RDC: Lettre de Patrick Mbeko à Martin Fayulu, Président du peuple congolais !

RDC: Lettre de Patrick Mbeko à Martin Fayulu, Président du peuple congolais !

Martin Fayulu, le Président du peuple !

Droit dans ses bottes avec son intelligence éclectique et ses convictions bien trempées, notre compatriote Patrick Mbeko est écrivain et essayiste, spécialiste de géopolitique. Politologue aguerri sur la RDC et spécialiste des enjeux géopolitiques de la région des Grands Lacs Africains, il est auteur de plusieurs ouvrages dont "Le Canada dans les guerres en Afrique centrale" en 2012 et "Stratégie du chaos et du mensonge : Poker menteur dans l’Afrique des Grands Lacs" en 2014 (co-écrit avec Honoré Ngbanda Nzambo). Son dernier livre "Objectif Kadhafi" est, publié en 2016, aux éditions Libre-Pensée. La victoire qu'Alias Kabila veut voler n’est pas celle de Martin Fayulu, mais plutôt de chaque Congolais qui a exprimé son choix le 30 décembre 2018! Corneille Nangaa de la CENI est le briseur de rêve, tandis que qu'Alias Kabila après 18 ans d'imposture, d'occupation, d'usurpation et de prédation sur le trône du Congo, est le voleur du rêve du peuple congolais qui espère un pays plus beau qu'avant chanté dans le Debout Congolais, l'hymne national. Félix Tshilombo, le petit président choisi et nommé, pour avoir négocié d'être nommé, est un traître qui a trahi et poignardé la jeune démocratie fragile en République démocratique du Congo ! La lettre à Martin Fayulu et suivi de l'article de Patrick Mbelo: Les Tshisekedi et la trahison de la RDC : une histoire ancienne

Patrick Mbelo

Les extrémistes Bena Mpuka, Talibans, Nazis, Fachos, Ethno-Tribalistes de l'Udps ont la mauvaise habitude de s'enflammer sur les articles sans concession de Patrick Mbelo sur sa page Facebook. Stoïque, Mbelo termine ses articles avec son verre de lait Nsambarisé !

Cher Martin Fayulu Madidi,

Je n’ai jamais été un partisan des élections dans un pays occupé et sous-tutelle. Je n’ai jamais cru en la nécessité d’organiser des élections dans un État failli. Vous savez aussi bien que moi que la République à démocratiser du Congo (RDC) ne réunit pas les conditions requises pour pouvoir organiser des élections crédibles et transparentes. Vous savez aussi bien que moi et tant d’autres compatriotes que les élections auxquelles vous venez de prendre part sont des élections piège-à-con. Nous vous avons pourtant prévenu, mais vous n’avez pas voulu nous écouter. Vous avez refusé d’entendre raison malgré les expériences passées de 2006 et 2011.

Vous avez cru que vous pouvez mettre fin à la Kabilie en jouant selon les règles de la Kabilie dans un système totalement contrôlé par Kabila. Vous avez cru à tort que vous pouvez répéter les mêmes erreurs du passé en arrivant à des résultats différents. C’est ce qu’Albert Einstein a qualifié de « folie ».

Vous avez joué et vous avez perdu. Mais heureusement pour vous, le peuple congolais, qui a cru en vous, lui, refuse de s’avouer vaincu. Il est allé à votre rencontre durant la campagne électorale; vous, qui disait-on alors, n’avez aucune «base»; il a crié votre nom à tue-tête alors que vous étiez jusqu’au début de la campagne peu connu de la scène politique nationale ; il a rejeté les opposants de la compromission et de la traitrise et au final il vous a choisi.

Oui, nous savons tous que c’est vous qui avez été plébiscité par les mères de Lubumbashi, les pères de l’Équateur, les jeunes du Kongo central et j’en passe. Vous êtes le choix des Congolais. Le choix de ces millions d’hommes, de femmes et de jeunes gens qui ont bravé la pluie, attendu des heures devant les bureaux de vote pour sortir d’une machine venue d’on ne sait où un bulletin avec votre visage. Ne l’oubliez pas. Même si je n’ai pas voté comme le reste de la diaspora, même si je ne suis pas toujours d’accord avec vous sur un certain nombre de sujets, sachez que vous êtes désormais notre président. À moins que vous décidiez d’accepter l’inacceptable. Ce qui ne semble pas être une option pour vous.

