Les Français ne veulent plus de l'UMP

Les Français ne veulent plus de l'UMP

Droite. Scandales financiers en cascade, climat délétère: selon le sondage BVA pour i>télé et notre journal, les Français, lassés du spectacle, souhaitent remplacer l'UMP par un nouveau parti à droite.

Aux yeux des Français, cette semaine a sans doute été celle de trop pour l'UMP ! Après les révélations à propos de la dette abyssale du parti (74,5 M€), puis la succession de « boules puantes » sur le train de vie de certains ténors, leur verdict est sans appel : ils sont 48 % (une majorité relative) à souhaiter que l'UMP soit dissoute et remplacée par un autre parti, selon notre sondage exclusif BVA pour i>télé, « le Parisien » et « Aujourd'hui en France ». Seuls 38 % estiment qu'elle peut encore tenir, à condition d'être rénovée en profondeur. Il y a quinze jours, notre précédente enquête donnait une tendance inverse : 41 % favorables à une dissolution, contre 48 % pour la rénovation.

Descente aux enfers

« En deux semaines, on a connu une escalade dans l'horreur. Les gens voient bien que l'UMP est désormais constituée de personnes qui n'arrivent plus à vivre ensemble », déplore un ancien ministre. « A ce stade, je me demande encore ce que je fais là », s'interroge Nadine Morano, « écœurée » par tous les déballages, comme les 8 500 € de rémunération de Geoffroy Didier, les factures de portables de Rachida Dati ou les déplacements en Falcon et en hélicoptère de François Fillon. Cette semaine, dans nos colonnes, Christian Estrosi a affirmé que le parti était « déjà mort ». Preuve que cet avis de tempête est plus que sérieux : 32 % des sympathisants de l'UMP souhaitent une dissolution du parti. Il y a quinze jours, ils étaient deux fois moins... Dans cette longue descente aux enfers, tout le monde en prend pour son grade. Alors que les déboires financiers sont en grande partie liés aux dépassements de la campagne présidentielle de 2012, Sarkozy est plutôt épargné. Selon 71 % des Français interrogés, l'ensemble des cadres de l'UMP porte en effet « la responsabilité des dettes de l'UMP », contre 27 % pour l'ancien chef de l'Etat. « Cela s'explique sans doute par un sentiment de tous pourris ou, en tout cas, de tous responsables », précise Céline Bracq, de BVA.

« Ce qui est en cause aujourd'hui, c'est l'existence d'une famille politique qui a été affaiblie par des comportements et des valeurs qu'elle défend », a résumé jeudi Fillon, lui-même soupçonné d'avoir contribué à ces fameuses fuites.

Voilà qui pourrait donner des arguments aux tenants d'un « grand soir de l'UMP » au congrès qui élira, fin novembre, le nouveau président.

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