17/05/2013

François Hollande conforte Jean-Marc Ayraut, Premier ministre qui est "courageux", "loyal" et "désintéressé" d'après le président !

François Hollande conforte Jean-Marc Ayraut, Premier ministre qui est "courageux", "loyal" et "désintéressé" d'après le président !

 

 

François Hollande a rendu jeudi un hommage chaleureux à son Premier ministre Jean-Marc Ayrault, lui renouvelant toute sa «confiance pour les mois qui viennent». Interrogé lors de sa deuxième conférence de presse à l’Elysée sur le leadership à Bercy, le chef de l’Etat a assuré que cette question lui «donne l’occasion» de renouveler toute sa «confiance au Premier ministre». Il l’a qualifié de «courageux», «loyal», «désintéressé». «Je lui renouvelle ici toute ma confiance pour les mois qui viennent», a-t-il dit.

François Hollande lors de la conférence de presse

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à l'Elysée, à Paris, le 30 octobre 2012. Photo Réveil FM, archives

Lors de sa conférence de presse, le président a rendu hommage à son premier ministre, cible de toutes les critiques depuis un an. Par ailleurs, les ministres peuvent souffler, l'équipe gouvernementale étant maintenue.

Ils sont tous assis en rang d'oignons, à la droite du président. Ils l'écoutent sagement, deux heures trente durant. Les ministres, qui se savent en sursis, sont tous sur le gril, dans cette vaste salle des fêtes de l'Élysée. Ils attendent la parole présidentielle sur le remaniement, alors que les coulisses du pouvoir bruissent d'une telle éventualité depuis des semaines, voire des mois. Une hypothèse qui a pris plus de consistance encore avec l'affaire Cahuzac et qui empoisonne la vie gouvernementale.

Sous les ors de l'Élysée, François Hollande a tenté de rassurer, stabiliser son équipe, en écartant tout remaniement immédiat. «Est-ce qu'il y aura un jour un remaniement? Un jour? C'est possible, mais ce n'est pas aujourd'hui, et ce n'est pas maintenant, et ce n'est pas d'actualité», a-t-il indiqué, en réponse à une question sur le ministère de l'Économie, jugé pléthorique.

«Tout est gelé»

Dans Paris Match, la semaine dernière, le chef de l'État avait semé le doute, indiquant que personne au gouvernement n'était «protégé». «Un jour, des aménagements auront à être faits», avait-il souligné. Une petite phrase qui avait tétanisé les ministres et leur cabinet. À tel point qu'un conseiller élyséen s'en inquiétait en privé, il y a quelques jours: «J'ai eu des retours: tout est gelé. Les ministres délégués ne projettent plus une seule réforme. Il faut leur donner des signes. Ou on fait ce remaniement, ou on ne fait pas.»

Mais s'il a donné à ses ministres un répit (temporaire), le président s'est en revanche employé à réaffirmer son autorité, en insistant sur la cohérence. «Au-delà des personnes et du nombre (de ministres à Bercy, NDLR), ce qui m'importe, c'est la ligne, a martelé le président. Il ne doit y avoir qu'une seule ligne au sein du gouvernement. Tous les ministres sont liés les uns aux autres par un pacte qui va de soi: faire réussir la politique que j'ai décidée pour le pays.» Un avertissement aux deux fortes têtes de Bercy (Montebourg et Moscovici) qui ne partagent pas la même ligne, ni la même vision des dossiers. Un avertissement aussi aux quatre ministres (Taubira, Duflot, Hamon, Montebourg) qui avaient critiqué l'austérité, le mois dernier.

«Un premier ministre courageux, dans une période difficile»

François Hollande en a également profité pour conforter publiquement son premier ministre, Jean-Marc Ayrault, cible de toutes les critiques depuis un an. Le chef de l'État l'avait déjà fait en privé, devant l'intéressé. «Hollande lui a donné des assurances, Ayrault a enfin trouvé la terre ferme. Il se déploie», confiait il y a peu un dirigeant de la majorité. Devant un Ayrault qui rosissait de plaisir, le président lui a renouvelé «toute sa confiance pour les mois qui viennent». Il a loué les qualités d'un «premier ministre courageux, dans une période difficile». Un premier ministre «loyal» et «désintéressé», qui «cherche à faire réussir l'action» qu'il «conduit». Réservant, au passage, un coup de griffe à François Fillon.

Marquant une nouvelle fois sa différence avec Nicolas Sarkozy, il a répété qu'il ne substituait pas à son gouvernement. «Je n'ai pas remplacé le premier ministre (…) ni les ministres, même si on me demande d'en écarter certains», a-t-il ironisé, en distribuant des bons points à deux ministres très critiqués par la droite, Manuel Valls (depuis les incidents du Trocadéro) et Christiane Taubira (pour le mariage gay).

Le chef de l'État a balayé enfin l'idée de former un gouvernement d'union nationale, comme le réclame le centriste François Bayrou. Une idée qui, selon François Hollande, ne profiterait qu'aux extrêmes. Il a également taclé l'ouverture façon Nicolas Sarkozy, une expérience qui n'a pas été «concluante».

 

Ayrault "plus déterminé que jamais" après la conférence de presse de Hollande

Jean-Marc Ayrault s'est dit jeudi sur son compte Twitter "plus déterminé que jamais", après la conférence de presse qu'a tenue François Hollande à l'Elysée.

"Comme tous les membres de mon gouvernement, je ressors de la #ConfPR (conférence de presse de François Hollande, ndlr) plus déterminé que jamais à poursuivre le redressement de la France", a écrit le Premier ministre après la conférence du chef de l'Etat.