• RDC: Alias Joseph Kabila a menti au pape, le COE réagit !

    RDC: Alias Joseph Kabila a menti au pape, le COE réagit !

    Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale a enfariné le pape François en ne respectant pas sa parole. Et pourtant, lorsque le pape François l'a reçu au Vatican, pour un entretien d'une vingtaine de minutes et pour la dernière fois au Vatican, le lundi 26 septembre 2016, quelques mois avant la fin du second mandat usurpé, dans un langage franc, le Saint-Père lui avait demandé de "Respecter la Constitution et de cesser la violence" ! Or la violence est la seconde nature du régime de Kinshasa...Pour remercier le Pape François, l'Eglise Catholique est la cible privilégiée du régime lors des manifestations pacifiques: Des paroisses sont profanées, des prêtres sont bastonnés, humiliés, déshabillés, des fidèles sont assassinés dans des paroisses, tabassés et gazés au lacrymogène... !

    Le Vatican a toujours condamné et dénoncé les exactions de chrétiens de la part d'un régime. Or, l'excès de zèle et violence des autorités congolaises- illégitimes qui règnent par défi, sont exercés pour terroriser des citoyens paisibles non armés et sans défense. La foi dans l'instauration de la démocratie bafouée dans le pays, étant la seule arme non visible.

    Après la mobilisation des associations et des citoyens organisée au travers des réseaux sociaux tout au long de 2016 et de 2017, celle des catholiques est devenue l’ultime recours des Congolais contre l’obstination du président à se maintenir par la force, en toute illégitimité et impunité au pouvoir. L’Église catholique, qui avait joué la médiatrice a été flouée !

    République démocratique du Congo, tous les signaux sont au rouge ! Dans notre pays extraordinairement riche qui compte plus de 75 millions d'habitants, le taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté absolue (1,25 dollar par jour et par personne) s'établit à 82%. Dans ces conditions, la violence somnole et ne demande qu'à dégénérer. L'impunité pour les crimes commis sonne presque comme un encouragement.

    Dans ce délitement général, ce chaos qui dure, l'église catholique représente un fusible et jouit d'un indiscutable pouvoir d'influence : Avec plus de 5.000 prêtres et 47 diocèses, l’église catholique est représentée sur toute l’étendue du territoire national. Près de 60% de la population est catholique. L’église catholique gère beaucoup d’écoles (les meilleures du pays et les intellectuels de la première génération ont été formés par elles) et plusieurs hôpitaux à travers le pays.

    L‘église catholique a toujours joué un grand rôle dans la politique depuis l’époque de Mobutu. Elle a lutté contre la dictature sous Mobutu et a organisé en février 1992 la marche des chrétiens qui a conduit à la réouverture de la conférence nationale souveraine.

    Depuis le 31 décembre 2017, les manifestations de militants catholiques se multiplient en République démocratique du Congo. Ils réclament la tenue d’élections libres avant fin 2018. Le pouvoir réplique violemment : au moins une vingtaine de morts, difficiles à dénombrer précisément, des arrestations arbitraires et des lieux de culte profanés. Alors que son mandat usurpé a officiellement pris fin le 19 décembre 2016, Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale préside toujours, en toute illégitimité, illégalité et impunité, la République démocratique du Congo. L'imposteur de Kingakati a reporté le scrutin deux fois déjà, en dépit de l’accord de la Saint-Sylvestre, passé en 2016 entre le gouvernement et l’opposition, qui prévoyait un calendrier électoral.

    Le 4 octobre 2016, le régime Kabila a justifié un premier report par le fait que dix millions de personnes — pour la plupart de jeunes électeurs, dits « nouveaux majeurs » — n’avaient pas été inscrites sur les listes.

    Le 7 juillet 2017, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa, homme lige d'Alias Joseph Kabila, qui est sur le pas de Malu Malu, abbé tricheur de l'élection Louis Michel de 2006 et de Daniel Ngoy Mulunda, pasteur fraudeur de l'élection novembre 2011, ses deux prédécesseurs corrompus, a annoncé un nouveau report, arguant que les conditions de sécurité dans plusieurs provinces, notamment le Kasaï, n’étaient pas réunies. Pour mieux corser ses éhontés mensonges, il arguera que la diaspora congolaise doit participer au vote. Sans doute pour apaiser la grogne et gagner du temps !

    À l’initiative du Comité laïque de coordination (CLC), la mobilisation pour l’organisation d’élections se déploie dans la capitale, Kinshasa, mais également en province, comme à Kisangani. Ce 21 janvier 2018, les marcheurs brandissent des banderoles sur lesquelles on peut lire : « Nous, fidèles laïques, demandons l’application complète et intégrale des accords de la Saint-Sylvestre 2016 », avant d’être dispersés par la police, qui blesse plusieurs membres de la paroisse Saint-Esprit. Le même jour, une manifestation prévue à Lubumbashi a été annulée en raison de la présence importante de militaires armés, que les autorités justifient par le besoin de prévenir un prétendu complot « terroriste ».

    La marche des fidèles catholiques prévue du dimanche 25 février 2018 pour dénoncer le maintien au pouvoir d'Alias Joseph Kabila a été durement réprimée. On parle d'un mort et de quelques blessés graves. La manifestation qui n'a pas été autorisée par le gouverneur de la ville comme, a eu lieu au terme d'une prière pour la paix dans le pays, effectuée suivant l'appel du pape François.

    La police a de nouveau réprimé une marche de l'opposition programmée par le Comité laïc de coordination (CLC, un collectif proche de l'Église catholique). Les organisateurs prévoyaient au cours de cette manifestation, demander à Kabila de déclarer publiquement qu'il va ''bien quitter le pouvoir''.

    Comme lors de leurs précédentes marches, dès leurs sorties de messe, les fidèles ont été dispersés par les forces de l'ordre dans la capitale Kinshasa et dans plusieurs autres grandes villes du pays. Plusieurs sources dénoncent déjà des tirs de gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles ayant fait selon les hôpitaux, un mort et deux blessés.

    « La situation a vraiment dégénéré. On est en face d'une barbarie qui n'a pas son nom. Des forces de l'ordre sont venues et ont commencé à tirer et, comme la fois dernière à balles réelles. Nous attendions les amis de la paroisse Saint-Augustin et de Saint-Laurent. Dès leur arrivée, la police a commencé à tirer des gaz lacrymogènes, cherchant à disperser les gens. Les gens ont commencé à résister et je pense que c'est à ce moment-là qu'ils ont commencé à tirer à balles réelles parce qu'il y a des blessés », a confié le père Tabu, curé de la paroisse Saint-Benoît à Lemba. Il ajoutera qu'à l'instant où il parlait, les manifestants et les paroissiens sont enfermés dans l'enceinte de la paroisse, barricadée par les forces de l'ordre. Un autre fidèle témoin oculaire apeuré, parle d'une répression ''terrible''.

    Kinshasa, la cathédrale du centenaire protestant

     

    Mgr. Jean Bokeleale alors Président de l'Eglise du Christ au Zaïre, fut attaché à l’œcuménisme et au Conseil Œcuménique des Eglises (COE). Pasteur issu de la Communauté des disciples du Christ au Congo (CDCC), Mgr. Jean Bokeleale était âgé de 83 ans, il est décédé en 2001 à Kinshasa, il avait dirigé pendant plus de 30 ans l'Eglise du Christ au Congo (ECC) dont il fut cofondateur, en 1968. C'est sous son mandat que de nombreuses oeuvres ont été réalisées, notamment la construction à Kinshasa du Temple du Centenaire (cathédrale protestante de Kinshasa). C'est encore lui qui dota l'ECC d'un siège administratif digne de ce nom.

    Mgr. Jean Bokeleale fut remplacé en 2000, par Mgr. Marini Bodho, dont les accointances et la justification des dérives autocratiques du avec le régime d'Alias Joseph Kabila Kanamabe Kazembere Mtwale, n'ont fait qu'éloigner l'ECC du Conseil Œcuménique des Eglises.

    André Bokundoa, président de l'ECC et François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France

    Les Congolais ne doivent pas minimiser la déclaration du Conseil Œcuménique des Eglises sur la situation politique en République démocratique du Congo, la veille de l'arrivée du Pape François à Genève, pour les 70 ans de sa fondation. L'arbre qui va tomber donner des signes. Les feuilles jaunissent, les branches s’élaguent toutes seules, il suffit d'un petit coup de vent...Il y a peu de temps, la Fédération de Protestante de France a fait une déclaration de soutien à l'Eglise du Christ au Congo, la première fédération protestante au monde. Sous le lobbying accru de notre compatriote, le pasteur Roger Puati, les Eglises de Suisse ont fait la même chose.

