26/10/2018

Francophonie: Ces pays membres qui "Khashoggisent" des journalistes !

Francophonie: Ces pays membres qui "Khashoggisent" des journalistes !

Louise Mushikiwabo, Secrétaire Générale de l'OIF

Silence radio à l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), pas de communiqué officiel pour dénoncer l'odieux assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Faut-il attendre en janvier 2019, lorsque Louise Mushikiwabo, Secrétaire Générale "désignée" de l'OIF va prendre ses fonctions, pour qu'il y ait un communiqué de condamnation de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi ? Et sur le Continent Africain, le président Macky Sall du Sénégal et Mohamed VI roi du Maroc, deux pays piliers de la Francophonie et les plus ardents avocats de l’adhésion du Royaume d'Arabie Saoudite à la Francophonie, sont devenus silencieux et aphones depuis l'assassinat barbare en Turquie du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, très critique envers le pouvoir.

Accusée notamment de violations des droits humains, l’Arabie saoudite a décidé de retirer sa demande, très contestée, d’adhésion à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), le jeudi 11 octobre, c'est-à-dire le premier jour de l'ouverture du XIVè Sommet de la Francophonie à Erevan en Arménie. La Gambie, l’Irlande, l’État américain de la Louisiane et Malte ont demandé à intégrer l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) lors du Sommet de la Francophonie à Erevan. En août dernier, Riyad a en effet expulsé l’ambassadeur canadien Dennis Horak, après que la diplomatie canadienne avait demandé la « libération immédiate » de militants des droits humains dans le pays. En Arabie Saoudite, les femmes ne jouissent pas du statut d’adulte majeur. Le royaume pétrolier applique la peine de mort par décapitation et ne respecte pas l’égalité homme-femme.

Des journalistes pris en otages, tués, disparus dans des conditions mystérieuses ou encore emprisonnés en raison de leurs idées, cela fait, désormais, partie du lot quotidien. Le risque du métier, dit-on…Les attaques dont sont victimes les journalistes constituent un abus de pouvoir et une négation totale de la liberté d'expression, c'est-à-dire une violation des droits de l'Homme. Les internautes se sont déchaînés sur les réseaux sociaux: "Jamal Kashoggi a été tué par l'état qui est le principal représentant de l'islam sunnite dans le monde !", "Un journaliste s’est fait dépecer au couteau pendant 7 min avant qu’il ne meurt au consulat d’Arabie Saoudite en Turquie. Pas un mot de la profession", "Si un journaliste avait reçu une baffe au consulat de Russie, qu’est-ce qu’on n’aurait pas entendu sur Poutine!", "L'Arabie reconnait que le journaliste Khashoggi est bien mort dans son consulat - "accidentellement" (pendant qu'ils découpaient son corps ?)" !, "Comment une "rixe" dans un Consulat peut entraîner la mort d'un homme? Qui étaient les adversaires de Khashoggi et que faisaient-ils là au Consulat? Pourquoi en sont-ils venus aux mains avec le journaliste? Qu'ont-ils fait de son corps?"... Réponse: Le corps de Jamal Khashoggi aurait été retrouvé dans un puits situé sur le territoire de la résidence du consul saoudien à Istanbul, selon le président du parti turc VATAN, Dogu Perinçek.

