• RDC: Il faut invalider Corneille Naanga et la foutue CENI!

    RDC: Il faut invalider Corneille Naanga et la foutue CENI!

    En République démocratique du Congo, nous allons droit vers les fraudes électorales ! Le désenchantement et grincement de dents sont profonds, chez des Congolais qui s'étaient réjouis trop vite, après qu'Alias Joseph Kabila ait sorti de sa poche Emmanuel Ramazani Shadary, le boucher du Kasaï, comme son dauphin, n'ont que leurs yeux pour pleurer. Quant à la communauté internationale, elle a félicité trop vite celui qui à la réunion de la SADC a préféré dire "A bientôt" au lieu d'"Adieux". Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale ne veut pas partir et ne partira jamais.

    Il nous faut revenir à l'ordre constitutionnel d'un pays normal. C'est le Ministère de l’intérieur qui organise les élections. Hold-up électoral 2006=2011=2018 ? Les brontosaures du joséphisme y travaillent, les caciques de la Françafrique y veuillent, les lobbyistes affairo-mafieux continuent à faire mains basses aux ressources de la République démocratique du Congo. Et le peuple congolais ? Il continue depuis 2006 à vivre dans un régime d'imposture, d'occupation et de prédation, il continue de réclamer la "Vérité des urnes", le respect des droits humains, dénoncer l'impunité des imposteurs. Sa voix est étouffée, ignorée, raillée...Plusieurs Congolais sont morts, assassinés, empoisonnés pour avoir réclamé cette vérité là, celle des urnes. Les élections ne sont pas une panacées dans une démocratie mais elles sont essentielles pour légitimer ceux qui aspirent à parler au nom du peuple.

    1. Apollinaire Malu Malu, abbé tricheur !

    Apollinaire Malu Malu, abbé tricheur !

    Nous avons connu des élections Louis Michel 2006, avec Apollinaire Malu Malu, abbé tricheur, président de la Commission Électorale Indépendante (CEI). C'est à bord d'un char de la Monuc, avec casque et gilet pare-balles, que Malu Malu a pu proclamé les frauduleux résultats de l'élection 2006. C'est avec Malu Malu que la formule fut consacrée: l'Est a voté Alias Joseph Kabila et l'Ouest Jean-Pierre Bemba. Or c'est l'Est de la République qui avait connu les affres de la guerre avec des populations décimées. Pour faire gagner Alias Joseph Kabila, Malu Malu abbé tricheur avait pris un malin plaisir de faire voter des Interahamwe, des rwandais, Ougandais et Burundais. Le jour de la proclamation de faux résultats par Malu Malu interamwe Comment le contrées.

    Apollinaire Malu Malu, abbé tricheur après avoir proclamé Alias Joseph Kabila vainqueur !

    Les élections Louis Michel 2006 étaient "boutiquées" pour faire gagner Alias Joseph Kabila ! Réveil FM International revient sur la brouille Cardinal Frédéric Etsou-abbé Malu Malu lors des élections Louis Michel 2006. L'arrogance de l'abbé Apollinaire Malu Malu de Butembo face à la demande du Cardinal Frédéric Etsou de dire la vérité au peuple, avait déjanté plus d'un.

    Incompris par certains, applaudis par d'autres, le cardinal Frédéric Etsou a marqué son époque. L'homme aimait dire à haute voix son attachement à la vérité, à la paix et à la compassion. Dimanche 23 avril 2006, recevant des journalistes kinois à l'issue d'un séminaire, l'homme a dit tout haut ce que la majorité de ses concitoyens murmuraient tout bas : "Vous avez laissé ce pays entre les mains des étrangers qui sont en train de le diviser." C'est le tollé général. Chaque acteur donna à cette phrase sa propre interprétation. Certains n'ont pas hésité à y voir un hymne à la xénophobie. "Xénophobe", "mobutiste invétéré", autant de qualificatifs lancés à la face de l'outrecuidant prêtre accusé, plus à tort qu'à raison.

    Après le second tour de l'élection présidentielle, le Cardinal Etsou est revenu à la charge en jetant un immense pavé dans la marre. Il accuse l'abbé Malu Malu, le président de la CEI (Commission électorale indépendante) de s'être livré au tripatouillage des résultats électoraux.

    Le Cardinal Frédéric Etsou est mort pour avoir dit la vérité aux congolais

    Dans une intervention faite le 13 novembre 2006 sur radio France internationale (RFI), qui prend désormais le relief d'un testament politique, le cardinal Etsou tonne : "Moi, personnellement, comme pasteur, je n'accepte pas ce mensonge. Il faut la vérité. L'abbé Malu Malu doit se conformer au verdict des urnes. Il ne peut pas se permettre qu'on falsifie le verdict des urnes". Et d'ajouter : "Je dis non à toute tentative d'imposer au peuple congolais un candidat devant juste satisfaire les appétits gloutons et prédateurs de ses commanditaires étrangers."

    Cueilli à froid, Apollinaire Malu Malu de réagir : "Je suis étonné par cette déclaration, d'autant plus que le Cardinal n'a pas participé aux élections. Je trouve que c'est une déclaration dangereuse qui ne reflète pas la réalité." Dans une missive adressée à la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) en date du 30 novembre dernier, le cardinal note en liminaire qu'il est retenu à Bruxelles "pour raisons de santé". Commentant sa déclaration sur RFI, il écrit : "Nous pasteurs du peuple de Dieu, avons une mission délicate et difficile : celle d'être serviteurs de la vérité et non du mensonge. Et cela avec courage. (…). Notre prise de position en tout moment doit être en faveur du peuple de Dieu. Ouvrons nos yeux dans nos diocèses pour voir la misère de notre peuple, ouvrons nos cœurs devant plus de 4 millions de Congolais tués par la guerre inutile d'occupation, guerre qui a généré et continue de générer la faim et les maladies et la division des familles, pendant qu'elle a servi à tous les belligérants pour s'enrichir et vendre le pays aux étrangers."

    Et de poursuivre : "Comme tout le monde, nous disposons des informations sur les vrais résultats électoraux du 30 octobre dernier. (…). Ces résultats diffèrent de loin de la mascarade politique que nous venons de vivre le mercredi 15 novembre par la déclaration de la CEI et du verdict de la Cour suprême de Justice du lundi 27 novembre 2006. (…)".

    Pour le Cardinal Etsou, les Congolais doivent "fermement condamner la logique dans laquelle la communauté internationale avec la complicité de quelques Congolais nous a enfermés, logique selon laquelle l'Est appartiendrait à Joseph Kabila et l'Ouest à Jean-Pierre Bemba ! Un gros mensonge à rejeter en bloc".

    Pour lui, les Congolais doivent, de même, affirmer "avec sérénité l'unité nationale et l'intégrité du territoire congolais".

    Il souligne que "malgré les astuces de certains, moi, je continuerai à parler au nom des 8 millions d'habitants qui constituent l'Archidiocèse de Kinshasa !" Et de conclure : "Je plaide pour la libération de Me Marie-Thérèse Nlandu et d'autres innocents injustement retenus en prison. Et je désire tant la paix, la justice pour mon peuple. (…)."

    Déclaration du cardinal Etsou

    « Je dis fermement non, et non à toute manœuvre qui mettrait en cause le libre choix, transparent et démocratique du peuple congolais. Nous savons que le président sortant, dans beaucoup de coins, n’a pas les résultats qu’on essaie de faire sortir comme on a fait au premier tour. Je demande également à la communauté internationale de s’abstenir de toute tentative d’imposer au peuple congolais celui qu’il n’a pas choisi comme son président. Toute tentative de ce genre serait un acte grave d’irresponsabilité et pourrait entamer et hypothéquer tout ce qui fait le prestige et la fierté de l’Occident. Je dis non à toute tentative d’imposer au peuple congolais un candidat devant juste satisfaire les appétits gloutons et prédateurs de ces commanditaires étrangers». « Je suis très inquiet, parce que je vois que les choses ne se déroulent pas comme elles devraient se dérouler. La chose la plus importante, la publication des résultats des élections. Mais il me semble qu’il y a déjà des manœuvres. Des résultats que nous connaissons de plusieurs coins de la République ne sont pas les résultats qu’on semble essayer de publier. Nous savons que le président sortant, dans beaucoup de coins, n’a pas les résultats qu’on essaie de faire sortir cette fois, comme on l’a fait au premier tour. Alors que nous avions dit que nous voulons des élections libres, transparentes et démocratiques. Et ce n’est pas cela qui se manifeste. Moi, personnellement comme pasteur, je n’accepte pas le mensonge. Il faut la vérité, la vérité des urnes. L’abbé Malu Malu doit se conformer au verdict des urnes. Il ne peut pas se permettre qu’on falsifie le verdict des urnes. Après la publication du premier tour, il y a eu des bagarres, des affrontements, il y a eu des morts. Et c’est cela que je refuse. Je ne veux pas des morts inutiles dans mon pays. Ce que nous voulons, c’est la paix».

    Quelques jours plus tard, le Cardinal Etsou mourrait, sans que sa mort ne soulève de l'émoi au sein de la population congolaise. Choc, tristesse, consternation, révolte, les mots ne sont pas suffisamment forts pour exprimer l’état d’âme des innombrables Congolaises et Congolais de Belgique et de l'espace Schengen partis à l’hôpital universitaire de Louvain au matin de ce dimanche 7 janvier 2007, rendre un dernier hommage au Cardinal Frédéric Etsou, archevêque de Kinshasa.

    Dans son homélie du dimanche 7 janvier 2007 à 8 heures, le Cardinal Théodore Edgar Mc Carrick l'Archevêque de Washington annonce le décès de son grand ami le Cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamungwabi l'Archevêque de Kinshasa à l'âge de 77 ans. Le décès est survenu samedi le 6 janvier 2007 à 20h50' à l'Hôpital Universitaire (UZ) Gasthuis à Louvain en Belgique.

    Selon les proches du Cardinal Théodore Edgar Mc Carrick, le Cardinal Frédéric Etsou souffrait d'un diabète instable mais son état de santé n'inspirait aucune inquiétude jusqu'à sa fameuse déclaration fracassante sur Radio France Internationale, dénonçant les irrégularités constatées par les témoins de l'église Catholique présents dans tous les bureaux de vote et, l'inexactitude des résultats officiels, du deuxième tour de l'élection présidentielle, publiés par la Commission Electorale Indépendante (CEI) au profit de Joseph Kabila. Le Cardinal Frédéric Etsou n'a pas hésité à mettre en doute publiquement la probité morale de l'Abbé Apollinaire Muholongu Malumalu Président de la CEI et son rôle très actif dans le hold-up électoral en RDCongo. Le Cardinal a eu le courage politique d'appeler les Congolais à ne pas laisser leur pays sous la coupe des étrangers…

    Le Cardinal Frédéric Etsou, 77 ans, est décédé samedi 6 janvier à la Clinique universitaire de Louvain (KUL), en Belgique. Officiellement, il souffrait de diabète et d'un œdème pulmonaire qui l'aurait emporté. Les spéculations vont bon train tant sur les causes "réelles" de la "dégradation brutale" de sa santé ayant conduit à l'issue fatale que sur le nom du probable successeur. "On ne peut rien exclure !". C'est la déclaration faite sous l'anonymat par l'un des proches du défunt citant un des médecins traitants.

    Depuis une semaine, confie cette source, "les organes vitaux du patient Etsou — à savoir les reins, les poumons et le foie — se sont détériorés en un temps record à la stupéfaction du corps médical". Selon certains témoignages, depuis quelques mois, le visage du cardinal était sujet à une "éruption cutanée" d'origine inconnue.

    Des internautes ont affirmé le plus sérieusement du monde que le visage de Frédéric Etsou ressemblait de plus en plus à celui du président ukrainien Viktor Iouchtchenko, victime d'un empoisonnement à la dioxine. L'information n'a pas été démentie par les visiteurs qui ont eu accès au malade.

    L'archevêque de Kinshasa, présentait, selon eux, les signes de quelqu'un qui a ingurgité des substances nocives. C'est un euphémisme. Certaines sources assurent que l'examen du sang aurait révélé "des traces de dioxine". D'autres sources parlent de "traces de cyanure". Qui dit vrai ? Spéculations ?

    Vendredi 5 janvier, on apprenait dans la soirée que le prélat était placé sous assistance respiratoire. Un prêtre lui aurait même administré le "dernier sacrement". A l'évidence, la situation était aussi grave que désespérée. "Le Cardinal Frédéric Etsou-Nzabi-Bamungwabi est mort". Cette nouvelle s'est répandue le lendemain soir à Bruxelles et Paris comme une traînée de poudre. Contactés, certains membres de l'entourage du regretté cardinal dissimulaient à peine un certain sentiment de révolte. De quoi souffrait Frédéric Etsou ? Selon une source médicale congolaise, l'homme était sujet à des problèmes "diabétiques" depuis la fin des années 90. "Le diabète peut générer des complications cardiaques", ajoute-t-elle. Œdème pulmonaire Selon certains témoignages, les médecins de la KUL ont constaté, ces derniers jours, la présence d'une assez importante quantité "d'eau " dans les poumons du patient. Selon un expert, "c'est un indice certifiant que le cœur ne pompe plus de manière optimale".

    2. Daniel Ngoy Mulunda, pasteur fraudeur !

    Nous avons connu des élections du 28 novembre 2011, avec Daniel Ngoy Mulunda, pasteur fraudeur, président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Arrogant, il avait eu des mots durs à l'égard du peuple congolais: "Bokolela na munoko ya maman na bino" ! Pagaille à Limeté où des bulletins de vote étaient à ramasser à la pelle. Un désordre incommensurable ! Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale fut proclamé au Katanga avec 110 % de vote, comme si aucun Katangais n'avait voté pour Etienne Tshisekedi.

    Lors du dépouillement des élections du 28 novembre 2011, beaucoup de témoins ne peuvent pas témoigner. "Au Katanga, dans le Sud-Kivu, dans la Province-Orientale, à Kinshasa, les observateurs et les témoins des partis politiques ont été empêchés d’observer l’ensemble des étapes de la compilation des résultats" avait affirme la mission de l’Union européenne. Membre fondateur du PPRD-Parti-Etat , Daniel Ngoy Mulunda avait fait campagne pour Alias Joseph Kabila lors de l'élection Louis Michel 2006, il se présentait comme son conseiller spirituel. Très vite cependant, il s'est e détaché du PPRD-Parti-Etat pour se consacrer à son Église et à son ONG, le Programme œcuménique de paix, transformation des conflits et réconciliation (Parec).

    Daniel Ngoy Mulunda lance l'opération "100 dollars contre arme" !

    Controversée, cette ONG a lancé en 2005 un premier programme de récupération des armes dans le Nord-­Katanga. Elle offrait alors des vélos et a reçu en échange environ 10 000 armes et matériels militaires divers.

    L'opération, baptisée "Triangle de la mort", de Daniel Ngoy Mulunda devrait permettre de récupérer des armes à Manono, se poursuivre à Mitwaba, Pweto et Moba, des localités situées à entre 400 et 600 km au nord et nord-est de Lubumbashi, dans le katanga. Le pasteur Ngoy Mulunda, président de l'ONG Parec, affirmait oeuvrer "pour la paix, la transformation de conflits et la réconciliation nationale". Parec prévoyait la distribution en un mois d'environ 4.000 vélos, acheminés par avion de Lubumbashi.

    Cette opération, d'un coût estimé à 70.000 dollars, était "financée à 100% par Joseph Kabila", affirmait le pasteur Daniel Ngoy Mulunda. Fin avril 2005, cinq journalistes congolais, qui accompagnaient le pasteur Mulunda, avaient été pris en otage pendant plusieurs jours dans le Haut Lomami (Nord-Katanga) par des miliciens locaux Maï Maï qui réclamaient plus de vélos contre leurs armes. Alors que nous étions présents à Lubumbashi pour une réunion du Pool sud-Est des radios communautaires, notre déclaration contre cette prise d'otage a été largement diffusée sur RFI.

    Quant au pasteur Daniel Mulunda, interrogé après sa libération, sur les risques de cette opération qui court-circuitait le programme national de désarmement, le pasteur avait estimé que la Monuc et la Conader avaient "échoué" et affirmait que sa "seule préoccupation" était de contribuer "à la paix".

    "Ce sont les Maï Maï eux-mêmes qui ont fait appel à moi, avait-t-il affirmé. Le problème de la démobilisation n'est pas mon affaire. Ce qui me préoccupe, c'est la récupération des armes distribuées pendant la guerre" de 1996-97, au cours de laquelle des milices locales Maï Maï avaient été armées par le gouvernement. Qu'est-ce que Daniel Ngoy Mulunda avait promis à Gédéon Kyungu Mutanga ? L'opinion a droit de savoir.

    On se souvient encore en mai 2006, Daniel Ngoy Mulunda, accordait 4 jours à la responsable de la Monuc au Katanga, Mme Magda Gonzales, pour quitter la province. Il l’avait fait savoir au cours d’une conférence de presse qu’il avait animée à son domicile de Lubumbashi.

    Au cas où l’intéressée ne quittait pas la province, le pasteur aurait pris des dispositions pour se charger d’elle. Parlant du dispositif de sécurité qui avait été renforcé autour de Mme Gonzales, le président de l’Ong Programme oecuménique de paix, Transformation des Conflits et réconciliation (Parec), indiquait que tant qu’elle était au Katanga, elle n’était pas en sécurité. « La véritable sécurité pour elle est de la faire partir du Katanga ». Personne ne s'était offusquée contre les menaces sur Mme Gonzales. C’était la troisième fois que le pasteur Mulunda réclamait le départ de Mme Gonzales du Katanga. Daniel Ngoy Mulunda récidive en 2009 à Kinshasa et, cette fois, c’est 100 dollars pour un fusil. Il revendique la récupération de 12 000 armes. L’opération suivante est lancée dans l’Est de la RDC en 2010, avec une récompense de 50 dollars. Où le pasteur trouve-t-il cet argent ? D’abord dans la poche du ­président Kabila, qui lui a octroyé un don de 100 000 dollars.

    Soupçons de trafic: Les opérations du Parec, qui se déroulent en marge du programme national de désarmement, sont très médiatisées et suscitent de nombreuses critiques. Des soupçons pèsent sur les trafics qui permettraient à des militaires de vendre leurs armes contre 100 dollars puis de les récupérer ensuite.

    Plus polémique encore, le sort de quelques centaines de soldats des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Selon l’ONU, une partie des hommes rapatriés par le Parec au Rwanda se sont révélés être des Congolais. Quant aux quelque 300 Congolais regroupés dans un camp du Katanga, ils n’ont reçu aucun soutien et auraient fini par retourner dans le Nord-Kivu. L’ONG n’en continue pas moins ses opérations dans l’Est, avec la protection de la garde républicaine.

    3. Corneille Naanga, l'homme de Marini Bodho

    André Mpungwe, l’ancien Président intérimaire de la CENI, a été contraint de démissionner, parce que l'ancien Premier ministre Matata Ponyo et l'ex- Secrétaire général du PPRD Henri Mova Sakanyi n’arrivaient pas à le contrôler au motif que c’était l’homme d’Aubin Minaku, le Président de l’Assemblée nationale. Pour bien jouer leur jeu, Marini Bodo va entrer en jeu pour proposer Corneille Naanga comme le remplaçant de l’Abbé Malu Malu qui était malade et mourant aux Etats-Unis. Avec Joseph Kabila, la messe était déjà dite, il ne manquait seulement que de la célébrer. Le fameux ex-Évêque et président de l'ECC à la retraite est bras séculier d'Alias Joseph Kabila. Corneille Nangaa est un Marini Boy, soutien d'Alias Joseph Kabila. La sœur de Mgr. Milenge Mwenelwata, 2è Vice-président de l'Eglise du Christ au Congo (ECC) est l'épouse légitime de Corneille Naanga, Président de la CENI. Son Vice-président Norbert Basengezi est un apparatchik Joséphiste de la première heure.

    Et portant, on peut lire sur le site de la radio Okapi du 21 octobre 2015: "Les confessions religieuses ont désigné Corneille Nangaa mercredi 21 octobre pour succéder à l’abbé Apollinaire Malu Malu à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Corneille Nangaa occupait jusque-là les fonctions de secrétaire exécutif adjoint de la commission électorale. Mgr Milenge Mwenelwata, évêque de l’Eglise du Christ au Congo, a déclaré à Radio Okapi que les tractations s’étaient déroulées dans la convivialité. Parmi les critères pris en compte pour désigner le successeur de Malu Malu, il a notamment cité la loi, « la technicité » et « la probité morale ». Nulle part Milenge Mwenelwata, le sicaire de Marini Bodho, ne dit qu'il est le beau-frère de Corneille Nangaa. Le cynisme et la volonté d'abrutir notre peuple sont omniprésentes. Quel rôle l'ECC aile Marini a donné à Corneille Nangaa ? Les Congolais ont-il tort de dénoncer l'arrogance et la suffisance, de celui que l'on qualifie d'"Agent tricheur" d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere ? Corneille Nangaa est un protestant-collabo et traître à la Nation congolaise. Les élections dans un pays contribuent à la démocratie. Les hold-up électoraux sont une source de chaos dans un pays.

    Corneille Nangaa enfarine les électeurs congolais. Sans appel d'offres. L’achat auprès de l’entreprise sud-coréenne Miru Systems de machines à voter aura coûté une somme avoisinant 150 millions de dollars. Cela pose problème! Est-ce que ces machines sont-elles fiables ? Quels sont pays qui ont déjà utilisé des machines à voter dans un pays sans infrastructures et les élections se sont bien déroulées ?

    Avec 105 000 machines pour 90000 bureaux et 46 millions de votants dont 10 millions sont fictifs, pays sans électricité, certains compatriotes n’ont jamais vu un ordinateur, chaque électeur disposera 1 minute pour choisir parmi une multitude de candidats son président, son député national et député provincial ?

    MLC-France coquille vide ! Mama Koko Anastasie Mutoka incapacitaire, sournoise et intrigante !

    Plusieurs dizaines de militants du MLC ont accompagné ce Lundi 27/08 les avocats de Jean-Pierre Bemba qui ont été déposer un recours à la cour constitutionnelle contre la décision de la CENI, cette dernière ayant jugé sa candidature à la présidence irrecevable.

    L’invalidation de la candidature de Jean-Pierre Bemba par la CENI a suscité de nombreuses réactions. Mais à Paris, le MLC-France est silencieux et affiche un silence assourdissant, l'ectoplasme est plat ! Mama Koko Anastasie Mutoka, autoproclamée "Refoulée du Katanga" et représentante du MLC-France est inactive. L'agent d'Accueil de Mairie de Paris est incapable de prendre des initiatives. L'incapacitaire est incapable d'écrire un communiqué de soutien à Jean-Pierre Bemba. Elle agit de la même manière que François Mwamba, Secrétaire Général du MLC lors de l'arrestation de Jean-Pierre Bemba à Bruxelles pour La Haye ! Le Traître et Collabo était déjà à la mangeoire d'Alias Joseph Kabila et était incapable d'organiser une seule manifestation de soutien pour Jean-Pierre Bemba. Mama Koko Anastasie Mutoka collabore avec le gouvernement de son frère Bruno Tshibala. L'ethno-tribaliste patentée n'hésite d'aller accueillir son frère Bruno Tshibala à l'aéroport à Paris, mais elle est incapable de soutenir Jean-Pierre Bemba.

    Notre compatriote Patrick Mwamba Musoka n'y va pas de main morte, il enfonce le clou: Anastasie Mutoka Koko est une tribaliste, membre du groupe des Talibans sorciers qui ont disqualifie l'UDPS. Et ce sont les mêmes qui se faufilent dans le MLC pour détruire les qualités fédératrices de Muana Mboka Jean-Pierre Bemba. Une chose est certaine, le future président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba n'est pas influençable. En ce moment, il est entrain de se ressourcer et de s'informer en profondeur sur tous et sur tout pour éviter toute erreur. Il va bientôt se mettre à la disposition de tous ses compatriotes Résistant(e)s avant de lancer le dernier assaut contre les bourreaux du peuple congolais. Nous devons tous être vigilants et aider ce nouveau et véritable président des Congolais de s'entourer de personnes dignes, patriotes convaincus, compétentes et fédératrices. Car l'union fait la force. Les traîtres et tribalistes endémiques doivent être écartés de toutes responsabilités publiques dans le Congo nouveau. Merci beaucoup Freddy Mulongo, rassure l'AJPBA que le président Jean-Pierre Bemba est avec eux. La plume d'or est à toi Freddy Mulongo et à Roger Bongos, combattants de la liberté et de la libération de notre cher pays, le Congo. Vous deux avez redoré l'image et la qualité de la Presse congolaise dans la lutte contre les anti-valeurs. Merci beaucoup. Soutenons le Président Jean-Pierre Bemba et aidons-le à avoir un très bon entourage pour sortir notre pays du bas fond. Chapeau! Que Vive le Congo! Que vive la Presse congolaise libératrice !

