18/04/2013

Des funérailles à l'image de la "Dame de fer", imposantes et controversées

Des funérailles à l'image de la "Dame de fer", imposantes et controversées

Monstre sacré du XXe siècle, vénérée par les uns mais honnie par les "victimes" de sa révolution conservatrice, Margaret Thatcher, morte à 87 ans, aura, mercredi 17 avril, des funérailles à son image : imposantes et controversées, au point de nécessiter un imposant dispositif de sécurité.

Environ sept cents militaires des trois armes seront déployés sur les 1,9 km de la procession funéraire, entre le palais de Westminster et la cathédrale Saint-Paul de Londres. C'est là, dans l'imposant édifice mi-classique mi-baroque où sont célébrées les plus grandes heures du royaume, festives ou funèbres, que sera rendu un ultime hommage à la première et seule femme premier ministre du pays, par ailleurs détentrice d'un record de longévité au 10, Downing Street, de 1979 à 1990.

L'événement se déroulera au cœur du quartier des affaires, la City, dont la politique thatchérienne de dérégulation financière a assuré la prospérité. "Personne ne se souviendrait du bon Samaritain s'il n'avait eu que de bonnes intentions. Il avait aussi de l'argent", aimait-elle objecter à ses détracteurs.

La reine Elisabeth II qui entretenait des relations compliquées avec elle, a tenu à être présente

2 300 PERSONNALITÉS DE 170 PAYS

Près de deux mille trois cents personnalités, représentant cent soixante-dix pays, sont attendues à la cérémonie religieuse, qui sera ponctuée d'hymnes méthodistes de son enfance et d'extraits de compositeurs anglais choisis par la défunte, patriote jusque dans ses goûts musicaux, et qui, pour l'office solennel, a tout régenté dans le moindre détail, comme elle l'aura fait toute sa vie.

La reine Elizabeth II, qui entretenait des relations compliquées avec elle, a tenu à être présente. Une première depuis l'enterrement de Winston Churchill, triomphateur du nazisme porté en terre par une nation unie dans le deuil en 1965. L'ensemble du gouvernement a été convié autour du conservateur David Cameron, ainsi que tous les anciens premiers ministres, dont le travailliste Anthony Blair, qui revendique paradoxalement une partie de l'héritage de "Maggie".

Dans l'assistance prendront place une cinquantaine de personnes, dont des vétérans, associées au principal fait d'armes de "Mrs T", en 1982 : la reconquête de l'archipel des Falklands, les Malouines de l'Argentine, qui n'a dépêché aucun représentant. Deux chefs d'Etat, onze premiers ministres et dix-sept chefs de la diplomatie en exercice seront présents, selon le décompte officiel. En revanche, aucun des anciens locataires de la Maison Blanche, ni le dernier président de l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev, ni le réunificateur de l'Allemagne, Helmut Kohl, ne seront présents.

Vingt-trois ans après la révolution de palais conservatrice, qui a provoqué sa chute, Margaret Tatcher continue de déchainer des passions, y compris chez les jeunes britanniquesqui rejettent son modèle de société.

"LA SORCIÈRE EST MORTE" Le cercueil de la baronne de Kesteven, née Margaret Hilda Roberts, drapé dans l'Union Jack, entamera sa procession à 10 heures, heure de Paris, dans un corbillard, puis sur un affût de canon tiré par huit chevaux noirs. Il remontera les rues de la capitale au son des marches funèbres de Chopin, Beethoven et Mendelssohn, accompagné de soldats progressant à la cadence de soixante-dix pas à la minute. Le carillon de Big Ben sera réduit au silence, en signe de respect, mais dix-neuf coups de canon et une cloche unique, à Saint-Paul, rythmeront l'approche.

Pour parer à toute menace de terroristes ou de simples contestataires, Scotland Yard a mobilisé quatre mille policiers. C'est que vingt-trois ans après la révolution de palais conservatrice qui a provoqué sa chute, Mme Thatcher continue de déchaîner les passions. Y compris chez les jeunes qui rejettent son modèle de société. Dans le Yorkshire (Nord), les mineurs dont elle a brisé la grève d'un an ont prévu diverses festivités. A Belfast (Ouest), les murs se sont couverts de graffitis vengeurs. "Rouille en enfer", affiche l'un d'eux, en mémoire de dix grévistes de la faim de l'Armée républicaine irlandaise (IRA) morts dans le bloc H de la prison de Maze, en 1981.

A quelques heures des obsèques, les invitations à manifester se multipliaient sur les réseaux sociaux, avec pour cris de ralliement "la sorcière est morte" ou "bon débarras". Les moins virulents appelaient sur Facebook à "tourner le dos" au passage du cercueil.

L'ex-première ministre devait être incinérée lors d'une cérémonie privée en présence de Carol et de Mark, ses jumeaux.

