• Festival International du Journalisme: Chemins de l'exil pour les migrants !

    Festival International du Journalisme: Chemin de l'exil pour les migrants !

    Mohamed Koné et Siriki Traoré, auteurs et comédiens malien et ivoirien, racontent l'exil dans la pièce « Mieux vaut en rire »

    C’est la persécution ou la faim qui les ont forcés à partir de chez eux. Ou alors le choix d’une autre vie. Certains sont partis pour quelques mois, d’autres demeureront ailleurs jusqu’à leur dernier souffle. Il y a ceux qui sont sans cesse rejetés et ceux qui sont accueillis à bras ouverts. Il y en a qui se promettent de revenir un jour au pays, d’autres non. Les chemins de migration de ces femmes et de ces hommes sont sinueux et divers. Migrants, militants et journalistes témoigneront de ces exils souvent douloureux, parfois heureux.

    Ils sont encore mineurs quand ils se rencontrent à Paris en 2014. Siriki Traoré vient de Côte d’Ivoire ; Mohamed Koné, du Mali. Tous deux ont pris la difficile décision de quitter l’Afrique pour l’Europe, via la frontière grillagée de Melilla ou les flots funestes de la Méditerranée. Grâce au conteur Kamel Zouaoui, ils racontent leur odyssée dans une pièce de théâtre intitulée 50, d’après le numéro d’un récépissé de demande d’asile. La pièce est jouée à Couthures-sur-Garonne au Festival International du journalisme, entre deux représentations données dans le cadre du off du Festival d’Avignon.

    Deux jeunes migrants sans papiers sont convoqués à la préfecture de police pour récupérer leur récépissé de demande de régularisation. Deux jeunes hommes, migrants africains, volontaires ; « Mo » et Siriki, un metteur en scène plein de générosité et d’humanité, le conteur Kamel Zouaoui, 400 heures de travail et surtout beaucoup de solidarité, celle de la tradition d’accueil en France qui, ici, n’a pas fait défaut comme c’est parfois le cas dans notre société.

    Nous assistons au récit du « passage entre les mailles du filet », du parcours par les « chemins de traverse », de deux de ceux qui ont eu « la chance » de trouver le bout du tunnel. L’expérience de deux jeunes mus par la volonté de réussir leur « choix » de l’exil. Ils se soutiennent, grâce à la solidité de leur rencontre et de leur amitié, malgré la faim, le froid, les dangers multiples, un chemin chaotique, englués qu’ils sont dans les méandres et les freins de l’administration, devant affronter les réactions divergentes concernant le sujet de l’immigration. Heureusement, ils rencontrent une grande solidarité d’associations, de personnes ouvertes et par le canal du théâtre, ils nous expliquent avec la plus grande clarté qu’un migrant ne part pas de chez lui pour le plaisir de voyager (comme le font tant de touristes) mais pour sortir la tête hors de l’eau et se construire une vie digne de ce nom et un avenir.

     

    Leur jeu d’acteurs, celui de leur propre histoire est très convaincant d’autant plus qu’ils veulent en faire leur métier. Ils savent être graves et drôles comme dans toutes les situations dramatiques et cocasses parfois. Ils mettent une telle énergie et une telle sincérité dans ce qu’ils nous donnent à voir et à entendre que le débat post-spectacle fait du bien et permet l’échange...

    Une petite pierre de plus dans la balance de la Fraternité !

  • Festival International du Journalisme: Connivence journalistes et politiques ?

    Festival International du Journalisme: Connivence journalistes et politiques ?

    Au Festival International du journalisme, c'est l'un des ateliers qui attirent du monde: l'atelier politique ! Avec des thèmes aussi variés: les journalistes sont-ils vraiment indépendants du monde politique ? Quand journalistes et politiques échangent leurs places, connivence: comment ça commence, être journaliste politique à l'ère Macron, sous Macron, la communication l'emporte-t-elle sur l'information ? Peut-on exiger la transparence totale du pouvoir ? Les Français sont politiques, ils aiment et s'informent sur la politique. Ils sont nombreux, certains n'ont pas hésité à s'asseoir sur de la paille. L’appétit de lire, de comprendre et d’interpeller les professionnels de l’information est une caractéristique que les festivaliers de Couthures-sur-Garonne partagent bien volontiers. Durant trois jours à partir de 10 heures du matin et jusque tard dans la nuit, le village de Couthures s'était transformer en forum à ciel ouvert où l’on a parlé journalisme et actualité, Lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes, journalistes, étudiants, chercheurs, vacanciers, familles et passionnés d’actualité se côtoieront pendant ces trois jours dans une ambiance bon enfant et conviviale qui est la marque de ce festival depuis sa création en 2016.

    Les deux modérateurs de l'atelier politique, journalistes d'investigation au Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme sont connus par leur livre: Un président ne devrait pas dire ça..., sous-titré Les secrets d'un quinquennat, consacré aux cinq années d'entretiens privés des deux hommes avec le président de la République française François Hollande. L'ouvrage est à l'origine d'une importante polémique notamment au sein de la gauche républicaine, et est considéré comme l'un des facteurs conduisant au renoncement de François Hollande à se présenter à l'élection présidentielle française de 2017.

    Le Basque, avec son accent reconnaissable et voix familière, Jean-Michel Apathie, en trente ans de journalisme politique, a écumé les titres de la presse écrite, les radios et les chaînes de télévision. A la rentrée, il sera sur Europe 1. Témoin privilégié, il interviewe le monde politique français. Mieux que quiconque, il a vu "l’ancien monde" muter. A Couthures-sur-Garonne, Jean-Michel Aphatie était l'un des animateur de l'atelier politique au Festival International du Journalisme. Objectif pour être en contact direct avec ses téléspectateurs, auditeurs et lecteurs. Mais aussi écouter les critiques que les citoyens font de journalistes politiques. Nous apprenons de Jean-Michel Apathie qu'il vote toujours blanc depuis 1988, qu'il vouvoie ses amis politiques à l'antenne, qu'il déjeune mais ne dîne jamais avec les hommes politiques..." !

    Le présentateur de télévision David Pujadas sur LCI, qui a été présentateur vedette de France Télévision, qui a présenté le journal de 20h de France 2 durant 16 ans, raconte la remontée du journal de 20 heures sur la chaîne publique grâce à l’investissement délibéré de sa rédaction sur les sujets présumés compliqués comme la politique, l’économie ou l’actualité internationale. Il y a quarante ans, la télévision en France était aux ordres, elle est plus indépendante aujourd'hui. Vient le moment, pour le public, d’interroger les panélistes. Première question sur la connivence et sur le «formatage» de médias trop souvent semblables. Seconde question sur le besoin de s’extirper de l’engrenage des «news» instantanées.

    Sonia Devillers de France Inter au Festival International du Journalisme

    Présentatrice iconoclaste de 41 ans, Sonia Devillers est à l’antenne de France Inter, chaque matin à 6 h 53 puis 9 h 40 pour L’Instant télé puis L’Instant M. “Enthousiaste ou mordant, L’Instant M n’est jamais dans le règlement de comptes ni le copinage. Les gens que je reçois ne sont ni mes amis, ni mes ennemis”. C'est elle qui rassure parmi les panélistes que malgré le fait que Nicolas Sarkozy, élu président de la République, s'était permis de nommer les présidents de chaines de télévisions et stations de radios publiques, y compris les membres du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Cela n'a pas empêché d'être battu par François Hollande en 2012.

