19/06/2012

François Hollande au sommet de la Francophonie à Kinshasa ?

François Hollande au sommet de la Francophonie à Kinshasa ?

Une vraie patate chaude pour François Hollande, faut-il aller à Kinshasa ? C'est la question que posent les défenseurs des droits de l'homme, alors que la capitale congolaise espère (de moins en moins sûr) accueillir en octobre prochain le 14ème sommet de la Francophonie. Les ONG reprochent au régime congolais de graves violations des droits humains. Certaines estiment que la visite de François Hollande donnerait du crédit au régime en place ; d’autres pensent le contraire.A quatre mois de l’événement, certaines ONG attendent de la France qu'elle boycotte le 14e sommet de la Francophonie qui doit se tenir à Kinshasa du 12 au 14 octobre prochains. « Pas de Hollande pour le Congo », c'est ce qu'attend par exemple l'ACAT, l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture. Et Jean Kalama Ilunga du Front Civil Populaire est dans la logique que les ONG fran4aises qui appellent au boycott.

Francophonie à Kinshasa : Toboyi ! Toboyi ! Toboyi !

Jean-Kalama Ilunga du Front Civil Populaire répond !

Sans concéssion Jean-Kalama Ilunga réfute la présence de François Hollande, président de la République française au XIVè Sommet de la Francophonie à Kinshasa en octobre prochain.

Sans la France de François Hollande, le sommet de la Francophonie chez Kabila à Kinshasa perdrait de sa superbe. L’avenir de la «Francafrique» a de mauvais jours devant elle. François Hollande est le Président de la République française, le XIVè sommet de la Francophonie prévu au mois d’Octobre à Kinshasa va en prendra un coup fatal. En cause, les différents rapports accablants sur le déroulement des élections présidentielle et législatives du 28 novembre dernier. Une frange de l’opinion française voit en ce choix de la République démocratique du Congo un cadeau empoisonné pour la démocratie.

Joseph Kabila et sa bande ne doivent pas jouir de ce privilège exceptionnel au moment où on met en cause le recul dans e respect de droits de l’homme, les assassinats multiples et la gouvernance peu orthodoxe.

Durant la campagne électorale, le candidat qui avait les faveurs des sondages, François Hollande, a promis de rompre avec les relations ambiguës entre la France et l’Afrique sous couvert de la fameuse «Francafrique». Il pense développer un rapport bilatéral responsable dans un style d’échanges bénéfiques pour chacun des pays amis de la France. La cellule africaine, plaque tournante de cette machine en décadence, doit disparaître pour laisser jouer pleinement ce rôle aux Affaires étrangères. Il est à rappeler que cette attitude a été également soutenue par Sarkozy avant son accession à l’Elysée. Sous la pression des puissants cercles garants de la nébuleuse «Francafrique», le président très fragile au début du mandat s’était vite ravisé pour replonger dans la marre aux contours protectionnistes qui contredisent parfois les principes démocratiques. François Hollande n’est pas Nicolas Sarkozy. C’est vrai !

François Hollande ne partage pas la vision de la "Françafrique" de Nicolas Sarkozy, ils n'ont pas la même philosophie politique.

Mais, tous les analystes estiment que François Hollande aurait de la peine à déboulonner la République des mallettes très enracinée depuis le beau vieux temps d’Houphouët Boigny jusqu’à l’écurie des derniers produits Alassane Dramane Ouattara de la Cote d’Ivoire, Faure Eyadema du Togo, Ali Bongo du Gabon ou Boni Yayi du Bénin...

Sans compter de nombreux coups d’Etat avec une bénédiction larvée de la métropole de la Francafrique à l’exemple du Mali et de la Guinée Bissau. Pour certains détracteurs de cette amicale des chefs d’Etats en quête de la protection du pouvoir tenu des mains de fer, la Francafrique est une institution de soutien aux dictateurs amis de la France. Tant que ceux-ci servent, comme il se doit, les intérêts du Maître de l’Hexagone, ils peuvent être assurés des accords militaires pour passer des nuits apaisées.

Les Forces françaises sont en alerte maximale pour barrer la routé’ toute tentative de déstabilisation du pouvoir de tout dirigeant africain encore ami. Sinon, on laisse faire au profit des opposants à qui l’on attribue des qualificatifs gentils de «manifestants de la liberté». Ce rapport obscur basé sur une exploitation coupable des ressources naturelles africaines est appelé à disparaître, selon de nombreux politologues qui exigent la fin du néocolonialisme. Parmi les travers de la Francafrique, bien d’historiens dénoncent les éliminations ciblées des leaders politiques hostiles aux intérêts des protégés africains et du protecteur de l’Hexagone.

Les ONG françaises se lèvent pour dénoncer le XIVè Sommet de la Francophonie à Kinshasa, ce que n'a jamais cessé de dénoncer les Résistants-Patriotes-Combattants Congolais. L'interview de jean-Kalama Ilunga en est une illustration.

La crainte de l’instrumentalisation

L'ACAT-France redoute de voir Joseph Kabila instrumentaliser la présence française lors du sommet pour redorer son blason. Clément Boursin, le responsable Afrique de l'ACAT, demande à François Hollande et à son gouvernement de boycotter le sommet. « Il nous semble important, prévient-il, de mettre en garde les autorités françaises sur le risque d’instrumentalisation par les autorités de Kinshasa qui servirait à légitimer leur régime qui est, malheureusement, de plus en plus isolé ».

« En tous cas, poursuit Clément Boursin, les autorités congolaises s’inquiètent un peu et elles ont eu des entretiens avec l’ambassadeur de France à Kinshasa. Et on sent (qu'elles) veulent absolument que François Hollande se rende à Kinshasa »