11/11/2012

Nord-Kivu: Auprès des femmes violées !

Nord-Kivu: Auprès des femmes violées !

 

 

Dans l’est de la République démocratique du Congo, le nombre de femmes violées augmente dramatiquement depuis plusieurs mois.

Faida Kinjwemdo, (au premier plan), 22 ans, 4 enfants, au cours d’un entretien avec Solange, de la Caritas de Goma.

«C’était au mois d’août, dans le sud du Masisi (centre du Nord-Kivu). Enceinte de huit mois, je travaillais au champ avec une amie. Vers 13 heures, un homme, en civil, armé d’une machette, est arrivé. Mon amie est partie en courant. Je ne pouvais pas me déplacer rapidement. Sous la menace de son arme, il m’a dit de me laisser faire. J’ai baissé les yeux. Il m’a prise et il est parti. Je suis rentrée chez moi. Lorsque mon mari a compris, il ne l’a pas supporté. En 2010, j’avais déjà été violée par trois hommes en uniforme. Il a cru que je le faisais exprès, que cela me plaisait. Il m’a chassée de la maison », explique ce jour-là Faida Kinjwemdo, 22 ans, 4 enfants.

Dans cette région de l’est du Congo, son histoire est banale. «Nous avons recensé à peu près 5 000 femmes violées depuis le début de l’année sur tout le Nord-Kivu. C’est dramatique!», s’alarmait, le 18 octobre, Justin Paluku, gynécologue-obstétricien à l’hôpital de l’ONG Heal Africa de Goma.

«Attention, il est difficile de vérifier les chiffres avancés par les ONG, nuance le docteur Billy Sivahera Muyisa, le chef de la mission de Médecins du monde à Goma. Entre 1997 et 2005, les rebelles violaient systématiquement les femmes de leurs adversaires. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La peur d’être traduit un jour devant la Cour pénale internationale pour crimes de viol fait son effet auprès des rebelles. En revanche, dans cette région où plus de 80 % de la population a moins d’un dollar par jour pour vivre, le corps de la femme sert de plus en plus de monnaie d’échange, avec ou sans son consentement : le corps de la femme est une boutique qui ne fait jamais faillite, dit-on dans les rues de Goma.»

Un facteur : l’’impunité des violeurs

«Plusieurs raisons expliquent ces crimes sexuels, observe Placide Likoko, superviseur du programme violences sexuelles de la Caritas de Goma. En premier lieu, le développement des conflits armés de ces derniers mois dans la région. Par ailleurs, le gouvernement ayant démobilisé récemment de nombreux soldats, il y a parmi les civils des hommes qui ont pris l’habitude de recourir au viol pour assouvir leurs pulsions. Autre facteur : l’impunité dont bénéficient les violeurs. Peu sont identifiés et donc justiciables. Enfin, la permanence de traditions rétrogrades qui encouragent le viol: rites d’initiation, croyances religieuses, croyances dans les vertus curatives du viol pour son auteur. »

À l’hôpital de Rutshuru, dans la zone contrôlée par la guérilla du M23, le nombre de femmes violées reçues à l’hôpital avoisine la dizaine par semaine. «C’est un chiffre constant depuis des mois. Elles sont le plus souvent agressées dans leur champ. Par qui? Par tout le monde. Ici, dans la forêt, on ne compte plus les mouvements rebelles, les hommes armés, les jeunes gens qui veulent prouver leur virilité», assure l’administrateur général de l’hôpital, Gitari Bin-Runazi Amos.

Le viol, un rite de passage

Dans certains mouvements rebelles, comme chez les Maï Maï, le viol est un rite de passage et d’intégration pour les plus jeunes. «Ils ordonnent à leurs jeunes recrues, des garçons à peine formés, de violer. Peu à peu, ils y prennent goût. Adultes, ils ne s’en passeront plus. J’en ai rencontré un qui avait violé plus de cinquante femmes et il n’avait que 24 ans», constate Dearbhla Glynn, collaboratrice de l’ONG congolaise Congo Men’s Network, venue enquêter sur le sujet dans la région de Rutshuru.

