25/09/2012

RDC, Mali, Somalie, Syrie et Iran au programme de l'Assemblée générale de l'ONU

RDC, Mali, Somalie, Syrie et Iran au programme de l'Assemblée générale de l'ONU

Plus de 120 chefs d’Etat, Premiers ministres et ministres doivent se rassembler à New York à partir de ce mardi pour la 67e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Pour François Hollande, ce sera l'occasion de son premier discours à la tribune du palais des Nations unies, prévu à 18 heures heure française. Il devrait notamment appeler à soutenir le déploiement d’une force africaine au Mali pour aider à combattre les islamistes armés qui tiennent le nord du pays.

Ban Ki Moon, le Secrétaire Général de l'ONU et François Hollande, le Président français.

Le président des Etats-Unis Barack Obama, en pleine dernière ligne droite de campagne, ne fera lui qu'un passage express de 24 heures et n’a pas prévu de s’entretenir avec des chefs d’Etat ou de gouvernement en marge de l’Assemblée générale. N'en déplaise au Joséphiste Papy Tamba qui a annoncé au monde entier que son usurpateur de président, Joseph kabila allait être réçu par le prédident-candidat Barack Obama. Balivernes su balivernes, vuvuzélas sur vuvuzélas !

Principal organe représentatif de l'ONU (elle réunit les 193 Etats membres), l'Assemblée propose des résolutions sur les questions de maintien de la paix mais n'a qu'un rôle consultatif par rapport au Conseil de sécurité. Elle est d'abord un vaste forum de discussions pour tenter d'avancer sur les points chauds. En l'occurrence, cette année :

La Syrie

Dossier le plus brûlant, le conflit syrien sera probablement de tous les discours, mais surtout pour la forme. Reflet de l’impuissance de l’ONU à faire cesser les combats, aucune réunion formelle au sommet n’est prévue. Si bien que le dossier devrait être surtout abordé en coulisses. Une décision forte ne pourrait venir que du Conseil de sécurité, l’organe exécutif. Mais les veto opposés à trois reprises par la Chine et la Russie sur des projets de résolution soumis au Conseil ont échaudé les Occidentaux. Ceux-ci ne tiennent pas à aller au devant d’un nouvel échec. Quant à la Russie et à la Chine, elles n’enverront à New York que des ministres. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays accueille des milliers de réfugiés syriens, a renoncé à venir.

On ignore aussi encore quel sera précisément le plan du nouveau médiateur sur la Syrie, Lakhdar Brahimi.

Le seul vrai espace de discussion pourrait finalement être la réunion, vendredi, des Amis de la Syrie, groupe de pays occidentaux et arabes qui soutiennent l’opposition à Bachar al-Assad.

République démocratique du Congo

Joseph Kabila, Mobutu-light, usurpateur et imposteur !

Les présidents congolais et rwandais, Joseph Kabila et Paul Kagame, doivent participer jeudi à une réunion sur la RDC et plus largement la région des Grands Lacs. Kinshasa et des experts de l’ONU accusent le Rwanda, qui dément, de soutenir en RDC les mutins du mouvement M23, un groupe rebelle constitué de Tutsis. Ceux-ci ont établi selon l’ONU une «administration de fait» dans le Nord-Kivu (est de la RDC). Plus de 500 000 personnes ont été déplacées par les combats dans cette zone depuis longtemps instable, où l’ONU a déployé une force de 17 000 hommes (Monusco) pour protéger les civils. Les onze pays de cette région tentent, en vain jusqu’ici, de mettre sur pied une force «neutre» pour surveiller la frontière RDC-Rwanda.

Le Mali

Des combattants du groupe islamiste Mujao, branche d'Al-Qaeda, dans la ville de Gao au Mali le 7 septembre.

Le temps presse au Nord-Mali. Les autorités de Bamako et les Etats d’Afrique de l’Ouest ne parviennent pas à s’entendre sur l’envoi d’une force panafricaine sous mandat de l’ONU. Et le Conseil de sécurité n’est pas prêt à donner son feu vert sans connaître les modalités précises de l’intervention. En attendant, les groupes islamistes s’enracinent chaque jour un peu plus. François Hollande et la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton doivent participer mercredi à un sommet qui devrait déboucher sur l’annonce d’une stratégie globale. Hier lundi, lors du dîner auquel Ban Ki-moon a convié François Hollande à sa résidence de Manhattan, les deux hommes ont évoqué la possibilité de nommer un émissaire de l’ONU pour le Mali. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui participait aussi à ce dîner, a annoncé que Bamako avait officiellement demandé une intervention militaire internationale «immédiate» dans le nord du Mali, contrôlé par des groupes islamistes.

