• Paris-Bercy: François Hollande prédit «une belle victoire» !

    Paris-Bercy: François Hollande prédit «une belle victoire» !

    «A la victoire! Au 6 mai! A demain!», a lancé dimanche François Hollande lors d'un meeting au palais omnisports de Paris-Bercy. Des "On va gagner!" et des "François président!" ont ponctué la prestation du candidat socialiste, applaudi par 22'000 personnes, selon le PS, réunies dans et autour de la grande salle de l'Est parisien à une semaine du second tour de l'élection présidentielle. "A demain !": François Hollande a donné rendez-vous dimanche à ses partisans enthousiastes réunis dans un Palais omnisports de Paris comble, pour son dernier meeting parisien avant le second tour dimanche 6 mai.

    "C'est le meeting de la confiance", avait résumé le député socialiste Claude Bartolone avant le début de ce grand rassemblement auquel assistaient notamment les écologistes Eva Joly, Cécile Duflot, Jean-Vincent Placé mais aussi Corinne Lepage.

    La mobilisation était le mot d'ordre du candidat PS, qui a appelé à la "responsabilité", "à ne pas céder à la douceur suave des sondages"!: "nous avons tant à faire".

    "Les problèmes de notre pays ne vont pas disparaître avec le candidat sortant, ce serait trop simple", a mis en garde le candidat PS, prévenant que ce serait "dur après", avec "la dette" qui sera "toujours là" et "la croissance" qui "ne repartira pas d'un bond dès lors que les Français auront voté".

    22.000 personnes, selon les organisateurs - dont 3.000 restées dehors qui suivaient sur grand écran selon le PS -, ont assisté à ce discours d'une heure et quart, marqué à la fin par un "bis" inédit dans la campagne du socialiste.

    "La ferveur était telle que François n'était pas pressé de partir", a résumé le maire de Paris Bertrand Delanoë, présent au côté de toute la famille socialiste, de Ségolène Royal à Lionel Jospin, de Robert Badinter à Martine Aubry...

    Des célébrités étaient aussi de la partie, dont Vincent Lindon, Josyane Balasko, Guy Bedos, Jacques Higelin....

    Dans un discours ponctué de "François président!" et d'applaudissements, le député de Corrèze a repris tous ses thèmes fondamentaux: rassemblement, République, laïcité, école, jeunesse, égalité...

    En contrepoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, qui veut s'adresser en particulier aux 6,4 millions d'électeurs du FN, M. Hollande entend "réconcilier la France", et veut faire de 2012 "une date historique" pour reprendre "la longue marche du progrès".

    "Je veux que le 6 mai soit une bonne nouvelle pour les démocrates et une terrible nouvelle pour les dictateurs", a-t-il lancé.

    Visant la droite et le FN, il a aussi dénoncé "ceux qui craquent des allumettes, ceux qui jouent avec le feu, ceux qui mettent l'étranger au cœur de cette campagne et qui ne seront pas entendus".

    M. Hollande a aussi ironisé sur l'accusation lancée régulièrement par Nicolas Sarkozy d'un supposé appel de "700 mosquées" à le soutenir. "Quitte à proférer un mensonge, il aurait pu dire 700 églises ou 700 temples ou 700 synagogues, non, 700 mosquées! que voulait-il insinuer'", a-t-il dit.

    Le meeting avait commencé en musique avec le chanteur Sanseverino. On guettait la venue de son pianiste familier qui n'est autre que Dominique Fillon, le frère du Premier ministre, mais il n'y avait pas de clavier.

    Il n'a pas été terni non plus par Dominique Strauss-Kahn qui se réinvite dans la campagne, via le livre à paraître d'un journaliste américain et surtout sa présence à l'anniversaire de Julien Dray (PS) la veille. Plusieurs dirigeants socialistes pourtant ne décoléraient pas. "C'est insensé, c'est un piège tendu à tous ses invités", s'exclamait l'un d'eux, sous couvert d'anonymat, à propos de M. Dray.

    Galvanisé par le moment, François Hollande a agité sur scène des drapeaux français et européen après un premier discours d'une heure. Il a repris le micro après la Marseillaise pour une dizaine de minutes mobilisatrices.

    "Nous devons nous battre comme si nous étions en retard, alors même que nous sommes en avance", a dit le favori des sondages qui retrouvera son adversaire, le président sortant Nicolas Sarkozy, mercredi en débat télévisé.

    Arrivé en tête au premier tour avec 28,6% des voix, François Hollande a fustigé les méthodes de ses adversaires pour le dénigrer tout en tentant de séduire les 17,9% d'électeurs qui ont choisi la candidate du Front national, Marine Le Pen.

    "Je comprends la souffrance de beaucoup", a-t-il souligné. "Je veux reconquérir les hommes et les femmes en colère, qui parfois s'abandonnent, oui, 100 fois oui. Mais promettre ou se compromettre, mille fois non".

    A l'adresse du "candidat sortant" qu'il n'a jamais nommé, François Hollande a ciblé "ceux qui craquent les allumettes, qui allument les mèches, qui jouent avec le feu, qui mettent l'étranger au cœur de cette campagne et qui ne seront pas entendus."

    De la première secrétaire du PS Martine Aubry au président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, deux "premier ministrables", tous les ténors du PS étaient présents dans les tribunes de Bercy, de même que beaucoup d'artistes. L'écologiste Eva Joly (2,3% des voix au premier tour) a eu droit à une ovation du public, tout comme l'ancien premier ministre Lionel Jospin.
  • La colère du professeur français Michel Halbwachs à propos du lac Kivu

    La colère du professeur français Michel Halbwachs à propos du lac Kivu

    Le professeur français Michel Halbwachs (photo) a clamé sa colère contre l’Etat français qui ne l’a pas soutenu dans son projet d’extraction de gaz méthane au lac Kivu. Pour protester, il renie sa décoration de la légion d’honneur. Michel Halbwachs a fondé une société, Data Environnement, qui serait la seule au monde à maîtriser une technologie d’extraction du gaz adaptée à la situation du lac Kivu.

    Michel Halbwachs

    Selon lui, les 60 milliards de m3 de méthane convenus dans le lac sont une effroyable menace pour les populations riveraines, capable de provoquer une catastrophe sans comparaison avec le tsunami de 2004 en Asie qui a fait plus de 200000 morts. Et dans le même temps, ce gaz constitue une formidable opportunité de production d’énergie représentant 150 fois la consommation annuelle du Rwanda d’aujourd’hui.

    Soulignant que ce projet était «à très bas coût» (800 000 euros) et qu’il «réunissait tout : l’économique, l’environnement et la lutte contre la pauvreté», le scientifique français explique les raisons de sa profonde déception dans une longue lettre ouverte à Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères.

    « Monsieur Juppé,

    J'ai reçu en 2011 la Légion d'honneur sur votre proposition pour mon travail au Rwanda. Professeur de l'Université de Savoie, j'ai lancé en 2001 - dans le cadre de la Société Data Environnement que j'ai créée en 1991 - un projet d'extraction du méthane au lac Kivu en Afrique centrale. Cet immense lac contient environ 60 milliards de mètres cubes de méthane qu'il est indispensable d'extraire pour prévenir le risque d'une éruption limnique (du grec "limnê", lac) de même nature que celle du lac Nyos, au nord-ouest du Cameroun.

    Le 21 août 1986, ce lac - contenant mille fois moins de gaz que le Kivu - avait explosé et libéré un nuage de dioxyde de carbone causant la mort de 1746 riverains. Pour moi, Nyos a été un véritable défi scientifique, mais aussi un laboratoire unique au monde, à la fois sur le plan fondamental et technique. Aujourd'hui, après 20 ans d'engagement scientifique, notre société, Data Environnement, a terminé, avec un succès total, la mise en route du dispositif de dégazage : les Orgues de Nyos.

    Or, ce ne sont pas deux mille, mais deux millions de Rwandais et de Congolais qui sont installés sur les rives du lac Kivu : une éruption limnique - même si elle ne semble pas imminente - aurait donc des conséquences humaines apocalyptiques, sans comparaison avec le tsunami de 2004 en Asie qui a fait plus de 200000 morts. J'ajoute que la récupération du méthane permettrait au Rwanda d'être autosuffisant en production électrique durant 150 ans (au niveau actuel de consommation). Et comme combustible, de réduire la déforestation et l'érosion des sols.

    Il va sans dire que pour les entreprises étrangères qui se multiplient, pour le moment sans succès, au bord du Kivu, le méthane représente de l'or !

    De 2009 à 2010, Data Environnement a construit et expérimenté sur le Kivu une station pilote d'extraction de méthane qui a produit une puissance électrique de 2,4 MW au lieu des 3,6 MW espérés. Puis, des problèmes mécaniques, causés par les tempêtes, nous ont contraints à interrompre la production. Néanmoins je considère cet essai comme une validation de l'efficacité de notre technologie mise au point durant les 20 ans d'expériences au lac Nyos.

    Pour toutes ces raisons - écologiques, économiques et humanitaires - notre projet représentait pour la France une opportunité formidable de reprendre pied au Rwanda et je croyais, peut-être naïvement, que la France, qui possède, grâce à notre savoir-faire, la meilleure expertise de prévention de telles catastrophes, soutiendrait notre entreprise.

    Au contraire, depuis le début du projet en 2002, j'ai reçu beaucoup de bonnes paroles et perdu beaucoup de temps, en rédaction de dossiers, demandes d'aides financières et en déplacements à l'Agence Française de Développement (AFD) pour des discussions vaseuses.

    On a fini par me faire savoir que Proparco, institution financière de développement de l'AFD, n'aidait QUE les grands groupes industriels. Résultat, les investisseurs rwandais qui nous financent n'ont plus d'argent pour terminer le projet (800000 euros environ) et notre société est actuellement en redressement judiciaire.

    N'en déplaise au Quai d'Orsay, il n'existe pas en France de «grand groupe industriel» capable d'extraire le méthane du lac Kivu. Quelle aubaine pour les entreprises anglo-saxonnes, fortement soutenues par leurs gouvernements, qui ne manqueront pas de prendre la place que nous occupons au Rwanda.

    Monsieur Juppé, j'estime donc que m'attribuer la Légion d'honneur pour ce gâchis est surtout une façon de dissimuler l'incapacité du Quai d'Orsay à garantir les intérêts et la réputation de la France. Et pour ce qui concerne ma modeste personne, un non-sens.

    Comme Français et comme expert scientifique, j'aurais souhaité que notre Ministre des Affaires Étrangères ne galvaude pas une décoration que j'aurais portée avec fierté si elle n'avait été le masque de l'inefficacité ou de l'indifférence.

    Monsieur Juppé, je refuse ma Légion d'honneur. »

    Michel Halbwachs

  • Présidentielle 2012: Dis-moi ce que tu lis, je te dirai pour qui tu votes !

    Pour "Marianne", Ipsos a mesuré auprès de 6 210 électeurs leurs préférences en matières de JT, de radio et de quotidien. Pas de grande surprise.

    Éric Besson en pleine lecture du "Figaro", le 23 octobre 2009.

    Éric Besson en pleine lecture du "Figaro", le 23 octobre 2009.

    À voir les unes du Figaro ou celle de Libération, on se doute que leurs lecteurs ont une préférence politique en accord avec la ligne éditoriale des titres en question. Pour l'hebdomadaire Marianne, l'institut Ipos a mesuré précisément ce phénomène avec une marge d'erreur statistique de 0,8 %. Ainsi, le profil-type de l'électeur qui a voté Nicolas Sarkozy au premier tour a tendance à regarder, prioritairement, le JT de TF1 (38 %). C'est un lecteur du Figaro (61 %), qui écoute le plus souvent RTL (42 %), Europe 1 (36 %) ou BFM Radio (36 %).

    Les lecteurs de Libération ont le plus de sympathie pour François Hollande (59 %), loin devant Mélenchon (18 %). Il reste 9 % d'électeurs sarkozystes qui lisent Libération... Ceux du Monde affectionnent aussi le candidat socialiste à 45 %, contre 21 % qui ont voté Sarkozy. C'est Le Parisien qui apparaît comme le plus "neutre", au sens où son lectorat a réparti ses votes au plus près de la répartition nationale, avec juste un peu plus de lecteurs favorables à Jean-Luc Mélenchon (16 % quand celui-ci est à 11,3 % dans les urnes).

    Dis-moi ce que tu lis, je te dirai pour qui tu votes

    Les téléspectateurs du JT de TF1 ont très majoritairement voté à droite : 38 % pour Sarkozy, 27 % pour Marine Le Pen. Le 19 h 45 de M6 réalise aussi de gros scores chez les électeurs du Front national : 25 %. Un quart des téléspectateurs du JT de M6 ont également apporté leur voix à Nicolas Sarkozy, et 22 % à François Hollande. Le candidat socialiste rassemble seulement 17 % des fidèles du JT de Claire Chazal et Laurence Ferrari. Quand au tandem Pujadas-Delahousse, sur France 2, il intéresse plutôt ceux qui ont voté Hollande (36 %) devant Sarkozy (24 %). Mélenchon, Le Pen et Bayrou se tiennent dans un mouchoir de poche, entre 11 et 12 %.

    François Hollande réalise son meilleur score chez les assidus du Grand Journal de Canal + (38 %), là où Nicolas Sarkozy peine à atteindre les 20 %. C'est sur Canal + que Marine Le Pen réalise son plus petit score : 9 %. Le 19/20 de France 3 est également une terre d'élection pour Hollande, avec 31 % de téléspectateurs conquis. Marine Le Pen réalise une excellente performance sur France 3 avec 22 % de téléspectateurs, devant le président sortant (17 %). Signe là aussi de sa conquête de l'électorat des zones périurbaines.

    Marine Le Pen leader sur... NRJ

    Sans surprise, le vote Hollande domine parmi les auditeurs de France Inter (48 %), loin devant le vote Mélenchon (17 %). Sur la station dirigée par Philippe Val, Nicolas Sarkozy n'excède pas les 13 % d'auditeurs, et Marine Le Pen tombe à 6 %. Tous deux ont eu l'occasion, au cours de la campagne, de dire à quel point la station publique n'était pas leur fief...

    Parmi les stations de radio, Marine Le Pen arrive en tête sur NRJ avec 33 %. L'électorat jeune sur lequel la leader frontiste a fait une percée écoute NRJ "pour s'informer". On notera également que Marine Le Pen est dans la même fourchette, avec 24 %, que Nicolas Sarkozy (23 %) sur RMC, station sur laquelle Hollande conserve une courte avance (26 %).

  • De Bourges à Limoges avec François Hollande (Première Partie)

    De Bourges à Limoges avec François Hollande (Deuxième Partie)

    Dans ses terres limousines, François Hollande a été plus drôle et son discours que nous vous proposons renferme beaucoup d'humour. Quelques phrases phares de son discours:"Il n'y a pas d'apparences dans la République, il n'y a qu'une appartenance à la République!", " Le patriotisme, c'est comprendre que la France est la solution, non le problème!", "Nous avons besoin de partenaires sociaux, nous avons besoin de dialogues entre forces organisées", "Nous ne sommes pas simplement une addition de familles politiques. Nous portons désormais l’intérêt de la France!", "L’enjeu de cette élection, c’est d’être capable de faire le rassemblement pour le redressement dans la justice", "Maintenant c'est dans le programme du Front national que le candidat-sortant vient piocher!", "Jamais je n'avais entendu un candidat-sortant avoir une conception de la vérité aussi, comment dire, contradictoire, cocasse, désopilante!", "Comment accepter que des ouvriers, des jeunes, puissent accorder leur suffrage à un parti qui ne sert la République mais qui se sert d'eux?"...

    Les deux cars prennent la direction de Limoges, la majorité d'entre nous en profitent pour roupiller. Photo Réveil FM

    Deux heures après nous arrivons à Limoges. Photo Réveil FM

    Le Zénith de Limoges où 7.000 personnes attendent François Hollande. Photo Réveil FM

    Freddy Mulongo et Emmanuel Valls, chargé de communication de François Hollande. Certains de ses amis au PS le surnomment "la Kommandantur", est-il le futur ministre de l'Intérieur de François Hollande en cas de victoire ? Photo Réveil FM

     


    Meeting de F. Hollande à Limoges - Avec Eva... par francoishollande

    La salle de Presse au Zénith de Limoges. Photo Réveil FM

    Les affiches de François Hollande placardée partout dans la salle. Photo Réveil FM

    Avec ses 7.000 personnes, la salle est chauffée à blanc pour François Hollande. Photo Réveil FM

    Marie Prieur, journaliste à Défense et Citoyen et Freddy Mulongo. Photo Réveil FM

     

    L'intégralité du discours de François Hollande à Limoges

    Mes chers amis, je suis heureux de vous revoir, de revenir dans ma région, le Limousin. Vous me manquez. Je m’étais absenté depuis des mois et des mois pour convaincre les Français, arriver en tête au premier tour, et je voulais avant le second vous adresser un message, à vous. D’abord vous dire ma gratitude. Vous m’avez accueilli il y a 31 ans, ici à Limoges, à la gare des Bénédictins. Je venais d’Austerlitz – ça commençait bien ! – et j’arrivais ici pour être candidat, déjà, en Corrèze, contre un député sortant qui avait à l’époque une célébrité que je n’ai pas encore atteinte mais que j’approche, j’approche ! Et depuis 1981, à chaque étape de ma vie politique, vous m’avez tous soutenu, apporté ce qui est le plus grand dans une démocratie, la légitimité du suffrage. Vous m’avez permis d’être ce que je suis devant vous : candidat à l’élection présidentielle ! Et si les Français, je n’en sais rien encore, me permettaient d’être le prochain président de la République, l’histoire, en tout cas telle qu’elle sera écrite bien plus tard, rappellera donc que c’était à Limoges que tout avait commencé.

    Ma gratitude aussi parce que c’est ici, dans le Limousin, dimanche premier tour, que la région, ma région, votre région, m’a donné le meilleur résultat de l’hexagone. Je salue tous les élus qui y ont contribué, président de région, président de département – ils se sont exprimés avant moi – le maire de Limoges, Alain Rodet, mais je veux quand même – ils me le pardonneront – adresser une mention particulière à la Corrèze, à ma ville de Tulle qui m’a donné le meilleur résultat de France. Mais enfin, nous ne sommes qu’au premier tour, il va falloir faire mieux au second !

