16/05/2012

Les 10 présidents les plus détestés d’Afrique !

Les 10 présidents les plus détestés d’Afrique !

Un sondage Gallup, publié le 25 avril, donne les cotes de popularité de 34 chefs d’Etat africains. Parmi les moins aimés figurent José Eduardo Dos Santos, Abdoulaye Wade, Robert Mugabe, Joseph Kabila, le roi Mswati III et Jacob Zuma. L'article de notre consoeur Sabine Cessou dans le site Slate.fr est plus qu'instructif.

Joseph Kabila a fait un hold-up électoral:"Ce jeune chef d’État de 40 ans s’est fait réélire le 28 novembre 2011 après avoir modifié la Constitution, de manière à l’emporter dès le premier tour avec une majorité simple des voix. Dans la diaspora congolaise comme à Kinshasa, les critiques continuent de pleuvoir sur Joseph Kabila, accusé au mieux de n’avoir pas le niveau d’études suffisant et au pire d’être un vulgaire imposteur".

Le sondage Gallup, réalisé courant 2011 et publié le 25 avril dernier, donne des informations qui restent ultra-confidentielles dans la plupart des capitales africaines... Si les hommes au pouvoir commandent régulièrement des enquêtes, ils se gardent bien d’en publier les résultats.

L’institut Gallup International, basé à Zurich, en Suisse, s'appuyant sur des échantillons de 1.000 personnes dans chacun des 34 pays testés, a recueilli les opinions des Africains sur leurs présidents. Les résultats paraissent édifiants, et parfois troublants.

Palmares

Wade: 11 ans seulement pour se mettre l'opinion à dos

Pour Abdoulaye Wade, c’est la honte: 70 % d’opinions négatives. L’ancien président du Sénégal aimerait passer pour un grand démocrate, et sa cote a peut-être remonté depuis qu’il a accepté sa défaite électorale face à Macky Sall.

Il n’en figure pas moins, pour 2011, parmi les despotes les plus détestés d’Afrique, pris en sandwich entre l’Angolais José Eduardo dos Santos (78% d’opinions négatives) et le Zimbabwéen Robert Mugabe (62%).

On peut y voir une sorte d’exploit: après tout, Abdoulaye Wade n’est resté que 11 ans au pouvoir, là où les autres ont eu trois décennies pour se mettre leur opinion à dos.

Dos Santos tient en effet le pouvoir en Angola depuis 1979, et Robert Mugabe s’accroche à son fauteuil depuis 1980. Le Prix Nobel de littérature Wole Soyinka ne s’était pas trompé de beaucoup, lorsqu’il avait mis Wade et Mugabe dans le même sac, en février, les traitant «d’octogénaires inamovibles».

Abdoulaye Wade savait pertinemment quelle était sa vraie popularité. Voilà pourquoi il avait cherché à modifier la Constitution en juin dernier, pour se faire réélire avec une majorité de seulement 25% des voix...

Zuma: moins populaire que son vice-président

Jacob Zuma, président de l’Afrique du Sud, une autre démocratie qui passe pour exemplaire, n’est pas non plus en très bonne posture. Il se classe bon 10ème, parmi les plus impopulaires. Sa cote atteint 57% d’opinions positives en 2011 contre 42% d’avis négatifs, selon Gallup...

Et encore, l’institut de sondage sud-africain TNS South Africa estime que ces chiffres sont surestimés, et ne crédite Zuma que d'un piètre 48 % d’opinions positives, en moyenne, pour l'année l’année 2011.

La cote présidentielle, soumise à des hauts et des bas, se trouve en pleine dégringolade: elle est passée d’un pic de 55 % en février 2012 à un creux de 46 % en avril, d'après un sondage TNS publié à Johannesburg le 14 mai. Zuma, à 60 ans, paye pour divers scandales, mais aussi l’exclusion définitive de Julius Malema, ancien leader de la Ligue des jeunes du Congrès national africain (ANC).

Il est désormais supplanté par son vice-président, Kgalema Motlanthe, crédité par Gallup de 49% d’opinions positives. Cet ancien leader syndical, un homme réputé pour son intégrité, sa monogamie, mais aussi son caractère calme et réservé, pourrait succéder au turbulent «J.Z» dès les élections de 2014.

Fait lourd de signification politique en Afrique du Sud: Kgalema Motlanthe draine 68% d’opinions favorables à Soweto, la capitale noire du pays (contre 50% d’opinions favorables à Zuma). Le président reste très populaire dans son groupe ethnique, les Zoulous (67% d’opinions favorables selon TNS). Mais Kgalema Motlanthe, un Batswana qui ne met jamais la carte ethnique en avant, est apprécié à 69% en moyenne par les onze différents groupes linguistiques du pays. Des chiffres peut-être annonciateurs d’une nouvelle ère dans la nation arc-en-ciel...

Mswati III fait sauter la banque

Mswati III, au Swaziland, n’a pas non plus de quoi pavoiser. Le dernier roi d’Afrique, à 44 ans, remporte 43% d’opinions négatives, mais refuse d’écouter les voix de ses opposants, en prison ou en exil. Les résultats du sondage Gallup ont été rejetés en ces termes truculents par les autorités de Mbabane:

«C’est comme si je venais vous dire que sept de vos petites amies ne vous aiment plus», a commenté Percy Simelane, le porte-parole du gouvernement. Et d’enfoncer le clou: «Qu’est-ce qui vous garantit qu’on ne vous raconte pas ça parce qu’on a des visées sur vos petites amies?»

Quid de l’intelligence politique d’un pouvoir qui se sait critiqué pour la polygamie royale, dans un pays par ailleurs laminé par le sida? Avec 26,3% de la population adulte contaminée, le petit royaume affiche ainsi le plus fort taux mondial de prévalence du sida.

Mswati III, l’un des hommes les plus fortunés au monde, compte 13 femmes, chacune disposant de son propre palais et se livrant à des dépenses ostentatoires. Pendant ce temps, le Swaziland se trouve au bord de la banqueroute, et doit emprunter à ses voisins pour payer ses fonctionnaires.

Loin des yeux, plus proche du coeur ?

La cote pour le moins mitigée de Joseph Kabila, qui ne recueille que 43% d’opinions favorables, contre 46% de défavorables, n’a rien de surprenant. Ce jeune chef d’État de 40 ans s’est fait réélire le 28 novembre 2011 après avoir modifié la Constitution, de manière à l’emporter dès le premier tour avec une majorité simple des voix.

A Kinshasa, les critiques continuent de pleuvoir sur Joseph Kabila, accusé au mieux de n’avoir pas le niveau d’études suffisant et au pire d’être un vulgaire imposteur.

Parmi les plus détestés, on trouve aussi le défunt président du Malawi, Bingy wa Mutharika, disparu en avril ; l’ex-président zambien Rupiah Banda, battu par Michael Sata lors des élections du 20 septembre 2011; mais aussi le Premier ministre du Lesotho Pakalitha Mosisili et le président des Comores Ikililou Dhoinine.

Les avis recueillis sur les hommes au pouvoir ne sont pas forcément liés à la situation du pays, souligne l’institut Gallup, ni à leur longévité au pouvoir. Pourtant, les présidents les mieux notés sont aussi ceux qui ont le moins duré.

Et les plus populaires sont... Le Burundais Pierre Nkurunziza, réélu en 2010 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, arrive en tête (89% d’opinions positives), avant le Béninois Yayi Boni (87%) et le Malien Amadou Toumani Touré (86%). Ce dernier est très décrié depuis le putsch qui l’a renversé le 22 mars, mais il avait suscité la sympathie en annonçant son intention de ne pas briguer de troisième mandat.

Suivent dans cette liste François Bozizé (Centrafrique, 84%), Mahamadou Issoufou (Niger, 82%), Goodluck Jonathan (Nigeria, 81%), Ian Khama (Botswana, 81%), Alpha Condé (Guinée, 80%), Ali Bongo Ondimba (Gabon, 75%) et... Paul Biya (Cameroun, 73%), au pouvoir depuis 1984.

Curieux mélange de vrais démocrates et de despotes notoires, qui amène à se demander si toutes les personnes interrogées ont répondu à Gallup en leur âme et conscience - sans peur d’éventuelles représailles. Un biais qui rend encore plus impressionnante la cote d’impopularité des chefs d’État détestés.

Sabine Cessou, slate.fr

05/04/2012

Sénégal: Pas de Vuvuzélateur, porte-parole du gouvernement !

Sénégal: Pas de Vuvuzélateur, porte-parole du gouvernement !

Contrairement au Congo-démocratique où plus de 100 jours après Joseph Kabila, ursupateur, tricheur-fraudeur et ses affidés n'arrivent pas à former un gouvernement. Au Sénégal, les choses vont très vite, le peuple a dit au revoir à Abdoulaye Wade et ses waderies, il n'a pas pu se maintenir par la force ni gouverver par défi. Le gouvernement sénégal n'a pas un porte-paroleministre, un Vuvuzélateur de surcroît Goebbels qui doit vanter les actions furtives du gouvernement comme si le peule ne sait pas reconnaître le bon grain de l'ivraie alors qu'il est un grand témoin. Les Résistants-Patriotes-Combattants Congolais doivent mettre fin aux kabileries de Joseph qui s'impose sans légitimité et légalité, il veut continuer à trôner à la tête de la République démocratique du Congo par un hold-up électoral.

Macky Sall, le quatrième Président du Sénégal prêtant serment !

Voici la liste complète des ministres Sénégalais du gouvernement de Macky Sall:

- Abdoul Mbaye, Premier ministre

- Mbaye Ndiaye, ministre de l’Intérieur

- Eva Marie Coll Seck, ministre de la Santé et de l’Action sociale

- Augustin Tine, ministre des Forces armées

- Aminata Touré, ministre de la Justice

- Amadou Kane, ministre de l’Economie et des Finances

- Youssou Ndour, ministre de la Culture et du Tourisme

- Mariama Sarr, ministre de la Femme, de l’Enfant et de l’Entrepreneuriat féminin

- Ibrahima Sall, ministre de l’Education nationale

- Benoît Sambou, ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural

- Cheikh Bamba Dièye, ministre de l’Aménagement du territoire et des Collectivités locales

- Mata Sy Diallo, ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat

- Aminata Mbengue Ndiaye, ministre de l’Elevage

- Pape Diouf, ministre de la Pêche et des Affaires maritimes

- Mor Ngom, ministre des Infrastructures et des Transports

- Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Energie et des Mines

- Aly Koto Ndiaye, ministre de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de l’Emploi

- El Hadji Malick, ministre des Sports

- Khoudia Mbaye, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat

- Serigne Mbaye Thiam, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, porte-parole du Gouvernement

- Ali Haidar, ministre de l’Ecologie et de la Protection de la nature

- Mansour Sy, ministre de la Fonction publique, du Travail et des Relations avec les institutions

- Oumar Guèye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement

- Abou Lô, ministre de la Communication et des Technologies de l' information et de la communication

- Abdoulaye Daouda Diallo, ministre délégué, chargé du Budget.

L'alternance paisible des dirigeants ne fleurit guère en Afrique. Le continent a beau s'arracher à sa longue détresse, la démocratie n'épouse pas cet essor. C'est par l'émeute que le "printemps arabe" aura chassé des potentats inamovibles. Et la jeune Afrique noire détient le record des despotismes interminables et des coups d'Etat militaires. Heureuse exception : le Sénégal !

L'élection présidentielle y fut plus perdue par le sortant que gagnée par son vainqueur, Macky Sall. Pourquoi ? Parce que la chute du président Wade fut consommée, dès 2011, lorsqu'il imagina un tripatouillage constitutionnel pour s'ouvrir un troisième mandat et y couver la succession de son fils. Devant l'agitation de la rue, il recula à demi, mais sans renoncer à l'élection. Ce fut sa perte. Car dans les urnes déferla une aversion recuite contre la manigance. Au point de rassembler entre les deux tours, dans le "tout sauf Wade", une opposition pourtant très dispersée.

