26/07/2018

Festival International du Journalisme: Chemins de l'exil pour les migrants !

Festival International du Journalisme: Chemin de l'exil pour les migrants !

Mohamed Koné et Siriki Traoré, auteurs et comédiens malien et ivoirien, racontent l'exil dans la pièce « Mieux vaut en rire »

C’est la persécution ou la faim qui les ont forcés à partir de chez eux. Ou alors le choix d’une autre vie. Certains sont partis pour quelques mois, d’autres demeureront ailleurs jusqu’à leur dernier souffle. Il y a ceux qui sont sans cesse rejetés et ceux qui sont accueillis à bras ouverts. Il y en a qui se promettent de revenir un jour au pays, d’autres non. Les chemins de migration de ces femmes et de ces hommes sont sinueux et divers. Migrants, militants et journalistes témoigneront de ces exils souvent douloureux, parfois heureux.

Ils sont encore mineurs quand ils se rencontrent à Paris en 2014. Siriki Traoré vient de Côte d’Ivoire ; Mohamed Koné, du Mali. Tous deux ont pris la difficile décision de quitter l’Afrique pour l’Europe, via la frontière grillagée de Melilla ou les flots funestes de la Méditerranée. Grâce au conteur Kamel Zouaoui, ils racontent leur odyssée dans une pièce de théâtre intitulée 50, d’après le numéro d’un récépissé de demande d’asile. La pièce est jouée à Couthures-sur-Garonne au Festival International du journalisme, entre deux représentations données dans le cadre du off du Festival d’Avignon.

Deux jeunes migrants sans papiers sont convoqués à la préfecture de police pour récupérer leur récépissé de demande de régularisation. Deux jeunes hommes, migrants africains, volontaires ; « Mo » et Siriki, un metteur en scène plein de générosité et d’humanité, le conteur Kamel Zouaoui, 400 heures de travail et surtout beaucoup de solidarité, celle de la tradition d’accueil en France qui, ici, n’a pas fait défaut comme c’est parfois le cas dans notre société.

Nous assistons au récit du « passage entre les mailles du filet », du parcours par les « chemins de traverse », de deux de ceux qui ont eu « la chance » de trouver le bout du tunnel. L’expérience de deux jeunes mus par la volonté de réussir leur « choix » de l’exil. Ils se soutiennent, grâce à la solidité de leur rencontre et de leur amitié, malgré la faim, le froid, les dangers multiples, un chemin chaotique, englués qu’ils sont dans les méandres et les freins de l’administration, devant affronter les réactions divergentes concernant le sujet de l’immigration. Heureusement, ils rencontrent une grande solidarité d’associations, de personnes ouvertes et par le canal du théâtre, ils nous expliquent avec la plus grande clarté qu’un migrant ne part pas de chez lui pour le plaisir de voyager (comme le font tant de touristes) mais pour sortir la tête hors de l’eau et se construire une vie digne de ce nom et un avenir.

 

Leur jeu d’acteurs, celui de leur propre histoire est très convaincant d’autant plus qu’ils veulent en faire leur métier. Ils savent être graves et drôles comme dans toutes les situations dramatiques et cocasses parfois. Ils mettent une telle énergie et une telle sincérité dans ce qu’ils nous donnent à voir et à entendre que le débat post-spectacle fait du bien et permet l’échange...

Une petite pierre de plus dans la balance de la Fraternité !

23:25 Écrit par Freddy Mulongo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

Festival International du Journalisme: Connivence journalistes et politiques ?

Festival International du Journalisme: Connivence journalistes et politiques ?

Au Festival International du journalisme, c'est l'un des ateliers qui attirent du monde: l'atelier politique ! Avec des thèmes aussi variés: les journalistes sont-ils vraiment indépendants du monde politique ? Quand journalistes et politiques échangent leurs places, connivence: comment ça commence, être journaliste politique à l'ère Macron, sous Macron, la communication l'emporte-t-elle sur l'information ? Peut-on exiger la transparence totale du pouvoir ? Les Français sont politiques, ils aiment et s'informent sur la politique. Ils sont nombreux, certains n'ont pas hésité à s'asseoir sur de la paille. L’appétit de lire, de comprendre et d’interpeller les professionnels de l’information est une caractéristique que les festivaliers de Couthures-sur-Garonne partagent bien volontiers. Durant trois jours à partir de 10 heures du matin et jusque tard dans la nuit, le village de Couthures s'était transformer en forum à ciel ouvert où l’on a parlé journalisme et actualité, Lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes, journalistes, étudiants, chercheurs, vacanciers, familles et passionnés d’actualité se côtoieront pendant ces trois jours dans une ambiance bon enfant et conviviale qui est la marque de ce festival depuis sa création en 2016.

