06/07/2013

Guadeloupe: Ayrault à la nouvelle résidence Pierre Antonius, chantier de la rénovation urbaine à Bergevin

Guadeloupe: Ayrault à la nouvelle résidence Pierre Antonius, chantier de la rénovation urbaine à Bergevin

Pointe-à-Pitre, Pierre Antonius et le quartier de Boissard aux Abymes étaient les premières destinations du Premier ministre, venu constater l'avancement de l'opération de résorption de l'habitat insalubre. Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre est arrivé à Bergevin dans la nouvelle résidence Pierre Antonius, située à l'emplacement de l'ancien stade du même nom, avec un peu d'avance que prévue. Dans cette résidence qui héberge en majorité des personnes relogées dans le cadre de la rénovation urbaine de Pointe-Pitre.

Arrivée en avance et sous la pluie, Jean-Marc Ayrault accueilli par le maire Jacques Bangou et les habitants. Photo Réveil FM

Les mamans guadeloupéennes en tenue des Antilles. Photo Réveil FM

Le maire Jacques Bangou et l'architecte Marc Jalet présentent les plans et le programme de cette résidence qui comprend également des logements pour des étudiants. Puis Jean-Marc Ayrault se rend en petite délégation au quatrième étage, chez une locataire qui vit seule, et dont le balcon offre une vue sur l'ensemble de la résidence. Une fois redescendu , Jean-Marc Ayrault s'engouffre dans l'un des trois minibus avec les autres ministres et élus, direction Boissard, à cinq minutes de là.

Jean-Marc Ayrault au balcon du quatrième étage. Photo Réveil FM

En se rendant à Bergesin, le Premier ministre a pu voir les derniers bâtiments qui ont été livrés à Pointe-à-Pitre dans le cadre de la deuxième rénovation urbaine de cette ville, après la première réalisée dans les années 60. Mais cette opération dans laquelle l'Etat est impliqué à 80% à travers l'Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU) est encore pratiquement à ses débuts. Elle implique une phase de relogement des locataires, puis de démolitions des bâtiments insalubres et non conformes aux normes parasismiques.

La ville des Abymes est également concernée par une vaste opération de rénovation urbaine dans les quartiers de Grands-Champ et du Raizet, et par une opération de rénovation de l'habitat insalubre dans le quartier de Boissard. Ce dernier, qui était un bidonville a été visité par le président François Mitterrand en 1985.

C'est en fait la plus grande RHI de France, une vaste opération qui est déjà réalisée aux deux tiers, au bout de 28 ans, mais dont une partie, dans la section de Lafont, derrière l'hôtel de police, reste encore à réaliser.

07/09/2012

Francophonie à Kinshasa: Des Franco-Congolais réclament à cor et à cri un débat avec Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie !

Francophonie à Kinshasa: Des Franco-Congolais réclament à cor et à cri un débat avec Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie !

Usant et abusant du monologue, Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie malgré ses élucrubations, n'arrive pas à convaincre pour justifier le choix de Kinshasa pour abriter le XIVè Sommet de la Francophonie. Dans un but de transparence et libre confrontation d’idées, ainsi du respect de la « culture de la langue française », les Français et Congolais membres de CEC proposent à Madame Yamina Benguigui d’organiser un débat qui pourrait faire l’objet d’une retransmission télévisée, par exemple sur une chaîne publique comme France 2.

Kinshasa le 28 juillet 2012, Joseph Kabila et Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie. Photo Réveil FM, archives.

Yamina Benguigui à Kinshasa, lors de sa conférence de presse. Photo Réveil FM, archives.

"En votre qualité de Ministre Délégué à la Francophonie et Représentante personnelle du Chef de l’Etat auprès de l’Organisation Internationale de la Francophonie , qui bénéficie d’un accord de siège concédé par la République française, vous disposez de l’autorité morale vous permettant de lutter contre les dérives de non respect de la Charte de la Francophonie et de la « Déclaration de Bamako », principaux textes normatifs de référence en la matière qui régissent cette organisation."

Les français d’origine congolaise membres de notre association sont fiers de partager la langue française comme vecteur d’une grande culture universelle reconnue. Elle regorge en elle des valeurs intrinsèques qu’il faut à tout prix protéger, promouvoir, échanger et diffuser. C’est : l’Humanisme, les droits de l’Homme et les idéaux de liberté, démocratie, Justice, égalité. Aller à l’encontre de ces valeurs serait faire injure à la France et au Peuple Français héritier de ce patrimoine historique à valeur universelle.

