Un hollandiste clame: « Montebourg, c'est 36.15 j'existe »

Un hollandiste clame: « Montebourg, c'est 36.15 j'existe »

En présentant sa feuille de route à Bercy, Montebourg a singé le discours du candidat Hollande sur la finance au Bourget.

Arnaud Montebourg a-t-il été trop loin ? En prenant ses distances avec François Hollande jeudi, il a un brin irrité les amis du chef de l'Etat, qui relativisent toutefois cette petite provocation.

En présentant sa feuille de route à Bercy, le ministre de l'Economie, avec le verbe haut qu'on lui connaît, avait éreinté une politique de réduction des déficits trop rigide. Mais il avait surtout singé le discours du candidat Hollande sur la finance au Bourget (Seine-Saint-Denis), avec cette tirade prononcée avec une délectation évidente : « Je n'aurai qu'un adversaire, le conformisme politique et intellectuel. Le conformisme, il n'a pas besoin de présenter sa candidature. Il ne présente pas de programme, mais il gouverne. » Manière de poser les jalons d'une possible candidature pour l'Elysée...

« C'est 36.15 j'existe ! » ironise un hollandais, qui minimise les menaces récurrentes de Montebourg de claquer la porte du gouvernement. Chiche, défie un visiteur régulier du président : « Il ne peut pas, on l'accuserait de quitter le bateau, de trahir, de jouer perso. Il n'a pas de troupes à l'extérieur. Il se retrouverait avec les gauchos... » « Il ne peut pas s'en empêcher. Montebourg, c'est le scorpion qui traverse la rivière sur le dos de la grenouille et qui la tue. S'il veut jouer l'échec, il ira à son propre échec ! » tacle un autre fidèle du président.

Manuel Valls, lui, ménage son allié, avec qui il a noué un pacte de non-agression. « Son discours n'était pas en incohérence avec la politique du gouvernement », dit-on à Matignon, où l'on assure n'avoir « rien découvert » des propos du ministre. « On me demande de cheffer, donc je cheffe. Mais je veux que les ministres jouent pleinement leur rôle. C'est le cas pour Arnaud Montebourg, Ségolène Royal ou encore Benoît Hamon », confiait Manuel Valls dans le Gard le week-end dernier.

A l'Elysée aussi, on tempère. « Montebourg a son style, sa personnalité, son mode d'expression. C'est très bien comme ça. Ce n'est pas vraiment une surprise. » De fait, lors de son interview du 14 juillet lundi, Hollande ne devrait pas en rajouter sur le thème « je décide, il exécute », comme Jacques Chirac en son temps face aux provocations de Nicolas Sarkozy.

L'un de ses proches philosophe : « Hollande, sa force, c'est qu'on le sous-estime. Mais à la fin, c'est toujours lui qui gagne. »

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