09/04/2012

Luzolo Bambi Lessa veut interdire la diffusion du film «l’affaire Chebeya, un crime d’Etat» ? financé par l'Organisation Internationale de la Francophonie, ce dernier doit tenir son 14è Sommet à Kinshasa

Luzolo Bambi Lessa veut interdire la diffusion du film «l’affaire Chebeya, un crime d’Etat» ? financé par l'Organisation Internationale de la Francophonie, ce dernier doit tenir son 14è Sommet à Kinshasa

L'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est devant un choix cornélien. Organiser coûte que coûte son 14è Sommet à Kinshasa en octobre prochain, en légitimant la dictature totalitaire en République démocratique du Congo ou dénoncer le hold-up électoral de Joseph Kabila et prendre ses distances avec les casseroles retentissantes du Congo. Les prédateurs de la liberté d'expression pillulent en République démocratique du Congo. Il suffit d'avoir une portion du pouvoir pour l'user et en abuser contre ses propres compatriotes. On se souviendra toujours de Modeste Mutinga Mutuishayi en 2006 alors Président de la fameuse Haute Autorité des Médias (HAM), en autocrate instrumentalisé avait fermé des médias, fait arrêter des journalistes. Soutenu par ses mentors qui avaient déjà choisi leur candidat, le soudard-gendarme de Mobutu devenu journaliste puis président de la HAM, contre espèces sonnantes et rébuchantes, avait annulé un débat démocratique entre Joseph Kabila, candidat des Occidentaux et Jean-Pierre Bemba Gombo. Débat inscrit dans la Constitution de la transition. Que dire Lambert Mende, notre Vuvuzélateur national, dans non négationnisme et révisionnisme des réalités de notre pays ? Luzolo Bambi Lessa, ministre de la Justice et droits humains de Joseph Kabila recommande l’interdiction de la diffusion d’un film sur l’affaire Chebeya. Une affaire qui porte sur l’assassinat en mai 2010 du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya, qui a donné lieu à un procès fleuve l’année dernière. Le procès s’est soldé par la condamnation de plusieurs officiers de police. Luzolo Bambi reproche au film intitulé « L'affaire Chebeya, crime d’Etat ?», d’être tendancieux, et de porter atteinte à la personne du chef de l’Etat.

L'affiche du film «L'affaire Chebeya, un crime d'Etat ? » du réalisateur Belge Thierry Michel.

Dans une lettre au président de la Commission nationale de censure, Luzolo Bambi Lessa qui se targue d'être professeur de droit, qui a beaucoup voyagé et a les élèments de comparaison demande de ne pas autoriser la diffusion du film:"Affaire Chebeya, crime d'Etat ?" en République démocratique du Congo.

Le ministre de justice et droits humains de Joseph Kabila a deux reproches à faire. D’abord, le titre : « L’affaire Chebeya, un crime d’Etat ? » Même si la mention « un crime d’Etat » est suivie d’un point d’interrogation. Ensuite, il est reproché au réalisateur belge Thierry Michel de laisser passer des séquences portant atteinte au chef de l’Etat. Par exemple, dans ce film on revoit des manifestants filmés lors des obsèques de Chebeya, qui scandaient « Kabila assassin au Congo».

Luzolo Bambi Lessa qui défend beaucoup plus son bifteak que les vraies valeurs républicaines rappelle dans son courrier que le président de la République a démontré sa volonté de lutter contre l’impunité et permis à la justice de mener ses enquêtes en toute indépendance. Il est demandé au réalisateur Thierry Michel de revoir son montage.

L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) devra ouvertement se prononcer face à cette ième tentative de musellement et bâillonnement d'un réalisateur indépendant. Que les journalistes soient assassinés, emprisonnés et arrêtés dans un pays dit démocratique qui doit organiser le 14è Sommet de la Francophonie, cela pose déjà un problème. Qu'un film documentaire sur l'odieux assassinat de Floribert Chebeya, soldat des droits de l'homme au Congo-Kinshasa qui rélate le procès bidon organisé par un pouvoir assassin soit censuré en période organisationnelle du Sommet de la Francophonie, cela prouve que Joseph Kabila qui dirige le Congo par défi n'en a cure de l'opinion internationale. D'ailleurs il n'a jamais livré Jean Bosco Ntangana, Laurent Nkundabatwaré à la Cour Pénale Internationale. Il n'a jamais mis la main sur tous les seigneurs de guerre qui font la loi sur le territoire congolais, pillant, violant, tuant, massacrant des populations civiles sans défense.