    Toujours le contact et toujours la distance" ce sont encore les règles du journalisme! Le journaliste dit pratiquer sa profession comme un « sport de combat rapproché ». Il reprend la formule « le contact et la distance » d’Hubert Beuve-Méry (fondateur du Monde – NDLR) mais revendique la volonté d’être d’abord au contact pour, ensuite, prendre de la distance. Beuve-Méry disait, lui, qu’il faut être l’un et l’autre. Il expliquait à ses journalistes qu’ils avaient le droit d’être invités par le pouvoir politique « à condition de cracher dans les plats ».

    Lors d’une conférence de presse de janvier 2008, Laurent Joffrin pose une question à Nicolas Sarkozy sur la « monarchie élective ». Les autres journalistes ont ri. Ce qui a choqué les Anglo-Saxons, car, chez eux, quand un homme politique ne répond pas à une question, le prochain la repose, et ainsi de suite, jusqu’à obtenir une réponse.

    En France, à Sciences-Po se côtoient les futures élites politiques et médiatiques. Journalistes et personnalités politiques appartiennent souvent au même milieu sociologique. Une presse plus indépendante du pouvoir, qui ressemble à la population, est impérative pour une revitalisation démocratique.

    Les grands patrons rachètent la presse, non pour faire de l’argent, mais pour obtenir un outil d’influence.

    Entre le pouvoir politique, médiatique et économique, les médias sont le parent pauvre, à la merci des deux autres. Et cette interdépendance croissante entre pouvoir économique et politique se fait au détriment de l’indépendance de la presse.

    Le journalisme est un métier de grande précarité économique, ce qui rend les journalistes plus faibles lorsqu’ils proposent des articles. La prise de conscience des journalistes se heurte à cette réalité économique, car l’ubérisation du métier fragilise les tentatives de contestation de ces deux pouvoirs.

    Le problème plus général, c’est celui de ce contact, de cette relation entre journalistes et personnalités politiques, contact qui est nécessaire puisqu’on n’a pas l’information si on n’a pas un minimum de contact avec les personnalités politiques, alors qu’on a un besoin de distance pour préserver l’indépendance sans laquelle il n’y a pas d’objectivité.

    La question de la connivence est plutôt celle des informations politiques qu’on révèle ou qu’on ne révèle pas en fonction des liens d’amitié avec telle ou telle personnalité politique.

    Lors de l’entrée en fonction de François Hollande, quatre de ses ministres, en plus du Président lui-même, vivaient avec des femmes journalistes. Ces unions sont particulièrement fréquentes depuis les années 1960 et suscitent depuis longtemps l’étonnement, voire la sidération, des médias étrangers.

  • Festival International du Journalisme: Xenia Federova, patronne de Russia Today !

    Festival International du Journalisme: Xenia Federova, patronne de Russia Today !

    Xenia Fedorova, patronne de Russia Today en France

    Russia Today était présente à Couthures-sur-Garonne, au Festival International du journalisme. Une équipe avec plusieurs caméras, mais surtout pour elle: Xenia Federova, la patronne de Russia Today France. Elle parle français mais s'exprime mieux en anglais. A peine, que Xenia Federova terminait son intervention, à la place du cale sous un soleil d'aplomb, elle s'est laissée photographier. Pour elle, Russia Today (RT France) est du même gabarit que France 24, elle travaille en toute indépendance de Moscou. La guerre froide, de triste mémoire, est toujours dans la tête de certaines personnes. Êtes-vous espionne ? C’est une question qu’on lui pose souvent en France. Xenia Fedorova dérange et elle est imperturbable. La patronne de RT France, la chaîne d’information en continu et version française du réseau mondial russe, financée par Moscou, est intelligente et stoïque. Avec un budget de 20 millions d’euros, 150 salariés dont un tiers de journalistes et des locaux flambant neufs, coincés entre les studios parisiens de TF1 et Canal Plus, Xenia Fedorova affiche son objectif sans détour. « Sur une scène médiatique qui est depuis longtemps occupée par la chambre d’écho mainstream de la pensée unique, RT France est clairement une voix alternative », explique-t-elle. « Nous sommes beaucoup plus ouverts d’esprit, nous donnons la parole à diverses opinions et ouvrons des perspectives sur des sujets non traités par nos confrères, aux regards souvent très biaisés et partiaux », notamment sur les questions internationales concernant la Russie, la Syrie ou les États-Unis.

    Xenia Fedorova, patronne de Russia Today en France

    Née à Kazan, capitale du Tatarstan, d’un père ingénieur spatial et d’une mère journaliste dans la presse soviétique puis au quotidien gouvernemental Rossiyskaya Gazeta, la présidente de RT France se destinait à une brillante carrière de diplomate. « Ma mère m’a aidée à choisir ma voie. Je l’imitais en écrivant des articles à l’âge de 13 ou 15 ans, raconte-t-elle. J’ai vite compris que le journalisme m’offrirait plus de liberté d’action et d’expression. » Vers 20 ans, Xenia Fedorova découvre pour la première fois Paris, où elle apprend la langue durant huit mois, séjourne dans le Quartier latin et profite de la vie étudiante. « J’ai toujours été fascinée par la France, son histoire et sa culture, dit-elle. Les liens avec la Russie sont très forts. » Mais aujourd’hui, la journaliste, formée à l’Institut d’études américaines et canadiennes de l’Académie des sciences de Russie et à la faculté de journalisme à l’université de Moscou, ne reconnaît plus son pays d’accueil. « J’avais toujours eu le sentiment que la France était très tolérante, mais je constate à présent une tendance au repli, les médias contrôlent les opinions, c’est triste. Heureusement, il y a encore des rebelles qui n’ont pas peur de poser des questions », insiste Xenia Fedorova, qui a intégré la chaîne Russia Today dès sa création en 2005 avant de diriger Ruptly, l’agence de presse vidéo internationale de RT établie à Berlin, puis RT France à la demande de son mentor, Margarita Simonian, influente directrice éditoriale du réseau russe.

     

    Xenia Fedorova, patronne de Russia Today en France

    Interrogée sur les nombreuses accusations visant Russia Today, dont celle d'être une chaîne de propagande pro-Poutine financée par le Kremlin, Xenia Federova s'est inscrite en faux. "C'est très cynique de dire ce genre de choses. Que la chaîne ait été financée par l'Etat (russe, ndlr) ne veut pas dire qu'elle est une chaîne de propagande. On pourrait dire à ce prix-là que les chaînes publiques françaises sont de propagande (...) Moi ça fait 12 ans que je travaille chez RT. Je n'ai jamais reçu un coup de fil en 12 ans. Jamais on ne m'a dit de laisser tel ou tel sujet de côté. Les décisions éditoriales sont prises par les journalistes en interne (...)", a-t-elle martelé, précisant que sa chaîne traiterait de la Russie si l'actualité le nécessite.

     

    Les journalistes de RT France n'ont pas été accrédités auprès du siège de campagne d'Emmanuel Macron et ne sont pas accrédités à l'Elysée.
  • Festival International du Journalisme: Christophe Nigean raconte Liberia !

    Festival International du Journalisme: Christophe Nigean raconte Liberia !