    Je suis ici à Limoges sur une terre de fidélité. Fidélité d’abord à cette grande idée du socialisme. Limoges avait même été appelée au XIXe siècle – je ne sais pas comment il fallait juger cette comparaison – la Rome du socialisme – je n’ose pas dire le Vatican du socialisme, ou la Macque parce que maintenant, nous sommes accusés de tout ! Fidélité à l’histoire du socialisme. Fidélité aussi au mouvement ouvrier, au syndicalisme. C’est à Limoges que s’était tenu en septembre 1895 le congrès constitutif de la CGT sous l’impulsion des cheminots qui les premiers avaient organisé le combat syndical. Je parle la CGT mais je ne veux pas la compromettre, parce que voilà que le candidat sortant nous fait tous les procès. Et il suffit qu’une organisation syndicale annonce qu’elle préférerait le voir partir pour qu’aussitôt, il considère que cette organisation serait inféodée au Parti Socialiste. Si seulement ! Mais ce n’est pas notre conception ni du syndicalisme, ni de la politique. Les syndicats sont indépendants, ils sont responsables et ils disent ce qu’ils ont envie de dire à un moment ou à un autre.

    François Hollande

    Nous avons besoin de partenaires sociaux, nous avons besoin de dialogues entre forces organisées.

    J’ai grand respect pour la démocratie sociale. Nous avons besoin, au lendemain de l’élection présidentielle, d’une négociation apaisée, responsable entre organisations patronales et syndicats, les unes et les autres représentatifs. J’ai aussi grand respect pour la représentation patronale – elle ne dit pas que du bien sur mon programme ! J’ai même compris que la présidente du MEDEF trouvait que Nicolas Sarkozy avait fait, c’est son expression, « un excellent boulot » de son point de vue. Elle en a bien le droit ! Je ne lui en ferai pas le procès. Nous avons besoin de partenaires sociaux, nous avons besoin de dialogue entre forces organisées, nous avons besoin de négociations qui permettent de faire avancer la cause du progrès. Je ne sépare jamais le peuple des corps intermédiaires. Le peuple choisit ses représentants librement, dans la démocratie politique, dans la démocratie associative, dans la démocratie sociale.

    Ici à Limoges, on sait ce qu’est le 1er mai. Ce n’est pas un jour comme les autres. On sait que des générations d’ouvriers se sont battues pour que ce soit le jour des travailleurs, de tous les travailleurs, de France et du monde. Ces générations d’hommes, de femmes qui ont donné leur sueur, leur vie, ne faisaient pas de distinction entre les vrais travailleurs et les autres. Ils ne faisaient pas de distinction entre les travailleurs du privé et les travailleurs du public. Ils ne faisaient pas de différence entre les travailleurs français d’un côté et les travailleurs étrangers de l’autre. La fête du travail, c’est la fête de tous les travailleurs ! C’est aussi une leçon que notre région peut adresser au candidat sortant. Il y aurait encore tant de choses à lui apprendre, sur la culture politique – peut-être même sur la culture tout court ! – tant de choses à lui rappeler sur ce qu’il convient de dire ou ne pas dire, de faire ou ne pas faire ! J’ai peur que cela ne soit trop tard et que nous soyons obligés de l’envoyer faire un cours de rattrapage, très long !

    Mais ici à Limoges, ici en Limousin, terre de combats, terre de résistance, terre de lutte, on sait ce qu’est le rassemblement, le rassemblement d’hommes et de femmes libres, capables de s’organiser. Rassemblement ici d’abord des socialistes – et je veux les saluer parce que jamais depuis très longtemps dans une campagne il n’y avait eu cette unité indispensable après les primaires citoyennes qui ont été un honneur de cette formation politique ! Je suis socialiste mais je suis au lendemain du premier tour candidat au-delà même des partis et du mien. Je suis candidat de la Gauche, de toute la Gauche ! Et là encore, je ne fais pas distinction entre la Gauche de résistance et la Gauche de conquête, la Gauche de protestation et la Gauche de gestion, la Gauche du rêve et la Gauche de l’idéal. C’est la Gauche qui doit mettre en mouvement toutes ses forces !

    La Gauche, c’est une famille qui vit parfois dans des logements séparés, mais c’est une famille diverse qui s’entretient mutuellement de toutes ses cultures. Il y a une culture communiste, et je veux ici même lui rendre hommage, cette culture qui a fait que la radicalité pouvait trouver un débouché que le monde ouvrier pouvait trouver une dignité, qu’il y avait aussi cette capacité, dans certaines circonstances, à se mettre en résistance. Je salue la mémoire de tous ces résistants, et notamment communistes, qui ont permis que nous soyons libres aujourd’hui. Et quand j’entends le candidat sortant se gausser, se moquer du communisme français, qu’il revienne là encore à l’histoire pour savoir ce que l’on doit aussi, quelles que soient les critiques que nous ayons pu émettre – et il y en avait à formuler ! – oui, ce que l’on doit aussi à ce parti dans l’histoire de la France.

    Et puis dans le rassemblement, il y a des forces nouvelles, des mouvements qui sont apparus et qui nous ont mis devant nos propres responsabilités planétaires. Je salue le mouvement écologique, ici représenté par Eva Joly et Cécile Duflot au nom d’Europe Ecologie – Les Verts. Je veux les remercier à la fois pour la campagne qui a été menée, mais aussi pour le rappel, dès dimanche dernier, pour soutenir ma candidature et faire qu’elle soit déjà une candidature de victoire. Je n’oublie pas non plus ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon pour soutenir aussi notre démarche, non pas notre projet, mais notre exigence de victoire.

     

    Nous ne sommes pas simplement une addition de familles politiques. Nous portons désormais l’intérêt de la France!

    Mais le rassemblement, il va bien au-delà de la gauche et des écologistes ! Nous devons nous adresser à tous les Français, à tous les Républicains qui veulent le changement, qui s’interrogent encore sur le sens qu’il convient de lui donner, qui se posent mille questions, de savoir si nous pouvons représenter un avenir pour notre pays. Et nous devons nous mettre à la hauteur de la France ! Nous ne sommes pas seulement une addition de familles politiques, de partis, qui viendraient prendre des places pour se substituer à d’autres, non ! Nous portons désormais l’intérêt de la France et le rôle majeur qui doit être donné à la République dans cette campagne, car c’est nous qui devons être exemplaires dans les valeurs de la République !

    J’ai compris que des hommes et des femmes nous rejoignaient. Parfois ils étaient partis là où ils n’auraient jamais dû être, mais je ne leur jette en aucune manière la pierre. Et je vous mets en garde : ne repoussez jamais ceux qui vous rejoignent, sinon vous ne gagnerez jamais une élection, parce que pour emporter un scrutin, il faut bien que ceux qui n’ont pas voté pour nous la dernière fois le fassent cette fois-ci ! Il y a tant de nos compatriotes qui se sont laissé abuser, tromper, illusionner, qui y ont cru – et souvent des plus modestes ! –, qui ont imaginé que c’était pour eux le bouclier fiscal, que c’était pour eux l’allégement des droits de succession ! Je raconte toujours cette histoire, et pardon pour celles et ceux qui l’ont déjà entendue, de cette brave femme sur le marché de Tulle qui m’a dit en 2007 : « Nicolas Sarkozy, il veut diminuer l’impôt sur les successions ». Je lui ai dit : « Mais qu’est-ce que vous avez, vous, comme patrimoine ? – Rien mais quand même, cela allégera ! » Toujours cette méthode de la droite de laisser penser que les baisses d’impôts pour les riches vont avoir quelques conséquences pour les pauvres. Ah, ils en sont revenus parce que maintenant, la TVA c’est pour tout le monde, enfin, pas pour les riches mais pour ceux qui consomment !

    Oui, il faut accueillir aussi tous ces Républicains qui s’étaient laissés eux aussi griser par des discours, écrits d’ailleurs par d’autres que celui qui les avait prononcés. Rappelez-vous : il évoquait Léon Blum, Jean Jaurès. Moi je me souviens, à l’époque, j’avais mis en garde. J’avais fait des recherches. J’étais allé voir sur l’index des rues, des avenues, des boulevards de Neuilly-sur-Seine s’il y avait un boulevard Jean Jaurès. Je n’avais trouvé qu’une avenue Maurice Barrès. Ce n’est pas le même programme ! J’avais cherché une rue Léon Blum, j’avais trouvé une rue Paul Déroulède. Et même pas une impasse, même pas une ruelle, même pas un trottoir, même pas un lieu-dit : rien au nom de Léon Blum et de Jean Jaurès ! Mais ils avaient prononcé leur nom et certains avaient pensé que finalement, il était un rassembleur. On a vu la suite.

    Tous ces républicains qui s’interrogent, ils doivent voir en nous le candidat du rassemblement de la France, le candidat de tous les Républicains pour le France ! Et nous devons n’écarter personne – et en même temps, ne négocier rien avec quiconque ! Nous n’allons pas chercher quelque concours, débaucher quelques excellences, obtenir des soutiens avec je ne sais quelle contrepartie ! Nous sommes dans une démarche claire, cohérente. Celles et ceux qui veulent nous rejoindre, bienvenue ! Et nous n’avons comme souci que l’intérêt de la France !

    L’enjeu de cette élection, c’est d’être capable de faire le rassemblement pour le redressement dans la justice.

    Et chaque fois que la Gauche se situe à la hauteur de la France, elle est à ce moment-là aspirée par un mouvement qui la dépasse. C’est arrivé plusieurs fois dans notre histoire : en 1936 avec le Front populaire, au lendemain de la guerre avec ceux qui s’étaient regroupés dans le Conseil national de la Résistance, dans les années 50 avec Pierre Mendès France. Et après, il avait fallu attendre si longtemps pour que François Mitterrand reprenne cette marche, cette conquête, cette espérance, puis Lionel Jospin en 1997, dans des circonstances encore différentes. Oui, c’est quand la Gauche est à la hauteur de son histoire et capable de porter un projet d’avenir que les Français la choisissent. Or, ce ne sont généralement pas les périodes les plus simples, pas les conjonctures les plus faciles, pas les moments où il n’y aurait qu’à distribuer. C’est souvent dans l’épreuve qu’il est fait appel à la Gauche.

    Mais en ce moment, c’est plutôt la Droite qui est dans l’épreuve… En même temps, elle le mérite, parce que d’une certaine façon, c’est elle qui a conduit le pays vers l’échec. Nous avons maintenant suffisamment d’éléments pour tracer le bilan : un chômage qui n’a cessé d’augmenter — plus de 4 millions aujourd’hui, 1 million de chômeurs supplémentaires. Si l’on ne prend que ceux qui ne travaillent pas du tout, 700 000. Beaucoup de jeunes, bon nombre de seniors, et le chômage de longue durée qui s’est encore endurci, allongé. Voilà le bilan !

    Nous venons d’apprendre que la consommation des ménages a reculé, et qu’il y a donc toutes les conséquences sur la croissance que nous pouvons redouter. Elle sera faible, voire nulle cette année. Elle n’a été que d’un demi-point par an durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Nous avons une compétitivité qui s’est dégradée. Le déficit du commerce extérieur dépasse 70 milliards d’euros — c’est un chiffre historique. Et les inégalités se sont creusées, les plus riches sont devenus plus riches et les plus pauvres plus nombreux. Et les classes moyennes n’ont rien gagné à cette politique fiscale qui les a d’une certaine façon assommées davantage.

     

    Maintenant c'est dans le programme du Front national que le candidat-sortant vient piocher!

    Oui, la Droite a été sanctionnée dimanche dernier. Le candidat sortant fait comme s’il n’avait rien vu. Selon sa méthode habituelle, il s’acharne sur Jacques Chirac — qui n’y peut rien… Je l’entendais ce matin, il disait : « J’ai fait 27 % comme candidat sortant et Jacques Chirac n’avait fait que 20 % ». Oubliant qu’en 2002, il y avait d’autres candidats de Droite alors que lui s’est efforcé, en 2012, d’écarter tout autre candidat de Droite ! C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République que le candidat sortant, le président sortant, ne sort pas en tête du scrutin du premier tour. Mais lui, il considère qu’il a déjà gagné ! Il est comme ça ! Autour de lui, j’ai l’impression que le doute s’est installé… Ils ne disent rien, ils attendent, ils subissent, et certains même espèrent… Lui compte et recompte ses suffrages. C’est suffisamment éloquent ! Alors, il va chercher d’autres suffrages, et il fait d’autres calculs, de mauvais calculs. Il va chercher vers l’extrême-droite ce qui lui a manqué. Il s’était affiché comme un candidat de la « Droite décomplexée ». Ce n’est plus maintenant décomplexé, c’est une transgression qu’il est en train d’assumer ! Et c’est une dérive que nous constatons dans le vocabulaire, dans les thèmes, dans les expressions, sur l’immigration, sur l’islam, sur la sécurité. Et maintenant, c’est dans le programme de l’extrême-droite qu’il vient s’approvisionner ou piocher. Il dit : « C’est un hasard, c’est une coïncidence, je ne le savais pas ! ». C’est à tel point qu’au sein de la Droite humaniste, au sein du Centre, il y en a qui s’interrogent et qui ne peuvent pas accepter cet excès, cette outrance, ce danger. Parce que Droite et Gauche, nous nous confrontons, mais nous sommes dans la République. Et notre devoir, c’est de défendre à chaque instant, au-delà de nos différences, au-delà de nos sensibilités, la République, les valeurs, les principes !

     

    Comment accepter que des ouvriers, des jeunes, puissent accorder leur suffrage à un parti qui ne sert la République mais qui se sert d'eux?

    Je ne reproche pas au candidat sortant de s’adresser aux électeurs, je le fais aussi. Nous devons faire en sorte que des électeurs qui ont pu voter pour le Front national ne le fassent plus, ou l’ayant fait soient détachés, soient repris, remobilisés, rehaussés si je puis dire. Parce que, comment accepter que des ouvriers, que des paysans, que des jeunes puissent accorder leurs suffrages à un parti qui en définitive ne sert pas leurs intérêts, pas davantage ceux de la République, mais se sert d’eux pour porter des thèmes, des références qui ne font pas honneur à la France ?

    Dans notre histoire, à quel moment la droite extrême a pu être une solution pour le pays ? Elle a toujours porté les thèses du rejet, du repli, de la haine et parfois davantage. Et donc, nous devons dire à tous ces concitoyens perdus abandonnés sans doute, mais que nous avons sans doute aussi la responsabilité d’avoir laissé glisser, nous devons leur dire à ces Français qu’être citoyens de France, ça exige d’avoir la fierté de porter des valeurs qui nous dépassent, qui nous élèvent, qui nous rehaussent. Mais pour aller chercher ces électeurs-là, pas de complaisance, pas de connivence, pas de séduction, pas de flatterie ! Nous avons aussi cette responsabilité. Nous ne devons laisser personne de côté, et en même temps rappeler à chaque fois les principes qui sont les nôtres.

    La Droite, avec son candidat dans cette dernière semaine de campagne, jette ses derniers feux. Elle retrouve les vieilles rengaines des conservateurs de toujours face aux risques de l’alternance. D’abord, la Gauche serait dépensière. Ce serait sa nature. Et donc, il y aurait un risque — je préfère vous prévenir, si nous revenions aux responsabilités… — de tout dépenser. Mais dépenser quoi ? Les caisses sont vides, le pays est en faillite, c’est eux qui le disent ! Alors, on vient nous donner quelques spectres en nous disant que si les Français choisissaient la Gauche, et donc le candidat que je suis, la France redeviendrait un pays sans référence, sans boussole, la Grèce, l’Espagne. Ces pays-là se redressent en disant : « Nous ne pouvons pas être comparés à des pays qui dérivent, à des pays en faillite ! ». Et pourtant, c’est ce que le candidat sortant fait, au risque de se froisser avec leurs dirigeants. C’est fait.

    J’ai regardé avec amusement ce qu’avait été la campagne — et ici certains s’en souviennent pour en avoir été les acteurs — de 1981. Le candidat sortant s’appelait Valéry Giscard d’Estaing. Vous avez remarqué, il soutient le candidat sortant Nicolas Sarkozy. Il y a un syndicat, comme cela, des candidats sortants qui s’est formé… Je parle du syndicat des candidats sortants qui ont été sortis ! En 1981, Valéry Giscard d’Estaing, qui voulait faire peur lui aussi face à la possibilité d’une victoire de François Mitterrand, disait : « Si les Français choisissent la Gauche, ça va devenir la Pologne ». Vous voyez, à chaque fois c’est un pays différent…

    Mais nous, nous voulons être la France, la France respectée, parce que c’est le peuple qui va décider de son avenir ! Et nous ne pouvons pas non plus accepter quelque leçon qui nous serait donnée par la Droite. Je rappellerai qu’il y a dix ans, lorsque le gouvernement de Lionel Jospin a terminé son œuvre, la dette publique était maîtrisée, les comptes sociaux étaient équilibrés, le commerce extérieur était excédentaire et notre compétitivité avait été rétablie. Et nous avions été capables de faire l’euro — et la France en avait pris la direction. Depuis cinq ans, la dette publique a augmenté de 600 milliards d’euros. Le déficit de la sécurité sociale atteint 20 milliards, 135 milliards de déficit cumulé, et le déficit du commerce extérieur dépasse 70 milliards. Et il viendrait nous faire la leçon ? Non !

    Mais quelles dépenses publiques nous reproche-t-on de prévoir ? 60 000 postes dans l’Education nationale. Ils en ont supprimé 80 000, et le déficit de l’Etat atteint 100 milliards d’euros. Mais je veux préciser les chiffres pour que chacun les ait à l’esprit : 12 000 postes par an, c’est 500 millions d’euros. Sur cinq ans, cela fera donc 2,5 milliards pour la cinquième année, c’est-à-dire l’équivalent de l’allégement de l’impôt sur la fortune en une seule année. Vous avez là le choix qui est finalement le plus éclairant pour les Français : est-ce que nous voulons protéger les plus favorisés, les plus grandes fortunes, ou est-ce que nous voulons protéger les enfants de la République ? J’ai choisi !