Pour aider les victimes de violences sexuelles, de nombreuses ONG ont mis en place des programmes, comme la Caritas de Goma : «Notre action se divise en quatre volets. Nous avons un volet médical où nous les soignons, expose Placide Likoko. Ensuite, nous leur proposons un suivi psychologique. Beaucoup sont traumatisées. Puis, nous les aidons à se réinsérer. Une femme violée a souvent été volée. Elle peut aussi être rejetée. Enfin, lorsque les auteurs du viol sont identifiés, nous entamons une poursuite judiciaire pour que les coupables soient punis et les victimes dédommagées. »

«Presque toutes les ONG présentes à Goma ont développé un programme de lutte contre les crimes sexuels, ajoute Billy Sivahera Muyisa. C’est devenu aussi un business: pour les ONG, c’est un moyen d’obtenir des financements des bailleurs de fonds ; et pour des femmes pauvres, une opportunité de bénéficier des aides et de l’argent. Les secours sont nécessaires mais ils génèrent aussi des effets pervers. »

« Ecouter et accompagner »

Une prudence partagée par la Caritas de Goma. Depuis quelque temps, elle a mis en place des procédures pour authentifier le témoignage des victimes. Ainsi Solange, 22 ans, a été embauchée au mois d’août par l’ONG catholique pour en vérifier l’authenticité et assurer le suivi psychologique des victimes dans le centre de santé de Mugunga, à 13 km de Goma.

Tenu par la congrégation Saint-Vincent-de-Paul, soutenu par la Caritas, ce centre jouxte un camp de déplacés ouvert en 1994. De 2010 à avril 2012, le centre recevait deux à trois victimes de viol par mois. Depuis le mois d’avril, elles seraient une dizaine chaque mois à s’y présenter.

«La majorité a été violée par des hommes en uniforme alors qu’elles allaient chercher du bois dans la forêt. Je n’ai pas identifié de simulatrice», confie Solange. Le centre administre aux femmes violées des traitements contre le VIH, les maladies sexuellement transmissibles et un contraceptif d’urgence. «Je prends ensuite le relais pour les écouter et les accompagner», poursuit-elle.

Les résultats ne sont pas nuls, comme pour Faida Kinjwemdo. De soins en écoute, de conseils en visites, Solange a pu la réconcilier avec son époux. « Il a compris qu’elle était la victime et non la responsable du viol. De son côté, Faida s’est engagée à ne plus travailler dans les champs en attendant le jour où les jeunes Congolaises pourront cultiver la terre en toute sécurité. »

Des crimes en progression

Selon le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), il y a eu 5 543 cas de viol recensés en 2011 dans le Nord-Kivu. Plus d’un tiers des victimes seraient des mineures et 5% auraient moins de 10 ans. Le 10 septembre, l’ONG Heal Africa a fait état de 2 500 viols recensés entre janvier et juin de cette année.

S’appuyant sur ses propres données, Placide Likoko, superviseur du programme violences sexuelles de la Caritas de Goma, juge que ces crimes, après avoir été en régression entre 2009 et 2011, sont en nette hausse depuis le début de l’année.

Le profil des auteurs: 46 % sont des miliciens et 30 % des civils. Et 24 % des violeurs seraient des militaires de l’armée congolaise et des policiers.

27/10/2012

"En toute liberté" le livre de Freddy Mulongo sur United Radio, MBC, Radio Cité et Kanal K

"En toute liberté" le livre de Freddy Mulongo sur United Radio, MBC, Radio Cité et Kanal K

Freddy Mulongo rigole lorsqu'on lui apprend que ses articles sont vendus à la criée par des jeunes débrouillards, vendeurs à la sauvette dans certains carrefours de Kinshasa. C'est lui qui a introduit et mis en exergue les informations de proximité à sa radio Réveil FM à Kinshasa, fermée en août 2007 par les autorités congolaises. Freddy Mulongo se dit journaliste citoyen et fouineur de l'information alternative. Il est comme une station service où quotidiennement les congolais et amis du Congo de partout au monde viennent puiser l'informations dans son site Réveil FM International. Après, son premier livre les "Dix Questions", le Congo post Joseph Kabila par la diaspora congolaise, préfacé par Djamba Yohé et Nicoletta Fagiolo, ouvrage référencé à la rubrique 320. sciences politiques à la Bibliothèque Nationale Française (BNF), pour avoir interviewé 16 acteurs politiques congolais en exil. Freddy Mulongo récidive avec un second livre: "En toute liberté", citoyenneté, droits et libertés. Le journaliste-écrivain accrédité à l'hôtel Matignon et à l'ONU relate, apostrophe et interpelle sur la situation calamiteuse de la République démocratique du Congo. Alors que Floribert Chebeya était de passage à Paris, Freddy Mulongo l'a fait une photo à la place Bastille et cette photo qui a fait le tour du monde, représente désormais Chebeya, l'icône des droits de l'homme au Congo. Freddy Mulongo est un journaliste engagé, il s'en cache pas. Il est attaché au respect des droits de l'homme mais aussi à la liberté d'expression.