    L’invalidation de JP Bemba arrange bien de gens au sein de l’opposition congolaise. Même si son acquittement par la CPI et son retour au pays ont été unanimement salués par les leaders de l’opposition, il n’en demeure pas moins que ce retour a dérangé certains d’entre eux.

    En République démocratique du Congo, on invalide Jean-Pierre Bemba pour subornation mais on valide Emmanuel Ramazani Shadary qui est sanctionné par la communauté internationale pour tuerie de masse, fosses communes, assassinats, etc. La CENI a déjà rejeté 282 candidats à la succession d'Alias Joseph Kabila.
  • Démission de Nicolas Hulot, ministre d'Etat, des réactions !

    Démission de Nicolas Hulot, ministre d'Etat, des réactions !

    Nicolas Hulot, Ministre d'Etat a démissionné

    Le ministre de la Transition écologique a jeté l'éponge et pris tout le monde de court en annonçant sa décision à l'antenne de France Inter mardi matin. Faute d’obtenir des avancées suffisantes en matière d’environnement, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a annoncé mardi sur France Inter qu’il avait pris la décision de quitter le gouvernement, sans avoir prévenu au préalable ni l’Elysée ni Matignon.

    La démission de Nicolas Hulot révèle qu'à la tête de l'Etat le pouvoir de l'argent l'a emporté sur l'environnement.

    Génération.s prend acte de la décision courageuse de Nicolas Hulot de quitter le gouvernement après le constat glaçant de l’impuissance qui était la sienne pour engager les transformations écologiques nécessaires.

    Cette démission inédite sous la Vème République révèle l'ampleur du pouvoir de l'argent à la tête de l'Etat. Elle constitue une affaire sans précédent impliquant un lobby. Cela montre leur omniprésence au coeur du pouvoir. La démission courageuse de Nicolas Hulot prouve qu'entre le pouvoir de l'argent et l'environnement, Emmanuel Macron a choisi dès le premier jour de son quinquennat. Cette décision montre la nécessité de constituer et de mettre en dynamique un vaste mouvement politique et citoyen pour hisser l’écologie politique à la hauteur des enjeux de l’avenir et des urgences du présent. Benoît Hamon, Génération.s

    Démission de Nicolas Hulot : "la transition écologique n'est pas soluble dans le libéralisme débridé" La décision lucide de Nicolas Hulot de quitter le gouvernement est la bienvenue : le pouvoir en place ne bénéficie plus de figure reconnue pour masquer la réalité d'une politique sacrifiant l'avenir de l'humanité au profit de quelques privilégiés. Il en tire enfin l'amer constat : la transition écologique n'est pas soluble dans le libéralisme débridé. Notre responsabilité est historique : l'urgence climatique appelle la mobilisation de tous pour réaliser la mutation indispensable du système économique. Guillaume Balas, député européen, Génération.s

     

    Nicolas Hulot a passé 15 mois au gouvernement, voici son bilan

    POLITIQUE - Lors de son entrée au gouvernement, Nicolas Hulot s'était donné un an pour savoir si son action était vraiment utile pour sauver la planète. Il devait se décider cet été. Le ministre de la Transition écologique et solidaire a finalement annoncé son départ du gouvernement ce mardi 28 août, en pleine rentrée politique.

    "Je ne veux pas donner l'illusion que ma présence au gouvernement signifie que l'on est à la hauteur des enjeux", a-t-il déclaré au micro de France Inter, citant le réchauffement climatique, la biodiversité, les pesticides ou encore l'artificialisation des sols.

    Pour autant, quand il a été interrogé sur son bilan, Nicolas Hulot n'a pas renié entièrement ses accomplissements en tant que ministre. "On a changé de tropisme sur les pesticides, on a programmé la sortie des hydrocarbures, on a voulu mettre le climat dans la constitution", a-t-il énoncé. Mais il a surtout regretté que "les grandes tendances demeurent". Sur le nucléaire, par contre, "cette folie inutile, économiquement, techniquement", l'ancien militant estime n'avoir "pas réussi à convaincre".

    De Notre-Dame-des-Landes au nucléaire, Nicolas Hulot, a effectivement connu des victoires mais aussi des déceptions et a été contraint de faire des compromis.

    Notre-Dame-des-Landes

    L'abandon en janvier 2018 par le gouvernement de la construction d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes a été une victoire politique importante pour Nicolas Hulot, opposant de longue date à ce projet qu'il jugeait "ruineux, inhumain et inutile".

    Beaucoup conditionnaient son maintien au gouvernement à l'issue de ce dossier, même si le ministre, depuis sa nomination, s'était mis en retrait de sa gestion.

    Glyphosate

    En novembre 2017, l'UE prolonge pour cinq ans la licence du glyphosate, herbicide controversé accusé par certains de provoquer des cancers.

    Immédiatement, Emmanuel Macron assure que la France reste déterminée à en sortir en trois ans, position défendue par Nicolas Hulot contre son collègue de l'Agriculture Stéphane Travert qui plaide pour cinq à sept ans.

    Mais depuis, la possibilité de dérogations a été annoncée, et les députés ont rejeté un amendement, publiquement soutenu par Nicolas Hulot, visant à inscrire dans la loi l'interdiction du pesticide.

    Nucléaire

    En novembre 2017, Nicolas Hulot annonce que la France ne pourra pas tenir l'objectif de ramener la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50% en 2025.

    Les ONG de défense de l'environnement dénoncent une victoire du lobby nucléaire et une "reculade" du ministre, certaines doutant de l'utilité de sa présence au gouvernement.

    Alors que Nicolas Hulot dénonce une "dérive" de la filière nucléaire, les modalités de réduction de la dépendance du pays à l'atome doivent être précisées dans les prochaines semaines dans la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE).

    En attendant, les mesures en faveur de l'énergie solaire ont laissé les acteurs du secteur sur leur faim, tout comme le plan de rénovation énergétique des bâtiments.

    Loi sur les hydrocarbures

    Le Parlement adopte en décembre 2017 la loi, portée par Nicolas Hulot, sur la fin de la recherche et de l'exploitation des hydrocarbures en France d'ici 2040.

    Pour le ministre, ce texte marque la première étape vers la fin des énergies fossiles. Mais certains écologistes lui reprochent l'octroi de dérogations.

    Loi Alimentation

    En décembre 2017, Nicolas Hulot boude la clôture des Etats généraux de l'Alimentation, pilotés par Stéphane Travert.

    Selon des déclarations rapportées par Le Monde, il estime que "le compte n'y est pas", avant de nuancer ses propos.

    En cours de discussions, le projet de loi Alimentation issu des Etats généraux est dénoncé comme une "coquille vide" par des ONG qui espéraient une transition vers une agriculture "saine et durable".

    Biodiversité

    De la gestion des plastiques à la réduction de l'artificialisation des sols, Nicolas Hulot et le Premier ministre Edouard Philippe présentent en juillet 90 mesures pour enrayer la disparition accélérée de la biodiversité.

    Les défenseurs de l'environnement regrettent le manque de moyens associés à un plan ambitieux, à l'esprit toutefois plus incitatif que contraignant.

    Qualité de l'air

    Les plans d'action présentés par Nicolas Hulot et plusieurs agglomérations ne sont pas suffisants pour empêcher en mai le renvoi de la France devant la Cour européenne de Justice pour non respect de ses obligations en matière de qualité de l'air.

    En attendant la future loi "mobilités", un plan visant à favoriser les alternatives à la voiture traditionnelle a été annoncé en juillet. Les ONG attendent aussi des mesures fortes en faveur du vélo.

    Environnement dans la Constitution

    Les députés ont donné en juillet leur feu vert à l'inscription de la "préservation de l'environnement" et de la lutte contre le changement climatique à l'article 1er de la Constitution, avant que l'examen de la révision constitutionnelle ne soit suspendu jusqu'à la rentrée. Accord UE-Canada

    L'accord de libre-échange UE-Canada (Ceta), auquel Nicolas Hulot s'oppose depuis longtemps, entre en vigueur de façon provisoire et dans sa quasi-totalité le 21 septembre 2017.

    En octobre, le gouvernement présente un plan d'action pour tenter de lever les inquiétudes environnementales et sanitaires. Trop limité, selon certaines ONG. Et tributaire de la volonté de la Commission européenne.

    Si les "effets néfastes" ne sont pas corrigés, les parlementaires devront "en tirer les conséquences" lors de la future ratification, déclare alors Nicolas Hulot.

  • Elysée: Discours d'Emmanuel Macron devant les Ambassadeurs !

    Elysée: Discours d'Emmanuel Macron devant les Ambassadeurs !

    Emmanuel Macron, Président de la République

    Syrie, Turquie, Europe, multilatéralisme, Donald Trump… Le président de la République a défendu devant le corps diplomatique ses orientations géostratégiques pour les prochains mois. Avec deux priorités : le multilatéralisme et la réforme de l’Europe.

    Chaque année depuis 1993, tous les chefs de missions diplomatiques français se retrouvent à Paris à la fin août. Ce rendez-vous offre l’occasion aux plus hautes autorités de l’État et au ministre des Affaires étrangères de donner les orientations annuelles qui guideront le travail des représentants de la France à l’étranger et auprès des organisations internationales. Occasion aussi donc pour le chef de l’État de donner ses grandes lignes géostratégiques. Le président de la République a annoncé qu’il y aura une réforme de l’enseignement du français à l’étranger proposée à l’automne par le gouvernement. Il demande également une mobilisation en faveur d’une diplomatie économique pour réduire le déficit commercial, ainsi qu’une diplomatie soit plus dans l’anticipation, prenant en exemple la grave crise politique et économique au Venezuela. « Les extrêmes ont progressé et les nationalismes se sont réveillés », reconnaît Emmanuel Macron. « Est-ce une raison pour abandonner ? Nous payons là une Europe qui s’est affadie. Il faut en réalité redoubler nos efforts », a-t-il déclaré dans un discours devant 250 ambassadeurs.

    DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE A LA CONFÉRENCE DES AMBASSADEURS

    Elysée – Lundi 27 août 2018

    Messieurs les Présidents,

    Monsieur le Premier ministre,

    Mesdames et Messieurs les ministres,

    Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

    Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,

    Mesdames, Messieurs,

    Je suis très heureux de vous retrouver aujourd'hui pour ouvrir cette conférence des Ambassadeurs et des Ambassadrices. Heureux parce que c’est toujours l’occasion unique de partager quelques convictions et une lecture du monde tel qu’il va, dans lequel chaque jour la France agit, est attendue, porte sa voix.

    Dans quelques jours, vous rejoindrez vos équipes sur le terrain et vous porterez avec exigence, détermination, une très grande responsabilité.

    Votre première responsabilité, ce sera de représenter notre pays, notre histoire, nos idéaux républicains, nos géographies de métropole et d’outre-mer, nos intérêts. Et en représentant la France vous représentez l’histoire, la force, le rôle de notre peuple dans le concert des nations et avez à y conduire une diplomatie que je veux fiable et innovante.

    Votre deuxième responsabilité, avec votre équipe, avec l'appui de tous les relais dont vous disposez sur place, sera de mettre en œuvre une politique ambitieuse pour notre pays. Cette ambition, soyez assurés qu'elle se traduira par un rythme de réformes en France qui ne changera pas d'allure, bien au contraire. Le Premier ministre vous en précisera les orientations. Plusieurs ministres auront aussi à s’exprimer sur ce point. Sous la conduite de votre Ministre Jean-Yves Le DRIAN, que je tiens à remercier pour son implication constante, vous nous aiderez à soutenir ces réformes à l'international.

    En effet, vous êtes à mes yeux parties prenantes de la stratégie que j’ai demandé au gouvernement de mettre en œuvre pour le pays. D’abord, en associant pleinement nos communautés françaises à l’étranger. Elles sont une richesse, une force. Nos réformes doivent leur être expliquées et elles doivent aussi être portées par elles. Les Françaises et les Français de l’étranger sont un atout pour notre pays. Ils doivent participer pleinement de ce nouveau rayonnement de la France.

    C’est pour cela que j’ai souhaité une réflexion en profondeur sur l’enseignement français à l’étranger qui, sur la base du rapport que j’ai demandé au gouvernement, donnera lieu à l’annonce d’une réforme cet automne. C’est aussi pour cela que je veux aller au bout des simplifications attendues par nos concitoyens, en termes de démarches administratives et de vote en ligne.

    Ensuite, vous contribuez à la compétitivité de la France. Vous devez expliquer aux gouvernements, aux acteurs économiques dans les pays où vous êtes en poste, la cohérence et l’ampleur de notre agenda de transformation. Notre attractivité s’améliore, mais il nous faut nous mobiliser bien davantage pour nos exportations. Votre mobilisation en faveur d’une diplomatie économique est un élément important de cette stratégie. Nous devons notamment axer notre action collective sur une stratégie export pour les entreprises de taille intermédiaire comme les petites et moyennes entreprises qui seule réduira notre déficit commercial.

    Mais j’attends de vous encore davantage. De Ouagadougou à Xi’an, de Sydney à New York ou la Sorbonne, j’ai durant l’année qui s’achève pu, à travers plusieurs discours, renouveler nos approches géographiques ou stratégiques. Il faut que celles-ci soient désormais déclinées avec précision. Cela suppose de choisir des objectifs clairs et donc limités, et de prendre de nouvelles mesures afin d’en assurer le suivi. Nous avons encore trop tendance à considérer que tout est prioritaire et ne pas suffisamment avoir une culture du résultat. Même en diplomatie, le succès se mesure – certes pas en un jour et même sans doute jamais en un jour – à la capacité néanmoins d’infléchir des attitudes, de construire des amitiés et des alliances, de remporter des marchés. En un mot, de faire avancer les intérêts de la France et des Français et de faire partager un peu de notre vision et conception du monde.

    C’est l’attente de nos concitoyens, qui veulent légitimement voir les retombées de la politique que nous conduisons. Cela suppose enfin une capacité d’anticipation renforcée. Nous suivons les situations de nombre de pays ou de régions, du Venezuela à la Birmanie en passant par l’Ukraine ou la République démocratique du Congo. Mais nous devons davantage les anticiper, faire parfois des paris, proposer des initiatives. J’en appelle à votre esprit de prospective, d’analyse, d’action. N’hésitez jamais à proposer librement, c’est le meilleur moyen de ne pas subir.

    Vous l’avez compris, j’attends beaucoup de vous. Nous avançons dans un contexte qu’il faut appréhender avec calme et lucidité. Calme, car il ne s’agit pas de changer de stratégie dès qu’un événement extérieur apparaît. Lucidité, car il ne s’agit pas pour autant de sous-estimer les crises du monde. Or, durant l’année qui vient de s’écouler, que s’est-il passé ?

    La France a réaffirmé sa volonté européenne, sa vision, son projet. La France a proposé une Europe qui protège, plus souveraine, unie et démocratique mais, dans le même temps, les extrêmes ont progressé et les nationalismes se sont réveillés. Est-ce une raison pour abandonner ? Certainement pas. Serait-ce une raison pour dire que nous avons tort ? Tout le contraire. Nous payons là plusieurs décennies d’une Europe qui, il faut le regarder en face, s’est parfois affadie, affaiblie, qui n’a peut-être pas toujours suffisamment proposé. Il faut en réalité redoubler nos efforts. J’y reviendrai.

    La France s’est aussi faite le chantre d’un multilatéralisme fort. Or, le système multilatéral hérité du siècle passé est remis en cause par des acteurs majeurs et des puissances autoritaires qui parfois fascinent de plus en plus. Devons-nous rendre les armes ? Est-ce la responsabilité de la France si tel ou tel pays choisit telle sensibilité, si une autre puissance souveraine décide différemment de ce que nous pensons ? La responsabilité de la France est de faire entendre sa voix, de la défendre. Pas de se substituer à la parole des autres. Il nous faudra donc prendre de nouvelles initiatives, construire de nouvelles alliances, porter les débats au bon niveau si nous souhaitons appréhender tous les défis contemporains et le bon niveau est bien celui d’un débat de civilisation pour nos valeurs et la défense de nos intérêts.

    L’année dernière, j’avais devant vous exposé les quatre objectifs de notre action diplomatique, au nom de la politique que je mène pour la nation : la sécurité de nos compatriotes, la promotion des biens communs, l'influence et l’attractivité de notre pays et, enfin, une nouvelle ambition européenne.

    Ces objectifs sont toujours valides mais les circonstances testent la robustesse de nos principes et la constance de notre action. Je veux aujourd’hui rappeler ce que nous avons fait dans ce cadre, et le Ministre y reviendra plus longuement devant vous, mais aussi vous dire comment j’envisage notre réponse à cette double crise du multilatéralisme et de l’Europe. Car oui, plus qu’il y a un an, nous sommes aujourd’hui à un moment de vérité.

    Sur la sécurité des Français tout d’abord.

    C'est bien évidemment notre priorité et, tout particulièrement, la lutte contre le terrorisme au premier chef. Pour lutter contre le terrorisme islamiste, nous nous sommes dotés d’une nouvelle loi pour la France. Nous avons réalisé l’initiative annoncée ici même il y a un an d’une conférence contre le financement du terrorisme qui s’est tenue à l’OCDE au printemps dernier et l’Australie a accepté de présider une deuxième conférence sur ce sujet, et je vous demande de contribuer à un suivi très attentif de la mise en œuvre de l’Agenda de Paris avec l’ensemble de nos partenaires. Nous avons d’ores et déjà obtenu des premiers résultats. Le suivi de transactions qui jusque-là était opaque et qui touchait directement notre pays. Il nous faut poursuivre inlassablement ce travail.

    Mais évoquer la lutte contre le terrorisme, c’est bien entendu revenir sur notre politique au Sahel et au Moyen-Orient où sévissent les groupements terroristes qui menacent la stabilité de ces régions mais qui nous ont aussi directement frappés d’où ont été organisées les attaques qui ont touché notre pays.

    Au Sahel, nous avons maintenu notre engagement militaire au travers de l’opération Barkhane. Je veux ici saluer tous nos soldats qui, depuis 2013, sont avec courage engagés sur ce difficile théâtre d’opérations. C’est cette présence et celle de la MINUSMA qui ont évité le pire dans la région et ont permis en particulier que les élections se tiennent ce mois-ci au Mali. Nous avons dans cette région obtenu des victoires importantes ces derniers mois contre la présence terroriste, mais cette action doit se poursuivre avec la même intensité mais en complétant la présence la force Barkhane de plusieurs axes commencés dès juillet 2017.

    Premièrement, nous avons appuyé et accéléré la création des forces conjointes du G5 Sahel. Je suis convaincu que notre action militaire sera, en effet, plus efficace encore si elle s’articule mieux avec l’implication des cinq pays du Sahel concernés. Nous avons levé des financements, encouragé les premières opérations des forces. A plusieurs reprises, je me suis déplacé pour constater les avancées et avec l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement impliqués nous avons amélioré notre organisation.

    Cette organisation est la seule qui, dans la durée, permettra la stabilité parce qu’elle implique pleinement les cinq pays du Sahel concernés à leur propre sécurité. Il nous faut veiller à sa mise en œuvre et dans les prochaines semaines et les prochains mois, nous aurons à conduire de nouvelles opérations conjointes avec ces forces du G5. Il nous faut aussi renforcer la coopération avec l’Algérie, exposée au même risque terroriste, ainsi qu’avec le Nigéria et le Cameroun, engagés contre Boko HARAM.

    Deuxièmement, nous avons encouragé la montée en puissance de l’Union Africaine. C’est ce que j’ai plaidé en juillet dernier au Sommet de Nouakchott devant l’Union Africaine et c’est ce que j’aurai l’occasion d’aborder prochainement avec le président TRUMP et le président KAGAME, actuel président en exercice de l’Union africaine. Nous devons travailler à la création d’opérations africaines de paix crédibles, leur assurer un financement stable et prévisible, en particulier entre les Nations Unies, l’Union Africaine et les organisations sous-régionales.

    Troisièmement, nous avons complété notre action militaire par le renforcement et la simplification de notre action en matière de développement, en créant avec l’Allemagne et plusieurs autres bailleurs internationaux l’Alliance pour le Sahel. Ce sont les complémentaires "3D" que j’évoquais l’année dernière : Diplomatie, Développement et Défense, et nous avons commencé à déployer les premières opérations en matière d’éducation, en matière agricole, plus largement économique, dans plusieurs pays de la région où à chaque fois le terrain repris à l’ennemi doit s’accompagner de nouveaux projets qui permettent de donner des perspectives économiques, éducatives, des perspectives de vie aux populations qui, à un moment donné, avaient pu être séduites.

    Je veux ici saluer l’action et les résultats obtenus en Mauritanie, au Niger, au Tchad. Il nous faut dans les prochains mois apporter toute notre aide à la stabilité et à la reconquête de certaines régions au Mali et au Burkina Faso.

    Quatrièmement, la question du Sahel ne se réglera pas véritablement tant que la stabilité de la Libye ne sera pas assurée. L’anomie qui règne en Libye depuis 2011 a conduit à structurer des routes organisées de trafic de drogue, d’êtres humains et d’armes. Toute la bande sahelo-saharienne a toujours été une région de commerce et de trafic mais ces routes sont aujourd'hui celles de la misère et du terrorisme. Tant que nous n’aurons pas stabilisé la Libye, il sera impossible de stabiliser durablement le Sahel. Ce sont ces routes qui font vivre aujourd'hui les terroristes et qui les financent.

    Nous avons pris plusieurs initiatives pour répondre à cette situation. D’abord en luttant contre ces trafics et réseaux de passeurs en lien avec l’Union Africaine et l’Organisation internationale pour les migrations.

    Ensuite, en réunissant en France Messieurs SARRAJ et HAFTAR en juillet 2017 puis, pour la première fois, les quatre principaux dirigeants libyens en mai dernier, entourés de la communauté internationale, pour s’engager dans un processus politique commun.

    Je crois très profondément à la restauration de la souveraineté libyenne et à l’unité du pays. C’est une composante essentielle de la stabilisation de la région et donc de la lutte contre les terroristes et les trafiquants. Les prochains mois seront à cet égard décisifs, ils nécessiteront notre mobilisation pour soutenir le remarquable travail du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, Ghassan SALAME, pour éviter toutes les tentations de divisions, puisque ce pays est devenu au fond le théâtre de toutes les influences, de tous les intérêts extérieurs. Notre rôle pour notre sécurité et celle de la région, est de réussir à faire cheminer l’accord de Paris des quatre parties prenantes, décidé en mai dernier.

    L’autre théâtre d’opération de notre lutte contre le terrorisme est bien entendu la Syrie. En Syrie, la situation reste extrêmement grave et préoccupante. La France a été très active sur le plan diplomatique, de New York à Genève, en passant par toutes les capitales concernées. Nous avons augmenté significativement notre aide humanitaire. Un cessez-le-feu est aujourd'hui indispensable, mais la solution durable à ce conflit sera politique, nous le savons est politique.

    La France a été la première à proposer le rapprochement des positions des Etats occidentaux et arabes d’un côté, et des trois pays dits garants d’Astana de l’autre. Nous avons intégré l’Allemagne et l’Egypte au « Small group » qui tiendra en septembre une nouvelle réunion ministérielle avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Arabie saoudite et la Jordanie. Nous avons renforcé notre dialogue avec la Turquie sur la Syrie à un niveau jamais atteint, malgré nos divergences de fond sur la région du Nord-est. Le mécanisme de coordination créé à Saint Petersburg avec la Russie a produit ses premiers effets, en particulier sur le plan humanitaire, en ne cédant rien à nos principes et en agissant par le truchement des organisations non gouvernementales présentes sur le terrain pour mener des opérations humanitaires à destination des populations civiles.

    Et je tiens à cet égard à saluer ici le travail remarquable et courageux de toutes les ONG sur le terrain.

    Beaucoup de choses ont donc évolué, nous avons, je crois, réussi à reconstruire une voie européenne essentielle dans la crise syrienne, mais ne nous trompons pas, nous sommes sur ce sujet aussi à l’heure de vérité. Nous abordons sans doute les derniers mois du conflit avec un défit humanitaire essentiel dans la région d’Idleb. Et nous sommes à la croisée des chemins pour réussir à mener justement cette solution politique inclusive à laquelle nous croyons, qui seule permettra aux églises d’Orient, mais aussi aux kurdes, aux Yésidis, à l’ensemble des minorités ethniques et religieuses d’avoir une place dans la Syrie de demain.

