03/06/2012

Journalistes accrédités auprès de Jean Marc Ayrault, Premier ministre à Matignon !

Journalistes accrédités auprès de Jean Marc Ayrault, Premier ministre à Matignon !

L'hôtel de Matignon, ou simplement hôtel Matignon est un célèbre hôtel particulier, situé 57 rue de Varenne, dans le 7e arrondissement de Paris. Depuis 1935, l'hôtel de Matignon est la résidence officielle et le lieu de travail du chef du gouvernement français (président du Conseil des ministres, puis Premier ministre). Dans le langage courant et souvent désigné ainsi par les médias, « Matignon » désigne, par métonymie, le Premier ministre, ou ses services. L'actuel hôte de Matignon est Jean-Marc Ayrault, Premier ministre depuis le 15 mai 2012. Lorsqu'on est accrédité à Matignon, il faut veiller à ce que son badge soit bien visible. Il y a une parité entre journalistes hommes et femmes, ainsi que des photographes. Deux semaines après sa nomination à Matignon comme Premier ministre, Jean-Marc Ayrault a rencontre les partenaires sociaux pour la préparation du dialogue social qui aura lieu en juillet prochain en présence de François Hollande, président de la République. Résidence officielle du Premier ministre, l'hôtel de Matignon est l'un des lieux de pouvoir les mieux gardés de la République.

Matignon, la Garde Républicaine. Photo Réveil FM

La Garde Républicaine dans la Cour d'honneur de Matignon . photo Réveil FM

En 1989, à l'occasion de son bicentenaire, la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen sera inscrite sur un mur de l'aile gauche du palais, à l'initiative de Michel Rocard. Aujourd'hui, cette imposante gravure est visible depuis la cour d'honneur de l'hôtel Matignon. Une fois la nuit tombée, la déclaration universelle des droits de l'homme est éclairée. Photo Réveil FM

Être journaliste accrédité à Matignon, c'est apprendre à être patient ! Photo Réveil FM

La camaraderie prime chez les journalistes à Matignon. Photo Réveil FM

Photographes, journalistes d'agence, de la presse écrite, de la télévision et ceux de la radio travaillent côte-à-côte. Photo Réveil FM

Matignon: Jean-Marc Ayrault a écouté les syndicats et le patronat

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a lancé le mardi dernier la première étape de ses consultations en vue des réformes sociales du quinquennat. Syndicats et patronat ont exercés tour à tour des pressions opposées, sur fond de craintes de multiplication de plans sociaux.

Jean-Marc Ayrault Ayrault, entouré par quatre ministres, Michel Sapin (Travail), Marisol Touraine (Affaires sociales), Arnaud Montebourg (Redressement productif) et Marylise Lebranchu (Fonction publique), a reçu durant une heure chaque délégation: cinq syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et trois patronales (Medef, CGPME, UPA).

L'emploi au cœur des débats

Le leader de la CGT, Bernard Thibault, a d'emblée mis la pression sur le gouvernement de gauche en lui rappelant que c'est "une majorité de salariés" qui a "contribué" à l'élection de François Hollande. Maintenant, il y a une "impatience" de premières mesures "rapides" qui "modifient le quotidien", a dit celui qui avait appelé à battre Nicolas Sarkozy.

Jean-Marc Thibault : les salariés veulent "des décisions les plus rapides et les plus concrètes". Photo Réveil FM

Bernard Thibault, le leader de la centrale syndicale s’est affiché plutôt satisfait au sortir de cet entretien. Photo Réveil FM

"On n’est pas mécontents que ce ne soient pas les mêmes interlocuteurs" et "on a même la faiblesse de penser qu'on y est pour quelque chose", a même ajouté Bernard Thibault après sa rencontre avec Jean-Marc Ayrault à Matignon. La CGT avait appelé à faire battre Nicolas Sarkozy. Photo Réveil FM

Bernard Thibault a aussi invité le gouvernement à s'appuyer "sur les forces vives qui ont souhaité le changement". Photo Réveil FM