    Le pasteur Philippe Kabongo M'Baya et André Bokundoa, président de l'ECC

     

    En République Démocratique du Congo, plusieurs Eglises protestantes y compris l'Eglise Kimbanguiste sont membres du Conseil œcuménique des Eglises: 1. Communauté baptiste au centre de l’Afrique

    2. Église du Christ au Congo - Communauté anglicane du Congo

    3. Église du Christ au Congo - Communauté baptiste du Congo

    4. Église du Christ au Congo - Communauté évangélique au Congo

    5. Église du Christ au Congo - Communauté mennonite au Congo

    6. Église du Christ au Congo - Communauté presbytérienne du Congo

    7. Église du Christ au Congo - Communauté presbytérienne de Kinshasa

    8. Église du Christ Lumière du Saint Esprit

    9. Église du Christ au Congo - Église protestante baptiste en Afrique / Communauté épiscopale baptiste en Afrique

    10. Église de Jésus Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu

    11. Église évangélique luthérienne au Congo

    12. Église du Christ au Congo - Communauté des disciples du Christ

    Membres du COE présents en République Démocratique du Congo

    1. Église de Norvège

    2. Patriarcat orthodoxe grec d'Alexandrie et de toute l'Afrique

    3. Église méthodiste unie

    4. Église méthodiste épiscopale africaine

    Qu'est-ce que le Conseil Oecuménique des Eglises (COE) ?

    Le Conseil œcuménique des Églises rassemble près de 350 Églises chrétiennes du monde en une « communauté fraternelle ».

    Le Conseil propose un lieu de rencontres des différentes Églises pour qu’elles puissent travailler ensemble, se connaître et parler d’une seule voix.

    Comment est né le COE ?

    Si plusieurs mouvements œcuméniques existaient déjà au début du XXe siècle, c’est en 1920 que, pour la première fois, le patriarcat de Constantinople – orthodoxe - lance un appel pour la création d’une « Société des Églises », sur le même principe que la Société des Nations, créée quelques mois plus tôt. En 1937, des représentants de plus de 100 Églises manifestent leur volonté d’un Conseil œcuménique des Églises. Mais la guerre éclate. Le projet est suspendu. Ce n’est qu’en 1948 que le Conseil œcuménique voit le jour, à Amsterdam (Pays-Bas). Il célèbre cette année ses 70 ans.

    Que fait le COE ? Le COE agit dans différents domaines :

    - La solidarité, le secours caritatif aux sans-abri, aux migrants, aux prisonniers et le respect de la dignité humaine.

    - La consolidation de la paix dans les pays et régions instables.

    - L’aide au développement des pays du tiers-monde.

    - La formation des personnes impliquées dans le mouvement.

    Tout au long de la Guerre froide (1947-1991), le Conseil œcuménique a servi de lieu de rencontre au dialogue Est/Ouest. En 1969, le Conseil s’est engagé contre le racisme et a fortement contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique australe.

    Le centre administratif se trouve à Genève, en Suisse. Mais le COE dispose de bureaux partout dans le monde : au Nations unies à New York, à Jérusalem (Israël), à Nairobi (Kenya)…

    Le Conseil tient une assemblée générale tous les huit ans. La dernière s’est déroulée en 2013, à Busan (Corée du Sud).

    Qui siège au COE ?

    À ses débuts, en 1948, le COE comptait 147 églises. Elles étaient en majorité protestantes et occidentales. Aujourd’hui, elles sont 348 et majoritairement orthodoxes (chalcédoniennes et orientales). Mais la COE rassemble aussi un grand nombre d’Églises anglicanes, baptistes, luthériennes, méthodistes… Toutes reconnaissent Jésus comme « Dieu et sauveur » et croient au mystère de la Trinité. Au total, plus de 500 millions de chrétiens de 120 pays différents sont représentés.

    Et l'Eglise catholique dans tout cela ?

    L’Église catholique romaine ne siège pas au COE. Elle n’a jamais demandé son admission. Lors des premières années, les relations entre Rome et le COE étaient tendues. Mais le concile Vatican II a permis d’établir un dialogue. En 1966, pour la première fois, une rencontre est organisée. Un groupe de travail « mixte » a été mis en place dans la foulée. Aujourd’hui, Rome collabore avec le conseil à titre d’observateur et de nombreux théologiens catholiques sont intégrés dans différentes commissions et groupes de travail

     

    Les Congolais sont avertis, le régime de Kinshasa qui est devenu un "abattoir d'êtres humains" est à sa fin. C'est une question des heures, des jours et des mois, plus d'années !
  • Les Congolais souffrent d'instabilité et de violence, selon le comité central du COE

    Les Congolais souffrent d'instabilité et de violence, selon le comité central du COE

    Agnès Abuom, de l’Église anglicane du Kenya, est la présidence du Comité central du Conseil œcuménique des Églises

    Il ne faut pas être devin pour comprendre que le régime d'imposture, d'occupation et de prédation d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale tend à sa fin. Pourtant silencieuse depuis des années, le Conseil Œcuménique des Eglises dont une dizaine d'Eglises protestantes de l'Eglise du Christ du Congo sont membres à haussé le ton. La déclaration sur la République démocratique du Congo a été diffusée, la veille de la visite du pape François au Conseil Œcuménique des Eglises pour les 70 ans de sa fondation.

    L'accueil du pape François par Agnès Aboum, présidente et le pasteur Olav Fykse Tveit, Secrétaire Général du Conseil œcuménique des Églises

    20 juin 2018: Citant une litanie d'horreurs en République démocratique du Congo, le comité central du Conseil œcuménique des Eglises (COE) a appelé à "l'aggravation de la crise politique, humanitaire et des droits de l'homme" en RDC, et aux risques de nouveaux conflits, violations des droits de l'homme et crimes d'atrocité.

    "Le peuple de la République Démocratique du Congo (RDC) a déjà tant souffert pendant tant de temps de la part de tant d'acteurs intéressés de l'intérieur et de l'extérieur du pays. L'aggravation de la crise politique, des droits de l'homme et de l'humanitaire ainsi que l'escalade du conflit affectent de nouveau le pays et ses habitants ", peut-on lire dans le communiqué.

    En raison de la violence récente, 4,5 millions de personnes ont été déplacées de leurs foyers, tandis que plus de 13 millions de Congolais ont besoin d'une aide d'urgence. On estime que 2 millions d'enfants sont menacés de famine.

    La déclaration a spécifiquement cité le rôle des propres forces de sécurité du gouvernement dans la violence dans ce pays et l'a exhorté à arrêter les assassinats liés à la politique et à respecter les limites de la constitution sur les termes présidentiels.

    Il a vivement recommandé que les élections prévues se déroulent comme prévu et que le gouvernement respecte et protège les droits et libertés fondamentaux de sa population.

    Solidarity with the People and Churches of the Democratic Republic of the Congo

    1. The people of the Democratic Republic of the Congo (DRC) have already suffered so much for so long at the hands of so many self-interested actors from within and from outside the country. A deepening political, human rights and humanitarian crisis and escalating conflict are again afflicting the country and its people.

    2. Some 4.5 million people – more than in any other country in Africa – have been displaced from their homes, and tens of thousands of refugees are again fleeing to neighbouring countries. DRC’s neighbours are already hosting approximately 600,000 people who have fled conflicts in the centre and east of the country.

    3. More than 13 million Congolese affected by recent violence are in need of emergency assistance, including food, sanitation, shelter, and education – the same level of need as in Syria. The conflict and instability have been accompanied by exceptionally high levels of sexual and gender-based violence, and have entailed particular suffering for people living with disabilities. Well over half of the number of crisisaffected people are children. An estimated 2 million children are at imminent risk of starvation.

    4. Despite its great wealth of natural resources, the DRC remains one of the world’s poorest countries due to endemic instability, conflict, corruption, poor governance and unregulated exploitation of its resources. Ten out of 100 children in the DRC die before they reach the age of 5, and more than 40% have stunted growth due to malnutrition.

    5. President Joseph Kabila has stayed in power beyond his constitutionally mandated two-term limit, and elections have been twice postponed on questionable grounds. In the context of this constitutional crisis, dissent and opposition is being brutally repressed, and violence is being fomented in different parts of the country for political ends, particularly in the Djugu territory of Ituri province, the Kasai region, North and South Kivu, and Tanganyika provinces.

    6. It is sadly apparent that the gravest threat to Congolese civilians comes from the country’s own security forces. According to the UN human rights office in the DRC, some 1,180 people were extra judicially executed by Congolese “state agents” in 2017, far more than those killed by any of the armed groups, and a threefold increase over two years.

    7. Government security forces have even fired into Catholic church grounds to disrupt peaceful services and processions following Sunday mass, killing at least 18 people and wounding and arresting scores of others. Hundreds of opposition leaders, supporters and pro-democracy and human rights activists have been imprisoned, often without charge or access to family members or lawyers, and meetings and demonstrations banned.

    8. The Saint Sylvestre Accord, a power-sharing agreement signed on New Year’s Eve 2016 following mediation by the Roman Catholic Church, allowed for President Kabila to remain in power another year beyond the end of his constitutional two-term limit on 19 December 2016, but included a commitment to organize elections by the end of 2017. However, in November 2017 the Electoral Commission (CENI) set WCC Central Committee - Solidarity with the People and Churches of the Democratic. 23 December 2018 as the new date for elections, but suggested that numerous “constraints” could result in further postponement.

