19/11/2012

Liberté d'information, quelle place pour la RDC? Ambroise Pierre, responsable Afrique de Reporters sans frontières se confie à Réveil FM International

Liberté d'information, quelle place pour la RDC? Ambroise Pierre, responsable Afrique de Reporters sans frontières se confie à Réveil FM International

Chaque année Reporters sans frontières établit sa liste des prédateurs de la liberté de la presse. Les prédateurs de la liberté de la presse considère les médias et journalistes comme leur proie. Autoritaires, puissants, dangereux, violents, nombrilistes, ils sont au-dessus des lois et font de la presse leur ennemi privilégié, leur bête noire. Ils sont responsables politiques d’un régime hostile aux libertés, organisateurs directs de campagnes de violences contre les journalistes, chevilles ouvrières d’un appareil de répression. Assassinat des journalistes, arrestations arbitraires, bâillonnement des médias... La République démocratique traîne en bas de l'échelle parmi les pays qui foulent aux pieds les droits et libertés fondamentaux des citoyens. Quelle place occupera-t-elle cette année dans le classement RSF? Ambroise Pierre, responsable Afrique de Reporters sans frontières était à Kinshasa en octobre dernier. Avant le XIVè Sommet de la Francophonie, "Reporters sans frontières (RSF) et Journalistes en Danger (JED) ont publié un rapport intutilé : " Monsieur Kabila, vous aviez pourtant promis de lutter contre l'impunité ". Pour ne pas attendre le prochain rapport du classement de chaque pays sur la liberté de presse, nous sommes allés à RSF pour s'enquérir sur l'évolution de la liberté de presse et d'information en République démocratique du Congo.

Ambroise Pierre, responsable Afrique de Reporters sans frontières. Photo Réveil FM

Dans ce rapport intitulé : « Monsieur Kabila, vous aviez pourtant promis de lutter contre l’impunité », les deux organisations rappellent la promesse faite par le président Kabila, à Montreux (Suisse), en octobre 2010 en clôture du XIIIe Sommet de la Francophonie, de lutter contre tous les crimes et attaques contre les journalistes.

Deux ans plus tard, RSF et JED constatent qu’aucune enquête sur un assassinat de journaliste en RDC n’a abouti au moindre résultat concluant, alors que le pays en a enregistré huit au cours de ces dernières années. Certains de ces assassinats ont été traités par des procès controversés tandis que d’autres n’ont jamais vu ne serait-ce qu’un début d’enquête. Dans ce rapport, RSF et JED affirment que la situation de la liberté de l’information s’est détériorée depuis l’année électorale 2011, et pointent du doigt l’Agence nationale des renseignements (ANR), des autorités locales et provinciales, ainsi que l’organe de régulation des médias, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), comme les principaux responsables des entraves à l’activité des médias.

Joseph Kabila, prédateur de la liberté d'information ?

"La grand-messe francophone se tient alors qu’un journaliste d’une chaîne privée (Patrick Palata), condamné à vingt ans de prison, est incarcéré à Kinshasa, et que deux de ses confrères (Fortunat Kasongo et Pierre Sosthène Kambidi) sont retenus depuis plus d’un mois par l’ANR. De même, le titre Le Journal est suspendu jusqu’à nouvel ordre et le signal d’une des principales chaînes d’opposition, la Radio Lisanga Télévision (RLTV), est coupé", écrivent Reporters sans frontières et JED.

Patrick Palata, journaliste de Canal Congo Télévision (CCTV), une chaîne privée émettant à Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo (Sud-Ouest), est incarcéré depuis deux ans à la prison militaire de Ndolo, et condamné à vingt ans de servitude pénale pour « organisation d’un mouvement insurrectionnel ». Le journaliste a toujours clamé son innocence et la demande de grâce introduite par RSF et JED auprès de Joseph Kabila est restée sans suite.

En août dernier, deux journalistes ont été arrêtés dans le Kasaï, à cause d’une affaire concernant la défection d’un officier et la création, dans cette province, d’un mouvement armé. Fortunat Kasongo et Pierre Sosthène Kambidi ont été transférés à Kinshasa où ils sont détenus, tous les deux depuis près de deux mois, dans un cachot de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) sans aucune possibilité de visite ni de leurs proches ni de leurs avocats.

Enfin, en septembre, le signal de la Radio Lisanga Télévision (RLTV), une chaîne privée appartenant à Roger Lumbala, député et membre influent de l’opposition, a été coupé de façon inexpliquée au moment où ce média diffusait une émission intitulée « Tokomi wapi ? » (« où en sommes-nous arrivés ? ») avec comme invité le député de l’opposition José Makila, qui accusait le président Joseph Kabila de « haute trahison » pour avoir signé un « accord secret » avec son homologue rwandais Paul Kagame.

