Pollution à l'acide

Les problèmes posés par ses activités en République démocratique du Congo ne se limitent pas à l'extraction artisanale. Le rejet d'acide sulfurique dans la rivière Luilu, à proximité de Kolwezi, en est un exemple. KCC, l'une des filiales de Glencore, y a repris il y a trois ans l’exploitation d'une usine hydrométallurgique dont les effluents ont contaminé le cours d’eau.

Lors de son entretien avec la RTS et la BBC enregistré le 4 avril dernier, Ivan Glasenberg a indiqué que cette pratique remontait à l'époque coloniale et qu'elle était sur le point de cesser. "Nous aurions aimé résoudre le problème dès le rachat de l'usine. Mais pour ce faire, nous aurions dû interrompre temporairement la production et mettre nos employés au chômage technique, ce que les autorités ne voulaient pas.

Voilà pourquoi cela nous a pris trois ans avant de pouvoir traiter ces effluents correctement. Aurais-je aimé résoudre le problème plus vite? Bien sûr. Et aujourd'hui, je suis fier de dire que, si cela est sur le point de cesser après cinquante ans, c'est grâce à Glencore." Dans un complément de réponse reçu par écrit le 11 avril, la société indique que les rejets d’acide ont définitivement

Le géant suisse des matières premières Glencore a révélé des détails supplémentaires, très attendus des investisseurs et analystes, de son introduction en Bourse, l'une des plus importantes des dernières années.

"Nous sommes ravis du grand intérêt des investisseurs (...) et nous espérons accueillir de nouveaux actionnaires comme partenaires à long terme", a indiqué le directeur général de Glencore, Ivan Glasenberg.

Le groupe minier, qui dirige ses activités mondiales depuis le petit village de Baar dans le centre de la Suisse, a d'ores et déjà placé une grande partie de son offre auprès "d'investisseurs clés" non identifiés et qui ont souscrit à environ 31% de l'offre, soit 3,1 milliards de dollars.

Le groupe serait composé des fonds souverains de Singapour et d'Abou Dhabi, ainsi que des gestionnaires d'actifs et des banques privées, selon les médias. Glencore, dont les origines remontent aux années 1970, n'a pas vraiment créé de surprise mercredi, un grand nombre de détails ayant déjà filtré dans la presse ces derniers mois. Il va proposer ses actions entre 480 et 580 pence par titre pour son introduction en Bourse à Londres et à Hong Kong, afin de lever environ 10 milliards de dollars (6,7 milliards d'euros). Ce chiffre pourrait être révisé à la hausse, car la société a prévu une rallonge pour ses investisseurs. Dans le cas d'une demande supérieure aux attentes, Glencore émettrait jusqu'à 10% d'actions supplémentaires, permettant au groupe de lever au total quelque 12 milliards de dollars.

L'introduction de quelque 6,4 milliards d'actions sur les places financières de Londres et d'Hong Kong par Glencore valorise ce dernier à environ 61 milliards de dollars, a-t-il précisé.

Ces chiffres "sont globalement conformes à nos attentes", a indiqué Miriam Hehir, analyste à RBC Capital Markets.

Les dates communiquées par Glencore sont également en ligne avec les éléments ayant jusqu'à présent été divulgués dans la presse.

Le prix final doit ainsi être annoncé le, ou "aux alentours" du 19 mai, date à laquelle les titres Glencore commenceront à être négociés de manière restreinte à la Bourse de Londres. Les actions seront échangées sans restriction le 24 mai à Londres et le lendemain à Hong Kong ou aux alentours de ces dates.

L'entrée en Bourse permettra au groupe d'assouvir ses appétits de développement. Glencore va ainsi pouvoir relever de 50,7% à 93% sa participation dans le producteur kazakhe de zinc Kazzinc, financer d'autres investissements et réduire sa dette.

Cette opération permettra également au groupe d'améliorer sa flexibilité financière en lui donnant accès à d'autres sources de financement sur les marchés et lui permettant d'utiliser ses actions pour de futures acquisitions, selon l'agence de notation Moody's. Partie de presque rien, la société fait aujourd'hui figure de géant des matières premières, avec un bénéfice net de 3,8 milliards de dollars en 2010.

Elle ne se contente pas seulement d'être un acteur majeur du négoce, mais détient également une grande partie de ses actifs miniers (zinc, cuivre, plomb, aluminium etc.), énergétiques (pétrole et charbon) et agricoles (coton, tournesol, blé, sucre...). Elle s'approvisionne aussi auprès de 7.000 sous-traitants.

Glencore détient par ailleurs en propre des installations portuaires, des entrepôts et une flotte de navires pour fournir ses clients à travers le monde.

 

Cette omniprésence a permis au groupe de "bénéficier de l'amélioration des conditions de marché" au premier trimestre.

La tendance devrait se poursuivre au deuxième trimestre, où la demande en matières premières devrait rester soutenue malgré le séisme et le tsunami au Japon ainsi que les troubles politiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.