Le corps sans vie de Viktoria Marinova, 30 ans, journaliste dans une télévision bulgare a été retrouvé , dans un parc de la ville. Elle a été, selon le procureur régional, « frappée à la tête et étranglée ». Le jour même, les autorités turques ont annoncé que le célèbre journaliste saoudien, Jamel Khashoggi, porté disparu avait été supprimé à l’intérieur du consulat de son pays à Istanbul. Les deux journalistes ont en commun de ne pas être en odeur de sainteté dans les hautes sphères de leurs pays respectifs. Marinova qui animait une émission sur les questions de société, avait, la veille de son assassinat, diffusé un reportage sur « des soupçons de fraude aux subventions européennes qui impliqueraient des hommes d’affaires et des élus ». Alors que Khashoggi, est un pourfendeur du régime saoudien et de son actuel homme fort, l’Emir Mohamed Ben Salmane. Entré au consulat, le mardi 2 octobre 2018, pour obtenir une attestation de divorce de sa femme saoudienne afin d’épouser une jeune turque, il n’en est jamais ressorti. Khashoggi, 60 ans, le 13 octobre, était un célèbre éditorialiste saoudien. Il a été interdit d’exercer son métier de journaliste dans son pays en raison de ses critiques contre le président américain Donald Trump. Il avait décidé de s’exiler dans le pays de Trump pour pouvoir le critiquer à son aise, et critiquer son jeune allié le prince héritier Mohamed Ben Salmane, MBS, dans le « Washington Post » où il collaborait depuis 2017, ainsi que dans des journaux arabophones. Il était souvent sollicité par des chaines de télévision pour commenter l’actualité dans le monde et dans son pays.

Caricaturer Paul Kagame, le roitelet au Rwanda: 7 ans de prison !

Au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018, le Rwanda est 154e. Parmi les 58 Etats membres de l’OIF, seuls cinq pays ont un bilan pire que le Rwanda en matière de liberté d’information. Censure, menaces, arrestations, violences, assassinats… Le régime dirigé d’une main de fer par Paul Kagamé depuis 2000, et dont Louise Mushikiwabo est ministre depuis près de 10 ans, dispose de l’un des pires systèmes de répression à l’égard des médias et des journalistes. Son président occupe une place de choix dans la galerie des prédateurs de la presse constituée par RSF.

Caricaturer le président rwandais Paul Kagamé peut toujours conduire les journalistes rwandais en prison. Le nouveau code pénal adopté le 27 septembre dernier reste extrêmement répressif. L’outrage d’un parlementaire ou d’un agent de la fonction publique par la parole, l’écrit ou la caricature est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et 490 euros d’amende. La peine est même doublée lorsque les faits concernent les "Hautes Autorités du pays".

Le nouveau texte supprime la diffamation envers les particuliers mais crée des délits d’injure et de diffamation envers le président assortis de peines allant de cinq à sept ans de prison et d’un maximum de 6 860 euros d’amende. L’article 156 fait également peser une épée de Damoclès sur la production de reportages audiovisuels en considérant que tout montage de photos ou d’images qui ne sera pas précisé comme tel constituera une infraction passible d’une peine maximum d’un an de prison.

Louise Mushikiwabo, Secrétaire Générale de l'OIF aura-t-elle le courage de dénoncer les exactions qui se passent dans son propre pays le Rwanda ? Alors que c'est Paul Kagamé, le dictateur rwandais qui a usé de son poids de Président de l'Union africaine pour la hisser au prestigieux poste de SG la Francophonie ?

Trois journalistes Russes assassinés en Centrafrique !

La République Centrafricaine occupe la 112e place sur 180 dans le classement 2018 de la liberté de la presse établi par RSF. Les assassins, en août 2018, de trois journalistes russes toujours encore identifiés: « Orhan Djemal, célèbre reporter de guerre indépendant, Kirill Radtchenko, caméraman, et Alexandre Rasstorgouïev, documentariste, ont été assassinés par un groupe d’hommes armés non-identifiés » alors qu’ils enquêtaient sur l’implication de mercenaires russes en Centrafrique pour Tsour, « un média d’investigation en ligne appartenant à Mikhaïl Khodorkovski, l’un des principaux opposants de Vladimir Poutine » les trois journalistes se trouvaient sur le territoire centrafricain depuis quelques jours pour enquêter sur la présence et le rôle de mercenaires appartenant à Wagner, une société militaire privée russe également connue pour ses activités en Syrie » Plus de quatre ans après la mort de la photojournaliste Camille Lepage, ce triple assassinat vient rappeler à quel point il reste extrêmement dangereux pour les journalistes de témoigner du conflit en République centrafricaine !