    Christophe Nigean au Festival International du Journalisme

    Nous sommes attablés pendant plus de deux heures avec Christophe Nigean au ptit roquet à Couthures-sur-Garonne et nous parlions "Liberia", la saga des anciens esclaves devenus oppresseurs mais aussi de George Weah, le président Libérien, qui a reçu le livre. Le deuxième tome est en préparation. Le nom « Liberia » a pour racine le mot « Liberté ». La devise de la République proclame fièrement : « L’amour de la liberté nous a amenés ici ». Le pays est né d’un très beau rêve, celui de Paul Cuffe, un nom on ne peut plus akan : faire revenir sur les terres de leurs ancêtres, les Noirs mis en esclavage aux Etats-Unis ! Un rêve qui arrangeait aussi les Blancs racistes, de plus en plus nombreux. Las ! La République indépendante, proclamée en 1847, sera à son tour raciste, car les colons « américano-libériens » refusent aux « indigènes » les droits de la citoyenneté, sur leurs propres terres !

    Christophe Nigean et Pierre Haski, président de Reporters sans frontières

    Liberia est un roman de Christophe Nigean qui comporte toutes les qualités d’un livre d’histoire avec, en plus, une belle dose d’inventions crédibles. Fondé sur ce genre d’enquêtes dont les policiers ont le secret, c’est l’histoire en trois temps d’un drame inattendu mais prévisible : d’abord, le rêve de « la Terre promise » ; puis, l’indépendance, Negroland devient Liberia ; enfin, l’invention de privilèges réservés aux seuls Américano-Libériens. Tout ce qu’il faut pour comprendre la tragédie libérienne. Depuis longtemps spécialiste de l’Afrique, Christophe Naigeon s’est appuyé sur une documentation rigoureuse, sur des livres de mémoires, des échanges de lettres oubliés dans des bibliothèques, et sur un encadrement académique dans le cadre de la prestigieuse Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris, pour nous raconter sur cinq cent pages cette histoire.

    Julius Washington, le premier reporter noir de Nouvelle-Angleterre s'embarque en 1811 pour l'Afrique sur un navire du capitaine Paul Cuffee, riche armateur, métis d'ancien esclave et d'Indienne, qui rêve du Grand Retour des affranchis vers l'Afrique, "continent de leurs ancêtres". Il doivent y établir une colonie pour vivre en liberté et mettre fin au trafic d'humains. Julius sera toute sa vie le témoin de la réalisation de ce rêve dont les colons venus d'Amérique feront un cauchemar pour les indigènes, leurs "frères de couleur". Une parabole sur la "race" et la culture.

    Le héros: Julius Washington

    Journaliste débutant À New Bedford, un grand port baleinier du Massachusetts, Julius Washington, fils d'une Noire émancipée férue de lecture et d'un marin africain parti sans laisser d'adresse, rêve de naviguer et d’écrire. Un jour de 1807 il couvre le départ pour Londres d'un navire chargé de coton "ambassadeur des esclaves du Sud". Son capitaine, Paul Cuffee, noir riche et influent, veut convaincre les Anglais d'accueillir dans leur comptoir de Sierra Leone les "frères de couleur" qui voudraient "retourner sur le continent de leurs ancêtres" et y produire de quoi remplacer le fret humain de la Traite par des cargaisons morales. Julius va consacrer sa vie à témoigner de ce qu'il adviendra de l'idée du "Retour".

    Il participe aux expéditions de Paul Cuffee et, après sa mort, a celles organisées par l'American Colonization Society créée par les planteurs du Sud pour se débarrasser de leur trop-plein de Nègres turbulents. Ils cherchent un lieu pour les débarquer. Julius participe aux recherches, aux marchandages avec les "Rois nègres" plus rusés que ne le pensent les "civilisés", aux tentatives lamentables où la plupart des colons meurent. Il traverse des tempêtes sur la mer, découvre la violence, la veulerie, la générosité et le courage des protagonistes, blancs et noirs, américains et africains. Parmi eux, un capitaine négrier, cynique au grand cœur, un planteur sudiste qui ne voit pas d’avenir à l'esclavage, un aventurier africain qui veut que la Traite se poursuive jusqu’à ce que les Noirs chassent les Blancs d'Amérique... et des femmes de caractère, cultivées et militantes, ou trafiquantes d'armes et d'ivoire.

    Quand enfin les colons, au prix d'une hécatombe, bâtissent ce qui ressemble à un pays qu’ils appellent "Liberté", Julius s’y installe. Il regarde cette graine d'Amérique germer en terre africaine. Elle pousse de travers. Introduit dans la caste dirigeante des Mulâtres comme parmi petits Blancs - les indigènes les nomment ainsi - il décrit dans ses livres publiés en Amérique la naissance d'une dictature de ceux qui, puisqu'ils ne sont plus esclaves, doivent être les maîtres. Absolus. Sous prétexte que leurs "frères d'Afrique" sont sans Dieu et continuent de vendre des esclaves, ils les soumettent et en font leurs serfs.

    Julius, a la fin de sa vie, va explorer l'intérieur des terres à la recherche de plus de vérité et de son père. Il y découvre des colons perdus, rendus à moitié fous par la vie dans la forêt, des hommes-léopards, redoutables et mystérieux gardiens de l'Afrique irréductible. Julius meurt peu après la guerre de Sécession. L'esclavage est aboli en Amérique. Le Liberia n'a plus d'utilité. Oublié, il est livré à ses démons. Ruth, sa fille, repart en Amérique où commence la lutte pour les droits civiques. Ceci une autre histoire.

    Les noirs : Afro-Américains ou Americo-Libériens ?

    Qui est blanc, qui est noir ? Qui est américain, qui est africain ? Qui est maître, qui est esclave ? LIBERIA, au-delà de l’histoire du “retour” en Afrique de Noirs affranchis, est une parabole sur l’identité, la couleur de la peau, les origines, la culture et la manière que nous avons de regarder le monde avec les lunettes déformantes de la “race”.

    Ce roman raconte les premières décennies du Libéria, connu pour les macabres scènes d’une guerre commencée en 1980 quand les “indigènes” afro-libériens fusillèrent tout le gouvernement des descendants des colons américo-libériens sur la plage où ils avaient débarqué en 1822. Les autochtones les avaient aussitôt appelés Blancs. Ils voyaient en eux des Américains, semblables à ces négriers à qui ils vendaient d’autres Africains. La notion de “race” n’était une évidence qu’en Amérique où la couleur désignait le serf, elle n’existait pas sur cette côte d’Afrique où maîtres et esclaves étaient noirs.

    L’histoire du Libéria est celle d’une cruelle escroquerie raciale, d’un travestissement identitaire de la part des planteurs blancs du Sud qui revêtirent leurs esclaves noirs en surnombre des oripeaux du colon civilisateur et prosélyte de la foi qu’ils avaient été eux-mêmes pour les renvoyer en Afrique. Ainsi, en faisant dans l’autre sens le voyage transatlantique, ceux qui n’étaient qu’une marchandise puisqu’ils avaient été achetés, les plus mal traités des habitants de l’Amérique, coupés de toute racine africaine depuis plusieurs générations, anglophones et chrétiens par contrainte, interdits d’éducation, devenaient ambassadeurs de Dieu et de la Civilisation. Alors qu’il n’avaient en Amérique aucun autre avenir que l’esclavage pour leurs enfants et pour eux-mêmes l’espoir de devenir le garde-chiourme qui tient le fouet ou la servante qui accouchera des bâtards du maître, ces sous-hommes entraient dans l’American legend, semblable aux proscrits, putains et puritains d’Europe qui avaient fait l’Amérique, s’imposant aux Indiens par la foi et le fusil. On leur offrait la liberté, l’Afrique, le retour vers leurs racines. Roots, déjà un mythe.