Le nucléaire iranien

Mahmoud Ahmadinejad, le président Iranien au siège de l'ONU hier lundi 24 septembre 2012

A peine arrivé, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a condamné hier lundi les puissances occidentales qui «violent les droits et libertés d’autres nations» en imposant des sanctions à l’Iran contre son programme nucléaire. Dans son collimateur : les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, déterminés à faire monter la pression sur Téhéran, toujours soupçonné de vouloir acquérir l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil. Etats-Unis, Royaume Uni, France, Chine, Russie et Allemagne doivent se concerter jeudi avec la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton sur ce dossier, en marge de l’Assemblée elle-même. Les six pays composent le groupe dit «5 + 1» chargé de négocier avec l’Iran. Les spéculations autour de frappes israéliennes sur les installations nucléaires iraniennes ont ces derniers temps fait monter la tension et crispé les relations entre Israël et son allié américain. Mahmoud Ahmadinejad doit s’exprimer demain mercredi devant l’Assemblée. Comme à son habitude, il devrait faire grincer un certains nombre de dents. Ce sera son dernier discours à l’Assemblée, puisqu’il doit quitter le pouvoir en 2013 après deux mandats.

La Somalie

Les grandes puissances ont salué l'élection le 10 septembre du nouveau président Hassan Cheikh Mohamoud, aboutissement d’une transition politique complexe parrainée par l’ONU depuis 2000. Mais elles lui demandent d’agir vite pour empêcher son pays de replonger dans le chaos. Le Conseil de sécurité l’a encouragé à intensifier la lutte contre les islamistes shebab – qui ont tenté de l’assassiner deux jours après son élection – et contre les pirates somaliens et à combattre la corruption. Le Premier ministre britannique David Cameron et Hillary Clinton devraient répéter ce message mercredi lors d’une conférence sur la Somalie.

Selon l’ONU, deux millions de Somaliens affectés par la sécheresse et les combats incessants ont encore besoin d’une aide alimentaire, soit le quart de la population.

19/07/2012

Mali: Les tarés de dieu profanent les pierres tombales à Tombouctou !

Mali: Les tarés de dieu profanent les pierres tombales à Tombouctou !

Cela ressemble à un rêve d'islamophobe: des musulmans qui saccagent des mosquées et des tombeaux, humilent, asservissent, tuent d'autres musulmans. Cela se passe à Tombouctou, au Nord du Mali, où les émules d'Al Qaida, nommés Aqmi, Ansar Dine, Mujao, sont entrain de fonder la patrie-et le terrain d'entrainement- de l'islamisme le plus fanatique du monde. Leurs ressources ? L'argent de la galaxie djihadiste, les armes et les soldats perdus de la guerre de Lybie, que Nicolas Sarkozy, BHL et l'OTAN ont cru trop vite gagnée.

Destruction d'un mausolée à Tombouctou !

Pourquoi ces destructions de temples et de mausolées, vieux de plus de cinq cents ans, semblent-elles plus émouvoir l'opinion que les exqctions commises par ces mêmes islamistes ?

D'abord, parce qu'il s'agit d'images ( à la diffusion bien orchestrée), alors que les tueries se font sans témoin.

Ensuite, parce que , en détruisant le beau, l'antique, le vénérable, qui touchent à l'universel, on supprime un bien commun de la planète.

La vie humaine aurait-elle perdu ce statut ? Les fans d'Allah ont compris que, même en filmant des meurtres, ils n'auraient peut-être pas produit ce choc..Mais leurs buts sont aussi très prosaïques.

"Détruire certains symboles, explique Antoine Glaser, spécialiste de l'Afrique au "Point", c'est exister politiquement."

D'abord en humiliant publiquement ( à l'aide aussi du voile, des flagellations et des emprisonnements) les grandes familles de la ville. Elles sont proches du MNLA, mouvement de libération Touareg, naguère allié, aujourd'hui ennemi des salafistes.

Ensuite, poursuit Glaser, l'organisation " compte s'affirmer vis-à-vis de sa maison mère, c'est-à-dire Aqmi". Voilà qui promet pour la suite.

De quels autres châtiments médiatiques les populations des villes du Nord Mali, Tombouctou, Gao, Kidal, vont-elles payer les efforts d'"existence et d'"affirmation des tarés de Dieu ?

Urgence à Tombouctou

Par Jacques Chirac, ancien président de la République française, Abdou Diouf, ancien président de la République du Sénégal

Un pays privé de son passé est un pays privé de son avenir. Au moment où des groupes extrémistes ont entrepris de détruire les mausolées et mosquées de Tombouctou et menacent les manuscrits conservés dans cette ville, patrimoine irremplaçable de l'islam et du monde, c'est l'avenir de l'Afrique sahélienne qui se joue.

C'est un projet totalitaire. Un crime contre l'Afrique. Un crime contre la pensée. Un crime contre l'idée même de l'humanité. C'est un danger global : l'indifférence est impossible car, si une poignée d'extrémistes réussit à imposer sa loi dans cette région aux équilibres fragiles, c'est l'ensemble des pays du Sahel qui peut être déstabilisé, avec des conséquences funestes d'abord pour les populations locales, ensuite pour tous les partenaires de ces pays, au premier rang desquels tous les voisins du Mali ainsi que l'Europe.

