Le pape François à Genève, la Rome protestante !

Le pape François à Genève, la Rome protestante !

Le pape François recevra le président Emmanuel Macron au Vatican, le 26 juin prochain. 5 jours avant, le Chef du Vatican est attendu à Genève, la cité de Calvin, dans le cadre de 70e anniversaire du Conseil œcuménique des Eglises (COE), perçu parfois comme les «Nations unies chrétiennes». Le protocole change, le chef d’Etat qui part à l’étranger prend en charge son voyage et, s’il le souhaite, il est accompagné de ses propres gardes du corps, tandis que l’Etat hôte est responsable des mesures de sécurité, y compris en matière de trafic aérien et automobile. La Suisse accueille jeudi le pape François durant une dizaine d'heures, principalement à Genève mais aussi dans le canton de Vaud. Après une rencontre avec le Conseil fédéral, le Conseil œcuménique des Eglises (COE) reçoit le souverain pontife de 11 heures à 17 heures environ dans le cadre des célébrations des 70 ans de sa fondation.

Le pape affiche complet à Palexpo ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu’à un catholique lambda de rentrer jeudi à Palexpo sans être passé par une paroisse… En effet, pour des raisons de sécurité incendie, seules 40 000 personnes sur les 70 000 possibles pourront assister à la messe papale à Genève. Et ce sont les personnes qui ont passé par les paroisses qui ont été retenues, comme exigé par le Vatican. C’est donc un peu la grogne. La venue du pape fédère les bonnes volontés: 300 bénévoles de 18 à 84 ans aident, des menuisiers ont construit gratuitement l’autel, des sœurs ont offert les hosties ! "Nous ne pensions pas non plus que les chaises feraient si largement défaut en Suisse, en raison de la Fête de la Musique et des promotions dans les écoles de Genève, qui se tiennent le même jour."

Chaises acheminées de France: "Vingt-deux camions chargés de chaises viennent de France", signale Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. "Cela implique beaucoup de personnel. Et il y a des frais obligatoires liés au transport des fidèles des parkings vers Palexpo. Nous avons dû louer 105 bus pour la journée, selon les exigences de la police qui veille au trafic". La facture de transport pourrait atteindre 300'000 francs. La sécurité de la messe coûtera 1,2 million, les infrastructures 700'000 fr., les équipements audio, vidéo et sono 400'000 fr…

Que va faire le pape François ?

10h10: le pape François atterrira à Genève Aéroport, où il sera accueilli par le président de la Confédération Alain Berset, accompagné des conseillers fédéraux Doris Leuthard et Ignazio Cassis, du président du Conseil national Dominique de Buman ainsi que du président du gouvernement genevois Pierre Maudet.

10h30: le souverain pontife s'entretiendra en tête-à-tête avec Alain Berset, puis avec Ignazio Cassis et Dominique de Buman.

11h15: accompagné du cardinal suisse Kurt Koch et de plusieurs hauts représentants du Saint-Siège, le pape François prononcera un premier discours au Conseil œcuménique des Eglises à Genève, qui se situe au Grand-Saconnex.

12h45: François ira en terres vaudoises pour un déjeuner et un second discours à l'Institut œcuménique de Bossey, à Crans-près-Céligny, à proximité de Nyon.

17h30: de retour à Genève, le pape célébrera une messe publique à Palexpo, devant plus de 41'000 personnes. L'office devrait se terminer vers 19h00.

19h45: une cérémonie d'adieu aura lieu à l'aéroport puis le pape s'envolera pour Rome.

Avec sa venue à Genève au Conseil Œcuménique des Eglises, le Pape François lance un signal fort d'ouverture aux autres églises. D'aucuns espèrent une annonce surprise ! C'est un pape œcuménique qui arrive à Genève.

Le pape François a permis de renforcer les liens de l’Eglise de Rome avec de nombreuses Eglises chrétiennes, notamment avec les orthodoxes de Russie, les anglicans ou les luthériens. Le souverain pontife arrive jeudi à Genève pour répéter sa conception de l’œcuménisme devant les représentants de 348 Eglises et plus de 500 millions de chrétiens.

Au Vatican, ce voyage est décrit comme un «pèlerinage». François rend visite à cette institution après Paul VI en 1969 et Jean Paul II en 1984. Mais ce déplacement-ci est historique car, pour la première fois, un pape se rend expressément auprès du COE, quand par le passé il ne constituait qu’une étape d’un itinéraire plus long.

Rome ne fait pas partie du Conseil œcuménique des Eglises pour cette raison théologique notamment. L’universalité et le poids de l’Eglise catholique, avec plus d’un milliard de fidèles, créeraient des problèmes d’organisation et de représentativité pour l’organisation. Le Vatican bénéficie néanmoins d’un statut d’observateur au sein de cette «ONU œcuménique», avec qui il collabore étroitement depuis plus d’un demi-siècle.

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