Dans votre interview donnée dernièrement à la RFI, nous avons noté votre attention pour le peuple congolais. Nous vous citons : « Mais il ne faut pas oublier aussi le peuple. Je crois qu’ils sont fiers de recevoir ce sommet, dans un moment où la RDC est très oubliée. » La question qui peut se poser est de savoir à quel peuple Congolais vous feriez allusion : l’infime minorité corrompue au pouvoir ou bien celui qui pleure ses millions de morts sans que la Francophonie ne dénonce ni condamne ?

Celui qui pleure tous les jours des viols de ses femmes, filles, enfants et vieillards, en toute impunité sans que la Francophonie ne dénonce ni condamne ?

Celui qui est en pleur de ses voix électorales confisquées par la force des armes en violation de la dignité humaine, sans que la Francophonie ne dénonce ni condamne ?

Celui qui est en déplacement forcé à cause des guerres d’agressions des pays voisins sans que la Francophonie ne dénonce ni condamne ?

Celui qui est consterné par la mise en résidence surveillé de Monsieur Etienne Tshisekedi, le candidat aux élections présidentielles vainqueur présumé des élections de novembre2011 et ce depuis le mois de janvier 2012, sans que la Francophonie ne dénonce ni condamne ?

Celui qui est désemparé par la disparition depuis le 27 juin 2012 de son Député National, démocrate-chrétien, Eugène Diomi Ndongala sans que la Francophonie ne dénonce ni condamne ?

Celui qui vit dans la terreur ou celui qui est clochardisé ?

Dans votre interview à la RFI vous semblez pencher plus pour la protection d’un régime déjà isolé par la communauté internationale qui, à l’unisson (O.N.U. et U.E.) a constaté le « caractère non crédible » des élections présidentielles et législatives de novembre 2011 : aucun Chef d’Etat, à l’exception du sulfureux Robert MUGABE ne s’est déplacé pour l’investiture à Kinshasa du présumé perdant des élections truquées, Joseph Kabila.

Néanmoins, nous vous citons : "Ça ne sert à rien d’isoler un régime. Je ne pense pas que la politique de la chaise vide soit praticable aujourd’hui".

A cela nous avons 3 questions test à vous poser :

1. Prenez-vous en considération oui ou non la Charte de l’OIF qui met l’accent sur le respect de la Démocratie et des Droits de l’homme comme valeurs indissociables de la Francophonie ? si oui, il ne s’agit pas de chaise vide-boycott mais d’application des textes qui interdisent de tenir un sommet O.I.F. dans un pays en rupture de démocratie ou bien violation massive des droits humains ; ce qui avait déjà été constaté en 1991 où le 3ème sommet O.I.F. prévu à Kinshasa avait été relocalisé à Paris ;

2. Agirez-vous pour une rencontre avec le Président syrien Bachar al-Assad pour ne pas renforcer l’isolement dont il est sujet car déclaré « personae non grata » par la France et les autres pays occidentaux?

3. Seriez-vous prête à rencontrer Monsieur Dominique Strauss Khan pendant que vous êtes dans les affaires, afin de ne pas l’isoler comme l’a fait son parti ?

Le peuple Congolais, comme tout peuple au monde a soif de justice et d’équité pour se doter des institutions fortes et solides permettant de bâtir enfin son Etat de droit, tel que recommandé par la charte de la Francophonie. Ce peuple a exprimé sa volonté de changement de Gouvernance aux élections présidentielles malgré les assassinats et intimidations durant la campagne électorale en novembre 2011.

Il y a urgence au rétablissement de l’ordre constitutionnel et à l’arrêt immédiat de ces violations des droits, comme l’exige le point 3 du chapitre 5 de la Déclaration de Bamako.

La constitution, peu de temps après votre visite à Kinshasa, le 16 août 2012 du mouvement militaire « Mouvement de revendication de la vérité des urnes - Armée du peuple congolais pour le changement et la démocratie », qui a pour objectif de « chasser « Joseph Kabila » du pouvoir et installer « le Président élu » Etienne Tshisekedi wa Mulumba », est significative du sentiment d’abandon du peuple congolais par la communauté internationale dont la francophonie ; l’O.I.F. n’a même pas publié à ce jour son rapport d’observation des élections de novembre 2011 : vous avez malheureusement bien raison de dire que la R.D.C. est très oubliée.

