Francophonie: Candidat malheureux, Jean-Claude de L'Estrac lynche François Hollande et Macky Sall

Francophonie: Candidat malheureux, Jean-Claude de L'Estrac lynche François Hollande et Macky Sall

Jean-Claude de l'Estrac candidat au poste de Secrétaire Général de l'OIF

Une semaine après le XVe sommet de la Francophonie qui a vu le deuil de ses espoirs d’être Secrétaire général de l’Oif, le candidat malheureux mauricien lynche ses bourreaux. En conférence de presse hier à Ebène (Maurice), Jean Claude de l’Estrac qui compte tourner la page, prend le temps de jeter la pierre à la France et au Sunugaal. «Pour le bien même de la Francophonie», il estime être de son devoir de «dénoncer l’opération qui, au pays de Senghor, a vu l’Oif être attribuée à l’Amérique du nord».

Loin de mettre en cause «la personnalité et les qualités de Mme Michaëlle Jean», L’Estrac estime que «la question essentielle est que la Charte de l’Organisation n’a pas été respectée et que le nouveau secrétaire général a été désigné et imposé par une entente diplomatique entre la France et le (Sunugaal)» et qu’«elle s’est manifestée suite à des tractations dont la plupart des pays membres ignorent les tenants et aboutissants».

Jean-Claude de l'Estrac candidat au poste de Secrétaire Général de l'OIF

Le prétexte, dit-il, est qu’«il y avait quatre candidats africains et la candidate du Canada qui entendaient se présenter. Et alors ? C’est bien pour gérer ce cas de figure que l’article 6 de la Charte de l’OIF prévoit une élection». Pour lui, «c’est une première trahison, la charte est trahie. Le procédé n’a été ni ouvert, ni transparent, ni démocratique. Si des élections en bonne et due forme avaient été tenues, le résultat aurait été tout autre». Pis, dénonce le candidat mauricien, «l’on ne peut pas prétendre promouvoir la démocratie dans l’espace francophone et utiliser les méthodes despotiques à l’ancienne pour imposer un candidat suite à des tractations secrètes». L’Estrac dénonce aussi le fait qu’«à (Ndakaaru), le pacte de Hanoi a été trahi» en ce sens que «le poste de Secrétaire général devrait être occupé par un représentant des pays du Sud, un Africain s’entend».

Jean-Claude de l'Estrac candidat au poste de Secrétaire Général de l'OIF

Il se désole que face aux «pressions françaises», les responsables africains «aient finalement décidé, sans vraiment se battre, de retirer une à une leurs candidatures en faveur de la candidate de Canada». Ce qui, selon lui, «est incompréhensible, inexpliquée et inexplicable». Voilà ce qui lui fait dire que «l’Ile Maurice a toutes les raisons de se sentir trahie» parce que sa «candidature a été assez largement encouragée tant par des diplomates français qu’africains». Il renseigne qu’«elle est née d’une réflexion du Quai d’Orsay qui disait vouloir rompre avec la Françafrique, qui entendait pousser l’Oif à se tourner vers l’océan Indien et l’Afrique orientale ». Et c’est fort de cela et de «la parole de nombreux dirigeants africains que l’Etat mauricien décide de s’engager dans cette campagne». Mais en battant campagne en Afrique, L’Estrac dit avoir constaté «une faiblesse africaine : tous les dirigeants rencontrés voulaient d’abord connaître la position française».

Jean-Claude de l'Estrac candidat au poste de Secrétaire Général de l'OIF

Ce qui fait, accuse-t-il, que «quand le président Hollande a jeté son poids en faveur du Canada – malgré les réticences du Quai d’Orsay – les Africains ne se sont pas fait beaucoup prier pour s‘exécuter. Même le président Ali Bongo a préféré partir plutôt que de s’opposer». Pis, ajoute-t-il, «le président français a activement animé la discussion même si La France n’avait apparemment pas officiellement de candidat. Mais le président français ne s’était pas privé, la veille de l’élection prévue, de dire son choix ; il avait dit publiquement le bien qu’il pensait de la candidate du Canada». Estrac fait même de graves accusations : «Les conséquences pour l’Oif sont graves, il n’y a qu’à lire la presse africaine et même française. La déception est très forte. On spécule beaucoup sur d’éventuelles contreparties».

Jean-Claude de l'Estrac candidat au poste de Secrétaire Général de l'OIF

Et les comptes ne sont pas encore totalement soldés parce qu’annonçant ce qui pourrait être «le titre provisoire » de son prochain livre : «L’ambition mauricienne, le paradoxe sénégalais, l’erreur française».

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