La censure du film «l’affaire Chebeya, un crime d’Etat» ? en République démocratique du Congo donnera raison aux Congolais de l'Etranger qui souhaite que le 14è Sommet de la Francophonie se tienne à Dakar au Sénégal plutôt qu'à Kinshasa en République démocratique du Congo, pays pris en otage par une bande des politicailleurs d'un autre monde qui ne respecte rien: la vie humaine, les lois fondamentales sur les libertés individuelles, la Constitution...mais surtout la liberté d'expression et de penser ! L'OIF doit veiller de ne pas sombrer dans la politicaillerie congolaise. Car la politique c’est l’art de gouverner la cité, dit-on. C’est aussi l’art de tromper le peuple par la ruse, le fourvoiement, les machinations et autres mises en scène théâtrales. C’est l’ensemble de ces fourberies que nous dénonçons sous l’appellation politicaillerie...des Joséphistes !

05/04/2012

Reporters sans frontières crée un site miroir pour La Voix de Djibouti

Reporters sans frontières crée un site miroir pour La Voix de Djibouti

Pour contourner la censure imposée par les autorités de Djibouti au site http://lavoixdedjibouti.com et permettre à la population d'accéder à une source d'informations dont elle était pour le moment privée, Reporters sans frontières a lancé, le 4 avril 2012, un site miroir de La Voix de Djibouti. L'organisation invite les internautes à se rendre sur http://lavoixdedjibouti.rsf.org, où ils peuvent accéder à l'exacte copie du site original.

"Dans ce pays sans liberté de la presse, où seule la propagande d'Etat a droit de cité, nous estimons crucial de permettre à la population d'avoir accès à d'autres sources d'informations. Certes, la fréquentation d'Internet est encore faible à Djibouti, mais elle n'est pas négligeable, sur les réseaux sociaux notamment. La population djiboutienne peut désormais consulter sur Internet un bulletin d'informations critique", a declaré Reporters sans frontières.

La Voix de Djibouti est une radio proche du parti d'opposition Mouvement pour le renouveau et le développement (MRD), qui émettait en ondes courtes depuis l'Europe. Son bulletin d'informations est ensuite devenu disponible sur Internet, avant d'être bloqué par les autorités.

Plus d'informations sur la liberté de l'information à Djibouti : http://fr.rsf.org/report-djibouti,14.html

Lire les derniers communiqués de Reporters sans frontières sur ce pays : http://fr.rsf.org/djibouti.html

Reporters sans frontières crée des sites-miroirs pour lutter contre la censure

Afin de permettre à des sites d’information indépendants, victimes de cyber-attaques ou de blocages gouvernementaux, de continuer leurs activités de publication et de diffusion en ligne, Reporters sans frontières s’est lancée dans la duplication de sites. Les premiers à avoir été dupliqués par l’organisation sont ceux du magazine tchétchène Dosh et du journal sri-lankais Lanka-e News.

L’organisation a également lancé, à l’attention des internautes du monde entier, un appel à la solidarité pour multiplier les miroirs des sites concernés.

Les sites miroirs servent à contourner le blocage mis en place par un gouvernement. Ainsi, même si http://lavoixdedjibouti.com est bloqué à Djibouti (blocage pratiqué sur le nom de domaine du site ou sur l’adresse IP du serveur l’hébergeant), le site miroir monté par Reporters sans frontières, http://lavoixdedjibouti.rsf.org, hébergé sur un autre serveur avec un autre nom de domaine, sera accessible pour les internautes du pays.

Le site miroir sera automatiquement et régulièrement remis à jour afin de répercuter les publications du site original de la manière la plus actualisée possible.

Ce miroir peut également être bloqué ultérieurement. La multiplication des sites miroirs et la liste régulièrement actualisée de ceux-ci rendront ces blocages inefficaces, en vertu de l’effet Streisand.

Reporters sans frontières encourage les internautes désireux de lutter contre la censure, et qui sont en capacité d’héberger un site sur un serveur web, à participer à l'opération. Pour ce faire, une fois votre miroir monté, envoyez l’url de votre site à wefightcensorship [at] rsf.org.

 

Les prochaines opérations de duplication de site organisées par Reporters sans frontières seront relayées sur les comptes twitter @RSF_RWB et @RSFNet avec l’identifiant #RSFmirror.