    Quelles dépenses nous reproche-t-on ? J’ai annoncé que les hommes et les femmes qui ont commencé leur vie professionnelle à 18 ans et qui ont leurs 41 années de cotisation pourront partir à 60 ans. C’est juste, et cela représente 5 milliards d’euros, l’équivalent de ce qu’a été l’allégement de cotisations sociales et d’impôts pour les heures supplémentaires. Je préfère que les salariés qui ont fait leur temps puissent partir à la retraite plutôt que l’on mobilise de l’argent public pour développer des heures supplémentaires au détriment de l’emploi d’aujourd’hui !

     

    Je me suis engagé pour que la France, au lendemain de l'élection présidentielle, rétablisse ses comptes publics sur le quinquennat.

    Je me suis engagé pour que la France, au lendemain de l’élection présidentielle, rétablisse ses comptes publics sur le quinquennat. Je me suis prononcé pour qu’il y ait une discipline budgétaire, un sérieux budgétaire, qui fassent que d’ici cinq ans nous aurons maîtrisé notre dette et que nous aurons équilibré nos comptes. Je revendique cette position. Mais en même temps, cette responsabilité ne nous conduit pas à renoncer à la cause du progrès, à la lutte contre les inégalités, à la bonne marche de ce que doit être l’économie. Nous avons ce devoir, ce double devoir, à la fois de mettre nos comptes en ordre, mais de mettre aussi le pays en mouvement.

    Alors, comme la Droite ne peut pas nous prendre sur le terrain de la gestion, elle vient sur un autre. La Gauche serait un risque pour la France. Elle affaiblirait les marchés. Pour l’instant, ils ne bronchent pas… Alors on les stimule, on les encourage. J’entends des déclarations venant du sommet de l’Etat pour dire : « Les taux d’intérêt vont augmenter ». Rien ne vient. « Les capitaux vont fuir. » Pas pour l’instant. Alors, ils encouragent la spéculation. Est-ce digne d’un président sortant que de souhaiter qu’il y ait plus de spéculation qui frappe son pays, dans le seul souci d’empêcher l’alternance ? Eh bien non !

    Alors ensuite, on nous dit : « Vous allez vous fâcher avec tous les partenaires européens ». Puisque j’ai annoncé que je renégocierais le traité budgétaire pour y ajouter une dimension de croissance. Oui, nous le ferons. Mais déjà, les lignes bougent. Certains se mettent publiquement à déclarer le bien-fondé de notre position, y compris le Président de la Banque centrale européenne et d’autres chefs de gouvernement qui ne sont pas socialistes — il y en a si peu. Il y en a qui ne disent rien mais qui n’en pensent pas moins. Parce qu’ils se disent : « Si c’est la position du candidat de la Gauche qui l’emporte, alors ce sera un changement pour l’Europe tout entière. ». Et les pays qui peinent, les pays qui ploient sous l’austérité, ils espèrent, ils escomptent le vote du peuple français. Jamais une élection présidentielle en France n’a été aussi décisive pour l’Europe. Vous êtes regardés, attendus, espérés. Soyez conscients de votre responsabilité, elle est grande, elle est immense. Vous n’allez pas simplement parler au nom de la France. Vous allez permettre qu’un mouvement puisse se lever dans toute l’Europe pour en changer la direction. !

    Que nous dit-on encore ? Que j’aurais proféré une menace pour les capitaux en France parce que j’aurais dit — et je le réaffirme ici — qu’au-delà de 1 million d’euros par an, une tranche supérieure d’imposition serait créée de 75 %. Alors, les menaces d’exil commencent à se dessiner… Il paraît que certains ont déjà préparé leurs valises ! Qu’ils les retiennent ! Nous ne leur ferons aucun mal ! Quand même, au-delà d’un million d’euros, on doit pouvoir vivre, même avec une augmentation de TVA ! Mais il n’y aura plus d’augmentation de TVA ! Et comment comprendre que ceux-là mêmes, dirigeants d’entreprises — que je respecte, et nous en avons besoin — puissent appeler à la modération salariale pour leurs ouvriers et eux-mêmes s’attribuer 34 % d’augmentation de leur rémunération ? Comment comprendre, comment admettre ?

    C’est pourquoi dans cette campagne, j’ai lancé la belle idée du patriotisme économique. Le patriotisme, c’est une belle valeur, c’est-à-dire de s’aimer suffisamment soi-même pour aimer les autres. De n’avoir peur de rien dès lors que l’on est rassemblés, unis. Le patriotisme de servir l’intérêt général, de penser d’abord à la Nation avant de penser simplement à soi-même. C’est être conscient que dans un effort qui doit être demandé à tous, ceux qui ont le plus doivent être davantage mis à contribution que les autres. C’est si simple ! Le patriotisme, c’est de comprendre qu’il y a un modèle français, celui issu du Conseil national de la Résistance et de son programme, qui appelle chacune et chacun à cotiser pour être couvert par rapport aux aléas, aux risques sociaux. Ça s’appelle la protection sociale, la sécurité sociale, et nous avons à défendre ces acquis-là aussi !

     

    Le patriotisme c'est comprendre que la France est la solution et non le problème!

    Le patriotisme, c’est de considérer que la France est une solution et pas un problème et qu’elle n’a pas à se mettre sous la toise, qu’elle n’a pas à être adaptée à je ne sais quel exemple venant de l’étranger. J’ai beaucoup de respect pour les Etats-Unis, pour l’Allemagne, mais nous sommes la France ! Nous sommes la France avec ses atouts, avec ses forces, et nous devons composer avec les autres, regarder ce qui marche, prendre des références ici, ailleurs, mais rester ce que nous sommes, parce que nous sommes un grand pays, une belle Nation avec une histoire et avec un avenir.

    Le patriotisme, c’est se rassembler sur l’essentiel. Et au-delà, même, des sensibilités politiques. Je suis socialiste, mais je sais aussi ce que la France doit au général de Gaulle, à ce qu’a été la grandeur de la Nation, le sens de l’indépendance, l’idée forte que la France était singulière et en même temps universelle, le refus de la soumission. Oui, il y a eu dans ce qu’on appelait le gaullisme cette belle affirmation du refus de l’argent, que la politique ne se faisait pas à la corbeille, c’est-à-dire à la Bourse, qu’il y avait une exigence de vérité, un refus des amalgames et puis aussi un comportement personnel dont les héritiers du gaullisme n’ont pas toujours eu le sens du respect.

    L’enjeu de cette élection, c’est le rassemblement, rassemblement des citoyens, rassemblement des forces, forces de la création, forces de la culture, forces de la jeunesse, forces sociales. Oui, c’est ce rassemblement de tous les atouts de la France. Mais c’est aussi le rassemblement des territoires. Il y a dans le scrutin de dimanche dernier des résultats qui nous ont, reconnaissons-le, surpris, frappés. Qu’il y ait eu, dans ce qu’on appelle le monde de la ruralité, des votes de colère qui se soient portés sur le Front national, comment les comprendre ? Comment les juger ? Comment les traduire ? Sentiment d’abandon des agriculteurs, des éleveurs qui ici – on les connaît – n’ont sans doute pas versé dans ce vote, mais en même temps éprouvent chaque jour des difficultés grandissantes, en achetant plus cher leurs fournitures et en recevant moins pour leurs produits, en étant inquiets par rapport à l’avenir, en n’étant plus protégés, faute d’une politique agricole commune cohérente, en étant également vulnérables par rapport aux marchés puisque les produits agricoles sont devenus des produits spéculatifs eux aussi.

    Et s’il y en a qui dans la vie économique savent mieux que d’autres les désastres du marché, ce sont les agriculteurs, parce qu’ils ne vendent pas des produits comme les autres. L’alimentation, la sécurité alimentaire, la qualité des produits, ce ne sont pas simplement des valeurs qui s’échangent à travers des titres boursiers ! Il y a aussi cette réalité d’un nombre d’exploitations qui diminue chaque année. En dix ans, le nombre des exploitations agricoles a chuté de 25 %. Les terres agricoles reculent faute d’un urbanisme suffisamment maîtrisé. Pour l’ensemble du territoire national, sur les dix dernières années, c’est l’équivalent d’un département comme la Corrèze qui s’est retrouvé finalement repris par un usage des sols qui n’était plus agricole.

    Je pense aussi, dans la ruralité, à tous ces salariés, ouvriers, employés qui subissent eux aussi les délocalisations, les fermetures d’entreprises et qui, même quand ils ont un emploi, sont amenés à consentir des frais de plus en plus élevés pour leurs transports et constatent chaque jour la dégradation des services publics : bureaux de poste qui ferment, hôpitaux menacés – ici, on sait ce que c’est –, tribunaux fermés – et ici on sait ce que c’est, et on en a souffert suffisamment –, suppressions de classes, diminutions de postes, dotations horaires en moins dans les collèges, RASED supprimés – on sait ce que c’est, ici ! –, sécurité de proximité mise en cause…

    Alors heureusement qu’il y a des collectivités locales, départements, régions, communes, agglomérations, qui se battent pour permettre de résister, de contenir. Et voilà qu’on leur reproche même de verser des prestations qui sont définies, décidées par l’Etat et pas compensées par ceux-là même qui en décident pour autrui. Oui, des collectivités locales qui font même ce qui n’est pas prévu dans les lois de décentralisation pour le très haut débit, pour le haut débit, pour faire que les écoles, les collèges et les lycées soient équipés de la meilleure des façons, que les routes soient entretenues. Et voilà qu’on les menace de voir réduire leurs prestations, leurs dotations, leurs compensations. Et voilà que j’entends le candidat sortant faire même des promesses fiscales sur les droits de mutation – hier encore, à la télévision : il veut les diminuer de moitié. Sauf que c’est un impôt qui est perçu par les collectivités locales ! Lui il fait des promesses pour autrui, payées par autrui !

    Mais nous, nous aurons à redonner confiance à nos territoires ! Ce sera l’acte de décentralisation que je poserai au lendemain de l’élection présidentielle : nouveaux transferts de compétences, réforme des finances locales, attribution de capacités d’intervention pour nos élus.

    Nous agirons aussi pour lutter contre les déserts médicaux, avec la création de maisons de santé, pour renforcer l’hôpital public qui sera un service public et qui ne sera pas une entreprise, obligée de converger avec les cliniques.

    Nous lancerons un grand plan pour le haut débit, pour le très haut débit.

    Nous recréerons les postes qui ont été supprimés dans les écoles, dans les collèges.

    Nous appuierons les efforts engagés par les régions en matière de transports.

    Nous développerons une véritable politique de la formation professionnelle – il n’y aura pas besoin de faire un référendum. Comme si les chômeurs, quand on leur proposait un emploi ou une formation le refusaient ! C’est hélas trop de fois que les chômeurs demandent une formation ou un emploi et qu’on le leur refuse. C’est cela, la réalité !

    Je créerai un Ministère de l'égalité territoriale pour que tout le monde ait la même capacité de réussir sa vie!

    Mais je prends la mesure de ce désarroi, de ce sentiment d’abandon territoires ruraux/territoires urbains. Et donc je créerai au lendemain de l’élection un ministère de l’Egalité territoriale, permettant de faire la péréquation entre les territoires, une action pour l’égalité territoriale, pour que chaque citoyen, où qu’il vive – dans une banlieue ou dans une zone rurale –, ait le même accès aux services publics, à la capacité de réussir sa vie !

    Nous aurons à repenser le rôle de l’Etat. A la fois les valeurs qu’il portera et les actions qu’il conduira. Le capitalisme financier a inversé les hiérarchies de normes et de principes qui étaient les nôtres. Et en définitive, ces luttes qui s’étaient accumulées les unes les autres, qui avaient permis à l’humanisme de prévoir sur la force sont en recul. Le trader est mieux payé que l’ingénieur, le banquier plus que le chercheur, la spéculation davantage que l’entreprise. Et les marchés s’imposent trop souvent à l’Etat. La mission de l’Etat sera d’abord de fixer les grands enjeux, les grands objectifs de la puissance publique. Non pas simplement à cinq ans, mais à dix ans, à quinze ans. De savoir comment nous voulons vivre ensemble, comment nous nous organisons, quelles sont les grandes priorités, la transition écologique et énergétique que nous aurons à mener ensemble.

    L’Etat devra être économe dans ses moyens, dans ses ressources, intelligent dans la manière de les déployer sur le territoire. Mais il devra aussi respect aux serviteurs de l’Etat. Comment un pouvoir pourrait-il être puissant s’il n’a pas la moindre reconnaissance et le moindre respect à l’égard des fonctionnaires qui le servent ?

    Les valeurs, c’est l’intérêt général sur les intérêts particuliers. C’est également le long terme par rapport à la dictature de l’urgence, cette capacité à pouvoir avoir une autre logique que le rendement immédiat. C’est avoir l’utilité collective de long terme comme perspective. L’Etat n’est pas l’étatisme. Si l’impulsion est nécessaire, la gestion peut être faite par d’autres. La délégation peut être accordée. La décentralisation sera un principe. L’Etat, son rôle est de définir la stratégie, de donner la vision – et c’est le chef de l’Etat qui doit l’assurer.

    Retient-on suffisamment les jeunes chercheurs en France? Leur donne-t-on les moyens?

    Nous aurons à inventer de nouveaux instruments : la banque publique d’investissement pour accompagner les entreprises dans leur développement, la capacité d’intervenir au capital de certaines entreprises pour leur permettre d’être à la pointe de la technologie. Nous aurons à inventer des politiques sur l’isolation des logements, sur les modes de transport, sur les énergies renouvelables. Nous devrons être, là encore, en avance si nous ne voulons pas perdre des gisements d’emploi et des opportunités industrielles. Nous devrons, là encore, être inventifs pour mettre la recherche au cœur de nos priorités : la recherche, l’intelligence, la connaissance, l’innovation, recherche publique, recherche privée ! Nous sommes fiers à juste raison de nos prix Nobel, des médailles que nos plus grands chercheurs récoltent par la qualité de leurs travaux. Mais retient-on suffisamment les jeunes chercheurs en France ? Leur donne-t-on la carrière qu’ils attendent, les moyens pour poursuivre leurs travaux ? Nous avons ce devoir ! C’est le rôle de l’Etat. Toujours l’Etat qui doit accompagner l’enseignement supérieur – il le fera avec les régions, mais il le fera aussi parce que s’il doit y avoir un grand emprunt qui a été lancé, des fonds qui ont été récoltés, c’est maintenant qu’ils doivent être mis au service des universités. Et pas à certaines plutôt qu’à d’autres, mais aux universités qui elles, sur le territoire, permettent l’excellence et accueillent des étudiants plus nombreux, venant aussi de ces quartiers et de ces zones rurales où il n’y a pas toujours l’accès à ces enseignements supérieurs.

    Voilà, mes chers amis, ce que j’étais venu vous dire ici à Limoges. Une nouvelle donne pour la France, tel est le sens de l’élection présidentielle. Une nouvelle donne industrielle, une nouvelle donne économique, une nouvelle donne sociale, une nouvelle donne écologique, une nouvelle donne aussi européenne et une nouvelle donne internationale. Parce que nous sommes la France et que nous avons un rôle à jouer sur notre continent et dans le monde !

    Mes chers amis, je ne veux pas vous retenir trop longtemps. Mais en même temps, je ne suis pas loin de vous, pas loin de Tulle, donc je peux y passer une partie de la nuit ! Je suis venu vous dire ma confiance. Ma confiance en vous qui militez depuis des mois pour que nous atteignions l’objectif. Il est là, il est tout proche. Ma confiance dans le vote des Français tel qu’il s’est exprimé au premier tour et qui doit se confirmer au second. Ma confiance dans les capacités de notre pays à se redresser. Ma confiance dans les valeurs de la République. Mais j’ai aussi confiance dans la victoire qui approche. Elle est là ! Elle arrive ! Elle se dessine ! Elle s’annonce ! Elle se prépare ! Elle se construit !

    Et en même temps, au-delà de votre enthousiasme, de votre engagement, rien n’est sûr, rien n’est fait, rien n’est acquis. Nous avons encore plusieurs risques devant nous. Il nous reste huit jours, un peu plus. Huit jours ! Que risquons-nous ? Le premier risque, celui de la démobilisation. Cette impression que nous aurions, pas vous mais d’autres ailleurs, que le résultat serait donné. Les sondages nous l’annoncent. Les pronostics sont faits. Et en plus, à voir les figures des autres à la télévision, on pourrait y croire. Mais non, ne surtout pas baisser la garde ! Au contraire, vous devez être conscients que c’est votre participation qui fera la différence. Parce que la Droite, elle, elle viendra le dimanche 6 mai. Elle viendra parce qu’elle a trop à perdre, parce que c’est son pouvoir, parce qu’elle se considère en propriété dans l’Etat. Dites autour de vous de venir voter, de ne pas penser que ce serait déjà confirmé par je ne sais quelle enquête, je ne sais quels pronostics, prévisions. Rien ne doit vous détourner de l’objectif de la participation la plus élevée possible pour le second tour !

    Méfiez-vous aussi de l’euphorie qui court, de l’euphorie qui gagne et qui pourrait nous faire perdre. Méfiez-vous de l’arrogance, de la suffisance. Moi, je suis toujours très prudent. Je ne dis rien qui soit pour l’après 6 mai. Non pas sur les propositions, je les ai présentées. Non pas sur l’agenda, il est connu. Non pas sur les étapes, elles seront définies dans le quinquennat : d’abord les réformes structurelles et ensuite, la redistribution. Mais je ne dis rien sur la composition des équipes, sur qui sera là ou ailleurs, parce que pour l’instant nous ne distribuons rien sans que nous ayons gagné le suffrage des Français.

    Et puis le dernier risque serait celui d’une certaine innocence que la Gauche peut avoir dans certaines circonstances, parce que nous avons une conception élevée du débat public – et tant mieux –, parce que nous avons l’honneur du débat, parce que nous avons le sens de la dignité de la fonction à laquelle nous nous présentons, parce que nous n’utilisons pas des arguments qui nous abaisseraient, qui nous abîmeraient, parce que nous voulons rester au niveau des idées, des arguments, des propositions, parce que nous considérons que notre peuple est adulte et qu’il saura faire son choix en grande lucidité et en responsabilité. La Droite n’a pas nécessairement ces précautions. Elle utilise la polémique, la confusion, le dénigrement, les attaques personnelles. Nous en subissons depuis des mois. Rien ne nous a été épargné – et en comparaisons animalières, ils sont… Ils sont sans limite !

    Jamais je n'avais entendu un candidat-sortant avoir une conception de la vérité aussi, comment dire, contradictoire, cocasse, désopilante!

