Emmanuel Macron, son programme de droite, gauche et centre...courageux, innovant pas sans casse !

Emmanuel Macron, son programme de droite, gauche et centre...courageux, innovant pas sans casse !

Jeudi 2 mars, au pavillon Gabriel à Paris, face à 387 journalistes et 65 photographes, Emmanuel Macron, Président d'En Marche et candidat à l'élection présidentielle a présenté son programme tant attendu et rallié. On s'est beaucoup gaussé de son non-programme, une Arliesienne. Maintenant que le programme est là entre les mains de plus de 400 journalistes, toute la gotha de la presse française et étrangère, est là, ça va jaser. Macron est très raisonnable ! Il ne secoue pas le cocotier et il veut pas non plus renverser la table. Emmanuel Macron veut transformer la société française avec toujours sa trame de fond la dévise de la République: Liberté, Egalité, Fraternité ! Le président de la France En Marche ne veut pas couper des têtes, il ne considère pas non plus que tout ce qui a été fait avant lui est mauvais. Dans une France divisée dont les clivages sont antagonistes, Il ne prône pas la révolution mais veut une transformation de la société française de fond en comble pour que la France puisse faire face aux défis du 21è siècle.

Emmanuel Macron, élu Président de la République ne se verrait pas agir en chef de bureau, donc plus de pouvoirs au Premier ministre à Matignon. S’il est élu, Macron "s’engage à rendre compte de ces engagements devant le Parlement une fois par an ". Il estime aussi que les ministres doivent être davantage auditionnés par des commissions parlementaires et que ces commissions "puissent se multiplier". Les ministres "seront responsables pleinement de la gestion de leur portefeuille ministériel, et en particulier des engagements de finances publiques que je prends". "Cela sera évalué chaque année avec, si le respect n’est pas plein et entier, des décisions qui seront prises en termes de maintien devant le gouvernement." L’ancien ministre s’est dit « favorable à une dose de proportionnelle, qui permet de mieux représenter le pluralisme de notre vie politique ».

Le pays de la Révolution française serait, dit-on, ingouvernable, arc-bouté toujours entre des conservatismes de tous poils, au point de ne pouvoir avancer que sous forme d’explosions de colère qui elles-mêmes n’aboutissent, chaque fois, qu’à des compromis douteux, conclus dans la précipitation et la confusion... Voilà bien une idée reçue souvent portée sur la France, y compris par nombre d’observateurs étrangers.

En quelques mois, Emmanuel Macron, qui se veut hors parti et a refusé de participer à la primaire de la gauche, est devenu la personnalité politique la plus appréciée des Français. L'avantage de Macron est qu'il n'a que 39 ans donc très jeune et volontaire, avec un gouvernement des jeunes qui y croient il va peut-être y arriver. Macron rassure qu'il n'est pas un révolutionnaire... pas de réforme sans marchandage ! Il faudra beaucoup négocier, Macron table ses réformes pour dix ans.

Emmanuel Macron, candidat d’En marche ! à la présidentielle, a présenté six « chantiers », qui doivent structurer son programme. En voici les grandes lignes :

Moralisation de la classe politique

Le candidat entend "éradiquer les conflits d’intérêts", interdire "toute fonction de conseil pour tous les parlementaires" ainsi que "l’embauche de proches ou de membres de sa famille". De son côté, il s’est engagé à ne pas investir "un candidat avec un casier judiciaire de type B2", qui comprend la plupart des condamnations et décisions de justice.L’ancien ministre s’est dit "favorable à une dose de proportionnelle, qui permet de mieux représenter le pluralisme de notre vie politique". Première proposition: interdiction pour les parlementaires "d'exercer des activités de conseil parallèlement à leur mandat, pour mettre fin aux conflits d'intérêts". Une allusion lourde aux soupçons émis par François Bayrou à l'égard du programme de François Fillon, très favorable aux assurances, et dont la société privée a travaillé avec l'assureur Axa.

Précision importante: toutes les indemnités des parlementaires seront désormais soumises à l'impôt. Une manière pour le fisc de garder un oeil sur la manière dont les élus dépensent l'argent public qui leur est alloué.

