24/05/2012

Ioulia Timochenko : François Hollande prêt à un boycott de l'Euro 2012

Ioulia Timochenko : François Hollande prêt à un boycott de l'Euro 2012

Ça sent le roussi pour l'Euro 2012. Le président français François Hollande a laissé entendre, jeudi 24 mai, qu'il n'ira pas en Ukraine pour l'Euro-2012 de football. "J'aime beaucoup le football, mais ce qui se passe en Ukraine est un problème", a annoncé François Hollande à l'issue d'un sommet informel de l'UE, à Bruxelles.

Le problème ? Le sort de Ioulia Timochenko, l'ancienne Premier ministre, inquiète de plus en plus les pays occidentaux. L'égérie de la "révolution orange" a été condamnée en octobre 2011 à sept ans de prison pour abus de pouvoir lors de son action à la tête du gouvernement. Elle est détenue à Kharkiv, l'une des quatre villes-hôtes de l'Euro de football en Ukraine. Depuis, les relations entre l'Union européenne et l'Ukraine sont empoisonnées. Ces tensions sont montés d'un cran avec les allégations de mauvais traitements infligés à l'opposante.

La Pologne essaie de sauver l'Euro

La décision de François Hollande embarrasse Donald Tusk, Premier ministre polonais. Co- organisateur du tournoi, il s'était pourtant réjoui la veille d'avoir convaincu "presque tous" ses homologues intéressés par le football de se rendre en Pologne et en Ukraine pour assister aux rencontres de l'Euro 2012. La compétition est effectivement prévue du 8 juin au 1er juillet.

Donald Dusk s'était indigné des appels au boycott de l'Euro. "Que personne ne cherche à casser ce tournoi. Nous y avons placé trop d'efforts et trop d'argent", avait-il déclaré. "Nous nous sommes trop engagés dans ce projet politique pour le gâcher aujourd'hui. Je ne veux pas soutenir ceux qui cherchent à isoler l'Ukraine de l'Europe par un mur, que ce soient des Ukrainiens, certains Polonais ou des personnes en dehors de nos deux pays", avait-il expliqué.

L'Ukraine fait un geste

Critiquée de toutes parts, l'Ukraine ronge son frein. Les autorités ukrainiennes ont d'ailleurs accepté mercredi 23 mai l'envoi d'une personnalité "internationalement reconnue" pour observer le procès en appel de Ioulia Timochenko, selon Martin Schulz, le président du Parlement européen.

Ce dernier a précisé avoir reçu une lettre de Mykola Azarov, Premier ministre ukrainien dans laquelle il a accepté cette demande ainsi que la possibilité de renforcer l'équipe médicale qui s'occupe de l'ancienne Première ministre.

16/05/2012

Première rencontre du couple Merkel-Hollande à Berlin

Première rencontre du couple Merkel-Hollande à Berlin

Sous une pluie fine, le président français a été reçu avec les honneurs militaires comme le prévoit le protocole pour une première visite d'un chef d'Etat en Allemagne. La chancelière et François Hollande ont échangé poignées de main et sourires devant une foule de photographes, avec une heure de retard sur le programme. L'avion transportant François Hollande vers Berlin a été touché par la foudre et contraint de faire demi-tour. Le président français est reparti vers sa destination à bord d'un autre appareil. François Hollande et Angela Merkel devaient donner une conférence de presse commune vers 21h, après un entretien bilatéral d'environ une heure. Ils devaient ensuite dîner ensemble.

Angela Merkel, la chancelière allemande a affirmé que la France et l'Allemagne étaient "conscientes de la responsabilité qu'elles ont" pour l'Europe et que les deux pays avaient "le devoir" de travailler ensemble

François Hollande, le président français a dit pour sa part vouloir une "relation entre la France et l'Allemagne équilibrée et respectueuse de nos sensibilités politiques"

Mme Merkel a toutefois eu beau affirmer que la presse évoquait "des divergences plus importantes qu'elles ne le sont réellement" entre elle et M. Hollande, quelques points de désaccord sont apparus

M. Hollande, qui veut accorder plus d'importance à la croissance en Europe là où Mme Merkel donne la priorité à la rigueur, s'est dit "prêt à tout mettre sur la table lors du conseil européen (du 23 mai, ndlr), y compris les euro-bonds", des obligations communes européennes, jusqu'ici un tabou pour Berlin

François Hollande a aussi maintenu qu'il voulait renégocier le pacte budgétaire, censé durcir la discipline budgétaire en Europe, pour y adjoindre un volet croissance. Ouvrant la porte à un compromis avec la chancelière sur ce sujet, il a aussitôt ajouté qu'il se prononcerait définitivement sur une renégociation après avoir discuté avec elle

Angela Merkel a assuré qu'il y avait "des points d'accord" avec M. Hollande sur la croissance, reconnaissant qu'il s'agissait d'un "concept général" qui pouvait recouvrir différents types de mesures et admettant "des signes de divergences"

Monnaie unique en chute libre

Les deux dirigeants sont sous pression, après l'échec de la tentative de la dernière chance de former un gouvernement de coalition en Grèce, au centre de la crise de la dette en Europe.