    9. This long-running political crisis is deepening the misery of the people of the DRC, and raising the spectre of increased regional instability with very serious effects for the whole Great Lakes region and beyond.

    10. The DRC has been identified as one of the ‘stations’ – or focuses – for the ecumenical movement’s Pilgrimage of Justice and Peace. The WCC central committee, meeting in Geneva on 15-21 June 2018, reflecting on the mid-point of the Pilgrimage of Justice and Peace between the WCC’s 10th and 11th Assemblies, and with deepening alarm and concern for the deteriorating situation in the Democratic Republic of the Congo:

    - Calls upon the Government of the DRC to stop the killing due to political intolerance, to protect its citizens from violent attack and harassment by state or non-state actors, and to respect fundamental human rights to assembly and to freedom of opinion and expression;

    - Further calls on the Government of the DRC to uphold the constitution and refrain from worsening the crisis and provoking more widespread conflict and violence by further postponement of the elections;

    - Appeals to all members of the international community, and particularly the Southern African Development Community, to strengthen their engagement for durable peace, stability, justice, development, and human rights in the DRC;

    - Implores that countries and companies engaged in exploiting the natural resources of the DRC respect the sovereignty and territorial integrity of the country and the human rights of its people;

    - Urges all churches and faith communities of the DRC to work together against politically-motivated violence and incitement to atrocity crimes, for a peaceful and fair election process, and for social and economic justice that provides a foundation for sustainable peace;

     

    - Requests strengthened international ecumenical solidarity with the churches and people of the DRC in the midst of the current severe crisis, and support for their struggle for peace, for justice and for dignity.
  • Que retenir de la visite du pape François à Genève ?

    Que retenir de la visite du pape François à Genève ?

    Le pape François qui était à Genève pour les 70 ans du Conseil Œcuménique des Eglises, qui regroupe environ 350 Eglises membres dans le monde, a tenu à tous ses engagements. Il n'est pas sorti de son programme. La visite du pape François dans la cité de Calvin s'est centrée sur l’œcuménisme.

    "Ce n'est qu'ensemble qu'on marche bien": le pape François a souligné lors de sa venue à Genève l' attachement de l'Eglise catholique à l'unité des Chrétiens. Toute au long de la journée, le souverain pontife a insisté sur le dialogue avec les autres chrétiens.

     

    A Bossey, le pape François a mangé un tartare de légume avec salade du jardin en entrée, suivi d'un poison grillé à la sauce au beurre blanc. Pour le dessert, le chef avait prévu une tarte au citron avec des fruits frais.

    En fin de journée, le pape a célébré une messe devant 30 000 personnes selon la police, 37 000 d'après le diocèse, moins que les 41 000 attendues à Palexpo. Elles étaient venues surtout de Suisse romande, d'Italie et de France. Certains étaient arrivées dès le matin.

    Giuseppe (67 ans), Gabrielle (24 ans) et Dominique (17 ans), tous trois de bénévoles

    A leur arrivée, les fidèles ont été accueillis par plus de 300 bénévoles vêtus de T-shirt jaune vif. Ces volontaires de Suisse et de France ont guidé le public dans les méandres de Palexpo., où la sécurité était digne d'un aéroport. Des bouteilles d'eau étaient distribuées.

    Image rarissime: l'arrivée du pape François dans sa papamobile pour entrée à Palexpo

    Le design du mobilier de la messe du pape et sa décoration ont été épurés et déclinés dans des couleurs pastel. Un souhait de Felicita Marockinaite, chargée de concevoir le chœur et la décoration de l’église éphémère qu’abrité Palexpo l’après-midi du 21 juin.

    Felicita Marockinaite cheffe architecte du comité d’organisation de la messe du 21 juin a souhaité avec cette option mettre en avant le rite catholique et la personne du pape.

    Un autre élément a joué un rôle clé: la brièveté des délais. La décision du pape de venir à Genève a été décidée en février, mais officialisée que fin mars.

    Le flou entourant le programme papal dans la cité de Calvin s’est dissipé au début du mois d’avril. Le projet concret a donc débuté vers le 15 avril avec la première rencontre de l’équipe du Saint-Siège. Le comité a eu deux mois pour mettre sur pied la messe et toute la logistique qui l’accompagne.

    “Le Vatican fournit le plan de base avec des impératifs très précis: mensurations de l’autel, de l’ambon et du siège du pontife ainsi que les distances exactes séparant les meubles entre eux et du bord de la scène“, précise Felicita Marockinaite. Chaque élément a une place précise au centre d’une vaste scène de 960 m2. “Question d’esthétique mais aussi pratique: les espaces ainsi définis facilitent les déplacements autour de l’autel pendant la célébration“.

    L’autel mesure 3 m de longueur, 1 m de hauteur et autant de profondeur. Le siège du pape respecte les normes imposées par le Saint-Siège avec un dossier de 1,5 m de hauteur et l’ambon d’1,4 m de hauteur et seulement 60 cm de profondeur. Des dimensions raisonnables qui répondent à des normes de visibilité, notamment lorsque la messe est retransmise à la télévision. Ces trois meubles sont surélevés.

    Le pape était entouré d'un détachement de la la Garde pontificale. Le président de la Confédération lui a garanti que la Suisse continuerait de soutenir ce dispositif de protection qui dure depuis plus de 500 ans.

  • Clameurs et tonnerre d'applaudissements pour le pape François à Palexpo !

    Clameurs et tonnerre d'applaudissements pour le pape François à Palexpo !

    C'est à 20h10 que le pape François a décollé de Genève. Dans l'avion qui le ramène à Rome, depuis Genève, un vol de 90 minutes. Le pape François parle aux journalistes et déclare: "Vous ne pouvez pas avoir ensemble l'œcuménisme et le prosélytisme ! Ce dernier mot est à supprimer du dictionnaire !"

    Le pape François fêtera dans quelques mois ses 82 ans ! Le Saint-Père a salué «le pardon» entre chrétiens lors de sa messe. Le pape François a appelé ses dizaines de milliers d'ouailles réunies pour une grande messe à Palexpo à Genève à faire preuve de solidarité avec les plus vulnérables. Dans son homélie, il a salué les bienfaits du «pardon» des dernières décennies entre chrétiens. «Chacun doit prendre soin des frères de l'unique famille humaine», a insisté le Saint-Père en présence de près de 530 prêtres, dont des dizaines à ses côtés, et des catholiques venus surtout de Suisse romande, d'Italie et de France. Clameurs et tonnerre d'applaudissements pour le pape François à Palexpo dans sa papamobile ! A 17H20, la messe a commencé plus tôt que prévu. La première lecture se fait en anglais. Un passage du livre des Ecclésiastes a été choisi. S'en suit le psaume 96.

    Arrivée du pape François dans sa papamobile à Palexpo

    La première visite papale en Suisse a eu lieu en 1969, lorsque le pape Paul VI a visité les Nations Unies à Genève. Y a-t-il beaucoup de catholiques romains en Suisse? La majorité de la population suisse est chrétienne, mais le christianisme est en déclin et le pourcentage de non-croyants augmente. Les catholiques constituent le groupe confessionnel le plus important 37 % des résidents permanents en 2016, contre 47 % en 1970, selon l'Office fédéral de la statistique. Plus d'un quart des catholiques suisses assistent à un service religieux de six à douze fois par an. Une enquête commandée par la Conférence des évêques catholiques suisses sur les questions relatives au mariage et à la famille en 2014 a révélé des attitudes libérales à l'égard de la sexualité et du mariage. Le pourcentage de protestants suisses a fortement diminué depuis 1970, passant de 49% à 25% en 2015. Genève, la ville de Jean Calvin, est parfois appelée la Rome protestante. Cependant, les temps ont changé. En 2016, environ 35 % des habitants de la ville se disaient catholiques, tandis que 24% se disaient protestants.

    Père, pain, pardon. Trois paroles, que l’Evangile d’aujourd’hui nous donne. Trois paroles, qui nous conduisent au cœur de la foi.

    « Père ». Ainsi commence la prière. On peut poursuivre avec des paroles différentes, mais on ne peut pas oublier la première, parce que la parole “Père” est la clé d’accès au cœur de Dieu ; parce que c’est seulement en disant Père que nous prions en langue chrétienne. Nous prions “en chrétien” : non un Dieu générique, mais Dieu qui est surtout Papa. Jésus, en effet, nous a demandé de dire « Notre Père qui es aux Cieux », non “Dieu des cieux qui es Père”. Avant tout, avant d’être infini et éternel, Dieu est Père.

    De lui vient toute paternité et maternité (cf. Ep 3 15). En lui est l’origine de tout le bien et de notre vie-même. « Notre Père » est alors la formule de la vie, celle qui révèle notre identité : nous sommes des enfants bien-aimés. C’est la formule qui résout le théorème de la solitude et le problème d’être orphelin. C’est l’équation qui indique que faire : aimer Dieu, notre Père, et les autres, nos frères. C’est la prière du nous, de l’Eglise ; une prière sans je et sans mien, toujours au tu de Dieu (« ton nom », « ton règne », « ta volonté ») et qui se conjugue seulement à la première personne du pluriel. « Notre Père », deux paroles qui nous offrent la signalétique de la vie spirituelle.

