06/06/2012

François Hollande a déjà défini les principes de sa diplomatie africaine !

François Hollande a déjà défini les principes de sa diplomatie africaine !

Ceux qui voient François Hollande à Kinshasa pour le XIVè Sommet de la Francophonie pour légitimer le deuxième hold-up électoral rêvent debout et ils vont déchanter ! Deux semaines après son entrée en fonction, François Hollande a détaillé mardi 29 mai dernier à la faveur d'une visite du président béninois Thomas Boni Yayi, les grands principes du nouveau partenariat "équilibré" qu'il veut instaurer avec le continent africain. Même si le mot de "rupture" est surtout associé à son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, le nouveau président l'a largement repris pendant sa campagne. En matière de relations avec l'Afrique, il veut rompre avec les pratiques contestées de diplomatie parallèle de la "Françafrique", qui ont empoisonné les liens entre Paris et ses ex-colonies depuis les années 60. La première étape de ce changement annoncé s'est traduite dans les mots lors de la formation du premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Le ministère délégué à la Coopération y a été abandonné au profit d'un ministère délégué au Développement, attribué au député européen écologiste Pascal Canfin.

 

Paris, le 29 mai, Yayi Boni le président Béninois et François Hollande à l'Elysée. Photo Réveil FM

 

Yayi Boni reçu par Jean-Marc Ayrault, Premier minstre français à Matignon-Vidéo

 

François Hollande y a ajouté un deuxième signe mardi en faisant du chef de l'Etat béninois et patron en exercice de l'Union africaine (UA), Thomas Boni Yayi, son premier invité africain sous les ors de l'Elysée.

"C'est un double symbole", a commenté le nouveau président français devant son hôte, "d'abord de reconnaissance de ce qu'est la démocratie béninoise, qui est exemplaire dans le continent, et un symbole également de la considération que je porte à l'Union africaine".

Il y a cinq ans, Nicolas Sarkozy avait, lui aussi, affiché sa volonté de tordre le cou aux réseaux et aux pratiques "du passé". Mais, malgré la renégociation des accords de défense qui ont souvent servi à justifier le rôle de "gendarme de l'Afrique" de la France, son action a été brouillée par sa proximité avec certains dirigeants, ceux du Gabon notamment, ou le rôle mystérieux de certains intermédiaires comme l'avocat Robert Bourgi.

Désireux, à son tour, de tirer un trait définitif sur certaines de ces "pratiques", M. Hollande a donc détaillé les "principes" qui, a-t-il promis, régiront dorénavant les liens de la France avec l'Afrique.

"D'abord le principe de bonne gouvernance, c'est-à-dire du développement de la démocratie partout en Afrique", a-t-il dit. Puis la mise en place d'un "pacte de croissance et de développement" pour le continent africain et sa "reconnaissance" dans des instances comme le G20, a-t-il ajouté.

François Hollande a enfin rappelé son attachement à la "stabilité" et à la "sécurité" de l'Afrique. Mais en se gardant de toute ingérence. Evoquant la situation préoccupante du Mali, coupé en deux par l'action de groupes islamistes et Touaregs, il a soumis toute action française à un mandat des Nations unies. Comme l'avait fait M. Sarkozy en Côte d'Ivoire en 2011.

"Nous ne voulons pas rentrer dans un principe d'ingérence", a résumé le président. La France "n'a pas vocation à intervenir directement" en Afrique, a insisté le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans un entretien au quotidien Le Monde.

Thomas Boni Yayi s'est déclaré "extrêmement satisfait" de la ligne fixée par son hôte et de sa volonté de ne plus "donner de leçons" aux Africains. "L'Afrique est décidée à se prendre en main", lui a-t-il assuré.

Interrogé par la presse, François Hollande s'est gardé de préciser si ses trois "principes", notamment celui de démocratie, étaient susceptibles d'affecter les relations de la France avec certains pays comme le Gabon, le Congo ou la Guinée équatoriale, dont les dirigeants sont mis en cause dans des procédures judiciaires françaises visant leur patrimoine.

"J'ai dit les principes qui devaient être les nôtres et je les rappellerai autant que nécessaire", s'est-il contenté d'indiquer.

Ainsi François Hollande avait déclaré qu’il recevait le président Yayi Boni en raison de l’exemplarité de la démocratie béninoise et de la grande considération qu’il porte pour l’Afrique. Les deux Chefs d’Etat avaient également débattu de quelques sujets d’actualité dont : la crise malienne et le péril terroriste dans le Sahel.

Concernant la crise malienne, les deux Chefs d’Etat avaient réaffirmé l’urgence d’un retour effectif à l’ordre constitutionnel et l’impératif du maintien de l’intégrité territoriale du Mali.

Quant au péril terroriste dans le Sahel, ils avaient convenu qu’il faille agir vite dans un cadre de mobilisation de la communauté internationale par une saisine rapide du Conseil de sécurité de l’Onu.

Dès la fin de la visite à l’Elysée, Yayi Boni s’était rendu au siège de la Francophonie où il avait rencontré son Secrétaire général, Abdou Diouf.