"Déjà sur la méthode, l'ambiance change, c'est déjà important". "Nous avons un gouvernement qui affirme haut et fort sa volonté de dialogue et de concertation avant toute décision. Nous ne pouvons que nous en féliciter (mais) ça ne veut pas dire pour autant que par avance nous allons nous féliciter de toutes ses décisions", a averti Bernard Thibault. Photo Réveil FM

"On n'a pas caché l'impatience qu'il y avait chez les salariés d'avoir des décisions les plus rapides et les plus concrètes (...) qui modifient le quotidien", a-t-il déclaré à la presse. "C'est une majorité de salariés qui a contribué au changement", a insisté Bernard Thibault. Photo Réveil FM

Bernard Thibault a confié au Premier ministre une liste de 45000 emplois actuellement menacés dans 46 entreprises en France. Photo Réveil FM

Bernard Thibault de la CGT a été le plus approché par des journalistes à Matignon. Photo Réveil FM

Bernard Thibault quitte Matignon. Photo Réveil FM

Quel sort réservé aux entreprises menacées ?

Bernard Thibault a remis au Premier ministre une liste de 46 entreprises en redressement ou en liquidation, soit près de 45.000 emplois menacés, qui va se "cumuler ou se croiser" avec la "propre liste du gouvernement". Il a réclamé une loi pour "permettre aux salariés de contrarier la décision des gestionnaires lorsqu'il n'y a pas de bien-fondé économique aux licenciements".

Le numéro un de la CFDT, François Chérèque, a proposé, lui, la re-création d'une "mission interministérielle sur les plans sociaux", tandis que son homologue de FO, Jean-Claude Mailly, prônait le retour d'un "commissariat au plan".

Quel hausse pour le Smic ?

La patronne du Medef, Laurence Parisot, qui a clôt le défilé en fin de journée de concertation des partenaires sociaux à Matignon. Photo Réveil FM

Laurence Parisot espère convaincre le gouvernement Ayrault de ne pas compromettre la compétitivité des entreprises et de mettre la pédale douce notamment sur une hausse du Smic, hantise des PME. Une hausse du Smic "est toujours dangereuse" pour l'emploi et doit être "a minima". Photo Réveil FM

De son côté, la patronne du Medef, Laurence Parisot, qui clôt le défilé en fin de journée, espère convaincre le gouvernement de ne pas compromettre la compétitivité des entreprises et de mettre la pédale douce notamment sur une hausse du Smic, hantise des PME. Une hausse du Smic "est toujours dangereuse" pour l'emploi et doit être "a minima", a prévenu le numéro un de la CGPME, Jean-François Roubaud. Le gouvernement n'a pas encore précisé l'ampleur du coup de pouce.

La CGT et FO demandent une vraie hausse. "Certains considèrent que j'en demande trop, je rappellerai tout simplement que le seuil de pauvreté en France est à 954 euros et que le Smic est à 1.100 euros", a lancé M. Mailly. Mais, pour la CFDT, le problème est d'abord "qu'il y a trop de salariés au Smic et qui le restent".

Jean Lardin, le président de l'Union professionnelle artisanale (UPA) s'est félicité d'"une méthode de travail prometteuse". Photo Réveil FM

Jean Lardin a rappelé à M. Montebourg l'opposition de l'UPA à l'instauration de la TVA sociale, décidée par l'ancien gouvernement, et a plaidé pour le maintien de la TVA a taux réduit (7%) pour les travaux de rénovation-bâtiment dans le secteur du bâtiment. "Chaque hausse de TVA rogne le pouvoir d'achat de nos clients et renchérit nos prestations". Photo Réveil FM

La réforme des retraites à préciser

Autre sujet urgent, source de divergences entre patronat et syndicats: le décret en préparation sur les retraites qui devrait sortir entre les deux tours des législatives pour permettre un départ à 60 ans des salariés ayant commencé à travailler très tôt. Les contours restent à préciser.

Des journalistes en permanence dans la Cour d'honneur de Matignon. Photo Réveil FM

Une concertation "dans la durée"

Mardi dernier, pour le gouvernement, il s'agissait d'une première prise de contact afin d'écouter les doléances de tous en vue d'une grande conférence sociale prévue avant le 14 juillet à l'Elysée. Le gouvernement promet une concertation "dans la durée". Une réunion préparatoire, regroupant l'ensemble des huit partenaires sociaux autour du Premier ministre, se tiendra le 5 juin à Matignon.