Pendant plusieurs jours, ni le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), ni le ministère chargé des Médias, interrogés, n’avaient revendiqué cet acte. Il a fallu attendre dix jours pour voir enfin le porte-parole du gouvernement et ministre en charge des Médias sortir de son mutisme pour justifier la coupure de la RLTV. Dans un arrêté ministériel qui a tout l’air d’avoir été antidaté (08/09/2012), le ministre accuse ce média de diffuser « en temps de guerre des émissions relayant la campagne médiatique des forces négatives du M23, de nature à démoraliser l’armée et la population ». Nulle part pourtant, le ministre ne donne ni la date, ni l’heure, ni le nom de l’émission incriminée. Ce qui confirme bien la thèse d’un coup de force politique destiné à faire taire un média qui dérange.

Dans le même état d’esprit de musèlement de la presse, RSF et JED rappellent l’expulsion en juillet 2012 à son arrivée à l’aéroport, du réalisateur belge Thierry Michel, auteur d’un film documentaire sur l’assassinat du célèbre défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya et l’interdiction de la diffusion de son film en RDC. Malgré les promesses faites dans ce sens par les autorités congolaises, Thierry Michel n’a toujours pas reçu son visa de retour en RDC et ne peut donc diffuser ce film censuré.

 

Au delà de la RDC, RSF et JED s’inquiètent plus généralement de la situation en Afrique centrale où la prison, les pressions et l’autocensure freinent le libre exercice du métier d’informer. C’est le cas, entre autres, du procès d’Hassan Ruvakuki au Burundi condamné à la prison à perpétuité, de l’incarcération de trois journalistes au Rwanda, des pressions sur Jean-Claude Nekim au Tchad, de l’immobilisme et du poids de la censure en Guinée équatoriale.

27/10/2012

"En toute liberté" le livre de Freddy Mulongo sur United Radio, MBC, Radio Cité et Kanal K

"En toute liberté" le livre de Freddy Mulongo sur United Radio, MBC, Radio Cité et Kanal K

Freddy Mulongo rigole lorsqu'on lui apprend que ses articles sont vendus à la criée par des jeunes débrouillards, vendeurs à la sauvette dans certains carrefours de Kinshasa. C'est lui qui a introduit et mis en exergue les informations de proximité à sa radio Réveil FM à Kinshasa, fermée en août 2007 par les autorités congolaises. Freddy Mulongo se dit journaliste citoyen et fouineur de l'information alternative. Il est comme une station service où quotidiennement les congolais et amis du Congo de partout au monde viennent puiser l'informations dans son site Réveil FM International. Après, son premier livre les "Dix Questions", le Congo post Joseph Kabila par la diaspora congolaise, préfacé par Djamba Yohé et Nicoletta Fagiolo, ouvrage référencé à la rubrique 320. sciences politiques à la Bibliothèque Nationale Française (BNF), pour avoir interviewé 16 acteurs politiques congolais en exil. Freddy Mulongo récidive avec un second livre: "En toute liberté", citoyenneté, droits et libertés. Le journaliste-écrivain accrédité à l'hôtel Matignon et à l'ONU relate, apostrophe et interpelle sur la situation calamiteuse de la République démocratique du Congo. Alors que Floribert Chebeya était de passage à Paris, Freddy Mulongo l'a fait une photo à la place Bastille et cette photo qui a fait le tour du monde, représente désormais Chebeya, l'icône des droits de l'homme au Congo. Freddy Mulongo est un journaliste engagé, il s'en cache pas. Il est attaché au respect des droits de l'homme mais aussi à la liberté d'expression.

"En toute liberté" de Freddy Mulongo, 372 pages, Editions Edilivres à Paris

Dans son ouvrage "En toute liberté", l’auteur brosse le tableau d'un pays dont les signaux sont couramment dans le rouge concernant les droits humains. La population du pays constitue sa première richesse. Au Congo-démocratique, les journalistes et activistes des droits de l'homme sont assassinés, la population de l'Est de la République Démocratique du Congo est abandonnée, elle est victime de viols, de massacres et de tueries. Les Congolais croupissent dans la misère alors que les autorités congolaises vivent en pachas. La RDC est le 187e pays selon le classement du PNUD dans le développement humain alors qu'il regorge d'énormes potentialités. Un vrai gâchis ! A travers les articles de Freddy Mulongo mais surtout l'interactivité avec les internautes congolais et autres nationalités, on perçoit l'amour de la patrie pour les Congolais à l'étranger. Freddy Mulongo pointe du doigt là ou ça fait mal, la République Démocratique du Congo ne sera vraiment démocratique lorsqu’elle deviendra un Etat de droit.