    Et pour autant, jamais, je dois dire, dans une campagne, de mémoire – mais j’arrive maintenant à un âge où l’expérience compte – je n’avais entendu un candidat sortant avoir une conception de la vérité aussi – comment dire ? – aussi étrange, contradictoire, cocasse, inattendue, parfois même désopilante. J’en ai fait quelque recueil, florilège. L’autre jour, pour dénoncer la position qui est la mienne sur la réduction de la dépendance à l’égard du nucléaire et la proposition que j’ai faite de ne fermer qu’une centrale, celle de Fessenheim, durant le prochain quinquennat, il a prétendu encore hier que nous voulions fermer 24 réacteurs dès le prochain quinquennat – et il a dit sur 48 alors qu’il y en a davantage, mais il ne le sait pas ! Donc pour étayer son argument, voilà qu’il nous raconte une histoire, à tous les sens du terme. Il nous dit « comment le candidat socialiste peut-il fermer Fessenheim alors que moi – c’est Nicolas Sarkozy qui parle, pardon de cette confusion – je suis allé à Fukushima et j’ai vu que Fukushima, c’était près de la mer et qu’un tsunami pouvait effectivement se produire à Fukushima – mais pas à Fessenheim ». Il nous donnait d’ailleurs, donc, une information que nous avions déjà : que Fessenheim n’était pas au bord de la mer ! Mais j’ai voulu vérifier s’il était allé à Fukushima. Parce que je me suis souvenu qu’un jour, il avait prétendu qu’il était allé voir l’effondrement du mur de Berlin et qu’il s’était trompé de date. Mais je me suis dit « un président sortant s’il dit qu’il est allé à Fukushima, cela doit être vrai ». Eh bien non ! Nous avons là un président sortant d’une autre espèce. C’est que lui, il pense que quand il dit qu’il est allé à Fukushima, il y est allé, alors qu’il n’y a jamais mis les pieds !

    Voilà que l’autre jour je le regarde à la télévision et qu’il prétend que j’aurais été le bénéficiaire d’un appel de 700 mosquées. J’ai fait vérifier et cette information, qui n’en était pas une, est immédiatement démentie par le Conseil du culte musulman. Aucune mosquée n’a appelé à voter pour ma candidature. Et d’ailleurs, pourquoi l’aurait-elle fait ? Mais qu’un candidat sortant puisse prétendre qu’il y ait eu un appel des mosquées – vous voyez bien quelle insinuation il y avait, il aurait pu dire « il y a eu un appel de 700 églises », c’est aussi faux, mais il ne l’a pas dit – et donc là encore, prétendre que je serais le candidat de quoi, de qui, alors qu’il n’y a eu aucun appel, c’est à chaque fois créer la confusion, le doute, la suspicion et faire d’une religion qui dit avoir le plein respect de la République, la religion qui serait un risque pour la République !

    Encore hier, il a répété qu’un idéologue suisse mais professant des thèses islamiques qui ne sont pas les nôtres, et qui doivent être contestées parce qu’elles sont contestables, aurait lui aussi appelé à voter pour moi. Et là encore, démenti de l’intéressé en disant qu’il est contre tous les pouvoirs. Et que si c’est aujourd’hui Nicolas Sarkozy, ce sera moi demain et il aura la même position.

    Moi, je récuse ce personnage, je le dénonce. Mais quand même, qu’on puisse laisser penser que je serais soutenu par lui, voilà encore une autre imposture et une autre contrevérité — pour ne pas dire autre chose… Mais la liste n’est pas close. Voilà que je dis ce qui est la position depuis toujours de ma part sur la régularisation des sans-papiers au cas par cas, sur des critères reconnus partout et appliqués de la même manière. Et voilà qu’il prétend que ces régularisations au cas par cas — qui se produisent déjà aujourd’hui, 30 000 par an, seraient l’annonce d’une régularisation massive, toujours pour faire peur. Mais pourquoi mentir ? Celui qui ment est celui qui n’est pas sûr de lui. Celui qui ment est celui qui veut tromper le peuple et non pas l’éclairer. Et le voilà qui répète encore et encore qu’à Lille il y aurait des piscines qui seraient à des heures précises ouvertes simplement aux femmes, alors que ces horaires ont été purement et simplement supprimés et que c’était sans lien avec quelque religion que ce soit. Et voilà encore que je l’entends dire que si nous voulons le vote des étrangers aux élections municipales, et uniquement aux élections municipales, cela aura une conséquence communautariste. Et bientôt, tous les enfants seront obligés de manger de la viande halal à la cantine… Alors que lui-même en 2008 réaffirmait qu’il était intellectuellement pour le droit de vote mais qu’il n’avait pas la majorité qui lui permettait de le faire passer !

    Nous pourrions en sourire, et je le fais car à ce point-là, c’est presque comique d’en arriver à un tel travestissement de la vérité. Mais en même temps je ne sous-estime pas ce que cela peut avoir comme conséquence dans le débat public, à chaque fois, de laisser penser que nous mettrions en cause l’indépendance du pays, la laïcité, les principes de vie qui sont les nôtres. Alors, cela m’amène à dire la chose suivante : en matière de laïcité, nous, nous ne reculerons jamais. Nous ne dirons jamais que le prêtre ou le pasteur a une autorité supérieure à l’instituteur et au maître ! Nous, nous ne dirons jamais que la laïcité doit être ouverte et tolérante, parce que la laïcité, par définition, elle est ouverte et tolérante !

    Il n'y a pas d'apparences dans la République, il n'y a qu'une appartenance à la République!

    Et moi, président de la République, je n’irai jamais devant une assemblée où il y aura d’un côté les femmes et de l’autre côté les hommes. Et jamais il ne me viendrait à l’esprit en regardant un visage ici, parmi vous, d’en traduire immédiatement une appartenance religieuse. Non, il n’y a pas d’apparence dans la République, il n’y a qu’une appartenance à la République !

    Oui, il y a tant de raisons, tant de justifications, à souhaiter le changement. Un quinquennat d’échec, un quinquennat d’injustice, un quinquennat d’irrespect. Mais le plus grave, en définitive, qui va même au-delà de l’injustice, de l’échec et de l’irrespect : c’est un quinquennat qui a voulu diviser les Français, les opposer entre eux, les confronter avec eux-mêmes, faire peur plutôt que de faire confiance.

    Le grand enjeu de l’élection présidentielle c’est la division ou le rassemblement. Je ne suis pas candidat à la présidence de la République pour une famille politique, pour un camp, pour un clan. Je suis candidat pour la France. Je suis candidat à la présidence de la République pour que la République soit exemplaire à son sommet. Je suis candidat à la présidence de la République pour que je sois un chef de l’Etat et pas un chef de la majorité, un chef de parti, un chef de tout et responsable de rien ! Je suis candidat à la présidence de la République pour qu’on en termine avec les privilèges, les impunités, les protections, la justice aux ordres ! Je suis candidat à la présidence de la République pour qu’il y ait un pouvoir partagé, des partenaires sociaux respectés, des élus considérés, des citoyens honorés d’être citoyens français. Voilà pourquoi je souhaite notre victoire !

    Mais notre victoire, nous devons d’abord la mériter, aller la chercher, aller la conquérir, aller la justifier, aller la demander aux Français. Cela ne doit pas être n’importe quelle victoire, cela doit être une belle et grande victoire ! Non pas une victoire du rejet, de la rancune, de la rancœur, et encore moins une victoire de la revanche ! Non, une victoire du redressement, du relèvement, de la fierté, de la beauté de la République ! Je veux que le 6 mai, si nous devions l’emporter, si les Français devaient nous choisir, nous puissions nous dire, nous tous, toutes les générations réunies : « Voilà, nous allons servir notre pays, nous allons être capables de lui donner un moment historique où il est en situation de se rassembler, de se réunir, de se réconcilier avec lui-même ! ».

    Je veux que la victoire, si elle vient le 6 mai 2012, reste dans les esprits aussi forte, aussi grande, que la victoire de 1981, qu’elle donne de la fierté, de l’émotion ! Je veux que si ce soir arrive du 6 mai, si cette victoire nous est donnée, nous n’ayons pas de rapport vindicatif à l’égard des autres, que nous soyons capables de les ignorer, de les oublier, de tourner cette page et d’en écrire une autre, celle de l’histoire de la République, celle de l’histoire de France, celle où la Gauche sera de nouveau à la responsabilité de la France, du pays, pour servir la République. Merci, amis du Limousin, merci de me donner votre force, merci de me donner la légitimité. Merci de m’avoir accueilli, merci de m’avoir porté. Merci de pouvoir me faire le prochain président de la République française !
  • De Bourges à Limoges avec François Hollande (Première Partie)

    De Bourges à Limoges avec François Hollande (Deuxième Partie)

    Dans ses terres limousines, François Hollande a été plus drôle et son discours que nous vous proposons renferme beaucoup d'humour. Quelques phrases phares de son discours:"Il n'y a pas d'apparences dans la République, il n'y a qu'une appartenance à la République!", " Le patriotisme, c'est comprendre que la France est la solution, non le problème!", "Nous avons besoin de partenaires sociaux, nous avons besoin de dialogues entre forces organisées", "Nous ne sommes pas simplement une addition de familles politiques. Nous portons désormais l’intérêt de la France!", "L’enjeu de cette élection, c’est d’être capable de faire le rassemblement pour le redressement dans la justice", "Maintenant c'est dans le programme du Front national que le candidat-sortant vient piocher!", "Jamais je n'avais entendu un candidat-sortant avoir une conception de la vérité aussi, comment dire, contradictoire, cocasse, désopilante!", "Comment accepter que des ouvriers, des jeunes, puissent accorder leur suffrage à un parti qui ne sert la République mais qui se sert d'eux?"...

    Les deux cars prennent la direction de Limoges, la majorité d'entre nous en profitent pour roupiller. Photo Réveil FM

    Deux heures après nous arrivons à Limoges. Photo Réveil FM

    Le Zénith de Limoges où 7.000 personnes attendent François Hollande. Photo Réveil FM

    Freddy Mulongo et Emmanuel Valls, chargé de communication de François Hollande. Certains de ses amis au PS le surnomment "la Kommandantur", est-il le futur ministre de l'Intérieur de François Hollande en cas de victoire ? Photo Réveil FM

     


    Meeting de F. Hollande à Limoges - Avec Eva... par francoishollande

    La salle de Presse au Zénith de Limoges. Photo Réveil FM

    Les affiches de François Hollande placardée partout dans la salle. Photo Réveil FM

    Avec ses 7.000 personnes, la salle est chauffée à blanc pour François Hollande. Photo Réveil FM

    Marie Prieur, journaliste à Défense et Citoyen et Freddy Mulongo. Photo Réveil FM

     

    L'intégralité du discours de François Hollande à Limoges

    Mes chers amis, je suis heureux de vous revoir, de revenir dans ma région, le Limousin. Vous me manquez. Je m’étais absenté depuis des mois et des mois pour convaincre les Français, arriver en tête au premier tour, et je voulais avant le second vous adresser un message, à vous. D’abord vous dire ma gratitude. Vous m’avez accueilli il y a 31 ans, ici à Limoges, à la gare des Bénédictins. Je venais d’Austerlitz – ça commençait bien ! – et j’arrivais ici pour être candidat, déjà, en Corrèze, contre un député sortant qui avait à l’époque une célébrité que je n’ai pas encore atteinte mais que j’approche, j’approche ! Et depuis 1981, à chaque étape de ma vie politique, vous m’avez tous soutenu, apporté ce qui est le plus grand dans une démocratie, la légitimité du suffrage. Vous m’avez permis d’être ce que je suis devant vous : candidat à l’élection présidentielle ! Et si les Français, je n’en sais rien encore, me permettaient d’être le prochain président de la République, l’histoire, en tout cas telle qu’elle sera écrite bien plus tard, rappellera donc que c’était à Limoges que tout avait commencé.

    Ma gratitude aussi parce que c’est ici, dans le Limousin, dimanche premier tour, que la région, ma région, votre région, m’a donné le meilleur résultat de l’hexagone. Je salue tous les élus qui y ont contribué, président de région, président de département – ils se sont exprimés avant moi – le maire de Limoges, Alain Rodet, mais je veux quand même – ils me le pardonneront – adresser une mention particulière à la Corrèze, à ma ville de Tulle qui m’a donné le meilleur résultat de France. Mais enfin, nous ne sommes qu’au premier tour, il va falloir faire mieux au second !

    Je suis ici à Limoges sur une terre de fidélité. Fidélité d’abord à cette grande idée du socialisme. Limoges avait même été appelée au XIXe siècle – je ne sais pas comment il fallait juger cette comparaison – la Rome du socialisme – je n’ose pas dire le Vatican du socialisme, ou la Macque parce que maintenant, nous sommes accusés de tout ! Fidélité à l’histoire du socialisme. Fidélité aussi au mouvement ouvrier, au syndicalisme. C’est à Limoges que s’était tenu en septembre 1895 le congrès constitutif de la CGT sous l’impulsion des cheminots qui les premiers avaient organisé le combat syndical. Je parle la CGT mais je ne veux pas la compromettre, parce que voilà que le candidat sortant nous fait tous les procès. Et il suffit qu’une organisation syndicale annonce qu’elle préférerait le voir partir pour qu’aussitôt, il considère que cette organisation serait inféodée au Parti Socialiste. Si seulement ! Mais ce n’est pas notre conception ni du syndicalisme, ni de la politique. Les syndicats sont indépendants, ils sont responsables et ils disent ce qu’ils ont envie de dire à un moment ou à un autre.

    François Hollande

    Nous avons besoin de partenaires sociaux, nous avons besoin de dialogues entre forces organisées.

    J’ai grand respect pour la démocratie sociale. Nous avons besoin, au lendemain de l’élection présidentielle, d’une négociation apaisée, responsable entre organisations patronales et syndicats, les unes et les autres représentatifs. J’ai aussi grand respect pour la représentation patronale – elle ne dit pas que du bien sur mon programme ! J’ai même compris que la présidente du MEDEF trouvait que Nicolas Sarkozy avait fait, c’est son expression, « un excellent boulot » de son point de vue. Elle en a bien le droit ! Je ne lui en ferai pas le procès. Nous avons besoin de partenaires sociaux, nous avons besoin de dialogue entre forces organisées, nous avons besoin de négociations qui permettent de faire avancer la cause du progrès. Je ne sépare jamais le peuple des corps intermédiaires. Le peuple choisit ses représentants librement, dans la démocratie politique, dans la démocratie associative, dans la démocratie sociale.

    Ici à Limoges, on sait ce qu’est le 1er mai. Ce n’est pas un jour comme les autres. On sait que des générations d’ouvriers se sont battues pour que ce soit le jour des travailleurs, de tous les travailleurs, de France et du monde. Ces générations d’hommes, de femmes qui ont donné leur sueur, leur vie, ne faisaient pas de distinction entre les vrais travailleurs et les autres. Ils ne faisaient pas de distinction entre les travailleurs du privé et les travailleurs du public. Ils ne faisaient pas de différence entre les travailleurs français d’un côté et les travailleurs étrangers de l’autre. La fête du travail, c’est la fête de tous les travailleurs ! C’est aussi une leçon que notre région peut adresser au candidat sortant. Il y aurait encore tant de choses à lui apprendre, sur la culture politique – peut-être même sur la culture tout court ! – tant de choses à lui rappeler sur ce qu’il convient de dire ou ne pas dire, de faire ou ne pas faire ! J’ai peur que cela ne soit trop tard et que nous soyons obligés de l’envoyer faire un cours de rattrapage, très long !

    Mais ici à Limoges, ici en Limousin, terre de combats, terre de résistance, terre de lutte, on sait ce qu’est le rassemblement, le rassemblement d’hommes et de femmes libres, capables de s’organiser. Rassemblement ici d’abord des socialistes – et je veux les saluer parce que jamais depuis très longtemps dans une campagne il n’y avait eu cette unité indispensable après les primaires citoyennes qui ont été un honneur de cette formation politique ! Je suis socialiste mais je suis au lendemain du premier tour candidat au-delà même des partis et du mien. Je suis candidat de la Gauche, de toute la Gauche ! Et là encore, je ne fais pas distinction entre la Gauche de résistance et la Gauche de conquête, la Gauche de protestation et la Gauche de gestion, la Gauche du rêve et la Gauche de l’idéal. C’est la Gauche qui doit mettre en mouvement toutes ses forces !

    La Gauche, c’est une famille qui vit parfois dans des logements séparés, mais c’est une famille diverse qui s’entretient mutuellement de toutes ses cultures. Il y a une culture communiste, et je veux ici même lui rendre hommage, cette culture qui a fait que la radicalité pouvait trouver un débouché que le monde ouvrier pouvait trouver une dignité, qu’il y avait aussi cette capacité, dans certaines circonstances, à se mettre en résistance. Je salue la mémoire de tous ces résistants, et notamment communistes, qui ont permis que nous soyons libres aujourd’hui. Et quand j’entends le candidat sortant se gausser, se moquer du communisme français, qu’il revienne là encore à l’histoire pour savoir ce que l’on doit aussi, quelles que soient les critiques que nous ayons pu émettre – et il y en avait à formuler ! – oui, ce que l’on doit aussi à ce parti dans l’histoire de la France.

    Et puis dans le rassemblement, il y a des forces nouvelles, des mouvements qui sont apparus et qui nous ont mis devant nos propres responsabilités planétaires. Je salue le mouvement écologique, ici représenté par Eva Joly et Cécile Duflot au nom d’Europe Ecologie – Les Verts. Je veux les remercier à la fois pour la campagne qui a été menée, mais aussi pour le rappel, dès dimanche dernier, pour soutenir ma candidature et faire qu’elle soit déjà une candidature de victoire. Je n’oublie pas non plus ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon pour soutenir aussi notre démarche, non pas notre projet, mais notre exigence de victoire.

     

    Nous ne sommes pas simplement une addition de familles politiques. Nous portons désormais l’intérêt de la France!

    Mais le rassemblement, il va bien au-delà de la gauche et des écologistes ! Nous devons nous adresser à tous les Français, à tous les Républicains qui veulent le changement, qui s’interrogent encore sur le sens qu’il convient de lui donner, qui se posent mille questions, de savoir si nous pouvons représenter un avenir pour notre pays. Et nous devons nous mettre à la hauteur de la France ! Nous ne sommes pas seulement une addition de familles politiques, de partis, qui viendraient prendre des places pour se substituer à d’autres, non ! Nous portons désormais l’intérêt de la France et le rôle majeur qui doit être donné à la République dans cette campagne, car c’est nous qui devons être exemplaires dans les valeurs de la République !