M. Roubaud a salué "une véritable volonté de dialogue" du gouvernement. Il veille à "ne pas rater la première marche", a renchéri Bernard Van Craeynest (CFE-CGC). Le président du syndicat des cadres souhaite la fin d'une tradition française qui fait que, sur les trois parties -gouvernement, syndicat, patronat-, il y en a toujours deux "qui s'entendent sur le dos du troisième!" Bernard Thibault a justement enjoint le gouvernement à s'appuyer "sur les forces vives qui ont souhaité le changement" et non sur le patronat et le Medef, dont, au passage, il a remis en cause "la représentativité".

L'hôtel Matignon et son histoire

L'hôtel particulier a été bâti sur l'ordre de Christian-Louis de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingry, qui en passa commande à l'architecte Jean Courtonne, en 1722 sur un terrain qu'il avait acheté en 1719. Les travaux s'étant révélés plus coûteux que prévu, le prince de Tingry dut vendre l'hôtel en voie d'achèvement à Jacques III de Goyon, sire de Matignon et de la Roche Goyon (l'actuel Fort La Latte), comte de Torigny, dès le 23 juillet 1723.

Au moment de l'acquisition, le nouveau propriétaire retira à Courtonne, soupçonné d'indélicatesse, le marché de travaux mais lui conserva la fonction d'architecte jusque dans les premiers mois de 1724. Lorsque Courtonne fut en définitive supplanté comme architecte par Antoine Mazin, le gros œuvre et la décoration extérieure étaient achevés et la décoration intérieure était en cours. Mazin se borna à réaliser le portail, dont Courtonne se plaignit d'ailleurs au motif que son couronnement était trop semblable à celui de l'hôtel.

Hôtel de Monaco: Le prince Jacques Ier de Monaco, l'un des premiers propriétaires de l'hôtel Matignon.

Jacques III de Goyon-Matignon mourut le 14 janvier 1725. Son fils Jacques IV de Goyon-Matignon (1689-1751) l'hérita et par l'intermédiaire de sa femme Louise-Hippolyte Grimaldi, devint prince de Monaco sous le nom de Jacques Ier Grimaldi. L'édifice passa donc à ses descendants, les princes de Monaco (l'actuel prince de Monaco, Albert II, porte d'ailleurs parmi ses nombreux titres celui de sire de Matignon). Maria Caterina Brignole Sale, princesse de Monaco et princesse de Condé y réside de 1757 à 1770, tandis que son époux Honoré III de Monaco préfère ses domaines normands. La princesse est ainsi la première Brignole-Sale à marquer l'histoire de l'hôtel.

Policiers, gendarmes, gardes républicains... Au total, l'édifice mobilise 135 hommes de la Garde républicaine. Un officier essaye de viser sa casquette. Photo Réveil FM

C'est dans la bonne humeur que l'officier gendarme a accepté qu'on le photographie. Photo Réveil FM

Matignon est une forteresse imprenable, un gendarme à la porche. Photo réveil FM

Le sommelier dialogue avec un gendarme. Photo Réveil FM

Le tapis rouge de la Cour d'honneur est posé sous le regard d'un gendarme. Photo Réveil FM

Le 10 février 1744 Claude-Constant Juvénal d'Harville des Ursins épouse Antoinette de Goyon-Matignon dans la chapelle de l'Hôtel Matignon.

L'hôtel appartint ensuite à la danseuse Anne Éléonore Franchi et à son amant le riche banquier Quentin Crawford.

En 1808, ceux-ci l'échangèrent à Talleyrand, qui dut le revendre en 1811 à Napoléon Ier.

En 1816, au début de la Restauration, Louis XVIII l'échangea contre le palais de l'Élysée à Bathilde d'Orléans, duchesse de Bourbon. À sa mort en 1822, elle le laissa à sa nièce Adélaïde d'Orléans (1777-1847), sœur du futur Louis-Philippe. Celle-ci le fit occuper par une communauté de religieuses, avant de le louer jusqu'en 1848 à Herman Thorn, un riche colonel américain, puis au général Cavaignac de juillet à décembre 1848.