RDC: 18 journalistes et activistes des droits humains "Khashoggisés" par le régime de Kinshasa

Floribert Chebeya sur la place de la Bastille à Paris. Photo Réveil FM International

Fondateur de l'ONG de défense des droits de l'homme la Voix des sans voix, Floribert Chebeya était retrouvé mort dans sa voiture et son chauffeur et beau-frère Fidèle Bazana porté disparu. Floribert Chebeya s'était rendu la veille à une convocation de l'inspecteur général de la police nationale, le général John Numbi. Floribert Chebeya, l'icône des droits humains en République démocratique du Congo, a été Khashoggisé dans un poste de police !

L'affaire Chebeya-Bazana a déjà fait l'objet de deux procès devant la justice congolaise. En 2011, la Cour militaire de Kinshasa poursuit huit policiers dont trois sont en fuite. Quatre sont condamnés à mort, un autre à la perpétuité. En 2015, l'affaire est jugée en appel par la Haute cour militaire de Kinshasa. Au procès, quatre des policiers sont acquittés à leur tour, faute de preuves. Le cinquième, le colonel Daniel Mukalay, voit sa peine réduite à 15 ans de prison. Quant aux poursuites contre les trois fugitifs, elles sont suspendues.

Depuis 2014, une procédure est en cours, du côté du Sénégal-pays qui soutient l'adhésion de l'Arabie Saoudite à l'OIF ! Paul Mwilambwe, le policier congolais s'est mis à la disposition de la justice sénégalaise, qui a compétence universelle, traîne l'affaire malgré une plainte des familles des deux victimes de ce double assassinat. Démuni, Paul Mwilambwe depuis qu'il s'est déclaré témoin est tourné en bourrique par les autorités sénégalaises qui ne souhaitent pas que la vérité éclate, de l’implication de certains hauts gradés de la police congolaise dans ce double assassinat, à commencer par le général John Numbi, chef de la police à l'époque des faits.

La situation des défenseurs des droits humains s’est encore dégradée. Les violences dans la région du Kasaï ont fait des milliers de morts, provoqué le déplacement à l’intérieur du pays d’au moins un million d’habitants et contraint plus de 35 000 personnes à fuir en Angola, pays frontalier. Dans l’est du pays, des groupes armés et les forces gouvernementales ont continué, en toute impunité, de s’en prendre aux civils et d’exploiter illégalement les ressources naturelles. La police, les services du renseignement et les tribunaux ont cette année encore réprimé les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Des défenseurs des droits humains et des journalistes ont été harcelés, intimidés, arrêtés arbitrairement, expulsés ou tués.

La République démocratique du Congo est le pays qui occupe le 152e place du classement mondial établi par l’ONG Reporters sans frontières (RSF). Plusieurs cas d’assassinat de journalistes sont enregistrés depuis qu'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale trône abusivement en toute illégalité et illégitimité à la tête de la RDC. Alias Joseph Kabila reste en poste malgré l’expiration, le 19 décembre 2016, de son deuxième mandat, le dernier autorisé par la Constitution. Les arrestations arbitraires de journalistes sont monnaie courante au Congo.

En novembre 2016, un journaliste de la radiotélévision publique nationale congolaise (RTNC) a été tué par balle à son domicile dans la nuit de lundi à mardi, à Mbuji-Mayi, dans le centre de la République démocratique du Congo. Dix huit journalistes tués en RDC et trop souvent les auteurs et commanditaires ne sont jamais sanctionnés.

Makoko Musheni de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), mort de chagrin en 1993 après l'assassinat de son fils Willy Makoko, alors conseiller au ministère de l'Information, abattu en plein centre de Kinshasa. Les deux autres journalistes, Pierre Kabeya de l'Hebdomadaire Kin-Matin, enlevé et torturé et Adolphe Kavula Massamba du journal Nsemo, activiste de l'UDPS (Union pour la démocratie et le Progrès social),enlevé et mort mystérieusement.