    Ils n’étaient plus esclaves, ils fallait qu’ils soient maîtres. Ils le sont devenus avec d’autant moins de scrupules que leurs “frères de race” qui avaient déjà vendu leurs pères continuaient la traite sous leurs yeux. Le Liberia, proclamé indépendant en 1847, ne sera donc le pays de la liberté que pour les Noirs venus d’Amérique, seuls admis à la citoyenneté. La couleur n’y fait rien, comme le découvre Julius, jeune Noir du Massachusetts et fil conducteur du roman qui tiendra jusqu’à sa mort la chronique du Liberia. Pourtant, l’idée de l’African Return, lancée 40 ans plus tôt par un capitaine Noir, riche armateur et notable de Nouvelle-Angleterre, était belle : créer une colonie fraternelle capable de produire en Afrique de quoi remplacer le fret humain transatlantique par des denrées morales et, ainsi, mettre fin à la traite.

    "J'ai couvert la guerre civile du Liberia pour y réaliser un documentaire supposé trouver une explication à la folie particulière qui caractérisait ce conflit. Là-bas, l'un des seuls sages encore présents et vivants m'a dit "pour comprendre ce qui se passe ici, il faut remonter au XIXe siècle et aller en Amérique, d'où tout est parti." C'est ce que j'ai fait, abandonnant l'actualité pour l'Histoire.

    En 2003, la guerre a eu un nouveau soubressaut. Un matin, l'ambassadeur des États-Unis au Liberia a trouvé 30 cadavres devant sa porte. J'ai trouvé ce geste aussi symbolique que la fusillade en 1980 des 30 membres du gouvernement issu des colons noirs américains sur la plage où ils avaient débarqué en 1822. Alors, j'ai écrit à cet ambassadeur une lettre ouverte publiée dans Libération.

  • Festival International du Journalisme: Danielle Maillefer était présente !

    Festival International du Journalisme: Danielle Maillefer était présente !

    Danielle Maillefer au Festival International du journalisme

    Couthure-sur-Garonne, dans le Lot-et-Garonne, ce village de 380 habitants s'investissent tous pour la réussite du troisième édition du Festival International de journalisme. Il y a du monde pour les ateliers journalisme et politique. Intérêt pour l’actualité ou simple proximité géographique, promesse de rencontres originales, besoin de comprendre le travail des journalistes, engagement écologique ou féministe… autant de raisons qui a mobilisé de milliers de personnes à s'y rendre.

    Suissesse, Danielle Maillefer y a été par sa passion du journalisme et de la communication. Elle a été responsable de l'Unicef en République démocratique du Congo, à l'époque de la dictature mobutienne finissante. Danielle Maillefer connait la majorité des personnalités congolaises de la société civile, dont certains ornent la politicaillerie congolaise actuelle. Le virement à 800% de ceux qui défendaient le respect des droits de l'homme sous la dictature de Mobutu, sont à la mangeoire du régime d'Alias Joseph Kabila, crachant sur leurs convictions antérieures. Elle écrit ses mémoires sur la RDC et garde des contacts au Congo. Après un bref mandat au CICR, elle a travaillé pendant 12 ans, dans le cadre des Nations Unies, avec l'OMS puis l’UNICEF, au niveau managérial, sur les terrains de conflits (ex-Yougoslavie, Afrique, Moyen-Orient). Elle a travaillé sur plusieurs des fronts qui ont marqués la décennie 90 - décennie de bouleversements suite à la chute du mur de Berlin et le rééquilibrage des forces politiques.

    Ses responsabilités l’ont amenée à voyager sur les cinq continents et à gérer bon nombre de crises. Avec Danielle Maillefer et "Françoise", nous avons passé trois jours de rencontres, de débats et de rendez-vous festifs, d’échanges entre festivaliers et journalistes, dans une ambiance conviviale et le cadre exceptionnel du village de Couthures-sur-Garonne.

    Faire du journalisme en public et en plein air sur des sujets d’actualité, échanger sans filtre avec celles et ceux qui nous lisent, nous regardent et nous écoutent, discuter des enjeux actuels de l’information et du journalisme, refaire le monde à minuit en bord de Garonne, c’est l’esprit du festival international du journalisme.

    En Suisse, Danielle Maillefer fut la communication faite femme avec une voix très radiophonique, en parfait adéquation avec sa vocation pour la communication et l’information, même si sa vie commence d’abord comme photographe-reporter aux Etats-Unis, en Europe, Asie et Océanie.

     

    Que va écrire Danielle Maillefer dans ses mémoires sur la République démocratique du Congo ? A Réveil FM International, nous sommes patients et attendons !
  • RDC: L'embargo de six mois l'UNPC contre Alexis Tambwe Mwamba n'est-il pas complaisant ?

    RDC: L'embargo de six mois l'UNPC contre Alexis Tambwe Mwamba n'est-il pas complaisant ?

    Alexis Tambwe Mwamba ministre criminel du régime de Kinshasa

    Le mercredi 21 mars dernier, la Convention des Congolais de L'Etranger (CCE), ancêtre de la Fédération des Congolais de l'Etranger (FCE) de triste mémoire avec son nid des collabos, organisait une Conférence-débat à l'hôtel Intercontinental de Genève, de 12h-14h, sur la situation des droits de l’Homme en République démocratique du Congo, avec Marie-Ange Mushobekwa, ministre aux droits humains d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale.

    C'est Alexis Tambwe Mwamba, ministre de la justice du régime de Kinshasa, qui a donné des injonctions à Marie-Ange Mushobekwa d'aller à cette conférence, puisque sa belle sœur Séverine Tshibuyi préside la CCE, dont le loup blanc, est Bafwa Mubengay Lwakale, sournois, conflictuel, tireur des ficelles, ethno-tribaliste, zizaniste patenté et divisionniste de la diaspora congolaise en Suisse. La conférence-débat des Conventionnistes du Lac Léman n'aura jamais lieu à cause des patriotes-résistants-combattants. Les droits de l'homme sont bafoués, foulés aux pieds par les imposteurs qui règnent par défi en RDC, Marie-Ange Mushobekwa est invitée comme si de rien n'était, pour raconter des balivernes, alors même que la salle du Conseil des droits de l'homme bouillonne sur le cas du Congo. Les accointances des Conventionnistes du Lac Léman et le régime d'imposture, d'occupation et de prédation ne date pas de cette épisode, nous y reviendrons une autre fois.

    L’Union Nationale de la Presse du Congo, UNPC a décrété un embargo de six mois contre le ministre Congolais de la Justice, Alexis Tambwe Mwamba après ses propos polémiques contre les journalistes de la RDC. Dans son intervention à la tripartite CNSA-CENI-Gouvernement ce lundi 16 juillet 2018, Tambwe n’a pas ménagé les journalistes qu’il a qualifiés de “minables, misérables, des personnes qui écrivent n’importe quoi pour peu d’argent, 1.000 ou 1.500 dollars us de Moïse Katumbi et continuent à lui accorder la parole.” Des propos “combien méprisants, irresponsables et irrespectueux” condamnés tout de suite par l’UNPC.

    L'arrogant Alexis Tambwe Mwamba est un apparatchik du régime d'Alias Joseph Kabila, après avoir été un dinosaure de la dictature mobutienne, et membre actif du RCD-Goma, mouvement criminel soutenu par le Rwanda. Les journalistes sont des citoyens. Pour des injures qui ne collent pas à la peau, l'UNPC monte au créneau, mais pour ce qui est grave pour la Nation, silence radio ? N'est-ce pas de la complaisance ?