    Ainsi, chaque fois que nous faisons le signe de la croix au début de la journée et avant toute activité importante, chaque fois que nous disons « notre Père », nous nous réapproprions les racines qui nous fondent. Nous en avons besoin dans nos sociétés souvent déracinées. Le « notre Père » fortifie nos racines. Quand il y a le père, personne n’est exclu ; la peur et l’incertitude n’ont pas le dessus. La mémoire du bien réapparaît, parce que dans le cœur du Père nous ne sommes pas des figurants virtuels, mais des enfants aimés. Il ne nous rassemble pas en groupes de partage, mais il nous régénère ensemble comme famille.

    Ne nous fatiguons pas de dire « notre Père » : cela nous rappellera qu’il n’existe aucun enfant sans Père et donc qu’ aucun de nous n’est seul dans ce monde. Mais cela nous rappellera aussi qu’il n’y a pas de Père sans enfants : aucun de nous est enfant unique, chacun doit prendre soin des frères de l’unique famille humaine. En disant « notre Père » nous affirmons que tout être humain nous appartient, et devant les méchancetés si nombreuses qui offensent le visage du Père, nous ses enfants, sommes appelés à réagir comme des frères, comme de bons gardiens de notre famille, et à faire en sorte qu’il n’y ait pas d’indifférence envers le frère, envers chaque frère : de l’enfant qui n’est pas encore né comme de la personne âgée qui ne parle plus, de celui qu’on connaît et à qui on n’arrive pas à pardonner comme du pauvre rejeté. Le Père nous demande cela, il nous commande : de nous aimer avec des cœurs d’enfants, qui sont entre eux des frères.

    Pain. Jésus dit de demander chaque jour au Père le pain. Cela ne sert à rien de demander plus : seulement le pain, c’est-à-dire l’essentiel pour vivre. Le pain est d’abord la nourriture suffisante pour aujourd’hui, pour la santé, pour le travail d’aujourd’hui ; cette nourriture qui malheureusement manque à tant de nos frères et sœurs. Pour cela je dis : attention à qui spécule sur le pain ! La nourriture de base pour la vie quotidienne des peuples doit être accessible à tous.

    Demander le pain quotidien c’est dire aussi : “Père, aide-moi à avoir une vie plus simple”. La vie est devenue si compliquée. Je voudrais dire qu’aujourd’hui, pour beaucoup elle est comme “droguée” : on court du matin au soir, parmi mille appels et messages, incapables de s’arrêter devant les visages, immergés dans une complexité qui rend fragiles et dans une rapidité qui alimente l’anxiété. Un choix de vie sobre, libre des boulets superflus s’impose. Un choix à contre-courant, comme le fit en son temps saint Louis de Gonzague, dont nous rappelons le souvenir aujourd’hui. Le choix de renoncer à tant de choses qui remplissent la vie mais vident le cœur. Frères et sœurs, choisissons la simplicité, la simplicité du pain pour retrouver le courage du silence et de la prière, levain d’une vie véritablement humaine. Choisissons les personnes par rapport aux choses, parce qu’elles suscitent des relations personnelles, non virtuelles. Revenons à aimer le parfum naturel de qui nous entoure. Quand j’étais petit, à la maison, si le pain tombait de la table, on nous apprenait à le ramasser tout de suite et à l’embrasser. Apprécier ce que nous avons de simple chaque jour : ne pas prendre et jeter, mais apprécier et garder.

    Le « Pain quotidien », ensuite, ne l’oublions pas, c’est Jésus. Sans lui nous ne pouvons rien faire (cf. Jn 15, 5). C’est Lui l’aliment de base pour bien vivre. Parfois, cependant, nous réduisons Jésus à une garniture. Mais s’il n’est pas notre nourriture de vie, le centre de nos journées, la respiration de notre quotidien, tout est vain, tout est garniture. En demandant le pain nous demandons au Père et nous nous disons à nous-même chaque jour : simplicité de vie, souci de ceux qui nous entourent , Jésus en tout et avant tout.

    Pardon. Il est difficile de pardonner, nous portons toujours en nous un peu de regret, de rancune, et quand nous sommes provoqués par celui à qui nous avons déjà pardonné, la rancœur revient avec les intérêts. Mais le Seigneur exige comme don notre pardon. Cela fait penser que l’unique commentaire original du Notre Père, celui de Jésus, se concentre en une seule phrase : « Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes » (Mt 6, 14-15). L’unique commentaire que fait le Seigneur ! Le pardon est la clause contraignante du Notre Père. Dieu nous libère le cœur de tout péché, Dieu pardonne tout, tout, mais il demande une chose : que nous ne nous fatiguions pas de pardonner à notre tour. Il veut de la part de chacun de nous une amnistie générale des fautes d’autrui. Il faudrait faire une belle radiographie du cœur, pour voir si en nous, il y a des blocages, des obstacles au pardon, des pierres à enlever. Et alors dire au Père : “Vois ce bloc de pierre, je te le confie et je te prie pour cette personne, pour cette situation ; même si j’ai de la peine à pardonner, je te demande la force de le faire”.

    Le pardon renouvelle, le pardon fait des miracles. Pierre a fait l’expérience du pardon de Jésus et il devint pasteur de son troupeau ; Saul est devenu Paul après le pardon reçu d’Etienne ; chacun de nous renaît créature nouvelle quand, pardonné par le Père, il aime ses frères. Alors seulement nous introduisons dans le monde de vraies nouveautés, parce qu’il n’y a pas de nouveauté plus grande que le pardon, ce pardon qui change le mal en bien. Nous le voyons dans l’histoire chrétienne. Nous pardonner entre nous, nous redécouvrir frères après des siècles de controverses et de déchirures, que de bien cela nous a fait et continue à nous faire ! Le Père est heureux quand nous nous aimons et nous pardonnons d’un cœur sincère (cf. Mt 18, 35) Et alors, il nous donne son Esprit. Demandons cette grâce : de ne pas nous retrancher avec un cœur endurci, en exigeant toujours des autres, mais de faire le premier pas, dans la prière, dans la rencontre fraternelle, dans la charité concrète. Ainsi nous serons plus semblables au Père, qui nous aime sans rechercher son avantage ; et il répandra sur nous l’Esprit d’unité. »

    Remerciements à la fin de la messe

    Je remercie de tout cœur Monseigneur Morerod et la Communauté diocésaine de Lausanne-Genève-Fribourg. Merci pour votre accueil, pour la préparation et pour la prière, que je vous demande, s’il vous plaît, de continuer. Moi aussi, je prierai pour vous, afin que le Seigneur accompagne votre cheminement, en particulier votre cheminement œcuménique. J’étends ma salutation reconnaissante à tous les Pasteurs des diocèses suisses et aux autres Évêques présents, ainsi qu’aux fidèles venus de divers endroits de la Suisse, de la France et d’autres pays.

    Je salue les citoyens de cette belle ville, où il y a exactement 600 ans a séjourné le Pape Martin V et qui est le siège d’importantes institutions internationales, parmi lesquelles l’Organisation Internationale du Travail, qui célébrera l’année prochaine le centenaire de sa fondation.

     

    Je remercie vivement le Gouvernement de la Confédération Suisse pour l’aimable invitation et pour la précieuse collaboration. Merci !

    S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Au revoir !

  • Pourquoi le pape François a visité le Conseil Œcuménique des Eglises ?

    Pourquoi le pape François a visité le Conseil Œcuménique des Eglises ?

    Le pape François est arrivé à Genève pour une visite apostolique de dix heures visant à renforcer l’unité des chrétiens. L'avion du pape François a atterri à l'aéroport de Genève Contrin à 10h10, où il a été accueilli par une délégation du gouvernement suisse, dont le président Alain Berset et les ministres Doris Leuthard et Ignazio Cassis.

    Après des entretiens officiels avec les responsables suisses, le Saint-Père s'est rendu au siège du Conseil Œcuménique des Eglises (COE) pour une session de prière œcuménique avec des représentants des Eglises locales.

    Arrivée du pape François au siège du COE

    Le pape François est arrivé à Genève pour ce qu’il a décrit comme un «voyage vers l’unité» célébrant le 70e anniversaire du Conseil œcuménique des Églises (COE), qui rassemble 350 Églises protestantes, orthodoxes, anglicanes et autres, et représente plus de 550 millions de chrétiens dans plus de 120 pays.

    Fondé en 1948, le Conseil œcuménique des Eglises (COE) rassemble les Eglises orthodoxes, anglicanes, méthodistes, baptistes, luthériennes et réformées du monde entier, mais pas l'Eglise catholique, avec laquelle il a entretenu des relations complexes. La visite du pape s'inscrit dans son programme «Marcher, prier et travailler ensemble». Elle est le résultat de cinq années d'efforts de la part des responsables du COE pour le persuader de venir à Genève après sa nomination en 2013. Une cinquantaine d'observateurs du Vatican participent aux travaux des comités du COE traitant de questions telles que la promotion de la paix, la doctrine religieuse et l'éducation.

