01/06/2012

Compliqué de protéger François Hollande, un président normal et des ministres «normaux» !

Compliqué de protéger François Hollande, un président normal et des ministres «normaux» !

Bains de foule du nouveau président de la République, déplacements en RER ou à vélo de certains ministres… La protection effectuée par les services de police spécialisés tourne au casse-tête. Normalité et simplicité riment-elles avec sécurité? C’est l’équation que tentent de résoudre en ce moment les policiers chargés de protéger le nouveau président de la République et les membres de son gouvernement.

Hôtel de ville de Paris, le 15 mai. Constamment escorté par le SPHP, François Hollande souhaite toutefois continuer à profiter de bains de foule parfois improvisés lors de ses déplacements. Une pratique qui oblige les policiers à s’adapter.

Le déplacement de François Hollande la semaine dernière à Bruxelles en TGV avec un retour en voiture dans la nuit, a fait jaser. Cependant, au-delà de la polémique née de la volonté affichée de réduire le train de vie de l’Etat, le mode de transport choisi par le président pose des questions en termes de sécurité.

Des cibles potentielles

« Il y a clairement une volonté de se démarquer des méthodes de Nicolas Sarkozy, dont les déplacements étaient très sécurisés avec une véritable bulle pour le protéger », analyse un policier spécialisé. Désireux de s’offrir des bains de foule parfois improvisés et de marquer sa proximité vis-à-vis des Français, François Hollande se met-il en danger? « Que le président se déplace en train ou en avion n’est pas un problème, qu’il décide de traverser la gare du Nord non plus, analyse Eric Stemmelen, ex-policier du service de protection des hautes personnalités (SPHP). Ce qui est important, c’est le placement des agents. Et, surtout, il faut rester imprévisible. Si chaque déplacement en train fait l’objet d’une annonce ou si ce mode de transport devient la norme, on s’expose au risque de voir des manifestations s’organiser. »

Au cours de la campagne, François Hollande, déjà protégé, a quand même été victime d’un enfarinage. Nicolas Sarkozy avait aussi été agressé en 2011 lors d’un déplacement près d’Agen et personne n’a oublié le 14 juillet 2002, lorsque Jacques Chirac a été pris pour cible par Maxime Brunerie.

« Quel que soit leur degré de popularité, les chefs d’Etat et leurs ministres sont des cibles potentielles, analyse un ancien du SPHP. On peut comprendre que François Hollande et son gouvernement souhaitent changer les pratiques, mais les seuls habilités à faire de la sécurité ce sont les professionnels, donc les policiers. La protection, ce n’est pas une posture. Et ceux qui veulent s’affranchir de ces règles se mettent en danger. »

Train pour Hollande, vélo pour Taubira, RER pour Duflot : la police doit s’adapter

Villeneuve-Saint-George (VAL-DE-MARNE), Cécile Duflot se rend au Conseil des ministres en RER. Elle est censée disposer d’une escorte policière comme tous les membres du gouvernement, mais semble vouloir s’en affranchir.

Et voilà Cécile Duflot, debout, comme tout le monde, dans un RER bondé.

La formule train + voiture de François Hollande

D’ordinaire, le trajet du président et de ses ministres est connu et parfaitement balisé : une escorte en voiture jusqu’à un aéroport, Roissy, Orly, ou l’aéroport militaire de Villacoublay et un départ en avion.

En choisissant la gare du Nord et le Thalys pour son premier déplacement à Bruxelles, François Hollande a décidé de marquer sa différence. « Normalement un premier train aurait dû déminer le trajet et un ou plusieurs wagons de la rame auraient dû être réservés », explique une source au SPHP.

Toujours en théorie, chaque pont qui surplombe la voie entre Paris et Bruxelles doit faire l’objet d’une surveillance physique par policiers et gendarmes. « La priorité, c’est d’empêcher toute forme de paralysie du président. Si quelqu’un ou quelque chose bloque le train, il doit toujours y avoir une échappatoire possible, soit en posant un hélicoptère dans un champ, soit en mettant à disposition une voiture sur une route à proximité, détaille la même source. « Le seul souci dans un train, ce sont les communications téléphoniques sécurisées qui sont quasiment impossibles », conclut un policier du SPHP. Selon lui, le mode de déplacement le plus sûr « reste finalement la voiture ».

Cécile Duflot en RER

Ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, l’écologiste Cécile Duflot est censée disposer d’une escorte policière comme tous les membres du gouvernement. Une spécificité bien française dont la nouvelle ministre semble vouloir s’affranchir. Elle continue ainsi à prendre régulièrement le RER depuis son domicile dans le Val-de-Marne pour se rendre à Paris. « Même si elle ne demande rien, nous devons nous assurer qu’il ne se passe rien sur le trajet », explique un haut fonctionnaire.

« Comme de toute façon l’escorte existe, il serait plus simple qu’elle l’utilise ou qu’elle signe une décharge », ironise une autre source. Le week-end dernier, lorsqu’elle s’est déplacée sur un incendie dans le XXe arrondissement de Paris, Cécile Duflot était sans escorte et avec des proches. « Encore une fois, il faut qu’elle comprenne qu’elle ne peut plus se déplacer comme une personne lambda, explique un policier. Il faut trouver le juste milieu entre l’improvisation totale et l’armada de policiers. »

 Ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, l’écologiste Cécile Duflot est censée disposer d’une escorte policière comme tous les membres du gouvernement. Une spécificité bien française dont la nouvelle ministre semble vouloir s’affranchir. Elle continue ainsi à prendre régulièrement le RER depuis son domicile dans le Val-de-Marne pour se rendre à Paris. « Même si elle ne demande rien, nous devons nous assurer qu’il ne se passe rien sur le trajet », explique un haut fonctionnaire.

« Comme de toute façon l’escorte existe, il serait plus simple qu’elle l’utilise ou qu’elle signe une décharge », ironise une autre source. Le week-end dernier, lorsqu’elle s’est déplacée sur un incendie dans le XXe arrondissement de Paris, Cécile Duflot était sans escorte et avec des proches. « Encore une fois, il faut qu’elle comprenne qu’elle ne peut plus se déplacer comme une personne lambda, explique un policier. Il faut trouver le juste milieu entre l’improvisation totale et l’armada de policiers. »

Marisol Touraine voulait se passer d’escorte

A son arrivée au ministère des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine n’était pas persuadée de l’utilité d’une protection rapprochée. « Ce n’est effectivement pas un ministère exposé en principe », détaille une source policière. Mais au cours d’un de ses premiers déplacements en tant que ministre en province, Marisol Touraine a été confrontée à un badaud un peu trop pressant qui a finalement dû être éloigné vigoureusement par les policiers. Un incident certes minime mais qui aurait convaincu son entourage de ne pas se passer des services d’une escorte permanente.

Des VTT pour Christiane Taubira

En tant que garde des Sceaux, Christiane Taubira fait l’objet d’une protection rapprochée du SPHP. Il y a quelques jours, une demande peu commune a été adressée auprès d’un commissariat proche de la place Vendôme pour que les policiers chargés de sa protection disposent de deux vélos. « Ce n’est pas forcément une requête habituelle, mais la protection doit s’assurer partout. Que le ministre fasse du vélo ou un jogging, les policiers doivent toujours suivre », glisse un policier.

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Compliqué de protéger François Hollande, un président normal et des ministres «normaux» !

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Bains de foule du nouveau président de la République, déplacements en RER ou à vélo de certains ministres… La protection effectuée par les services de police spécialisés tourne au casse-tête. Normalité et simplicité riment-elles avec sécurité? C’est l’équation que tentent de résoudre en ce moment les policiers chargés de protéger le nouveau président de la République et les membres de son gouvernement.

Hôtel de ville de Paris, le 15 mai. Constamment escorté par le SPHP, François Hollande souhaite toutefois continuer à profiter de bains de foule parfois improvisés lors de ses déplacements. Une pratique qui oblige les policiers à s’adapter.

Le déplacement de François Hollande la semaine dernière à Bruxelles en TGV avec un retour en voiture dans la nuit, a fait jaser. Cependant, au-delà de la polémique née de la volonté affichée de réduire le train de vie de l’Etat, le mode de transport choisi par le président pose des questions en termes de sécurité.

Des cibles potentielles

« Il y a clairement une volonté de se démarquer des méthodes de Nicolas Sarkozy, dont les déplacements étaient très sécurisés avec une véritable bulle pour le protéger », analyse un policier spécialisé. Désireux de s’offrir des bains de foule parfois improvisés et de marquer sa proximité vis-à-vis des Français, François Hollande se met-il en danger? « Que le président se déplace en train ou en avion n’est pas un problème, qu’il décide de traverser la gare du Nord non plus, analyse Eric Stemmelen, ex-policier du service de protection des hautes personnalités (SPHP). Ce qui est important, c’est le placement des agents. Et, surtout, il faut rester imprévisible. Si chaque déplacement en train fait l’objet d’une annonce ou si ce mode de transport devient la norme, on s’expose au risque de voir des manifestations s’organiser. »

Au cours de la campagne, François Hollande, déjà protégé, a quand même été victime d’un enfarinage. Nicolas Sarkozy avait aussi été agressé en 2011 lors d’un déplacement près d’Agen et personne n’a oublié le 14 juillet 2002, lorsque Jacques Chirac a été pris pour cible par Maxime Brunerie.

