26/06/2012

François Hollande ajuste le gouvernement Ayrault II

François Hollande ajuste le gouvernement Ayrault II

Si les élections se sont déroulées dimanche dernier, il fallait attendre le retour de François Hollande en France pour lancer le gouvernement Ayrault II. C’est à un mini-remaniement que se sont livrés hier François Hollande et Jean-Marc Ayrault, avec l’entrée de quatre nouveaux ministres… dont trois viennent du Sénat. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a encore pris de l’embonpoint hier, avec l’entrée de quatre ministres supplémentaires : ils sont désormais 38, contre 37 dans l’avant-dernier gouvernement Fillon, et 32 dans le dernier. Les quatre « nouveaux » ne portent pas atteinte à la parité, puisqu’il s’agit de deux femmes et deux hommes. Les sénateurs, mortifiés de ne voir qu’une seule d’entre eux dans le gouvernement Ayrault I (Nicole Bricq) en dépit de leur contribution logistique et programmatique à la campagne de François Hollande, avaient bruyamment protesté après le 16 mai.

Hélène Conway a été nommée ministre déléguée chargée des Français de l’étranger

Hélène Conway, sénatrice socialiste des Français de l'étranger, 51 ans, sera désormais en charge de ce dossier en tant que ministre déléguée chargée des Français de l'étranger auprès de Laurent Fabius. Née le 13 septembre 1960 en Algérie, elle a vécu vingt-cinq ans à l'étranger, notamment en Irlande et au Royaume-Uni où elle était professeur d'université et a dirigé un département universitaire. Diplômée de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) et membre du conseil d'administration de cette institution, Hélène Conway est aussi membre du conseil d'administration de l'Agence pour l'enseignement du français à l'étranger. Un désaveu pour Yamina Benguigui, qui gérait ce dossier dans le premier gouvernement Ayrault, et que les sénateurs des Français de l’étranger, précisément, avaient très mal accueillie. Benguigui reste au gouvernement mais voit son périmètre réduit au dossier de la Francophonie.

Guillaume Garot devient ministre délégué à l’Agroalimentaire

Le poids de Ségolène Royal, qu’il s’agit manifestement de consoler après sa défaite à La Rochelle et le tweet de Valérie Trierweiler : Guillaume Garot, réélu député de la Mayenne dimanche, et dernier de ses soutiens à l’Assemblée, devient ministre délégué à l’Agroalimentaire auprès de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture. Député maire de Laval, Guillaume Garot s'est surtout fait connaître en devenant en 2008 l'un des porte-parole de Ségolène Royal à l'occasion du congrès de Reims. Fidèle de la présidente de Poitou-Charentes, son nom ne circulait pas dans la liste des ministrables pour ce remaniement. Mais après son échec aux élections législatives, il fallait adresser un signe à l'ex-candidate. À 46 ans, Guillaume Garot accède donc pour la première fois au gouvernement en tant que ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire auprès de Stéphane Le Foll, un fidèle de François Hollande. Guillaume Garot rejoint la cohorte des royalistes au côté de Najat-Vallaud Belkacem, Delphine Batho, promue ministre de l'Écologie, et Dominique Bertinotti.

Anne-Marie Escoffier, ministre déléguée en charge de la Décentralisation

Une nouvelle radicale de gauche au gouvernement. Sénatrice de l'Aveyron depuis 2008, Anne-Marie Escoffier, originaire des Landes, a fait une grande partie de sa carrière au ministère de l'Intérieur, où elle fut notamment membre de l'Inspection générale de l'administration (IGA), avant d'être nommée préfète de l'Aveyron (1999-2002), puis de l'Yonne (2002-2008). Au Sénat, c'est une spécialiste des collectivités territoriales et de la décentralisation, portefeuille dont elle hérite aujourd'hui, en tant que ministre déléguée. Cette femme de 69 ans qui se décrit comme «libre et sans doctrine qui l'enferme», siégeait au groupe RDSE du Sénat.

Thierry Repentin, ministre délégué chargé de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage

C'est un Savoyard qui fait son entrée au gouvernement, en tant que ministre délégué chargé de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage. Cet ancien diplômé de l'IEP de Grenoble, âgé de 49 ans, a commencé sa carrière auprès du député européen Jean-Pierre Cot. Il entre ensuite au cabinet de Louis Besson, alors maire de Chambéry, qu'il a ensuite suivi au secrétariat au Logement (1997-2001). Fin connaisseur des questions de logement, il est président de l'Union sociale pour l'habitat, qui rassemble les organismes HLM. Depuis 2008, il est adjoint au maire de Sonnaz. Il est aussi conseiller général de Savoie et président de la communauté d'agglomération Chambéry-métropole.

Sitôt revenu du Brésil où il participait au sommet Rio + 20, François Hollande s'est enfermé à l'Élysée. Soucieux d'apparaître au travail, il a annulé sa participation à la Fête la musique. Avec le premier ministre Jean-Marc Ayrault, le chef de l'État a donc préparé toute la journée le remaniement qui devait être dévoilé «en fin d'après-midi». C'est finalement en début de soirée que le secrétaire général de l'Élysée Pierre-René Lemas a annoncé la composition du nouveau gouvernement. Plusieurs heures d'attente pour peu de changements.

Son équipe au complet, Hollande peut maintenant entrer dans le dur de son quinquennat. Le temps de l'effort. «Du redressement», corrige-t-on dans la majorité. Mais tout le monde aura compris. «La question est de savoir comment, dans un contexte difficile, faire en sorte de mener des réformes et d'affecter les moyens en direction de ceux qui en ont besoin», explique une ministre, consciente de la «volatilité» de la situation économique. Au sein du gouvernement, on attend l'audit de la Cour des comptes pour connaître la part exacte de l'effort qui devra être mené. Pour cette année, ce n'est pas loin de 10 milliards qu'il faut trouver. La présentation de l'audit a été repoussée à début juillet.

Hollande n'avait jamais caché durant sa campagne qu'il y aurait des économies à faire. Il avait répété que hormis dans les ministères prioritaires (Éducation, police, Justice), il n'y aurait pas d'embauches dans la fonction publique. Mais il n'a jamais précisé où porteraient les diminutions.