Wade fut en fait moins puni pour un bilan d'ailleurs présentable que victime d'une réaction légaliste. In fine, au soir de sa défaite, il fut le premier pour saluer, à l'américaine, son vainqueur. Le geste idoine pour conclure une fable démocratique qui fera date sous les tropiques !

La démocratie, dit-on, ne fait son chemin qu'au sein d'une relative prospérité. Le Sénégal dément ce pseudo-théorème. Il ne jouit pas des pactoles du sol et du sous-sol qui tombent en pluie d'or sur plusieurs pays de l'Afrique nouvelle. Avec ses 13 millions d'habitants, il croupit au 150e rang du classement mondial de la richesse. Son PIB moyen par habitant (1 000 euros annuels) est... le dixième du gabonais, le quinzième de la Guinée équatoriale, deux émirats pétroliers, bonnets d'âne de la petite classe démocratique.

Dans un Dakar démesurément grossi par l'exode rural, le chômage des jeunes est ravageur. Il jette des désespérés sur de périlleuses barcasses vers l'Eldorado européen. Coupé en deux par la Gambie, le Sénégal laisse s'étioler dans une fronde intermittente sa riche Casamance du Sud. Partout un clanisme défensif instille les venins de la corruption. La crise de la production électrique, avec ses coupures massives et incessantes, exaspère les Sénégalais.

Ce pays ne survit pauvrement qu'avec de l'arachide, les transferts d'argent de la diaspora sénégalaise et des bienveillances internationales qui auront généreusement réduit sa dette. Il jouit aussi d'être à égale distance de l'Amérique et de l'Europe, atout naturel pour un port en eau profonde, un aéroport où s'élabore un vaste hubintercontinental et un début d'industrialisation.

Tout cela ne pèse pas lourd dans les balances du monde. Au fond, le pauvre Sénégal n'est riche que de ses hommes, de leur civilité, de leurs talents. Bref, d'une culture qui conserve à leur pays une juste éminence dans le continent noir.

Sans en exagérer l'importance, l'histoire du Sénégal aura tissé depuis trois siècles avec la France des liens ailleurs déchirés ou rompus. Les habitants de quatre communes - Saint-Louis, Dakar, Rufisque et Gorée - furent pendant des lustres citoyens français. Les troupes sénégalaises auront combattu ici et là avec la France.

Mais surtout le président fondateur, Léopold Sédar Senghor, aura magistralement établi les fondations de l'indépendance dans une relation apaisée mais nullement servile avec la France. En popularisant le concept de négritude, il aura - loin d'un Lamine Guèye, loin d'un Houphouët-Boigny - écarté les vices d'un postcolonialisme incestueux. Il aura permis à de grandes figures intellectuelles sénégalaises de faire, par la réflexion critique, le deuil du cruel héritage de l'esclavage et de la colonisation. Ses sucesseurs, Abdou Diouf et Wade, n'auront étranglé ni une presse libre ni l'indocilité tapageuse des artistes.

Cette tolérance élitaire n'eût pas installé à elle seule la culture démocratique si le peuple, riche de sa propre histoire, n'y avait tant contribué. Les Wolofs, Sereres, Toucouleurs se sentent d'abord sénégalais : ils désamorcent dans l'ironie et les "vannes" leur rivalité ethnique. L'islam souverain, et ses 95 % de fidèles, fait, sans charia, bon ménage avec l'Etat laïque. Les grandes confréries - la mouride ou la tidjane - et leurs marabouts affiliés ont sagement rétréci l'implication politique de leurs édits. Elles entretiennent une antique sagesse coranique, palabreuse, fataliste, réaliste que bousculent désormais les embardées des jeunes générations : le Net et Facebook grouillent de leurs impatiences. Ils ne feront pas à Macky Sall un chemin sans épines. Mais voici déjà la première, venue d'ailleurs : l'effondrement du Mali.

 

A Dakar, une statue géante de l'homme africain tend vers le grand large un bras jugé emphatique : l'avenir n'est pas si prometteur. Mais le Sénégal lui a mis en main une torche de liberté.