    J’ai compris que des hommes et des femmes nous rejoignaient. Parfois ils étaient partis là où ils n’auraient jamais dû être, mais je ne leur jette en aucune manière la pierre. Et je vous mets en garde : ne repoussez jamais ceux qui vous rejoignent, sinon vous ne gagnerez jamais une élection, parce que pour emporter un scrutin, il faut bien que ceux qui n’ont pas voté pour nous la dernière fois le fassent cette fois-ci ! Il y a tant de nos compatriotes qui se sont laissé abuser, tromper, illusionner, qui y ont cru – et souvent des plus modestes ! –, qui ont imaginé que c’était pour eux le bouclier fiscal, que c’était pour eux l’allégement des droits de succession ! Je raconte toujours cette histoire, et pardon pour celles et ceux qui l’ont déjà entendue, de cette brave femme sur le marché de Tulle qui m’a dit en 2007 : « Nicolas Sarkozy, il veut diminuer l’impôt sur les successions ». Je lui ai dit : « Mais qu’est-ce que vous avez, vous, comme patrimoine ? – Rien mais quand même, cela allégera ! » Toujours cette méthode de la droite de laisser penser que les baisses d’impôts pour les riches vont avoir quelques conséquences pour les pauvres. Ah, ils en sont revenus parce que maintenant, la TVA c’est pour tout le monde, enfin, pas pour les riches mais pour ceux qui consomment !

    Oui, il faut accueillir aussi tous ces Républicains qui s’étaient laissés eux aussi griser par des discours, écrits d’ailleurs par d’autres que celui qui les avait prononcés. Rappelez-vous : il évoquait Léon Blum, Jean Jaurès. Moi je me souviens, à l’époque, j’avais mis en garde. J’avais fait des recherches. J’étais allé voir sur l’index des rues, des avenues, des boulevards de Neuilly-sur-Seine s’il y avait un boulevard Jean Jaurès. Je n’avais trouvé qu’une avenue Maurice Barrès. Ce n’est pas le même programme ! J’avais cherché une rue Léon Blum, j’avais trouvé une rue Paul Déroulède. Et même pas une impasse, même pas une ruelle, même pas un trottoir, même pas un lieu-dit : rien au nom de Léon Blum et de Jean Jaurès ! Mais ils avaient prononcé leur nom et certains avaient pensé que finalement, il était un rassembleur. On a vu la suite.

    Tous ces républicains qui s’interrogent, ils doivent voir en nous le candidat du rassemblement de la France, le candidat de tous les Républicains pour le France ! Et nous devons n’écarter personne – et en même temps, ne négocier rien avec quiconque ! Nous n’allons pas chercher quelque concours, débaucher quelques excellences, obtenir des soutiens avec je ne sais quelle contrepartie ! Nous sommes dans une démarche claire, cohérente. Celles et ceux qui veulent nous rejoindre, bienvenue ! Et nous n’avons comme souci que l’intérêt de la France !

    L’enjeu de cette élection, c’est d’être capable de faire le rassemblement pour le redressement dans la justice.

    Et chaque fois que la Gauche se situe à la hauteur de la France, elle est à ce moment-là aspirée par un mouvement qui la dépasse. C’est arrivé plusieurs fois dans notre histoire : en 1936 avec le Front populaire, au lendemain de la guerre avec ceux qui s’étaient regroupés dans le Conseil national de la Résistance, dans les années 50 avec Pierre Mendès France. Et après, il avait fallu attendre si longtemps pour que François Mitterrand reprenne cette marche, cette conquête, cette espérance, puis Lionel Jospin en 1997, dans des circonstances encore différentes. Oui, c’est quand la Gauche est à la hauteur de son histoire et capable de porter un projet d’avenir que les Français la choisissent. Or, ce ne sont généralement pas les périodes les plus simples, pas les conjonctures les plus faciles, pas les moments où il n’y aurait qu’à distribuer. C’est souvent dans l’épreuve qu’il est fait appel à la Gauche.

    Mais en ce moment, c’est plutôt la Droite qui est dans l’épreuve… En même temps, elle le mérite, parce que d’une certaine façon, c’est elle qui a conduit le pays vers l’échec. Nous avons maintenant suffisamment d’éléments pour tracer le bilan : un chômage qui n’a cessé d’augmenter — plus de 4 millions aujourd’hui, 1 million de chômeurs supplémentaires. Si l’on ne prend que ceux qui ne travaillent pas du tout, 700 000. Beaucoup de jeunes, bon nombre de seniors, et le chômage de longue durée qui s’est encore endurci, allongé. Voilà le bilan !

    Nous venons d’apprendre que la consommation des ménages a reculé, et qu’il y a donc toutes les conséquences sur la croissance que nous pouvons redouter. Elle sera faible, voire nulle cette année. Elle n’a été que d’un demi-point par an durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Nous avons une compétitivité qui s’est dégradée. Le déficit du commerce extérieur dépasse 70 milliards d’euros — c’est un chiffre historique. Et les inégalités se sont creusées, les plus riches sont devenus plus riches et les plus pauvres plus nombreux. Et les classes moyennes n’ont rien gagné à cette politique fiscale qui les a d’une certaine façon assommées davantage.

     

    Maintenant c'est dans le programme du Front national que le candidat-sortant vient piocher!

    Oui, la Droite a été sanctionnée dimanche dernier. Le candidat sortant fait comme s’il n’avait rien vu. Selon sa méthode habituelle, il s’acharne sur Jacques Chirac — qui n’y peut rien… Je l’entendais ce matin, il disait : « J’ai fait 27 % comme candidat sortant et Jacques Chirac n’avait fait que 20 % ». Oubliant qu’en 2002, il y avait d’autres candidats de Droite alors que lui s’est efforcé, en 2012, d’écarter tout autre candidat de Droite ! C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République que le candidat sortant, le président sortant, ne sort pas en tête du scrutin du premier tour. Mais lui, il considère qu’il a déjà gagné ! Il est comme ça ! Autour de lui, j’ai l’impression que le doute s’est installé… Ils ne disent rien, ils attendent, ils subissent, et certains même espèrent… Lui compte et recompte ses suffrages. C’est suffisamment éloquent ! Alors, il va chercher d’autres suffrages, et il fait d’autres calculs, de mauvais calculs. Il va chercher vers l’extrême-droite ce qui lui a manqué. Il s’était affiché comme un candidat de la « Droite décomplexée ». Ce n’est plus maintenant décomplexé, c’est une transgression qu’il est en train d’assumer ! Et c’est une dérive que nous constatons dans le vocabulaire, dans les thèmes, dans les expressions, sur l’immigration, sur l’islam, sur la sécurité. Et maintenant, c’est dans le programme de l’extrême-droite qu’il vient s’approvisionner ou piocher. Il dit : « C’est un hasard, c’est une coïncidence, je ne le savais pas ! ». C’est à tel point qu’au sein de la Droite humaniste, au sein du Centre, il y en a qui s’interrogent et qui ne peuvent pas accepter cet excès, cette outrance, ce danger. Parce que Droite et Gauche, nous nous confrontons, mais nous sommes dans la République. Et notre devoir, c’est de défendre à chaque instant, au-delà de nos différences, au-delà de nos sensibilités, la République, les valeurs, les principes !

     

    Comment accepter que des ouvriers, des jeunes, puissent accorder leur suffrage à un parti qui ne sert la République mais qui se sert d'eux?

    Je ne reproche pas au candidat sortant de s’adresser aux électeurs, je le fais aussi. Nous devons faire en sorte que des électeurs qui ont pu voter pour le Front national ne le fassent plus, ou l’ayant fait soient détachés, soient repris, remobilisés, rehaussés si je puis dire. Parce que, comment accepter que des ouvriers, que des paysans, que des jeunes puissent accorder leurs suffrages à un parti qui en définitive ne sert pas leurs intérêts, pas davantage ceux de la République, mais se sert d’eux pour porter des thèmes, des références qui ne font pas honneur à la France ?

    Dans notre histoire, à quel moment la droite extrême a pu être une solution pour le pays ? Elle a toujours porté les thèses du rejet, du repli, de la haine et parfois davantage. Et donc, nous devons dire à tous ces concitoyens perdus abandonnés sans doute, mais que nous avons sans doute aussi la responsabilité d’avoir laissé glisser, nous devons leur dire à ces Français qu’être citoyens de France, ça exige d’avoir la fierté de porter des valeurs qui nous dépassent, qui nous élèvent, qui nous rehaussent. Mais pour aller chercher ces électeurs-là, pas de complaisance, pas de connivence, pas de séduction, pas de flatterie ! Nous avons aussi cette responsabilité. Nous ne devons laisser personne de côté, et en même temps rappeler à chaque fois les principes qui sont les nôtres.

    La Droite, avec son candidat dans cette dernière semaine de campagne, jette ses derniers feux. Elle retrouve les vieilles rengaines des conservateurs de toujours face aux risques de l’alternance. D’abord, la Gauche serait dépensière. Ce serait sa nature. Et donc, il y aurait un risque — je préfère vous prévenir, si nous revenions aux responsabilités… — de tout dépenser. Mais dépenser quoi ? Les caisses sont vides, le pays est en faillite, c’est eux qui le disent ! Alors, on vient nous donner quelques spectres en nous disant que si les Français choisissaient la Gauche, et donc le candidat que je suis, la France redeviendrait un pays sans référence, sans boussole, la Grèce, l’Espagne. Ces pays-là se redressent en disant : « Nous ne pouvons pas être comparés à des pays qui dérivent, à des pays en faillite ! ». Et pourtant, c’est ce que le candidat sortant fait, au risque de se froisser avec leurs dirigeants. C’est fait.

    J’ai regardé avec amusement ce qu’avait été la campagne — et ici certains s’en souviennent pour en avoir été les acteurs — de 1981. Le candidat sortant s’appelait Valéry Giscard d’Estaing. Vous avez remarqué, il soutient le candidat sortant Nicolas Sarkozy. Il y a un syndicat, comme cela, des candidats sortants qui s’est formé… Je parle du syndicat des candidats sortants qui ont été sortis ! En 1981, Valéry Giscard d’Estaing, qui voulait faire peur lui aussi face à la possibilité d’une victoire de François Mitterrand, disait : « Si les Français choisissent la Gauche, ça va devenir la Pologne ». Vous voyez, à chaque fois c’est un pays différent…

    Mais nous, nous voulons être la France, la France respectée, parce que c’est le peuple qui va décider de son avenir ! Et nous ne pouvons pas non plus accepter quelque leçon qui nous serait donnée par la Droite. Je rappellerai qu’il y a dix ans, lorsque le gouvernement de Lionel Jospin a terminé son œuvre, la dette publique était maîtrisée, les comptes sociaux étaient équilibrés, le commerce extérieur était excédentaire et notre compétitivité avait été rétablie. Et nous avions été capables de faire l’euro — et la France en avait pris la direction. Depuis cinq ans, la dette publique a augmenté de 600 milliards d’euros. Le déficit de la sécurité sociale atteint 20 milliards, 135 milliards de déficit cumulé, et le déficit du commerce extérieur dépasse 70 milliards. Et il viendrait nous faire la leçon ? Non !

    Mais quelles dépenses publiques nous reproche-t-on de prévoir ? 60 000 postes dans l’Education nationale. Ils en ont supprimé 80 000, et le déficit de l’Etat atteint 100 milliards d’euros. Mais je veux préciser les chiffres pour que chacun les ait à l’esprit : 12 000 postes par an, c’est 500 millions d’euros. Sur cinq ans, cela fera donc 2,5 milliards pour la cinquième année, c’est-à-dire l’équivalent de l’allégement de l’impôt sur la fortune en une seule année. Vous avez là le choix qui est finalement le plus éclairant pour les Français : est-ce que nous voulons protéger les plus favorisés, les plus grandes fortunes, ou est-ce que nous voulons protéger les enfants de la République ? J’ai choisi !

    Quelles dépenses nous reproche-t-on ? J’ai annoncé que les hommes et les femmes qui ont commencé leur vie professionnelle à 18 ans et qui ont leurs 41 années de cotisation pourront partir à 60 ans. C’est juste, et cela représente 5 milliards d’euros, l’équivalent de ce qu’a été l’allégement de cotisations sociales et d’impôts pour les heures supplémentaires. Je préfère que les salariés qui ont fait leur temps puissent partir à la retraite plutôt que l’on mobilise de l’argent public pour développer des heures supplémentaires au détriment de l’emploi d’aujourd’hui !

     

    Je me suis engagé pour que la France, au lendemain de l'élection présidentielle, rétablisse ses comptes publics sur le quinquennat.

    Je me suis engagé pour que la France, au lendemain de l’élection présidentielle, rétablisse ses comptes publics sur le quinquennat. Je me suis prononcé pour qu’il y ait une discipline budgétaire, un sérieux budgétaire, qui fassent que d’ici cinq ans nous aurons maîtrisé notre dette et que nous aurons équilibré nos comptes. Je revendique cette position. Mais en même temps, cette responsabilité ne nous conduit pas à renoncer à la cause du progrès, à la lutte contre les inégalités, à la bonne marche de ce que doit être l’économie. Nous avons ce devoir, ce double devoir, à la fois de mettre nos comptes en ordre, mais de mettre aussi le pays en mouvement.

    Alors, comme la Droite ne peut pas nous prendre sur le terrain de la gestion, elle vient sur un autre. La Gauche serait un risque pour la France. Elle affaiblirait les marchés. Pour l’instant, ils ne bronchent pas… Alors on les stimule, on les encourage. J’entends des déclarations venant du sommet de l’Etat pour dire : « Les taux d’intérêt vont augmenter ». Rien ne vient. « Les capitaux vont fuir. » Pas pour l’instant. Alors, ils encouragent la spéculation. Est-ce digne d’un président sortant que de souhaiter qu’il y ait plus de spéculation qui frappe son pays, dans le seul souci d’empêcher l’alternance ? Eh bien non !

    Alors ensuite, on nous dit : « Vous allez vous fâcher avec tous les partenaires européens ». Puisque j’ai annoncé que je renégocierais le traité budgétaire pour y ajouter une dimension de croissance. Oui, nous le ferons. Mais déjà, les lignes bougent. Certains se mettent publiquement à déclarer le bien-fondé de notre position, y compris le Président de la Banque centrale européenne et d’autres chefs de gouvernement qui ne sont pas socialistes — il y en a si peu. Il y en a qui ne disent rien mais qui n’en pensent pas moins. Parce qu’ils se disent : « Si c’est la position du candidat de la Gauche qui l’emporte, alors ce sera un changement pour l’Europe tout entière. ». Et les pays qui peinent, les pays qui ploient sous l’austérité, ils espèrent, ils escomptent le vote du peuple français. Jamais une élection présidentielle en France n’a été aussi décisive pour l’Europe. Vous êtes regardés, attendus, espérés. Soyez conscients de votre responsabilité, elle est grande, elle est immense. Vous n’allez pas simplement parler au nom de la France. Vous allez permettre qu’un mouvement puisse se lever dans toute l’Europe pour en changer la direction. !

    Que nous dit-on encore ? Que j’aurais proféré une menace pour les capitaux en France parce que j’aurais dit — et je le réaffirme ici — qu’au-delà de 1 million d’euros par an, une tranche supérieure d’imposition serait créée de 75 %. Alors, les menaces d’exil commencent à se dessiner… Il paraît que certains ont déjà préparé leurs valises ! Qu’ils les retiennent ! Nous ne leur ferons aucun mal ! Quand même, au-delà d’un million d’euros, on doit pouvoir vivre, même avec une augmentation de TVA ! Mais il n’y aura plus d’augmentation de TVA ! Et comment comprendre que ceux-là mêmes, dirigeants d’entreprises — que je respecte, et nous en avons besoin — puissent appeler à la modération salariale pour leurs ouvriers et eux-mêmes s’attribuer 34 % d’augmentation de leur rémunération ? Comment comprendre, comment admettre ?

    C’est pourquoi dans cette campagne, j’ai lancé la belle idée du patriotisme économique. Le patriotisme, c’est une belle valeur, c’est-à-dire de s’aimer suffisamment soi-même pour aimer les autres. De n’avoir peur de rien dès lors que l’on est rassemblés, unis. Le patriotisme de servir l’intérêt général, de penser d’abord à la Nation avant de penser simplement à soi-même. C’est être conscient que dans un effort qui doit être demandé à tous, ceux qui ont le plus doivent être davantage mis à contribution que les autres. C’est si simple ! Le patriotisme, c’est de comprendre qu’il y a un modèle français, celui issu du Conseil national de la Résistance et de son programme, qui appelle chacune et chacun à cotiser pour être couvert par rapport aux aléas, aux risques sociaux. Ça s’appelle la protection sociale, la sécurité sociale, et nous avons à défendre ces acquis-là aussi !

     

    Le patriotisme c'est comprendre que la France est la solution et non le problème!

    Le patriotisme, c’est de considérer que la France est une solution et pas un problème et qu’elle n’a pas à se mettre sous la toise, qu’elle n’a pas à être adaptée à je ne sais quel exemple venant de l’étranger. J’ai beaucoup de respect pour les Etats-Unis, pour l’Allemagne, mais nous sommes la France ! Nous sommes la France avec ses atouts, avec ses forces, et nous devons composer avec les autres, regarder ce qui marche, prendre des références ici, ailleurs, mais rester ce que nous sommes, parce que nous sommes un grand pays, une belle Nation avec une histoire et avec un avenir.

    Le patriotisme, c’est se rassembler sur l’essentiel. Et au-delà, même, des sensibilités politiques. Je suis socialiste, mais je sais aussi ce que la France doit au général de Gaulle, à ce qu’a été la grandeur de la Nation, le sens de l’indépendance, l’idée forte que la France était singulière et en même temps universelle, le refus de la soumission. Oui, il y a eu dans ce qu’on appelait le gaullisme cette belle affirmation du refus de l’argent, que la politique ne se faisait pas à la corbeille, c’est-à-dire à la Bourse, qu’il y avait une exigence de vérité, un refus des amalgames et puis aussi un comportement personnel dont les héritiers du gaullisme n’ont pas toujours eu le sens du respect.

    L’enjeu de cette élection, c’est le rassemblement, rassemblement des citoyens, rassemblement des forces, forces de la création, forces de la culture, forces de la jeunesse, forces sociales. Oui, c’est ce rassemblement de tous les atouts de la France. Mais c’est aussi le rassemblement des territoires. Il y a dans le scrutin de dimanche dernier des résultats qui nous ont, reconnaissons-le, surpris, frappés. Qu’il y ait eu, dans ce qu’on appelle le monde de la ruralité, des votes de colère qui se soient portés sur le Front national, comment les comprendre ? Comment les juger ? Comment les traduire ? Sentiment d’abandon des agriculteurs, des éleveurs qui ici – on les connaît – n’ont sans doute pas versé dans ce vote, mais en même temps éprouvent chaque jour des difficultés grandissantes, en achetant plus cher leurs fournitures et en recevant moins pour leurs produits, en étant inquiets par rapport à l’avenir, en n’étant plus protégés, faute d’une politique agricole commune cohérente, en étant également vulnérables par rapport aux marchés puisque les produits agricoles sont devenus des produits spéculatifs eux aussi.

    Et s’il y en a qui dans la vie économique savent mieux que d’autres les désastres du marché, ce sont les agriculteurs, parce qu’ils ne vendent pas des produits comme les autres. L’alimentation, la sécurité alimentaire, la qualité des produits, ce ne sont pas simplement des valeurs qui s’échangent à travers des titres boursiers ! Il y a aussi cette réalité d’un nombre d’exploitations qui diminue chaque année. En dix ans, le nombre des exploitations agricoles a chuté de 25 %. Les terres agricoles reculent faute d’un urbanisme suffisamment maîtrisé. Pour l’ensemble du territoire national, sur les dix dernières années, c’est l’équivalent d’un département comme la Corrèze qui s’est retrouvé finalement repris par un usage des sols qui n’était plus agricole.

    Je pense aussi, dans la ruralité, à tous ces salariés, ouvriers, employés qui subissent eux aussi les délocalisations, les fermetures d’entreprises et qui, même quand ils ont un emploi, sont amenés à consentir des frais de plus en plus élevés pour leurs transports et constatent chaque jour la dégradation des services publics : bureaux de poste qui ferment, hôpitaux menacés – ici, on sait ce que c’est –, tribunaux fermés – et ici on sait ce que c’est, et on en a souffert suffisamment –, suppressions de classes, diminutions de postes, dotations horaires en moins dans les collèges, RASED supprimés – on sait ce que c’est, ici ! –, sécurité de proximité mise en cause…

    Alors heureusement qu’il y a des collectivités locales, départements, régions, communes, agglomérations, qui se battent pour permettre de résister, de contenir. Et voilà qu’on leur reproche même de verser des prestations qui sont définies, décidées par l’Etat et pas compensées par ceux-là même qui en décident pour autrui. Oui, des collectivités locales qui font même ce qui n’est pas prévu dans les lois de décentralisation pour le très haut débit, pour le haut débit, pour faire que les écoles, les collèges et les lycées soient équipés de la meilleure des façons, que les routes soient entretenues. Et voilà qu’on les menace de voir réduire leurs prestations, leurs dotations, leurs compensations. Et voilà que j’entends le candidat sortant faire même des promesses fiscales sur les droits de mutation – hier encore, à la télévision : il veut les diminuer de moitié. Sauf que c’est un impôt qui est perçu par les collectivités locales ! Lui il fait des promesses pour autrui, payées par autrui !

    Mais nous, nous aurons à redonner confiance à nos territoires ! Ce sera l’acte de décentralisation que je poserai au lendemain de l’élection présidentielle : nouveaux transferts de compétences, réforme des finances locales, attribution de capacités d’intervention pour nos élus.

    Nous agirons aussi pour lutter contre les déserts médicaux, avec la création de maisons de santé, pour renforcer l’hôpital public qui sera un service public et qui ne sera pas une entreprise, obligée de converger avec les cliniques.

    Nous lancerons un grand plan pour le haut débit, pour le très haut débit.

    Nous recréerons les postes qui ont été supprimés dans les écoles, dans les collèges.

    Nous appuierons les efforts engagés par les régions en matière de transports.

    Nous développerons une véritable politique de la formation professionnelle – il n’y aura pas besoin de faire un référendum. Comme si les chômeurs, quand on leur proposait un emploi ou une formation le refusaient ! C’est hélas trop de fois que les chômeurs demandent une formation ou un emploi et qu’on le leur refuse. C’est cela, la réalité !

    Je créerai un Ministère de l'égalité territoriale pour que tout le monde ait la même capacité de réussir sa vie!

    Mais je prends la mesure de ce désarroi, de ce sentiment d’abandon territoires ruraux/territoires urbains. Et donc je créerai au lendemain de l’élection un ministère de l’Egalité territoriale, permettant de faire la péréquation entre les territoires, une action pour l’égalité territoriale, pour que chaque citoyen, où qu’il vive – dans une banlieue ou dans une zone rurale –, ait le même accès aux services publics, à la capacité de réussir sa vie !

    Nous aurons à repenser le rôle de l’Etat. A la fois les valeurs qu’il portera et les actions qu’il conduira. Le capitalisme financier a inversé les hiérarchies de normes et de principes qui étaient les nôtres. Et en définitive, ces luttes qui s’étaient accumulées les unes les autres, qui avaient permis à l’humanisme de prévoir sur la force sont en recul. Le trader est mieux payé que l’ingénieur, le banquier plus que le chercheur, la spéculation davantage que l’entreprise. Et les marchés s’imposent trop souvent à l’Etat. La mission de l’Etat sera d’abord de fixer les grands enjeux, les grands objectifs de la puissance publique. Non pas simplement à cinq ans, mais à dix ans, à quinze ans. De savoir comment nous voulons vivre ensemble, comment nous nous organisons, quelles sont les grandes priorités, la transition écologique et énergétique que nous aurons à mener ensemble.

    L’Etat devra être économe dans ses moyens, dans ses ressources, intelligent dans la manière de les déployer sur le territoire. Mais il devra aussi respect aux serviteurs de l’Etat. Comment un pouvoir pourrait-il être puissant s’il n’a pas la moindre reconnaissance et le moindre respect à l’égard des fonctionnaires qui le servent ?

    Les valeurs, c’est l’intérêt général sur les intérêts particuliers. C’est également le long terme par rapport à la dictature de l’urgence, cette capacité à pouvoir avoir une autre logique que le rendement immédiat. C’est avoir l’utilité collective de long terme comme perspective. L’Etat n’est pas l’étatisme. Si l’impulsion est nécessaire, la gestion peut être faite par d’autres. La délégation peut être accordée. La décentralisation sera un principe. L’Etat, son rôle est de définir la stratégie, de donner la vision – et c’est le chef de l’Etat qui doit l’assurer.

    Retient-on suffisamment les jeunes chercheurs en France? Leur donne-t-on les moyens?

    Nous aurons à inventer de nouveaux instruments : la banque publique d’investissement pour accompagner les entreprises dans leur développement, la capacité d’intervenir au capital de certaines entreprises pour leur permettre d’être à la pointe de la technologie. Nous aurons à inventer des politiques sur l’isolation des logements, sur les modes de transport, sur les énergies renouvelables. Nous devrons être, là encore, en avance si nous ne voulons pas perdre des gisements d’emploi et des opportunités industrielles. Nous devrons, là encore, être inventifs pour mettre la recherche au cœur de nos priorités : la recherche, l’intelligence, la connaissance, l’innovation, recherche publique, recherche privée ! Nous sommes fiers à juste raison de nos prix Nobel, des médailles que nos plus grands chercheurs récoltent par la qualité de leurs travaux. Mais retient-on suffisamment les jeunes chercheurs en France ? Leur donne-t-on la carrière qu’ils attendent, les moyens pour poursuivre leurs travaux ? Nous avons ce devoir ! C’est le rôle de l’Etat. Toujours l’Etat qui doit accompagner l’enseignement supérieur – il le fera avec les régions, mais il le fera aussi parce que s’il doit y avoir un grand emprunt qui a été lancé, des fonds qui ont été récoltés, c’est maintenant qu’ils doivent être mis au service des universités. Et pas à certaines plutôt qu’à d’autres, mais aux universités qui elles, sur le territoire, permettent l’excellence et accueillent des étudiants plus nombreux, venant aussi de ces quartiers et de ces zones rurales où il n’y a pas toujours l’accès à ces enseignements supérieurs.

    Voilà, mes chers amis, ce que j’étais venu vous dire ici à Limoges. Une nouvelle donne pour la France, tel est le sens de l’élection présidentielle. Une nouvelle donne industrielle, une nouvelle donne économique, une nouvelle donne sociale, une nouvelle donne écologique, une nouvelle donne aussi européenne et une nouvelle donne internationale. Parce que nous sommes la France et que nous avons un rôle à jouer sur notre continent et dans le monde !

    Mes chers amis, je ne veux pas vous retenir trop longtemps. Mais en même temps, je ne suis pas loin de vous, pas loin de Tulle, donc je peux y passer une partie de la nuit ! Je suis venu vous dire ma confiance. Ma confiance en vous qui militez depuis des mois pour que nous atteignions l’objectif. Il est là, il est tout proche. Ma confiance dans le vote des Français tel qu’il s’est exprimé au premier tour et qui doit se confirmer au second. Ma confiance dans les capacités de notre pays à se redresser. Ma confiance dans les valeurs de la République. Mais j’ai aussi confiance dans la victoire qui approche. Elle est là ! Elle arrive ! Elle se dessine ! Elle s’annonce ! Elle se prépare ! Elle se construit !

    Et en même temps, au-delà de votre enthousiasme, de votre engagement, rien n’est sûr, rien n’est fait, rien n’est acquis. Nous avons encore plusieurs risques devant nous. Il nous reste huit jours, un peu plus. Huit jours ! Que risquons-nous ? Le premier risque, celui de la démobilisation. Cette impression que nous aurions, pas vous mais d’autres ailleurs, que le résultat serait donné. Les sondages nous l’annoncent. Les pronostics sont faits. Et en plus, à voir les figures des autres à la télévision, on pourrait y croire. Mais non, ne surtout pas baisser la garde ! Au contraire, vous devez être conscients que c’est votre participation qui fera la différence. Parce que la Droite, elle, elle viendra le dimanche 6 mai. Elle viendra parce qu’elle a trop à perdre, parce que c’est son pouvoir, parce qu’elle se considère en propriété dans l’Etat. Dites autour de vous de venir voter, de ne pas penser que ce serait déjà confirmé par je ne sais quelle enquête, je ne sais quels pronostics, prévisions. Rien ne doit vous détourner de l’objectif de la participation la plus élevée possible pour le second tour !

    Méfiez-vous aussi de l’euphorie qui court, de l’euphorie qui gagne et qui pourrait nous faire perdre. Méfiez-vous de l’arrogance, de la suffisance. Moi, je suis toujours très prudent. Je ne dis rien qui soit pour l’après 6 mai. Non pas sur les propositions, je les ai présentées. Non pas sur l’agenda, il est connu. Non pas sur les étapes, elles seront définies dans le quinquennat : d’abord les réformes structurelles et ensuite, la redistribution. Mais je ne dis rien sur la composition des équipes, sur qui sera là ou ailleurs, parce que pour l’instant nous ne distribuons rien sans que nous ayons gagné le suffrage des Français.

    Et puis le dernier risque serait celui d’une certaine innocence que la Gauche peut avoir dans certaines circonstances, parce que nous avons une conception élevée du débat public – et tant mieux –, parce que nous avons l’honneur du débat, parce que nous avons le sens de la dignité de la fonction à laquelle nous nous présentons, parce que nous n’utilisons pas des arguments qui nous abaisseraient, qui nous abîmeraient, parce que nous voulons rester au niveau des idées, des arguments, des propositions, parce que nous considérons que notre peuple est adulte et qu’il saura faire son choix en grande lucidité et en responsabilité. La Droite n’a pas nécessairement ces précautions. Elle utilise la polémique, la confusion, le dénigrement, les attaques personnelles. Nous en subissons depuis des mois. Rien ne nous a été épargné – et en comparaisons animalières, ils sont… Ils sont sans limite !

    Jamais je n'avais entendu un candidat-sortant avoir une conception de la vérité aussi, comment dire, contradictoire, cocasse, désopilante!

    Et pour autant, jamais, je dois dire, dans une campagne, de mémoire – mais j’arrive maintenant à un âge où l’expérience compte – je n’avais entendu un candidat sortant avoir une conception de la vérité aussi – comment dire ? – aussi étrange, contradictoire, cocasse, inattendue, parfois même désopilante. J’en ai fait quelque recueil, florilège. L’autre jour, pour dénoncer la position qui est la mienne sur la réduction de la dépendance à l’égard du nucléaire et la proposition que j’ai faite de ne fermer qu’une centrale, celle de Fessenheim, durant le prochain quinquennat, il a prétendu encore hier que nous voulions fermer 24 réacteurs dès le prochain quinquennat – et il a dit sur 48 alors qu’il y en a davantage, mais il ne le sait pas ! Donc pour étayer son argument, voilà qu’il nous raconte une histoire, à tous les sens du terme. Il nous dit « comment le candidat socialiste peut-il fermer Fessenheim alors que moi – c’est Nicolas Sarkozy qui parle, pardon de cette confusion – je suis allé à Fukushima et j’ai vu que Fukushima, c’était près de la mer et qu’un tsunami pouvait effectivement se produire à Fukushima – mais pas à Fessenheim ». Il nous donnait d’ailleurs, donc, une information que nous avions déjà : que Fessenheim n’était pas au bord de la mer ! Mais j’ai voulu vérifier s’il était allé à Fukushima. Parce que je me suis souvenu qu’un jour, il avait prétendu qu’il était allé voir l’effondrement du mur de Berlin et qu’il s’était trompé de date. Mais je me suis dit « un président sortant s’il dit qu’il est allé à Fukushima, cela doit être vrai ». Eh bien non ! Nous avons là un président sortant d’une autre espèce. C’est que lui, il pense que quand il dit qu’il est allé à Fukushima, il y est allé, alors qu’il n’y a jamais mis les pieds !

    Voilà que l’autre jour je le regarde à la télévision et qu’il prétend que j’aurais été le bénéficiaire d’un appel de 700 mosquées. J’ai fait vérifier et cette information, qui n’en était pas une, est immédiatement démentie par le Conseil du culte musulman. Aucune mosquée n’a appelé à voter pour ma candidature. Et d’ailleurs, pourquoi l’aurait-elle fait ? Mais qu’un candidat sortant puisse prétendre qu’il y ait eu un appel des mosquées – vous voyez bien quelle insinuation il y avait, il aurait pu dire « il y a eu un appel de 700 églises », c’est aussi faux, mais il ne l’a pas dit – et donc là encore, prétendre que je serais le candidat de quoi, de qui, alors qu’il n’y a eu aucun appel, c’est à chaque fois créer la confusion, le doute, la suspicion et faire d’une religion qui dit avoir le plein respect de la République, la religion qui serait un risque pour la République !

    Encore hier, il a répété qu’un idéologue suisse mais professant des thèses islamiques qui ne sont pas les nôtres, et qui doivent être contestées parce qu’elles sont contestables, aurait lui aussi appelé à voter pour moi. Et là encore, démenti de l’intéressé en disant qu’il est contre tous les pouvoirs. Et que si c’est aujourd’hui Nicolas Sarkozy, ce sera moi demain et il aura la même position.

    Moi, je récuse ce personnage, je le dénonce. Mais quand même, qu’on puisse laisser penser que je serais soutenu par lui, voilà encore une autre imposture et une autre contrevérité — pour ne pas dire autre chose… Mais la liste n’est pas close. Voilà que je dis ce qui est la position depuis toujours de ma part sur la régularisation des sans-papiers au cas par cas, sur des critères reconnus partout et appliqués de la même manière. Et voilà qu’il prétend que ces régularisations au cas par cas — qui se produisent déjà aujourd’hui, 30 000 par an, seraient l’annonce d’une régularisation massive, toujours pour faire peur. Mais pourquoi mentir ? Celui qui ment est celui qui n’est pas sûr de lui. Celui qui ment est celui qui veut tromper le peuple et non pas l’éclairer. Et le voilà qui répète encore et encore qu’à Lille il y aurait des piscines qui seraient à des heures précises ouvertes simplement aux femmes, alors que ces horaires ont été purement et simplement supprimés et que c’était sans lien avec quelque religion que ce soit. Et voilà encore que je l’entends dire que si nous voulons le vote des étrangers aux élections municipales, et uniquement aux élections municipales, cela aura une conséquence communautariste. Et bientôt, tous les enfants seront obligés de manger de la viande halal à la cantine… Alors que lui-même en 2008 réaffirmait qu’il était intellectuellement pour le droit de vote mais qu’il n’avait pas la majorité qui lui permettait de le faire passer !

    Nous pourrions en sourire, et je le fais car à ce point-là, c’est presque comique d’en arriver à un tel travestissement de la vérité. Mais en même temps je ne sous-estime pas ce que cela peut avoir comme conséquence dans le débat public, à chaque fois, de laisser penser que nous mettrions en cause l’indépendance du pays, la laïcité, les principes de vie qui sont les nôtres. Alors, cela m’amène à dire la chose suivante : en matière de laïcité, nous, nous ne reculerons jamais. Nous ne dirons jamais que le prêtre ou le pasteur a une autorité supérieure à l’instituteur et au maître ! Nous, nous ne dirons jamais que la laïcité doit être ouverte et tolérante, parce que la laïcité, par définition, elle est ouverte et tolérante !

    Il n'y a pas d'apparences dans la République, il n'y a qu'une appartenance à la République!

    Et moi, président de la République, je n’irai jamais devant une assemblée où il y aura d’un côté les femmes et de l’autre côté les hommes. Et jamais il ne me viendrait à l’esprit en regardant un visage ici, parmi vous, d’en traduire immédiatement une appartenance religieuse. Non, il n’y a pas d’apparence dans la République, il n’y a qu’une appartenance à la République !

    Oui, il y a tant de raisons, tant de justifications, à souhaiter le changement. Un quinquennat d’échec, un quinquennat d’injustice, un quinquennat d’irrespect. Mais le plus grave, en définitive, qui va même au-delà de l’injustice, de l’échec et de l’irrespect : c’est un quinquennat qui a voulu diviser les Français, les opposer entre eux, les confronter avec eux-mêmes, faire peur plutôt que de faire confiance.

    Le grand enjeu de l’élection présidentielle c’est la division ou le rassemblement. Je ne suis pas candidat à la présidence de la République pour une famille politique, pour un camp, pour un clan. Je suis candidat pour la France. Je suis candidat à la présidence de la République pour que la République soit exemplaire à son sommet. Je suis candidat à la présidence de la République pour que je sois un chef de l’Etat et pas un chef de la majorité, un chef de parti, un chef de tout et responsable de rien ! Je suis candidat à la présidence de la République pour qu’on en termine avec les privilèges, les impunités, les protections, la justice aux ordres ! Je suis candidat à la présidence de la République pour qu’il y ait un pouvoir partagé, des partenaires sociaux respectés, des élus considérés, des citoyens honorés d’être citoyens français. Voilà pourquoi je souhaite notre victoire !

    Mais notre victoire, nous devons d’abord la mériter, aller la chercher, aller la conquérir, aller la justifier, aller la demander aux Français. Cela ne doit pas être n’importe quelle victoire, cela doit être une belle et grande victoire ! Non pas une victoire du rejet, de la rancune, de la rancœur, et encore moins une victoire de la revanche ! Non, une victoire du redressement, du relèvement, de la fierté, de la beauté de la République ! Je veux que le 6 mai, si nous devions l’emporter, si les Français devaient nous choisir, nous puissions nous dire, nous tous, toutes les générations réunies : « Voilà, nous allons servir notre pays, nous allons être capables de lui donner un moment historique où il est en situation de se rassembler, de se réunir, de se réconcilier avec lui-même ! ».

    Je veux que la victoire, si elle vient le 6 mai 2012, reste dans les esprits aussi forte, aussi grande, que la victoire de 1981, qu’elle donne de la fierté, de l’émotion ! Je veux que si ce soir arrive du 6 mai, si cette victoire nous est donnée, nous n’ayons pas de rapport vindicatif à l’égard des autres, que nous soyons capables de les ignorer, de les oublier, de tourner cette page et d’en écrire une autre, celle de l’histoire de la République, celle de l’histoire de France, celle où la Gauche sera de nouveau à la responsabilité de la France, du pays, pour servir la République. Merci, amis du Limousin, merci de me donner votre force, merci de me donner la légitimité. Merci de m’avoir accueilli, merci de m’avoir porté. Merci de pouvoir me faire le prochain président de la République française !
  • De Bourges à Limoges avec François Hollande (Première Partie)

    De Bourges à Limoges avec François Hollande (Première Partie)

    Vendredi 27 avril, depuis Paris, nous étions 130 journalistes nationaux et étrangers accrédités qui ont accompagné François Hollande à Bourges et à Limoges. Les journalistes locaux n'étaient pas du reste. Dame la pluie était au rendez-vous. Le candidat socialiste arrivé au premier tour de l'élection française tenait à assister au Printemps de Bourges aux balances de Zebda dont l'album s'intitule "Second Tour". Sûr que même Bono n'aurait pas attiré un tel concert de journalistes. La star, là, était le candidat socialiste. À une heure (midi) où les festivaliers émergent doucement, François Hollande s'est fendu (comme l'an dernier et il y a quinze ans) d'une visite dans la cité berrichonne où se tient cette semaine le 36e Printemps de Bourges, rendez-vous pionnier, médiatisé et éclectique des musiques actuelles.

    Des journalistes Français et étrangers venant de Paris arrivent à Bourges. photo Réveil FM

    Deux cars attendent dont celui-ci avec un laissez-passer pour le Zénith de Limoges. photo Réveil FM

    Le giratoire devant l'entrée principale du Printemps de Bourges. photo Réveil FM

    Les journalistes attendent l'arrivée de François Hollande. photo Réveil FM

    Sous la pluie journalistes et agents de sécurité attendent François Hollande. Photo Réveil FM

    Signe avant-coureur un policier motard arrive. Photo Réveil FM

    Ils sont deux maintenant deux policiers motards qui ont escorté le cortège de François Hollande. Photo Réveil FM

    Le cortège de François Hollande arrive ! photo Réveil FM

    La voiture de François Hollande s'arrête à mon niveau. Photo Réveil FM

    François Hollande sort du véhicule. Photo Réveil FM

    François Hollande est là. Photo Réveil FM

    Malgré la pluie et les services de sécurité sur les dents, François Hollande s'arrête et se à répondre aux questions des journalistes. Photo Réveil FM

    Il pleut une trombe, mais les journalistes sont là et ne quittent pas François Hollande. Photo Réveil FM

    François Hollande est vivement entouré. Photo Réveil FM

    Les journalistes sont là ! Photo Réveil FM

    François Hollande répond aux questions des journalistes sous la pluie. Photo Réveil FM

    François Hollande refuse que l'on empêche d'être au contact avec des Français. Photo Réveil FM

    François Président ! François Président scandent les hommes et femmes présents. Photo Réveil FM

    François Hollande transpire le calme et la sérénité. Photo Réveil FM

    François Hollande salue les gens dans leurs stands. Photo Réveil FM

    François Hollande s'arrête lorsque la foule se bouscule autour de lui. Photo Réveil FM

    François Hollande n'a pas peur de rencontrer les Français. Photo Réveil FM

    François Hollande est serein, il marche à pas de tortue. Photo Réveil FM

    Les services de sécurité font la ceinture autour de François Hollande, ce dernier les échappe pour aller vers les gens. Photo Réveil FM

    François Hollande sortant de l’igloo abritant le stand de la Région Centre, ’il y avait plus de journalistes que de festivaliers, pluie oblige. Photo Réveil FM

    Serein et calme au milieu d'une forêt de caméras et de micros, tel un pianiste classique qui jouerait au centre d'un groupe de rock, M. Hollande a salué les militants, posé avec des passants tous très accueillants, et assisté à quelques minutes de la balance du groupe toulousain métissé et militant, Zebda. Les interprètes du fameux Motivé(e) s ont lancé devant les objectifs un « Il va gagner », avant de remettre au candidat un tee-shirt siglé du titre de leur dernier disque... Second tour.

    François Hollande s'est ensuite rendu sur le plateau du Mouv', la fréquence de Radio France rock et jeune, pour parler culture, elle qui « permet de donner un sens ». Il a comparé son projet aux réalisations du premier septennat de François Mitterrand en terme de démocratisation et de développement culturel. Il a critiqué l'esprit d'HADOPI, de toute façon « dépassée », et défendu « l'exception culturelle française ».

    Acceptant que les journalistes l'emmènent au-delà de la partition jeune et culturelle qu'il était venu jouer, François Hollande a livré son état d'esprit : « Je me sens chaque jour un peu plus prêt du grand rendez-vous. » « Sans peur », mais avec « la gravité de savoir ce que les Français vont décider ». « Confiant car les conditions d'une victoire sont réunies », mais « sûr de rien ». « Du courage... »

    Il a indiqué qu'il avait répondu à François Bayrou, soulignant des proximités comme sur l'Éducation nationale, mais réitérant son refus d'inscrire la règle d'or dans la Constitution.

    Il a répondu un « Je peux le comprendre », au sujet de Dominique de Villepin qui se dit « effrayé » par la campagne de Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il n'avait pas encore choisi son éventuel Premier ministre et confié que son ministre de la Culture serait une personnalité politique plutôt qu'un artiste terminant d'une note musicale en rendant hommage à la Grande Sophie et à sa chanson Du courage qu'il avait empruntée pour une campagne.

    « C'est le mot que j'entends le plus de la part des gens... ça donne envie de se battre pour de bonnes causes ».

    A sa sortie du stand du Conseil Général du Centre, François va-t-il changer de rythme ? Non ! Photo Réveil FM

    Monsieur Hollande je vous vois souvent à la télé lui crié un jeune pré-adolescent parisien. Photo Réveil FM

    Je vais dire à mes copains que je vous ai vu ! Photo Réveil FM

    François Hollande tout en marchant parle au petit jeune pendant une dizaine de minutes. Photo Réveil FM

    Les journalistes suivent toutes les conversations. Photo Réveil FM

    Une horde de journalistes sont devant. Photo Réveil FM

    L'ambiance est bon enfant, les journalistes télés prennent des images, ceux de la radio les sons et les photographes des photos. Photo Réveil FM

    Tout le monde descend pour aller au chapiteau Phoenix. Photo Réveil FM

    Il n'y a aucune nervosité ! Photo Réveil FM

    François Hollande échappe à tout et va saluer un couple. Photo Réveil FM

    François Hollande arrive sur le pont de la rivière l' Oron. Photo Réveil FM

    Seules les personnes portant un badge ont pu traverser le petit pont. Photo Réveil FM

    François Hollande arrive et nous sommes à quelques mètres du chapiteau où Zebda fait ses balances. Photo Réveil FM

    Le groupe Toulousain Zebda offra un T-Shirt à François Hollande. Photo Réveil FM

    François prend le temps sur le podium de discuter avec les membres du groupe. Photo Réveil FM

    Départ vers la salle où François Hollande doit tenir sa conférence de presse. Photo Réveil FM

    La pluie continue de tomber, François Hollande ne change pas son rythme. Photo Réveil FM


    François Hollande au Printemps de Bourges 2012 par LeMouv

    François Hollande était hier dans les allées du Printemps de Bourges à la rencontre des festivaliers. Accessible et confiant, il a parlé culture et politique. N’allez surtout pas dire à François Hollande que la culture est la grande absente de cette campagne présidentielle. Il vous répondra avec un argumentaire rodé mettant en valeur les relations entre la culture et l’économie, la culture et les territoires ou bien encore la culture et l’État. Et pour bien marquer son attachement à cette culture qu’il veut développer et encore plus ancrer dans les territoires, justement, le candidat socialiste a, une fois encore François Hollande était déjà sur le festival l’an passé à l’occasion d’une autre campagne, celle de la primaire socialiste. Autre temps, autre époque, mais toujours finalement une popularité qui semblait, à l’épreuve de la pluie. Première étape de sa visite berruyère, la fédération départementale du PS en plein centre-ville. Les militants n’auraient pour rien au monde loupé une telle visite et la rue du Prinal était déjà noire de monde bien avant l’arrivée du candidat. Une arrivée avec plusieurs minutes de retard mais qu’importe : la ferveur était bien là et les personnalités aussi. Michel Sapin, Aurélie Filippetti, André Laignel (maire d’Issoudun), François Bonneau (président de la Région Centre). Sans oublier les locaux, bien entendu, comme Alain Rafesthain (président du conseil général), Philippe Fournié (premier secrétaire du Cher) et les trois candidats aux législatives (Yann Galut, Céline Bézoui, Agnès Sinsoulier-Bigot).

    Direction ensuite la Maison de la Culture pour un accueil de la part du maire de Bourges, Serge Lepeltier, et Daniel Colling, directeur du Printemps. Sans oublier la cohorte de journalistes indispensable pour tout candidat à la présidentielle. Ils étaient un peu plus d’une centaine à suivre François Hollande dans son déplacement printanier avant son meeting de Limoges (Haute-Vienne). D’ailleurs, tandis que le candidat se dirigeait vers l’igloo abritant le stand de la Région Centre, il semblait qu’il y avait plus de journalistes que de festivaliers, pluie oblige?! Sur ce stand, François Hollande a parlé de musiques actuelles (notamment avec Alex Tinseau, directeur de la Fédération régionale des musiques actuelles) et a reçu un portrait dessiné au fusain.

    Le cortège reprend sa route pour un arrêt rapide au stand du conseil général avant une pause de quelques minutes au Palais d’Auron à la rencontre d’autres militants. Ouf?! Visiblement confiant, François Hollande repart déjà en direction de Limoges pour un grand meeting régional. « Rendez-vous l’année prochaine, quel que soit l’habit que j’aurais endossé », promet-il.

  • Invité à Fréquence Protestante 100.7 FM à Paris

    Invité à Fréquence Protestante 100.7 FM à Paris

    Cela fait 25 ans que je fais de la radio. Mon attachement et ma passion pour la radio demeurent ! Et bien c'est à Fréquence Protestante à Paris que j'ai parlé pour la première fois derrière un micro. Fréquence Protestante partage ses heures d'antenne avec Radio Notre Dame, la radio catholique parisienne. Son nouveau studio est coquet et moderne, qu'à notre époque, où l'analogique avait encore pignon sur rue. L'état d'esprit à Fréquence Protestante n'a pas changé, l'accueil y est toujours cordial et chaleureux. Mon article dans Mission-DEFAP, qui est apparu ce samedi sur l'Eglise et Politique en République démocratique du Congo a suscité de l'intérêt au sein protestantisme français. Fréquence Protestante 100.7 FM est située au 1, bis rue Denis Poisson à proximité de la Grande Armée qui mène soit à l'Arc de Triomphe ou vers la Défense. L'émission "Eglises et Politique" était animée par Valérie Thorin Journaliste, spécialiste de l'Afrique subsaharienne. Valérie Thorin a été pendant une dizaine d'année salariée du groupe Jeune Afrique avant de rejoindre le mensuel Afrique Asie, où elle est actuellement chef de rubrique. Elle intervient régulièrement sur l'antenne de TV5 Monde, dans l'émission Afrique Presse présentée par Denise Epoté et Assane Diop. On peut également la voir sur TéléSud, dans l'émission Maquis Hebdo animée par Pascal Boua. Valérie Thorin a été la première journaliste française à pénétrer dans le nord de la Côte d'Ivoire en descendant depuis le Burkina Faso, au début de la rébellion qui a suivi la tentative manquée de coup d'Etat du 19 septembre 2002. Ses reportages, publiés dans le magazine Jeune Afrique, racontaient dans le détail la vie en zone rebelle. Elle a également été l'une des premières arrivées en Centrafrique, à Bangui, en mars 2003 après le coup d'Etat réussi de François Bozizé, qui a renversé le président Ange-Félix Patassé.

    Valérie Thorin, journaliste, spécialiste de l'Afrique subsaharienne à Fréquence Protestante. Photo Réveil FM

    Fréquence Protestante, 1 rue Denis poisson à Paris. Photo Réveil FM

    Mélody Locard, journaliste, envoyée spéciale en Algérie pendant la campagne électorale pour les législatives, Freddy Mulongo, journaliste congolais, spécialiste en politique internationale et Valérie Thorin Journaliste, spécialiste de l'Afrique subsaharienne. Photo Réveil FM

    Valérie Thorin et Freddy Mulongo au Fréquence Protestante à Paris. Photo Réveil FM

    Pour écouter l'émission sur Fréquence Protestante :

    http://www.frequenceprotestante.com/index.php?id=47&user_radio_pi1[program]=31411

    Le studio de Fréquence Protestante. Photo Réveil FM

  • Élection au Congo: L'odieuse régulation des médias, HAM-CSAC ont lamentablement échoué en République démocratique du Congo

    Élection au Congo: L'odieuse régulation des médias, HAM-CSAC ont lamentablement échoué en République démocratique du Congo

    Dimanche 22 avril, personne n'est mort en France puisqu'il a voté Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen , Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly, François Bayrou...Les journalistes étaient dans les bureaux de vote, dans les rues, suivant des candidats sans que cela pose un problème. Avant 20h, l'Agence France Presse, des médias en Suisse, en Belgique avaient déjà donné les résultats du premier tour de la présidentielle française: François Hollande était en tête suivi, de Nicolas Sarkozy, de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon etc. Et le 6 mai prochain personne en France ne sera tué à cause de l'élection présidentielle. Lors des élections Louis Michel 2006, Modeste Mutinga Mutuishayi dans roublerie et fourberie avait privatisé impunément la Haute Autorité des Médias (HAM) distribuant des sanctions à la pelle aux journalistes, médias et acteurs politiques de l'opposition. Arriviste et parvenu Modeste Mutinga Mutuishayi s'était fait corrompre par Joseph Kabila pour bâillonner et museler les journalistes et médias congolais. Prédateur de la liberté d'expression, celui qui devint l'autocrate de la HAM, dans son deal avec Joseph Kabila avait négocié son parachutage au Sénat comme Rapporteur au Sénat. Avec des espèces sonnantes et trébuchantes reçues pour jouer au Matador contre la liberté de presse en République démocratique du Congo, l'ogre de la HAM a pu quitter la maison familiale de Ngaba-Makala pour se construire une villa à Mbinza et un appartement à la Gombé.

    Élection Louis Michel 2006, Modeste Mutinga Mutuishayi convoque les responsables des médias dans l’enceinte de la Monuc, ils sont contraint de signer un "contrat de bonne conduite" devant les Ambassadeurs de la CIAT. C'est bien Johan Swinnen, l’ancien Ambassadeur de la Belgique en RDC qui est derrière Modeste Mutinga Mutuishayi et derrière Kimpolongo de la RTNC, Roger Meece, ancien ambassadeur des Etats-Unis. Dans quel pays a-t-on vu des ambassadeurs porter caution à la répression contre les médias et s'immiscer dans les affaires de la presse ? Réveil FM n'a jamais posé sa signature sur un code bidon de "Bonne conduite". Photo Réveil FM, archives

    Freddy Mulongo et Serge Moati, journaliste et réalisateur français. Conseiller de François Mitterrand pour l'audiovisuel, il le prépare avec Robert Badinter au débat télévisuel d'entre-deux-tours en 1981. Devant la vivacité de leurs critiques, il décide d'y renoncer et les charge de trouver des conditions techniques inacceptables pour l'autre camp. Ils élaborent donc une codification du débat en vingt et un points (valeur de plan, plans de coupe, distances, etc.) favorisant leur candidat. À leur grande surprise, elle est acceptée sans réserve par les conseillers de Valéry Giscard d'Estaing. Cette codification est toujours en vigueur, c'est sur cette base que s'organise le débat de 2007 entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Photo Réveil FM

    Il travaille surtout pour la télévision mais a aussi été scénariste, producteur, acteur, écrivain et présentateur de télévision "Les pires sont les médias des candidats, qui continuent à déraper et attisent les tensions", témoignait au début du mois d’octobre 2006, Modeste Mutinga Mutuishayi, président de la fameuse HAM. Digital Congo, Canal Congo TV (CCTV) et Canal Kin TV (CKTV) sont pointées du doigt comme les principaux vecteurs d’appels "à la haine tribale" et "d’apologie de la congolité" déclarait Modeste Mutinga Mutuishayi, le pitbull de la HAM dans le journal The Post. Oubliant consciemment de dire dans cette fameuse interview, qu'il s'était octroyé Radio 7 et Télé 7, tout en étant Président d'une instance de régulation.