En milieu d’après-midi de ce même jour, le Chef de l’Etat béninois avait reçu Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de la France, avant de rendre visite au Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

18/05/2012

François Hollande n'est pas François Mitterrand ?

François Hollande n'est pas François Mitterrand ?

Contrairement à François Mitterrand, chez François Hollande, le réalisme l'emportera toujours sur le lyrisme. Nous ne sommes vraiment pas en mai 1981. Après François Mitterrand, François Hollande. Pour le nouvel élu, c'est d'abord cela qui est le plus émouvant: être celui qui a renoué le fil d'une histoire, celle de la gauche ; celui qui a effacé l'humiliation de 2002 ; celui qui a d'abord réussi à réconcilier sa propre famille politique jusqu'alors empêtrée dans les rivalités personnelles et les haines recuites. On l'a vu dans sa campagne, dominée par une constante référence au premier président socialiste de la Ve République, allant parfois jusqu'à l'imitation (François Mitterrand et ses 110 propositions, François Hollande et ses 60 propositions), et poussée le 6 mai jusqu'au résultat du vote, puisque François Hollande fait aussi bien à la virgule près vis-à-vis de Nicolas Sarkozy que François Mitterrand face à Valéry Giscard d'Estaing. Et tout le monde s'est retrouvé à la Bastille...

21 mai 1981 et 15 mai 2012, le rituel de la poignée de main sur le perron de l'Elysée à l'accueil du nouveau président n'a pas bougé d'un poil. Par contre, si Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand échangent un regard, la poignée de main entre Nicolas Sarkozy et François Hollande

En 2012, léger changement dans la cérémonie d'investiture ultraprotocolaire, les femmes des présidents (Valérie Trierweiler à gauche et Carla Bruni-Sarkozy à droite) font partie intégrante de la cérémonie.

En 1981, elles étaient cantonnées au rôle de spectatrices. Ici, Danielle Mitterrand, vêtue modestement le jour de l'investiture de son mari.

Même salut entre les deux présidents lors de la remontée des Champs-Elysées

La foule en liesse au passage du cortège présidentielle

La remontée des Champs-Elysées, un rituel immuable...

Suivi du bain de foule. Le changement est peut-être maintenant, mais on ne bouscule pas le protocole de l'investiture.

Mais la comparaison s'arrête là. 1981 avait été vécue comme une rupture historique. Dans le droit-fil du Front populaire, François Mitterrand avait mis en oeuvre une grande réforme pour marquer le territoire de la gauche (la retraite à 60 ans), et une tentative de relance économique par la redistribution tous azimuts, une restructuration à travers les nationalisations. Avant de se heurter au mur des réalités. Qui se souvient du sommet de Versailles en 1982? Les fastes du château avaient sans doute ébloui Ronald Reagan. Mais la délégation française prit à ce moment-là conscience qu'on ne pouvait pas construire le "socialisme dans un seul pays". S'ensuivit le tournant de la "rigueur". La vraie!

François Hollande a d'emblée voulu tourner le dos à un tel processus, ne pas se remettre dans une situation qui le conduise à se dédire. La gravité l'a donc emporté. La crise a pesé de tout son poids. Et François Hollande est celui qui inverse la proposition traditionnelle de la gauche. La consolidation budgétaire figure parmi ses principaux objectifs, et il n'envisagera de redistribution qu'à la condition que la croissance soit repartie. En lieu et place d'une grande réforme emblématique, il y aura quelques gestes (allocation de rentrée scolaire, retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé très tôt à travailler) et des symboles (baisse du salaire du président et des ministres... ) qui n'affectent pas le coeur du dispositif, tourné vers le retour à l'équilibre.

La campagne électorale a également montré que la comparaison n'est guère possible avec François Mitterrand, car le réalisme l'emportera toujours chez François Hollande sur le lyrisme. Bien sûr, il se trouve aujourd'hui face à l'inévitable écart entre ce qui est demandé par les marchés et ce qu'il est possible de faire accepter. D'où l'importance du sommet social qu'il a promis de réunir, et dont l'ampleur pourrait peut-être permettre une sorte de New Deal qui remette le pays en même temps sur la voie des grands équilibres et de l'efficacité économique et sociale.

Revenons à la victoire. D'ordinaire, le sprint final est décisif: François Mitterrand avait gagné dans la dernière ligne droite. Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs tout misé sur ce constat et avait réussi à provoquer une réelle dynamique en sa faveur, mais bien trop tardive. Le rejet n'a pas été remis en cause. Mais, en chemin, il est vrai, Nicolas Sarkozy a offert à François Hollande le thème du rassemblement et de la réconciliation. C'est là qu'une autre comparaison s'impose: avec la campagne de 1988. Nicolas Sarkozy l'avait analysée, décortiquée, dans l'admiration de ce que réalisa François Mitterrand cette année-là. Et pourtant, il en a pris le contre-pied en recherchant le clivage le plus aiguisé, opposant constamment les uns aux autres et allant au plus près des thèmes de Marine Le Pen. Ce faisant, il a décalqué... Jacques Chirac, dont l'un des porte-parole de l'époque, Charles Pasqua, avait lancé le thème des "valeurs communes" entre le RPR et le Front national. L'idée politique sous-jacente était que l'on peut agréger vote de droite et vote d'extrême droite. Or jusqu'aujourd'hui, l'un et l'autre ont toujours été opposés et l'on ne peut pas considérer l'électorat frontiste comme homogène.