Les deux modérateurs de l'atelier politique, journalistes d'investigation au Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme sont connus par leur livre: Un président ne devrait pas dire ça..., sous-titré Les secrets d'un quinquennat, consacré aux cinq années d'entretiens privés des deux hommes avec le président de la République française François Hollande. L'ouvrage est à l'origine d'une importante polémique notamment au sein de la gauche républicaine, et est considéré comme l'un des facteurs conduisant au renoncement de François Hollande à se présenter à l'élection présidentielle française de 2017.

Le Basque, avec son accent reconnaissable et voix familière, Jean-Michel Apathie, en trente ans de journalisme politique, a écumé les titres de la presse écrite, les radios et les chaînes de télévision. A la rentrée, il sera sur Europe 1. Témoin privilégié, il interviewe le monde politique français. Mieux que quiconque, il a vu "l’ancien monde" muter. A Couthures-sur-Garonne, Jean-Michel Aphatie était l'un des animateur de l'atelier politique au Festival International du Journalisme. Objectif pour être en contact direct avec ses téléspectateurs, auditeurs et lecteurs. Mais aussi écouter les critiques que les citoyens font de journalistes politiques. Nous apprenons de Jean-Michel Apathie qu'il vote toujours blanc depuis 1988, qu'il vouvoie ses amis politiques à l'antenne, qu'il déjeune mais ne dîne jamais avec les hommes politiques..." !

Le présentateur de télévision David Pujadas sur LCI, qui a été présentateur vedette de France Télévision, qui a présenté le journal de 20h de France 2 durant 16 ans, raconte la remontée du journal de 20 heures sur la chaîne publique grâce à l’investissement délibéré de sa rédaction sur les sujets présumés compliqués comme la politique, l’économie ou l’actualité internationale. Il y a quarante ans, la télévision en France était aux ordres, elle est plus indépendante aujourd'hui. Vient le moment, pour le public, d’interroger les panélistes. Première question sur la connivence et sur le «formatage» de médias trop souvent semblables. Seconde question sur le besoin de s’extirper de l’engrenage des «news» instantanées.

Sonia Devillers de France Inter au Festival International du Journalisme

Présentatrice iconoclaste de 41 ans, Sonia Devillers est à l’antenne de France Inter, chaque matin à 6 h 53 puis 9 h 40 pour L’Instant télé puis L’Instant M. “Enthousiaste ou mordant, L’Instant M n’est jamais dans le règlement de comptes ni le copinage. Les gens que je reçois ne sont ni mes amis, ni mes ennemis”. C'est elle qui rassure parmi les panélistes que malgré le fait que Nicolas Sarkozy, élu président de la République, s'était permis de nommer les présidents de chaines de télévisions et stations de radios publiques, y compris les membres du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Cela n'a pas empêché d'être battu par François Hollande en 2012.

Toujours le contact et toujours la distance" ce sont encore les règles du journalisme! Le journaliste dit pratiquer sa profession comme un « sport de combat rapproché ». Il reprend la formule « le contact et la distance » d’Hubert Beuve-Méry (fondateur du Monde – NDLR) mais revendique la volonté d’être d’abord au contact pour, ensuite, prendre de la distance. Beuve-Méry disait, lui, qu’il faut être l’un et l’autre. Il expliquait à ses journalistes qu’ils avaient le droit d’être invités par le pouvoir politique « à condition de cracher dans les plats ».

Lors d’une conférence de presse de janvier 2008, Laurent Joffrin pose une question à Nicolas Sarkozy sur la « monarchie élective ». Les autres journalistes ont ri. Ce qui a choqué les Anglo-Saxons, car, chez eux, quand un homme politique ne répond pas à une question, le prochain la repose, et ainsi de suite, jusqu’à obtenir une réponse.

En France, à Sciences-Po se côtoient les futures élites politiques et médiatiques. Journalistes et personnalités politiques appartiennent souvent au même milieu sociologique. Une presse plus indépendante du pouvoir, qui ressemble à la population, est impérative pour une revitalisation démocratique.

Les grands patrons rachètent la presse, non pour faire de l’argent, mais pour obtenir un outil d’influence.

Entre le pouvoir politique, médiatique et économique, les médias sont le parent pauvre, à la merci des deux autres. Et cette interdépendance croissante entre pouvoir économique et politique se fait au détriment de l’indépendance de la presse.

Le journalisme est un métier de grande précarité économique, ce qui rend les journalistes plus faibles lorsqu’ils proposent des articles. La prise de conscience des journalistes se heurte à cette réalité économique, car l’ubérisation du métier fragilise les tentatives de contestation de ces deux pouvoirs.

Le problème plus général, c’est celui de ce contact, de cette relation entre journalistes et personnalités politiques, contact qui est nécessaire puisqu’on n’a pas l’information si on n’a pas un minimum de contact avec les personnalités politiques, alors qu’on a un besoin de distance pour préserver l’indépendance sans laquelle il n’y a pas d’objectivité.