Précision importante: toutes les indemnités des parlementaires seront désormais soumises à l'impôt. Une manière pour le fisc de garder un oeil sur la manière dont les élus dépensent l'argent public qui leur est alloué. Seconde proposition: interdiction de toute embauche par un élu d'un membre de sa famille. Ici, l'allusion au PenelopeGate est manifeste, même si Emmanuel Macron n'a pas précisé comment il comptait empêcher que les élus n'embauchent les conjoints de leurs collègues.

Gage d'exemplarité offerte par le candidat d'En Marche, Emmanuel Macron promet de mettre un terme au régime spécial (très favorable) des retraites des parlementaires. Les candidats détenteur d'un casier judiciaire seront empêchés de se présenter à une élection.

Limitation timide du cumul des mandats dans le temps

Si la future loi prévoit des mesures qui font strictement écho à l'actualité, celle-ci intègre aussi un certain nombre d'innovations institutionnelles dont certaines avaient notamment été portées par Bruno Le Maire pendant la primaire de la droite et du centre.

Emmanuel Macron défend désormais la limitation du cumul des mandats dans le temps, un dispositif inédit. Une fois la loi entrée en vigueur, les élus ne pourront plus enchaîner plus trois mandats identiques successifs. Une approche prudente puisque que cela autorisera un député à siéger 15 ans avant de céder sa place. Rien n'empêchera par ailleurs les élus cumulards de briguer un mandat sénatorial (plus long).

Le nombre de parlementaires sera réduit d'un tiers et les mesures visant à garantir la parité seront durcies.

Renouveau des pratiques et de la gouvernance

En tant que président de la République, Emmanuel Macron s'engage à rendre compte une fois par an de sa politique devant le Congrès, à la manière du discours de l'Etat de l'Union institutionnalisé aux Etats-Unis. Il souhaite également confier aux citoyens des moyens de contrôle sur l'activité parlementaire. Son idée initiale de soumettre son quinquennat au jugement d'un jury-citoyen n'a pas été retenue.

"Ce renouveau démocratique passe aussi par une vraie responsabilité démocratique (...) La responsabilité politique du président de la République d'abord. Je m'engage chaque année à aller rendre compte des avancées de mon mandat et en particulier de (mes) six chantiers (prioritaires) devant le Parlement réuni en Congrès", a expliqué M. Macron lors de la conférence de presse de présentation de son programme.

"Responsabilité des ministres également, dont je fixerai la feuille de route et qui seront responsables pleinement de la gestion de leur portefeuille ministériel, et en particulier des engagements de finances publiques que je prends. Cela sera évalué chaque année avec, si le respect n'est pas plein et entier, des décisions qui seront prises en termes de maintien devant le gouvernement", a-t-il poursuivi.

Création de postes d’enseignants et interdiction du portable dans l’enceinte des établissements

Le candidat défend un projet à la fois de « transmissions de nos valeurs » et d’« émancipation pour construire l’égalité des chances ». Alors qu’il compte supprimer globalement 120 000 postes de fonctionnaires, Emmanuel Macron propose de continuer à créer des postes d’enseignants, « entre 4 000 et 5 000 ».

Les communes – qui gèrent les écoles primaires – décideront quelle semaine elles veulent mettre en place et choisiront si elles souhaitent arrêter ou poursuivre la réforme des rythmes scolaires. De manière générale, M. Macron plaide pour une « vraie autonomie au niveau de l’école », comme il l’a expliqué dans son interview au Parisien, notamment en ce qui concerne le recrutement et la pédagogie.

Les enseignants en zone prioritaire toucheraient une prime de 3 000 euros net par an. En CP et CE1 dans ces zones, il n’y aurait pas plus de douze élèves par classe, pour assurer un suivi quasi individualisé. Par ailleurs, le téléphone portable ne serait pas seulement interdit en classe, mais dans toute l’enceinte des écoles et des collèges.

Des systèmes « universels » pour le chômage et la retraite

L’ancien ministre de l’économie prévoit entre autres réformes de « simplifier » l’assurance chômage. il précise ainsi les modalités de cette réforme : "On sort d’un système d’assurance financé par les cotisations pour aller vers un système universel financé par l’impôt et ouvert aux entrepreneurs, aux agriculteurs, aux indépendants, aux professions libérales, et aussi aux salariés qui démissionnent, dans la limite d’une fois tous les cinq ans ". "Je propose un système universel d’indemnisation du chômage et aussi un système universel de retraite, plus transparent, plus efficace" ! Emmanuel Macron souhaite en effet mettre fin aux régimes spéciaux de retraites, avec une harmonisation progressive des règles pour une "vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé". Emmanuel Macron toutefois a souligné qu’il ne "proposerait pas de modifier l’âge légal de départ à la retraite" et que le montant des pensions resterait inchangé. Macron a également proposé de rétablir l’exonération de cotisations sociales pour les heures supplémentaires, comme sous la présidence Sarkozy, mais sans reprendre l’idée d’une défiscalisation comme c’était le cas entre 2007 et 2012.