Deux nouveaux meurtres sont venus secouer le monde de la presse en RDC, celui de Belmonde Magloire, un béninois exerçant comme photographe au quotidien Salongo et fondateur du journal le Point, disparu en 1998 après un bref séjour en prison ainsi que celui de Fabien Fortune Bitumbo de Radio Liberté, pris en otage et abattu par une milice.

En 2000, Crispin Kandolo de la presse de l'UNESCO est tué dans une embuscade et son corps brûlé alors qu'en 2003, Akite Kisembo, correspondant de l'AFP est enlevé et exécuté par les rebelles. Le 3 novembre 2005, Franck Kangundu Ngyke, ancien reporter à l'Agence Congolaise de Presse (ACP) et journaliste au quotidien La Référence Plus est abattu avec son épouse, Hélène Mpaka devant leur résidence à Limete-Mombele, à Kinshasa ; suivi en 2006 de Bapuwa mwamba, blessé à mort par des tirs de trois agresseurs qui s'étaient introduits dans sa résidence.

Serge Maheshe de la Radio Okapi, est abattu le 13 juin 2007 en sa résidence à Bukavu dans le Sud-Kivu. Didace Namujimbo est assassiné le 21 novembre 2008, Koko Bruno Chirhambiza est tué le 27 août 2009, et un cameraman-Patient Chebeya Bankome-est assassiné le 5 avril 2010) dans le Nord-Kivu !

Dans l’affaire Maheshe, les condamnés affirment avoir été mandatés pour tuer le journaliste. On connaît d’où ils sont venus et combien de temps ils ont mis à attendre leur cible, sans s’attaquer à quiconque d’autre. Deux militaires initialement accusés et détenus au cachot ont été relâchés dans des conditions étonnantes au détriment de deux amis du journaliste, accusés d’être les commanditaires du crime.

Pour le procès Namujimbo, trois militaires et un civil accusés affirment que leur objectif était seulement d’arracher l’ordinateur du journaliste. Le groupe d’accusés a marché environ sur cinq kilomètres, sans inquiéter personne sur la route. Il ne s’est attaqué qu’au journaliste. La victime était ciblée.

Le cas de Chirhambiza est tout drôle. Il revenait d’une fête, la nuit, et c’est vrai qu’il est entré dans un quartier où des bandits s’attaquent souvent aux passants. Mais le seul accusé s’avère être l’ami du défunt avec qui il revenait le même soir de la fête.

 

Le jeudi 11 octobre, Reporters sans frontières a fait état de 56 journalistes tués dans le monde au cours de l’année 2018. Un bilan qui dépasse déjà les chiffres globaux de l’année 2017, qui s’élevait à 55 tués.

L'OIF doit cesser avec sa politique de deux poids deux mesures en sein. L'Arabie Saoudite qui tenait mordicus à devenir membre de la Francophonie qui use et abuse de la barbarie contre des journalistes. La majorité des pays africains membres de l'OIF sont des dictatures en puissance et la liberté de la presse n'est qu'un vilain mot à dégommer.

16:04 Écrit par Freddy Mulongo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

25/10/2018

Cédric Herrou, le barbu décontracté et héros du documentaire "Libre" !

Cédric Herrou, le barbu décontracté et héros du documentaire "Libre" !

Couthures-sur-Garonne, Cédric Hérrou au Festival International du journalisme. Photo Réveil FM International

Cédric Herrou a 41 ans, il est le défenseur emblématique des migrants. De gardes à vue en procès médiatiques, l'homme qui a fait entrer dans le droit français le "principe de fraternité" continue son action, qui l'expose à des menaces régulières. Cédric Herrou est le symbole de l'aide aux migrants en France. Condamné en 2017 à quatre mois de prison avec sursis pour aide à l'immigration clandestine, il a obtenu cet été une victoire emblématique: le Conseil constitutionnel a consacré pour la première fois le "principe de fraternité" comme l'un des grands principes du droit français, estimant qu'une aide désintéressée au "séjour irrégulier" des étrangers ne saurait être passible de poursuites.