Au regard des grandes souffrances actuelles du peuple congolais, une manifestation de la Francophonie festive à Kinshasa sera très probablement considérée comme prématurée, injuste, immorale, et contribuant à légitimer le voleur des voix du peuple qui s’est installé actuellement à la présidence du Congo ; ce au risque de favoriser le déclenchement d’une guerre civile généralisée.

Bien entendu, une fois gagnées la démocratie et la paix, le peuple Congolais sera disposé à échanger étroitement avec la France surtout en matière culturelle et économique. Il attend de la France un partenariat respectueux et gagnant-gagnant pour son développement avec des entreprises telles que : Areva, Total, Bouygues, FNAC, Lafarge et les autres. La présence renforcée de toutes ces entreprises sera un apport consistant et efficace dans la croissance de l’économie de son pays. Ce qui donnera le travail, garantira la santé et assurera l’éducation des enfants.

Pour terminer, nous reformulons notre désir de débattre avec vous sur le plateau de la chaine publique France 2. Nous estimons qu’il est temps de donner la parole aux Françaises et aux Français, car il s’agit de l’image de la France et de la langue française dont ils sont les seuls détenteurs de l’héritage et du patrimoine.

Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie, qui n'a pas encore répondu à la demande des Français et Congolais sur le choix de Kinshasa pour le Sommet de la Francophonie, a accordé une interview à nos confrères de La Croix, lisez:

 

Yamina Benguigui : «Le sommet de la Francophonie n’est pas un sommet bilatéral», La Croix, 6 septembre 2012

Le 27 août, François Hollande a annoncé sa participation au 14e sommet de la Francophonie en République Démocratique du Congo (RDC), du 12 au 14 octobre. La ministre de la Francophonie, cheville ouvrière de cette décision, explique à « La Croix » les raisons de ce choix.

La France se rendra au sommet de la Francophonie à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Quel rôle avez-vous joué dans cette décision ?

Yamina Benguigui : L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) avait annoncé ce sommet en 2008 et lancé à Kinshasa la construction des infrastructures nécessaires pour l’accueil du sommet. Mais aucun membre de l’ancien gouvernement ne s’était rendu sur place quand j’ai repris le dossier au mois de mai, dès ma nomination. Il y avait une contestation en France et en Belgique contre la tenue de ce sommet en RDC. Le président de la République m’a demandé de me rendre en RDC pour évaluer la situation dans son ensemble et pour y rencontrer les représentants de l’ensemble de la société congolaise, depuis les autorités, jusqu’aux opposants.

À l’issue de votre voyage à Kinshasa à la fin du mois de juillet, vous avez recommandé à François Hollande de participer au sommet de la Francophonie, pourquoi ?

Yamina Benguigui : J’ai passé quatre jours complets sur place, j’y ai rencontré plus de 100 personnes. Du président Joseph Kabila aux ONG de défense des droits de l’homme, des membres du gouvernement à ceux de l’opposition, sans compter les responsables religieux. Après nos entretiens, qui ont été parfois houleux, j’ai entendu à la fois leur colère, leur volonté, leurs espoirs et à la suite de ces entretiens très forts, la très grande majorité m’a dit être favorable à la venue de François Hollande et à la tenue du sommet en RDC, pour l’Afrique et pour la Francophonie et ses valeurs. L’archevêque de Kinshasa, le cardinal Monsengwo, a été un des rares à rester fermement opposé à la tenue du sommet.

Que vous a-t-il dit ?

Yamina Benguigui : La tenue du sommet pourrait légitimer Joseph Kabila, selon lui. Mais, toutes les ONG, comme la Voix des sans voix [ONG fondée par Floribert Chebeya, le défenseur des droits de l’homme assassiné par des policiers en 2010, NDLR], les principaux leaders de l’opposition, les responsables religieux, ont compris que ce sommet allait mettre la RDC sous les projecteurs de la communauté internationale, que cette occasion, constituait une opportunité pour elles de prendre la parole et de se faire entendre. Enfin, toutes ont été sensibles à l’engagement du président Hollande d’aller les rencontrer sur place.