Sous le Second Empire, l'hôtel fut acquis par Raffaele de Ferrari, duc de Galliera. Il prend alors le nom, dans l'usage, d'hôtel Galliera. Après la mort du duc et prince de Lucedio, en 1876, sa veuve Maria de Brignole-Sale, duchesse de Galliera et arrière-petite-nièce de la princesse de Monaco, issue d'une des premières familles de Gênes qui a donné de nombreux doges y réside jusqu'en 1886.

Elle y vit seule entourée de quelque deux cents domestiques. La duchesse accueille gracieusement le comte de Paris au rez-de-chaussée de l'hôtel tandis que son fils réside dans une aile et qu'elle même se réserve le premier étage et les jardins. Durant ces années de veuvage, Maria Brignole-Sale va faire preuve d'une incomparable générosité qui lui fera mériter le titre de grande philanthrope, elle finança écoles, hôpitaux, musées, maisons de retraites et œuvres pieuses et de charité tant en France que dans sa ville natale.

Le comte de Paris y demeurait avec sa famille quand, y ayant organisé le 6 mars 1886 une somptueuse fête en l'honneur des fiançailles de sa fille aînée, la princesse Amélie d'Orléans, avec le prince héritier dom Charles de Portugal.

La réception est strictement privée et ni le corps diplomatique ni des représentants du pouvoir n'ont été invités. Cependant, l'événement donne lieu à un énorme battage médiatique de la presse royaliste qui scandalise les républicains au pouvoir. Peu de temps après, des députés présentent un nouveau projet de loi d'exil devant la Chambre et celui-ci reçoit, cette fois, le soutien du gouvernement. Le 23 juin 1886, après bien des débats, paraît une nouvelle loi d'exil qui touche les prétendants au trône et leur fils aîné en les obligeant à quitter le territoire national ainsi que tous les autres princes français en les rayant des listes de l'armée.

Averti des résultats du vote alors qu'il se trouve au château d'Eu, le comte de Paris prend la décision de quitter immédiatement la France. Après le vote de la loi d'exil contre la maison d'Orléans, la duchesse de Galliera offre son hôtel gracieusement à l'empereur d'Autriche-Hongrie, François-Joseph, pour en faire son ambassade après le décès de la duchesse, qui humiliée par l'ingratitude du gouvernement décide de quitter cette France qu'elle aimait tant pour finalement léguer ces merveilleuses collections non pas à la ville de Paris mais à celle de Gênes.

Résidence officielle du chef du gouvernement français

Pendant la Première Guerre mondiale, l'hôtel fut mis sous séquestre comme bien ennemi. En 1922, la France finit par l'acheter ; l'hôtel fut le siège des tribunaux arbitraux mixtes institués par le Traité de Versailles. Par ailleurs l'hôtel, ainsi que ses dépendances, le parc et le pavillon de musique situé au fond du jardin, sont classés au titre des monuments historiques par un arrêté du 3 janvier 1923.

Après avoir songé à en faire un musée, puis des maisons d'habitation, Gaston Doumergue, ancien président de la République appelé à la présidence du Conseil décida d'en faire la résidence du président du Conseil des ministres. Cette décision ne sera cependant rendue effective que par une loi adoptée sous son successeur Pierre-Étienne Flandin, en décembre 1934.

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle s'installa à Matignon où il présida, le 9 septembre 1944, le premier Conseil des ministres parisien du Gouvernement provisoire de la République française.

Avec la Ve République, l'hôtel Matignon reste la résidence officielle du chef du gouvernement, même si le titre de président du Conseil des ministres est remplacé par celui de Premier ministre.

En mai 2007, peu après sa nomination au poste de Premier ministre par le président de la République Nicolas Sarkozy, François Fillon prend la décision de s'y installer avec son épouse Penelope et trois de leurs cinq enfants.

Dès leur arrivée, les visiteurs pénètrent dans une grande cour d'honneur, caractérisée par sa sobriété et son équilibre. Face à l'entrée principale, les trois pavillons de l'hôtel se rejoignent par un portique surmonté du drapeau tricolore.