    Et pourtant, Institution d’appui à la démocratie, la Haute Autorité des Médias était censé être l’instance nationale de régulation des médias en République Démocratique du Congo, conformément à l’article 155 de la Constitution de la transition.

    Au début des années 80 une dynamique nouvelle a vu le jour dans le monde de la presse congolaise, avec une floraison des titres des journaux et une ouverture de l’espace audiovisuel aux initiatives privées.

    L’autopsie de la presse congolaise faite successivement à la Conférence Nationale Souveraine, aux Etats- Généraux de la Communication et au Dialogue Intercongolais avait recommandé l’institution d’une instance de régulation devant veiller au pluralisme, à la neutralité, à l’indépendance et au professionnalisme des médias. Au lieu d'être arbitre, la Haute Autorité des Médias s'était transformée en instance de répression, travaillant avec l'ANR pour réprimer des journalistes.

    La Haute Autorité des Médias avait pour mission :

    - de garantir le droit du citoyen à une information objective et fiable, de l’égalité et de l’équité des médias publics et privé vis-à-vis des forces politiques et sociales, et de veiller à la diffusion dans les médias de la culture de la paix, de la démocratie, et des informations favorisant le développement socio-économique ;

    - de veiller au respect de la loi sur les modalités de l’exercice de la liberté de la presse en République Démocratique du Congo et d’amener la presse à observer son propre code d’éthique et de déontologie ;

    - de conseiller le Gouvernement par des avis techniques à priori et/ou à posteriori sur les matières concernant les médias audiovisuels, notamment dans l’attribution des fréquences, et s’assurer du respect des cahiers des charges par les opérateurs du secteur ;

    - de mener, en cas de conflit, des actions de médiation entre les différents protagonistes intéressés et intervenants dans le domaine des médias ;

    - d’émettre des avis sur les projets ou propositions de loi relatif à la presse et aux Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) et veille à la qualité des productions du secteur.

    La Tour administrative de la RTNC qui abrite le siège du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et Communication (CSAC) drapée dans une publicité qui vante les 5 chantiers de Joseph Kabila à Kinshasa-Lingwala

    Les missions ont été foulées aux pieds par Modeste Mutinga Mutuishayi et son équipe mafieuse. Pour son ventre et ses intérêts personnels, Modeste Mutinga Mutuishayi, mammouth-joséphiste s'est même autorisé de priver les congolais d'un débat démocratique inscrit dans la Constitution qui devrait opposer Joseph Kabila et Jean Pierre Bemba.

    En France, un buzz sur le débat présidentiel. Nicolas Sarkozy, le candidat président en demande même trois pour affronter son adversaire François Hollande. Le 2 mai prochain, qu'il pleuve et vente, un débat télévisé aura lieu entre Nicolas Sarkozy et François Hollande.

    Le débat télévisé du second tour de l'élection présidentielle est un événement politique et médiatique des élections présidentielles françaises sous la Cinquième République.

    Bien que ne constituant pas une obligation, cette rencontre entre les finalistes est devenue au cours des années une tradition. Apparue en 1974 avec la confrontation de Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, elle s'inspire de la pratique américaine, le même type de rendez-vous existant depuis septembre 1960 aux États-Unis, date d'un débat entre Richard Nixon et John Fitzgerald Kennedy.

     

    -Débat du 10 mai 1974: Pour la première fois, les candidats du second tour de l'élection présidentielle française de 1974, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, acceptent de se confronter verbalement dans un débat télévisé. Ils sont en confrontation directe, les journalistes animant le débat n'étant autorisés qu'à faire respecter les temps de parole.

    La phrase la plus retenue[réf. souhaitée] du débat est « Vous n'avez pas le monopole du cœur », de Valéry Giscard d'Estaing.

    Tout au long du débat, François Mitterrand critique le bilan de la majorité et du gouvernement sortant, dans lequel Valéry Giscard d'Estaing siège en tant que ministre des Finances. Ce dernier lui reproche d'être « un homme du passé » avec lequel « on ne peut pas parler d'avenir ». C'est entre autres une allusion à la longue carrière de François Mitterrand, qui avait été nommé ministre pour la première fois 27 ans plus tôt.

    -Débat du 5 mai 1981: Le débat télévisé de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle française de 1981 reprend les mêmes adversaires qu'en 1974. Cette « revanche » oppose le président sortant Valéry Giscard d'Estaing et son adversaire de gauche, François Mitterrand.

    C'est à cette époque que sont fixées les règles du cahier des charges. Élaborés par Serge Moati et Robert Badinter, conseillers de Mitterrand de l'époque, les 21 points constituant cette réglementation proviennent du fait que Mitterrand s'était trouvé très mauvais face à Giscard d'Estaing.

    On a retenu deux phrases marquantes à l'issue de ce débat, toutes deux de Mitterrand : « Vous avez tendance à reprendre le refrain d'il y a sept ans : l'homme du passé. C'est quand même ennuyeux que, dans l'intervalle, vous soyez devenu, vous, l'homme du passif » et, alors que Giscard d'Estaing l'interroge sur le cours du mark allemand : « D'abord je n'aime pas beaucoup ces manières, je ne suis pas votre élève et vous n'êtes pas le président de la République ici, vous êtes simplement mon contradicteur », avant de donner le chiffre en question.

    -Débat du 28 avril 1988: Le débat télévisé oppose cette fois le président sortant François Mitterrand à son adversaire, le Premier ministre Jacques Chirac, candidats restant en lice pour le second tour de l'élection présidentielle française de 1988.

    Le premier moment le plus marquant est celui où Jacques Chirac lance à François Mitterrand : « Ce soir, je ne suis pas le Premier ministre, et vous n'êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats à égalité […], vous me permettrez donc de vous appeler monsieur Mitterrand. » François Mitterrand lui répond ironiquement : « Mais vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre. » Plus tard dans le débat, Jacques Chirac finit par dire « monsieur le président » en s'adressant à François Mitterrand.

    Une grande tension entre les deux hommes est palpable au moment où est évoquée l'affaire Wahid Gordji, diplomate iranien impliqué dans les attentats de fin 1986 à Paris. François Mitterrand affirme que Jacques Chirac lui avait déclaré que le « dossier était écrasant ». « Est-ce que vous pouvez dire, en me regardant dans les yeux, que je vous ai dit que nous avions les preuves que Gordji était coupable ? […] Pouvez-vous vraiment contester ma version des choses en me regardant dans les yeux ? », lance le Premier ministre. « Dans les yeux, je la conteste », répond sèchement le président.

    -Débat du 2 mai 1995: Ce sont Lionel Jospin et Jacques Chirac qui s'opposent lors du second tour de l'élection présidentielle française de 1995.

    Le débat fut moins tendu que les précédentes éditions, avec peu de piques et de petites phrases. L'une des saillies les plus marquantes reste relativement courtoise : il s'agit d'une phrase de Lionel Jospin à propos de la réforme du quinquennat : « Il vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Jacques Chirac. Ce serait bien long. »

    -Absence de débat en 2002: Le second tour de l'élection présidentielle française de 2002, qui a vu s'opposer le président sortant Jacques Chirac et le représentant de la droite nationale Jean-Marie Le Pen, a été marqué par l'absence de débat entre les deux candidats, Jacques Chirac ayant refusé de débattre avec le candidat frontiste.

    -Débat du 2 mai 2007: L'élection présidentielle de 2007 a vu le premier tour consacrer Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Le débat télévisé de l'entre-deux-tours, présenté par Arlette Chabot de France 2 et Patrick Poivre d'Arvor de TF1, a lieu le mercredi 2 mai 2007 à 21 heures. Il est diffusé sur ces deux chaînes de télévision, et relayé par d'autres, ainsi que par des stations de radio, comme RTL, France Inter et France Info.

    Quatre grands thèmes sont abordés : « la conception du pouvoir et les institutions, les problèmes économiques et sociaux, les problèmes dits de société, type éducation, famille, recherche, culture, environnement et les relations internationales avec l'Europe comprise ». Initialement prévue pour une durée de 2 heures, la rencontre durera finalement 39 minutes de plus.

    Ce débat, particulièrement vif, est marqué par la « colère saine » de Ségolène Royal, qui dénonce le « summum de l'immoralité politique » du candidat UMP quant à l'accueil des handicapés dans le système éducatif « normal », ainsi que par des échanges comportant des erreurs factuelles sur l'énergie nucléaire de part et d'autre. Nicolas Sarkozy, qui lui a rétorqué qu'il fallait « être calme pour être président de la République », est sorti vainqueur du débat d'après les enquêtes réalisées par cinq instituts de sondage.

    La Haute Autorité des Médias (HAM) est remplacée par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication, conformément à l’article 212 de la Constitution. Mais Joseph Kabila ayant compris qu'il pouvait continuer se jouer des journalistes, médias et opposants congolais. Il a fait tripatouillé la Constitution de Liège en corrompant sénateurs et députés. En complicité avec Modeste Mutinga Mutuishayi, Joseph Kabila a placé ses laquais dans le CSAC. Ce dernier pour prouver son indépendance a occupé la tour administrative de la RTNC. Devenue la caisse de résonance du Joséphisme, le CSAC a suivi le chemin tortueux de la HAM avec Modeste Mutinga Mutuishayi. Distribuant des sanctions à la pelle, fermant des médias d'opposition etc...Candidat du peuple, Etienne Tshisekedi n'a eu que 4% de temps d'antenne à la RTNC tandis que Joseph Kabila 87% lors de l'élection présidentielle du 28 novembre 2011. Croire que la régulation des médias fonctionne au Congo-démocratique est une vue d'esprit. Le CSAC est inféodé au pouvoir des joséphistes, si pas son bras armé pour tuer la liberté d'expression en République démocratique.

    Nous sommes nombreux à penser à la disparition pure et simple du CSAC. N'en déplaisent aux prédateurs de la liberté d'expression et leurs mentors !
  • Ethiopie: Le site de l’hebdomadaire The Reporter bloqué depuis six jours

    Ethiopie: Le site de l’hebdomadaire The Reporter bloqué depuis six jours

    Reporters sans frontières s’inquiète des restrictions d’accès au site Internet du plus grand hebdomadaire privé et indépendant éthiopien, The Reporter. Depuis le 21 avril 2012, aux alentours de 16 heures 30, les internautes en Ethiopie ne peuvent plus accéder à ce site sans passer par un serveur proxy.

    Ethiopian Reporter (également appelé The Reporter) est un journal privé bihebdomadaire éthiopien publié en amharique et en anglais. Il appartient à la société Media Communication Centre1 et est basé à Addis-Abeba.

    Reporters sans frontières s’interroge sur les raisons de ce blocage et demande aux autorités de fournir des explications. “Tout indique qu’il s’agit d’un filtrage opéré par la société Ethio-Telecom, propriété du gouvernement éthiopien, puisqu’elle est l’unique fournisseur d’accès Internet du pays”, a déclaré l’organisation.

    Le Media Communication Center (MCC), société éditrice de The Reporter, a demandé des explications à Ethio-Telecom, mais n’a pas encore obtenu de réponse.

    “Si le filtrage d’Internet n’est pas une pratique nouvelle en Ethiopie, elle n’avait jamais concerné le site d’un grand journal indépendant. Des recherches et tests effectués en 2008 et 2009 par L'Opennet initiative avaient démontré que des opérations de filtrage avaient eu lieu dans le pays à l’encontre de quelques sites d'information critiques ou d’opposition basés à l’étranger, mais c’est la première fois qu’un hebdomadaire comme The Reporter est victime d’un tel incident”, a ajouté Reporters sans frontières.

    Le site de The Reporter compte plus de 30 000 visiteurs par jour. C’est cinq fois plus que le nombre de lecteurs de la version papier. “Le filtrage du site de The Reporter a-t-il été instauré pour éviter la propagation d’articles sensibles?”, s’est interrogée Reporters sans frontières.

    L’organisation demande un rétablissement rapide de l’accès au site web pour les internautes éthiopiens et rappelle son opposition au filtrage du Net. Cette position est partagée par Frank La Rue, Rapporteur spécial des Nations unies pour la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, qui recommande dans son rapport de juin 2011 “des restrictions aussi limitées que possible sur la circulation de l’information via Internet, sauf dans des circonstances précises, exceptionnelles et limitées, en accord avec les standards internationaux”.

    Le Rapporteur spécial a également déclaré que “le droit à la liberté d’expression devrait être la norme et les limitations, des exceptions”.
  • Kinshasa: Que vaut le XIVè sommet de la Francophonie sans la présence de la France et de son président ?

    Kinshasa: Que vaut le XIVè sommet de la Francophonie sans la présence de la France et de son président ?

    François Hollande s'il est élu n'ira pas à Kinshasa au XIVè Sommet de la francophonie à cause du hold-up électoral. Les journaux coupagistes et des lobbyistes véreux font du XIVè Sommet de la francophonie à Kinshasa, un sésame pour légitimer Joseph Kabila, sa dictature totalitaire, sa main mise des institutions républicaines, l'enrichissement illicite de ses mammouths joséphistes, la récompense des seigneurs de guerre et des prédateurs financiers aux postes importants du pays. Le hold-up électoral de Joseph Kabila risque de le perdre. Voulant à tout prix se maintenir au pouvoir et diriger par défi en trônant sur la République démocratique du Congo, le plus grand pays francophonie au monde, par usurpation, fraude et tricherie, Joseph Kabila va à sa perte ! Les ventripotents ont pris la mauvaise habitude de regarder la Congo à travers la grosseur de leur ventre et croient que les Congolais doivent fermer les yeux face à leurs bévues et gangstérisme politique. Joseph Kabila est illégitime, François Hollande n'ira pas à Kinshasa pour légitimer son pouvoir illégal et illégitime ! A J-11 du second tour de la présidentielle, François Hollande a endossé par avance mercredi 25 avril, les habits de chef de l'Etat, en affirmant sa "confiance" en sa victoire le 6 mai, et en détaillant son action pour les mois à venir. Devant quelque 280 journalistes, dont 73 de médias étrangers, réunis à l'Union internationale des chemins de fer (UIMM), pour la conférence de presse, non loin de la Tour Eiffel, le député de Corrèze a dit sa "confiance" en sa victoire, avant de répondre au feu roulant de questions.

    François Hollande a endossé et boutonné le costume du chef de l’État. Photo Réveil FM

     


    Conférence de presse de François Hollande par LCP

    Humour, sérieux et décontraction: pendant une heure et demie, François Hollande s'est efforcé de prendre le contre-pied de Nicolas Sarkozy, lors d'une longue conférence de presse, la première de sa campagne, après la présentation de son programme en janvier et quelques points thématiques.

    D'emblée, celui, qui partage sa vie avec une journaliste, a critiqué en creux l'attitude sans le nommer du "candidat sortant" Nicolas Sarkozy à l'égard des journalistes, prenant soin de dire son "grand respect" pour la presse "indispensable pour la démocratie", quand l'UMP a tiré à boulets rouges sur les Unes de Libération et de l'Humanité mercredi.

    Cette conférence de presse "pourrait être un rendez-vous régulier" pour "rendre compte de mon action devant les Français", a ajouté le député de Corrèze en se démarquant du chef de l'Etat qui n'en a fait qu'une poignée durant son quinquennat.

    M. Hollande a cependant ironisé, imaginant la Une du Figaro le 7 mai s'il est élu à l'Elysée: "Embarras au PS".

    Le candidat socialiste a fustigé notamment la "course depuis dimanche soir" de son rival Nicolas Sarkozy "pour attraper (...) les électeurs, mais aussi les thèses, les mots, les phrases" du FN, alors qu'il était interrogé sur François Bayrou qui venait de dénoncer auprès de l'AFP une "course ventre à terre" de M. Sarkozy derrière le FN.

    Tirant les leçons du premier tour plaçant le FN à 17,9%, il s'est projeté à l'Elysée: "bien comprendre ce qui travaille notre pays, l'inquiète, le décourage, c'est ce qu'aura aussi à régler le président".

    A l'égard du centriste M. Bayrou (9,13%), il ne veut pas "faire pression", mais, petit signe à ses électeurs, a reparlé de "moralisation de la vie politique", thème cher au président du MoDem.

    Il a salué à nouveau le "bon résultat" de Jean-Luc Mélenchon (11,1%), s'interrogeant: "Voudra-t-il venir ou ne pas venir' (dans un meeting commun) c'est sa liberté", tout en disant aux électeurs du Front de gauche: "ceux qui le souhaitent sont les bienvenus, mais je ne veux forcer personne".

    A l'international, il a réaffirmé ses positions: "discussion ferme et amicale" avec la chancelière allemande Angela Merkel, notamment sur la renégociation du traité européen, "mémorandum" à tous les chefs d'Etat et de gouvernement sur ce sujet, opposition à une règle d'or budgétaire constitutionnelle, contrairement à M. Sarkozy, retrait dès le 7 mai des soldats français d'Afghanistan, et souhait que la monnaie chinoise, le yuan, puisse "devenir convertible".

    Il a salué notamment la position de Mario Draghi, président de la BCE qui vient conforter, selon lui, sa demande de renégociation du Traité européen en demandant un pacte de croissance.

    Sur la Françafrique, il a réaffirmé sa volonté de "rupture" par rapport à des pratiques qui ont desservi la France et l'Afrique.

    "C'était une façon d'illustrer la présidence "normale" qu'il veut incarner, bien différente de la façon dont Nicolas Sarkozy a exercé le pouvoir, s'est comporté vis-à-vis de la presse et des citoyens", a commenté Delphine Batho, une porte-parole.

    François Hollande a donné rendez-vous le 6 mai à Tulle, son fief corrézien, où, a-t-il dit en allusion au Fouquet's où Nicolas Sarkozy avait fêté sa victoire le 6 mai 2007, "il y a des établissements qui pourront me recevoir et seront sans danger, en tous cas, quant à leur niveau de luxe et quant aux fréquentations qui pourraient être les miennes".