29/06/2012

Aung San Suu Kyi ne doit plus dire «Birmanie» !

Aung San Suu Kyi ne doit plus dire «Birmanie» !

Le terme «Birmanie» est un reliquat de la colonisation britannique, estime la junte au pouvoir. Elle a ordonné à l'opposante Aung San Suu Kyi de cesser de l'utiliser dans ses discours.

L'opposante birmane utilise le terme «Burma» (Birmanie), dans ses discours en anglais.

L'opposante birmane utilise le terme «Burma» (Birmanie), dans ses discours en anglais.

La commission électorale birmane a ordonné vendredi à l’opposante Aung San Suu Kyi d’utiliser dans ses discours en anglais le mot "Myanmar" pour qualifier le pays et non "Burma", un nom que "personne" n’a le droit de prononcer.

Il y a plus de vingt ans, la junte alors au pouvoir avait rebaptisé en anglais le pays "Myanmar". Elle estimait que "Burma" était un reliquat de la colonisation britannique, et que ce terme favorisait la majorité ethnique "birmane" ou "bamar", aux dépends des nombreuses minorités ethniques du pays.

Mais le changement a fait l’objet d’un combat politique, l’opposition se refusant systématiquement à l’employer.

Au cours de sa tournée en Europe qui s’achevait vendredi, Suu Kyi "a appelé le Myanmar Burma dans ses discours", a dénoncé la commission électorale dans une déclaration publiée vendredi dans le quotidien d’Etat New Light of Myanmar.

"Personne n’a le droit d’appeler (le pays) Burma", a-t-elle ajouté, en faisant référence à la Constitution de 2008 qui spécifie que le pays s’appelle "République de l’Union du Myanmar".

Le nom du pays n’a pas été changé en birman, les discours de Suu Kyi dans sa langue maternelle ne sont donc pas un problème. Quant à la langue française, elle a le plus souvent conservé le terme de "Birmanie", y compris chez les scientifiques, les deux mots se traduisant de la même façon.

Mais le casse-tête est permanent pour les anglophones. Les Etats-Unis se refusent ainsi toujours, eux aussi, à appeler le pays "Myanmar".

Et en décembre dernier, Hillary Clinton, première secrétaire d’Etat américaine à s’y rendre depuis un demi-siècle, avait dû jongler avec le dilemme pendant plusieurs jours. Pour ne pas fâcher ses hôtes, elle s’était le plus souvent résolu à parler de "ce pays".

15/06/2012

Genève : Aung San Suu Kyi appelle à respecter les droits de l'âme !

Genève : Aung San Suu Kyi appelle à respecter les droits de l'âme !

La chef de l’opposition birmane a lancé jeudi un vibrant appel à la communauté internationale à venir investir en Birmanie, dans un discours prononcé devant la Conférence internationale du travail à l’ONU à Genève. Un message clair destiné aux délégués des 185 pays réunis jeudi à l'ONU à Genève pour la conférence internationale du travail: «La levée et la suspension des sanctions sont une occasion sans précédent pour le développement économique de la Birmanie».

Aung San Suu Kyi a prononcé un discours très attendu devant la Conférence internationale du travail, l'assemblée générale annuelle des Etats-membres de la BIT à Genève. Photo Réveil FM

La «Dame de Rangoun», la frêle présidente de la Ligue nationale pour la démocratie, une écharpe verte autour du cou, fleurs rouge et blanche accrochées aux cheveux, chemise blanche et jupe noire, était apparue souriante ce matin à l'ONU à Genève. Photo Réveil FM

En visite en Europe, Aung San Suu Kyi est arrivée jeudi 14 juin au Palais des nations de l'ONU, à Genève (Suisse), où elle a été accueillie par une ovation. Photo Réveil FM

 

«S’il vous plaît, encouragez vos gouvernements à nous aider à construire» une société tournée vers le développement et donnant du travail aux jeunes, a déclaré Mme Aung San Suu Kyi, au premier jour d’une tournée historique en Europe, après 22 ans de résidence forcée en Birmanie.

Pas par altruisme

«C’est une demande pressante de ma part », a ajouté la frêle femme politique birmane, accueillie par une ovation à Genève.

Les entreprises étrangères ne viennent pas seulement par « altruisme, je le sais », a-t-elle ajouté, mais je « souhaite que leurs profits soient partagés avec notre population », notamment les jeunes, qui n’ont pas eu la chance d’avoir une éducation, a-t-elle ajouté.

La chef de l’opposition birmane a aussi invité tous les participants à la conférence de la BIT à se rendre en Birmanie pour se « rendre compte de tout le potentiel » que représente la jeunesse du pays.

Mme Aung San Suu Kyi a également souligné que c’était la première fois depuis 30 ans qu’elle revenait à Genève.

Auparavant, le directeur général du BIT Juan Somavia a salué, dans un vibrant hommage, le long combat pour la démocratie de la «Dame de Rangoun».