"En toute liberté" de Freddy Mulongo, 372 pages, Editions Edilivres à Paris

Dans son ouvrage "En toute liberté", l’auteur brosse le tableau d'un pays dont les signaux sont couramment dans le rouge concernant les droits humains. La population du pays constitue sa première richesse. Au Congo-démocratique, les journalistes et activistes des droits de l'homme sont assassinés, la population de l'Est de la République Démocratique du Congo est abandonnée, elle est victime de viols, de massacres et de tueries. Les Congolais croupissent dans la misère alors que les autorités congolaises vivent en pachas. La RDC est le 187e pays selon le classement du PNUD dans le développement humain alors qu'il regorge d'énormes potentialités. Un vrai gâchis ! A travers les articles de Freddy Mulongo mais surtout l'interactivité avec les internautes congolais et autres nationalités, on perçoit l'amour de la patrie pour les Congolais à l'étranger. Freddy Mulongo pointe du doigt là ou ça fait mal, la République Démocratique du Congo ne sera vraiment démocratique lorsqu’elle deviendra un Etat de droit.

"En toute liberté" de Freddy Mulongo sur UN Radio Y a-t-il une vraie société civile en République démocratique ? Existe-t-il une élite congolaise ? Quelle est la place des Congolais de l'étranger dans le présent et le devenir du Congo-Kinshasa ?

"En toute liberté" de Freddy Mulongo sur Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), avec Jean-Paul Hoareau de MontroseLa Francophonie peut-elle apporter le développement et la paix en République démocratique du Congo ? Quelle est la place des religions dans la société congolaise ?

"En toute liberté" de Freddy Mulongo sur Fênetre d'Afrique avec Sylvain Amos sur Kanal K

François Hollande à Kinshasa pour le Sommet de la Francophonie, la marche des congolais à Zurich contre la francophonie du sang, la situation du Mali...

"En toute liberté" de Freddy Mulongo sur Radio Cité de Genève avec Gilles Sullhac

Nous avons apprécié la partie citoyenneté de l'ouvrage de Freddy Mulongo qui nous informe que le premier rabin noir de France est un Congolais: Guershon Nduwa. Le Maniema étant le berceau de l'islam en République démocratique du Congo, les autorités congolaises se soucient-elles que cet islam ne soit ni salafiste ni djihadiste ? Que dire de tous ceux qui se réclament du pouvoir, alors que le Maniema n'a ni route asphaltée, les habitants de Kindu, Yenge, Kilo, Punia, Asani, kasuku, Kisiwa, Ukula, Kandeke, kaminania etc n'ont ni eau potable ni électricité.

"En toute liberté", c'est un livre sur la citoyenneté, les droits et libertés.

"En toute liberté", c'est un livre sur la citoyenneté, les droits et libertés. Freddy Mulongo écrit avec humour caustique et garde une capacité d’indignation qui ne s’émousse pas avec les années.

"En toute liberte", Freddy Mulongo, Edilivres à Paris, tél: 0033 1 41 6214 40- Fax:0033 1 41 62 14 50

26/10/2012

Tentative d'assassinat de Dr. Denis Mukwege à Bukavu, Joseph Kabila ne connait pas non plus le docteur des femmes violées ?

Tentative d'assassinat de Dr. Denis Mukwege à Bukavu, Joseph Kabila ne connait pas non plus le docteur des femmes violées ?

Un gouvernement responsable protège tous ses citoyens. Et il veuille à ce que l'élite du pays ne soit pas décapiter. Or que voyons-nous en République démocratique du Congo, on tue, on assassine, on zigpouille l'élite congolaise: activistes des droits de l'homme, journalistes, acteurs politiques de l'opposition. Et le gouvernement d'Augustin Matata Pognon, le Vuvuzélateur Lambert Mende et autres apparatchiks Joséphistes s'en pressent pour se disculper: Joseph Kabila ne connaissait pas Floribert Chebeya, il ne connait pas non le docteur des femmes violées Denis Mukwege revenant d'un séjour en Europe qui a été violemment agressé le jeudi 25 octobre dans la soirée à Bukavu ? Nous avons à faire au Congo à une bande mafieuse, des usurpateurs-imposteurs qui ont pris les institutions de la République en otage et ils nous soulent avec des discours mensongers, des balivernes à dormir debout. Après Floribert Chebeya, le soldat des droits de l'homme au Congo, originaire de Bukavu, assassiné par le régime dictatorial de Joseph Kabila en juin 2010, faut-il assassiner le Dr. Denis Mukwege à Bukavu ? Ses prises de position contre la guerre dans l‘est de la RDC et ses critiques répétées à l'encontre des groupes armés qui y font régner la terreur ont-elles failli coûter la vie au docteur Denis Mukwege, directeur de l’hôpital de Panzi ? Les agresseurs, qui ne portaient pas d’uniformes, se sont introduits dans la maison du docteur alors qu’il était absent, rapporte l'ONG.