Des centaines de manifestants fêtent la mort de Thatcher à Londres

Des centaines d'opposants à Margaret Thatcher se sont rassemblés samedi soir sur la place Trafalgar Square à Londres pour célébrer sous la pluie la mort de l'ancienne première ministre britannique, dont les funérailles auront lieu le 17 avril. D'anciens mineurs ayant participé à la grève d'une année contre le gouvernement de la Dame de Fer dans les années 80, des militants d'extrême-gauche et des étudiants étaient présents.

Un important dispositif policier avait été déployé après les troubles survenus lors de plusieurs célébrations depuis que Margaret Thatcher a succombé à une crise cardiaque, à 87 ans. Mais l'ambiance de la manifestation était davantage celle d'un carnaval que d'une émeute, des personnes de tous âges dansant, jouant du tambour ou faisant retentir sifflets et klaxons.

Quelques échauffourées se sont toutefois produites avec la police et neuf personnes ont été arrêtées, dont cinq pour état d'ivresse et trouble à l'ordre public, a indiqué un porte-parole de Scotland Yard. Le maire de Londres, Boris Johnson, avait mis en garde les manifestants contre d'éventuels débordements.

UNE "FEMME TERRIBLE"

Présent à Trafalgar Square, David Douglas, ancien mineur et membre de l'Union nationale des mineurs du Yorkshire, a affirmé avoir été "très content" d'apprendre la mort de Margaret Thatcher, une "femme terrible" selon lui. "Nous sommes absolument furieux de cette image présentée à la télévision selon laquelle le pays entier serait en deuil", a-t-il ajouté.

Tatcher nous hante toujours dit la pancarte !

Sigrid Holmwood, artiste écossaise de 34 ans vivant à Londres, tenait un parapluie arborant l'inscription "ding dong", en référence à la chanson "Ding dong the witch is dead" du Magicien d'Oz, devenue cette semaine le chant de ralliement des détracteurs de l'ancienen première ministre. "Je suis venue aujourd'hui, je ne dirais pas pour célébrer, mais pour protester contre les millions d'argent public dépensés pour ses funérailles au moment où il y a des coupes (budgétaires) qui touchent les malades ou les invalides", a-t-elle expliqué.

Trafalgare Square, célèbre place en plein coeur de la capitale britannique, a été le haut lieu des affrontements entre manifestants et policiers sur la "Poll tax", l'impôt qui avait fait chuter Margaret Thatcher en 1990 après onze années au pouvoir.

Des funérailles à l'image de la "Dame de fer", imposantes et controversées

Des funérailles à l'image de la "Dame de fer", imposantes et controversées

Monstre sacré du XXe siècle, vénérée par les uns mais honnie par les "victimes" de sa révolution conservatrice, Margaret Thatcher, morte à 87 ans, aura, mercredi 17 avril, des funérailles à son image : imposantes et controversées, au point de nécessiter un imposant dispositif de sécurité.

Environ sept cents militaires des trois armes seront déployés sur les 1,9 km de la procession funéraire, entre le palais de Westminster et la cathédrale Saint-Paul de Londres. C'est là, dans l'imposant édifice mi-classique mi-baroque où sont célébrées les plus grandes heures du royaume, festives ou funèbres, que sera rendu un ultime hommage à la première et seule femme premier ministre du pays, par ailleurs détentrice d'un record de longévité au 10, Downing Street, de 1979 à 1990.

L'événement se déroulera au cœur du quartier des affaires, la City, dont la politique thatchérienne de dérégulation financière a assuré la prospérité. "Personne ne se souviendrait du bon Samaritain s'il n'avait eu que de bonnes intentions. Il avait aussi de l'argent", aimait-elle objecter à ses détracteurs.

La reine Elisabeth II qui entretenait des relations compliquées avec elle, a tenu à être présente

2 300 PERSONNALITÉS DE 170 PAYS

Près de deux mille trois cents personnalités, représentant cent soixante-dix pays, sont attendues à la cérémonie religieuse, qui sera ponctuée d'hymnes méthodistes de son enfance et d'extraits de compositeurs anglais choisis par la défunte, patriote jusque dans ses goûts musicaux, et qui, pour l'office solennel, a tout régenté dans le moindre détail, comme elle l'aura fait toute sa vie.

La reine Elizabeth II, qui entretenait des relations compliquées avec elle, a tenu à être présente. Une première depuis l'enterrement de Winston Churchill, triomphateur du nazisme porté en terre par une nation unie dans le deuil en 1965. L'ensemble du gouvernement a été convié autour du conservateur David Cameron, ainsi que tous les anciens premiers ministres, dont le travailliste Anthony Blair, qui revendique paradoxalement une partie de l'héritage de "Maggie".