    Nos lignes sur le conflit syrien sont claires : la lutte contre Daesh et les groupes terroristes qui menacent la sécurité de l’Europe, le soutien aux populations civiles et la promotion d’une feuille de route diplomatique inclusive, en lien avec les Nations Unies.

    J’ai confié à mon Envoyé personnel sur la Syrie, l’Ambassadeur François SENEMAUD, la mission de faire avancer ces objectifs en lien avec l’ensemble des ministères concernés. Mais la situation est aujourd'hui alarmante, car le régime menace de créer une nouvelle tragédie humanitaire dans la région d’Idleb et ne montre jusqu’à présent aucune volonté pour négocier la moindre transition politique. Cela implique de renforcer encore la pression sur le régime et ses alliés et j’attends à cet égard beaucoup de la Russie et de la Turquie, compte tenu de leur rôle et des engagements pris.

    Nous voyons bien ceux qui voudraient, une fois la guerre contre Daesh achevée, faciliter ce que d’aucun appelle un retour à la normale. Bachar El-ASSAD resterait au pouvoir, les réfugiés de Jordanie, du Liban, de Turquie, retourneraient chez eux, et l’Europe et quelques autres reconstruiraient.

    Si je considère depuis le premier jour que notre premier ennemi est Daesh et que je n’ai jamais fait de la destitution de Bachar El-ASSAD une condition préalable à notre action diplomatique ou humanitaire, je pense qu’un tel scénario serait néanmoins une erreur funeste. Qui a provoqué ces millions de réfugiés ? Qui a massacré son propre peuple ? Il n’appartient pas à la France de désigner les futurs dirigeants de la Syrie, pas plus qu’à un autre pays. Mais c’est notre devoir et notre intérêt que de nous assurer que le peuple syrien sera bien en situation de le faire.

    C’est pourquoi la condition de l’unité, de la stabilité de la Syrie et donc de l’éradication durable du terrorisme islamiste, est bien la construction de cette solution politique inclusive qui passe par une réforme constitutionnelle et la mise en place d’un processus électoral, qui permettra à tous les Syriens, y compris ceux et surtout ceux qui ont fui le régime de Bassar El-ASSAD, de choisir leur propre dirigeant. Cette action et ces principes sont à mes yeux déterminants pour notre sécurité, même aujourd'hui et demain, car qu’est-ce qui a permis depuis plus de 15 ans de faire prospérer les groupements terroristes, qu’il s’agisse d’Al Qaida, de Daesh ou d’Al-Nosra ?

    La misère économique, les régimes autoritaires ne protégeant plus les peuples, la corruption généralisée, mais aussi le non-respect de la souveraineté de ces pays par les puissances étrangères, c'est ce qui a nourri le discours même des islamistes, qui a nourri l’exploitation de toutes les frustrations et du discours antioccidental. Ne reproduisons donc pas ces erreurs. Respectons la souveraineté de la Syrie, mais respectons-la vraiment, en permettant au peuple de s’exprimer et de l’incarner. C’est le sens du combat diplomatique et politique que nous devons mener avec le représentant du secrétaire général des Nations Unies Staffan de MISTURA, pour faire converger les Syriens, le Small Group, Astana, les Etats de la région autour d’une même feuille de route inclusive, dont seule la mise en œuvre permettra une paix durable.

    Bien entendu, la stabilité de la région dépendra aussi de notre capacité à traiter des sujets iraniens, je viens à l’instant d’échanger à nouveau avec le président ROHANI de la crise dans le Golfe, du conflit au Yémen et de la question israélo-palestinienne, qui reste absolument centrale et préoccupante.

    Sur ces points essentiels, je ne veux pas ici être trop long et j’aurai à m’exprimer dans les prochaines semaines en prenant avec vous des initiatives concrètes.

    Avec toujours le même fil rouge : notre sécurité comme notre vision du monde imposent la stabilité du Proche et du Moyen-Orient ; cette stabilité ne peut se construire que dans le pluralisme ethnique, religieux, politique et le travail avec toutes les parties prenantes. Elle impose donc tout à la fois notre implication et notre exigence quant au respect de la dignité de chacun et des droits humains, mais aussi notre humilité car à aucun moment nous ne saurions nous substituer à la souveraineté des Etats en question. C’est le sens de notre travail avec le Liban, la Jordanie ou l’Egypte ces derniers mois. C’est ce qui fait que nous serons écoutés et que nous pourrons continuer à être efficaces.

    Évoquer dans l’environnement contemporain notre action pour la sécurité des Français, c’est aussi poursuivre notre engagement à lutter contre les armes chimiques et la prolifération nucléaire.

    Nous avons créé un partenariat international contre l’impunité en matière d’armes chimiques, nous avons entraîné la solidarité de l’Union européenne avec le Royaume-Uni après l’attaque de Salisbury. Nous avons en juin permis la création d’un nouveau mécanisme d’attribution de telles attaques au sein de l’organisation pour l’interdiction des armes chimiques, au siège de laquelle je m’étais rendu quelques mois plus tôt. Ces actions étaient nécessaires car nous savons combien le rôle, la surveillance de cette organisation est contestée par certains et avait pu être fragilisé par des réformes récentes.

    La parole de la France a aussi été tenue et nos lignes ont été respectées. Quand le régime syrien a bombardé sa population avec des armes chimiques, nous avons frappé plusieurs de ses installations dans la nuit du 13 au 14 avril dernier avec nos alliés britanniques et américains, et nous continuerons à agir ainsi en cas d’utilisation avérée de ces armes.

    Nous avons lutté contre la prolifération nucléaire, en accompagnant par une politique de vigilance l’ouverture entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, et en nous engageant, contre la décision américaine, pour le maintien de l’accord nucléaire avec l’Iran.

    C’est la France, lors de notre rencontre ici-même il y a un an, qui proposait le chemin d’une négociation élargie avec l’Iran portant sur les quatre piliers que vous connaissez et que je vous avais alors exposé.

    Cette approche progresse aujourd’hui, c’est une boussole que de nouveaux partenaires suivent, et nous ferons tout pour qu’elle contribue à éviter une grave crise dans les mois qui viennent. Un important effort diplomatique sera le moment venu nécessaire pour établir un nouveau cadre de stabilité. Notre action étroitement coordonnée, en particulier avec le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Union européenne consiste aujourd'hui à préserver ce que l’accord nucléaire de 2015 avait permis et à le consolider par l’ouverture de nouvelles négociations, plus exigeantes encore.

    La France saura prendre ses responsabilités sur le sujet iranien, sans complaisance ou naïveté, en maintenant un dialogue étroit avec nos partenaires, parmi lesquels les Etats du Golfe.

    Parler de notre sécurité, c’est aussi parler de la sécurité de l’Europe au regard des risques extérieurs. A cet égard, durant l’année qui vient de s’écouler, nous avons progressé à un rythme inégalé durant les soixante dernières années. Le renforcement de notre politique commune de défense depuis l’été 2017, la création d’un fonds de défense afin de financer des initiatives concrètes, la conclusion de deux accords stratégiques pour les chars et les avions de combat entre l’Allemagne et la France, la conclusion avec huit autres Etats membres de l’initiative européenne d’intervention que j’avais proposée en septembre 2017 pour favoriser un esprit de défense entre Européens, sont des avancées aujourd'hui actées et inédites. Jamais l’Europe n’avait avancé aussi vite en matière de défense.

    L’Europe a pris conscience qu’elle devait se protéger et la France a dans ce cadre pris toutes ses responsabilités, à travers la loi de programmation militaire promulguée le 14 juillet dernier qui redonne une vision stratégique actualisée face à ces nouvelles menaces à notre pays et des moyens cohérents pour répondre à celles-ci.

    La France et l’Europe ont en quelque sorte pris acte des nouvelles menaces contemporaines et du fait que nous avions besoin d’une autonomie stratégique et de défense pour répondre à ces dernières.

    Je porterai dans les prochains mois un projet de renforcement de la solidarité européenne en matière de sécurité. Nous devons en effet donner plus de substance à l’article 42-7 du Traité sur l’Union européenne, invoqué pour la première fois par la France en 2015, après les attentats. La France est prête à entrer dans une discussion concrète entre Etats européens sur la nature des liens réciproques de solidarité et de défense mutuelle qu’impliquent nos engagements aux termes du traité. L’Europe ne peut plus remettre sa sécurité aux seuls Etats-Unis. C’est à nous aujourd’hui de prendre nos responsabilités et de garantir la sécurité et donc la souveraineté européenne.

    Nous devons tirer toutes les conséquences de la fin de la guerre froide. Des alliances ont aujourd’hui encore toute leur pertinence, mais les équilibres, parfois, les automatismes sur lesquels elles s’étaient bâties sont à revisiter. Et cela suppose aussi pour l’Europe d’en tirer toutes les conséquences. Cette solidarité renforcée impliquera de revisiter l’architecture européenne de défense et de sécurité. D’une part, en initiant un dialogue rénové sur la cyber-sécurité, les armes chimiques, les armements classiques, les conflits territoriaux, la sécurité spatiale ou la protection des zones polaires tout particulièrement avec la Russie.

    Je souhaite que nous lancions une réflexion exhaustive sur ces sujets avec l’ensemble de nos partenaires européens au sens large, et donc avec la Russie. Des progrès substantiels vers la résolution de la crise ukrainienne, tout comme le respect du cadre de l’OSCE – je pense en particulier à la situation des observateurs dans le Donbass – seront bien entendu des conditions préalables à des avancées réelles avec Moscou. Mais cela ne doit pas nous empêcher de travailler dès maintenant entre Européens. Je compte sur vous pour cela.

    D’autre part, nous revisiterons cette architecture européenne en réaffirmant la pertinence du Conseil de l’Europe, dont la France présidera en 2019 le comité des ministres, et de nos valeurs démocratiques. Nous n’avons pas, sur ce sujet, à céder à quelque fascination que ce soit, et que nous voyons poindre un peu partout à travers l’Union européenne ; ces fascinations pour les démocraties libérales ou pour une forme d’efficacité qui passeraient par la renonciation à tous nos principes. Non. Notre sécurité passe par la réaffirmation de nos valeurs, des Droits de L’Homme qui sont au fondement même, non seulement du Conseil de l’Europe, mais de l’Union européenne, et la défense de toutes celles et ceux qui les portent chaque jour, je pense aux organisations non gouvernementales, aux intellectuels, aux artistes, aux militants, aux journalistes. Et sur ce sujet aussi, nous aurons à prendre, en particulier, en marge de l’assemblée générale des Nations Unies plusieurs initiatives.

    Le deuxième objectif que j’avais assigné, il y a un an, à notre diplomatie, c’est la promotion des biens communs, la protection de la planète, la culture, l’éducation de nos enfants, la santé des populations, les échanges commerciaux ou encore l’espace numérique sont les éléments du patrimoine mondial que nous devons défendre. Mais pour cela, il faut d’abord des règles collectives, acceptées par tous, indispensables pour permettre la bonne coopération, et donc les progrès en matière de défense de ces biens communs. Or, la première menace qui pèse sur nos biens communs, c’est bien la crise du multilatéralisme lui-même.

    Le multilatéralisme traverse en effet une crise majeure qui vient percuter toutes nos actions diplomatiques, avant tout, en raison de la politique américaine. Le doute sur l’OTAN, la politique commerciale unilatérale et agressive conduisant à une quasi-guerre commerciale avec la Chine, l’Europe et quelques autres, le retrait de l’accord de Paris, la sortie de l’accord nucléaire iranien en sont autant de marques. Le partenaire avec lequel l’Europe avait bâti l’ordre multilatéral d’après-guerre semble tourner le dos à cette histoire commune. La France, chaque fois, a été la première et la plus claire dans son opposition à ces décisions, mais tout en cherchant, chaque fois, à convaincre avant que ces décisions ne soient prises, et à maintenir l’indispensable dialogue de qualité entre nos deux pays. Et je revendique pleinement cela.

    La Chine, tout en participant activement au jeu multilatéral classique, promeut de son côté sa propre vision du monde, sa propre vision d’un multilatéralisme réinventé, plus hégémonique. D’autres puissances ne jouent pas véritablement le jeu de la coopération multilatérale, et l’effondrement de cet ordre supposé occidental ne leur poserait pas tant de difficultés.

    Dans ce contexte, on reproche parfois à la France de poursuivre le dialogue, les efforts avec les Etats-Unis, alors qu’il est évident, même dans les circonstances actuelles, que le dialogue avec Washington reste essentiel. Et je dois vous dire que la situation est à mes yeux très différente de ce qu’on décrit la plupart du temps. D’abord parce que le mouvement d’isolationnisme ou d’unilatéralisme, devrais-je dire, que les Etats-Unis vivent n’est pas totalement nouveau, il a déjà existé par le passé lointain, si on se réfère à JACKSON, mais il avait déjà commencé avec l’administration précédente sur certains théâtres d’opérations et dans certaines régions.

    Cette position américaine, bien entendu, affaiblit le multilatéralisme contemporain, parce qu’elle entrave l’efficacité et peut conduire à faire émerger des modèles alternatifs plus hégémoniques et irrespectueux de nos valeurs. Mais à mes yeux, elle doit être plutôt vue comme un symptôme davantage qu’une cause, le symptôme de la crise de la mondialisation capitaliste contemporaine et du modèle libéral westphalien multilatéral qui l’accompagne.

    Cette mondialisation et ce multilatéralisme ont eu des effets positifs qu’il ne faut pas sous-estimer : ils ont sorti de la pauvreté des centaines de millions d’habitants de la planète, ils ont mis fin à une conflictualité idéologique qui divisait le monde, ils ont permis une phase de prospérité et de liberté inédites, d’expansion pacifique du commerce international, qui est une réalité des dernières décennies. Cependant, cet ordre économique, social et politique est en crise. D’abord, parce qu’il n’a pas su réguler les dérives qui lui sont propres : déséquilibres commerciaux qui ont profondément touché certaines régions, perdantes de la mondialisation, catastrophes environnementales longtemps oubliées, inégalités considérables au sein de nos sociétés et entre nos sociétés.

    Et du Brexit à la position contemporaine américaine, c’est bien ce malaise avec la mondialisation contemporaine qui s’exprime. Simplement, la réponse à mes yeux ne passe pas par l’unilatéralisme, mais par une réinvention, une nouvelle conception de la mondialisation contemporaine. Ensuite, cette mondialisation capitaliste a généré une accélération des flux financiers, une hyper-concentration des techniques, des talents, mais aussi des profits qui ont fait émerger des acteurs qui bousculent et affaiblissent nos règles collectives, et des grands gagnants comme des grands perdants.

    Enfin, parce que, partout dans le monde, les identités profondes des peuples ont resurgi, avec leurs imaginaires historiques. C’est un fait. Ceux qui croyaient à l’avènement d’un peuple mondialisé, protégé des morsures de l’histoire, se sont profondément trompés. Partout dans le monde, la psyché profonde est revenue à chacun de nos peuples, et c’est vrai, de l’Inde à la Hongrie, en passant par la Grèce, jusqu’aux Etats-Unis. Regardez-y de plus près, elle est parfois détournée, parfois exacerbée, mais c’est un fait qui dit quelque chose du retour des peuples. C’est une bonne chose sans doute, en tout cas, je le crois.

    C’est le signe que cette mondialisation indifférenciée ne permettait pas de répondre à tout, qu’elle a même échoué de répondre à quelques points, et qu’il nous faut donc en repenser les règles et les usages compte tenu justement de ces échecs, de ces transformations. Ainsi, la véritable question n’est pas tant de savoir si je vais prendre Donald TRUMP par le bras au prochain sommet, mais bien comment nous allons collectivement appréhender ce moment de grandes transformations que nous vivons, et auxquelles nos sociétés sont toutes confrontées.

    La grande transformation démographique, qui bouscule aujourd’hui l’Afrique comme l’Europe, et tous les continents, il faut bien le dire. La grande transformation écologique et environnementale, plus criante que jamais. La grande transformation des inégalités et la grande transformation technologique. Le rôle de la France est de proposer une voie humaniste pour relever ces défis, et avec l’Europe précisément, de proposer une nouvelle organisation collective.

    Cela suppose avant tout, et c’est le préalable, si je puis dire, de changer quelque peu notre approche diplomatique. On ne peut plus se contenter de suivre les évolutions politiques ou les déclarations des acteurs traditionnels sans essayer de mieux décrypter les identités profondes, les forces qui sont à l’œuvre et déterminent le cours des choses dans de nombreux pays. Nous avons trop constaté, en quelque sorte, ce que nous ne voulions pas voir, d’événements politiques, ces derniers semestres, sans nous interroger sur nous-mêmes, sans regarder assez les identités profondes, les imaginaires collectifs des peuples que j’évoquais à l’instant. Je pense qu’il faut davantage le faire et réinventer nos propres méthodes.

    Et parfois, ce que nous ne voulons pas voir advient, parce qu’il y a une logique profonde, propre aux peuples. Il faut sans doute en comprendre davantage l’intimité, pour mieux anticiper ce cours des choses. Mais il nous faut aussi saisir ce qu’il y a de progressiste et d’humaniste dans ces visions du monde, et partant, les voies et les moyens d’initiatives nouvelles, et chercher dans chacun de ces pays nos alliés, les voies de passage, les moyens pour construire de nouvelles coopérations et alliances.

    Nous devons accepter de le faire avec des alliances de circonstance, plutôt des alliances tactiques, concrètes selon les sujets, et sur le fondement de principes et d’objectifs clairs, avec toujours le respect de la souveraineté populaire nationale. Je l’ai déjà évoqué. Cela limite l’interventionnisme militaire ou, plus exactement, cela nécessite de toujours inscrire notre action dans une dynamique et un projet politique portés au plus près des peuples. Mais cela signifie aussi que nous devons, à chaque fois, œuvrer pour que tous les acteurs non étatiques contribuent à cette nouvelle régulation du monde, en respectent les règles, et ne puissent en être en quelque sorte les passagers clandestins ou les arbitres cachés.

    La réponse ne passe donc pas par l’unilatéralisme, mais bien par une réorganisation de notre action autour de quelques biens communs stratégiques, et par la construction de nouvelles alliances. En premier lieu, c’est en matière de lutte contre le changement climatique, d’abord, l’accord de Paris sur le climat doit continuer à être défendu. Nous voyons tous les jours, avec l’intensification des extrêmes climatiques et des catastrophes naturelles, la confirmation de l’urgence de ce combat. Et nous continuons à le mener, et nous continuerons avec des actions concrètes.

    Le Sommet One Planet, dont la France a pris l’initiative avec l’ONU et la Banque mondiale, le 12 décembre dernier à Paris, a permis d’adopter des engagements financiers nouveaux, substantiels. Un nouveau sommet international de suivi sera organisé le 26 septembre prochain à New York. Nous devons continuer à mobiliser tous les acteurs engagés dans cette lutte : entreprises, organisations non gouvernementales, collectivités locales, grandes fondations internationales.

    Ce combat pour la planète restera au cœur de notre politique étrangère, comme l’a montré la place prise par ce thème dans les visites que j’ai pu faire au Saint—Siège, en Chine ou en Inde, en particulier avec le premier sommet de l’Alliance solaire internationale que nous avons organisé avec l’Inde. Il doit se traduire aussi par la négociation et l’adoption d’un nouveau pacte mondial pour l’environnement qui est à mes yeux un objectif prioritaire, et qui impliquera la mobilisation de l’ensemble de notre diplomatie, mais également par la préparation active des grandes échéances de négociations sur la biodiversité en 2019 et 2020. Et une mobilisation sur le sujet des océans comme des pôles qui impliquera, là aussi, la mobilisation de nombreux postes.

    Cette diplomatie environnementale est majeure pour répondre à ce grand bouleversement du monde. Elle est majeure parce qu’elle caractérise l’engagement français et européen en la matière, parce qu’elle permet de nouer de nouvelles alliances, en particulier avec la Chine et plusieurs autres puissances, et donc construire, là aussi, nouvelle forme de coopération internationale, et parce qu’elle permet très profondément de répondre à nos intérêts, sur le court, moyen et long terme.

    Le deuxième bien universel que nous avons replacé au cœur de notre politique de coopération internationale, c’est l’éducation, la culture, le savoir. La France, en effet, a montré son engagement en organisant avec le Sénégal la conférence de reconstitution du Partenariat mondial pour l’éducation à Dakar, il y a quelques mois, qui a permis de lever plus de deux milliards d’euros pour l’éducation dans le monde, en particulier l’éducation des jeunes filles, et pour laquelle, La France a multiplié sa contribution par 10.

    C’est à mes yeux tout à la fois notre rôle universaliste et humaniste, mais aussi la contribution la plus essentielle que nous pouvons apporter à la crise démographique que j’évoquais tout à l’heure. Partout où la démographie flambe de manière inconsidérée, c’est parce que l’éducation a reculé, et en particulier, l’éducation des jeunes filles. Et c’est un discours que la France doit savoir porter. Combien ai-je été attaqué lorsqu’il y a un peu plus d’un an, j’ai porté ce discours à Hambourg, mais des dirigeants africains l’ont eux-mêmes repris, porté, et l’appliquent avec courage.

    Mais partout où la démographie s’est mise à flamber avec sept ou huit enfants par femme, c’est là où les mariages forcés ont repris, c’est là où l’éducation des jeunes filles a reculé. Et qu’on me présente les pays où toutes les jeunes femmes ont choisi d’avoir huit ou neuf enfants, qu’on me les présente, avant de dire que ce serait une forme de néo-impérialisme que de tenir ces discours à Paris, non, il faut surtout aider ceux qui les tiennent dans chacune de leur capitale.

    La lutte pour l’éducation est la meilleure réponse à tous les obscurantismes et les totalitarismes. L’éducation, la culture, l’intelligence sont au cœur de ce combat que nous devons mener partout. C’est la seule réponse durable au défi démographique mondial. Et c’est ainsi que nous lutterons en profondeur contre les inégalités, en particulier entre les femmes et les hommes. Et c’est pourquoi j’ai fait, dans notre pays comme à l’international, de l’éducation une priorité absolue.

    Et je crois profondément que sur ce sujet, la France a un rôle inédit à jouer, d’abord, parce que c’est son histoire, sa tradition, depuis un an, nous avons construit une stratégie éducation ambitieuse, de la maternelle à l’université, qui, je crois, donne une crédibilité toute particulière à notre pays en la matière. Mais considérons aussi de plus près ce que nous sommes, et les atouts que nous avons, nous avons à Paris le siège de trois organisations internationales essentielles dans ces domaines : l’UNESCO, dont la nouvelle directrice générale a commencé à mener une action résolue que nous appuyons avec force, l’OCDE, qui a acquis une crédibilité incontestée en matière d’évaluation des performances éducatives, l’Organisation internationale de la Francophonie, dont c’est aussi une ambition forte et une des priorités.

    Et nous avons lancé ces dernières années plusieurs projets, l’initiative ALIPH – pour protéger le patrimoine culturel menacé et plusieurs autres – qui accroît encore cette force. Ajouter à cela notre rôle accru au sein du Partenariat Mondial pour l’éducation que je souhaite encore plus actif et présent à Paris, nous avons tout pour faire de la France un écosystème mondial du savoir, de l’intelligence et de la culture, que vous devez faire rayonner à travers le monde, à travers la coopération universitaire, scientifique et de recherche.

    Je crois que c‘est à la fois un bien commun essentiel que nous devons défendre, mais je crois que c’est aussi un levier formidable d’influence pour notre pays.

    Troisième bien commun, c’est la santé. Sur ce sujet, la France reprendra le fil de ses engagements en réunissant le 10 octobre 2019, à Lyon, la conférence de reconstitution du Fonds mondial contre le SIDA, du paludisme et la tuberculose. Mais d’ici là, je souhaite que nous reprenions avec force l’important combat mené contre les faux médicaments, que la France avait initié, et que nous intensifions notre implication dans la lutte contre les grandes pandémies, je pense en particulier à la lutte contre Ebola en Afrique centrale.

    Le quatrième bien commun fondamental, c’est l’espace numérique. Nous devons à la fois accompagner son essor, investir pour la promotion de nos intérêts stratégiques et économiques et encadrer pour qu’il puisse être accessible à tous et protecteur de nos droits fondamentaux. Ce grand bouleversement, c’est exactement le sens du sommet Tech For Good, organisé à Paris au printemps dernier, et que nous renouvellerons chaque année, pour encourager la réflexion sur les régulations indispensables dans ces nouveaux secteurs, avec l’ensemble des acteurs internationaux, et pour prendre aussi des mesures et des engagements concrets. Qu’il s’agisse de fiscalité, de respect de la vie privée, de droits sociaux, d’éthique, nous devons forger des réponses respectueuses de la souveraineté des pays, en n’acceptant jamais que tel ou tel acteur économique, tel ou tel espace de l’activité humaine, puissent échapper à notre souveraineté et à notre vigilance.