    Le voyage du pape est donc considéré comme une visite de travail très importante et une tentative de renforcer l'unité des chrétiens. Après un déjeuner à l'Institut œcuménique au Château Bossey dans le canton de Vaud voisin, il est retourné au COE pour des entretiens.

    Il s’agit de la troisième visite d’un pontife romain au COE. Toutefois, quand le pape Paul VI était venu en 1969, c’était dans le cadre d’un voyage à Genève pour le 50e anniversaire de l’Organisation internationale du Travail et, en 1984, le pape Jean Paul II effectuait une visite pastorale en Suisse.

    Genève offrait beaucoup de tribunes à partir desquelles le pape François aurait pu aborder les sujets qui lui tiennent à cœur:

    l’Organisation mondiale de la Santé pour ce qui touche à la vie et à l’avenir de la santé, l’Organisation internationale du Travail pour la thématique de la dignité du travail, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés pour les questions ayant trait aux réfugiés et à la migration, ou encore l’ONU elle-même pour aborder le thème de la paix.

     

    Mais le pape François a spécialement tenu à consacrer sa visite au Conseil œcuménique des Églises. C’est un choix personnel du pape, qui voulait clairement éviter que d’autres sujets viennent éclipser la dimension œcuménique de sa journée à Genève.
  • Ce qu'a dit le Pape François au Conseil Œcuménique des Eglises !

    Ce qu'a dit le Pape François au Conseil Œcuménique des Eglises !

    Le pape François lors de son homélie au Centre Œcuménique de Genève

    Nous avons écouté la parole de l'Apôtre Paul aux Galates, qui traversaient des difficultés et des luttes internes. Il y avait en effet des groupes qui s'affrontaient et s'accusaient mutuellement. C'est dans ce contexte que l'Apôtre, par deux fois en peu de versets, invite à marcher "sous la conduite de l'Esprit Saint" (Galates 5, 16.25).

    Marcher. L'homme est un être en chemin. Toute sa vie durant, il est appelé à se mettre en route, pour une sortie continue à partir de là où il se trouve: du moment où il sort du sein maternel jusqu'au moment où il passe d'un âge de la vie à un autre; du moment où il sort de cette existence terrestre. Le chemin est une métaphore qui révèle le sens de la vie humaine, d'une vie qui ne se suffit pas à elle-même, mais qui est toujours à la recherche de quelque chose de plus. Le coeur nous invite à marcher, à atteindre un but.

    Mais marcher est une discipline, un effort; il faut de la patience quotidienne et un entraînement constant. Il faut renoncer à beaucoup de chemins pour choisir celui qui conduit au but et vivifier la mémoire pour ne pas la perdre.

    Marcher demande l'humilité de retourner sur ses propres pas et le souci des compagnons de voyage, car ce n'est qu'ensemble qu'on marche bien. Marcher, en somme, exige une conversion de soi continue. C'est pourquoi beaucoup y renoncent, en préférant la quiétude de la maison, où ils s'occupent commodément de leurs propres affaires sans s'exposer aux risques du voyage. Mais ainsi, on s'accorche à des sécurités éphémères, qui ne donnent pas cette paix et cette joie auxquelles le coeur aspire, et qui ne se touvent qu'en sortant de soi-même.

    Dieu nous appelle à cela, depuis les débuts. Déjà, à Abraham il a été demandé de quitter sa terre, de se mettre en chemin, armé seulement de la confiance en Dieu (Gen. 12,1). C'est ainsi que Moïse, Pierre et Paul, et tous les amis du Seigneur, ont vécu en cheminant. mais surtout Jésus nous a donné l'exemple. Pour nous, il est sorti de sa condition divine (Ph 2, 6-7) et il est descendu parmi nous pour marcher, lui qui est le chemin (Jn 14, 6). Lui, le Seigneur et le Maître, s'est fait pèlerin et hôte au milieu de nous. Rétourné au Père, il nous a fait don de son Esprit même, de manière que nous ayons la force de marcher dans sa direction, d'accomplir ce que Paul demande: marcher selon l'Esprit.

    Selon l'Esprit: si chaque homme est un être en chemin, et qu'en se repliant sur lui-même il renie sa vocation, à plus forte raison le chrétien. En effet, souligne Paul, la vie chrétienne porte en soi une alternative inconciliable: d'une part marcher selon l'Esprit, en suivant le chemin inauguré par le Baptême; d'autre part "satisfaire les convoitises de la chair" (Ga 5, 16). Que veut dire cette expression ? Elle signifie essayer de se réaliser en suivant la voie de la possession, la logique de l'égoïsme, selon lesquelles l'homme cherche à accaparer ici et maintenant tout ce qui lui plaît. Il ne se laisse pas accompagner docilement là où Dieu indique, mais poursuit sa propre route. Nous avons sous les yeux les conséquences de ce parcours tragique: vorace des choses, l'homme perd de vue ses compagnons de voyage; alors sur les routes du monde règne une grande indifférence. Poussé par ses propres instincts, il devient esclave d'un consumérisme effréné: alors la voix de Dieu est étouffée; alors les autres, surtout ceux qui sont incapables de marcher sur leurs jambes, comme les enfants et les personnes âgées, deviennent des déchets dérangeants; alors l la création n'a plus d'autre sens que de servir à la production en fonction des besoins.

    Chers frères et soeurs, aujourd'hui plus que jamais ces paroles de l'Apôtre Paul nous interpellent: marcher selon l'Esprit, c'est rejeter la mondanité. C'est choisir la logique du service et progresser dans le pardon. C'est s'inscrire dans l'histoire au pas de Dieu: non au pas tonitruant de la prévarication, mais au pas cadencé d'un seul précepte: "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (v.14). La voie de l'Esprit est en effet marquée par des jalons dont Paul dresse la liste: "amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi" (vv22-23).

    Nous sommes appelés, ensemble, à marcher ainsi: la route passe par une convention continue, par le renouvellement de notre mentalité afin qu'elle soit conforme à celle de l'Esprit Saint. Au cours de l'histoire, les divisions entre chrétiens sont souvent advenues parce qu'à la racine, dans la vie des communautés, s'est infiltrée une mentalité mondaine: on défendait d'abord ses intérêts propres, puis ceux de Jésus-Christ. Dans ces situations, l’ennemi de Dieu et de l'homme a eu la tâche facile en nous séparant, car la direction que nous suivons était celle de la chair, non celle de l'Esprit. Même certaines tentatives du passé pour mettre fin à ces divisions ont misérablement échoué, parce qu'elles étaient principalement inspirées par des logiques mondaines. Mais le mouvement œcuménique, auquel le Conseil Oeucuménique a tant contribué, a surgi par la grâce de l'Esprit Saint (Conc.Oecum. Vat II, Unitas redintegration.1). L’œcuménisme nous a mis en route selon la volonté de Jésus et pourra progresser à condition qu'en marchant sous la conduite de l'Esprit, il rejette tout repli autoréférentiel.

    Mais-pourrait-on rétorquer-marcher de cette manière, c'est travailler en vain, car on ne défend pas, comme il se doit, les intérêts des communautés respectives, souvent solidement liées à des appartenances ethniques ou à des orientations affermies, qu'elles soient principalement "conservatrices" ou "progressistes". Oui, choisir d'appartenir à Jésus avant d'appartenir à Apollos ou à Pierre, d'appartenir au Christ avant d'être "Juifs ou Grecs" (Ga 3, 28), d'appartenir au Seigneur avant d'être de droite ou de gauche, choisir au nom de l'Evangile le frère au lieu de soi-même signifie souvent, aux yeux du monde, travailler en vain. L’œcuménisme est "une grande entreprise en pure perte". Mais il s'agit d'une perte évangélique, selon la voie tracée par Jésus: "Celui qui veut sauver sa vie la perdra mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera" (Luc 9, 24). Sauver ce qui nous est propre, c'est marcher selon la chair; se perdre en suivant Jésus, c'est marcher selon l'Esprit. Ce n'est qu'ainsi qu'on porte du fruit dans la vigne du Seigneur. Comme Jésus l'enseigne lui-même, ce ne sont pas ceux qui accaparent qui portent du fruit dans la vigne du Seigneur, mais ceux qui, en servant, suivent la logique de Dieu qui continue de donner et de se donner (Mt 21,33-42). C'est la logique de la Pâque, l'unique qui porte du fruit.

    En regardant notre cheminement, nous pouvons nous retrouver dans quelques situations des communautés des galates d'alors: comme il est difficile de calmer les animosités et de cultiver la communion, comme il est difficile de sortir des contrastes et des refus réciproques alimentés par des siècles ! Il est encore plus difficile de résister à la tentation trompeuse: être ensemble avec les autres, marcher ensemble, mais avec l'intention de satisfaire quelque intérêt partisan. Ce n'est pas la logique de l'Apôtre, c'est celle de Judas, qui marchait avec Jésus mais pour ses propres affaires. La réponse à nos pas vaillants est toujours la même: marcher selon l'Esprit, en purifiant le cœur du mal, en choisissant avec une sainte obstination la voie de l’Évangile et en refusant les faux-fuyants du monde.