Car voyez-vous, M. le Président, votre patron, le peuple congolais, attend de vous une action forte afin de lui redonner cette dignité qui lui a été retirée et confisquée par qui vous savez. Le peuple congolais a désormais le regard braqué vers vous. Vous lui avez présenté un programme politique durant la campagne électorale. Aujourd’hui, il vous demande de lancer un mot d’ordre. De dire juste un, deux ou trois mots…

Des mots qui sortiront, certes, d’une bouche humaine, mais qui résonneront sur les collines du Nord et du Sud-Kivu, qui ont vu défiler la douleur, l’horreur et la mort, avec une telle puissance que, je crois, ils redonneront le sourire et la joie à des millions de Congolais, après avoir bien entendu balayé définitivement les forces du statu quo et leurs alliés longtemps CACHés dans l’opposition.

Je suis conscient que la tâche qui vous attend est énorme. Vous avez en face de vous une monstrueuse tyrannie, sans égale dans les sombres et désolantes annales du crime. Mais sachez que vous n’êtes pas seul. Les Congolais sont à vos côtés et le seront. Pour paraphraser une célèbre phrase de l’ancien premier ministre britannique Winston Churchill, vous n’avez rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur.

Vous n’avez qu’un seul choix : engager le combat à tous les niveaux contre les forces du mal qui ont pris en otage le peuple congolais depuis maintenant 20 ans et qui s’apprêtent à prolonger ses souffrances à cause de certains de nos compatriotes avides de pouvoir. C’est une épreuve qui sera certainement douloureuse. Mais les Congolais conduits par vous en sortiront victorieux.

« Le peuple gagne toujours », dixit feu Rossy Mukendi.

Le peuple. Celui-là même, je répète, qui vous a choisi malgré les manigances de la CENI pour le conduire à la victoire. « La victoire à tout prix, disait Churchill, alors que les Panzers allemands commençaient à envahir la Belgique et la France. La victoire en dépit de la terreur, la victoire aussi long et dur que soit le chemin qui nous y mènera ; car sans victoire, il n’y a pas de survie ».

Que le Dieu que vous priez vous protège et que les ancêtres veillent sur cette terre que ce Très Haut leur a donnée et que eux nous ont léguée…

Patrick MBEKO

Journaliste d’enquête et auteur

Un amoureux du Congo et de son peuple.

Les Tshisekedi et la trahison de la RDC : une histoire ancienne

C’est une affaire de famille. En 2002, alors que le Rwanda propage la mort et la désolation à l’est de la RDC et que l’ONU publie son deuxième rapport sur le pillage des ressources naturelles du Congo par un « réseau d’élite » appartenant aux armées du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda, Étienne Tshisekedi se rend au Rwanda pour négocier le pouvoir avec l’homme fort du pays, Paul Kagame. À son retour au Congo, il conclut une alliance avec le RCD-Goma, « rébellion » créée de toute pièce et entretenue par Kigali. La suite on la connaît : il n’obtiendra rien, le Rwanda ayant propulsé Azarias Ruberwa, un Tutsi, à la vice-présidence de la République dans le gouvernement 1+4 de triste mémoire. Furieux, Étienne Tshisekedi décide de rompre avec le RCD-Goma, au grand dam de Ruberwa. Pour ramener l’opposant historique et président de l’UDPS à la raison, le Rwandais fait appel à Adolphe Onusumba, homme de main de Kagame au Congo et dont la tante serait mariée à un frère d’Étienne Tshisekedi. Mais ce dernier refuse la main tendue de son ancien allié, exigeant d’être nommé premier ministre avant d’amorcer toute négociation.