    C’est le sens de l’engagement que nous avons pris, en particulier avec le Royaume-Uni, au niveau européen comme au niveau international, pour lutter contre la diffusion des messages terroristes, ou des contenus à caractère terroriste. C’est le travail de régulation que nous continuerons à mener au niveau européen et international, pour précisément accroître les bonnes pratiques dans le domaine. Le 12 novembre prochain, à Paris, se tiendront en même temps l’Internet Governance Forum et le CivicTech Forum, qui permettront des avancées sur ces sujets. Je veux faire de la France un centre majeur d’attractivité, mais aussi de réflexion et de construction de ces règles nouvelles, parler des biens communs et de cette nouvelle grammaire de la mondialisation.

    C’est également parler de notre organisation collective en matière de commerce. Le commerce international n’est définitivement pas équitable, l’organisation collective que nous avons aujourd’hui n’est pas des plus efficaces, mais y répondre par l’unilatéralisme absolu et la guerre commerciale est la moins bonne des réponses. La réponse doit passer par une refondation en profondeur de notre ordre mondial international. C’est pourquoi j’ai invité dès mai dernier à l’OCDE à lancer un groupe de travail conjoint entre les Etats-Unis, l’Union européenne, la Chine et le Japon.

    Nous devons clarifier les règles existantes, améliorer le règlement des différends, adopter une régulation plus efficace sur le plan international et intégrer dans notre politique commerciale nos propres exigences sociales et environnementales. On ne peut pas avoir une politique commerciale qui, en quelque sorte, serait pensée à part de tout.

    J’invite ainsi les représentants de ces puissances en marge du 11 novembre prochain à Paris à tenir une première conférence sur ce sujet. Je pense que nous pourrons en quelques mois bâtir un système plus efficace et plus équitable, et que nous pouvons ne pas céder en effet, là aussi, à l’hégémonie de l’un et à la division de tous.

    Je crois en effet également qu’en matière sociale, notre ordre mondial peut être bien mieux régulé. Et je pense que les 100 ans de l’OIT en 2019 doivent nous permettre d’aller plus loin et de marquer une nouvelle ambition. Partout où la mondialisation est critiquée, ce qu’on critique, ce sont ces aberrations sociales, ce que critiquent les classes populaires et moyennes, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, comme dans notre pays, c’est le fait qu’elles ne s’y retrouvent plus, que cet ordre a construit des inégalités que j’évoquais tout à l’heure, qui ne sont plus soutenables.

    Il nous faut donc les penser, non pas les uns contre les autres, mais construire, comme nous avons su le faire dans d’autres domaines, les voies et moyens d’une coopération internationale, qui puisse nous aider à définir des standards communs, et donc penser, là aussi, la convergence de ceux qui le veulent, la coopération de tous. C’est pourquoi je veux faire de la question des inégalités le sujet majeur de l’engagement français durant l’année qui s’ouvre, notamment au G7, que nous présiderons en 2019.

    C’est, au total, cette refondation de l’ordre mondial qui est notre cap. La France et l’Europe y ont un rôle historique à jouer. Je ne crois pas que l’avenir du monde se bâtira sur des hégémonies, ni sur des théocraties, ni sur de nouveaux totalitarismes. Mais cela suppose un sursaut immédiat de notre démocratie. Nous ne gagnerons pas cette bataille en disant simplement que les démocraties ont par définition raison, quand nous voyons partout les extrêmes monter, et cet ordre international se désagréger. Quand je parle d’un multilatéralisme fort, cela suppose de regarder ce qui, pour nos concitoyens, constitue des défis essentiels, et de savoir y apporter une réponse internationale.

    C’est bien sur les failles de la gouvernance mondiale et l’affaiblissement des démocraties que la paix chèrement acquise de 1918 s’est brisée au cours des années 30. C’est pourquoi j’ai pris l’initiative d’inviter à Paris, pour les cérémonies du 11 novembre, plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement qui inaugureront le premier Forum de Paris sur la Paix. Ce Forum vise à renforcer notre action collective en associant Etats et organisations internationales, au premier rang desquels l’ONU, avec la société civile : les ONG, les entreprises, les syndicats, les experts, les intellectuels, les groupes religieux. La gouvernance internationale doit se décliner concrètement, et chaque citoyen peut y prendre part.

    Cette refondation suppose précisément ce temps de réflexion, et ce sursaut commun, c’est celui, j’espère, que nous saurons faire vivre le 11 novembre prochain à Paris. Cette refondation suppose aussi que nous reconcevions nos organisations, nos instruments de concertation et nos coalitions.

    En 2019, la France présidera donc le G7. Je souhaite que nous puissions en renouveler les formats et les ambitions. Nous devons, en restant un groupe cohérent porté par des niveaux de développement et d’exigences démocratiques communs, nouer un dialogue constant plus fort, avec la Chine sur le climat et le commerce, avec l’Inde sur le numérique, avec l’Afrique sur la jeunesse. En tout cas, nous ne devons pas reproduire ce théâtre d’ombres et de divisions qui, je crois, nous a davantage affaibli qu’il ne nous a fait avancer. Je proposerai donc d’ici à la fin de l’année aux autres pays membres une réforme, en lien d’ailleurs avec les Etats-Unis, qui prendront après nous la présidence du G7 en 2020.

    Dans le monde entier, en Asie, en Amérique latine, en Afrique, ce sont ainsi de nouveaux équilibres, de nouvelles relations qu’il nous faut repenser sur la base du travail en profondeur que je vous ai demandé. Ainsi, en mars et en mai dernier, j’ai proposé à New-Delhi puis à Sydney de travailler à un nouvel axe indo-pacifique stratégique, qui ne doit pas être dirigé contre quiconque et peut être une contribution essentielle à la stabilité internationale. Nous sommes une puissance indo-pacifique avec plus de huit mille hommes dans la région et plus d’un million de nos concitoyens. Nous devons en tirer toutes les conséquences et je souhaite que vous puissiez décliner cet axe de l’océan indien à l’océan pacifique, en passant par l’Asie du Sud Est, de manière résolue, ambitieuse et précise.

    Nous devons en effet construire une nouvelle relation à l’Asie. Elle se bâtira notamment autour de notre dialogue essentiel et fructueux avec la Chine. J’ai dit que je m’y rendrai chaque année et j’ai jeté les bases de ce dialogue il y a quelques mois à X’ian. La Chine a posé l’un des concepts géopolitiques les plus importants des dernières décennies avec ses nouvelles routes de la soie. Nous ne pouvons pas faire comme si cela n’existait pas. Nous ne devons céder à aucune fascination coupable ou court-termiste : c’est une vision de la mondialisation qui a des vertus de stabilisation de certaines régions mais qui est hégémonique. Et je souhaite donc que la France puisse porter une voix d’équilibre et de préservation à la fois de nos intérêts et de notre vision du monde dans ce dialogue constructif, exigeant et confiant avec la Chine.

    Notre relation avec le Japon est aussi essentielle, qui présidera le G20 en même temps que nous le G7, et qui fut notre dernier invité du 14 juillet avec Singapour et dont l’actuelle saison culturelle en France montre la profondeur de nos liens. Les relations avec l’Inde, la plus grande démocratie du monde, et avec l’Australie, dans le cadre de la stratégie indo-pacifique sont essentielles. Mais c'est plus particulièrement avec l’Afrique que nous devons refonder ces coalitions contemporaines que j’évoquais à l’instant et notre capacité précisément à influer sur le cours du monde.

    La leçon que nous donnent l’Ethiopie, le Liberia ou la Sierra Leone est qu’il n’y a pas de fatalité dans l’instabilité africaine, qu’il s’agisse des conflits internes ou des conflits entre voisins. L’Afrique n’est pas seulement notre interlocuteur pour parler des crises qui l’affectent, elle est d’abord notre alliée pour inventer les grands équilibres du monde de demain. C’est pourquoi je vous demande à tous d’être les acteurs de ce dialogue : la relation avec l’Afrique, et c’est un message essentiel que je veux ici vous faire passer, n’est pas que l’affaire de nos Ambassadeurs en Afrique. Quand je parle de l’Afrique, je parle de l’ensemble du continent africain dans sa diversité et ses richesses, comme je l’ai expliqué dans mon discours à Ouagadougou, en invitant tous les talents de nos deux continents, et notamment les jeunes européens et africains, à dialoguer sur leur avenir commun.

    L’importance de l’Afrique pour la France, c’est non seulement celle du voisin le plus proche mais aussi une partie de notre identité, à travers notre histoire commune, à travers les diasporas que j’ai prévu de rencontrer cet automne et c’est pour nous la nécessité de mieux impliquer dans le renouveau de notre relation avec le continent ces dernières. Je compte également sur la contribution des membres du Conseil présidentiel pour l’Afrique, que je salue pour leur engagement à mes côtés.

    Jamais nous ne remporterons la bataille que j’évoquais sur les biens communs, jamais nous ne parviendrons à construire ces nouvelles coopérations et alliances pour l’ordre international qui est le nôtre sans l’Afrique. Jamais nous ne remporterons la bataille pour la biodiversité ou contre le dérèglement climatique sans une participation active des pays africains. Je me rendrai au printemps prochain à Nairobi, au siège du PNUE, pour poursuivre la dynamique du Sommet One Planet en Afrique, sur le terrain.

    L’Afrique est également le continent où se joue l’avenir de la Francophonie et, dans une large mesure, celui de notre langue, de notre influence culturelle. C’est la raison pour laquelle j’ai apporté le soutien de la France à la candidature endossée par l’Union africaine au poste de secrétaire générale de l’organisation internationale de la francophonie, dans la perspective du Sommet d’Erevan le 12 octobre prochain.

    Nous avons lancé, à Lagos en juillet dernier, la saison des cultures africaines, qui sera organisée en France en 2020 et qui permettra, pour la première fois, à l’Afrique de se raconter elle-même, en France, dans tous les lieux de culture. N’Goné FALL sera la commissaire générale de cette saison culturelle. Je recevrai également cet automne le rapport de Bénédicte SAVOY et de Felwine SARR sur la restitution temporaire ou définitive à l’Afrique de son patrimoine culturel. Ce que nous construisons ce faisant, touche par touche et je ne peux détailler tous les axes de cette politique, c’est en quelque sorte la conversion d’un regard réciproque. Celle qui va permettre à la France de regarder différemment l’Afrique mais à l’Afrique également de se dire différemment, de raconter son propre passé, son propre présent différemment à la face du monde et de construire un nouvel imaginaire entre la France et le continent africain.

    Je crois que c’est un élément essentiel de notre diplomatie car c’est l’une des clés des réponses à l’instabilité qui existe dans plusieurs régions de l’Afrique et c’est l’une des clés au rééquilibrage de notre relation sur tous les plans. L’Afrique est bien entendu aussi notre voisin méditerranéen. Nous sommes attentifs aux relations privilégiées que nous avons avec le Maroc, l’Algérie, la Tunisie où je me suis déjà rendu. J’aurai aussi l’occasion de faire une visite au Caire dans les prochains mois, au moment où l’Egypte prendra la Présidence de l’Union africaine. Et j’ai annoncé en début d’année à Tunis l’organisation d’un Sommet des deux rives, qui serait construit sur la base de l’actuel dialogue 5+5 mais de manière encore plus inclusive, avec une forte contribution des sociétés civiles. Dix ans après l’Union pour la Méditerranée, il nous faut retrouver le fil d’une politique méditerranéenne différente en tirant tous les enseignements de ce que nous avons réussi et de ce que parfois nous ne sommes pas parvenus à faire en impliquant toutes les sociétés civiles, mais en refondant une politique méditerranéenne plus inclusive qui est aussi sans doute l’une des conditions à la reconsolidation du Maghreb. Pour parler de la jeunesse, de la mobilité, de l’énergie, des échanges universitaires, cette politique est indispensable et nous allons, dans les prochains mois, préparer ce Sommet qui se tiendra à Marseille au début de l’été 2019.

    Notre troisième objectif, Mesdames et Messieurs, est de renforcer l’influence de la France dans ce contexte. Je l’évoquais au début de mon propos en parlant de l’importance de la diplomatie économique. Notre pays a certes attiré cette année davantage d’investissements, de tourisme, de talents mais nous avons encore de nombreux défis. La France gagne aussi dans le domaine sportif avec l’attribution des Jeux Olympiques de 2024 ou la victoire des Bleus qui ont fait vibrer tout le peuple français en rapportant la Coupe du monde. Et cette victoire, la manière dont nos joueurs et nos concitoyens l’ont célébrée, ne font qu’augmenter les attentes vis-à-vis de la France.

    Ce renforcement de l’attractivité dans tous les domaines, vos efforts y ont activement contribué. Ils ont été appuyés par les manifestations inédites que nous avons organisées depuis le début de l’année à Versailles, à Paris, ou ailleurs sur l’investissement avec le sommet Choose France, sur les nouvelles technologies avec Vivatech ou sur l’Intelligence Artificielle avec la présentation de la stratégie française devant de nombreux spécialistes internationaux à la fin de l’hiver. J’attends votre mobilisation quant au suivi de ces rencontres que nous répliquerons chaque année, et qui nécessitent nombre d’actions concrètes.

    Des annonces importantes ont d’ores et déjà été faites à ces occasions par plusieurs grands groupes étrangers, montrant qu’il est possible de les faire travailler chez nous, en approfondissant avec eux un dialogue exigeant sur les aspects les plus complexes : la sécurité, la fiscalité, l’économie numérique. Et c’est dans ce même esprit que j’ai souhaité que la France puisse accueillir en 2023 les Olympiades des métiers et je voudrais que toutes nos ambassades se mobilisent pour accompagner notre candidature, car cela contribue aussi de ce rayonnement économique indispensable.

    Dans le même temps, nous devons plus que jamais faire rayonner notre culture et notre langue. Je l’ai déjà évoqué à plusieurs reprises. Nous sommes sortis d’une vision défensive de la langue pour promouvoir enfin une politique offensive et décomplexée de la promotion du français et du plurilinguisme, qui accorde précisément toute leur importance aux langues régionales, qui reconnaît pleinement la place des auteurs africains et du monde entier dans la création littéraire francophone.

    Je remercie à ce titre ma représentante personnelle pour la Francophonie, Leïla SLIMANI, pour son action dans ce domaine. Nous savions depuis des années, grâce à nos actions de coopération sur le terrain, qu’un changement de paradigme était indispensable. C’est aussi pour cela que j’ai décidé de stabiliser, pour la deuxième année consécutive, le budget de notre coopération culturelle en 2019.

    D’ores et déjà, nous avons augmenté de 50 % le nombre d’heures de français proposées aux réfugiés, accru de 20 % le nombre d’écoles bilingues à l’étranger labellisés France Education, réuni tous les opérateurs concernés dans un consortium chargé de la formation des enseignements en Afrique francophone. Je salue également la création d’une Chaire francophone au Collège de France. Ces avancées sont considérables. Elles sont également favorisées par le dynamisme des journalistes de France Médias Monde et j’entends bien poursuivre avec vous et vous demander de redoubler d’efforts en ce sens, en lien avec l’Organisation internationale de la Francophonie comme en lien avec l’ensemble des opérateurs, dont TV5 Monde et l’Agence universitaire de la Francophonie.

    Toutes ces actions d’influence ne seront possibles et efficaces en complément de la diplomatie économique que j’évoquais, que si nous redonnons à notre politique d’aide au développement une ambition nouvelle et en faisant une véritable politique d’investissement solidaire. La France, en effet, inscrit sa politique de partenariat et de solidarité internationale dans la poursuite des Objectifs du développement durable des Nations unies. Pour être à la hauteur de ces objectifs, j’ai décidé que notre nouvelle politique bénéficierait de moyens accrus, après une longue période de baisse, pour atteindre 0,55 % du revenu national brut en 2022. D’ores et déjà, pour garantir cette montée en puissance, le budget 2019 comptera un milliard d’euros en autorisations d’engagement supplémentaires.

    Mais, je vous l’avais dit il y a un an, les moyens financiers à eux seuls ne sont pas suffisants. C’est une nouvelle méthode qui est nécessaire, à la fois en France et chez nos partenaires. D’ores et déjà, une nouvelle gouvernance a été mise en place avec la création d’un conseil national du développement. Le Premier ministre a reçu vendredi dernier le rapport qu’il avait demandé au Député Hervé BERVILLE et je remercie ce dernier pour le travail qu’il a mené et la large consultation ainsi conduite. Comme il le propose, une nouvelle dimension partenariale sera mise en place pour mieux associer la société civile, la jeunesse, les entreprises, les diasporas.

    Cela implique d’agir au plus près du terrain. Je soutiens à cet égard la proposition de rehausser les moyens mis à disposition directement de nos Ambassades pour encourager les initiatives locales. Sur l’égalité femmes/hommes, sur le soutien à l’innovation, vous devez être les premiers acteurs et les premiers relais de la volonté politique que j’ai exprimée. Je soutiens également l’idée d’une nouvelle loi d’orientation et de programmation pour entériner notre trajectoire d’aide et rénover le cadre de notre politique de coopération internationale.

    Une politique ambitieuse d’évaluation sera mise en œuvre pour suivre les résultats de cette aide en toute transparence et des réorganisations profondes seront conduites autour de l’AFD. Je vous demande également de bien veiller dans le monde entier à ce qu’une grande cohérence et une grande complémentarité soit respectée entre nos priorités nationales et les programmes européens de coopération et de développement. C’est, je crois, un gage de cohérence et d’efficacité pour nous tous.

    Je finirai mon propos par le quatrième axe développé l’année dernière, sans doute encore plus d’actualité aujourd'hui, qui est notre priorité européenne. J’ai, au fond, tout au long de mon discours rappelé l’importance de l’Europe, qu’il s’agisse de notre sécurité, de notre capacité à refonder l’ordre international ou de promouvoir notre propre intérêt. Le faire seul est la plupart du temps, si ce n’est voué à l’échec, beaucoup moins efficace. Le faire avec une voix européenne forte, cohérente est, je crois, le gage de notre réussite. Depuis un an et notre dernier échange, nous avons proposé, nous avons avancé, nous avons d’ores et déjà construit des alliances. Lors du discours de la Sorbonne en septembre dernier, j’ai proposé une vision complète, ambitieuse d’une Europe plus souveraine, plus unie, plus démocratique. Sur cette voie, nous avons déjà obtenu de premiers résultats en matière de défense – je les évoquais tout à l'heure -, en matière de travail détaché, en matière de convergence sociale et fiscale, de politique commerciale. Nous aurons dans les prochains mois à continuer le travail en matière de migration ou de numérique.

    Nous avons, sur cette base et compte tenu du contexte politique que notre premier partenaire allemand a eu à connaître, mené un travail durant plusieurs mois qui a permis à Meseberg en juin dernier de sceller une étape historique entre la France et l’Allemagne et de construire un document stratégique qui, sur tous ces points, y compris celui d’un budget de la zone euro, nous fixe un agenda commun d’ici à 2021 qui permettra, je crois, de développer de manière cohérente cette vision d’une Europe souveraine, unie et solidaire qui doit être la nôtre.

    Culture et éducation ; climat et énergie ; santé et alimentation ; numérique et innovation : dans chacun de ces domaines, nous avons avancé et proposé une initiative commune. Nous avons aussi adopté une méthode ambitieuse, celle de parler à tout le monde, là aussi en Europe. J’ai visité en un an plus de la moitié des pays de l’Union européenne. J’ai évidemment échangé avec l’intégralité, de manière bilatérale, des chefs d’Etat et de gouvernement. J’ai souhaité marquer le premier été par une tournée en Europe centrale et orientale et je serai demain au Danemark où aucune visite d’Etat n’a eu lieu depuis trente-six ans puis en Finlande.

    Nous avons parfois oublié certains pays de l’Europe sous prétexte que nous les voyons à chaque conseil européen. Mais il y a à convaincre, à comprendre aussi la dynamique profonde de nombre de peuples européens à construire une relation bilatérale forte qui serve notre politique européenne. L’Europe ne se fait ni à Bruxelles, ni à Paris, ni à Berlin : elle se construit dans la diffusion inlassable de nos idées, de nos projets, de manière non hégémonique.

    Je vous le dis aujourd'hui avec gravité et humilité : ce combat européen ne fait que commencer. Il sera long, il sera difficile. Il sera au centre de l’action de la France tout au long de mon mandat et en particulier dans l’année qui s’ouvre, car nous sommes au milieu d’une crise européenne.

    Partout en Europe, les doutes sont là. Le Brexit en est un symptôme. La montée des extrêmes est presqu’une règle générale et la France fait figure d’exception. Les divisions entre le nord et le sud sur le plan économique, entre l’est et l’ouest sur les sujets migratoires fracturent encore trop souvent notre Union européenne et nous vivons aujourd'hui une crise politique sur les migrations à laquelle nous devons faire face.

    Alors face à cela, quelle réponse apporter ? Ne rien renoncer de l’ambition exprimée il y a un an. Rien. Au contraire, apporter davantage de clarté et quelques angles que je veux ici, pour conclure mon propos, partager avec vous. D'abord, de quelle Europe parlons-nous ? Quand nous parlons à l’Afrique, quand nous parlons de nous-mêmes, quand nous parlons de tous ces grands défis, le périmètre, le contour de cette Europe ne doit pas non plus faire l’objet d’une forme de confort intellectuel. L’Union européenne n’est pas écrite de tout temps et les modifications de son périmètre ne sont ni un drame ni forcément un mouvement qu’on devrait subir. Il y a bien évidemment d’abord le Brexit mais j’attire l’attention collective : n’y a-t-il pas quelque chose d’absurde dans une Union européenne qui aujourd'hui va consacrer une énergie colossale à discuter du Brexit et, en même temps, voudrait discuter du début d’une négociation d’adhésion de l’Albanie ou de tel ou tel autre pays des Balkans occidentaux ? Tous ces pays ont quelque chose à voir avec notre histoire et notre stratégie mais est-ce que nous sommes là, dans ce cercle initié et lucide, est-ce que nous pouvons être satisfaits de ce cours des choses ? Est-ce que nous pensons que c’est la meilleure manière de répondre à nos défis ? Est-ce que nous pensons que les choses vont comme elles vont, quand il s’agit du périmètre de l’Europe, de quelle Europe nous voulons ? Résolument pas.

    Alors pour ce qui est du Brexit, je souhaite que l’accord se fasse d’ici à la fin de l’année en fixant le cadre de nos relations futures. Mais je le répète, le Brexit, c’est un choix souverain qu’il faut respecter, mais c’est un choix qui ne saurait se faire aux dépens de l’intégrité de l’Union européenne. C’est le choix du peuple britannique pour lui-même, mais pas pour les autres et la France souhaite maintenir une relation forte, privilégiée avec Londres, mais pas au prix de la dissolution de l’Union européenne. Et que l’intégrité soit défendue par la capitale dont c’est la cause, dans son propre pays, est une chose, mais nous avons à défendre l’intégrité de nos valeurs, de notre socle et de l’Union européenne. Et donc nous aurons sur ce point un dialogue exigeant, indispensable, mais il nous faudra, quoi qu’il en soit penser la relation de l’Union européenne après le Brexit avec Londres, c’est indispensable. Et le penser consistera justement à définir à tout le moins un partenariat stratégique à construire.

    C’est la même exigence que je veux à nos frontières, j’ai déjà évoqué le cas de la Russie tout à l’heure, le cadre d’une architecture européenne de sécurité et de défense, mais nous ne pouvons durablement construire l’Europe sans penser notre relation à la Russie et la Turquie. La penser sans complaisance et sans naïveté. Est-ce que nous pensons aujourd'hui là aussi de manière lucide et sincère que nous pouvons continuer une négociation d’adhésion à l’Union européenne de la Turquie, quand le projet chaque jour réaffirmé du président turc avec lequel j’ai eu une intensité de contacts inédite depuis un peu plus d’un an, est un projet panislamique régulièrement présenté comme antieuropéen, dont les mesures régulières vont plutôt à l’encontre de nos principes ? Résolument pas. Et là aussi nous devons sortir de l’hypocrisie pour construire une solution me semble-t-il plus efficace, plus cohérente pour nous. Il nous faut donc construire un partenariat stratégique qui n’est pas l’adhésion à l’Union européenne, mais un partenariat stratégique avec la Russie et avec la Turquie, parce que ce sont deux puissances importantes pour notre sécurité collective, parce qu’il faut les arrimer à l’Europe, parce que l’histoire de ces peuples s’est fait avec l’Europe et que nous devons ensemble construire notre avenir. Et donc sur tous ces plans il faut une relation que nous avons à réinventer, sur un plan exigeant, mais sans céder à l’espèce de tâtonnement bureaucratique auquel nous nous sommes habitués sur ces sujets.