Étienne Tshisekedi, le chef de l’opposition congolaise, n’était pas, non plus, favorable à ce voyage. Yamina Benguigui : J’ai rencontré les responsables de son parti. Les entretiens ont été, comme je vous l’ai dit, très houleux. Ils m’ont tous dit, après notre entretien, leur souhait de voir le président Hollande à ce sommet pour les mêmes raisons que la société civile, les religieux et les défenseurs des droits de l’homme.

François Hollande va-t-il aussi rencontrer Étienne Tshisekedi ?

Yamina Benguigui : Si Étienne Tshisekedi en fait la demande, c’est au président seul d’en décider.

Que vous êtes-vous dit avec Joseph Kabila ?

Yamina Benguigui : Le président Kabila m’a d’abord fait savoir qu’il était sur le point d’annuler ce sommet, car il ne comprenait mal le silence de la France sur le conflit au Nord Kivu. Cette inaction était perçue comme de l’indifférence pour la RDC. Je m’en suis immédiatement entretenue avec le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius qui a décidé d’ouvrir une discussion sur le Kivu au Conseil de Sécurité de l’ONU. Sur un plan plus symbolique, Joseph Kabila et son peuple se sentait profondément humilié par les rumeurs qui se propageaient en RDC et en Afrique qui annonçaient la non-venue de François Hollande au sommet. Je l’ai convaincu d’attendre mon entrevue avec le président français.

La venue de François Hollande était-elle accompagnée d’un certain nombre de conditions que vous avez exposées à Joseph Kabila ?

Yamina Benguigui : Je n’ai pas exprimé des conditions. Je lui ai dit que nous serions très sensibles s’il y avait des mesures significatives prises par le gouvernement en faveur des droits de l’homme. Je lui ai parlé de deux réformes : la réforme de la Commission nationale indépendante chargée des élections, et la création d’une Commission nationale des droits de l’homme. Il en a pris note et le 22 août, le président de l’Assemblée Nationale a annoncé à la télévision que la RDC allait adopter à la prochaine session parlementaire, à partir du 15 septembre, ces deux réformes pour renforcer la démocratie dans le pays.

Connaissiez-vous la RDC avant de vous y rendre en juillet ?

Yamina Benguigui : C’était la première fois que je m’y rendais. Pour autant, je connaissais ce pays à travers ces nombreux artistes. J’avais eu, par le passé, l’occasion de rencontrer des cinéastes, des musiciens de Kinshasa. Je connaissais la créativité et l’importance des artistes congolais sur la scène internationale. J’ajoute que je ne suis pas passée en coup de vent à Kinshasa, mais j’y suis restée plusieurs jours. C’est la moindre des choses pour montrer le respect que l’on éprouve pour ce pays et sa culture. Le président Sarkozy, je crois, n’y était resté que 4 heures pour ensuite aller dormir au Gabon.

Les Présidents africains francophones étaient-ils favorables à ce voyage ?

Yamina Benguigui : Ils s’étaient tous engagés, avant l’élection de François Hollande, à s’y rendre. Abdou Diouf, le président de l’OIF, s’était battu pour que ce sommet se tienne en Afrique. Décemment, François Hollande ne pouvait pas non plus les désavouer. L’annonce de sa non venue en Afrique aurait été perçue comme un affront et camouflet lancés au visage de nos amis africains.

En venant à Kinshasa, vous rompez volontairement l’isolement dans lequel se trouvait Joseph Kabila depuis sa réélection, contestée par tous les observateurs internationaux, en novembre 2011. N’est-ce pas une formidable victoire pour Joseph Kabila ?

Yamina Benguigui : Ce sommet n’est pas un sommet bilatéral entre la France et la RDC. Mais c’est le sommet de la Francophonie dans lequel tous les leaders vont pouvoir se rencontrer, se parler et se faire entendre. La Francophonie, c’est en tout 75 pays qui vont faire le déplacement à Kinshasa. Il ne s’agit pas simplement d’y parler de la place du français dans le monde, même si cela est important. C’est aussi l’occasion d’aborder des volets politiques, économiques et environnementaux. Nous allons ainsi consacrer la première journée du sommet aux crises malienne, sahélienne, malgache et de la Guinée-Bissau. La deuxième journée sera réservée au développement économique et à la défense de l’environnement. J’ajoute, enfin, qu’à l’occasion de ce sommet, nous allons entendre l’Afrique s’exprimer sur la marche du monde. Et nous nous devons de l’écouter.