Athènes devra organiser de nouvelles élections législatives au mois de juin dans un contexte d'instabilité qui avive les craintes d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

L'actualité grecque a fait chuter la monnaie unique européenne, les Bourses européennes repassant dans le rouge après un timide rebond dans la matinée.

Pourfendeur de la politique d'austérité de Angela Merkel face à la crise dans la zone euro, François Hollande a déclaré, dans son allocution d'investiture mardi matin, vouloir «ouvrir une voie nouvelle en Europe» en proposant «un nouveau pacte qui alliera la réduction nécessaire des dettes publiques avec l'indispensable stimulation de l'économie».

«Je vais rencontrer la chancelière d'Allemagne avec le souci de dire ce que je pense de la situation (en Europe, ndlr) - elle est grave - et de ce que nous pouvons faire ensemble, pour trouver ensemble les solutions pour que l'austérité ne soit pas une fatalité, pour que la croissance revienne, pour que la solidarité puisse être davantage marquée avec le souci que nous avons de la situation en Grèce», a-t-il déclaré avant de monter dans son avion.

Moteur de l'Union européenne

Avant d'être élu, François Hollande avait annoncé vouloir rouvrir les négociations sur le traité budgétaire - adopté en mars dernier par 25 des 27 pays de l'UE et déjà ratifié par plusieurs d'entre eux - pour y ajouter des mesures de croissance, ce à quoi Angela Merkel s'oppose fermement.

Selon Berlin, cette rencontre entre les deux dirigeants, résolus à continuer de faire du couple franco-allemand le moteur de l'Union européenne, ne vise pas à «prendre des décisions», mais à «faire connaissance».

Angela Merkel avait refusé de rencontrer le candidat socialiste avant le scrutin français, soutenant ostensiblement son rival, Nicolas Sarkozy, conservateur comme elle. Depuis, elle a promis de recevoir «à bras ouverts» François Hollande, qui avait lui-même appelé à une alternance en Allemagne en décembre dernier à Berlin à l'occasion d'un congrès du parti social-démocrate allemand (SPD).

Symbole positif

La nomination au poste de Premier ministre de Jean-Marc Ayrault, ancien professeur d'allemand et fin connaisseur de l'Allemagne, constitue un symbole positif pour Berlin.

Il reste que Angela Merkel et François Hollande ne parlent pas le même langage. La chancelière est prête à compléter le traité budgétaire par des mesures de croissance, mais elle entend par là des mesures structurelles, notamment des réformes du marché du travail.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont eu à coeur mardi d'afficher leur harmonie sur le maintien de la Grèce dans la zone euro, mais ont reconnu des divergences sur la croissance.

"Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro", a déclaré Mme Merkel lors d'une conférence de presse commune à la chancellerie à Berlin. "Je souhaite comme Mme Merkel que la Grèce reste dans la zone euro", a renchéri M. Hollande, en visite à Berlin quelques heures à peine après son investiture.

Tous deux se sont dits prêts à réfléchir à de nouvelles "mesures de croissance" pour aider le pays, en plein chaos politique et qui se prépare à de nouvelles élections.

La chancelière allemande a affirmé que la France et l'Allemagne étaient "conscientes de la responsabilité qu'elles ont" pour l'Europe et que les deux pays avaient "le devoir" de travailler ensemble.

Le président français a dit pour sa part vouloir une "relation entre la France et l'Allemagne équilibrée et respectueuse de nos sensibilités politiques".

Mme Merkel a toutefois eu beau affirmer que la presse évoquait "des divergences plus importantes qu'elles ne le sont réellement" entre elle et M. Hollande, quelques points de désaccord sont apparus.

M. Hollande, qui veut accorder plus d'importance à la croissance en Europe là où Mme Merkel donne la priorité à la rigueur, s'est dit "prêt à tout mettre sur la table lors du conseil européen (du 23 mai, ndlr), y compris les euro-bonds", des obligations communes européennes, jusqu'ici un tabou pour Berlin.

Il a aussi maintenu qu'il voulait renégocier le pacte budgétaire, censé durcir la discipline budgétaire en Europe, pour y adjoindre un volet croissance. Ouvrant la porte à un compromis avec la chancelière sur ce sujet, il a aussitôt ajouté qu'il se prononcerait définitivement sur une renégociation après avoir discuté avec elle.

Mme Merkel a assuré qu'il y avait "des points d'accord" avec M. Hollande sur la croissance, reconnaissant qu'il s'agissait d'un "concept général" qui pouvait recouvrir différents types de mesures et admettant "des signes de divergences".

A l'issue de la conférence de presse, les deux dirigeants devaient dîner ensemble, avant que le président français ne rentre à Paris.