    Nous sommes sortis de la guerre froide et la Turquie du président ERDOGAN n’est pas la Turquie du président KEMAL. Ces deux réalités sont là et il nous faut en tirer toutes les conséquences.

    Ensuite il faut assumer, accepter, porter le fait que cette Europe sera une Europe de plusieurs cercles, parce que c’est déjà le cas et donc il faut accepter qu’il y ait une Europe large, peut-être plus large que l’Union européenne, le Conseil de l’Europe étant d’ailleurs cette base la plus large, fondée sur nos principes, qui parfois sont remis en cause au sein même de l’Union. Mais il y a donc la place pour une Europe large, la place pour un marché commun et en ce cœur la place pour des coopérations renforcées, une intégration plus forte. Et cela suppose d’avoir un peu d’audace et d’accepter de revisiter des tabous de part et d’autres, des tabous de transfert d’un côté du Rhin, des tabous de changement de traité de l’autre côté du Rhin. Et sur ce point la vision que porte la France aujourd'hui, celle que nous porterons dans le cadre des échéances à venir, suppose une révision des traités qu’il s’agisse de la réforme de l’Union européenne comme de la zone euro, je la souhaite et je souhaite que nous puissions la construire sur la base des consultations démocratiques en cours, sur la base des résultats des élections européennes à venir et d’un travail intergouvernemental qui s’imposera dans les semestres qui viennent. Parce que nous avons besoin de repenser notre organisation collective, nous avons besoin d’une Commission plus efficace et moins nombreuse et nous avons besoin de repenser les axes stratégiques de cette Europe.

    Enfin, nous serons et nous sommes aujourd'hui collectivement testés parce que cette Europe, je l’ai dit à plusieurs reprises et je viens de parler de son périmètre, de son étendue, a à faire face à tous les défis contemporains dont je vous parle depuis tout à l’heure. Et nous n’avons qu’une réponse européenne crédible : celle de notre autonomie stratégique. La question n’est pas de savoir si nous arrivons à convaincre les Etats-Unis d’Amérique, c’est un grand peuple et un grand pays, la question est de savoir si les Etats-Unis d’Amérique nous regarde comme une puissance avec une autonomie stratégique, c’est ça la vraie question qui est posée pour l’Europe aujourd'hui. Et force est de constater qu’aujourd'hui ce n’est pas le cas, nous devons nous regarder avec lucidité, quand bien même celle-ci est cruelle, je ne crois pas très sincèrement aujourd'hui que la Chine ou les Etats-Unis d’Amérique pensent que l’Europe est une puissance avec une autonomie stratégique comparable à la leur. Je ne le crois pas.

    Et je crois que si nous ne parvenons pas à construire cela, nous nous préparons des lendemains moroses. Et donc comment construire cette véritable souveraineté européenne ? Eh bien en répondant aux défis dont j’ai parlé depuis tout à l’heure, en faisant de l’Europe, le modèle de cette refondation humaniste de la mondialisation. C’est ça le défi qui est le notre et c’est ça exactement le débat qui est posé aujourd'hui au peuple européen dans le cadre des élections qui adviennent.

    Il y a le choix clair d’un côté, l’Europe n’est pas efficace, elle ne répond plus à ces défis de la mondialisation, ce n’est pas totalement faux. Elle n’a pas d’autonomie stratégique, il faut donc la désagréger.

    Alors les plus sophistiqués vous diront : nous sommes pour la désagréger, sauf lorsqu’elle nous apporte quelque chose, parce que l’Italie est contre l’Europe qui n’est pas solidaire sur le plan migratoire, mais elle est pour l’Europe des fonds structurels lorsque j’écoute certains ministres ; le président du conseil italien le sait bien d’ailleurs, il est sur une ligne beaucoup plus structurée. La Hongrie de Viktor ORBAN, elle n’a jamais été contre l’Europe des fonds structurels, de la politique agricole commune, mais elle est contre l’Europe quand il s’agit de tenir de grands discours sur la chrétienté. Et donc il y a une voie claire de l’opportunisme européen, mais du nationalisme revendiqué, désagrégeons cette structure bureaucratique, elle ne nous apporte plus rien, faisons semblant d’oublier ce qu’elle nous apporte et assumons une ligne claire.

    De l’autre côté, il nous faut porter une ligne, là aussi claire, celle d’une volonté de souveraineté européenne, en quoi et comment l’Europe peut apporter seule une réponse à nombre de nos défis ? Et je crois que c’est le cas, et je crois que c’est tout particulièrement le cas pour ce qui est de la crise politique aujourd'hui qui sévit en Europe. Je parle de crise politique, parce que les sujets dont nous avons parlé tout l’été en matière de migration, sont avant tout une crise politique. L’Europe a eu à subir en 2015 une vraie crise migratoire, quand des millions d’Afghans, de Syriens sont venus en raison des conflits. L’Europe a eu à subir, il y a un peu plus d’un an une vraie crise migratoire venant de Libye mais ces flux ont été divisés par dix ces dernières semaines, ce n’est pas une crise migratoire, c’est une crise politique, celle de la capacité justement à répondre à ce défi.

    Sur ce sujet, il faut regarder les choses en face, pourquoi avons-nous cette crise politique européenne et en particulier italienne ? Parce qu’il n’y a pas eu de solidarité européenne. Pourquoi avons-nous eu une crise politique en Grèce naguère ? Parce qu’il n’y avait pas eu de solidarité européenne. C’est pour ça que j’ai toujours lié la solidarité européenne avec une vraie politique de souveraineté et donc ce qui arrive en Italie, nous l’avons produit politiquement par notre absence de solidarité. Est-ce que cela excuse les discours xénophobes, les facilités ? Je ne le crois pas et je crois que d’ailleurs ces mêmes xénophobes n’apportent aucune solution au mal qu’ils dénoncent. Parce que, qu’ils aillent chercher la solidarité de ceux dont ils veulent se séparer, grand bien leur fasse, ça ne marche pas souvent, et d’ailleurs tous ceux qui portent une voix nationaliste ou unilatérale s’entendent très bien pour dénoncer l’Europe, s’entendent rarement pour trouver les solutions communes, y compris pour eux-mêmes. Les axes dont on nous parle n’apportent aucune solution, aucune.

    Et donc sur ce sujet, je crois que la France, avec les partenaires constructifs et la Commission européenne, doit mettre en place, contribuer à mettre en place un dispositif pérenne, respectueux des principes humanitaires et du droit solidaire et efficace. Ce qui veut dire que nous ne devons, ni ne pouvons sortir du droit d’asile tel que nous l’avons pensé. J’écoute chaque jour les discours qui disent « ne prenez pas les gens, ne les acceptez pas, c’est de la faiblesse, de la bonne volonté », la France, et je m’en félicite, fait partie des pays qui durant la crise politique de cet été a accueilli le plus de réfugiés, 250, je vous invite à garder en mémoire la proportion de ces chiffres, parce que sur la base des cinq missions de l’OFPRA que nous avons organisées, nous les avons identifié comme relevant du droit d’asile. Mais qui sont les responsables politiques, responsables fondamentalement, lucides, qui peuvent nous expliquer qu’on devrait renoncer au respect du droit d’asile en France et en Europe ? Mais ce droit d’asile, il est dans notre constitution, nous Français, il est dans tous nos textes européens. La clé simplement, c’est d’accepter cette différenciation. Il y a ceux qui relèvent du droit d’asile qu’il faut accueillir de manière inconditionnelle en ayant la bonne organisation, avec l’autre rive de la Méditerranée et avec le reste de l’Afrique et il y a ensuite une politique de migration à construire au niveau européen avec l’Afrique pour éviter, réduire, maitrise les flux migratoires liés à des migrations économiques et organiser un retour beaucoup plus efficace à ces derniers.

    C’est le sens même de la loi qui sera promulguée dans quelques jours et que nous avons prise pour la France, c’est le sens même de l’action que nous portons en Europe, et du partenariat que nous voulons construire, avec l’ensemble des Etats africains, comme nous avons commencé à le faire, à Abidjan, à la fin de l’année dernière, dans le dialogue entre l’Union européenne et l’Union africaine, à Paris, il y a un an jour pour jour, avec l’Union africaine et nombre de pays d’origine et de transit, et avec nombre de nos partenaires, c’est cela la bonne réponse à la crise migratoire.

    C’est donc une politique européenne, exigeante, qui respectent nos valeurs, mais qui, parce que nous aurons trouvé les règles communes d’une protection aux frontières, et d’une solidarité interne, sera enfin efficace. La France a un défi migratoire, nous sommes le pays qui a eu à recevoir quasiment le plus de demandes l’année dernière, le deuxième pays de demandes d’asile, un peu plus de 100 000, mais aucun n’est arrivé par des routes dites primaires. C’est l’incapacité de l’Europe à gérer le sujet migratoire qui fait que nous avons eu autant de demandes d’asile. Et donc j’invite toutes celles et ceux qui tiennent des discours sur ce sujet à regarder la réalité des faits. Si nous avons une organisation plus efficace au niveau de l’Europe, alors, nous avons une partie de la réponse à nos propres défis, et parfois à nos propres craintes.

    Il faut le construire, de manière durable, exigeante, avec l’ensemble des partenaires concernés. Mais plus largement, vous l’avez compris, sur chacun de ces sujets, je plaiderai pour que l’Europe puisse être cette puissance qui, comme je viens de le dire, pour le sujet des migrations, et bien, construira les solutions auxquelles nous croyons dans la mondialisation. Une puissance économique et commerciale à travers une zone euro plus forte, une défense de nos intérêts stratégiques et commerciaux, une indépendance financière avec des mécanismes que nous devons proposer, et c’est la demande que nous avons faite à la Commission, pour asseoir l’autonomie financière de l’Europe, et mettre enfin fin à l’extraterritorialité de certaines décisions financières et monétaires.

    Une puissance économique et commerciale qui construira la convergence fiscale et sociale en son sein. Je veux une Europe qui soit puissance numérique, et de l’intelligence artificielle, à travers les initiatives que nous avons commencé à prendre, d’un fonds pour les innovations de rupture, d’un vrai marché unique du digital, d’une taxation juste des acteurs du numérique. Une Europe puissance écologique, alimentaire, et sanitaire, qui permette partout en Europe de garantir les mêmes droits d’accès à une nourriture saine et à un environnement plus sain.

    Cette vision-là, nous la portons ; la mener seuls au milieu d’autres acteurs européens qui ne la suivent pas est impossible, c’est au niveau européen que nous devons mener, et que nous mènerons jusqu’à son terme le combat pour la fin du glyphosate, que la France a initié, je le rappelle, et sans la France, c’était quinze ans d’autorisation qui étaient à nouveau octroyés au glyphosate partout en Europe, mais également pour un prix unique du carbone, pour une vraie souveraineté énergétique, pour une vraie stratégie du renouvelable.

    Je crois à cette vision d’une Europe où à l’heure des choix qui est le nôtre, il y a la possibilité pour un humanisme progressiste, en Europe, je crois qu’il y a la possibilité pour un chemin qui permettra de faire pleinement percevoir à nos concitoyens que l’Europe, sur nombre de sujets qui les inquiètent n’est pas simplement une partie de la réponse, mais le cœur de notre autonomie stratégique, le cœur de la réponse que nous pouvons apporter à nos peuples, et vis-à-vis de nos partenaires.

    Nous devons écrire et raconter l’histoire de l’Europe que nous voulons, en démontrer les résultats concrets, afin de convaincre nos concitoyens que la voie de la coopération en Europe, dans le monde, est la seule qui puisse conduire à des relations de confiance mutuelle dans l’intérêt de la France.

    Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, je vous ai présenté nos priorités pour l’année à venir autour de ces quatre piliers que j’avais définis l’année dernière. Vous les mettrez en œuvre sous la conduite du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves LE DRIAN, que je remercie à nouveau du travail sans relâche qu’il effectue, à Paris et autour du monde, efficacement épaulé par Nathalie LOISEAU et Jean-Baptiste LEMOYNE et par tous les agents du Quai d’Orsay, au service de notre pays. Je souhaite ici leur exprimer, vous exprimer à tous ma gratitude pour le dévouement, les compétences, l’intelligence, l’engagement et le courage.

    Sur chacun des enjeux que je viens de décrire, la bataille n’est pas gagnée, et la France, parfois, semble avoir une voix solitaire, en tout cas, c’est ce que certains dénoncent ou voudraient railler. Je ne crois pas que cette voix soit solitaire, je crois qu’elle est attendue, je crois qu’elle est souhaitée, et je crois qu’elle est fidèle à ce qu’est notre histoire, je crois qu’elle doit rompre aussi avec des habitudes ou des automatismes, et qu’elle doit chercher partout cette exigence qui nous est imposée.

    Il y a 40 ans, quasiment jour pour jour, SOLJENITSYNE prononçait à Harvard un très grand discours qu’on a appelé après le Déclin du courage, et il disait déjà à peu près tout de ce que je viens de décrire, sur la fragilité du monde occidental qu’il avait pourtant découvert et qui était perçu comme le lieu de toutes les promesses. Ce que nous devons enrayer aujourd’hui, c‘est précisément le déclin du courage.

    Et donc pour y faire face, notre vocation est partout, et c’est ce que j’attends de vous, d’être une puissance médiatrice, une puissance diplomatique, militaire, culturelle, éducative, nationale et européenne, et d’être toujours médiatrice, médiatrice, ça veut dire que la France ne renonce jamais à porter sa voix, mais qu’elle cherche toujours à construire des alliances sur cette base, ça n’est pas une puissance de compromis, ça n’est pas une puissance médiane, c’est une puissance de médiation, celle qui justement cherche à bâtir cet ordre international qui, seul, je le crois très profondément, nous permettra de rendre un peu plus humaine et humaniste, la mondialisation qui est la nôtre.

    Je sais pouvoir compter sur vous, parce que votre engagement au quotidien pour notre pays est l’ADN de votre métier et votre fierté. Je vous en remercie.
  • RDC: Le Dr. Fweley Diangitukwa remet Léonbitch Kengo à sa place !

    RDC: Le Dr. Fweley Diangitukwa remet Léonbitch Kengo à sa place !

    Dr. Fweley Diangitukwa

    Acteur politique dans la diaspora congolaise, le professeur Fweley Diangitukwa est l'un des nos meilleurs analystes politiques. Personne n'a écrit autant que lui sur la République démocratique du Congo. Les Congolais lisent-ils ? Prennent-ils le temps de lire Fweley Diangitukwa ? A Réveil FM International, nous rigolons à chaudes larmes. En effet en hommage à l'ancien secrétaire Général de l'ONU, nous avions volontairement titré: RDC, Kofi Annan n'a jamais teint ses cheveux ! Dans l'article, nous avions mis en exergue le cas de Léonbitch Kengo wa Dondo, édenté de la Gare du Nord et président illégitime depuis 2012 du sénat godillot de la République démocratique du Congo, plus âgé que Kofi Annan, qui se teint les cheveux. Cela n'a pas tardé, des lobbyistes patentés l'ont fait passer sur RFI, le lendemain. Lui qui était silencieux depuis des lustres, comment Léonbitch Kengo, a-t-il pu sans gène s'exprimer sur RFI, avec un raisonnement biaisé et alambiqué? Et les Congolais envoûtés scandent sans rire: "Kengo Alobi ehh" ! Léonbitch Kengo en tant que juriste ne sait-il pas que demander l'amnistie à un imposteur-usurpateur et illégitime de Chef d'Etat, c'est reconnaître sa culpabilité et reconnaître aussi la légitimité d'un illégitime ? Voilà un individu Léonbitch Kengo qui a occupé des hautes fonctions dans notre pays, qui réfléchit comme un primairien. Sur RFI, Léonbitch Kengo dévoile le macabre complot contre le peuple congolais, Emmanuel Ramazani Shadary n'est qu'un potiche, Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale n'est pas disposé à lâcher les manettes de la RDC, il s'accroche !

    Léonbitch Kengo 83 ans se teint les cheveux !

    Avant la lecture de l'appel de Fweley aux leaders et compatriotes de l'opposition, relisons-ceci: "Notre pays est arrivé à un tournant de son histoire qui nécessite l’union de notre intelligence collective. À trois reprises, notre pays a été dominé et sauvagement pillé : d’abord par le roi des Belges, Léopold II, qui avait donné la forme actuelle de notre pays et qui en avait fait sa propriété privée en s’appuyant sur les hommes qu’il envoyait dans sa colonie pour l’exploiter à son compte. Ces derniers en avaient profité pour s’enrichir eux aussi. À partir de 1908, l’État belge avait poursuivi l’œuvre macabre de son Roi ; ensuite, le 24 novembre 1965, le colonel Joseph-Désiré Mobutu avait fait un coup d’État en s’appuyant sur ses « compagnons de la révolution ». L’enrichissement rapide et illicite était la seule préoccupation de différents dirigeants du Mouvement populaire de la Révolution (MPR) ; enfin, depuis 1997, le Congo est tombé entre les mains d’un conglomérat d’aventuriers venus du Rwanda et de l’Ouganda épaulés par des Congolais qui ont vendu leur âme au diable. Tous, sous la conduite de Joseph Kabila, poursuivent les mêmes ambitions que les colons de Léopold II et les « compagnons de la révolution » de Joseph-Désiré Mobutu. À présent, notre aujourd’hui est bloqué et notre avenir commun est incertain."Appel à tous les intellectuels congolais de souche : l’avenir du Congo est notre responsabilité commune. Agissons ensemble. 21 avril 2018, www.fweley.wordpress.com

    Nous n'aimons pas lire et nous ne voulons pas lire. Ceux qui s'époumonent pour écrire

    Aux leaders et Compatriotes de l’opposition,

    En date du mercredi 8 août 2018 à 21:52, j’ai largué un très court message qui a suscité le courroux de l’un de nos compatriotes qui l’a vite qualifié de « piètre sortie pour un professeur ». Plusieurs échanges ont suivi que vous pouvez lire ci-dessous. Le président du Sénat, sans mandat depuis 2012, M. Léon Kendo wa Dongo, vient de me donner raison en vendant publiquement la mèche du plan minutieusement concocté par le PPRD en accord avec la CENI. Celui qui s’est attaqué à moi peut boire sa honte en cachette et mesurer la longueur d’avance que je n’ai cessé de prendre dans l’analyse de la politique de notre pays. Sans prétention aucune, j’ai un avantage sur beaucoup de compatriotes puisque je réfléchis à l’intérieur de ma discipline de prédilection qui est la science politique, contrairement à celui qui a qualifié mes propos de « piètre sortie pour un professeur » qui n’est pas un expert dans ce domaine. Le professeur que je suis a vu juste sur la stratégie conçue par le PPRD pour le court et long terme.

    Dans ce papier, je reprends d’abord ce que j’ai dit le 8 août qui a suscité colère, injure publique et multiples commentaires de mes compatriotes. Ensuite, je reprends les propos du président Joseph Kabila sans mandat depuis décembre 2016 puis les propos du président du Sénat, M. Kengo – lui aussi sans mandat depuis 2012 –, qui confirment les propos que j’ai jetés précocement comme un poisson dans la mare. Je conclus par un unième appel aux leaders de l’opposition et aux compatriotes. Je précise que je ne suis candidat à rien, sinon à l’unité de l’opposition.

    Voici ce que j’ai écrit le 8 août 2018 :

    "Désormais, la mort dans l’âme, les laudateurs doivent apprendre à intégrer, à prononcer et à écrire un autre nom pour poursuivre leur culte de la personnalité... Ils doivent faire le deuil de l’ancien pour porter les habits neufs de l’autre, à moins qu’ils acceptent de disparaître avec leur ancien maître. Après combien de temps vont-ils réapparaître sur la toile et quel sera leur nouveau discours, eux qui ne juraient jusqu’à hier que sur le nom de leur Raïs ?

    La roue de l’histoire commence à tourner.

    Dans la République à démocratiser du Congo (RDC), le scénario de la Russie (Poutine - Medvedev - Poutine) vient d’être planté. Il appartient maintenant aux Congolais d’empêcher sa réalisation".

    Voici ce qu’a dit, au sommet de la SADC en Namibie, M. Joseph Kabila, président sans mandat depuis décembre 2016 :

    "Depuis hier je réfléchis sur un discours d’adieu (rires dans la salle). Ce sacrifice n’est pas vain parce qu’il a consolidé un processus de démocratie irréversible. Nous allons continuer de l’avant avec les prochaines élections à la fin de cette année. Il est clair qu’en dehors de la démocratie et des élections, la stabilité économique et sécuritaire demeurent nos préoccupations. Je conclus par des mots de remerciements. A tous les anciens chefs d’État de la SADC. Certains sont dans la salle. Merci de m’avoir partagé de votre expérience pendant 17ans. A mes collègues merci de m’avoir aidé à rendre ma vie un peu facile. A notre organisation, notre famille je dis simplement soyez forts, n’oubliez jamais le passé de notre région. Je suis très ému. Ma préférence n’est pas de dire adieu mais à nous revoir bientôt". Très lourd de sens pour un président qui prétend quitter ses fonctions.

    Voici ce qu’a dit M. Léon Kengo wa Dongo, président du Sénat sans mandat depuis 2012 :

    Au cours d’une interview accordée à Radio France Internationale (RFI), le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo estime que Joseph Kabila a toutes les chances de revenir aux affaires au cas où son dauphin remportait la présidentielle du 23 décembre. Kengo wa Dondo essaie de justifier son idée par le scénario russe entre Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, qui se partagent les postes de président de la République et du chef du gouvernement, depuis près de 20 ans. Pour lui, la désignation d’Emmanuel Shadary pourrait permettre à Joseph Kabila de revenir aux affaires plus tard sans obstacle. « Le président est le garant de la Constitution. Il a respecté cette Constitution, personne ne peut émettre des critiques. Analysons tout, il fait passer Ramazani, Ramazani peut être élu une fois, lui peut revenir. Moi, je crois qu’il a bien joué. S’il revient après, il peut rester autant qu’il veut », a-t-il déclaré. Signataire de la charte du FCC (Front Commun pour le Congo), Léon Kengo wa Dondo a, lors de cet entretien, plaidé pour le retour de Moïse Katumbi en vue de participer au scrutin. Il a également promis de choisir librement le candidat président qu’il soutiendra pour la présidentielle. Sé/Fonseca Mansianga, in e-mail/Internet envoyé le 22 août 2018 par Mwalimu Kadari M. Mwene-Kabyana (Canada).

    Le président du Sénat, sans mandat depuis 2012, a dit (je ne reprends pas ses idées mot à mot mais je les résume), plaidant pour le retour de M. Moïse Katumbi au Congo, que celui-ci peut revenir et déposer sa candidature. [Il a vite ajouté, je le cite :] « Il n’est pas dit qu’il va gagner. S’il gagne, bon c’est un fils du pays ». Il faut noter que, dans sa plaidoirie, il a commencé par la négation ou le refus : « il n’est pas dit qu’il va gagner ». Par ces mots, il a informé le président sans mandat, que tout a été préparé pour que M. Moïse Katumbi ne gagne pas l’élection présidentielle. La phrase qui a suivi – à l’affirmative – n’est qu’une formalité qui complète sa pensée négative. L’emploi du conditionnel n’est qu’une volonté de voiler son plan. Notez que M. Kengo n’accorde aucune chance à M. Shadary de briguer un second mandat (quelles que soient ses performances au cas où il gagnerait), exactement comme dans le cas de la Russie. Ceci signifie en clair qu’après l’élection présidentielle de décembre 2018 – si l’opposition et le peuple congolais ne font rien pour la sortie définitive du PPRD du pouvoir –, le Parlement et le Sénat feront sauter les articles verrouillés de la Constitution pour permettre le retour et la permanence de M. Joseph Kabila au pouvoir. Un avenir très sombre !!!!

    Mon unième appel à l’opposition

    Ce qui précède montre clairement le choix cynique du camp au pouvoir qui cherche par tous les moyens à conserver le pouvoir en organisant des élections de formalité pour montrer à l’opinion internationale que l’État à démocratiser du Congo (RDC) a organisé des élections « prétendument transparentes ». Il faut croire que certaines puissances appuient les dirigeants actuels dans cette voie.

    Pendant ce temps, on apprend qu’« en attendant la liste provisoire de la présidentielle au prochain scrutin qui sera publiée ce 24 août 2018 (c’est-à-dire demain), les questions ne cessent de se poser concernant la candidature commune de l’opposition. Alors qu’au sein de l’UDPS, tout est bien clair. Au cas où leur candidat sera éligible à la présidentielle, pas question de céder la candidature commune à un autre parti de l’opposition. Peut-être dans le cas d’une inéligibilité de Félix Tshisekedi que les choses pourront se négocier autour de cette affaire ». Que se passera-t-il si chaque parti de l’opposition suit l’exemple de l’UDPS ? N’est-ce pas que M. Nangaa et le PPRD applaudiront ?