Levée des sanctions

En signe de bonne volonté, la BIT a d'ailleurs levé mercredi, la veille de la venue d'Aung Suu Kyi, les sanctions qui frappaient la Birmanie depuis 1999, à cause du travail forcé.

Conférence de presse !

Après la Suisse et la Norvège, Mme San Suu Kyi est attendue en Grande-Bretagne, en Irlande et en France.

Aung San Suu Kyi, la charismatique chef de l'opposition birmane, a lancé jeudi un appel aux investisseurs et aux gouvernements étrangers pour favoriser le développement démocratique de son pays, à Genève devant l'ONU. La "Dame de Rangoun", souvent comparée à l'ex-président sud-africain Nelson Mandela, a été accueillie à l'ONU par une immense ovation des 4.000 délégués de 185 pays à la conférence internationale du travail. Ils ont applaudi debout à plusieurs reprises la Prix Nobel de la Paix, qui effectue son premier voyage en Europe depuis 23 ans, après plus de 20 ans en résidence surveillée dans son pays.

Des journalistes accrédités à l'ONU dans la salle de conférence. Photo Réveil FM

La salle de presse III pleine des journalistes de plusieurs nationalités. Photo Réveil FM

Journalistes, photographes, cameramens dans la salle de presse. Photo Réveil FM

Arrivée de Aung San Suu kyi dans la salle de presse. Photo Réveil FM

A coté du directeur général du BIT Juan Somavia qui l'a accompagné , après avoir salué, dans un vibrant hommage, le long combat pour la démocratie de la «Dame de Rangoun». Photo Réveil FM

Aung San Suu Kyi transpire la sérénité. Photo Réveil FM

A une question d'un confrère sur le respect des droits de l'homme, Aung San Suu Kyi répond qu'elle souhaite le respect des droits de l'âme. Photo Réveil FM

Dans un véritable discours-programme, Aung San Suu Kyi a insisté sur une série de réformes qui sont encore nécessaires pour instaurer les règles de droit et renforcer les institutions démocratiques en Birmanie, des conditions pour attirer les investisseurs. Elle a en outre fait valoir la nécessité de règles de transparence et de bonnes pratiques dans le secteur de l'énergie, d'entreprises d'Etat plus compétitives et d'une protection des petits agriculteurs. Photo Réveil FM

Le problème des violences ethniques Aung San Suu Kyi a aussi insisté sur la nécessité d'un règlement politique pour mettre fin aux combats ethniques dans l'Etat de Rakhine, en Birmanie, et affirmé que la question de la citoyenneté des Rohingyas doit être réglée par un nouveau cadre juridique. Photo Réveil FM

La militante birmane, qui aura 67 ans dans quelques jours, a aussi réclamé de l'aide pour la jeunesse de son pays, qui n'a pas eu la chance de recevoir une éducation et qui souffre d'un chômage endémique. "Des jeunes sans emploi perdent toute confiance dans la société qui a échoué à leur donner une chance", a-t-elle ajouté, soulignant les problèmes de drogue et d'alcoolisme qui y sont liés. La question des nombreux migrants birmans vivant en Thaïlande a aussi été évoquée. "80% de tous les travailleurs migrants en Thaïlande sont des Birmans et ces travailleurs sont souvent confrontés à des violations de leurs droits", car ni la Birmanie ni la Thaïlande n'ont adopté les bases juridiques nécessaires pour mettre en oeuvre des règles internationales, a-t-elle indiqué. "Beaucoup de ceux que j'ai rencontrés en Thaïlande m'ont dit 'nous voulons rentrer à la maison', et nous avons tous la responsabilité de leur assurer paix et sécurité à leur retour", a-t-elle dit.

Après Genève, que la militante a visité il y a 30 ans, Aung San Suu Kyi se rendra à Berne. Elle y sera reçue par les plus hautes autorités helvétiques, avant de partir vendredi pour Oslo.

Après la Suisse, la militante birmane se rendra en Norvège, en Grande-Bretagne, en Irlande et en France. En Norvège, Mme San Suu Kyi doit prononcer un discours à l'occasion de la remise de son Prix Nobel de la Paix, décerné en 1991 et qu'elle n'a pas pu recevoir en personne, du fait de sa détention en Birmanie.

La chef de l'opposition birmane s'est rendu à Berne en train. Elle y a rencontré le chef de la diplomatique helvétique Didier Burckhalter. Dans la soirée, la leader birmane dînera avec la présidence de la Confédération helvétique, Eveline Widmer-Schlumpf.

Aung San Suu Kyi, qui est accompagnée d'une délégation de 4 personnes, prendra l'avion pour Oslo, deuxième étape de sa tournée européenne, où elle prononcera un discours de remerciements pour son Prix Nobel de la Paix, décerné en 1991, alors qu'elle était en captivité en Birmanie.