Dans l'assistance prendront place une cinquantaine de personnes, dont des vétérans, associées au principal fait d'armes de "Mrs T", en 1982 : la reconquête de l'archipel des Falklands, les Malouines de l'Argentine, qui n'a dépêché aucun représentant. Deux chefs d'Etat, onze premiers ministres et dix-sept chefs de la diplomatie en exercice seront présents, selon le décompte officiel. En revanche, aucun des anciens locataires de la Maison Blanche, ni le dernier président de l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev, ni le réunificateur de l'Allemagne, Helmut Kohl, ne seront présents.

Vingt-trois ans après la révolution de palais conservatrice, qui a provoqué sa chute, Margaret Tatcher continue de déchainer des passions, y compris chez les jeunes britanniquesqui rejettent son modèle de société.

"LA SORCIÈRE EST MORTE" Le cercueil de la baronne de Kesteven, née Margaret Hilda Roberts, drapé dans l'Union Jack, entamera sa procession à 10 heures, heure de Paris, dans un corbillard, puis sur un affût de canon tiré par huit chevaux noirs. Il remontera les rues de la capitale au son des marches funèbres de Chopin, Beethoven et Mendelssohn, accompagné de soldats progressant à la cadence de soixante-dix pas à la minute. Le carillon de Big Ben sera réduit au silence, en signe de respect, mais dix-neuf coups de canon et une cloche unique, à Saint-Paul, rythmeront l'approche.

Pour parer à toute menace de terroristes ou de simples contestataires, Scotland Yard a mobilisé quatre mille policiers. C'est que vingt-trois ans après la révolution de palais conservatrice qui a provoqué sa chute, Mme Thatcher continue de déchaîner les passions. Y compris chez les jeunes qui rejettent son modèle de société. Dans le Yorkshire (Nord), les mineurs dont elle a brisé la grève d'un an ont prévu diverses festivités. A Belfast (Ouest), les murs se sont couverts de graffitis vengeurs. "Rouille en enfer", affiche l'un d'eux, en mémoire de dix grévistes de la faim de l'Armée républicaine irlandaise (IRA) morts dans le bloc H de la prison de Maze, en 1981.

A quelques heures des obsèques, les invitations à manifester se multipliaient sur les réseaux sociaux, avec pour cris de ralliement "la sorcière est morte" ou "bon débarras". Les moins virulents appelaient sur Facebook à "tourner le dos" au passage du cercueil.

L'ex-première ministre devait être incinérée lors d'une cérémonie privée en présence de Carol et de Mark, ses jumeaux.

Des centaines de manifestants fêtent la mort de Thatcher à Londres

Des centaines d'opposants à Margaret Thatcher se sont rassemblés samedi soir sur la place Trafalgar Square à Londres pour célébrer sous la pluie la mort de l'ancienne première ministre britannique, dont les funérailles auront lieu le 17 avril. D'anciens mineurs ayant participé à la grève d'une année contre le gouvernement de la Dame de Fer dans les années 80, des militants d'extrême-gauche et des étudiants étaient présents.

Un important dispositif policier avait été déployé après les troubles survenus lors de plusieurs célébrations depuis que Margaret Thatcher a succombé à une crise cardiaque, à 87 ans. Mais l'ambiance de la manifestation était davantage celle d'un carnaval que d'une émeute, des personnes de tous âges dansant, jouant du tambour ou faisant retentir sifflets et klaxons.

Quelques échauffourées se sont toutefois produites avec la police et neuf personnes ont été arrêtées, dont cinq pour état d'ivresse et trouble à l'ordre public, a indiqué un porte-parole de Scotland Yard. Le maire de Londres, Boris Johnson, avait mis en garde les manifestants contre d'éventuels débordements.

UNE "FEMME TERRIBLE"

Présent à Trafalgar Square, David Douglas, ancien mineur et membre de l'Union nationale des mineurs du Yorkshire, a affirmé avoir été "très content" d'apprendre la mort de Margaret Thatcher, une "femme terrible" selon lui. "Nous sommes absolument furieux de cette image présentée à la télévision selon laquelle le pays entier serait en deuil", a-t-il ajouté.

Tatcher nous hante toujours dit la pancarte !

Sigrid Holmwood, artiste écossaise de 34 ans vivant à Londres, tenait un parapluie arborant l'inscription "ding dong", en référence à la chanson "Ding dong the witch is dead" du Magicien d'Oz, devenue cette semaine le chant de ralliement des détracteurs de l'ancienen première ministre. "Je suis venue aujourd'hui, je ne dirais pas pour célébrer, mais pour protester contre les millions d'argent public dépensés pour ses funérailles au moment où il y a des coupes (budgétaires) qui touchent les malades ou les invalides", a-t-elle expliqué.

Trafalgare Square, célèbre place en plein coeur de la capitale britannique, a été le haut lieu des affrontements entre manifestants et policiers sur la "Poll tax", l'impôt qui avait fait chuter Margaret Thatcher en 1990 après onze années au pouvoir.