Le candidat d’En marche ! propose ainsi la création d’une « police de sécurité quotidienne » et promet 10 000 postes de policiers et de gendarmes pendant le quinquennat. L’ancien ministre de l’économie, qui assure que « toute peine judiciaire prononcée sera exécutée » souhaite également créer 15 000 nouvelles places de prison et des centres pénitentiaires dédiés aux « foreign fighters » (combattants étrangers). Ceux qui vont combattre en Syrie, une fois de retour sur le sol français seront incarcérés.

La lutte contre le terrorisme est l’un des axes forts du programme de Macron. "C’est un projet qui tient compte de la réalité de la menace terroriste qui divise notre pays, le fragilise et appelle le plus grand engagement." "J’ai confirmé l’intention de passer à 2 % du PIB en matière de dépenses pour notre défense nationale", a rappelé le candidat, qui souhaite également la création d’un état-major centralisé du renseignement rapportant directement au Conseil de défense auprès du président de la République. Créer une force de 5 000 gardes-frontières européens Dans son programme, Emmanuel Macron souhaite « garantir notre sécurité, lutter contre le changement climatique, défendre nos intérêts économiques ».

"En matière de politique internationale, trois objectifs guideront mes décisions et conduiront la diplomatie française : garantir la sécurité de nos concitoyens, porter la voix de la lutte contre le changement climatique et défendre nos intérêts économiques." Le candidat d’En marche ! a rappelé son attachement à l’Europe, "au cœur de notre projet". " Nous avons besoin de relancer la zone euro, de reconstituer une solidarité", insistant sur la nécessité du "couple franco-allemand" comme "condition de toute avancée". Emmanuel Macron prévoit ainsi la création d’une force de 5 000 garde-frontières avec les partenaires européens, d’un Fonds européen de défense qui financera les équipements militaires communs et d’un Quartier général européen permanent.

Le candidat prévoit aussi la mise en place d’un budget de la zone euro, avec un Parlement et un ministre de l’économie et des finances de la zone euro. Il proposera également le lancement dans toute l’Union européenne, après les élections allemandes de l’automne 2017, de conventions démocratiques, qui aboutiront à un projet adopté par tous les pays qui le souhaitent. Baisser l’impôt sur les sociétés et transformer l’ISF Emmanuel Macron a annoncé un plan d’investissement de 50 milliards d’euros (dont 15 milliards pour la formation et 15 autres milliards pour la transition écologique).

Le candidat prévoit également de baisser l’impôt sur les sociétés de 33,3 % à 25 % et veut transformer l’ISF en "Impôt sur la fortune immobilière" (excluant le patrimoine financier). Il a également rappelé sa volonté d’exonérer 80 % des ménages français de la taxe d’habitation, un "impôt injuste", selon lui.

 

« L’État remboursera aux communes le manque à gagner », a assuré M. Macron. L’ancien ministre de l’économie veut également imposer les grands groupes Internet sur leur chiffre d’affaires réalisé en France, réserver l’accès aux marchés publics européens aux entreprises localisant au moins la moitié de leur production en Europe, et mettre en place un mécanisme de contrôle des investissements étrangers en Europe pour préserver les secteurs stratégiques. L’égalité femmes/hommes, une "cause nationale" Emmanuel Macron a promis de faire de « l’égalité hommes/femmes » une cause nationale.

"Les femmes sont aujourd’hui sous-représentées, elles sont l’objet de violences, de harcèlement", a déploré le candidat, dénonçant " une forme de consentement tacite", qui "s’est trop longtemps installé dans la société, la vie professionnelle, la vie politique". "Et donc, c’est à travers une politique assumée, que je porterai moi-même dans les nominations, dans les pratiques, dans le suivi de notre vie économique et sociale, avec plusieurs mesures concrètes, que cette cause sera suivie."

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