    Après tant d'années d'engagement œcuménique, à l'occasion de ce soixante-dixième anniversaire du Conseil, demandons à l'Esprit de revigorer notre pas. Trop facilement, il s'arrête devant les divergences qui persistent; trop souvent, il est bloqué au départ, miné par le pessimisme. Que les distances ne soient pas des excuses ! Il est déjà possible de marcher dès maintenant selon l'Esprit;: prier, évangéliser, servir ensemble, c'est possible et cela plaît à Dieu ! Marcher ensemble, prier ensemble, travailler ensemble: voilà notre route principale !

    Cette route a un but précis: l'unité. Le chemin opposé, celui de la division, conduit à des guerres et à des destructions. Le Seigneur nous demande d'emprunter continuellement la voie de la communion, qui conduit à la paix. La division, en effet, "s'oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes: la prédication de l’Évangile à toute créature " (Unitatis redintegratio, n.1). Le Seigneur nous demande l'unité, le monde, marqué par trop de divisions qui affectent surtout les plus faibles, implore l'unité.

    Chers frères et sœurs, j'ai voulu venir ici en pèlerin à la recherche de l'unité et de la paix. Je remercie Dieu, parce qu'ici je vous ai trouvés, vous , frères et sœurs déjà en chemin. Marcher ensemble pour nous chrétiens n'est pas une stratégie pour faire davantage valoir notre poids, mais un acte d'obéissance envers le Seigneur et d'amour envers le monde.

    Demandons au Père de marcher ensemble avec plus de vigueur sur les routes de l'Esprit. Que la Croix oriente notre chemin, parce que là, en Jésus, ont déjà été abattus les murs de séparation et toute inimitié a été vaincue (Ep 2, 14): là, nous comprenons que, malgré toutes nos faiblesses, rien ne nous séparera jamais de son amour (Rm 8, 35-39).
  • Le pape François à Genève, la Rome protestante !

    Le pape François à Genève, la Rome protestante !

    Le pape François recevra le président Emmanuel Macron au Vatican, le 26 juin prochain. 5 jours avant, le Chef du Vatican est attendu à Genève, la cité de Calvin, dans le cadre de 70e anniversaire du Conseil œcuménique des Eglises (COE), perçu parfois comme les «Nations unies chrétiennes». Le protocole change, le chef d’Etat qui part à l’étranger prend en charge son voyage et, s’il le souhaite, il est accompagné de ses propres gardes du corps, tandis que l’Etat hôte est responsable des mesures de sécurité, y compris en matière de trafic aérien et automobile. La Suisse accueille jeudi le pape François durant une dizaine d'heures, principalement à Genève mais aussi dans le canton de Vaud. Après une rencontre avec le Conseil fédéral, le Conseil œcuménique des Eglises (COE) reçoit le souverain pontife de 11 heures à 17 heures environ dans le cadre des célébrations des 70 ans de sa fondation.

    Le pape affiche complet à Palexpo ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu’à un catholique lambda de rentrer jeudi à Palexpo sans être passé par une paroisse… En effet, pour des raisons de sécurité incendie, seules 40 000 personnes sur les 70 000 possibles pourront assister à la messe papale à Genève. Et ce sont les personnes qui ont passé par les paroisses qui ont été retenues, comme exigé par le Vatican. C’est donc un peu la grogne. La venue du pape fédère les bonnes volontés: 300 bénévoles de 18 à 84 ans aident, des menuisiers ont construit gratuitement l’autel, des sœurs ont offert les hosties ! "Nous ne pensions pas non plus que les chaises feraient si largement défaut en Suisse, en raison de la Fête de la Musique et des promotions dans les écoles de Genève, qui se tiennent le même jour."

    Chaises acheminées de France: "Vingt-deux camions chargés de chaises viennent de France", signale Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. "Cela implique beaucoup de personnel. Et il y a des frais obligatoires liés au transport des fidèles des parkings vers Palexpo. Nous avons dû louer 105 bus pour la journée, selon les exigences de la police qui veille au trafic". La facture de transport pourrait atteindre 300'000 francs. La sécurité de la messe coûtera 1,2 million, les infrastructures 700'000 fr., les équipements audio, vidéo et sono 400'000 fr…

    Que va faire le pape François ?

    10h10: le pape François atterrira à Genève Aéroport, où il sera accueilli par le président de la Confédération Alain Berset, accompagné des conseillers fédéraux Doris Leuthard et Ignazio Cassis, du président du Conseil national Dominique de Buman ainsi que du président du gouvernement genevois Pierre Maudet.

    10h30: le souverain pontife s'entretiendra en tête-à-tête avec Alain Berset, puis avec Ignazio Cassis et Dominique de Buman.

    11h15: accompagné du cardinal suisse Kurt Koch et de plusieurs hauts représentants du Saint-Siège, le pape François prononcera un premier discours au Conseil œcuménique des Eglises à Genève, qui se situe au Grand-Saconnex.

    12h45: François ira en terres vaudoises pour un déjeuner et un second discours à l'Institut œcuménique de Bossey, à Crans-près-Céligny, à proximité de Nyon.

    17h30: de retour à Genève, le pape célébrera une messe publique à Palexpo, devant plus de 41'000 personnes. L'office devrait se terminer vers 19h00.

    19h45: une cérémonie d'adieu aura lieu à l'aéroport puis le pape s'envolera pour Rome.

    Avec sa venue à Genève au Conseil Œcuménique des Eglises, le Pape François lance un signal fort d'ouverture aux autres églises. D'aucuns espèrent une annonce surprise ! C'est un pape œcuménique qui arrive à Genève.

    Le pape François a permis de renforcer les liens de l’Eglise de Rome avec de nombreuses Eglises chrétiennes, notamment avec les orthodoxes de Russie, les anglicans ou les luthériens. Le souverain pontife arrive jeudi à Genève pour répéter sa conception de l’œcuménisme devant les représentants de 348 Eglises et plus de 500 millions de chrétiens.

    Au Vatican, ce voyage est décrit comme un «pèlerinage». François rend visite à cette institution après Paul VI en 1969 et Jean Paul II en 1984. Mais ce déplacement-ci est historique car, pour la première fois, un pape se rend expressément auprès du COE, quand par le passé il ne constituait qu’une étape d’un itinéraire plus long.

    Rome ne fait pas partie du Conseil œcuménique des Eglises pour cette raison théologique notamment. L’universalité et le poids de l’Eglise catholique, avec plus d’un milliard de fidèles, créeraient des problèmes d’organisation et de représentativité pour l’organisation. Le Vatican bénéficie néanmoins d’un statut d’observateur au sein de cette «ONU œcuménique», avec qui il collabore étroitement depuis plus d’un demi-siècle.
  • Migrants : « aucun enfant ne doit être séparé de sa famille », affirme l’UNICEF

    Migrants : « aucun enfant ne doit être séparé de sa famille », affirme l’UNICEF

    Henrietta Fore de l'UNICEF

    Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance est préoccupé du sort des enfants migrants séparés de leurs parents aux Etats-Unis. « La situation de ces enfants et de ces bébés, séparés de leurs parents alors qu’ils venaient justement chercher la sécurité aux États-Unis, est bouleversante », a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF dans un communiqué rendu public ce mardi.

    Selon Henrietta Fore, « la détention et la séparation de la famille sont des expériences traumatisantes qui peuvent rendre les enfants plus vulnérables à l’exploitation et aux abus et créer un stress toxique qui, comme l’ont montré plusieurs études, peut avoir un impact sur leur développement à long terme ».

    Pour la cheffe de l’UNICEF, « de telles pratiques ne sont dans l’intérêt de personne, et encore moins des enfants, qui en souffrent le plus ». Une façon pour la patronne de cette agence onusienne de rappeler que les enfants, quels que soient leurs origines ou leur statut migratoire, sont avant tout des enfants.

    « Le bien-être des enfants doit rester la première préoccupation », selon Henrietta Fore surtout pour ceux qui n’ont d’autre choix que de fuir leur foyer. Ces derniers ont le droit d’être protégés, d’accéder aux services de base et d’être avec leur famille, comme tous les enfants. « C’est la réalisation de ces droits qui donne à chaque enfant les meilleures chances d’un avenir sain, heureux et épanouissant », rappelle l’UNICEF.

    L’agence onusienne rappelle d’ailleurs la tradition d’accueil des Etats-Unis. « Pendant des décennies, le gouvernement et le peuple américains ont soutenu nos efforts pour aider les enfants réfugiés, demandeurs d’asile et migrants affectés par les crises à travers le monde », fait-elle remarquer, non sans rappeler que les États-Unis ont été là pour aider et accueillir les enfants déracinés lors de la guerre en Syrie ou au Soudan du Sud, la famine en Somalie, ou un tremblement de terre en Haïti. Dans ces conditions, la Directrice générale de l’UNICEF espère que « l’intérêt supérieur des enfants réfugiés et migrants sera pris en compte dans l’application des procédures et des lois d’asile américaines ».