Cédric Herrou passe au contrôle de sécurité. Photo Réveil FM International

Couthures-sur-Garonne est un village qui reste calme même en été. Sa petite plage n'attire pas au delà de la commune. Et ses 390 habitants voient peu de touristes. Petit village du Lot-et-Garonne qui ne fait jamais parler de lui, sauf pendant le festival international de journalisme. Du 13 au 15 juillet, il attire tous les médias et des grands noms de la profession. Une notoriété éphémère mais appréciable pour Couthures-sur-Garonne. Situé au bord de la Garonne et en zone inondable, le village de Couthures, qui accueille le Festival international du journalisme, se bat pour exister. Les ressources économiques ont disparu, les habitants ont vieilli, mais la solidarité est toujours là. Le bus qui récupère les journalistes et conférenciers pour le Festival International du journalisme à Couthures-sur-Garonne vient d'arriver, à mon gîte de Marmande, à 10 kilomètres du site du Festival.

Je monte et mon voisin c'est Cédric Herrou, il est serein, zen, décontracté et d'un calme olympien. Reconnaissable par ses lunettes rondes du philosophe Jean-Paul Sartre et barbe, je m'empresse de sortir mon appareil photo. A ma question pourquoi aide-t-il des migrants ? Il me répond qu'à l'âge de 18 ans, il voulait aller en Afrique mais n'avait visité qu'un pays du Maghreb. Il est rentré en France, maintenant c'est l'Afrique qui vient à lui.

Depuis 2015, un modeste agriculteur français, de la vallée de la Roya, région frontalière de l’Italie, engagé auprès des migrants. Producteur d'olives bio et éleveur de 500 poules sur les pentes rocailleuses de la vallée de la Roya, il accueille des migrants, jusqu'à 80 à la fois, chez lui, sur son terrain en pente, dans un campement en fortune. Cédric Herrou, a décidé, avec le soutien d’habitants de la vallée, d’accueillir des réfugiés, qui, venus des camps de Vintimille, passent la frontière pour déposer une demande d’asile en France. Des migrants venus du Nigeria, d'Ethiopie,, d’Érythrée fuyant la guerre, la faim; des femmes enceintes, des jeunes gens, qui se retrouvent bloqués à Vintimille et échouent dans la vallée de la Roya en tentant de passer la frontière Franco-italienne.

Cédric Herrou, longtemps, se revendiquait "délinquant". Mais il n'est plus hors-la-loi, avec la reconnaissance du principe de fraternité au cœur de son combat humanitaire auprès des réfugiés. Il n'empêche : cet homme intègre divise et dérange. A la fois les autorités, le préfet des Alpes-Maritimes qui le poursuit devant la justice, et l'extrême droite. Cet homme, Cédric Herrou, n'est pas seul: il est entouré d'autres habitants de la Roya, tout aussi solidaires, notamment d'une infirmière, d'une avocate, d'un cinéaste, Michel Toesca, qui l'a filmé depuis le début de son engagement dans l'anonymat, en 2015. Deux années filmées en amateur durant cette lutte quotidienne, altruiste et triviale, paradoxale.

Distingué à Cannes par une mention spéciale à l'OEIL d'or, ce documentaire en immersion est exceptionnel. Il fait saisir sur le vif le sens d'un combat pour la dignité et fait peu à peu émerger la figure d'un vrai héros, d'un héros tout simple, qui ne se prend au sérieux mais sait aussi tenir tête aux forces de l'ordre et représentants de l'Etat...Juste parce qu'il veut continuer d'être "Libre", libre de manifester sa fraternité avec des clandestins, libre de leur permettre d'exercer leur droit d'asile en France...