    Alors que les gestionnaires de deux derniers mandants 2001-2011 et 2012-2016 (plus deux ans sans mandat électif, 2017-2018) n’ont pas été jugés par le peuple congolais pour établir ce qu’ils ont fait et n’ont pas fait.

    Alors que M. Nangaa et sa CENI s’entêtent à ne pas prendre en considération toutes les accusations : machine à voler les voix des électeurs, 10 millions d’électeurs sans empreinte digital, mineurs sur les listes électorales, bureaux fictifs, électeurs de la diaspora non recensés, lieu réel du Serveur non indiqué, etc., l’opposition accepte d’aller aveuglément aux élections comme un mouton qu’on amène à l’abattoir pour être égorgé. À la différence que le mouton ne sait pas ce qui lui arrivera, en revanche, pour les candidats à l’élection présidentielle dans la République à démocratiser du Congo (RDC), par la voir du président du Sénat sans mandat depuis 2012, M. Léon Kengo, vient de leur dire clairement ce qui va se passer pour que le PPRD conserve le pouvoir qu’il chérit bien depuis 2001.

    Malgré la cruauté des aveux de M. Léon Kengo wa Dondo sous forme de « révélations qui ne disent pas leur nom », l’opposition commence à refuser l’idée de la candidature commune. À la place de l’Union qui fait la force (devise belge), c’est l’égoïsme partisan qui prend le dessus. M. Jean-Marc Kabund-a-Kabund, Secrétaire Général de l’Union pour la Démocratie et le progrès social (UDPS), s’est déjà exprimé sans mâcher les mots, en disant que « la seule candidature que l’UDPS soutiendra, pour briguer la magistrature suprême est celle de Félix Tshisekedi, pas une autre ». Cette prise de position s’expliquerait si notre pays était un État normal, or nous sommes un pays sans État (dixit pasteur Ekofo). Dans un tel contexte, l’incitation à ne voter que pour le candidat de son parti est un choix qui facilite le travail de Corneille Nangaa, du PPRD et Congolais corrompus de la FCC qui travaillent en commun pour l’échec de l’opposition. Le dernier voyage de M. Corneille Nangaa en Namibie avec M. Kabila est lourd de conséquence.

    Chers Compatriotes de l’opposition Qu’est-ce qui est mieux : gagner l’élection présidentielle en se mettant ensemble ou échouer ensemble à cause de l’égoïsme de chaque parti ? La réponse à cette question permettra à notre pays de retrouver la stabilité et le développement à défaut il sombrera dans l’anarchie. Je m’adresse à la conscience de chaque leader de l’opposition et de chaque Congolais qui aspire à un changement de paradigme après tant de morts inutiles et d’années perdues.

     

    Pour conclure, après les propos de M. Léon Kengo wa Dongo, le compatriote qui a qualifié mon message de « piètre sortie pour un professeur » doit comprendre que c’est lui qui est un piètre analyste car il a été incapable de lire plus loin que la longueur de son nombril.

    Fweley Diangitukwa

    www.fweley.wordpress.com

    Le 23 août 2018.

  • Haut-de-France: Relais de la Marcotte sur Macquigny !

    Haut-de-France: Relais de la Marcotte sur Macquigny !

    Friha Malika et Marc Dewez, propriétaires de la Marcotte

    C'est notre coup de cœur. Sur la route départementale D1029, entre Origny-Sainte Benoite et Guise, le Relais de la Marcotte Hameau est visible et imposant sur le Lieudit La Marcotte, 02120 Macquigny ! Marc Dewez (66 ans) et Friha Malika (60 ans) vivent ensemble depuis 36 ans, ils ont trois adultes. Ils sont propriétaires de La Marcotte. Marc Dewez et Friha Malika, deux anciens parisiens qui ont décidé de se poser en Haut-de-France. Ils ont acquis la Marcotte le 21 décembre 2012. Qui n'a pas ressenti un léger frisson le 21 décembre 2012? A cette date aurait dû survenir le cataclysme mondial annoncé par les Mayas. La Marcotte a ouvert officiellement ses portes, le 18 mars 2013. Marc et Malika ont gardé le nom Marcotte qui existait déjà. Ils se posent la question s'ils avaient bien fait de garder le même nom. Il faut dire que le marcottage est un méthode de multiplication facile à exécuter, qui consiste à enterrer la branche d’un végétal afin d’en produire un nouveau. Cela permet ainsi produire de nouvelles racines sans couper de rameaux tout en garantissant les chances de reprise de votre végétal. Marcotte signifie branche, attachée à une plante mère, que l'on met en terre pour qu'elle prenne racine à son tour.

    Ils font tous les deux s'occuper de leur Marcotte, lui au bar et elle à la cuisine 100% fait maison. Marc et Malika portent leur affaire, ils en sont fiers et passionnés. Mais les recettes ne suivent pas. Macquigny qui n'a ni café ni brasserie, les clients sont rarissime ! C'est grâce à la retraite d'ancien directeur en informatique de Marc que la Marcotte tient encore debout ! Des mauvaises langues veulent qu'ils vendent et qu'ils partent. Une mauvaise publicité est faite contre la Marcotte pour que Marc et Malika puissent abandonner ! On sait comment cela se passe, on vous pousse à bout et on ramasse votre affaire contre une bouchée de pain. Marc et Malika sont des résistants. Ils résistent encore et encore, mais combien de temps.

    Cadre idéal pour des réceptions, manifestations, anniversaires...tel que nous l'avons découvert. Au delà du coup de cœur, c'est une démarche de solidarité pour Marc et Malika pour qu'ils gardent leur affaire: La Marcotte. Comment les soutenir: automobilistes, routiers, touristes, baroudeurs, curieux en empruntant la D1029, arrêtez-vous au hameau Marcotte pour boire et manger.

    Malika nous dit: "Je paye ma liberté tous les jours" ! Femme forte qui n'a pas sa langue dans sa poche. On aime tellement sa franchise que si elle change par hypocrisie pour plaire aux biens pensants, elle ne serait plus Malika. La liberté, c'est aussi de garder la Marcotte, un cadre merveilleux où l'on peut manger et boire en toute sérénité.

  • SADC: Thabo Mbeki récusé par le régime de Kinshasa !

    SADC: Thabo Mbeki récusé par le régime de Kinshasa !

    Thabo Mbeki, ex-président Sudafricain et L'envoyé spécial de la SADC

    Dans une maison, lorsque le père de famille tape souvent sur son épouse, affame et maltraite ses propres enfants, il est normal que le voisin intervienne et appelle la police. Des faux Lumumbistes, faux nationalistes et faux souverainistes ont pris en otage 80 millions d'habitants, ils s'enrichissent comme Crésus, ils tuent, pillent, assassinent impunément et ils s'étonnent que des voisins s'interfèrent. Au delà du problème de bonne gouvernance, du respect des droits de l'homme, la République démocratique du Congo a un grave problème insoluble de légitimité. Alias Joseph Kabila est illégitime, mais il fait comme si rien n'était ! Les députés et sénateurs n'ont plus de légitimité depuis 2012, mais ils continuent à siéger, percevoir des émoluments comme si de rien n'était, les ministres sont nommés par un président illégitime...Quelle légitimité à le Vuvuzélateur Lambert Mende Omalanga pour parler au nom du peuple congolais ? Fieffé menteur, Pinocchio du régime dictatorial, le tchaku national fait son théâtre: il a oublié son passé de galérien et qu'en 1997, il avait traversé le fleuve Congo à pied ! Lorsque la politique devient un moyen pour enrichissement rapide et illicite, des politicailleurs affairistes s'en a pare, ils profitent des institutions pour engrager plus d'argent, ils se fouettent de la Constitution et des lois...mais surtout ils considèrent le peuple comme leur paillasson. Convictions et valeurs républicaines ne font pas bon ménage avec la classe politique congolaise qui est corrompue et toxique. La République démocratique du Congo a connu dès son accession à la souveraineté nationale et internationale, jusqu'à nos jours, des régimes politiques variés. Ces régimes ont été confrontés aux multiples crises de contestation de la légitimité de ses animateurs d'une part et d'autre part à l'instabilité politique chronique.

    Thabo Mbeki n'est pas n'importe qui ! Le régime dictatorial et d'imposture de Kinshasa souffre d'amnésie. Il est étonnant que le Vuvuzélateur et ex-rebelle RCD-Goma, Lambert Mende Omalanga puisse réfuter Thabo Mbeki, ex-président de l'Afrique du Sud, que la nation arc-en-ciel a décidé d'envoyer pour jouer les observateurs en République démocratique du Congo, où le processus de l'après Kabila vient d'être engagé après qu'il a désigné Emmanuel Ramazani Shadari, comme son dauphin à l'élection présidentielle. Pourquoi récuser Thabo Mbeki en tant qu'envoyé spécial de la SADC, alors même que c'est lui, le même Thabo Mbeki qui organisa le dialogua inter-congolais à Sun-City en Afrique du Sud ? L'histoire de la République démocratique du Congo est un perpétuel recommencement.

    C'est Thabo Mbeki alors Président de l'Afrique du Sud qui offrit gîtes et couverts aux seigneurs de guerre, rebelles, gangsters, bandits de grand chemin, troubadours ensanglantés et policailleurs ventriotes qui ont participé Dialogue intercongolais du 25 février 2002 au 19 avril 2002. Foulant aux pieds le principe de l'impunité, des seigneurs de guerre qui avaient fait couler le sang de leurs compatriotes congolais furent introduits dans les institutions républicaines. Le gouvernement 1+4=0 de Sun City avait montré ses tares et limites. Le dialogue intercongolais ne fut qu'une blanchisserie qui lave plus blanc des criminels, assassins, violeurs et voleurs qui n'ont aucun respect de rien. Lorsque des pseudo-nationalistes feintent de hausser le ton sur la souveraineté inviolable de la République démocratique du Congo, nous à Réveil FM International rigolons à chaudes larmes.

    Souvenons-nous ! Dimanche, 5 Mai 1997-Ce jour-là, le maréchal Mobutu Sese Seko rencontre Laurent Désiré Kabila (alors président de l’AFDL), sur “Outeniqua”, navire de guerre sud-africain, ancré au large de Pointe-Noire/Congo-Brazzaville. Pour ce tête-à-tête, chaque camp refusait le lieu proposé par l’autre. Les Etats-Unis d’Amérique avaient finalement apporté leur appui aux négociateurs sud-africains en proposant que la rencontre se tienne en mer.

    La réunion de quatre-vingt-dix minutes s'est tenue dans un conteneur aménagé pour la circonstance, en présence de Nelson Mandela, de son vice-président, Thabo Mbeki, et du médiateur de l'ONU et de l'Organisation de l'unité africaine, Mohammed Sahnoun.

    Pour la première fois, Mobutu a annoncé qu'il avait l'intention de quitter le pouvoir. Il a proposé la mise en place d'un processus de transition suivi d'élections, auxquelles il ne se présenterait pas. D'autres sources, citées par le «Washington Post», ont confirmé que le vieux dictateur serait prêt à se retirer «pour soigner son cancer». D'autre part, Mohammed Sahnoun a annoncé à l'issue de la rencontre que, en «signe de bonne volonté», Kabila a ordonné à ses troupes d'arrêter leur progression, mais ce dernier «n'a pas utilisé le terme de cessez-le-feu. Il veut que les négociations conduisent à la fin des hostilités».

    Le processus de dialogue a donc été entamé, ouvrant enfin un espoir de paix pour le peuple zaïrois, même si on est encore éloigné du but. Kabila, qui a pour lui l'avantage des armes - ses troupes seraient à 65 kilomètres de l'aéroport de Kinshasa -, a confirmé: «Mobutu m'a demandé de lui donner huit jours pour examiner notre demande de démission. J'ai accédé à cette requête et nous nous reverrons sur ce bateau d'ici à huit jours. Mais je lui ai dit, ainsi qu'aux médiateurs, qu'il n'y aurait pas de cessez-le-feu pendant qu'il examine nos demandes.» Et le chef de l'Alliance rebelle a insisté pour que le régime de transition chargé de préparer des élections soit placé sous sa propre autorité. Ce que Mobutu rejette pour le moment puisqu'il a affirmé ne vouloir remettre «le pouvoir» qu'il «détient» qu'à un «successeur élu».

    Il aura fallu tout le poids du président sud-africain, Nelson Mandela, présent à bord du vaisseau de la marine sud-africaine «SAS Outeniqua» depuis trois jours pour que ce premier face-à-face entre Mobutu et Kabila se tienne avec les résultats annoncés. Alors qu'officiellement Mobutu attendait depuis vendredi de monter à bord, Kabila, resté dans la capitale angolaise Luanda, a plusieurs fois menacé de retourner à son quartier général zaïrois. Nelson Mandela aurait alors sommé ce dernier de ne plus tergiverser. De son côté, le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Aziz Pahad, a souligné samedi soir que Nelson Mandela «ne disposait pas d'un temps illimité. Le président a un pays à diriger», a-t-il déclaré, en ajoutant à l'intention des protagonistes zaïrois: «Nous espérons qu'ils vont commencer à résoudre leurs problèmes.» Le chef de l'Alliance rebelle est finalement arrivé à bord samedi soir en compagnie du vice-président sud-africain Thabo Mbeki.

    Une nouvelle rencontre est prévue dans une dizaines de jours. A l'issue de la réunion de dimanche, Mohammed Sahnoun a conclu en ces termes: «Nous n'allons pas résoudre les problèmes du Zaïre aujourd'hui. Ce que nous faisons ici, c'est créer un espace propice au dialogue.» Que se passera-t-il sur le terrain durant ce délai? les deux protagonistes ne seront-ils pas tentés, l'un d'accroître son avantage militaire, l'autre de contourner sa promesse? Mobutu n'en est d'ailleurs pas, rappelons-le, à son premier engagement de processus démocratique non tenu.

    Le partage équitable et équilibré a toujours été l'objectif de politicailleurs ventriotes congolais. D'ailleurs, une vieille tradition inaugurée en 1960, avec la Table Ronde de Bruxelles (janvier-févier 1960) veut que chaque fois que les Congolais sont appelés à résoudre une crise qui menace la survie de notre patrie, ils finissent par le partage des potes de responsabilités à divers : niveaux : gouvernement, parlement, entreprises publiques, diplomatie, magistrature, territoriale, armée, police, services de renseignements, etc. Les archives nationales renseignent que ce fut le cas avec les « pères de l’indépendance » à leur retour de Bruxelles, des « frères ennemis » congolais après la Conférence de Lovanium en 1961, de la Conférence Nationale Souveraine en 1992, du Conclave des Mobutistes et leurs alliés débauchés de l’Opposition en 1993, de l’association momentanée entre Mobutistes et dissidents de l’Union Sacrée en 1994 (3me Voie), du Dialogue Intercongolais en 2002 et, dernièrement, les Concertations nationales en septembre-octobre 2013.

    S’il y a en République démocratique du Congo, un forum qui n’avait rien à envier à une « tombola nationale », c’est bel et bien le Dialogue Intercongolais, organisé de février à décembre 2002 à Sun City, en Afrique du Sud. Le partage du « gâteau national » entre belligérants, seigneurs de guerre,criminels patentés, opposants girouettes-tourneurs de casaque et société civile corrompue, avait donné, au sommet de l’Etat, un monstre dénommé 1+4 (un Président et quatre vice-Présidents)=0, une soixantaine de ministres et vice-ministres, un Parlement (Sénat et Assemblée Nationale) composé de tous les participants au Dialogue Intercongolais, quatre institutions d’appui à la Démocratie (Haute Autorité des Médias, Observatoire National des Droits de l’Homme, Commission Électorale Indépendante, Commission Vérité et Réconciliation) qui se sont fouvoyées, des quotas de mandataires publics, de gouverneurs de provinces, d’ambassadeurs, d’officiers de l’armée et de la police, de responsables des services de renseignements, etc.

    Malgré la signature de l’accord de Sun City, beaucoup de recommandations n’ont pas été exécutées malgré la tenue des élections Louis Michel 2006 en République démocratique du Congo. La réconciliation nationale a été un raté et beaucoup d’anti-valeurs gangrènent la gestion de l’Etat !

    Le dialogue inter- congolais tenu à Sun-City en Afrique du Sud, du 25 février 2002 au 19 avril 2002, fut une grande blanchisserie qui a lavé des criminels de tous leurs crimes et les a introduit dans les institutions républicaines. Le gouvernement 1+4=0 est le fruit de Sun-City. Qui se souvient des résolutions du dialogue inter-congolais ?

    Préambule

    Nous, Composantes et Entités du Dialogue intercongolais, Parties au présent Accord : le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), le Mouvement de Libération du Congo (MLC), l'Opposition politique, les Forces vives, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie/Mouvement de Libération (RCD/ML), le Rassemblement Congolais pour la Démocratie/ National (RCD/N), les Mai-Mai;

    Conscients de nos responsabilités devant le Peuple Congolais, l'Afrique et la Communauté internationale;

    Considérant l'Accord pour un cessez-le-feu en République Démocratique du Congo signé à LUSAKA les l0, 30 et 31 juillet 1999;

    Considérant les Résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives au conflit en République Démocratique du Congo, Considérant les Résolutions du Dialogue intercongolais tenu à Sun-City (Afrique du Sud) du 25 février 2002 au 19 avril 2002;

    Prenant à témoin son Excellence Monsieur Ketumile MASIRE, Facilitateur neutre du Dialogue intercongolais; Son Excellence Monsieur Kofi ANNAN, Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies, représenté par Son Excellence Monsieur Moustapha NIASSE, Envoyé Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Dialogue inter-congolais, Son Excellence Monsieur Thabo MBEKI, Président de la République d'Afrique du Sud et, Président en exercice de l'Union Africaine;

    Concluons le présent Accord global et inclusif sur la transition en République Démocratique du Congo, en convenant de ce qui suit :

    I. De la cessation des hostilités

    1. Les Parties au présent Accord et ayant des forces combattantes, à savoir le Gouvernement de la RDC, le RCD, le MLC, le RCD-ML, le RCD-N, et les Maï-Maï renouvellent leur engagement, conformément à l'accord de Lusaka, au plan de désengagement de Kampala et au sous-plan de Harare, et aux Résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, de cesser les hostilités et de rechercher une solution pacifique et équitable à la crise que traverse le pays.

    2. Les parties au présent accord et ayant des forces combattantes acceptent de s’engager dans le processus de formation d’une armée nationale, restructurée et intégrée conformément à la Résolution adoptée le 10 avril 2002 par la Plénière du Dialogue inter-congolais (DIC) de Sun-City.

    3. Les Composantes et Entités au DIC Parties au présent Accord (les Parties), à savoir le Gouvernement de la RDC, le RCD, le MLC, l'Opposition politique, les Forces Vives, le RCD-ML, le RCD-N et les Maï-Maï, acceptent de conjuguer leurs efforts dans la mise en application des Résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies pour le retrait de toutes les troupes étrangères du territoire de la RDC et du désarmement des groupes armés et des milices, et de sauvegarder la souveraineté et l'intégrité territoriale de la RDC.

    4. Les Parties acceptent de conjuguer leurs efforts en vue d'aboutir à la réconciliation nationale, A cet effet, elles décident de mettre en place un gouvernement d'union nationale qui permettra d'organiser des élections libres et démocratiques dans les meilleurs délais.

    5. Les Parties acceptent de prendre toutes les mesures nécessaires à la sécurisation des populations et des dirigeants de la transition tant à Kinshasa que sur l'ensemble du territoire national, A cet effet seront arrêtées des dispositions visant à garantir la sécurité des populations, des Institutions, de leurs animateurs et des principaux cadres dirigeants des Parties au présent Accord et ayant des forces combattantes.

    Il. Des objectifs de la transition

    Les objectifs principaux de la transition sont :

    1. la réunification, la pacification, la reconstruction du Pays, la restauration de l'intégrité territoriale, et le rétablissement de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national;

    2. la réconciliation nationale;

    3. la formation d'une armée nationale, restructurée et intégrée;

    4. l'organisation d'élections libres et transparentes à tous les niveaux permettant la mise en place d'un régime constitutionnel démocratique;

    5. la mise en place des structures devant aboutir à un nouvel ordre politique.

    III. Des principes de la transition

    1. Pour garantir une transition pacifique, les Parties participent à la gestion politique durant la transition. Les institutions qu'elles mettront en place durant la transition doivent assurer une représentation appropriée des onze Provinces du pays, des différentes sensibilités au sein des forces politiques et sociales. En particulier, il faudrait prévoir une représentation appropriée des femmes à tous les niveaux de responsabilité.

    2. En vue d'assurer la stabilité des Institutions de la transition, le Président, les Vice-Présidents, le Président de l'Assemblée nationale, le Président du Sénat restent en fonction pendant toute la durée de la transition, sauf en cas de démission, décès, empêchement définitif, condamnation pour haute trahison, détournement des deniers publics, concussion, ou corruption.

    3. Les Parties réaffirment leur adhésion à la Déclaration universelle des droits de l'homme, au Pacte international des droits civils et politiques de 1966, au Pacte international des droits économiques et socioculturels de 1966, à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples de l98l et aux conventions internationales dûment ratifiées. Dans cette perspective, elles prennent l'engagement de lutter pendant la période de la transition pour un système respectueux des valeurs de la démocratie, des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

    4. Les institutions de la transition reposeront sur le principe de la séparation des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire.

    5. Les institutions de la transition fonctionneront selon les principes de la consensualité, de l'inclusivité et de la non-conflictualité,

    6. La répartition des responsabilités au sein des institutions de la transition et à tous les niveaux de l'Etat se fait sur la base du principe de l'inclusivité et du partage équitable entre les composantes et entités au Dialogue intercongolais selon des critères de compétence de crédibilité, d'honorabilité et dans un esprit de réconciliation nationale. Les modalités de mise en application du principe de l'inclusivité sont prévues à l'Annexe du présent Accord inclusif.

    7. La répartition entre les différentes parties des postes au sein du Gouvernement de la transition, et en particulier au sein des commissions gouvernementales, devra être aussi juste que possible en termes de nombre, de poids des ministères et des postes gouvernementaux. Un équilibre devra être recherché entre les commissions elles-mêmes. La répartition des postes au sein de chaque commission se fera par les parties signataires dans un ordre de priorité garantissant un équilibre général entre les parties.

    8. Afin de réaliser la réconciliation nationale, l'amnistie sera accordée pour les faits de guerre, les infractions politiques et d'opinion, à l'exception des crimes de guerre, des crimes de génocide et des crimes contre l'humanité, À cet effet, l'Assemblée nationale de transition adoptera une loi d'amnistie conformément aux principes universels et à la législation internationale. A titre provisoire, et jusqu'à l'adoption et la promulgation de la loi d'amnistie, l'amnistie sera promulguée par Décret-loi présidentiel. Le principe de l'amnistie sera consacré dans la Constitution de la transition.

    IV. De la durée de la transition

    La période de transition prend effet à compter de l'investiture du Gouvernement de la transition. L'élection du nouveau Président marque la fin de la période de transition. L'élection du Président a lieu après les élections législatives. Les élections se tiennent dans les 24 mois qui suivent le début de la période de transition. En raison des problèmes spécifiquement liés à l'organisation des élections, cette période peut être prolongée de 6 mois, renouvelable une seule fois pour une durée de 6 mois, si les circonstances l'exigent, sur proposition de la Commission électorale indépendante et par une décision conjointe et dûment motivée de l'Assemblée nationale et du Sénat.

    V. Des institutions de la transition

    Pendant la période de la transition, il est créé un Exécutif de la transition, un Parlement de la transition composé d'une Assemblée nationale et d'un Sénat, un pouvoir judiciaire constitué notamment des cours et tribunaux existants, et des Institutions d'appui à la démocratie, dans les conditions déterminées dans la Constitution de la transition.

    Les institutions de la transition sont :

    - La Présidence,

    - Le Gouvernement,

    - L'Assemblée nationale,

    - Le Sénat,

    - Les cours et les tribunaux.

    En plus de toutes les Institutions ci-dessus, sont créées les institutions d'appui à la démocratie suivantes;

    - La Commission électorale indépendante,

    - L’Observatoire national des droits de l’homme,

    - La Haute autorité des médias,

    - La Commission vérité et réconciliation,

    - La Commission de l’éthique et de la lutte contre la corruption.