La question de la connivence est plutôt celle des informations politiques qu’on révèle ou qu’on ne révèle pas en fonction des liens d’amitié avec telle ou telle personnalité politique.

Lors de l’entrée en fonction de François Hollande, quatre de ses ministres, en plus du Président lui-même, vivaient avec des femmes journalistes. Ces unions sont particulièrement fréquentes depuis les années 1960 et suscitent depuis longtemps l’étonnement, voire la sidération, des médias étrangers.

19:02 Écrit par Freddy Mulongo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

Festival International du Journalisme: Xenia Federova, patronne de Russia Today !

Festival International du Journalisme: Xenia Federova, patronne de Russia Today !

Xenia Fedorova, patronne de Russia Today en France

Russia Today était présente à Couthures-sur-Garonne, au Festival International du journalisme. Une équipe avec plusieurs caméras, mais surtout pour elle: Xenia Federova, la patronne de Russia Today France. Elle parle français mais s'exprime mieux en anglais. A peine, que Xenia Federova terminait son intervention, à la place du cale sous un soleil d'aplomb, elle s'est laissée photographier. Pour elle, Russia Today (RT France) est du même gabarit que France 24, elle travaille en toute indépendance de Moscou. La guerre froide, de triste mémoire, est toujours dans la tête de certaines personnes. Êtes-vous espionne ? C’est une question qu’on lui pose souvent en France. Xenia Fedorova dérange et elle est imperturbable. La patronne de RT France, la chaîne d’information en continu et version française du réseau mondial russe, financée par Moscou, est intelligente et stoïque. Avec un budget de 20 millions d’euros, 150 salariés dont un tiers de journalistes et des locaux flambant neufs, coincés entre les studios parisiens de TF1 et Canal Plus, Xenia Fedorova affiche son objectif sans détour. « Sur une scène médiatique qui est depuis longtemps occupée par la chambre d’écho mainstream de la pensée unique, RT France est clairement une voix alternative », explique-t-elle. « Nous sommes beaucoup plus ouverts d’esprit, nous donnons la parole à diverses opinions et ouvrons des perspectives sur des sujets non traités par nos confrères, aux regards souvent très biaisés et partiaux », notamment sur les questions internationales concernant la Russie, la Syrie ou les États-Unis.

Xenia Fedorova, patronne de Russia Today en France

Née à Kazan, capitale du Tatarstan, d’un père ingénieur spatial et d’une mère journaliste dans la presse soviétique puis au quotidien gouvernemental Rossiyskaya Gazeta, la présidente de RT France se destinait à une brillante carrière de diplomate. « Ma mère m’a aidée à choisir ma voie. Je l’imitais en écrivant des articles à l’âge de 13 ou 15 ans, raconte-t-elle. J’ai vite compris que le journalisme m’offrirait plus de liberté d’action et d’expression. » Vers 20 ans, Xenia Fedorova découvre pour la première fois Paris, où elle apprend la langue durant huit mois, séjourne dans le Quartier latin et profite de la vie étudiante. « J’ai toujours été fascinée par la France, son histoire et sa culture, dit-elle. Les liens avec la Russie sont très forts. » Mais aujourd’hui, la journaliste, formée à l’Institut d’études américaines et canadiennes de l’Académie des sciences de Russie et à la faculté de journalisme à l’université de Moscou, ne reconnaît plus son pays d’accueil. « J’avais toujours eu le sentiment que la France était très tolérante, mais je constate à présent une tendance au repli, les médias contrôlent les opinions, c’est triste. Heureusement, il y a encore des rebelles qui n’ont pas peur de poser des questions », insiste Xenia Fedorova, qui a intégré la chaîne Russia Today dès sa création en 2005 avant de diriger Ruptly, l’agence de presse vidéo internationale de RT établie à Berlin, puis RT France à la demande de son mentor, Margarita Simonian, influente directrice éditoriale du réseau russe.

 

Xenia Fedorova, patronne de Russia Today en France

Interrogée sur les nombreuses accusations visant Russia Today, dont celle d'être une chaîne de propagande pro-Poutine financée par le Kremlin, Xenia Federova s'est inscrite en faux. "C'est très cynique de dire ce genre de choses. Que la chaîne ait été financée par l'Etat (russe, ndlr) ne veut pas dire qu'elle est une chaîne de propagande. On pourrait dire à ce prix-là que les chaînes publiques françaises sont de propagande (...) Moi ça fait 12 ans que je travaille chez RT. Je n'ai jamais reçu un coup de fil en 12 ans. Jamais on ne m'a dit de laisser tel ou tel sujet de côté. Les décisions éditoriales sont prises par les journalistes en interne (...)", a-t-elle martelé, précisant que sa chaîne traiterait de la Russie si l'actualité le nécessite.

 

Les journalistes de RT France n'ont pas été accrédités auprès du siège de campagne d'Emmanuel Macron et ne sont pas accrédités à l'Elysée.

15:52 Écrit par Freddy Mulongo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |