02/08/2012

Syrie: Kofi Annan " Je n'ai été pas assez soutenu " !

Syrie: Kofi Annan " Je n'ai été pas assez soutenu " !

Pas assez soutenu, Kofi Annan a donné sa «démission» de son poste de médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie. Les Etats-Unis ont accusé Pékin et Moscou d’être responsables de cette situation. Kofi Annan a justifié son choix lors d’une conférence de presse à Genève.

Genève, 2 août 2012, Koffi Annan lors de sa conférence de presse au palais des nations.

 

La Suisse a «pris note» jeudi de la décision de Kofi Annan de ne pas renouveler son mandat de médiateur pour la Syrie à la fin août. Elle salue ses efforts dans la recherche d'une solution politique négociée à la crise syrienne et estime que ces efforts doivent être poursuivis par son successeur.

«Seule une solution politique, négociée d'entente avec toutes les parties et répondant aux aspirations légitimes de la population syrienne, permettra de résoudre la crise qui secoue la Syrie et qui fait chaque jour de nombreuses victimes», indique le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dans une prise de position.

Kofi Annan a fait part jeudi de sa «démission» de son poste de médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie. Devant la presse à Genève, il a justifié sa décision en expliquant ne pas avoir été assez soutenu.

Kofi Annan a informé l’ONU et la Ligue arabe «de son intention de ne pas renouveler son mandat quand il expirera le 31 août 2012», a tout d’abord fait savoir le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon dans un communiqué.

Un peu plus tard, lors d’une conférence de presse à Genève annoncée à la dernière minute par l’ONU, M. Annan a justifié son choix: «Je n’ai pas reçu tous les soutiens que la cause méritait (...) Il y a des divisions au sein de la communauté internationale. Tout cela a compliqué mes devoirs», a-t-il affirmé.

«Assad doit partir»

M. Annan, nommé le 23 février et qui s’était rendu à plusieurs reprises à Damas, avait proposé aux belligérants un plan de paix en six points prévoyant une cessation des combats et une transition politique. Mais ce plan, appuyé par le Conseil de sécurité de l’ONU, n’a jamais été appliqué.

La «transition» signifie que le président Bachar al-Assad doit «tôt ou tard» partir, a-t-il dit. M. Ban a indiqué de son côté avoir entamé des consultations avec la Ligue arabe pour nommer «rapidement» un successeur. Il a néanmoins jugé que les «divisions persistantes au Conseil de sécurité (...) rendent le travail de tout médiateur beaucoup plus difficile», en référence au blocage des résolutions occidentales par Moscou et Pékin, alliés de Damas.

Réagissant à la démission de M. Annan, la Russie a assuré «regretter» cette décision, en soulignant avoir soutenu ses efforts. Damas a également regretté le départ du diplomate ghanéen. Pour leur part, les Etats-Unis ont accusé Pékin et Moscou d’être responsables de cette situation.

Aéroport bombardé près d’Alep

Sur le terrain, profitant des divisions internationales, le régime de Bachar al-Assad continuait de réprimer la révolte. A Alep (nord-ouest), la deuxième ville de Syrie, la bataille est considérée comme un enjeu crucial par le pouvoir.

Les insurgés ont bombardé jeudi l’aéroport militaire de Menagh, à 30 km au nord-ouest d’Alep, à l’aide d’un char pris aux soldats, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Un journaliste de l’AFP a entendu des bombardements et vu des tirs provenant de cette direction.

Des rebelles ont affirmé qu’il s’agissait «d’une attaque pour prendre cet aéroport d’où partent les hélicoptères et les avions qui tirent sur Alep», où les combats font rage depuis le 20 juillet.

Les insurgés affirment contrôler la moitié de cette ville où l’armée bombarde les quartiers rebelles sans avancer sur le terrain. Arrestations dans un quartier huppé De violents combats se déroulaient également dans un quartier du sud de la capitale Damas, Tadamoun, mitraillé par des hélicoptères. De nombreux rebelles y sont encore retranchés et trois rebelles y ont été tués, selon l’OSDH.

Pour la première fois, une vingtaine de jeunes hommes ont été arrêtés et des perquisitions ont été menées dans le quartier al- Mouhajirine (nord), l’un des plus huppés de la capitale où se trouve l’un des deux palais présidentiels.

Au total, 51 personnes, dont 30 civils, ont péri jeudi dans les violences à travers le pays, toujours selon l’OSDH. La veille, au moins 43 personnes, pour la plupart des civils non armés, ont en outre été tuées dans un assaut de l’armée sur Jdeidet Artouz, une banlieue du sud-ouest de la capitale, ont rapporté des habitants et des militants de l’opposition.

Par ailleurs, la Turquie a poursuivi jeudi ses manoeuvres entamées la veille le long de la frontière avec la Syrie. Des chars ont opéré à un kilomètre du territoire syrien, en face de la province de Sanliourfa où des membres du Parti de l’union démocratique (PYD) syrien, proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), contrôleraient plusieurs localités.

Crise humanitaire

Cette spirale de violences a poussé à la fuite des centaines de milliers de personnes et provoqué une crise humanitaire, l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) faisant état de trois millions de Syriens ayant un besoin urgent de nourriture et d’aide.

Quelque 150’000 Syriens ayant trouvé refuge en Jordanie, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta a remercié jeudi lors d’une visite à Amman le roi Abdallah II d’avoir laissé ouvert son territoire. Il l’a également assuré d’une aide des Etats-Unis.

Syrie: Kofi Annan a démissionné de son poste de médiateur !

Syrie: Kofi Annan a démissionné de son poste de médiateur !

Kofi Annan a donné sa «démission» de son poste de médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, a annoncé jeudi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans un communiqué.

Kofi Annan a démissionné de son poste de médiateur de la Syrie. Photo Réveil FM, archives

Réaction suisse La Suisse a «pris note» jeudi de la décision de Kofi Annan de ne pas renouveler son mandat de médiateur pour la Syrie à la fin août. Elle salue ses efforts dans la recherche d'une solution politique négociée à la crise syrienne et estime que ces efforts doivent être poursuivis par son successeur.

«Seule une solution politique, négociée d'entente avec toutes les parties et répondant aux aspirations légitimes de la population syrienne, permettra de résoudre la crise qui secoue la Syrie et qui fait chaque jour de nombreuses victimes», indique le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dans une prise de position. Kofi Annan n'entend pas renouveler son mandat quand il expirera le 31 août. Kofi Annan Annan avait été nommé le 23 février dernier mais son plan de paix en six points pour régler le conflit en Syrie, prévoyant une cessation des combats entre gouvernement et opposition armée et une transition politique, n'a jamais pu être appliqué. Kofi Annan a justifié sa démission jeudi à Genève en estimant ne pas avoir été assez soutenu. «Je n'ai pas reçu tous les soutiens que la cause méritait. (...) Il y a des divisions au sein de la communauté internationale. Tout cela a compliqué mes devoirs», a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse annoncée à la dernière minute par l'ONU.

«Très profonde gratitude»

Ban Ki-moon a exprimé sa «très profonde gratitude (à Kofi Annan) pour ses efforts courageux et déterminés» et son «profond regret» de le voir partir. L'ONU «reste impliquée dans des efforts diplomatiques pour mettre un terme à la violence» en Syrie, a-t-il souligné.

Mais il a déploré le fait que «les divisions persistantes au sein du Conseil de sécurité sont devenues un obstacle à la diplomatie, rendant le travail de tout médiateur beaucoup plus difficile».

Il faisait référence implicitement au blocage au Conseil de trois résolutions sur la Syrie par un veto de Moscou et Pékin depuis le début de la crise syrienne en mars 2011.

Ban Ki-moon a regretté que l'occasion de régler la crise syrienne offerte par le plan Annan «n'aie pas été saisie, même si elle reste le meilleur espoir pour le peuple de Syrie».

«Tragiquement, la spirale de la violence continue en Syrie», a constaté Ban Ki-moon. «Le gouvernement et les forces de l'opposition continuent de montrer leur détermination à accroître la violence».

Trois fois en Syrie

Kofi Annan, un diplomate ghanéen de 73 ans, prix Nobel de la Paix 2001 et ancien secrétaire général de l'ONU (1997-2006), avait été nommé envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie le 23 février.