    Alexis Tambwe traîne plusieurs casseroles retentissantes depuis plus de cinq décennies, aucun journaliste thuriféraire du régime n'a levé son petit doigt. Alexis Tambwe Mwamba fait l'objet des poursuites judiciaires au Royaume de Belgique pour crimes contre l’humanité suite à la destruction, par des tirs de missiles, d’un avion civil du CAL aux abords de Kindu par la rébellion du RCD dont il était l’un des responsables en 1998. Pour quoi l'UNPC n'a pas décrété l'embargo en ce moment-là, afin d'aider le ministre criminel de quitter le gouvernement pour mieux se défendre devant la justice ?

    Alexis Tambwe Mwamba a refusé aux experts de l'ONU, l'autorisation pour une enquête indépendante internationale sur les crimes au Kasaï ? Il a fallu des pressions pour que la RDC revienne sur sa décision. Et le rapport des experts de l'ONU parle des crimes contre l'humanité au Kasaï par les "Bana Mura", la garde prétorienne d'Alias Joseph Kabila. L'UNPC regardait ailleurs !

    John Numbi, sous sanctions internationales, a été nommé à la tête des Fardc. Il est notamment accusé d’avoir autorisé la répression de plusieurs marches de l’opposition du temps où il était le chef de la police, entre 2007 et 2010. Il a par ailleurs été soupçonné de l’assassinat de Floribert Chebeya, icône des droits de l'homme en RDC et de son chauffeur, Fidèle Bazana, en 2010. Ce qui lui a coûté non seulement son poste de chef de la police, mais également des sanctions américaines, européennes et suisses. En 2017, toutefois, John Numbi est revenu sur le devant de la scène lorsque qu'Alias Joseph Kabila l’a élevé au rang de “Grand officier” de l’ordre des héros nationaux Kabila-Lumumba reconnaissant ses “mérites et services loyaux rendus à la nation” au sein de la Police nationale congolaise. De tout ça, silence radio de l'UNPC !

    Depuis 2001 qu'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale a été placé sur le trône du Congo pour mieux piller ses ressources, seize journalistes congolais sont assassinés: Franck Ngyke, Serge Maheshe, Bampuwa wa Mulamba, Didace Namujimbo, Robert Chamwami Shalubuto... sans que leurs meurtriers ne soient traduits en justice. Voila un combat noble que l'UNPC devait porter pour que la vérité éclate.

    L'embargo des médias congolais contre Alexis Tambwe Mwamba ne peut avoir de l'impact que si des criminels qui écument le gouvernement Bruno Tshibala et toutes les institutions républicaines sont dégagés. Dans la diaspora congolaise, les mangeurs à tous les râteliers, ceux qui soutiennent le régime d'imposture, d'occupation et de prédation, ne méritent pas un embargo, mais une dénonciation en règle.
  • RDC: Elikia M'Bokolo et son histoire...racontez !

    RDC: Elikia M'Bokolo et son histoire...racontez !

    FCC: Elikia M'Bokolo s'est tiré une balle sur le pied !

    De Gaulle avait-il raison : la vieillesse est un naufrage ? Front Commun pour le Congo, (FCC) que les Congolais ont débaptisé en Fédération des Congolais Corrompus (FCC) fait toujours parler ! Les historiens sont des raconteurs du passé dit-on, Elikia M'Bokolo a décidé de ne plus raconter des histoires mais d'apposer sa signature, au bas de la charte de FCC, dont la majorité sont ventriotes, politicailleurs, imposteurs et profito-situationnistes. En décidant de plonger dans la mangeoire du régime d'imposture d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, qui règne depuis 17 ans sur le trône du Congo...Voudrait-il récupérer le retard ? Elikia M'Bokolo est un mangériste comme d'autres. La notoriété de l'éminent professeur en prend des coups. Sur les réseaux sociaux, Elikia M'Bokolo est dézingué, cabossé !

    Elikia Mbokolo a visiblement du mal à tirer les leçons du passé pour prévenir l’avenir. Comment peut-il signer une charte avec des gens avec qui il s’était déjà engagé à faire un certain nombre de choses lors des Concertations et Conclave de la cité de l’UA qui n’ont jamais été réalisées ! Comment a-t-il pu signer sans connaître le dauphin d'Alias Joseph Kabila ?

    Elikia M'Bokolo serait-il dans le sens de la droiture morale d'adhérer au FCC= dont les initiateurs et porteurs continuent, depuis plusieurs années, à affamer, chosifier, clochardiser les populations congolaises, au profit de leur enrichissement illicite...Le naufragé Elikia M'Bokolo prévient si Joseph Kabila dépose sa candidature je quitte le Front ! Reste à savoir si le régime acceptera sa réédition et le laissera sortir du Congo.

    FCC: Elikia M'Bokolo s'est enterré tout seul

    Sous la défunte deuxième République, une dictature atroce, le Maréchal Mobutu n'a jamais nommé ministre Elikia M'Bokolo. Et pourtant de la même Province de l'Equateur que Mobutu. Elikia M'Bokolo comptait parmi la rare élite de l'Equateur comme les Vunduawe, Koli Elombe Mutukoa, Lokwa Ilwaloma, Honoré Ngbanda , Alain Atundu , Edouard Mokolo Wa Pombo...Elikia M'Bokolo croit-il que la République démocratique du Congo est devenue démocratique avec l'imposteur Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale ? Les intellectuels congolais auraient renoncé à la réflexion pour leur ventre et la culture du bien matériel. La régression intellectuelle de la RDC est significative de la mise à mort de la science dans l’ensemble de la société. Les intellectuels imposteurs démasqués. Passé à la télévision pour dire qu'il a acheté son billet Paris-Kinshasa, il habite dans sa maison de Kinsuka, qu'il est véhiculé par lui-même...la faute morale est grave, Elikia M'Bokolo est inaudible. Par un acte dont il ne mesurait pas la portée, Elikia M'Bokolo a sombré, il s'est tiré une balle aux pieds et s'est enterré tout seul. Ci joint sa réponse:

    Elikya Mbokolo : FCC MA RÉPONSE – 16 juillet 2018

    Que de brouhaha, que de vacarme, que de cris d’orfraie, autour de la signature que je viens d’apposer sur l’acte fondateur du Front Commun pour le Congo (F.C.C., en sigle) ! Dans l’ordre des signatures, je suis le numéro 100, sur une longue liste de quelques centaines de personnes, de « partis », associations et divers « mouvements ». Les comptes rendus de la presse kinoise me mettent systématiquement en n°1, devant les ténors et détenteurs du pouvoir actuel ! Vive la soi disant « objectivité de la presse congolaise ! Si j’étais vaniteux – Que les dieux m’en préservent !- j’y trouverais une sorte de consécration, certes négative, de ma notoriété. Du côté des « réseaux sociaux », dont je ne suis pas un client assidu, il n’y a qu’insultes, accusations grossières et sans aucun fondement, insinuations vénéneuses...

    De quoi s’agit-il exactement ?

    Il se produit en R.D.C, depuis une dizaine d’années, des rencontres ouvertes au cours desquelles les partis, associations et rassemblements en tous genres se rencontrent pour, proclament-ils en chœur, discuter en profondeur, des affaires du pays, des problèmes auxquels il se trouve confronté, des perspectives et des issues auxquelles on peut espérer poser durablement pour en sortir. Je n’ai pas été partie de plusieurs de ces rencontres, dont les « Accords de Lusaka » (199) et l’Accord de Sun City (2002), qui ont eu, de toute évidence, des effets positifs dans le sens de la cessation des hostilités armées entre Congolais, dans le sens de la « décrispation » politique et de la relance du vivre ensemble, le tout chargé certes de lenteurs, de retours en arrière. Mais, finalement, tout cela n’a abouti qu’à de nouveaux conflits armés entre Congolais, au soulagement et à la joie de tous les prédateurs en opération sur le sol congolais ou à l’affût un peu partout dans le monde.

