walter Steinmeier, le ministre fédéral des Affaires étrangères au Global Média Forum de la Deutsche Welle à Bonn

À la suite de la formation d'une grande coalition entre la CDU/CSU et le SPD sous la direction d'Angela Merkel, il est nommé ministre fédéral des Affaires étrangères en 2005, et récupère en 2007 les fonctions de vice-chancelier, se profilant comme le nouvel interlocuteur privilégié de Merkel. Désigné en 2008 candidat à la chancellerie pour les élections fédérales de 2009, il est sévèrement battu par la chancelière, tandis que le SPD obtient le pire score de son histoire. Il est ensuite porté à la présidence du groupe parlementaire social-démocrate, devenant ainsi chef de l'opposition à la nouvelle coalition noire-jaune. Reconduit après les élections fédérales de 2013, il est choisi deux mois plus tard pour redevenir chef de la diplomatie, à nouveau dans le cadre d'une grande coalition.

Frank-Walter Steinmeier, le ministre fédéral des Affaires étrangères au Global Média Forum de la Deutshe Welle à Bonn

 

Chaleureux dans sa voix, dans son discours devant le Forum mondial des Médias, Frank-Walter Steinmeier le ministre fédéral des Affaires étrangères a décrit les interactions entre l’information en ligne, les médias sociaux et la politique étrangère. Le chef de la diplomatie allemande a dit qu’il aurait aimé présenter à cette salle-ancien hémicycle du Parlement de la République Fédérale d'Allemagne avant la réunification- pleine de journalistes, blogueurs, twitteurs et experts des médias sociaux, une « nouvelle éclatante », mais qu’il n’était malheureusement pas en mesure de le faire ce jour‑là. Au début de son discours, il a exposé aux participants du Forum comment il avait négocié la veille pendant des heures avec l’Ukraine, la Russie et la France afin de parvenir à un accord commun dans la crise ukrainienne. « Je suis déçu que cela n’ait pas abouti », a‑t‑il reconnu.

Le nombre de clics, un handicap concurrentiel pour la politique étrangère ?

Dans le domaine de l’information en ligne, la politique et les médias subissent de plus en plus la pression du nombre de clics, que génèrent avant tout les images spectaculaires. De l’avis de M. Steinmeier, cela représente un handicap concurrentiel pour la politique étrangère. En effet, ces images font naître certaines attentes chez la population, à savoir que les atrocités sous leurs yeux disparaissent le plus rapidement possible, ce qui souligne dans la foulée la lenteur de la recherche de compromis, une recherche pénible qui dure pendant des nuits.

M. Steinmeier a également évoqué la tendance des médias en ligne à raccourcir et polariser. Dans les commentaires qu’il reçoit sur Facebook, il fait souvent face, comme il dit, à une avalanche de critiques de tous les côtés dans le contexte de la crise ukrainienne, les uns l’accusant de « faiseur de guerre », les autres de « copain des Russes ». Néanmoins, il reconnaît « apprécier et utiliser abondamment » l’échange avec les citoyens et lire les commentaires sur son site.

Règles et normes sur la Toile

Pour que l’Internet reste un bien mondial, la politique étrangère doit jouer un rôle crucial : un réseau qui se développe à ce rythme effréné a besoin en effet de règles et de normes. Et le ministre d’ajouter : C’est la raison pour laquelle l’idée d’un Internet libre, ouvert et sûr est l’une des missions premières de la « gouvernance mondiale » au XXIe siècle. En soumettant ensemble à l’Assemblée générale des Nations Unies une résolution sur le droit à la vie privée à l’ère numérique, l’Allemagne et le Brésil ont permis de faire un premier pas dans cette direction.

« Dimension culturelle constitutionnelle » du numérique

M. Steinmeier a poursuivi en disant avoir donné, pas plus tard que la semaine dernière, le coup d’envoi du cyberdialogue transatlantique en compagnie de John Podesta, auquel le président américain Barack Obama a confié le soin de s’occuper du thème « Big Data ». L’objectif de ce dialogue est de « mener un débat constructif sur ce qui se cache derrière le cri d’indignation face aux agissements de la NSA : à savoir la question délicate du juste équilibre entre liberté, vie privée et sécurité à l’ère numérique », a‑t‑il déclaré.

 

M. Steinmeier prévoit que cette « dimension culturelle constitutionnelle » du numérique préoccupera intensivement et pendant longtemps encore la politique étrangère.

Les commentaires sont fermés.