    1 - Le Pouvoir Exécutif

    A. Le Président

    a. Le Président de la République est le Chef de l'Etat, Il représente la Nation. Il veille au respect de la Constitution de la transition. Le Président de la République est le Commandant suprême des forces armées. Il préside le Conseil supérieur de la Défense. Il convoque et préside le Conseil des Ministres une fois tous les quinze jours. Le Président de la République en exercice sera reconduit dans ses fonctions pour toute la durée de la transition.

    b. Le Président de la République exerce les fonctions et pouvoirs suivants:

    b/l. Il promulgue les lois,

    b/2. Il nomme et révoque, sur proposition des Composantes et Entités, les Ministres et les Vice-Ministres.

    b/3. Il accrédite les Ambassadeurs et les Envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères et des organisations internationales. Les Ambassadeurs et les Envoyés extraordinaires sont accrédités auprès de lui.

    b/4. Conformément aux dispositions du présent Accord et de ses Annexes, il nomme :

    (i) Les hauts fonctionnaires de l'Etat;

    (ii) Les officiers de l'armée et de la police après délibération en Conseil Supérieur de la Défense;

    (iii) Les gouverneurs et vice-gouverneurs de Province;

    (iv) Le gouverneur et le vice-gouverneur de la Banque centrale;

    (v) Les Ambassadeurs et les Envoyés extraordinaires,

    (vi) Les membres du Conseil supérieur de la magistrature;

    (vii) Les mandataires de l'Etat dans les entreprises publiques et paraétatiques.

    b/5. Sur proposition du nouveau Conseil supérieur de la magistrature, il nomme et révoque les magistrats du siège et du parquet après en avoir informé le Gouvernement.

    b/6. Il contrôle les grades des ordres nationaux et les décorations conformément à la loi.

    b/7. Il a le droit de grâce et peut remettre, commuer et réduire les peines après en avoir informé le Gouvernement.

    b/8. Il déclare la guerre, l'état de siège et d'urgence sur décision du Conseil des Ministres après avis conforme des deux Chambres du Parlement.

    c. Les fonctions de Président de la République prennent fin par démission, décès, empêchement définitif et condamnation pour haute trahison, détournement des deniers publics, concussion ou corruption. En cas de cessation des fonctions, la Composante à laquelle appartient le Président de la République présente son remplaçant à l'Assemblée nationale pour entérinement, endéans sept jours. Le Vice-Président qui relève de la Composante Gouvernement assurera l'intérim, Les conditions de mise en oeuvre de cette disposition seront déterminées dans la Constitution de la transition.

    B. La Présidence

    d. La Présidence est composée du Président et des quatre Vice-Présidents.

    e. Le Président assure, avec les vice-présidents, un leadership nécessaire et exemplaire dans l'intérêt de l'unité nationale en RDC.

    f. Le Président de la République traite avec le concours des Vice-Présidents de toutes les matières relatives à la gestion du Gouvernement, ainsi que des matières mentionnées aux points A/b/b4 (i) et (v),

    g. Les réunions entre le Président et les Vice-Présidents se tiennent régulièrement, au moins une fois toutes les deux semaines et dans tous les cas avant chaque Conseil des Ministres. Les réunions entre le Président et les Vice-Présidents peuvent aussi être convoquées par le Président de la République à la demande d'un Vice-Président. En cas d'absence du Président de la République, celui-ci désigne à tour de rôle le Vice-Président qui présidera les réunions.

    C. Les Vice-présidents

    h. Il est créé quatre postes de Vice-Présidents. Les Vice-Présidents seront issus des Composantes Gouvemement, RCD, MLC et Opposition politique. Chaque Vice-Président sera chargé d'une des quatre commissions gouvernementales suivantes:

    - Commission politique (Composante RCD);

    - Commission économique et financière (Composante MLC);

    - Commission pour la reconstruction et le développement, (Composante Gouvernement);

    - Commission sociale et culturelle (Composante Opposition politique).

    i. Les Vice-présidents exercent les fonctions et pouvoirs suivants :

    i/1. Ils convoquent et président les réunions de leur Commission.

    i/2. Ils présentent les rapports de leur commission au Conseil des Ministres.

    i/3. Ils coordonnent et supervisent la mise en application des décisions du Conseil des Ministres en rapport avec leur commission respective.

    i/4. ils proposent au Président de la République les grades dans les ordres nationaux et les décorations conformément à la loi.

    j. Les fonctions de Vice-Président prennent fin par démission, décès, empêchement définitif et condamnation pour haute trahison, détournement des deniers publics, concussion ou corruption. En cas de cessation des fonctions, la Composante dont est issu le Vice-Président présente son remplaçant à l'Assemblée nationale pour entérinement. L'intérim ainsi que les conditions de mise en application de cette disposition seront déterminés dans la Constitution de la transition.

    D. Le Gouvernement

    k. Le Gouvernement est composé du Président de la République, des Vice-Présidents, des Ministres et Vice-ministres, Les portefeuilles ministériels sont répartis entre les Composantes et Entités du DIC dans les conditions et selon les critères déterminés dans le document annexé à l'Accord inclusif (Annexe 1).

    1. Le Gouvernement définit et conduit la politique de la Nation conformément aux Résolutions du DIC.

    m. Le Gouvernement est pleinement responsable de la gestion de l'Etat et répond de celle-ci devant l'Assemblée nationale dans les conditions définies par la Constitution de la transition. Toutefois, pendant toute la durée de la transition, l'Assemblée nationale ne peut voter une motion de censure contre l'ensemble du Gouvernement.

    n. Les réunions du Gouvernement, ou Conseil des Ministres, seront présidées par le Président de la République, et en son absence, ou s'il en décide ainsi, par un des Vice-Président et ce à tour de rôle.

    o. Le Gouvernement doit être consulté par le Président de la République sur les matières mentionnées aux points A/b/b4 (i) et (v) ci-dessus. p. Durant leurs fonctions, les membres du Gouvernement ne peuvent, ni par eux-mêmes ni par personne interposée, rien acheter ou louer qui appartienne au domaine de l’Etat. Ils sont tenus, dès le jour de leur entrée en fonction et à l’expiration de celle-ci, de faire sur l’honneur une déclaration écrite de tous leurs biens à l’Assemblée nationale.

    q. Les fonctions des Ministres et Vice-ministres prennent fin par démission, révocation, décès, empêchement définitif, condamnation pour haute trahison, détournement des deniers publics, concussion ou corruption. En cas de vacance, la Composante ou l'Entité du DIC dont est issu le Ministre ou Vice-ministre concerné présente son remplaçant au Président de la République. Les conditions de mise en application de cette disposition seront déterminées dans la Constitution de la transition.

    r. Un Secrétariat général du Gouvernement assiste le Président et les Vice-Présidents dans la coordination de l'action gouvernementale. Il prépare les réunions, travaux et tous les dossiers devant faire l'objet des discussions entre le Président et les Vice-Présidents, et au niveau du Conseil des Ministres.

    s. L'exécutif de la transition fonctionne d'une manière solidaire, conformément à l'esprit d'un gouvernement d'union nationale et sur la base d'un programme commun du Gouvernement fondé sur les Résolutions adoptées au DIC à Sun City.

    2 - Le Pouvoir législatif

    Le Parlement de la transition est composé de deux Chambres: L’Assemblée nationale et le Sénat.

    a. L'Assemblée nationale est l'institution législative pendant la période de la transition. Elle exerce les pouvoirs et fonctions déterminés dans la Constitution de la transition annexée au présent Accord inclusif sur la transition en RDC.

    b. L'Assemblée nationale comprend 500 membres. Les membres de l'Assemblée nationale portent le titre de "Député", l'âge minimal pour être député est de 25 ans révolus à la date de désignation. Les députés ont droit à une indemnité mensuelle et équitable qui leur assure l'indépendance et une sortie honorable.

    c. Les députés seront désignés par leurs Composantes et Entités du DIC dans les conditions déterminées dans le document annexé au présent Accord inclusif. Toutes les Composantes et Entités doivent assurer une représentation provinciale équilibrée dans leur groupe.

    d. Le Bureau de l'Assemblée nationale sera composé d'un Président, de deux Vice-Présidents, d'un Rapporteur et d'un Rapporteur-adjoint. Chacun d'eux sera issu d'une Composante ou d'une Entité différente.

    e. Le Sénat jouera le rôle de médiateur en cas de conflit entre les institutions. Il élaborera l’avant-projet de Constitution devant régir le pays après la transition. Il exercera la fonction législative concomitamment avec l’Assemblée nationale en matière de nationalité, de décentralisation, de processus électoral, et en matière d’institution d’appui à la démocratie.

    f. Le Sénat comprend 120 membres. Les membres du Sénat portent le titre de "Sénateur". L'âge minimal pour être Sénateur est de 40 ans révolus à la date de désignation. Les Sénateurs ont droit à une indemnité mensuelle et équitable qui leur assure l'indépendance et une sortie honorable.

    g. Les Sénateurs sont désignés par leurs Composantes et Entités du DIC dans les conditions déterminées dans le document annexé au présent Accord inclusif. Le Sénat est constitué de manière à assurer la représentation de toutes les Provinces.

    h. Le Bureau du Sénat sera composé d'un Président, de deux Vice-Présidents, d'un Rapporteur et d'un Rapporteur adjoint, comme prévu dans le présent Accord. Chacun d'eux sera issu d'une Composante ou d'une Entité différente.

    i. Les fonctions de Président de l'Assemblée nationale et de Président du Sénat prennent fin par démission, décès, empêchement définitif, et condamnation pour haute trahison, détournement des deniers publics, concussion ou corruption,

    3 - Le Pouvoir judiciaire

    a. Les Parties réaffirment la nécessité d'avoir un pouvoir judiciaire indépendant, Le Conseil supérieur de la magistrature est la juridiction disciplinaire des magistrats. Il véille sur la carrière des magistrats et la sauvegarde de leur indépendance.

    b. L'organisation du pouvoir judiciaire sera déterminée dans la Constitution de la transition et dans une loi.

    c. Le premier Président de la Cour suprême de justice, le Procureur général de la République et l'Auditeur général des Forces armées seront désignés et mis en place aussitôt après la signature du présent Accord global et inclusif, dans le respect des équilibres nationaux, selon un mécanisme qui sera défini par les Parties.

    4. Les Institutions d’appui à la démocratie

    a. - Il est créé les Institutions d'appui à la démocratie suivantes:

    - La Commission électorale indépendante;

    - La Haute autorité des médias;

    - La Commission vérité et réconciliation;

    - L’Observatoire national des droits de l’homme;

    - La Commission de l’éthique et de la lutte contre la corruption.

    b. L'organisation, le fonctionnement et les pouvoirs des institutions d'appui à la démocratie seront déterminés par la loi.

    c. La Présidence des Institutions d'appui à la démocratie revient à la Composante Forces vives. Les Présidents des Institutions d'appui à la démocratie ont rang de Ministre. Les Institutions d'appui à la démocratie fonctionnent indépendamment du Gouvernement de la transition. Les fonctions de Présidents des Institutions d'appui à la démocratie prennent fin par démission, décès, empêchement définitif et condamnation pour haute trahison, détournement des deniers publics, concussion ou corruption.. En cas de cessation des fonctions, la Composante à laquelle appartient un Président de l'une des Institutions présente son remplaçant à l'Assemblée nationale pour entérinement, endéans sept jours.

    VI - De l'armée

    Il est créé un mécanisme chargé de la formation - d'une armée nationale, restructurée et intégrée, conformément à la Résolution adoptée le 10 avril 2002 par la Plénière du Dialogue intercongolais (DIC) de Sun-City, sur recommandation de la Commission Défense et Sécurité. Le Chef d'Etat-Major Général de l'armée et ses deux adjoints ne peuvent provenir d'une même Composante. De même, les Chefs d'Etat-Major des Forces terrestres, navales et aériennes ne peuvent provenir d'une même Composante. Ces postes seront répartis entre les Composantes ayant des forces combattantes signataires de l'Accord de Lusaka.

    b. L'armée nationale, restructurée et intégrée comprendra les forces combattantes armées du Gouvernement de la RDC, du RCD, du MLC. Les forces du RCD-N, du RCD-ML et des Mai-Mai doivent également intégrer l’armée nationale,

    c. Il devra être créé immédiatement un mécanisme intérimaire pour procéder à l'identification physique des militaires, à la détermination de leurs origines, leur date d'enrôlement et l'unité à laquelle ils appartiennent.

    d. Il est créé un Conseil supérieur de la Défense. Il est présidé par le Président de la République, et, en cas d'absence, par le Vice-Président ayant la Défense dans ses attributions.

    e. Le Conseil Supérieur de la Défense est composé comme suit :

    - Le Président de la République;

    - Les quatre Vice-Présidents;

    - Le ministre de la Défense;

    - Le ministre de l’intérieur, de la Décentralisation et de la Sécurité;

    - Le ministre des Affaires étrangères;

    - Le Chef d'Ftat-Major Général de l’Armée (ses adjoints peuvent y être invités);

    - Le Chef d'Etat-Major des Forces aériennes, le Chef d'Etat-Major des Forces terrestres et le Chef d'Etat-Major des Forces navales.

    f. Le Conseil supérieur de la Défense donne un avis conforme sur la proclamation de l'état de siège, la proclamation de l'état d'urgence, et la déclaration de guerre.

    g. La loi sur l’armée et la Défense nationale détermine les attributions et le fonctionnement du Conseil supérieur de la Défense.

    h. Le Conseil supérieur de la Défense donne un avis notamment sur les matières suivantes :

    - La formation d'une armée nationale, restructurée et intégrée;

    - Le désarmement des groupes armés;

    - La supervision du retrait des troupes étrangères;

    - L'élaboration de la politique de défense.

    i. Les conditions de mise en application des dispositions relatives à l'armée seront déterminées par la loi.

    VII - Dispositions finales

    a. La Constitution de la transition est élaborée sur la base du présent Accord inclusif sur la transition en RDC et en fait partie intégrante. b. Les Parties acceptent comme ayant force obligatoire les Annexes ci-après, qui font partie intégrante du présent Accord inclusif sur la transition en RDC.

    c. Les Parties s'accordent à élaborer un mécanisme de mise en oeuvre du présent Accord.

    d. Le présent Accord inclusif et la Constitution de la transition entrent en vigueur à la date de leur adoption par le DIC.

    e. Les Parties s'engagent à exécuter le présent Accord de bonne foi, à respecter ses dispositions, à prendre part à toutes les Institutions, structures et commissions qui seront créées conformément à sa teneur. Elles s'engagent à tout mettre en oeuvre pour veiller au respect et à l’application du présent Accord.

     

    VIII - ANNEXES

    Annexe I : De la répartition des responsabilités

    Annexe Il: Des entreprises publiques

    Annexe Ill. De la Commission de suivi de l'Accord

    Annexe IV: De la garantie internationale

    Annexe V: Des questions sécuritaires et Militaires

    ANNEXE I : De la répartition des responsabilités

    A. Gouvernement

    1. La participation des Composantes et Entités du DIC au Gouvernement de la transition est fondée sur le mode de leur participation au DIC de Sun-City.

    2. Le Gouvernement de la transition sera composé des Ministères suivants;

    Intérieur,

    Affaires Etrangères;

    Coopération Internationale;

    Défense Nationale,

    Relations avec le Parlement,

    Anciens Combattants et Démobilisation; Justice;

    Droits Humains;

    Information et Presse;

    Plan;

    Finances;

    Economie;

    Industrie et Petites et Moyennes Entreprises;

    Mines,

    Energie; -

    Commerce,

    Infrastructure et Travaux Publics;

    Transports;

    Culture et Arts;

    Environnement;

    Tourisme;

    Affaires Foncières.;

    Urbanisme-,

    Santé;

    Enseignement Supérieur et Universitaire;

    Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel;

    Travail;

    Affaires Sociales;

    Jeunesse et Sports.

    3. Le Gouvernement de la transition comprendra également les Vice-ministres chargés des portefeuilles suivants:

    Affaires Etrangères

    Intérieur;

    Intégration de l'Armée;

    Coopération internationale,

    Défense,

    Anciens combattants et démobilisation;

    Sécurité et l'Ordre public;

    Justice;

    Presse et Information,

    Plan;

    Finances;

    Budget;

    Portefeuille;

    Mines;

    Energie,

    Commerce,

    Agriculture, Elevage et Pêche;

    Travaux publics et Infrastructures

    Fonction publique;

    Transports;

    Santé,

    Enseignement Supérieur et Universitaire;

    Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel;

    Affaires sociales;

    Travail.

    4. Il sera attribué 7 ministères et 4 postes de Vice-ministres à chacune des composantes suivantes : Gouvernement, RCD, MLC et Opposition politique.

    5. Il sera attribué 2 Ministères et 3 postes de Vice-Ministres à la Composante Forces vives (en plus de la Présidence des 5 institutions d'appui à la démocratie).

    6. Il sera attribué 2 Ministères et 2 postes de Vice-Ministres à chacune des Entités suivantes: RCD-ML, RCD-N, et Mai-Mai.

    B. Assemblée nationale

    1. La participation des Composantes et Entités du DIC à l'Assemblée nationale est fondée sur le mode de leur participation au DIC de Sun-City. L'Assemblée est composée de la manière ci-après: Composantes/Entités Nbre/députés

    RCD 94

    MLC 94

    Gouvernement 94

    Opposition politique 94

    Forces vives 94

    RCD-ML 10

    RCD-N 10

    Mai-Mai 10

    Total 500

    2. Le Bureau de l'Assemblée nationale est composée de la manière ci-après:

    - Président: désigné par la Commission MLC

    - Premier Vice-Président: Opposition politique

    - Premier vice-président : RCD-ML;

    - Rapporteur: Maï-Maï;

    - Vice-Rapporteur : Forces vives.

    C. Sénat

    1. La participation des Composantes et Entités du DIC au Sénat est fondée sur le mode de leur participation au DIC de Sun-City. Le Sénat est composé de la manière ci-après :

    Composantes/Entités Nbre/sénateurs

    RCD 22

    MLC 22

    Gouvernement 22

    Opposition politique 22

    Forces vives 22

    RCD-ML 4

    RCD-N 3

    Maï-Maï 3

    Total 120

    2. Le Bureau du Sénat est composé de la manière ci-après:

    - Président: Forces vives

    - premier Vice-Président: RCD;

    - Premier Vice-Président : RCD-N;

    -'Rapporteur : Opposition politique;

    - Vice-Rapporteur : Gouvernement.

    D. Administration Provinciale

    1. Chacune des 11 Provinces de la RDC sera administrée par une autorité exécutive provinciale comprenant un Gouverneur et trois Vice-gouverneurs.

    2. Les Vice-gouverneurs seront responsables, chacun en ce qui le concerne, de l'un des portefeuilles suivants;

    - Administration et politique;

    - Finances, économie et reconstruction;

    - Affaires sociales et culturelles.

    3. Le Gouverneur et les Vice-gouvemeurs devront être des personnes de haute intégrité morale et n'ayant pas un profil politique élevé, étant généralement considérés comme des facteurs d'unité dans chacune des Provinces,

    4. Chaque Composante et Entité participant au Gouvernement de la transition ne désignera pas plus de 11 candidats aux postes de Gouverneurs et pas plus de 11 autres aux postes de Vice-gouverneurs.

    5. Aucune Composante ni Entité ne pourra avoir plus d'un candidat servant dans une autorité exécutive provinciale.

    6. Le Gouvernement décidera des nominations appropriées pour chaque Province. En prenant chaque décision, le Gouvernement devra s'assurer que les nominations reflètent l'engagement relatif au partage du pouvoir accepté au niveau national.

    7. Dans les trois mois suivant l'installation des Institutions de la transition, il sera adopté une loi portant sur les questions de décentralisation.

    8. Les autorités exécutives provinciales feront rapport au Gouvernement de la transition à travers le ministre concerné.

    9. Toutes les personnes nommées dans l’administration provinciale devront être des citoyens congolais de haute intégrité.

    E. Diplomatie

    1. Les Parties ont identifié 26 postes stratégiques d'Ambassadeurs, dont 11 sont actuellement pourvus. Elles conviennent que 11 postes, qui peuvent être distincts de ceux actuellement pourvus, seront retenus par la Composante Gouvernement. Les Parties conviennent que les 15 postes restants seront répartis entre les autres Composantes et Entités

    2. La Commission de suivi de l’Accord fera des propositions sur la nomination des titulaires de ces 26 postes.

    3. Les candidatures au poste d'Ambassadeurs seront ouvertes aux Parties au présent Accord et à tous les citoyens congolais possédant les qualifications requises.

    4. Toutes les candidatures seront évaluées par une sous-commission multipartite du Gouvernement de la transition, laquelle soumettra ses recommandations à ce même Gouvernement.

    5. Les recommandations de la sous-commission doivent tenir compte de la nécessité d'assurer une représentation équitable et équilibrée des hommes et des femmes ainsi que des régions. Elles doivent également refléter la configuration de la scène politique.

    6. Le Gouvernement doit aussi s'assurer que les candidats retenus reflètent la composition politique du Gouvernement de la transition.

    7. Le Président de la République nomme les candidats qui ont été acceptés par le Gouvernement de la transition.

    ANNEXE II: Des entreprises publiques

    1. Les Parties conviennent que les entreprises publiques ne doivent pas être utilisées pour avantager ou désavantager l'une d'entre elles.

    2. Les Parties conviennent. que les entreprises publiques doivent faire prévaloir l'intérêt général sur les intérêts particuliers, de manière à servir tous les Congolais.

    3. Les entreprises publiques doivent être gérées de manière efficace, transparente et doivent rendre compte de leur gestion au gouvernement de la transition.

    4. La Commission de suivi de l’Accord vérifiera la liste de toutes les entreprises publiques existantes, ainsi que la liste des membres et présidents de leurs conseils d’administration.

    5. La Gouvernement de la transition examinera toutes les nominations pour s'assurer que les personnes qui dirigent ces entreprises ont les compétences et les qualifications requises. Cet examen doit être effectué de manière objective, juste, et non-arbitraire. Les PDG des entreprises publiques doivent être titulaires d'un diplôme universitaire ou équivalent,

    6. Pour permettre au Gouvernement de la transition de veiller à la bonne marche et à la bonne gestion des entreprises publiques, celles-ci seront soumises aux règles et mesures ci-après :

    * Le Gouvernement de la transition définit les objectifs et programmes selon les secteurs d'activités dans lesquels les entreprises publiques opèrent.

    * Les comités de gestion de ces entreprises doivent préparer un programme annuel d'activités. Ce programme sera basé sur les orientations politiques du Gouvernement et sera soumis à ce dernier pour approbation.

    * Les comités de gestion doivent soumettre au Gouvernement un rapport trimestriel sur l'exécution de leur programme d'activités tel qu'approuvé par le Gouvernement de la transition.

    * Les entreprises publiques doivent être soumises d'un audit financier semestriel effectué par des auditeurs indépendants. Les rapports à un audit seront transmis au Gouvernement pour information et à l'Assemblée nationale pour approbation,

    * Chaque entreprise publique doit garder un Registre des intérêts de l'entreprise, rendant notamment compte des conflits d'intérêts, pour tous les directeurs et les hauts cadres. Ce registre devra être accessible à tous les membres du Gouvernement, * Les comités de gestion des entreprises publiques doivent préparer un code d'éthique pour tous les directeurs et employés.

    * La liste des émoluments et la politique des ressources humaines des entreprises publiques doivent être adoptées par le Gouvernement de la transition.

    * Les éventuelles interactions entre le Gouvernement et les entreprises publiques doivent être approuvées par le Ministre compétent.

    7. Dès l’adoption du présent Accord, les entités et branches régionales de chaque entreprise publique seront regroupées et réintégrées au sein de la société-mère. Les comités de gestion des entités et branches régionales des entreprises publiques seront intégrées au comité de gestion de la société-mère. Les membres des comités de gestion des entités et branches régionales deviendront membres à part entière du comité de gestion de la société-mère. Dans les trois mois suivant la mise en place du Parlement de la transition, une loi sera adoptée portant restructuration des entreprises publiques.

    Annexe III. : Commission de suivi de l'Accord

    1. Il est créé une Commission de suivi pour la mise en oeuvre du présent Accord, ci-après dénommée Commission de suivi de l'Accord.

    2. La Commission de suivi de l'Accord est présidée par le Président de la République Démocratique du Congo, Son Excellence le Major-Général Joseph Kabila.

    3. La Commission de suivi de l'Accord est composée de deux Hauts-Représentants par Composante et d'un Haut-Représentant par Entité, non-compris le Président de la Commission lui-même.