    J’ai, en revanche, été appelé, sans l’avoir sollicité, à participer, en tant que « personnalité indépendante » aux « Concertations Nationales » de 2011 ainsi qu’au débats et échanges de la Cité de l’Union Africaine en septembre-octobre 2016. La clarté de mon positionnement (« personnalité indépendante ») m’a permis, sans être accusé ou même simplement soupçonné de jouer un rôle de « sous-marin », de soulever des questions et de proposer des solutions de principe, en même temps que pratiques, sur une série de problèmes et de pièges qui empoisonnent la vie des Congolais : le statut, les droits et le rôle des « Congolais de l’Etranger » par rapport à la RDC ; la place et le rôle des « non-originaires » dans les provinces congolaises où ils sont appelés pour diverses raisons à résider, parfois durablement. En outre, dans ce pays où les gens sont obsédés par « la politique », je veux dire la « politicaillerie », les « personnalités indépendantes » dont j’étais et que je reste, ont été les seuls participants à poser la « question sociale », c.-à-d. la question de la misère rampante dans laquelle croupit l’écrasante majorité des citoyens congolais et à souligner la nécessité d’inscrire dans le réel et dans le concret les principes de « la solidarité » dont s’enorgueillit notre hymne national. Inutile de préciser que tous les « politiques » participant à ce « dialogue » -qu’ils fussent de la « majorité présidentielle » ou des diverses branches de l’« opposition » ou, plus exactement, de la soi-disant « opposition », tous sans exception ont balayé d’un revers de la main notre proposition au prétexte que ces exigences n’entraient pas dans les « urgences », bien sûr les urgences « politiques » du partage du gâteau. On sait combien d’entre eux se sont précipités vers les très confortables fauteuils de l’exercice du pouvoir.

    C’est dans le même esprit que, informé des discussions qui ont abouti à la création du « Front Commun pour le Congo », j’ai décidé de participer à la cérémonie de son lancement auquel ont pris part plusieurs centaines de « personnalités » et associations parmi lesquelles, la spectaculaire « Ligue des petites sœurs de Kimpa Vita », un comble de bonheur pour l’historien que je suis ! C’est dire que cette pulsion de « rassemblement » ne s’enferme pas dans les rebondissements stériles et à courte vue de « la politique » congolaise. C’est une très longue dynamique, expression d’une volonté de ne pas se laisser mourir, qui porte l’ensemble de la société congolaise. Qui ose croire que ne jouent un rôle dans la société congolaise que les barons, ci-devant clochards ou presque, de la politique congolaise ?

    Joseph Kabila dans tout cela ? Il n’a jamais cessé d’y être présent tout en étant absent, en s’obligeant de regarder de loin les inévitables combats de coqs. De même, il n’a jamais été le conducteur de ces locomotives incontrôlables, ni le deus ex machina partout présent et sans cesse bénéficiaire. Peut-être même s’est-il révélé assez habile pour, sans y participer, en recueillir les fruits comme on l’a vue à la suite des « Concertations Nationales » où, à la sortie, des ténors de l’opposition, y compris ceux de l’opposition armée, se sont massivement précipités pour se rallier à lui ! L’« opposition » congolaise, y compris l’« opposition » actuelle ? Laissez-moi éclater de rire !

    Je ne suis pas de l’avis de la plupart des analystes de la scène politique congolaise. Beaucoup attendent que sorte d’un chapeau magique ou tombe de quelque miraculeux nuage « le sauveur de la R.D.C. » Presque aucun des membres de la soi-disant « opposition » dont on parle aujourd’hui n’est un « homme nouveau ». Tous sortent de quelque part : qui, de la Deuxième République mobutiste chargée comme on sait des crimes de sang et des vénéneux bénéfices de la prédation internationale du Congo ; qui de l’AFDL première manière, celle de Laurent Désiré Kabila ; qui des innombrables et ténébreuses « oppositions » civiles dont chacun connaît la vénalité et la boulimie sans vergogne ; qui, enfin, des divers mouvements armés dont plusieurs ont commis sur le sol congolais des crimes de guerre et des pillages fructueux. A propos de tout cela, ils ne se sont jamais expliqués publiquement ni fait la moindre amende honorable. A voir la vacuité actuelle de leurs « programmes », il y a tout lieu de craindre que demain soit comme hier, sinon pire. Si, celui qui n’est pas de cette soi-disant « opposition » venait demain à gagner cette élection qui fait bouillir le sang de tout le monde, on les verrait courir en grand nombre, tels des affamés, vers la table du prince.

    Dès lors, si un espace de vrais débats et d’échanges sans condition s’ouvre, pourquoi se refuser à y prendre place ? Des hommes et femmes, celles-ci en grand nombre, que j’ai rencontrés samedi dernier au lancement du FCC, jeunes, vieux et très vieux, personnalités encartées ou, comme moi, indépendantes, des premiers échanges que j’ai eus avec les uns et les autres, je crois que quelque chose est en train de prendre forme dans cette dynamique.

    On dit qu’Elikia est un savant. Oui, certes, c’est un travail que je fais avec passion et plaisir depuis un demi- siècle et qui, exclusivement, me fait vivre dans les meilleures conditions de l’aisance d’aujourd’hui. J’entends des gens insinuer ou clamer que je suis venu « chercher à manger », « chercher de l’argent » à Kinshasa. C’est simplement imbécile ! S’ils prétendre me connaître, comment se fait-il qu’ils ne sachent pas que je travaille dans l’enseignement supérieur français depuis 1971 et que j’y ai terminé ma carrière comme « professeur d’université de classe exceptionnelle » ? Quel besoin aurait-une telle personne de venir ramasser à Kinshasa les miettes de cette prédation généralisée qu’elle a toujours combattue ?

    Un « savant », oui je le suis. Mais, comme d’autres savants avant moi, en Afrique et en dehors de l’Afrique, je pense qu’il est des moments où le savant doit savoir sortir de sa « tour d’ivoire » pour contribuer à l’assainissement des bourbiers et au défrichement de la forêt. Rien ne dit que de ce forum (F.C.C.) sortira nécessairement du beau, du sublime et de l’éternel. Mais, se croiser les bras en vouant aux gémonies et en jetant au feu tous ceux qui, loin de se « salir les mains », entreprennent de défricher la forêt et d’y éclairer les voies de sortie, ce n’est pas mon genre.

    La République Démocratique du Congo ploie dans une telle « merde » (désolé, je ne vois pas d’autre mot), qu’il est presque criminel de rester assis chez soi, de se répandre en injures, de squatter les bistrots ou de parader dans les rues en criant des slogans sonores mais vides. A mes yeux, il y a urgence. L’heure est venue de multiplier, au Congo comme en dehors du Congo, ces laboratoires d’où se formeront les germes de ce futur et les fondations de ce « pays plus beau qu’avant » dont nous rêvons, sans aucun effet concret, depuis plus d’un demi-siècle.

    Elikia M’BOKOLO Kinshasa, 16-07-2018

     

    Quand même les intellectuels deviennent des Médiocres, c’est triste. Elikia M'Bokolo qui condamnait dans ses émissions la prédation de Léopold II au Congo, aujourd’hui il soutient la dictature la plus atroce et la plus cruelle de l'histoire de la RDC.
  • Le collectif des Congolais de Suisse manifeste contre Glencore à Zoug !

    Le collectif des Congolais de Suisse manifeste contre Glencore à Zoug !

    Lundi 23 juillet à 13h à Zoug, méga-marche contre Glencore à son siège de Baar

    Alors qu'à Kinshasa, les yeux sont tournés vers le palais du peuple, où face aux députés et sénateurs réunis en congrès, Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, espère annoncer son troisième mandat illégal, pour se maintenir au pouvoir, malgré ses 17 ans d'imposture sur le trône du Congo...En Suisse, les combattants de libertés enclenchent la lutte politico-économique. Le lundi 23 juillet à 13 heures, les Congolais organisent une méga marche contre l'entreprise Glencore, le géant suisse négociant des matières premières, basée à Baar dans le canton de Zoug, le canton le plus riche de Suisse grâce à la concurrence fiscale entre les cantons pour les revenus très élevés.

    Glencore, Le numéro un mondial est assigné par le Département américain de la justice (DoJ) dans le cadre d’une vaste enquête pour corruption au Nigeria, au Venezuela et en République démocratique du Congo-RDC !

    Des investisseurs redoutent que le groupe dirigé par le milliardaire d’origine sud-africaine Ivan Glasenberg soit exposé à de lourdes amendes, voire à des poursuites pénales. Pour le Nigeria et le Venezuela, il s’agit de négoce du pétrole ; pour la République démocratique du Congo, d’extraction de minerais (cuivre, cobalt).

    Tous à Zoug, le lundi 23 juillet à 13h pour le méga-marche contre Glencore, pilleur des ressources de la RDC

    Ce n’est pas la première fois que Glencore est mis en cause dans ce pays. Ses méthodes ont été pointées du doigt dans les « Paradise Papers », l’enquête menée par le consortium international des journalistes d’investigation.

    La justice helvétique a été saisie d’autres affaires en République démocratique du Congo par une ONG congolaise, Public Eye. La société est désormais dans la ligne de mire des Etats-Unis. D’autant que les Américains, par le biais du Département du Trésor cette fois, reprochent à M. Glasenberg de poursuivre ses activités avec un partenaire, Dan Gertler. Ce milliardaire israélien, ami de Joseph Kabila, l'imposteur de kingakati l’avait aidé à acheter à vil prix des gisements de cuivre en République démocratique du Congo.

    Dan Gertler, qui dispose dispose en effet de deux passeports israéliens, selon le site du gouvernement américain annonçant les sanctions, ainsi que du passeport congolais DB0009084, émis le 28 mai 2015 et expirant le 27 mai 2020, bien que l’article 10 de la Constitution congolaise interdise de posséder une autre nationalité que la congolaise: celle-ci est « une et exclusive », rejette ces accusations, mais Washington l’a inscrit, en décembre 2017, sur la liste des personnes susceptibles de sanctions pour les accords opaques et entachés de corruption.

    Achille Ibula, Bruno, Jean-Claude Kalala Muayika et Bienvenu Silulundi: Collectif des Congolais de Suisse

    Dan Gertler a été cité par une enquête de l’ONU en 2001, qui a déclaré qu’il avait donné 20 millions de dollars à Kabila pour acheter des armes pour équiper son armée contre les groupes rebelles en échange d’un monopole sur les diamants du pays. Un rapport 2013 du Groupe de l’avancement de l’Afrique a indiqué qu’une série de transactions minières conclues par des sociétés liées à lui avaient privé le pays de plus de 1,3 milliard de dollars de revenus potentiels. L’année dernière, il a été impliqué dans un programme visant à soudoyer des fonctionnaires congolais pour le compte du gestionnaire de fonds de couverture américain Och-Ziff Capital Management, selon Bloomberg.

    Selon le Guardian, les documents publiées confirment qu’à plusieurs reprises en 2008 et 2009, Gertler a été appelé à négocier avec les autorités de la RDC au sujet de la mine de cuivre Katanga en difficulté dans le sud-est du pays. Accord de coentreprise avec le gérant d’État de la RDC, Gecamines.

    Bienvenu Silulundi, Achille Ibula et Jean-Claude Kalala Muayika : Collectif des Congolais de Suisse

    En 2009, Glencore, par le biais d’une offre de prêt, a pris le contrôle effectif des mines au Katanga, mais a également gardé l’intérêt de Gertler dans l’entreprise en prêtant secrètement à sa société Lora Enterprises 45 millions de dollars d’actions gagées pour participer au prêt. Le prêt a été accordé avec la réserve qu’il serait remboursable dans le cas où un accord n’aurait pas été conclu avec les autorités de la RDC pour obtenir un contrat pour une entreprise liée à l’entreprise.

     

    La politique va de paire avec l'économie, les Congolais commencent à comprendre. Le Collectif des Congolais de Suisse organise la marche au siège même de Glencore à Baar dans le canton de Zoug, le lundi 13 juillet à 13h !

  • RDC: Hugo Clément et son reportage sur la famine au Kasaï !

    RDC: Hugo Clément et son reportage sur la famine au Kasaï !

    Festival International du journalisme, Hugo Clément à l'atelier aux peupliers

    Avec Hugo Clément, nous avions effectué plusieurs voyages officiels (VO), notre amitié est respectueuse et professionnelle. Le samedi 14 juillet, au Festival International du Journalisme, à Couthures-sur-Garonne, Hugo Clément est intervenu à 15h sur le thème: Les nouveaux médias réinventent-ils l'info ? A Kinshasa, en République démocratique du Congo, c'est Réveil FM qui a introduit et mis en exergue les infos de proximité. Je me souviens que les "Coupagistes" et "Thuriféraires", habitués à ne donner des paroles qu'aux ministres, étaient étonnés que nous ne donnions la parole qu'à ceux qui vivaient l'événement: habitants dans des quartiers sans électricité et eau courante; mamans vendeuses au marché, mamans maraîchères et mamans bipupula...Aujourd'hui, c'est la majorité des médias de Kinshasa qui font des infos de proximité.

    En France, il est rare de voir des reportages sur la République démocratique du Congo. Et portant la RDC est le plus grand pays francophone au monde ! Hugo Clément, journaliste au Kombini est-il entrain de révolutionner le journalisme en France ? A Réveil FM International, nous y croyons. L'essence du journalisme n'est-il pas la proximité avec ses lecteurs, auditeurs, téléspectateurs et internautes ? Le monde étant devenu un grand village avec l'internet et les réseaux sociaux...le monde. Après un passage au Petit Journal et à Quotidien, Hugo Clément est depuis janvier à Konbini où il réalise des reportages aux quatre coins du monde.

    Hugo Clément de Kombini a été au Kasaï

    Avec le découpage administrative actuelle, la République démocratique du Congo est passée de 11 provinces à 26 provincettes. Le Kasaï a été touchée en 2016 par une guerre civile entre les Fardc, les "Bana Mura"-la garde prétorienne d'Alias Joseph kabila et les partisans du chef coutumier assassiné Kamwina Nsapu. Des affrontements ont eu lieu dans les villages qui se sont vidés de leur population. Ayant fui, la population s'est réfugiée dans la brousse, sans être secouru par les autorités provinciales.

    Conséquence, les Kasïens qui vivent plusieurs années dans la brousse souffrent quasiment tous de la malnutrition. Les chiffres sont éloquents : environ 1,7 million de personnes sont touchées par la faim en République démocratique du Congo et parmi elles, 450.000 enfants sont en situation de malnutrition aiguë sévère.