    Le bien-être des enfants doit rester la première préoccupation, Henrietta Fore, Directrice générale de l'UNICEF.

    L’UNICEF insiste sur le « plaidoyer très fort » entrepris depuis plusieurs années sur cette problématique des enfants migrants.

     

    « Deux des points principaux, c’est le fait de ne pas détenir des enfants. Mais il n’est pas possible de détenir les enfants sur la base du statut migratoire. C’est très clair, c’est notre position, tout comme nous demandons à ce qu’ils ne soient pas séparés de leurs parents », a déclaré Christophe Boulierac, porte-parole de l’UNICEF, lors d’un point de presse ce mardi à Genève.
  • Meseberg: Emmanuel Macron et Angela Merkel signent la déclaration commune pour réformer l'Europe

    Meseberg: Emmanuel Macron et Angela Merkel signent la déclaration commune pour réformer l'Europe

    Le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel ont tenu mardi une conférence de presse commune pour afficher les positions franco-allemandes avant un sommet européen fin juin. Au menu : Europe de la défense, les migrants, la réforme de la zone euro…Les deux dirigeants se sont retrouvés au château de Meseberg, près de la capitale allemande, pour un sommet franco-allemand, dix jours avant le Conseil européen à Bruxelles où l’accord entre Paris et Berlin sera déterminant pour aboutir à un consensus.

    Déclaration de Meseberg

    Renouveler les promesses de l’Europe en matière de sécurité et de prospérité

    La France et l’Allemagne nourrissent une même ambition pour le projet européen : une Europe démocratique, souveraine et unie, une Europe compétitive, une Europe qui soit une ancre de prospérité et qui défende son modèle économique et social et sa diversité culturelle, une Europe qui favorise une société ouverte reposant sur des valeurs communes de pluralisme, de solidarité et de justice, qui défend l’État de droit partout dans l’UE et le promeut à l’étranger, une Europe prête à affirmer son rôle international en faveur de la paix, de la sécurité et du développement durable et à être au premier rang de la lutte contre le changement climatique, une Europe qui parvienne à relever le défi des migrations.

    Pour réformer l’Europe, nous devons écouter la voix des citoyens. C’est pourquoi la France et l’Allemagne sont attachées à poursuivre les consultations citoyennes sur l’Europe afin de nourrir le débat démocratique en amont des prochaines élections européennes.

    La France et l’Allemagne sont fermement résolues non seulement à préserver les acquis de l’Union européenne mais encore à renforcer leur coopération au sein de cette dernière en veillant constamment à assurer à la fois l’unité de ses États membres et son efficacité. L’Union européenne se montrera à la hauteur de ses valeurs et jouera un rôle important dans la protection des droits de l’homme et dans la défense, la réforme et le renforcement du multilatéralisme.

    L’UE est aujourd’hui confrontée à des défis existentiels : les migrations, l’évolution de son environnement sécuritaire, la compétitivité et l’innovation, la révolution numérique, la nécessité de conférer à la zone euro davantage de résilience et de stabilité et d’agir en faveur de la protection du climat. La France et l’Allemagne sont toutes deux convaincues que la seule réponse appropriée à ces défis réside dans la coopération européenne. Des actions purement nationales et non coordonnées ouvrent la voie à l’échec et à la division.

    Afin d’ancrer notre coopération européenne dans une coopération bilatérale forte, la France et l’Allemagne finaliseront d’ici à la fin de 2018 un nouveau « Traité de l’Élysée » avec l’ambition de développer la convergence économique, sociale et fiscale entre elles, d’élaborer de nouveaux outils de leur coopération transfrontalière et de réaffirmer leur engagement de soutenir et de faciliter l’apprentissage de la langue de leur partenaire.

    Au vu de ce qui précède, la France et l’Allemagne sont convenues aujourd’hui à Meseberg de ce qui suit :

    Politique étrangère, sécurité et défense

    Étudier de nouveaux moyens d’accroître la rapidité et l’efficacité de la prise de décision de l’UE dans le cadre de notre politique étrangère et de sécurité commune. Nous avons besoin d’un débat européen sur de nouveaux formats, tels qu’un Conseil de sécurité de l’UE, et des moyens de coordination plus étroite, au sein de l’UE et des instances internationales. Nous devrions également étudier les possibilités de recourir au vote à la majorité en matière de politique étrangère et de sécurité commune, dans le cadre d’un débat plus large sur le recours au vote à la majorité dans les politiques de l’UE.

    Saisir l’occasion de la présence de nos deux États au Conseil de sécurité des Nations Unies pour lancer des initiatives conjointes, notamment dans le domaine de la prévention des confits, et renforcer la coordination au sein de l’UE en ce qui concerne les Nations Unies.

    Souligner la nécessité de développer l’émergence d’une culture stratégique commune grâce à l’Initiative européenne d’intervention, qui sera liée aussi étroitement que possible à la coopération structurée permanente (CSP).

    Poursuivre leur action conjointe dans le domaine du développement des capacités, en particulier le système majeur de combat terrestre (MGCS) et le système de combat aérien futur (SCAF).

    Appeler de nouveau instamment la Commission européenne à proposer rapidement des mesures législatives au niveau européen pour lutter contre les contenus en ligne illicites d’apologie du terrorisme.

    Poursuivre leurs efforts auprès de l’Ukraine et de la Russie dans le format Normandie afin de faciliter la mise en œuvre des accords de Minsk pour stabiliser la situation de l’Est de l’Ukraine et préserver l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

    Progresser sur la voie d’une défense européenne mieux intégrée englobant tous les aspects et moyens civils et militaires de gestion des crises et de réaction de l’UE.

    Développement, migrations et asile

    Agir en faveur de la relance rapide d’un programme d’action global sur les migrations comprenant les trois piliers que sont (i) sur le plan externe, un soutien accru aux pays d’origine et de transit et à la coopération avec ces pays sur la base d’exemples de coopération et de partenariats existants comme la Déclaration UE­-Turquie, afin d’éviter les départs vers l’Europe, de lutter contre les migrations irrégulières et d’accélérer le processus de retour ;

    (ii) aux frontières de l’UE, l’amélioration de la protection des frontières extérieures de l’Europe grâce à un renforcement ambitieux de Frontex en termes de personnel et de mandat ;

    (iii) sur le plan interne, un système européen commun d’asile qui soit en mesure de faire face aux crises et d’assurer un juste équilibre entre la responsabilité et la solidarité.

    Rechercher des solutions au niveau européen, qui sont aujourd’hui plus importantes que jamais. Une action unilatérale et sans coordination ne fera que fractionner l’Europe, diviser ses peuples et mettre Schengen en danger. L’action unilatérale des Etats membres aboutirait à accroître l’importance des migrations vers l’Europe. Faire face aux enjeux des migrations avec efficacité requiert de conjuguer les efforts de tous les États membres ainsi que des institutions de l’UE.

    Traiter conjointement et résolument la question des mouvements secondaires à l’intérieur de l’UE, en particulier en réduisant les incitations aux mouvements secondaires dans le nouveau règlement de Dublin mais également en renforçant la coopération entre les États membres, notamment pour empêcher les demandeurs d’asile enregistrés de passer d’un pays à l’autre et garantir la rapidité des transferts vers les États membres compétents et de la réadmission dans ces États.

    Au­delà du court terme, proposer deux réformes essentielles : (i) mettre en place une véritable police européenne aux frontières à partir de l’agence Frontex existante et (ii) créer un Office européen de l’asile qui harmoniserait les pratiques des États membres en matière d’asile et serait chargé des procédures d’asile aux frontières extérieures.

    Rester pleinement attachées à un partenariat étroit avec l’Afrique en matière de sécurité et de développement, qui constitue une priorité essentielle.

    Mettre rapidement en place un groupe de « sages » de haut niveau sur l’architecture financière européenne pour le développement (en particulier en ce qui concerne les rôles respectifs de la BEI et de la BERD) qui présentera des propositions en vue du Conseil européen de décembre.

    Compétitivité, politique économique

    Développer les liens entre les fonds structurels et la coordination des politiques économiques, et renforcer la convergence économique, sociale et fiscale.

    Mettre en place, dans une perspective stratégique à long terme, un nouveau moyen de favoriser la croissance et l’emploi durables au niveau européen grâce à une législation en faveur de l’innovation, à l’approfondissement du marché unique de l’UE et à la défense de la compétitivité de nos industries au niveau mondial.

    Réaffirmer leur attachement à l’ouverture des marchés, au multilatéralisme et à une politique commerciale européenne ambitieuse.

    Soutenir la Commission européenne dans l’élaboration de solutions destinées à moderniser le système commercial multilatéral, notamment en vue de renforcer les disciplines en matière de pratiques de distorsion des marchés et de rétablir le plein exercice de la fonction de règlement des différends de l’OMC.

    Fiscalité

    Mettre en place une véritable convergence fiscale entre la France et l’Allemagne en ce qui concerne l’impôt sur les sociétés. Nos deux pays sont convenus d’une position commune sur la proposition de directive présentée par la Commission en vue d’instituer une assiette commune pour l’impôt sur les sociétés : nous agirons conjointement en ce sens afin de soutenir et d’accélérer le projet européen d’harmonisation de l’assiette de l’impôt sur les sociétés en Europe.