Il s'est rendu depuis lors trois fois sur place, en mars, mai et juillet derniers, pour y rencontrer notamment le président syrien Bachar al-Assad mais sans pouvoir faire avancer les objectifs de son plan de paix.

La mission d'observateurs mis en place en Syrie par l'ONU depuis avril dernier vient d'être réduite de moitié, à 150 hommes seulement.

Le Conseil de sécurité a prolongé son mandat d'un mois jusqu'au 19 août mais en avertissant que la mission serait retirée à cette date si les conditions de sécurité et les circonstances politiques ne s'amélioraient pas très nettement en Syrie d'ici là.

«Tâche terriblement difficile»

La Russie regrette la décision de Kofi Annan de démissionner, a déclaré jeudi l'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine.

«C'est sa décision, nous regrettons qu'il ait choisi de le faire (...) nous avons soutenu ses efforts», a déclaré à la presse Vitali Tchourkine.

Il a aussi salué la décision de l'ONU et de la Ligue arabe de lui trouver un successeur pour cette «tâche terriblement difficile».

19/07/2012

Côte d’Ivoire, Libye, Syrie… Poutine enflamme la France et les Etats-Unis

Côte d’Ivoire, Libye, Syrie… Poutine enflamme la France et les Etats-Unis

Le président russe Vladmir Poutine est sorti de ses gonds, le mardi 10 juillet, face à l’ingérence maladroite et outrancière des Etats et de l’Union européenne – avec pour chef de file la France – dans le conflit syrien. Dénonçant par ailleurs l’exportation de la «démocratie des missiles» pour mieux exploiter les pays victimes. Celui qui se place désormais en défenseur des Etats «agressés» par l’axe UE-USA, entend oeuvrer à éviter la perpétuation de cette ingérence meurtrière.

Vladmir Poutine, Président de la Fédération de Russie.

Pour les uns, le retour de Poutine aux affaires en Russie était vu comme une espérance, pour les autres ce comeback de l’homme fort de Moscou au devant de la scène risquerait de gêner beaucoup de choses. Et depuis sa nouvelle élection à la tête de la Russie, Poutine n’a pas failli à sa réputation. Il ne manque pas d’occasion pour dénoncer l’attitude des dirigeants américains et européens dans les crises qui secouent le monde ; et plus particulièrement leurs ingérences outrancières, qui se soldent dans bien des cas par une intervention militaire.

Le président russe, Vladimir Poutine, a fait savoir, hier à Moscou, que la domination des Etats-Unis et de l’UE dans le monde s’est affaiblie suite aux désarrois socio-économiques internes des pays évolués. Aussi, poursuit-il, s’évertuent-ils à faire feu de tout bois pour conserver leur influence habituelle. «Cela se traduit par l’exportation d’une ‘‘démocratie’’ assise sur les missiles et les bombes et par l’ingérence dans des conflits internes, notamment dans les pays arabes», a déclaré Vladimir Poutine.

Les Etats-Unis et l’Europe, a-t-il poursuivi, «recourent souvent à des actions unilatérales, contrairement aux normes du droit international», a rapporté la Radio La voix de la Russie.

Cela est particulièrement évident à l’exemple de la Syrie, dénonce le président russe. De toute évidence, c’est cette quête effrénée de richesses des pays faibles qui ont poussé les Etats-Unis à intervenir en Irack et la France à bombarder les Ivoiriens et les Libyens, au nom de la fameuse «démocratie» par les bombes. La Russie qui jusque-là observait une certaine posture n’entend plus laisser prospérer cette forme de néo-colonisation et pillages des richesses au nom d’une prétendue démocratie.

C’est pourquoi, depuis lors, elle reste intransigeante sur le cas de la Syrie où, encore et toujours l’Europe et les Etats-Unis veulent forcer la main et déstabiliser définitivement ce pays.

Prétextant toujours la protection des civils, ces pays occidentaux anéantissent les armées régulières de ces pays et arment parallèlement des rébellions, de prétendues «revolutionnaires». Côte d’Ivoire, Libye, Irak, même scénario, mêmes acteurs et mêmes objectifs inavoués : le pillage des ressources des pays «démantelés ».

Ainsi va la «démocratie » des bombes et des missiles.