"En toute liberté" de Freddy Mulongo sur UN Radio Y a-t-il une vraie société civile en République démocratique ? Existe-t-il une élite congolaise ? Quelle est la place des Congolais de l'étranger dans le présent et le devenir du Congo-Kinshasa ?

"En toute liberté" de Freddy Mulongo sur Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), avec Jean-Paul Hoareau de MontroseLa Francophonie peut-elle apporter le développement et la paix en République démocratique du Congo ? Quelle est la place des religions dans la société congolaise ?

"En toute liberté" de Freddy Mulongo sur Fênetre d'Afrique avec Sylvain Amos sur Kanal K

François Hollande à Kinshasa pour le Sommet de la Francophonie, la marche des congolais à Zurich contre la francophonie du sang, la situation du Mali...

"En toute liberté" de Freddy Mulongo sur Radio Cité de Genève avec Gilles Sullhac

Nous avons apprécié la partie citoyenneté de l'ouvrage de Freddy Mulongo qui nous informe que le premier rabin noir de France est un Congolais: Guershon Nduwa. Le Maniema étant le berceau de l'islam en République démocratique du Congo, les autorités congolaises se soucient-elles que cet islam ne soit ni salafiste ni djihadiste ? Que dire de tous ceux qui se réclament du pouvoir, alors que le Maniema n'a ni route asphaltée, les habitants de Kindu, Yenge, Kilo, Punia, Asani, kasuku, Kisiwa, Ukula, Kandeke, kaminania etc n'ont ni eau potable ni électricité.

"En toute liberté", c'est un livre sur la citoyenneté, les droits et libertés.

"En toute liberté", c'est un livre sur la citoyenneté, les droits et libertés. Freddy Mulongo écrit avec humour caustique et garde une capacité d’indignation qui ne s’émousse pas avec les années.

"En toute liberte", Freddy Mulongo, Edilivres à Paris, tél: 0033 1 41 6214 40- Fax:0033 1 41 62 14 50

26/10/2012

Tentative d'assassinat de Dr. Denis Mukwege à Bukavu, Joseph Kabila ne connait pas non plus le docteur des femmes violées ?

Tentative d'assassinat de Dr. Denis Mukwege à Bukavu, Joseph Kabila ne connait pas non plus le docteur des femmes violées ?

Un gouvernement responsable protège tous ses citoyens. Et il veuille à ce que l'élite du pays ne soit pas décapiter. Or que voyons-nous en République démocratique du Congo, on tue, on assassine, on zigpouille l'élite congolaise: activistes des droits de l'homme, journalistes, acteurs politiques de l'opposition. Et le gouvernement d'Augustin Matata Pognon, le Vuvuzélateur Lambert Mende et autres apparatchiks Joséphistes s'en pressent pour se disculper: Joseph Kabila ne connaissait pas Floribert Chebeya, il ne connait pas non le docteur des femmes violées Denis Mukwege revenant d'un séjour en Europe qui a été violemment agressé le jeudi 25 octobre dans la soirée à Bukavu ? Nous avons à faire au Congo à une bande mafieuse, des usurpateurs-imposteurs qui ont pris les institutions de la République en otage et ils nous soulent avec des discours mensongers, des balivernes à dormir debout. Après Floribert Chebeya, le soldat des droits de l'homme au Congo, originaire de Bukavu, assassiné par le régime dictatorial de Joseph Kabila en juin 2010, faut-il assassiner le Dr. Denis Mukwege à Bukavu ? Ses prises de position contre la guerre dans l‘est de la RDC et ses critiques répétées à l'encontre des groupes armés qui y font régner la terreur ont-elles failli coûter la vie au docteur Denis Mukwege, directeur de l’hôpital de Panzi ? Les agresseurs, qui ne portaient pas d’uniformes, se sont introduits dans la maison du docteur alors qu’il était absent, rapporte l'ONG.

Dr.Denis Mukwege à l'hôpital de Panzi à Bukavu

Quand une heure et demie plus tard, celui-ci est arrivé chez lui, un des hommes armés a tenté de le forcer à sortir de son véhicule. Un agent de sécurité posté devant la demeure du docteur a alors tenté d’intervenir, mais le gardien a été abattu d’un coup de feu tiré à bout portant. Les assaillants ont ensuite visé Denis Mukwege, sans parvenir à l’atteindre. Le médecin ne devrait son salut qu’à la mobilisation des habitants du quartier qui se sont portés à son secours alors qu'il avait été brièvement ligoté par les assaillants.