    Journaliste engagé, Hugo Clément a fait un appel de fonds: Déjà 24 700 ont fait un don. Au total 540 000€ pour qu'@ACF_France puisse aider les populations touchées par la famine au Kasaï.

    Avec tous ces Kasaïens apparatchiks du régime d'imposture qui sévit en République démocratique du Congo, il est regrettable que ce soit un journaliste Français qui fasse découvrir au monde, les 45.000 enfants Kasaïens qui meurent de faim ! Au Congo, une bouche qui mange ne parle pas. Les ventriotes à la mangeoire du régime d'Alias Joseph Kabila ont les oignons dans la bouche, donc ils ne peuvent pas parler. 
  • Gérard Larcher, Président du Sénat, son allocution à la Conférence nationale des territoires !

    Gérard Larcher, Président du Sénat, son allocution à la Conférence nationale des territoires !

    Gérard Larcher, Président du Sénat

    Monsieur le Premier ministre,

    Mesdames et Messieurs les ministres,

    Mes chers collègues députés et sénateurs,

    Mesdames et Messieurs les présidents et membres des associations représentant les collectivités territoriales,

    Monsieur le Président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale,

    Mesdames et Messieurs,

    Nous nous retrouvons aujourd’hui pour la troisième réunion plénière de la Conférence nationale des territoires.

    Lors de la première Conférence qui s’est tenue au Sénat il y a un an, je soulignais, devant le Président de la République et vous-même, Monsieur le Premier ministre, que l’enjeu de cette démarche était de reconstruire « la confiance entre le gouvernement, les collectivités territoriales et le Parlement ». C’est l’intérêt du pays et c’est la raison pour laquelle le Sénat, qui représente les collectivités territoriales de la République en application de la Constitution, s’y est engagé sans a priori et en souhaitant qu’elle réussisse et c’est aussi le sens de ma présence aux côtés des sénatrices et des sénateurs.

    Le Sénat est encore présent aujourd’hui, en force de propositions, car tel est bien notre rôle d’Institution de la République. Et quand on parle de cohésion, on est au cœur de nos préoccupations !

    Quand je regarde ceux qui sont présents ce matin, je me dis qu’il est important de se retrouver. Je tiens à saluer les associations spécialisées représentant notamment les strates et catégories du bloc communal. Je mesure leur engagement dans la voie du dialogue avec l’Etat et je le sais avec le Sénat.

    Mais quand je fais le compte des absents, je ne peux pas me résoudre à entendre qu’on travaillerait simplement « avec ceux qui le veulent ». Je crois qu’il faut s’interroger collectivement sur les raisons qui ont conduit l’Association des maires de France, l’Assemblée des départements de France et Régions de France à se retirer de la Conférence nationale des territoires de ce jour.

    Je crois qu’il faut se poser collectivement la question de la méthode de travail et s’interroger sur les conditions d’un dialogue sincère. Malgré plusieurs réunions de « l’instance de dialogue resserrée » de la Conférence nationale des territoires et de très nombreux sujets inscrits à l’ordre du jour, les conditions de l’exercice n’ont toujours pas permis aux collectivités de se sentir réellement entendues, ce qui est pourtant le propre d’un dialogue.

    Il y a un an, j’indiquais qu’à mes yeux, l’une des clés de la réussite était le respect et la considération envers les élus locaux. Ils sont absolument indispensables pour retisser le lien entre l’Etat et les collectivités, un lien qui s’était « abîmé », après des années de défiance liée à des décisions brutales. En particulier sur le plan budgétaire mais pas que ! Je pense à la frénésie de réformes de 2009 à 2014.

    Le retrait des trois associations généralistes de la Conférence nationale des territoires ne peut pas être pris à la légère. Il intervient alors qu’une partie croissante des élus, et en particulier des maires, se sent abandonnée, reléguée.

    Quand je me rends sur le terrain, lorsqu’on dépasse les propos de courtoisie républicaine, j’entends trop souvent des maires usés, des maires qui voient pour près de la moitié d’entre eux leurs dotations baisser, qui s’interrogent sur les modalités de remplacement de la taxe d’habitation dont l’effet de la suppression n’avait pas été correctement évalué, qui font toujours face à de nombreuses normes, même si vous vous efforcez d’en endiguer le flux réglementaire. Mais endiguer ne suffit plus !

    Je vois des maires qui assurent une mission essentielle sur le terrain mais qui se sentent écrasés. Par exemple, l’enjeu des compétences eau et assainissement a été sous-évalué… écoutons le terrain et notamment les ruraux !

    J’ai pu aussi, une fois encore, à Allonnes, il y a deux semaines, mesurer les attentes des élus qui ont en charge des quartiers en grande difficulté.

    Trop souvent, ils n’y croient plus, alors qu’ils assurent une mission fondamentale de cohésion sociale et républicaine, c’est notre sujet de ce matin cher Jacques Mézard. On ne peut pas les laisser au bord du chemin en les laissant penser qu’ils seraient voués à s’effacer au profit de métropoles ou d’intercommunalités XXL, et on a aussi besoin de ces structures. Loin de moi d’opposer les uns aux autres.

    La mise en œuvre de la contractualisation financière – le Sénat était favorable sur le principe – se fait de manière heurtée et trop verticale. Face à l’inflexibilité manifestée localement par certains préfets, on peut comprendre les interrogations d’élus locaux concernant le sens de la libre administration et de l’autonomie financière, alors qu’ils voient leurs mains liées tant sur les recettes que sur les dépenses. Quant au taux de signatures de 71 %, je ne suis pas sûr qu’il corresponde demain au taux de satisfaction des signataires… J’ai quelques témoignages de signataires qui ont un peu senti qu’on leur mettait « l’épée dans les reins »…

    Les modalités de mise en œuvre de la contractualisation, de même que les conditions du « dialogue » sur la prise en charge des allocations individuelles de solidarité et des mineurs non accompagnés, expliquent l’absence des départements. Alors qu’ils sont des acteurs essentiels des politiques de solidarité, de lutte contre la pauvreté et d’insertion sur lesquelles le Président de la République a particulièrement mis l’accent devant le Congrès !

    On ne pourra pas parler dans les mois qui viennent d’État Providence du XXIème siècle sans un acteur majeur des politiques de dépendance, du handicap ou de lutte contre la pauvreté. Et derrière notre jargon, nos sigles, nos associations, nos institutions, n’oublions pas qu’il y a les citoyens et que tout cela, c’est d’abord eux que cela concerne !

    La Conférence nationale des territoires va aujourd’hui évoquer les enjeux de la politique européenne de cohésion et de développement des territoires, sans les régions. Elles gèrent pourtant ces fonds européens et leurs compétences sont majeures pour le développement économique de notre pays.

    Ce découragement, cette lassitude, ces critiques contre la méthode retenue jusqu’à présent, ces critiques contre ce qui est perçu comme un mouvement de recentralisation, nous devons les entendre et en tenir compte.

    Traiter leur absence par l’indifférence, en attendant que ces associations reviennent tels les « Bourgeois de Calais », constituerait à nos yeux une profonde erreur ; il faut retrouver les voies d’un vrai dialogue, du respect et de la confiance.

    Comme vous, Monsieur le Premier ministre, je veux que la France aille mieux, mais on ne redressera pas notre pays sans les élus et les territoires.

    Dominique Bussereau vous a tendu la main hier… saisissez-la !

     

    Le Président de la République nous a dit devant le Congrès lundi : « le respect et la considération ne se négocient pas dans une société républicaine ». Alors, tout simplement, faisons nôtres ces propos !

    Je vous remercie.