Dr.Denis Mukwege à l'hôpital de Panzi à Bukavu

Quand une heure et demie plus tard, celui-ci est arrivé chez lui, un des hommes armés a tenté de le forcer à sortir de son véhicule. Un agent de sécurité posté devant la demeure du docteur a alors tenté d’intervenir, mais le gardien a été abattu d’un coup de feu tiré à bout portant. Les assaillants ont ensuite visé Denis Mukwege, sans parvenir à l’atteindre. Le médecin ne devrait son salut qu’à la mobilisation des habitants du quartier qui se sont portés à son secours alors qu'il avait été brièvement ligoté par les assaillants.

Discours aux Nations Unies du 25 septembre 2012 par le Dr. Denis Mukwege

Discours aux Nations Unies du 25 septembre 2012 par le Dr. Denis Mukwege

Excellences Messieurs les Ambassadeurs,

J’aurais voulu commencer mon discours par la formule habituelle : « j’ai l’honneur et le privilège de prendre la parole devant vous. »

Hélas ! les femmes victimes de VS de l’Est de la RDC sont dans le déshonneur. J’ai constamment sous mes yeux les regards des vieillardes, des filles , des mères et même des bébés déshonorés. Aujourd’hui encore, plusieurs sont soumises à l’esclavage sexuel ; d’autres sont utilisées comme arme de guerre. leurs organes sont exposés aux sévices le plus ignoble.

Et cela dure depuis 16 ans ! 16 ans d’errance ; 16 ans de torture ; 16ans de mutilation ; 16 ans de destruction de la femme, la seule ressource vitale congolaise ; 16 ans de déstructuration de toute une société. Certes, vos états respectifs ont fait beaucoup en terme de prise en charge des conséquences de ces barbaries. Nous en sommes très reconnaissant.

J’aurais voulu dire « j’ai l’honneur de faire partie de la communauté internationale que vous représenter ici » Mais je ne le puis.

Comment le dire à vous, représentant de la communauté internationale quand, la communauté internationale a fait preuve de peur et de manque de courage pendant ces 16 ans en RDC.

J’aurais voulu dire « j’ai l’honneur de représenter mon pays. », mais je ne peux pas non plus.

En effet, comment être fier d’appartenir à une nation sans défense ; livrée à elle-même ; pillée de toute part et impuissante devant 500.000 de ses filles violées pendant 16 ans ; 6000000 de morts de ses fils et filles pendant 16 ans sans qu’il y aucune perspective de solution durable.

Non, je n’ai ni l’honneur ; ni le privilège d’être là ce jour. Mon cœur est lourd.

Mon honneur, c’est d’accompagner ces femmes Victimes de Violence courageuses ; ces femmes qui résistent, ces femmes qui malgré tout restent débout.

Aujourd’hui grâce au rapport des experts des nations Unies , au Mapping report du haut commissaire aux droits humain des nations unies et beaucoup d’ autres rapports crédibles , plus personne ne peut se cacher derrière l’argument de la complexité de la crise. Nous savons donc désormais les motivations de cette crise et ces différents acteurs. Ce qui fait défaut c’est la volonté politique.

Mais jusques à quand ? Jusques à quand devons nous encore assister impuissants à d’autres massacres?

Excellences,Messieurs les Ambassadeurs ; c’est avec une grande humilité que je vous dis, vous savez !

On a pas besoin de plus de preuve, on a besoin d’une action, une action urgente pour arrêter les responsables de ces crimes contre l’humanité et les traduire devant la justice. La justice n’est pas négociable On a besoin de votre condamnation unanime des groupes rebelles qui sont responsables de ces actes, on a besoin des actions concrètes à l’encontre des états membres des nations unies qui soutiennent de près ou de loin ces barbaries.

Nous sommes devant une urgence humanitaire qui ne donne plus place à la tergiversation.

Tous les ingrédients sont réunis pour mettre fin à une guerre injuste qui a utilisé la violence et le viol de femmes comme une stratégie de guerre. Les femmes congolaises ont droit a une protection à l’instar de toutes les femmes de cette planète.

Vouloir mettre tous ces rapports crédibles dans le tiroir de l’oubliette sera porté une atteinte grave à la crédibilité de différentes résolutions des nations unies exigeant la protection des femmes en période des conflits et donc décrédibiliser toute notre chère institution qui pourtant est censée garantir la non répétition du génocide.

Les acquis de la civilisation reculent; ils reculent par les nouvelles barbaries comme en Syrie et en RDC; mais aussi par le silence assourdissant et le manque de courage de la communauté internationale.

Nous ne saurions pas taire la vérité car elle têtue, nous devrions plutôt l’affronter pour éviter de trahir nos idéaux.

J’ai l’honneur de dire que le courage des femmes VVS de l’Est de la RDC finira par vaincre le mal.

Aidez-le à retrouver la paix !

 

Je vous remercie.

Denis Mukwege, Médecin Directeur, Hôpital de Panzi, Bukavu-RDCongo