Et cette conscience serait plus que jamais nécessaire aujourd'hui dans une Mauritanie pseudo-démocratique. «La Mauritanie a signé, et s'est doté de documents et de mécanismes pour instaurer un état de droit. Mais tout cela reste foncièrement de la théorie sans application, qu'on fait miroiter à la communauté internationale pour faire passer le pays pour un état de droit. L'avenir de la stabilité du pays tiendra beaucoup à l'indépendance de la justice; ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui» évoque la vice-présidente du forum international des droits de l'homme (FIDH) qui pointe du doigt un arbitraire dans la justice à peine voilé, plus «évident que jamais».

«L'arbitraire qui règne dans la justice mauritanienne ces derniers mois confirme qu'en réalité, une volonté lobbyiste pour pérenniser ce système d'injustices et de domination dans la société mauritanienne. En sanctionnant le magistrat Mohamed Lemine Ould Moktar dans l'affaire dite de la drogue, on envoie un message sans ambiguïté: «on ne veut pas d'un état de droit», quand parallèlement on fait croire aux occidentaux et aux bailleurs, que la Mauritanie serait un pays respectueux des droits humains» conclut l'avocate.