Discours aux Nations Unies du 25 septembre 2012 par le Dr. Denis Mukwege

Discours aux Nations Unies du 25 septembre 2012 par le Dr. Denis Mukwege

Excellences Messieurs les Ambassadeurs,

J’aurais voulu commencer mon discours par la formule habituelle : « j’ai l’honneur et le privilège de prendre la parole devant vous. »

Hélas ! les femmes victimes de VS de l’Est de la RDC sont dans le déshonneur. J’ai constamment sous mes yeux les regards des vieillardes, des filles , des mères et même des bébés déshonorés. Aujourd’hui encore, plusieurs sont soumises à l’esclavage sexuel ; d’autres sont utilisées comme arme de guerre. leurs organes sont exposés aux sévices le plus ignoble.

Et cela dure depuis 16 ans ! 16 ans d’errance ; 16 ans de torture ; 16ans de mutilation ; 16 ans de destruction de la femme, la seule ressource vitale congolaise ; 16 ans de déstructuration de toute une société. Certes, vos états respectifs ont fait beaucoup en terme de prise en charge des conséquences de ces barbaries. Nous en sommes très reconnaissant.

J’aurais voulu dire « j’ai l’honneur de faire partie de la communauté internationale que vous représenter ici » Mais je ne le puis.

Comment le dire à vous, représentant de la communauté internationale quand, la communauté internationale a fait preuve de peur et de manque de courage pendant ces 16 ans en RDC.

J’aurais voulu dire « j’ai l’honneur de représenter mon pays. », mais je ne peux pas non plus.

En effet, comment être fier d’appartenir à une nation sans défense ; livrée à elle-même ; pillée de toute part et impuissante devant 500.000 de ses filles violées pendant 16 ans ; 6000000 de morts de ses fils et filles pendant 16 ans sans qu’il y aucune perspective de solution durable.

Non, je n’ai ni l’honneur ; ni le privilège d’être là ce jour. Mon cœur est lourd.

Mon honneur, c’est d’accompagner ces femmes Victimes de Violence courageuses ; ces femmes qui résistent, ces femmes qui malgré tout restent débout.

Aujourd’hui grâce au rapport des experts des nations Unies , au Mapping report du haut commissaire aux droits humain des nations unies et beaucoup d’ autres rapports crédibles , plus personne ne peut se cacher derrière l’argument de la complexité de la crise. Nous savons donc désormais les motivations de cette crise et ces différents acteurs. Ce qui fait défaut c’est la volonté politique.

Mais jusques à quand ? Jusques à quand devons nous encore assister impuissants à d’autres massacres?

Excellences,Messieurs les Ambassadeurs ; c’est avec une grande humilité que je vous dis, vous savez !

On a pas besoin de plus de preuve, on a besoin d’une action, une action urgente pour arrêter les responsables de ces crimes contre l’humanité et les traduire devant la justice. La justice n’est pas négociable On a besoin de votre condamnation unanime des groupes rebelles qui sont responsables de ces actes, on a besoin des actions concrètes à l’encontre des états membres des nations unies qui soutiennent de près ou de loin ces barbaries.

Nous sommes devant une urgence humanitaire qui ne donne plus place à la tergiversation.

Tous les ingrédients sont réunis pour mettre fin à une guerre injuste qui a utilisé la violence et le viol de femmes comme une stratégie de guerre. Les femmes congolaises ont droit a une protection à l’instar de toutes les femmes de cette planète.

Vouloir mettre tous ces rapports crédibles dans le tiroir de l’oubliette sera porté une atteinte grave à la crédibilité de différentes résolutions des nations unies exigeant la protection des femmes en période des conflits et donc décrédibiliser toute notre chère institution qui pourtant est censée garantir la non répétition du génocide.

Les acquis de la civilisation reculent; ils reculent par les nouvelles barbaries comme en Syrie et en RDC; mais aussi par le silence assourdissant et le manque de courage de la communauté internationale.

Nous ne saurions pas taire la vérité car elle têtue, nous devrions plutôt l’affronter pour éviter de trahir nos idéaux.

J’ai l’honneur de dire que le courage des femmes VVS de l’Est de la RDC finira par vaincre le mal.

Aidez-le à retrouver la paix !

 

Je vous remercie.

Denis Mukwege, Médecin Directeur, Hôpital de Panzi, Bukavu-RDCongo