26/06/2012

Paris: François Hollande boude "les dirigeants africains mal élus", Sassou Nguesso victime !

Paris: François Hollande boude "les dirigeants africains mal élus", Sassou Nguesso victime !

Il y a quelques jours, Denis Sassou Nguesso président de la République du Congo-Brazzaville voulait passer par Paris avant de se rendre au Sommet de Rio+20. Les autorités françaises ont refusé. Il n’était pas le bienvenu dans la capitale française. Tiens, tiens! Nous apprenons que l'avion de Denis Sassou Nguesso était interdit d'atterrir à Roissy, en France. Il a dû faire demi tour pour aller à Las Palmas, en Espagne. C'est un énorme camouflet, pour le président Congolais qui avait pécédemment délégué son épouse en France faire du lobbying pour tenter à se faire adouber par les nouvelles autorités françaises. Sassou a rouspété. De toute façon, Rio étant plus proche de Brazza que de Paris, cette déconfiture lui a, au moins écourté la durée du voyage.

Paris, Jeudi 26 janvier 2012, François Hollande, lors d'un discours à la Maison des Métallos.

Et pourtant Hollande n’est pas du genre à te retirer malicieusement la chaise sous le postérieur après t’avoir invité de t’asseoir. A l’image des mauvais plaisantins. Le nouveau locataire de l’Elysée était très limpide dans son discours préélectoral du Bourget. Dans la série des anaphores qu’il asséna à Sarkozy au cours du débat entre les deux tours celle-ci pouvait aussi y figurer : « Moi Président, les acteurs du réseau "FRANCAFRIQUE" allaient devoir marcher avec des grains de sable dans les chaussettes. »

Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville

De toute façon, si nos chefs d’Etat africains mal élus savaient écouter les messages, Dénis Sassou, le président congolais ne se serait pas retrouvé dans cette situation. Le jeudi 26 janvier à Paris lors d'une conférence de presse, pour Réveil FM International nous avions posé deux questions au Candidat-président. La première sur sa présence au XIVème sommet de la Francophonie à Kinshasa et la seconde sur la Françafrique, écoutons la réponse de François Hollande sur celle-ci:

Le refus du nouveau pouvoir français de voir l'avion de Denis Sassou Nguesso attérir à Roissypeut choquer les âmes sensibles de la morale car, on se souvient que Sassou Nguesso avait pacongratulé copieusement François Hollande dès sa victoire. Pour François Hollande et ses conseillers partisans du "Changement , c'est maintenant" le bravo de l’homme de Mpila évoquait l’image d’un « droitier écrivant de la main gauche », ça sentait « L’opportuniste » de Jacques Dutronc.

La potion est d’autant plus amère que, quelques semaines plus tôt, le Président congolais avait dépêché à Paris Théophile Elobakima, colonel de police à la retraite, conseiller officieux à la présidence, ancien directeur départemental pendant dix ans de la police à Pointe-Noire, cumulant sécurité publique et DST. Le colonel Elobakima était venu à Paris pour calmer les éventuelles ardeurs du nouveau gouvernement sur l’affaire dite des Disparus du Beach. Là aussi, échec et mat.

Comment peut-on envoyer un policier faire du lobbying à la place d’un homme politique ou d’un vrai lobbyste ? C’est dire l’état psychologique dans lequel se trouve Sassou Nguesso. Pour rattraper le coup, Jean-Paul Pigasse en était réduit à faire le travail de couloir auprès de Christiane Taubira, Garde des Sceaux (Cf. La Lettre du Continent).

Là encore, raté, puisque l’affaire des Disparus du Beach a été délocalisée de Meaux vers Paris.

François Hollande dispose de beaucoup d’atouts dans son jeu pour opérer, cette fois-ci, la fameuse rupture que ne réalisa jamais Sarkozy après l’avoir pourtant promise durant sa campagne. Même si un autre adage florentin dit que « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » Hollande connaît probablement le dicton selon lequel « en politique quand on n’écoute pas, ça coûte le pouvoir ». La majorité absolue obtenue à l’Assemblée fait partie de ses atouts. En effet, jamais le parlement français n’a été aussi à gauche depuis trente ans que maintenant. Autre atout : Hollande ne doit rien aux grands patrons français comme son prédécesseur. Il est, alors, libre de tout mouvement !

"Les Africains auraient-ils le coeur à gauche?" s'était interrogé le portail d'information Gabonlibre pendant la campagne présidentielle française en raison de l'enthousiasme sur le continent qu'avait globalement suscité la candidature de François Hollande. "Pour toutes ces raisons liées à l'histoire et à la géographie, rien de ce qui se passe dans l'Hexagone ne nous est indifférent. Surtout l'élection présidentielle pour laquelle, consciemment ou non, le coeur et la raison des Africains ont voté pour Hollande", lui avait répondu le portail d'information sénégalais Rewmi.

Après cinq ans de sarkozysme, le nouveau président français cristallise de nombreuses attentes en Afrique, notamment sur la fin de la fameuse Françafrique. Rewmi, portail d'information sénégalais, titrait "François Hollande président. Un nouvel espoir pour l'Afrique". Principales raisons de cet engouement? "Il a redonné un peu d'espoir aux Africains en se montrant favorable à l'accueil des étudiants étrangers et en s'engageant à réduire les délais d'attente de l'examen des dossiers concernant les demandeurs d'asile", explique le site.

"Avec l'arrivée au pouvoir de la gauche, certains observateurs des relations franco-africaines espèrent que le nouveau président donnera un visage différent des relations historiques", soulignent Les dépêches de Brazzaville. Le quotidien congolais y cite notamment de nombreuses ONG telles que Transparency International, Sherpa, Survie ou encore Agir "interprétant les proses de Hollande comme un signal visant quelques chefs d'Etats africains tels que Denis Sassou-Nguesso du Congo, le défunt Omar Bongo Ondimba du Gabon et Teodoro Obiang de Guinée Equatoriale, qui font l'objet d'enquêtes judiciaires en France". Dans un autre article sur le sujet, Les Dépêches de Brazzaville rappellent que "les capitales africaines attendent un partenariat plus équilibré avec Paris" et souhaitent de François Hollande qu'il "mette fin aux relations d'influence opaques entre la France et ses ex-colonies de Françafrique". Du côté du Togo, le quotidien Le Pays s'interroge. Blaise Compaoré, le président burkinabé au pouvoir depuis 1991, avait promis à Alain Juppé de ne pas se représenter en 2015. "Est-ce qu'avec François Hollande ce que Blaise Compaoré avait dit à Juppé sera respecté ? A chaque élection française, les Africains ont toujours cru à une rupture de la politique franco-africaine.

Malheureusement, tel n'a jamais été le cas puisque ce sont les gouvernements français, de gauche ou de droite qui défont toujours les régimes en Afrique". François Hollande a donc du pain sur la planche. Il est notamment attendu dès maintenant sur la fermeture, promise pendant sa campagne, de la cellule africaine de l'Elysée, symbole de la Françafrique qui perdure depuis Charles de Gaulle.

Pour le site d'information Gabon libre "il serait illusoire d'attendre l'irruption d'un quelconque deus ex machina, fût-il nommé Hollande, comme tentent de le croire très naïvement bon nombre d'Africains du continent et de la diaspora".