Pour le cinéaste, Michel Toesca, ce documentaire "n'est pas un film militant". "Pour moi, c'est un film politique. Cédric n'a jamais été un militant, moi non plus, c'est simplement une réaction humaine".

La simplicité du film fait donc sa force. Disponibilité et connivence avec le milieu filmé. Absence d’équipe. Débrouille. Tournage à l’épaule avec une caméra périmée. En cela aussi, le film est en cohérence avec l’objet filmé.

15:01 Écrit par Freddy Mulongo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

24/10/2018

Affaire Ndaywel: Les activités du CLC suspendues dans toutes les paroisses catholiques de Kinshasa!

Affaire Ndaywel: Les activités du CLC suspendues dans toutes les paroisses catholiques de Kinshasa!

Kinshasa, le 9 février 2018, le cardinal Laurent Monsengwo devant la cathédrale Notre-Dame-du-Congo

Si le spirituel peut être un business rentable en République démocratique du Congo, il est aussi un enjeu de pouvoir ! Et en ces temps de crise politique, les leaders religieux, pressés par leurs fidèles et soucieux de préserver ou d’accroître leurs intérêts, font évoluer leurs positions face au régime d'imposture, d'occupation, d'usurpation et de prédation d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale. A deux mois des élections hypothétiques en République démocratique du Congo, le Comité laïc de coordination (CLC), cheville ouvrière des marches pacifiques réprimées dans le sang fin 2017 et début 2018, qui est pris en otage par l'autocrate Isidore Ndaywel è Nziem, qui envoie les enfants des autres au casse-pipe, est dans la tourmente. A 74 ans, Isidore Ndaywel è Nziem joue au dictateur au sein du CLC, quelle honte ! Fallait-il  sacrifier des centaines de morts et de blessés ainsi que des arrestations et détentions arbitraires massives pour rien ? Avec ses communiqués alambiqués, le CLC a perdu, depuis longtemps, la saveur de son sel.

Isidore Ndaywel è Nziem, l'autocrate du CLC

L'info est affichée sur le site Actu 30 de Rachel KisitaDans une correspondance adressée aux curés de l’archidiocèse de Kinshasa, l’abbé chancelier demande de suspendre toutes les conférences du Comité Laïc Catholique. La lettre du chancelier fait suite aux doutes qui persistent sur l’usage ou non de la machine à voter lors des élections prévues le 23 décembre prochain en RDC. L’abbé Georges Njila demande aux curés d’attendre les conclusions d’une réunion entre l’Eglise et le CLC. Pour rappel le CLC avait annoncé le 5 octobre dernier dans un communiqué qu’il entreprendra des actions pour exiger à la Ceni l’impression des bulletins à papier selon le calendrier électoral publié le 5 novembre 2017 et ainsi dire Non à la machine à voter.

Maman Getrude Ekombe, CLC et membre du MSR

Le CLC est une coquille vide, qui biberonne aux frais financiers de Pierre Numbi Okongo, l'ancien Conseiller spécial en matière de sécurité d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale de 2011 à 2015, qui a été Ministre d'État chargé des infrastructures, des travaux publics et de la reconstruction de 5 février 2007 à février 2010, en Juillet 1994, qui a été Ministre d'État chargé des infrastructures, des travaux publics et de la reconstruction; ministre des Affaires étrangères d'août 1992 à juillet 1994 et qui est le Président du Mouvement social pour le Renouveau (MSR) ! Comment le Comité laïc de coordination (CLC) s'est-il laissé inféodé par Pierre Lumbi, un apparatchik qui a contribué à asseoir le régime d'Alias Joseph Kabila? Comment peut-on combattre le régime tout en étant du régime ? Comment ne pas comprendre que le CLC avec Isidore Ndaywel è Nziem travaille pour le régime d'Alias Joseph Kabila ? Les membres du CLC avaient pour élément fédérateur leur appartenance à l'Église catholique, leur condition de chrétien. Ils sont tous des croyants catholiques et l'autre trait qui les rassemblaient était la laïcité. Ils se positionnent toujours comme des laïcs. Pourquoi ce suivisme vers Pierre Lumbi ?