C'est à Tombouctou aujourd'hui que se joue le combat contre le terrorisme et l'extrémisme, le combat pour l'humanisme, pour la paix, le combat pour la tolérance et le respect. Il y a urgence à agir. Le Conseil de sécurité des Nations unies vient d'adopter une résolution, présentée par la France, exprimant son soutien aux efforts de médiation déployés par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l'Union africaine en vue du rétablissement de l'ordre constitutionnel. C'est un premier pas, mais il faut aller plus loin. Le Mali ne doit pas être abandonné à son sort.

Il faut d'abord mettre en oeuvre toutes les voies légales pour faire échec aux visées mortifères des extrémistes. Il faut ensuite lancer un véritable plan Marshall pour le Sahel. La crise sécuritaire fait hélas passer au second rang la dramatique crise alimentaire qui touche l'ensemble de la région depuis maintenant trois ans.

Ces crises, au-delà de l'urgence présente qui impose des réactions immédiates, apparaissent comme un prélude à de plus grandes crises encore, quand on sait que la population africaine devrait doubler d'ici 2050 et représenter 22 % de la population mondiale.

Pas la charité mais la justice

Les Africains ont fait l'effort de résoudre leur crise de la dette au prix de sacrifices que des populations plus favorisées n'auraient jamais consentis. Le continent a renoué depuis une décennie avec une croissance forte et soutenue. On assiste à l'émergence de classes moyennes éduquées et entreprenantes. La jeunesse africaine porte aujourd'hui les espérances de tout un continent. Nous pouvons soit l'aider à se développer et aider le monde à s'engager enfin sur le chemin d'une croissance juste et partagée, soit la décevoir au risque de plus grands périls.

L'Afrique aujourd'hui ne demande pas la charité mais la justice. Nous en appelons à la responsabilité et à l'unité de la communauté internationale face à cette crise, des pays traditionnellement engagés en Afrique comme des puissances émergentes. L'échec ou la victoire de l'Afrique sera notre échec ou notre victoire à tous. Si nous l'oublions aujourd'hui, la jeunesse africaine saura nous le rappeler demain.

Ce texte est cosigné par les lauréats du Prix pour la prévention des conflits de la Fondation Chirac : l'imam Muhammad Nurayn Ashafa et le pasteur James Movel Wuye (2009) ; Marguerite Barankitse (2011) ; Lakhdar Brahimi (Prix spécial du jury 2010) ; Mario Giro (2010).

Mali: Un journaliste enlevé et retrouvé blessé au nord de Bamako

Mali: Un journaliste enlevé et retrouvé blessé au nord de Bamako

Saouti Haïdara, le directeur de publication du quotidien privé L'indépendant a été enlevé, et agressé dans la soirée du 12 juillet 2012, vers 21 heures. "Alors que la pratique de l'enlèvement et de l'agression devient monnaie courante pour les journalistes de Bamako, nous demandons aux autorités compétentes d'identifier les responsables, et de les condamner. Il est intolérable que dans un pays en pleine tourmente les professionnels de l'information soient régulièrement la cible de groupes armés, qui agissent en toute impunité", a déclaré Reporters sans frontières.

Saouti Haïdara, le directeur de publication du quotidien privé L'indépendant

"Cette pratique n'a d'autre but que de répandre la peur parmi la profession afin de réduire toute information indépendante au silence", a dénoncé l'organisation de défense de la liberté d'information.

Pénétrant dans les locaux du siège du journal, des hommes armés ont tiré dans la salle de rédaction avant d'emmener Saouti Haïdara. Selon des témoins, une dizaine d'individus étaient présents et se seraient ensuite enfuis avec le journaliste à bord de trois 4x4.

Roué de coups, blessé à la tête et au bras, le responsable de L'indépendant a été retrouvé, vers 22 heures trente par ses confrères, dans les quartiers nord de la capitale, à proximité du stade du 26 mars. Il a été emmené à l'hôpital "Luxembourg" d'Hamdallaye (nord de Bamako), oùil a pu recevoir des soins.

Les individus armés ont menacé le journaliste de mort s'ilportait plainte.

Le 16 mai dernier, Saouti Haidara avait déjà été brièvementarrêté par les services de renseignement maliens (lien: http://fr.rsf.org/mali-regard-sur-trois-semaines-de-23-05-2012,42670.html).

Il avait été interrogé sur un article publié dans son journal, qui invitait les bamakois à éviter les bâtiments officiels en raison des menaces d'attentats.

Dix jours plus tôt, dans une affaire similaire, Abdrahmane Keita, rédacteur en chef dujournal L'Aurore avait été retrouvé, blessé et dévalisé, dans le quartier de l'aéroport Bamako-Senou. Tombé dans un guet-apens la veille, où une prétendue source lui avait donné rendez vous, il avait été enlevé par cinq individus armés. Après l'avoir roué de coups, ces derniers l'avaient abandonné.

Pays exemplaire (lien: http://fr.rsf.org/report-mali,29.html)pour le continent sub-saharien en matière de liberté de l'information, le Mali connaît une lente descente aux enfers depuis le coup d'Etat du 22 mars 2012.(lien: http://fr.rsf.org/mali-recit-d-une-semaine-noire-pour-l-15-06-2012,42797.html)