    Parvenir d’ici à la fin de 2018 à un accord de l’UE sur une taxation équitable du numérique.

    UEM

    Pour disposer d’une économie forte, l’Union Européenne a besoin d’une union monétaire forte. Cette monnaie est l’euro, ouverte à tous les États Membres et que presque tous les États Membres ont pour objectif d’adopter, conformément aux traités de l’UE. Partager une même monnaie implique des besoins spécifiques en termes de coordination économique et d’intégration.

    En conséquence, la France et l’Allemagne ont décidé de proposer dans la feuille de route suivante des étapes majeures pour renforcer et approfondir davantage la zone euro, et la transformer en une véritable union économique.

    Mécanisme européen de stabilité (MES)

    Dans un premier temps, nous devons réviser le traité intergouvernemental sur le MES afin d’y inclure le backstop (filet de sécurité commun), de renforcer l’efficacité des instruments de précaution pour les États membres et de renforcer son rôle dans l’évaluation et le suivi des futurs programmes. Dans un deuxième temps, nous pourrons intégrer le MES dans le droit de l’UE en préservant les éléments clés de sa gouvernance.

    Des travaux supplémentaires devraient être réalisés pour définir un cadre approprié pour le soutien de liquidité en résolution. La conditionnalité demeure un principe sous­jacent du traité MES et de tous ses instruments, mais doit être adaptée à chaque instrument. Nous rappelons que toute décision de fournir un soutien du MES à un État membre de la zone euro comprend une analyse de soutenabilité de la dette. Afin d’améliorer le cadre existant de soutenabilité de la dette et pour améliorer leur efficacité, nous devrions commencer à travailler sur l’introduction possible d’euroCACs (clauses d’action collective) avec clauses d’agrégation simple. Dans les cas appropriés, le MES pourrait faciliter le dialogue entre ses membres et les investisseurs privés, suivant la pratique du FMI.

    Le MES devrait jouer un rôle accru dans la conception et le suivi des programmes, en étroite coopération avec la Commission et en liaison avec la BCE, sur la base d’un compromis à trouver entre la Commission et le MES. Il devrait avoir la capacité d’évaluer la situation économique d’ensemble des Etats membres, en contribuant à la prévention des crises. Cela devrait se faire sans dupliquer le rôle de la Commission et dans le plein respect des traités.

    Chaque fois qu’un État membre demande l’assistance financière du MES, il pourrait également demander une aide financière au FMI.

    Le MES pourrait être renommé.

    Ligne de crédit du MES

    Nous devrions rendre les instruments de précaution existants plus efficaces pour garantir la stabilisation. Un tel soutien devrait inclure une conditionnalité.

    La ligne de crédit de précaution du MES (PCCL) pourrait être développée en un soutien à la stabilité utilisé en cas de risque de manque de liquidités lorsque des membres du MES sont confrontés à un risque de perte progressive d’accès au marché, sans avoir besoin d’un programme complet.

    Nous mettrons en place un processus pour finaliser les termes de référence d'ici décembre. Union bancaire

    En ce qui concerne l’Union bancaire, la feuille de route du conseil ECOFIN de juin 2016 a reconnu que des étapes supplémentaires devaient être franchies en termes de réduction et de partage des risques dans le secteur financier, dans l’ordre approprié, en ce qui concerne les prêts non performants, les régimes d’insolvabilité, le paquet bancaire et la lutte contre le blanchiment d’argent.

    Backstop (filet de sécurité)

    Le MES devrait servir de backstop au fonds de résolution unique. Il devrait être établi sous la forme d’une ligne de crédit. Sur la base d’une réduction des risques suffisante, son entrée en vigueur devrait être anticipée avant 2024.

    La taille du backstop devrait être proche mais ne devrait pas être supérieure à la taille du fonds de résolution unique. Le backstop devrait remplacer l’instrument de recapitalisation directe.

    La neutralité budgétaire à moyen terme sera assurée en particulier par le remboursement du backstop par des contributions extraordinaires ex post du secteur bancaire en trois ans avec une extension potentielle de deux ans.

    À condition que des progrès suffisants soient réalisés dans tous les domaines pertinents de réduction des risques, à faire évaluer par les autorités compétentes (Commission, MSU et Conseil de Résolution Unique), l’entrée en vigueur du backstop devrait être anticipée avant 2024. En 2020, les autorités en charge fourniront un rapport sur la tendance des prêts non performants et la constitution de MREL subordonné. Sur cette base et si la réduction des risques est satisfaisante, la décision finale sur l’entrée en vigueur anticipée du backstop devrait être prise par l’Eurogroupe / ECOFIN / Conseil européen.

    Nous évaluerons la taille du fonds de résolution unique dans le contexte de la revue de fin 2018 et la nécessité de revoir l’accord intergouvernemental pour anticiper le backstop.

    Des termes de référence avec les caractéristiques précises du backstop devraient être élaborés en vue d’une approbation politique d’ici à décembre 2018, sur la base des travaux effectués jusqu’ici par le groupe d’experts existant.

    EDIS

    Nous réaffirmons l’importance du renforcement de l’Union bancaire en vue de son achèvement. Cela signifie, sur tous les éléments de la feuille de route du conseil ECOFIN de juin 2016, à la fois la réduction des risques et le partage des risques dans l’ordre approprié. Le travail sur une feuille de route pour entamer des négociations politiques sur la garantie européenne des dépôts (EDIS) pourrait commencer après le Conseil européen de juin.

    Union des marchés de capitaux

    Nous nous engageons à réaliser des progrès décisifs vers une Union des marchés de capitaux, sur tous les éléments agréés par nos ministres des Finances.

    Budget de la zone euro

    Nous proposons d’établir un budget de la zone euro, dans le cadre de l’Union européenne, afin de promouvoir la compétitivité, la convergence et la stabilisation dans la zone euro, à partir de 2021.

    Les décisions sur le financement devraient prendre en compte les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel. Les ressources proviendraient à la fois des contributions nationales, de l’affectation de recettes fiscales et de ressources européennes.

    Le budget de la zone euro serait défini sur une base pluriannuelle

    Le but du budget de la zone euro est la compétitivité et la convergence, qui seraient assurées à travers des investissements dans l’innovation et le capital humain. Il pourrait financer de nouveaux investissements et venir en substitution de dépenses nationales.

    Nous étudierons la question d’un Fonds européen de stabilisation de l’assurance chômage, pour l’éventualité de graves crises économiques, sans transferts. La France et l’Allemagne mettront en place un groupe de travail en vue de faire des propositions concrètes pour le Conseil européen de décembre 2018.

    Les décisions stratégiques concernant le budget de la zone euro seront prises par les pays de la zone euro. Les décisions concernant les dépenses devraient être exécutées par la Commission européenne.

    Recherche, innovation, enseignement supérieur, numérique et espace

    Agir conjointement en faveur du lancement rapide d’un projet pilote appelé à financer l’innovation de rupture au cours de la durée restante du programme cadre Horizon 2020, ainsi que coopérer au niveau bilatéral.

    Mettre en place un centre de recherche franco­allemand sur l’intelligence artificielle.

    Agir en vue de mettre rapidement en place de premières « universités européennes » composées dans un premier stade de réseaux d’universités dans toute l’Union européenne.

    Instituer un groupe de travail chargé de présenter des propositions qui permettraient à l’UE de trouver des réponses appropriées aux nouveaux enjeux en matière de politique et d’économie spatiales (notamment le « NewSpace »).

    Dans le domaine des lanceurs, réaffirmer leur soutien total au programme Ariane 6 de l’Agence spatiale européenne.

    Climat

    S’engager à mettre en œuvre de manière ambitieuse l’Accord de Paris à tous les niveaux et à intensifier l’action menée au niveau mondial grâce au multilatéralisme ; à cet effet, le Dialogue de Petersberg sur le climat a constitué un signal fort.

    Élaborer une stratégie européenne à l’horizon 2050 en vue de la transformation à long terme vers la neutralité carbone, qui ne constitue pas seulement une nécessité mais aussi une opportunité économique.

    Veiller à ce que l’UE prenne de nouveaux engagements à la COP 24 afin de réviser d’ici au début de 2020 sa contribution déterminée au niveau national en tenant compte des éventuelles réductions d’émissions sectorielles rendues possibles par les accords actuels ou à venir au niveau de l’UE.

     

    Mettre en place un groupe de travail interministériel conjoint de haut niveau sur les changements climatiques afin d’intensifier la coopération dans ce domaine transversal et de définir des conceptions communes de la transition énergétique et des outils qui permettront de favoriser des investissements durables et des incitations économiques, notamment la question de la tarification du carbone.

    Réforme des institutions de l’UE

    Agir afin que la Commission européenne compte moins de commissaires que d’États membres, comme le prévoit le Traité de Lisbonne. ­ Mettre en place des listes transnationales aux élections européennes de 2024.