    4. La Commission de suivi de l'Accord exercera les fonctions suivantes:

    a. Assurer le suivi de l'application effective des dispositions du présent Accord.

    b. Veiller à l'interprétation correcte du présent Accord.

    c. Concilier les points de vue et aider à résoudre les désaccords pouvant surgir entre les signataires.

    d. Vérifier la liste des entreprises publiques existantes.

    e. Etre le dépositaire des candidatures aux postes de ministres, Vice-ministres, Députés et Sénateurs.

    f. Etre le dépositaire des candidatures aux 26 postes d’Ambassadeurs déclarés stratégiques en vertu du présent Accord.

    g. Faire des propositions de nominations auprès du Gouvernement concernant les postes visés ci-dessus aux lettres e et f.

    h. Faire des propositions de nominations auprès du Gouvernement concernant les modalités du partage des responsabilités au niveau des provinces.

    i. Commencer la mise en place des mesures de sécurité et de logistique visant à assurer la sécurité des dirigeants de la transition ainsi que leur installation à Kinshasa.

    j. Faire des recommandations quant à la formation du Secrétariat général du Gouvernement.

    5. La Commission de suivi de l'Accord est créée dès l'entrée en vigueur du présent Accord. Sa mission prend fin après la présentation de son rapport au Gouvernement de transition, au plus tard un mois après la mise en place dudit Gouvernement.

    ANNEXE IV: De la garantie internationale

    1. Il est créé un Comité international visant à garantir la bonne mise en oeuvre du présent Accord et à soutenir le programme de la transition en RDC, conformément aux présentes dispositions.

    2. Ce Comité international arbitrera et tranchera tout désaccord pouvant survenir entre les Parties au présent Accord.

    3. Ce Comité international assistera le Comité de suivi de l'Accord dans l'accomplissement de son mandat.

    ANNEXE V: Des questions sécuritaires et militaires

    1. Afin de prendre les dispositions nécessaires entre l'adoption du présent Accord et la mise en place du Gouvernement de la transition, la Commission de suivi de l'Accord établira un Comité intérimaire chargé de la défense et de la sécurité.

    2. Ce Comité intérimaire sera composé de trois représentants pour chaque Composante, de deux représentants pour chaque Entité.

    3. Ce Comité intérimaire sera assisté par trois Sous-comités techniques:

    Sous-comité technique Défense;

    Sous-comité technique Police;

    Sous-comité technique Service de sécurité.

    4. Les Sous-comités techniques seront composés d'officiers supérieurs des forces armées, de la police et des services de sécurité des Parties ayant des forces combattantes.

    5. Toutes les forces armées seront placées sous le contrôle du Comité intérimaire dès l'entrée en vigueur du présent Accord.

    6. Les parties ayant des forces combattantes doivent établir une déclaration sur l’état de leurs forces armées, de police et de sécurité. Toutes les forces déclarées par les parties deviendront des forces armées nationales. Les forces armées, de police et de services de sécurité, resteront stationnées sur leurs positions respectives jusqu'au moment de leur intégration dans les forces de défense nationale, de police et de sécurité.

    7. La sécurité des dirigeants politiques à Kinshasa sera réglée comme suit:

    a. Chaque dirigeant politique aura 5 à 15 gardes du corps pour assurer sa sécurité personnelle.

    b. Aucune force armée congolaise supplémentaire ne pourra être acheminée à Kinshasa afin d'éviter toute possibilité de confrontation armée.

    c. Le Comité intérimaire pourra proposer des mesures de sécurité additionnelles pour certains dirigeants selon les besoins.

    8. Les mesures de sécurité intérimaires suivantes seront mises en place;

    a. Une force de police intégrée sera chargée d'assurer la sécurité du Gouvernement de la population,

    b. Jusqu'à la mise en place de cette force de police par le gouvernement de la transition, une unité militaire internationale neutre sera établie pour assurer la sécurité, en particulier à Kinshasa, siège du Gouvernement de la transition.

  • RDC: Pourquoi Bemba zappe-t-il l'AJPBA ?

    RDC: Pourquoi Bemba zappe-t-il l'AJPBA ?

    Jean-Pierre Bemba à son arrivée à Kinshasa

    Fidèle à sa ligne éditoriale, Réveil FM International a toujours sans se lasser dénoncer l'annulation du débat démocratique inscrit dans la Constitution de Transition qui devait opposer Jean-Pierre Bemba à Alias Joseph Kabila lors de l'élection Louis Michel 2006. "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi qui avait eu l'outrecuidance d'annuler ce débat a été nommé Rapporteur au Sénat par Alias Joseph Kabila , en récompense pour le boulot de sape et le musellement des journalistes, médias et opposants par la fameuse et étouffoir des libertés: la Haute Autorité des Médias (HAM). Il est étonnant qu'à sa sortie de la CPI que Jean-Pierre Bemba en allant à Kinshasa ait accepté de retrouver sa place au Sénat godillot et illégitime aux côtés de "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi.

    Jean-Pierre Bemba est-il devenu amnésique ? En tout cas, en France, des membres de l’Association « les Amis de Jean-Pierre Bemba et Alliés» (AJPBA) s'offusquent du zapping de Jean-Pierre Bemba à l'égard de leur association. Depuis sa sortie de la CPI, Jean-Pierre Bemba n'a pas pris le peine d'appeler ni d'inviter les membres de l'AJPBA, il s'est éloigné de ce dernier, au profit de Génération Jean-Pierre Bemba, dynamique Bemba et autres, qui sont nés à deux mois de sa libération, sont soignés aux petits oignons. Et pourtant, à Réveil FM International nous nous souvenons comme si cela était hier.

    Le 1 septembre 2008, la salle Carnavalet de l’hôtel Holiday Inn à Paris, métro République, de ce cadre prestigieux vibrait, au rythme des divers chants congolais dédiés à «Igwe», à l’occasion de la sortie officielle des « Amis de Jean-Pierre Bemba » en France. Au cours de cette rencontre, la vice-présidente nationale, Fyfy Osambia venue de la République démocratique du Congo et le coordinateur–Europe, Dieudonné Wabi qui réside en Belgique avaient tenu en haleine le Tout Paris associatif, pendant plus de quatre heures, du bien fondé de l’association à ses motivations en passant par les révélations inédites, rien n’avait été laissé au hasard.

    Prenant la parole avant les autres intervenants, le coordinateur-Europe de l’AJPBA avait annoncé les couleurs en indiquant que « Jean-Pierre Bemba est en prison parce qu’il constitue un obstacle pour ceux qui veulent faire main basse sur les richesses du Congo. Nous sommes capables de démontrer que l’arrestation du leader du MLC a été précipitée afin de l’empêcher de prendre la tête de l’opposition en qualité de porte-parole de l’opposition ».

    - Nous dénonçons la politisation de la Cour Pénale Internationale et aussi l'Union Européenne qui tendent à maintenir l'Afrique et particulièrement la RDC dans le statu quo.

    - A chaque fois qu'il y a lueur d'espoir par un digne fils du pays à l'instar de Patrice Emery Lumumba, Kasa-Vubu, c'est à ce moment que les ennemis de la RDC profitent pour plonger tout un pays dans le désarroi. Et aujourd'hui Jean Pierre Bemba.

    - Nous dénonçons également le comportement du procureur Près la CPI qui, à travers ses propos, tend à incriminer par des astuces judiciaires coûte que coûte, notre espoir, alors que Lui et la CPI laissent les principaux acteurs en l'occurrence Monsieur Ange Félix Patassé et son Général des Forces armées vaquer à leurs occupations.

    - Nous nous posons la question de savoir que font les services de renseignements belges dans une affaire qu'ils prétendent eux-mêmes être purement juridique!

    En France, Les Amis de Jean-Pierre Bemba et alliés "AJPBA" a été officiellement déclarée à la préfecture le 23 avril 2009 et a pour siège social au 39 rue du haut de la noue, 92390 Villeneuve-la-Garenne, France.

    Mama Lilianne Bemba lors du conclave de l'AJPBA à Gennevilliers. Photo Réveil FM International

    C'est l'AJPBA qui invita Mama Liliane Bemba à Gennevilliers à son conclave, en avril 2011. Réveil FM international y a été. C'est avec notre confrère Roger Bongos que nous avons interviewé Mama Liliane Bemba à deux jours du départ de François qui officiait comme Secrétaire Général du MLC qui n'a jamais organisé une seule manifestation pour Jean-Pierre Bemba. Si 100.000 kinois, sur les deux millions ayant "voté" à l’élection Louis Michel 2006 pour le Mwana Mboka Jean Pierre Bemba, étaient mobilisés en continu pendant une semaine à Kinshasa pour un imposant sit-in devant le Palais du Peuple, et au moins 5.000 sur les 40.000 congolais que comptent la Belgique et les Pays-Bas, la CPI et la communauté internationale allaient traité différemment le dossier Jean-Pierre Bemba.

    L'AJPBA est négligé aujourd'hui par Jean-Pierre Bemba, alors que cette association a toujours mobilisé pour Jean-Pierre Bemba ! Plusieurs profito-situationnistes qui se tapent la poitrine aujourd'hui, n'ont pas fait le boulot comme l'AJPBA. Il est dommage que Jean-Pierre Bemba ne reconnaisse pas le travail abattu par l'AJPBA! A Réveil FM International et Afrique Rédaction, nos archives parlent !

    Paris 2011, Roger Bongos-Afrique Rédaction, Mama Liliane Bemba et Freddy Mulongo, Réveil FM International

    Le vrai problème, c'est la MLC ! Un parti politique, pépinière dont les membres sont des traverseurs de rue et vont facilement à la mangeoire du régime. Est-ce que c'est la faute de Thomas Luhaka, François Mwamba, José Makila et autres pseudo-classiques du MLC qui ont rejoint la mangeoire d'Alias Joseph Kabila ? Que fait donc Jean-Pierre Bemba tous ceux qui se mobilisent par leurs propres moyens pour lui ? Aujourd'hui, ce sont des membres de l'AJPBA qui durant des années se sont mobilisés, avec leurs propres moyens, au prix de nombreux sacrifices, pour Jean-Pierre Bemba lorsqu'il était en prison de la CPI, une fois dehors pas un mot ni un coup de fil d'encouragement.

    En France, le MLC n'a pas beaucoup de crédibilité. Avec Mama Koko Anastasie Mutoka, agent d'accueil à la Mairie de Paris et chef de fil du MLC, on n'est pas sorti de l'auberge. Comment une ethno-tribaliste comme Anastasie Mutoka peut-elle fédérer au sein du MLC-France ? C'est la catastrophe ! Anastasie Mutoka est tshisekediste pur sucre. D'ailleurs lors que Bruno Tshibala est venu à Paris, c'est elle la représentante du MLC qui est allée à l'aéroport avec tous les ethno-tribalistes pour accueillir le "Collabo et "traître" Bruno Tshibala ainsi que des troubadours qui l'accompagnaient en vadrouille à Paris. Comme une diffamatrice et médisante Mama Koko Anastasie Mutoka, qui collabore avec le régime d'imposture de Kinshasa peut-être placée à la tête du MLC-France ?

    Jean-Pierre Bemba doit continuer à fédérer tous les congolais, surtout ceux qui croient en lui, ceux qui se sont sacrifiés pour lui au moment le plus difficile. Les profito-situationnistes prennent en otage, les acteurs politiques. A Jean-Pierre Bemba de se ressaisir et de savoir qui à ses côtés se battent pour la cause noble. Ils sont nombreux les travailleurs de la 26è heure !
  • Genève: Le patriarche Anatole Malu étrille Elikia Mbokolo !

    Genève: Le patriarche Anatole Malu étrille Elikia Mbokolo !

    Le patriarche Anatole Malu à Genève

    Le vieux Norbert Takizala n'étant plus, le patriarche Anatole Malu, ancien fonctionnaire au Bureau International du Travail (BIT) à Genève, est le plus écouté et respecté dans la diaspora congolaise. Chez lui à Meyrin, livres, statuettes et tableaux africains font partie de son environnement. Anatole Malu qui est le Président de l'Universitaire Populaire Africaine a bondi sur son grand fauteuil rouge, en écoutant les énormités débitées par Elikia M'Bokolo depuis qu'il a rejoint la mangeoire du régime finissant d'Alias Joseph Kabila. Elikia M'Bokolo que l'on prenait pour une lumière pour éclairer l'intelligentsia congolaise n'était autre qu'une bougie qui n'éclairer rien du tout. Se jeter dans les bras d'une dictature sanguinaire en République démocratique du Congo est un acte de suicide intellectuel, que M'Bokolo n'a pas mesurer toutes les conséquences. Le patriarche Anatole Malu connait bien Elikia M'Bokolo qui a été parachuté comme Président à la Fédération des Congolais de l'Etranger (FCE), alors qu'il était Coordinateur élu par le Comité d'initiative et d'organisation mis sur pied le 24 février 2001, avec pour tâches de sensibiliser les compatriotes et leurs associations sur la nécessité et l'urgence de créer une organisation centrale des Congolais de l'étranger et de recueillir leurs suggestions; de piloter le projet jusqu'à l'organisation d'une assemblée générale qui créera la Fédération des Congolais de l'Etranger (FCE). Voici la réponse du patriarche Anatole Malu à l’article d'Elikia Mbokolo publié dans Jeune Afrique n° 3003 du 29 juillet au 4 août 2018.

    Monsieur Mbokolo,

    Avec ce plaidoyer pour votre adhésion au FCC vous ne faites pas honneur au titre de Professeur que vous aimez porter en bandoulière. C’est une réaction d’humeur plutôt qu’un plaidoyer pour des convictions sincères car les arguments que vous déployez n’en sont pas.

    Vous prétendez être un homme libre et déniez à quiconque le droit de vous dicter votre pensée, vos opinions, vos choix, vos actes. Sauf que vous vous exprimez dans l’espace public sur des questions qui concernent la vie des autres. Souffrez alors que les autres puissent éventuellement vous interpeller, voire vous juger, d’autant plus que vous vous permettez, vous, de juger les autres.

    Les gens vous voient ramper, pour reprendre votre expression, sous la table du prince aux côtés d’autres individus sans foi ni loi, peut-être gratuitement, et vous prétendez interdire aux gens de le constater, alors même que ces gens sont avec tout le peuple congolais victimes de ce prince. Même si vous le faites de bonne foi, vous ne pouvez empêcher les gens de porter un jugement sur ce comportement, ne serait-ce que sur le plan moral.

    Je ne suis pas non plus de ceux qui pensent qu’en tous lieux et en tout temps savants et intellectuels doivent se placer au-dessus de la mêlée. Mais lorsqu’on s’engage dans une mêlée on choisit un camp en fonction de certains critères et du rôle qu’on entend y jouer. Que dirait-on d’un pompier qui irait éteindre un incendie en se mettant aux côtés de l’incendiaire qui continue à alimenter l’incendie ?

    Vous dites que c’est votre droit absolu ? C’est une étrange conception du droit ! Le droit dans son sens le plus noble est fondé sur le principe moral. Ce n’est pas à quelqu’un qui ne se prive jamais de clamer haut et fort sa qualité de savant et de professeur qu’on devrait rappeler cette notion élémentaire.

    Le régime auquel vous adhérez est celui-là même qui est responsable du bourbier dans lequel se débat le peuple congolais. On ne conteste pas votre droit, mais on juge votre posture morale, et pour le coup on a le droit de le faire.

    Vous évoquez - avec quelle légèreté ! - ceux que vous appelez vos trois champions, Kimpa Vita, Simon Kimbangu et Patrice Lumumba en oubliant qu’ils se sont affranchis du droit qui les opprimait pour payer de leur vie leur posture morale. C’est cette même posture morale qui est probablement à la base des positions de ceux que vous qualifiez avec mépris de porteurs de croix et de goupillons.

    Pour vous les citoyens qui osent dénoncer l’ordre injuste qui détruit notre Nation et qui acceptent de payer le prix du sang ne sont que des spectateurs criards manipulables à souhait, tandis que vous seriez, vous qui soutenez leur bourreau, un parangon de vertu.

    Vous vous targuez même d’avoir plaidé en faveur de Bemba auprès de celui-là même qui s’est livré à des manœuvres qui ne sont un secret pour personne pour le livrer à la CPI.

    Quel historien êtes-vous donc M.Mbokolo et quelle Histoire du Congo écrivez-vous en vous acoquinant avec un régime qui a réduit le Congo et le peuple congolais à l’état qui est le leur aujourd’hui. Est-ce un hasard si votre adhésion à la confrérie des criminels qui détruisent notre pays et notre peuple et qui entendent poursuivre dans cette voie suscite tant de réactions violentes ?

    Si vous avez encore une once de conscience et de probité intellectuelle, ressaisissez-vous au lieu de tancer ceux qui ne sont pas dupes et s’imaginent que vous n’êtes peut-être pas définitivement perdu pour la juste cause nationale.

    Anatole MALU

    Citoyen congolais

    Président de l’Université Populaire Africaine en Suisse (UPAF)

  • RDC: Kofi Annan n'a jamais teint ses cheveux blancs !

    RDC: Kofi Annan n'a jamais teint ses cheveux blancs !

    Kofi Annan est mort

    Ils sont nombreux des hommes politiques africains qui teignent leurs cheveux pour tricher avec leur âge. En République démocratique du Congo le système "Yombo" est à la mode. Contrairement à Léonbitch Kengo Wa Dondo, 83 ans, président du Sénat illégitime, ancien dinosaure Mobutiste, né le 22 mai 1935, qui triche avec ses cheveux, en se teignant du "Yombo", Kofi Annan, l'ancien Secrétaire Général de l'ONU et prix Nobel de la paix, qui est mort samedi à 80 ans, n'a jamais teint ses cheveux blancs. Kofi Annan transpirait une autorité naturelle, il était reconnaissable par ses cheveux blancs qui en Afrique symbolise la sagesse.

    Diplomate de carrière, Kofi Annan a contribué à rendre l'ONU plus présente sur la scène internationale pendant ses deux mandats, de 1997 à 2007. Le drapeau de l'ONU, la bannière bleu des Nations Unies, a été abaissée au siège de l'ONU à New York en hommage à Koffi Annan, le 7e Secrétaire général de l'Organisation décédé samedi 18 août 2018.

    L'actuel secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a salué en son prédécesseur «une force qui guidait vers le bien» et il a présenté ses sincères condoléances « à tous ceux qui pleurent la perte de ce fier fils d’Afrique qui est devenu un champion mondial de la paix et de l’humanité tout entière ».

    Emmanuel Macron, le Président français a twitté: "Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU et prix Nobel de la Paix, a quitté ce monde pendant la nuit. La France lui rend hommage. Nous n’oublierons jamais son regard calme et résolu, ni la force de ses combats."

    C'est avec une immense tristesse que la famille Annan et la Fondation Kofi Annan annoncent que Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies et lauréat du Nobel de la paix, est décédé paisiblement samedi 18 août après une courte maladie", a annoncé sa fondation dans un communiqué à Genève.

    Léonbitch Kengo Wa Dondo à son âge se teint toujours les cheveux, quel exemple pour la jeunesse ?

    Seuls des amnésiques croient en l'individu Kengo. Le sénat des applaudisseurs godillots qu'il préside au palais du peuple, est illégitime depuis 2011. Nulle n'ignore que lors des élections Louis Michel 2006, des individus ont corrompu des députés provinciaux avec de l'argent, vélos, motos, groupes électrogènes...pour devenir des sénateurs. Qui ignore que Léon Lobitch Kengo wa dondo faux candidat président de la République à l'élection président de 2011, n'avait obtenu que 4% ! Il est retourné au perchoir du Sénat comme si de rien n'était.

    L'édenté de la Gare du Nord à Paris, Monsieur 4% préside encore et toujours le Sénat dont aucun congolais n'est mesure de citer ne fut-ce qu'une seule loi qui touche à son bien être.

    Politicailleur, repu sans vergogne, Léobitch Kengo wa Dondo est un Dinosaure mobutiste, opportuniste et mangeur à tous les râteliers, qui est actuellement un Mammouth du joséphisme. Après la chute du Maréchal Mobutu, lui qui a tout obtenu du Zaïre ne s'était pas privé d'arguer qu'il était au service d'un ami c'est-à-dire Mobutu Sese Seko et qu'il n'était pas Zaïrois.

    Il ne suffit pas de colorer ses cheveux et d'occuper des hautes fonctions, que retiendrons un jour de Léonbitch Kengo Wa Dondo ? Pas grand chose, il est passé de la dictature Mobutu à l'imposture d'Alias Joseph Kabila sans ménagement. Il a été le président du sénat illégitime, homme impavide aux souffrances du peuple congolais, qui adorait les arcanes du pouvoir et les ors de la dictature.

     

    Kofi Anan, l’ex-Secrétaire général des Nations unies et neuf anciens chefs d’État africains, à travers un communiqué rendu public le jeudi 15 juin 2017 sur le site de la fondation qui porte son nom, avaient fait un appel à la tenue d’élections en République Démocratique du Congo.

    Kofi Annan et les neuf anciens chefs d’État africains avaient signé une pétition dans laquelle ils condamnaient le non-respect de l’accord politique signé le 31 décembre 2016 à Kinshasa, entre le pouvoir et l’opposition politique sous l’égide de l’église catholique.

    Le communiqué de la Fondation Kofi Anan stipulait que « des élections intègres représentent (…) la seule issue pacifique possible pour résoudre la crise de légitimité dont souffrent aujourd’hui les institutions politiques congolaises ».

    Cet accord politique signé le 31 décembre 2016 selon le communiqué avait « permis d’éviter un désastre, mais sa mise en oeuvre rencontre des difficultés croissantes qui mettent en péril le processus censé conduire à des élections pacifiques d’ici la fin de cette année ».

    Depuis décembre 2016, la fin du second et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila était consommée. Le pouvoir congolais concoctait de petits arrangements pour faire durer l’échéance. Toutefois, Kofi Anan et ces neuf anciens chefs d’Etat africains prévenaient: « l’avenir de la RDC est en grave danger ».

    La liste des ex-présidents signataires de l’appel :

    Thomas BONI YAYI

    Ancien prés. de la République du Bénin

    John KUFUOR

    Ancien prés. de la République du Ghana

    John MAHAMA

    Ancien prés. de la République du Ghana

    Thabo MBEKI

    Ancien prés. de la Répub. d’Afrique du Sud

    Benjamin MKAPA

    Ancien prés. de la Répub. unie de Tanzanie

    Festus MOGAE

    Ancien prés. de la République du Botswana

    Olusegun OBASANJO

    Ancien prés. de la Répub. fédérale du Nigeria

    Pedro PIRES

    Ancien prés. de la République du Cap-Vert

    Cassam UTEEM

    Ancien prés. de la République de Maurice

  • ONU: Antonio Guterres, son message la journée mondiale de l'aide humanitaire !

    ONU: Antonio Guterres, son message la journée mondiale de l'aide humanitaire !

    Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

    Chaque année, le 19 août, nous célébrons la Journée mondiale de l’aide humanitaire pour exprimer notre solidarité avec les personnes touchées par les crises humanitaires et pour rendre hommage aux travailleurs humanitaires qui leur viennent en aide.

    La célébration de cette année marque le quinzième anniversaire de l’attaque dirigée contre le quartier général de l’ONU à Bagdad, qui a coûté la vie à 22 de nos collègues. Depuis cette tragédie, qui est à l’origine de la proclamation du 19 août en tant que Journée mondiale de l’aide humanitaire, plus de 4 000 travailleurs humanitaires ont été tués, blessés, détenus ou enlevés. En moyenne, 300 agents d’organisations humanitaires ont donc été tués, détenus ou blessés chaque année.

    Dans les zones de conflit, les civils continuent également d’être tués et mutilés, victimes d’attaques délibérées ou aveugles. L’an dernier, l’ONU a recensé plus de 26 000 civils tués ou blessés lors d’attaques dans seulement six pays : l’Afghanistan, l’Iraq, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Somalie et le Yémen.

    Dans le monde entier, les conflits forcent un nombre record de personnes à quitter leur foyer, plus de 65 millions de personnes étant actuellement déplacées. Les enfants sont recrutés par des groupes armés et utilisés comme soldats. Les femmes sont victimes de violences et d’humiliations. En raison de leur aide et de leur secours aux personnes dans le besoin, les travailleurs humanitaires et médicaux sont trop souvent pris pour cibles et considérés comme des menaces.

    En cette Journée mondiale de l’aide humanitaire, j’appelle les dirigeants du monde à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les personnes en proie à des conflits.

    Et j’appelle toutes les parties concernées à participer à notre campagne #NotATarget sur le site Web worldhumanitarianday.org pour montrer que les civils ne sont pas une cible.

     

    Ensemble, nous exprimons notre solidarité avec les civils pris dans l’étau des conflits, ainsi qu’avec les travailleurs humanitaires qui risquent leur vie pour leur venir en aide.