Pour Étienne Tshisekedi, c’est le pouvoir ou rien. Il a tout fait pour occuper la primature, en vain. Joseph Kabila lui a ravi un pouvoir qui lui revenait pourtant de droit suite à l’élection présidentielle de 2011. Souffrant, il ne peut continuer la lutte. C’est alors que le fils, Félix Tshilombo Tshisekedi, décide de reprendre le flambeau. À la différence du père, il n’est ni charismatique ni brillant. Intellectuellement inapte, il a juré de réussir où son père a échoué. Pour y arriver, il va directement négocier avec le régime honni de Joseph Kabila, qu’il prétend pourtant combattre. En 2015, les délégués de l’UDPS rencontrent secrètement les émissaires du pouvoir à Ibiza, Monaco et Paris. Il est question de partage du pouvoir dans un gouvernement d’union nationale. À la question de savoir si l’UDPS négocie en catimini avec la Kabilie, Félix nie avec véhémence. Septembre 2015, la vérité éclate au grand jour lorsqu’Étienne Tshisekedi demande aux délégués de l’UDPS « de quitter la table des négociations » avec le pouvoir. Les Congolais sont choqués; Félix est confus, mais tient bon.

En décembre 2016, alors que le mandat de Joseph Kabila tire à sa fin, Félix Tshisekedi, toujours déterminé à réussir où son père a échoué, décide d’amorcer une nouvelle phase de négociation avec le régime, en espérant être gratifié cette fois d’un poste à la primature. Joseph Kabila, qui a compris que le fils Tshisekedi est prêt à toutes les compromissions pour arriver à ses fins, va lui faire miroiter le poste de premier ministre en échange d’un accord politique qui lui permette de « glisser » au-delà de son mandat censé s’achever en décembre 2016. Le 31 décembre de la même année, l’accord du glissement de la Saint-Sylvestre est signé. Les Congolais sont outrés. Félix Tshisekedi, lui, se régale, persuadé d’occuper la primature dans les jours à venir. Seulement voilà : Joseph Kabila, qui a atteint son objectif, en plus d’être plus rusé que le cousin du diable, jette son dévolu sur une autre personne : Sami Badibanda, un proche de Félix. C’est le deuil à Limeté. L’UDPS est divisée. Félix Tshisekedi est inconsolable.

Mais déterminé à réussir où son père a échoué, Tshisekedi fils ne désespère pas pour autant, continuant d’entretenir des rapports pour le moins étranges avec le régime qu’il prétend combattre. À la mort de son père, en février 2017, il marchande le corps de ce dernier en échange d'une nomination à la primature. L’opinion publique est abasourdie. Même Joseph Kabila, habitué à tuer les Congolais et à les livrer aux marionnettes de Kigali qui opèrent à l’est, est outré et le chasse. Les relations avec le pouvoir sont rompues… jusqu’aux élections de décembre 2018 qui ont vu surgir, contre toute attente, un certain Martin Fayulu, pressenti pour devenir le prochain président de la République à démocratiser du Congo. Pour le pouvoir, qui est acculé au pied du mur, la solution s’appelle... Félix Tshisekedi. C'est la carte maîtresse, dit-on, à la Kabilie. À la MONUSCO et dans les chancelleries étrangères, les contacts entre CACH, la plateforme dirigée par Tshisekedi fils, et le pouvoir sont suivis de très près. Comme en 2002, 2015 et 2016, un Tshisekedi est prêt à toutes les compromissions pour trahir le peuple congolais afin d’atteindre un objectif qui fera par ailleurs la part belle aux ennemis de la République à démocratiser du Congo. Pour cela, il pourra toujours compter sur la base fanatisée et tribalisée de l’UDPS pour laquelle la tribu passe avant la patrie.

À Kingakati, où l'on craint un soulèvement populaire au cas où Martin Fayulu n'est pas déclaré vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre dernier, on rit à gorge déployé. Certains caciques du régime ont décidé de s'abandonner au Christ. Ne dit-on pas que la foi déplace les montagnes ? Comme pour dire que le nom Tshisekedi peut aussi faire des miracles et aider un régime honni et vacillant à se pérenniser contre la volonté de tout un peuple...

 

Choisi et nommé, Félix Tshilombo n'a pas de bol. Il va défendre les frontières de la RDC avec ses dents, des lance-pierres et caillasses ! L'armée congolaise n'est même sous sa responsabilité. Pauvre fils prodigue qui a sali la mémoire de son père: Etienne Tshisekedi wa Mulumba !

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