Ultime différence avec 1981: il ne faut s'attendre à aucun état de grâce. Parce que la crise est là. Qu'elle frappe un pays déprimé, hanté par la menace du déclin et profondément sceptique. Ainsi, une majorité de nos concitoyens n'attend pas de cette élection qu'elle conduise à une amélioration de la situation relative du pays. Pourtant, pour François Hollande, c'est un levier possible. De la même façon qu'il avait gagné dans cette campagne à être sous-estimé par ses adversaires, de la même façon, face au scepticisme ambiant, toute amélioration sera perçue comme une grande victoire. Et une majorité de ceux qui lui ont permis de gagner s'est prononcée de façon positive, seule une minorité expliquant son vote par le rejet du président sortant. C'est le signe que tout au long de la campagne, il a su installer une autorité tranquille.

Il lui reste maintenant à en faire le meilleur usage.

14/05/2012

François Hollande président : une nouvelle vie aussi pour sa compagne, Valérie Tierweiler

François Hollande président : une nouvelle vie aussi pour sa compagne, Valérie Tierweiler

Paris, jeudi 10 avril, Valérie Trierweiler « a du mal à réaliser totalement le changement de vie » que son rôle de première dame va impliquer.

Elle a passé vingt ans à raconter le théâtre politique et ses coulisses. A 47 ans, Valérie Trierweiler est passée de l’autre côté du miroir. Drôle de destin que celui de cette journaliste issue d’une famille populaire d’Angers (Maine-et-Loire), cinquième d’une fratrie de six qui a grandi en HLM, dont la vie va désormais s’écouler sous les ors de la République, en tant que première dame.

« Elle a du mal à réaliser totalement le changement de vie que cela implique, raconte une de ses proches. C’est un mélange de peur et d’excitation. Elle ne dort pas très bien. » Quelques jours après l’élection de son compagnon, la mère de trois adolescents a en tout cas pris conscience d’une chose : si la présidence de François Hollande a vocation à être normale, leur vie quotidienne ne le sera plus.

Fins les déplacements à vélo dans les rues de Paris, la tranquillité et le relatif anonymat. Il lui faut aujourd’hui vivre avec la pression médiatique. « Merci à mes consœurs, confrères, de respecter notre vie et nos voisins. Merci de ne pas camper devant notre domicile. Merci de le comprendre », a lancé la journaliste de « Paris Match » sur le réseau social Twitter, mardi dernier. Las.

Elle est prête à enchaîner les déplacements officiels

Le désir du couple de ne pas résider à l’Elysée semble aussi compromis. Des hommes du GSPR (groupement de sécurité du président de la République) ont inspecté leur appartement parisien… et soulevé une nuée de problèmes. Les grandes baies vitrées du salon, qu’il faudrait blinder. Les accès de l’immeuble compliqués à sécuriser, sans compter les allées et venues des voisins difficiles à contrôler ou la gestion du courrier : depuis trois jours, une centaine de lettres ont été envoyées au domicile du couple. « Résider à l’Elysée serait la solution la plus pratique pour tout le monde. Ils y réfléchissent sérieusement », rapporte une amie.

Même si elle a encore du mal à réaliser, Valérie Trierweiler est prête à enchaîner les déplacements officiels. Elle accompagnera François Hollande à la Maison-Blanche le 18 mai, avant les sommets du G8 à Camp David et de l’Otan à Chicago. La journaliste a déjà été contactée par le service de protocole de l’Elysée pour régler les détails de son voyage et donner un avis sur le cadeau qui sera fait à Michelle Obama, l’épouse du président américain. Il y a quelques semaines, l’ambassade des Etats-Unis avait déjà préparé une notice biographique sur la journaliste… au cas où.

Très présente durant la campagne — il y a trois jours encore, elle a refoulé Julien Dray du QG de son compagnon! —, Valérie Trierweiler réfléchit à son nouveau rôle. « Je ne serai pas une potiche », prévient-elle. Mais elle ne rompra pas avec la tradition « humanitaire » des premières dames. « Valérie s’intéresse à la condition des femmes. Elle va examiner ce qu’il est possible de faire à l’Elysée. La création d’une fondation est une possibilité », explique un élu PS qui en a discuté avec elle. Pourra-t-elle, pour autant, demeurer journaliste et réaliser des entretiens avec de grandes personnalités étrangères, comme elle le souhaite? Difficile à concevoir, même si ses deux employeurs actuels, Direct 8 et « Paris Match », n’y sont pas opposés sur le principe.

Ils attendent de ses nouvelles, après la passation des pouvoirs, pour en discuter avec elle.