« Quel que soit leur degré de popularité, les chefs d’Etat et leurs ministres sont des cibles potentielles, analyse un ancien du SPHP. On peut comprendre que François Hollande et son gouvernement souhaitent changer les pratiques, mais les seuls habilités à faire de la sécurité ce sont les professionnels, donc les policiers. La protection, ce n’est pas une posture. Et ceux qui veulent s’affranchir de ces règles se mettent en danger. »

Train pour Hollande, vélo pour Taubira, RER pour Duflot : la police doit s’adapter

Villeneuve-Saint-George (VAL-DE-MARNE), Cécile Duflot se rend au Conseil des ministres en RER. Elle est censée disposer d’une escorte policière comme tous les membres du gouvernement, mais semble vouloir s’en affranchir.

Et voilà Cécile Duflot, debout, comme tout le monde, dans un RER bondé.

La formule train + voiture de François Hollande

D’ordinaire, le trajet du président et de ses ministres est connu et parfaitement balisé : une escorte en voiture jusqu’à un aéroport, Roissy, Orly, ou l’aéroport militaire de Villacoublay et un départ en avion.

En choisissant la gare du Nord et le Thalys pour son premier déplacement à Bruxelles, François Hollande a décidé de marquer sa différence. « Normalement un premier train aurait dû déminer le trajet et un ou plusieurs wagons de la rame auraient dû être réservés », explique une source au SPHP.

Toujours en théorie, chaque pont qui surplombe la voie entre Paris et Bruxelles doit faire l’objet d’une surveillance physique par policiers et gendarmes. « La priorité, c’est d’empêcher toute forme de paralysie du président. Si quelqu’un ou quelque chose bloque le train, il doit toujours y avoir une échappatoire possible, soit en posant un hélicoptère dans un champ, soit en mettant à disposition une voiture sur une route à proximité, détaille la même source. « Le seul souci dans un train, ce sont les communications téléphoniques sécurisées qui sont quasiment impossibles », conclut un policier du SPHP. Selon lui, le mode de déplacement le plus sûr « reste finalement la voiture ».

Cécile Duflot en RER

Ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, l’écologiste Cécile Duflot est censée disposer d’une escorte policière comme tous les membres du gouvernement. Une spécificité bien française dont la nouvelle ministre semble vouloir s’affranchir. Elle continue ainsi à prendre régulièrement le RER depuis son domicile dans le Val-de-Marne pour se rendre à Paris. « Même si elle ne demande rien, nous devons nous assurer qu’il ne se passe rien sur le trajet », explique un haut fonctionnaire.

« Comme de toute façon l’escorte existe, il serait plus simple qu’elle l’utilise ou qu’elle signe une décharge », ironise une autre source. Le week-end dernier, lorsqu’elle s’est déplacée sur un incendie dans le XXe arrondissement de Paris, Cécile Duflot était sans escorte et avec des proches. « Encore une fois, il faut qu’elle comprenne qu’elle ne peut plus se déplacer comme une personne lambda, explique un policier. Il faut trouver le juste milieu entre l’improvisation totale et l’armada de policiers. »

 Ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, l’écologiste Cécile Duflot est censée disposer d’une escorte policière comme tous les membres du gouvernement. Une spécificité bien française dont la nouvelle ministre semble vouloir s’affranchir. Elle continue ainsi à prendre régulièrement le RER depuis son domicile dans le Val-de-Marne pour se rendre à Paris. « Même si elle ne demande rien, nous devons nous assurer qu’il ne se passe rien sur le trajet », explique un haut fonctionnaire.

« Comme de toute façon l’escorte existe, il serait plus simple qu’elle l’utilise ou qu’elle signe une décharge », ironise une autre source. Le week-end dernier, lorsqu’elle s’est déplacée sur un incendie dans le XXe arrondissement de Paris, Cécile Duflot était sans escorte et avec des proches. « Encore une fois, il faut qu’elle comprenne qu’elle ne peut plus se déplacer comme une personne lambda, explique un policier. Il faut trouver le juste milieu entre l’improvisation totale et l’armada de policiers. »

Marisol Touraine voulait se passer d’escorte

A son arrivée au ministère des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine n’était pas persuadée de l’utilité d’une protection rapprochée. « Ce n’est effectivement pas un ministère exposé en principe », détaille une source policière. Mais au cours d’un de ses premiers déplacements en tant que ministre en province, Marisol Touraine a été confrontée à un badaud un peu trop pressant qui a finalement dû être éloigné vigoureusement par les policiers. Un incident certes minime mais qui aurait convaincu son entourage de ne pas se passer des services d’une escorte permanente.

Des VTT pour Christiane Taubira

En tant que garde des Sceaux, Christiane Taubira fait l’objet d’une protection rapprochée du SPHP. Il y a quelques jours, une demande peu commune a été adressée auprès d’un commissariat proche de la place Vendôme pour que les policiers chargés de sa protection disposent de deux vélos. « Ce n’est pas forcément une requête habituelle, mais la protection doit s’assurer partout. Que le ministre fasse du vélo ou un jogging, les policiers doivent toujours suivre », glisse un policier.