La majorité des membres du CLC sont aussi membres du MSR de Pierre Numbi: Justin Okana (Ex-PDG de la Régie des Voies Aériennes (RVA) a des accointances avec Pierre Lumbi), Julien Lukengu (Est un proche collaborateur de Pierre Lumbi), Gertrude Ekombe (Ex ministre de Transition, ex-PCA à Okimo. Elle a fait la campagne de l'élection pour la députation en 2011 dans la Province de l'Equateur pour le compte du MSR) et Franklin Mbokolo (Membre du MSR. Il est fonctionnaire et président des charismatiques).

Jonas Jonas Tshiombela n'est pas membre du MSR. Ancien comptable au journal le Potentiel, il est le neveu de "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi. Or, après avoir évolué pendant longtemps aux côtés de Pierre Lumbi au sein du Mouvement Social pour le Renouveau (MSR), c'est seulement en mars 2018, que le fourbe, roublard et grand requin, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi a créé son propre parti: Parti démocrate pour la gouvernance. Après avoir avoir profité de sa position de Président de la Haute Autorité des Médias (HAM de 2002-2007), pour museler des journalistes, bâillonner des médias et clouer de bec aux opposants, il a été nommé par Alias Joseph Kabila, Rapporteur au Sénat ! C'est d'ailleurs ce félon-ventriote de "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi, qui a proposé une loi au Sénat pour protéger le Chef d'Etat Alias Joseph Kabila malgré ses crimes politiques, sociaux et économiques. Immunité après des crimes !

C'est le même "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi qui a placé son autre neveu Freddy Mulumba Kabuayi, un ombrageux personnage, qui a été nommé DGA à la RTNC, média public caporalisé par Alias Joseph Kabila ! Avec un discours anti-Occident depuis quelques années et un faux un chantre de la renaissance africaine, il a toujours roulé pour le régime d'imposture, d'occupation et de prédation d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale. Freddy Mulumba Kabuayi a usurpé le slogan de la diaspora congolaise, lors des manifestations "Kabila dégage" organisées par des Anti-Alias Joseph Kabila, à Paris, Londres, Bruxelles, Washington... Non à la Balkanisation de la RDC ! Freddy Mulumba Kabuayi a vite été encouragé par la Tutsi Power. Le Potentiel, journal coupagiste et thuriféraire du régime d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, a même récupéré le slogan de la diaspora en l'affichant à la Une. Freddy Mulumba Kabuayi en a fait des tonnes à tel point que lorsqu' on le voit, on l'appelle "Monsieur Non Balkanisation de la RDC". Il a fait cela non par conviction mais son boulot a été monnayé par la Tutsi-Power. C'est depuis avril 2018, que Freddy Mulumba Kabuayi a été DGA de la RTNC, sur instigation et recommandation de la Tutsi-Power, à quelques mois des élections en République démocratique du Congo !

Isidore Ndaywel a voulu jouer au potentat, sans vision au sein du CLC. Alors que si ce dernier avait intégré en son sein d'autres confessions religieuses: des protestants, Kimbanguistes, musulmans, orthodoxes...et que le CLC se transformait en mouvement œcuménique, avec des actions concrètes sur terrain, cela aurait plus d'effet que de s'agglutiner aux mamelles d'un apparatchik dont les ambitions politiques sont floues. Le CLC a échoué dans sa mission de contribuer à la démocratisation du pays. Homme du système, Isidore Ndaywel est un mangeur à tous les râteliers ! Le CLC est un mort-né de quelques mois ! Isidore Ndaywel et ses acolytes clament qu'ils sont en clandestinité alors qu'ils se pavanent dans les rues à Kinshasa, l'Eglise catholique vient d'offrir aux membres du CLC d'entre véritablement en clandestinité. 

13:53 Écrit par Freddy Mulongo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |