• Italie: Beppe Grillo les a tous grillés !

    Italie: Beppe Grillo les a tous grillés !

    Beppe Grillo les a tous grillés !

    Tour à tour acteur de théâtre, de cinéma, ou de télévision, provocateur et agitateur d’idées, il a animé une journée populaire en Italie, le « V-Day » pour Vaffanculo (« va te faire foutre ») en 2007. Né le 21 juillet 1948 à Gênes, en Ligurie, au nord-ouest de l’Italie, Beppe Grillo, de son vrai nom Giuseppe Piero Grillo, est un humoriste, acteur, blogueur et militant politique italien. L'ex-comique anti-système, qui avait promis d' "ouvrir le Parlement comme une boîte de thon", a réussi à mettre en miettes les caciques de la politique italienne. Il a fait élire des dizaines de nouveaux sénateurs et députés n'ayant jamais appartenu à un autre parti aux élections des 24 et 25 février. Son Mouvement 5 étoiles (M5S) a conquis d'un coup la 3è place avec un quart des voix. Et il refuse toute alliance dans un Parlement qui menace d'être "blocato", la gauche ayant conquis de justesse l'Assemblée et la droite disposant d'une majorité relative au Sénat...

    Beppe Grillo leader Movimento 5 stelle, Mouvement 5 Etoiles

    Quel programme Beppe Grillo, lui-même inéligible en raison de son implication dans un accident mortel, déroute-t-il lors des meetings géants en centre-ville lors de son "tsunami tour" ? "A casa !" ("A la maison ! ") est un cri de ses cris de ralliement contre la classe politique et médiatique, quand ce n'est pas "Vaffanculo !" qui rapelle le "Me ne frego" ("Je m'en fous") de Mussolini...

    Si localement ses élus sont écolos ou soutiennent en Sisile le gouvernement de centre gauche, Grillo définit seul la ligne nationale de son mouvement, boycotte les plateaux de télé et les journaux en refusant tout contradicteur, et préfère diffuser sa pensée via ses sites Internet bourrés de pubs qui l'enrichissent. Il prône la démocratie directe, un référendum sur la sortie de l'euro, la semaine de vingt heures et la fin du financement des partis politiques corrompus...

    Ce qui ne peut qu'avantager les riches comme lui et Berlusconi, désormais dépassé par ce tribun de la plèbe.

    Dans "Libération" du 26 février, le philosophe Gianni Vattimo explique que le phénomène Grillo est un retour de manivelle contre le gouvernement sortant de techniciens constitué par l'ex-banquier centriste Mario Monti, avec sa cure d'austérité, qui a encore approfondi le rejet en bloc de la classe politique. De fait, Monti s'est retrouvé ratatiné à 9% dans les urnes...

    Autre comique italien contrarié, Berlusconi a manqué de justesse son " retour de la momie". Il a eu beau se montrer neuf ou dix fois par jour à la télé, promettre tout et n'importe quoi-y compris le remboursement de l'impopulaire taxe foncière de Monti (qui coûterait 8 milliards en deux ans !)-, il a opérér une remontée, jamais vue, de 10 points. Et s'est fait coiffer au poteau par Pier Luigi Bersani, le leader de la coalition de gauche, qui remporte la majorité absolue des sièges à l'Assemblée, pour 124 000 voix d'avance seulement.

    Mais Bersani comme Berlusconi perdent près de 10% des voix par rapport aux élections de 2008.

    Au Sénat, la coalition de Berlusconi dispose du premier groupe parlementaire (116 sièges sur 315), alors qu'elle arrive derrière celle de Bersani en voix, du fait que la prime majoritaire est distribuée région par région (un peu comme aux Etats-Unis) ! D'où le blocage...

    Au nom de l'intérêt général, Berlusconi se dit désormais prêt à une alliance avec le centre gauche. Si elle ne prenait pas corps, l'historien Marc Lazar prédisait lui, sur France Inter (26 février), un attelage "baroque" entre Bersani et les sénateurs du M5S, qu'il drague déjà, et qui pourraient échapper au contrôle de Grillo !

    Résultat du match entre gauchos et droite italienne: un partout, la balle au centre...ou aux extrêmes ?

    Lassés d’une classe politique corrompue et incompétente, les Italiens ne savent plus à quel Saint se vouer !
  • CEDEAO: Idriss Déby Itno réclame son dû à Yamoussoukro !

    CEDEAO: Idriss Déby Itno réclame son dû à Yamoussoukro !

    Le Tchad n'est pas membre pas membre de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Hier à Yamoussoukro, le président tchadien, Idriss Deby Itno, a appelé, la force ouest-africaine et l’armée malienne à accélérer leur déploiement dans le nord du Mali pour combattre avec les soldats français et tchadiens les groupes djihadistes. «L’heure n’est plus aux discours (...) mais plutôt à l’action, l’ennemi n’attend pas», a-t-il dit à l’ouverture d’un sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à Yamoussoukro. «Nous appelons l’état-major de la Cédéao à plus de célérité en accélérant l’envoi des troupes dans la zone libérée», a-t-il déclaré. A l’intention des soldats maliens, M. Déby a lancé : «Votre place est au front, nous vous attendons dans le nord à la lisière de la frontière de l’Algérie.» Le chef de l’Etat tchadien a précisé que son pays a envoyé «au-delà de 2000» hommes au Mali, le plus fort contingent africain, et déplore dans les rangs de son armée «27 morts et 50 blessés». Le Tchad est en première ligne aux côtés de l’armée française dans le massif des Ifoghas, dans l’extrême nord du Mali, où se sont retranchés les groupes djihadistes après avoir été chassés des grandes villes du Nord qu’ils occupaient depuis l’année dernière. Le déploiement de la force de la Cédéao, la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), à laquelle n’appartient pas le Tchad, est en revanche jugé lent.

    Yamoussoukro, mercredi 27 février, Idriss Déby Itno, le président tchadien, n'a pas été tendre avec ses partenaires de la CEDEAO

    Idriss Déby semblerait être clairement venu à Yamoussoukro pour réclamer son dû. On apprend de source diplomatiques ivoiriennes, que le Tchad se serait déplacé à la 42ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao essentiellement pour accélérer le versement d'une promesse financière évaluée selon nos informations, à près de 100 milliards de Fcfa. Idriss Déby Itno, dont le pays est hors Cedeao, que l'on a annoncé "en colère" et sans nul doute financièrement impatient , s'en serait personnellement plaint auprès d'Alassane Ouattara hier mercredi dans la soirée.

    Le président en exercice de la Cédéao, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a confirmé que la Misma devait compter à terme «8000 hommes», affirmant que les trois quarts de ces effectifs étaient déjà présents au Mali. M. Ouattara a lancé un appel à la mobilisation des fonds promis lors d’une conférence internationale à Addis-Abeba fin janvier, mais aussi de ressources complémentaires.

    «La concrétisation de ces promesses de fonds constitue une priorité», a-t-il souligné, souhaitant «l’engagement de la communauté internationale afin de mobiliser les ressources additionnelles indispensables au plein déploiement» de la Misma.

    Alors que la communauté internationale s’est engagée fin janvier pour une enveloppe financière de plus de 455 millions de dollars (338 millions d’euros), destinée à la Misma, à l’armée malienne et à l’aide humanitaire, la Côte d’Ivoire a affirmé lundi que les besoins globaux se montaient à 950 millions de dollars, soit plus du double.

     

    Rappelons que l'armée tchadienne a mis 2400 hommes à la disposition de la Misma (Mission internationale de soutien au Mali) et les troupes du pays d'Idris Déby se heurtent à une résistance acharnée des rebelles dans le massif des Ifoghas, près de la frontière algérienne. Notons que le sommet prendra fin ce jeudi et que le nouveau président de la Cedeao sera désigné à l'issue de cette journée.
  • Quand Ayrault réduit Guaino à son rôle de nègre de Sarkozy !

    Quand Ayrault réduit Guaino à son rôle de nègre de Sarkozy !

    Comme chaque mercredi, c’est séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Les députés interrogent ce 27 février le gouvernement de Jean-Marc Ayrault sur les questions d'actualité. Au menu du jour, vraisemblablement, le Mali, le débat sur les retraites, les chiffres du chômage.

    C'est inhabituel mais l'Assemblée ne fait pas le plein ce mercredi pour les questions au gouvernement. A droite comme à gauche, l'hémicycle est clairsemé: les vacances scolaires et le salon de l'Agriculture !

    15h20 Henri Guaino, l'homme du fameux discours de Dakar, interpelle le Premier ministre et l'accuse une nouvelle fois d'être un homme de la IVe République. Dans sa question, il énumère les réformes qu'il imagine venir, PMA, GPA, salles de shoot, et qualifie Jean-Marc Ayrault de clientéliste : Ma question s'adresse à vous monsieur le Premier ministre, quand je vous vos agir, je ne peux m'empecher de penser aux hommes de la IVe République. (...) Depuis dix mois vous servez les minorités agissantes, les corporatismes, vous marchandez tout, le nucléaire, le mariage, le droit de vote des étrangers, la constitution. (...) C'est encore la vieille politique des clientèle que vous mettez à l'honneur. (...) A quand la PMA et la GPA, pour faire plaisir à certains ? A quand ... (...) Quand cesserez vous d'être un président du Conseil de la IVe République

    J'attends avec impatience la motion de censure que l'UMP annonce. Mais les porte-parles de l'UMP ne sont pas toujours les mêmes, c'est normal, ils sont tous concurrents entre eux. Standing ovation pour Jean-Marc Ayrault de la part des députés de gauche.

    Dans sa réponse, Jean-Marc Ayrault réduit Henri Guaino à son rôle de plume de Nicolas Sarkozy. "Un discours, je ne sais pas pour qui il a été écrit …", lance-t-il.


    Henri Guaino critique "le clientélisme" du... par LCP

    Réponse de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre à une question de Henri Guaino (groupe UMP) lors des questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale Mercredi 27 février 2013

    Monsieur le président, Mesdames et messieurs les députés, Je viens d’entendre un discours, je ne sais pas pour qui il était écrit, de la part d’un auteur qui n’a cessé d’écrire les discours d’un président que les Français ont désavoué à cause de l’échec de sa politique ! Alors n’est pas Malraux qui veut. Il ne suffit pas de faire des effets de manches. Je le répète ici, j’attends avec impatience le rendez-vous de la motion de censure que chaque semaine l’UMP annonce mais les orateurs de l’UMP, les porte-parole ne sont pas toujours les mêmes. C’est normal, ils sont tous concurrents entre eux. Mais nous nous avons en charge les affaires de la France et l’avenir du pays. Et si j’attends ce rendez-vous de la confrontation entre la France que vous nous avez laissée et la France que nous voulons redresser, alors oui je l’attends avec impatience. Parce que le cap que nous avons fixé, c’est le cap du redressement du pays dans la justice. Vous savez dans quel état nous avons trouvé la France : les déficits, qui n’ont cessé d’augmenter ; la dette qui a explosé ; le chômage qui n’a cessé de croître, 1 million de plus en 5 ans. La France qui s’est affaiblie sur le plan de sa politique industrielle. C’est l’état de la France que nous avons trouvé ! Cela ne nous fait pas peur, parce que notre devoir c’est de faire repartir la France. C’est ce que nous avons engagé la tâche est rude, nous allons la poursuivre avec énergie, ténacité, mais nous allons le faire parce que nous, nous avons confiance dans les capacités de la France et aussi de celles des Françaises et des Français. Parce que moi, Monsieur Guaino, je n’ai pas de leçon à recevoir de votre grandiloquence. Moi j’aime la France et j’aime autant la France que vous. Et j’ai confiance dans la capacité des Françaises et des Français pour que notre pays redevienne ce grand pays puissant en Europe et dans le monde. Ça demande du travail, ça demande du courage. Nous, nous l’avons !

    Dans les tribunes des questions au gouvernement ce mercredi, le président de l'Assemblée nationale du Mali et des députés du pays, venus assister au débat qui suivra cette séance, sur le conflit et l'intervention française au Mali.

    15h05 Pendant ce temps, Jean-Louis Borloo, président du groupe UDI est au téléphone dans l'hémicycle.

    15h40 Chaynesse Khirouni, députée socialiste, interroge le gouvernement depuis l'hémicycle. Vêtue d'un jean, elle fait donc ainsi, volontairement ou pas, un clin d'oeil à Christian Jacob. Le patron des députés UMP s'était opposé franchement au port de cette tenue pour les élus.

    15h55

    Ségolène Royal et Jean Sarkozy

    s'invitent aux QAG. Charles-Ange Ginésy, député UMP des Alpes-Maritimes, a dénoncé l'élection de la présidente de la région Poitou-Charentes à la Banque publique d'investissement. Il ne se passe pas une semaine sans qu'on apprenne la nomination de proches du président de la République. (...) Vous créez un Etat-PS.

    Réponse d'Alain Vidalies, ministre délégué aux relations avec le Parlement : "je pense qu'il y a un problème d'amnésie, ce n'est pas vous qui avez soutenu la nomination du fils du président de la République à la tête de l'Epad ?"

  • Amnesty International: "En Côte d'Ivoire, celui qui juge, c'est celui qui a gagné"

    Amnesty International: "En Côte d'Ivoire, celui qui juge, c'est celui qui a gagné"

    Le titre rapport qu'a publié l'ONG Amnesty international, mardi 26 février, est sans ambiguïté : "Côte d'Ivoire : la loi des vainqueurs". L'organisation a recueilli de nombreux témoignages "de première main" qui prouvent des "violations généralisées des droits humains perpétrées par les forces armées à l'encontre de partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo". L'armée ivoirienne a commis des "violations graves" des droits de l'Homme contre les partisans de Laurent Gbagbo, rapporte Amnesty International. Interview du chercheur, Salvatore Saguès.

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    Soldats Ivoiriens ou soldats de Ouattara ?

    Dans votre rapport, vous accusez les FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire) d'Alassane Ouattara d'être responsables notamment d'actes de tortures, d'arrestations et de détention arbitraire envers des personnes supposées être des partisans du camp Gbagbo. La réconciliation est encore loin...

    - Les FRCI (regroupement des Forces nouvelles et des ralliés des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire créé par Alassane Ouattara en 2011, ndlr) se comportent encore comme vainqueurs. Tant qu'ils se considèrent ainsi, le risque est grand d'entretenir une idéologie de guerre civile. Pour réconcilier, il faut reconstruire un appareil d'Etat impartial, des forces de sécurité impartiales, une justice impartiale. Rien de tout cela n'a été fait. Il y a une sécurité et une justice à deux vitesses. Deux ans après la crise post-électorale, les policiers et les gendarmes, issus du pouvoir de Laurent Gbagbo, ne sont toujours pas armés. En face, il y a les FRCI armés. Aux check points d'Abidjan, il y a des soldats, des gendarmes et des policiers. Mais ceux qui contrôlent, ce sont les FRCI. Cela créer une grande frustration dans la population qui nuit à toute réconciliation.

    Par ailleurs, il faut savoir que la criminalité au sein des FRCI a été telle que les autorités ont été obligées de créer une police militaire, fin 2011, chargée de réprimer les soldats qui se conduisaient mal. Or, cette dernière a été utilisée à des fins totalement politiques. C'est elle qui arrête les gens dans les bars, dans la rue, au domicile sans mandat d'arrêt.

    Vous accusez aussi la "milice" composée des chasseurs traditionnels "dozo" d'être derrière de nombreuses exactions...

    - Nous avons, en effet, axé notre travail sur les Dozo. Au départ c'est un groupe de chasseurs traditionnels qui durant les huit années de division du pays, ont protégé les Dioula contre les autorités de Laurent Gbagbo. Ils avaient une fonction de protection d'une population sans défense. Mais maintenant, ils se sont autoproclamés responsables du maintien de l'ordre. On raconte qu'ils exigent le paiement de 300.000 francs CFA par mois, l'équivalent de 450 euros pour la protection des populations.

    Ils nous ont dit clairement qu'ils bénéficiaient du soutien des autorités, qu'ils recevaient des armes de leur part, et qu'ils leur remettaient les hommes qu'ils arrêtaient. Le ministre de la Défense, Paul Koffi Koffi, nous a dit qu'il était conscient du problème et qu'un décret avait été promulgué en juillet 2012 interdisant aux Dozo de maintenir l'ordre. Or, en octobre, ça continuait et de manière totalement ouverte. Au nom de quoi des chasseurs traditionnels sans formation, sans fonction, vont assurer l'ordre ?

    Quel est l'intérêt pour Alassane Ouattara d'utiliser ces hommes ?

    - Les Dozo sont arrivés avec les Forces nouvelles. Est-ce une situation de fait que les autorités n'osent pas déranger ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr c'est que sur le terrain, les Dozo ne se cachent pas. L'exemple de l'attaque du camp de déplacés de Nahibly est, de ce point de vue là, bouleversant. Ce camp était considéré comme un repère de bandits et utilisé pour stigmatiser l'ensemble des résidents du camp considéré comme des partisans de Laurent Gbagbo. L'assassinat de quatre personnes près de Duékoué a été l'occasion pour les Dozo d'attaquer le camp qui aurait, selon les autorités ivoiriennes servis de refuge aux auteurs des assassinats. Les Dozo, aidé par la population et les FRCI ont alors encerclé et détruit le camp. Les survivants racontent que les hommes jeunes et costauds ont été arrêtés par les FRCI et qu'ils ont ensuite disparu.

    Pourquoi l'Onuci, qui devait protéger le camp, n'a rien fait ?

    - Ce qui est évident, c'est que les soldats de l'Onuci sont peu nombreux. Une dizaine de personnes à l'intérieur et une vingtaine à l'extérieur. On dit qu'ils ont été surpris et étonnés par l'attitude des FRCI. Des vidéos montrent le préfet en train de regarder le camp brûler, ne donnant aucun ordre pour s'interposer. Cela faisait des mois qu'on disait que ce camp était dangereux et que des menaces planaient sur ses résidents. L'attaque n'est pas arrivée par hasard et l'Onuci aurait pu augmenter ses effectifs.

    Votre mission a duré un mois de septembre à octobre 2012. Quelles ont été vos conditions d'enquête sur le terrain ?

    - Avant de partir, Amnesty a envoyé des lettres aux autorités pour rencontrer des détenus. Mais une fois que nous sommes arrivés sur place, il a été très difficile d'obtenir les autorisations demandées. Lors de notre visite au Génie militaire (quartier général de la police militaire utilisé comme lieu de détention, ndlr), nous avons eu la preuve que des détenus nous ont été cachés. Des personnes ont été déplacées temporairement lors de notre venue, un procédé déjà utilisé lors d'une visite de l'Onuci dans un camp militaire des FRCI en août 2012. C'est inquiétant.

    Avez-vous rencontré des responsables politiques ?

    - Oui, nous avons rencontré Paul Koffi Koffi, le ministre de la Défense, le ministre de la Justice et le ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko. Nous leur avons présenté notre rapport d'enquête. Nous avons agi en toute transparence.

    Que peut faire Alassane Ouattara ?

    - Donner des signes de bonne volonté. Enquêter et arrêter les personnes responsables de crimes très graves en 2011, proches des Forces nouvelles de l'époque. Nous mesurons la difficulté qu'il y a, à répondre aux attaques contre les casernes militaires, les postes de gendarmerie, les centrales électriques. Mais ce n'est pas en arrêtant des personnes de manière arbitraire qu'on va assurer la sécurité et calmer le ressentiment de la population. Le pire qui puisse arriver à la Côte d'Ivoire, ce n'est pas une nouvelle guerre, c'est la justice des vainqueurs. Et c'est exactement ce qui se passe. Celui qui juge, c'est celui qui a gagné.

    Comment la Côte d'Ivoire peut sortir de l'impasse ?

    - Je suis pessimiste et sidéré par l'attitude de la France et des Etats-Unis qui assurent que tout est réglé. Certes économiquement, beaucoup de choses se sont améliorées mais les bases sont fragiles. Une moitié de la population a peur. De même que j'ai pensé que la politique de Laurent Gbagbo était suicidaire, je pense ici qu'Alassane Ouattara doit arrêter avec ses promesses sans lendemain.

    La Commission réconciliation et vérité était une fausse solution, selon vous ?

    - Elle n'a aucun pouvoir, aucun mandat, aucune autorité. Ce n'est pas en faisant des rapports que cela va apporter la justice. Il y en a beaucoup qui pensent que Laurent Gbagbo doit répondre de ses actes devant la justice internationale, mais il ne doit pas être le seul.

    La CPI a promis de continuer à enquêter dans les deux camps...

    - On nous dit que les enquêtes se poursuivent concernant Laurent Gbagbo et sa femme Simone Gbagbo. Mais, à notre connaissance, il n'y a aucune enquête sur les proches d'Alassane Ouattara. Pourtant, il semble facile, par exemple de savoir qui sont les responsables du massacre de Duékoué... Personne n'a été relevé de ses fonctions. La CPI ne peut pas continuer ainsi, sa partialité va devenir éclatante. Personne ne nie qu'il y a eu des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité des deux côtés. Combien de temps vont-il tenir à enquêter que d'un seul côté ?

    On ne jette pas d'huile sur le feu, on tire la sonnette d'alarme.
  • Mali: John Kerry, le secrétaire d'Etat américain a rencontré François Hollande à Paris

    Mali: John Kerry, le secrétaire d'Etat américain a rencontré François Hollande à Paris

    Après un début de tournée à Londres et Berlin axé sur le conflit en Syrie, le nouveau chef de la diplomatie américaine, John Kerry, est mercredi à Paris pour des entretiens dominés par la guerre au Mali, dossier d'"intérêt commun" en dépit de crispations initiales. M. Kerry est reçu en début de matinée par le président François Hollande, avant de déjeuner avec son homologue Laurent Fabius et de s'envoler pour Rome, où se tient le lendemain une conférence des Amis du peuple syrien.

    John Kerry et François Hollande sur le perron de l'Elysée. Photo Réveil FM

    John Kerry, francophile et François Hollande ont parlé en français. Photo Réveil FM

    Le petit déjeuner à l'Elysée entre l'équipe de John Kerry et celle de François Hollande. Photo Réveil FM

    Le Mali - point sur la situation un mois et demi après le début de l'intervention française pour chasser les islamistes armés, et perspectives de déploiement d'une force de maintien de la paix de l'ONU - dominera l'agenda, selon des diplomates français et américains.

    Les deux alliés devraient afficher leurs convergences de vues sur le dossier, devenu après l'Afghanistan le nouveau symbole de la lutte antiterrorisme. "C'est une bataille commune qui se joue là-bas. Nous voulons qu'ils (les Français) réussissent, c'est dans notre intérêt commun", souligne un haut responsable du département d'Etat.

    M. Kerry a récemment félicité la France pour son intervention "réussie" au Mali. Pourtant, l'entente n'a pas toujours été parfaite entre Paris et Washington, longtemps réticent à toute action militaire qui, au départ, devait être uniquement ouest-africaine au Mali. Et lorsque Paris, poussé par l'urgence face à l'offensive des islamistes armés vers le sud du Mali, est finalement intervenu le 11 janvier, Washington a hésité avant d'apporter un soutien logistique, présentant d'abord une facture exorbitante pour des avions cargo C-17 avant de les fournir gracieusement dix jours plus tard.

    "Rien de très surprenant mais bon, on leur a dit, eh, les gars, quand même... et au final ça s'est réglé", raconte un diplomate français.

    Drones, Proche-Orient et libre-échange

    Officiellement, il n'y a plus de malentendus. Les Etats-Unis soutiennent "politiquement et matériellement" l'intervention au Mali, selon les responsables américains, qui rappellent que Washington a octroyé 96 millions de dollars pour l'entraînement et l'équipement de la Misma, la force ouest-africaine appelée à prendre le relais des troupes françaises. Et les Etats-Unis ont déployé plusieurs drones "Predators" au Niger en soutien aux forces françaises, afin de réduire le délai entre le repérage au Mali de combattants islamistes et leur "neutralisation".

    "L'appui en drones est très important, ça nous aide. On apprécie, on est très content", se félicite un diplomate français.

    La Syrie, l'Iran, la Corée du Nord seront également évoqués à Paris. Mais aussi le processus de paix israélo-palestinien, sujet sur lequel la France presse les Etats-Unis de se ré-impliquer.

    "Nous pensons qu'il y a une bonne volonté" chez M. Kerry. "Après, il fait partie d'une administration dont certains disent qu'elle a tendance à se replier sur elle-même... On y verra plus clair après le voyage de Barack Obama" fin mars en Israël et en Cisjordanie, dit-on à Paris.

    "L'objectif français, c'est de réengager les USA sur ce dossier" du processus de paix israélo-palestinien, totalement bloqué depuis plus de deux ans, souligne un haut responsable du Quai d'Orsay.

    Selon certaines sources occidentales, l"inertie" américaine sur le dossier israélo-palestinien a entre autres motivé le vote français fin novembre en faveur de l'élévation du statut de la Palestine en "Etat" observateur des Nations unies, une position combattue par Washington et Israël.

    M. Kerry, francophile et qui a des liens familiaux en France, devait enfin parler avec ses interlocuteurs du changement climatique et d'une future zone de libre échange entre les États-Unis et l'Union européenne, souhaitée par Washington mais qui provoque des réticences côté français.

    M. Kerry, francophile et qui a des liens familiaux en France, devait enfin parler avec ses interlocuteurs du changement climatique et d'une future zone de libre échange entre les États-Unis et l'Union européenne, souhaitée par Washington mais qui provoque des réticences côté français.
  • Stéphane Hessel, l'indigné mondialisé est mort !

    Stéphane Hessel, l'indigné mondialisé est mort !

    Stéphane Hessel, l'auteur de "Indignez-vous", ancien résistant, déporté, diplomate et infatigable défenseur des droits de l'homme, est mort dans la nuit du mardi 26 février au mercredi 27 février à l'âge de 95 ans, a-t-on appris mercredi auprès de son épouse Christiane Hessel-Chabry.

    Mardi 6 mars 2012, Stéphane Hessel, l'indigné mondialisé était au Club Suisse de la presse, à Genève. Photo Réveil FM, archives

    Né à Berlin en 1917, résistant, militant, et auteur en 2010 du manifeste "Indignez-vous !", Stéphane Hessel arrive en France à l'âge de 8 ans. Naturalisé français en 1937, il rejoint les Forces françaises libres en 1941 à Londres.

    Il avait été déporté dans le camp de concentration nazi de Buchenwald puis à celui de Dora. Il avait ensuite fait carrière dans la diplomatie et a été associé à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Homme de gauche et européen convaincu, il était connu pour ses prises de position engagées.

    Ancien combattant de la France libre, écrivain et poète, Stéphane Hessel s'était mué en un véritable globe-trotteur. Son agenda ressemblait à s'y méprendre à celui d'un chef d'Etat. "Tant que je suis encore capable de marcher, de parler, de comprendre ce qui se passe, j'estime qu'il faut être responsable. Tant que l'on peut avoir une influence, il faut en profiter", avait-il expliqué à la télévision suédoise. "Je suis très surpris par la façon dont ce petit livre de 30 pages a fait son chemin à travers la France, mais aussi l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, le Japon, la Corée du Sud, le Canada, l'Australie, le Brésil, l'Argentine... Cela veut dire que notre société mondiale est interdépendante", avait-il ajouté.

    Depuis sa parution en France le 20 octobre 2010, jour du 93e anniversaire de Stéphane Hessel, Indignez-vous ! s'est déjà vendu à plus de 2,1 millions d'exemplaires dans l'Hexagone et plus d'un million d'exemplaires dans le reste du monde. Et surtout, le flux des ventes demeure régulier.
  • Manosque dans les Alpes-de-Haute-Provence !

    Manosque dans les Alpes-de-Haute-Provence !

    A une heure d'Aix ou Marseille, Manosque, ville de 23 000 habitants, la plus grande du département des Alpes de Haute Provence, dans le périmètre du Parc Naturel Régional du Luberon, entourée de plaines et de collines, bénéficie d'une situation géographique stratégique. Culminant à 380 mètres d'altitude, son climat méditerranéen que beaucoup nous envient, baigne la ville de soleil presque toute l'année. Dans une atmosphère douce et provençale, la visite de la vieille ville, en forme de poire, permet au visiteur d'apprécier son riche patrimoine architectural, pour ne citer que les portes Saunerie, Soubeyran, Guilhempierre, les églises Saint Sauveur et Notre Dame de Romigier, le Couvent de la Présentation, la Fondation Carzou...

    Manosque sur une carte de la France

    Manosque est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ses habitants sont appelés les Manosquins. Manosque est la ville la plus peuplée des Alpes-de-Haute-Provence.

    Blasonnement : « Écartelé d’azur et de gueules à quatre mains appaumées d’argent. » La ville a pour devise : « Omnia in manu Dei sunt » (« Tout est dans la main de Dieu »).

    Située au sud-ouest du département des Alpes-de-Haute-Provence, Manosque est une ville bâtie sur un contrefort des collines du Luberon oriental, au-dessus de la plaine alluviale de la Durance, entourée au nord (mont d’Or) et à l’ouest (colline de Toutes-Aures) de collines dont certaines dépassent 700 mètres d’altitude. Plusieurs axes de communication majeurs sont à proximité : autoroute A51, route départementale 4096 (ancienne nationale 96), ligne de Lyon-Perrache à Marseille-Saint-Charles (via Grenoble) de chemin de fer.

    La Porte de la Saunerie !

    Au Moyen Age, quatre portes situées aux quatre points cardinaux permettaient l'accès à la ville. La porte Sud dite de la Saunerie ("porte du sel), fut construite à la fin du XIV è siècle. Sous la porte, est représenté le blason de la ville. Les quatre mains symbolisent l'unité du territoire manosquin et du rassemblement de ses habitants.

    La Porte de la Sauniere. Photo Réveil FM

    La Porte de la Sauniere 2. Photo Réveil FM

    La porte Sud dite de la Saunerie "Porte du sel". Photo Réveil FM

    La ville se situe à environ 20 km de Forcalquier et Oraison et à environ 55 km de Digne-les-Bains et Sisteron. Les villes importantes les plus proches sont Avignon (à l’ouest), Aix-en-Provence et Marseille (au sud). Le centre-ville est à environ 380 mètres d’altitude, la gare SNCF et la zone d’activités attenante à environ 330 mètres.

    On peut accéder à la ville par Sainte-Tulle (au sud) et Volx (au nord-est) par la route départementale 4096, Pierrevert (au sud-ouest), par la route départementale, Montfuron (au sud-ouest) par la route départementale 907, Dauphin (au nord) par la route départementale 5 et Valensole (au sud-est) par la route départementale 9071.

    La Porte du Soubeyran

    Située au nord de l'enceinte médiévale. La Porte du Soubeyran (XVIIIè siècle) est la plus haute de la ville. Elle commandait l'entrée de la ville au Moyen Age. Le clocher de l'horloge, et le campanile à la forme de poire, qui la surmontent ont été rajoutés au XIXè siècle.

    La Porte du Soubeyran. Photo Réveil FM

    Place Marcel Pagnol. Photo Réveil FM

    Des jeunes sur la place Marcel Pagnol. Photo Réveil FM

    Cette place, qui porte le nom de l'écrivain célèbre né à Aubagne, constituait autrefois l'ensemble de l'hôpital Sainte Barbe avec les jardins. En 1662, Louis XIV ordonne la création des "charités" qui avaient pour but de recueillir les mendiants et les enfants abandonnés.

    La Place des marchands. Photo Réveil FM

    Le cou de cette statue de femme sans nom a été récollée, après avoir été récupérée dans le jardin d'un député. Photo Réveil FM

    Le territoire se situe au nord-ouest de la faille de la Durance, au sein du plateau de Manosque-Forcalquier. La commune fait partie du périmètre de la réserve naturelle géologique du Luberon, en raison de la proximité de sites fossilifères exceptionnels.

    Manosque est soumise à un climat méditerranéen dit d’intérieur. Les hivers sont plus froids qu’en basse Provence, avec des gelées fréquentes (moyenne mensuelle de 4,6 °C en janvier). Les étés sont très chauds avec une sécheresse habituelle en juillet et août (température moyenne de 22 °C). La température moyenne annuelle est de 12,6 °C. Les étés sont aussi chauds qu’en Basse-Provence (très souvent plus de 35-40°C ) mais l’amplitude thermique annuelle et diurne est importante (15 °C à 20 °C de différence entre été et hiver). Dans ces régions abritées, les hivers sont souvent plus secs que les intersaisons. La moyenne annuelle des précipitations est de 736 mm et la ville reçoit environ entre 2 800-3 000 heures d’ensoleillement par an.

    L'hôtel de ville de Manosque. Photo Réveil FM

    Cet hôtel particulier de style Renaissance dit "à la génoise" fut acquis en 1770 par la commune pour remplacer l'ancienne "maison de ville" qui se trouvait accolée à l'église St Sauveur et où siègaient les conculs depuis 1397. Il appartient à Monsieur de Pochet, avocat au Parlement d'Aix en Provence.

    La place de l'hôtel de ville. Photo Réveil FM

    Le Cigaloun sur la place de l'hôtel de ville. Photo Réveil FM

    L'église Notre Dame de Romignier. Photo Réveil FM

    L'église Notre Dame de Romignier 2. Photo Réveil FM

    La Ville de Manosque a connu deux épisodes sismiques remarquables dans le passé, l’un le 13 décembre 15092 et l’autre le 14 août 17083. Ces deux événements ont provoqué des dégâts importants aux constructions avec une intensité de 8 sur l’échelle MSK à Manosque. La commune est très régulièrement soumise à des arrêtés de catastrophe naturelle, pour des inondations et coulées de boue (quatre fois depuis 1987), des mouvements de terrain dus à la sécheresse (dix fois depuis 1989), et pour des glissements de terrain en 19946. En 2010, la conduite alimentant en naphta les stocks de Géosel (voir article) a cédé, occasionnant une fuite de 200 m³.

    L'église Saint Sauveur. Photo Réveil FM

    En dehors des légendes, on sait peu de choses sur la ville avant l’époque romaine. Sous l’Empire romain, la ville est un marché régional. Parmi les découvertes archéologiques, le site des Passaïres (atelier de potier fabricant des amphores vinaires) permet d'établir que la zone de Manosque était, grâce à la proximité de la voie domitienne, fortement intégrée à l'empire romain et fortement pénétrée de ses modes de vie.

    La Tour du Mont d'Or est une ancienne tour de guet au Sud-Est de l'ancien château de Manosque. Photo Réveil FM

    Le Mont d’Or est un ancien castrum (espace habité sur les hauteurs avec des bastides, des terres agricoles, des églises, des moulins…) explicitement mentionné dans la seconde Charte des Privilèges concédés par Guillaume IV de Forcalquier (1207). La tour d’une hauteur de 17m représente les vestiges de l’ancien donjon, elle est exposée à tous les vents d’où son nom. « Mont d’Or » qui s’écrivait autrefois « Mont d’Aure » (du provençal auro qui signifie « vent »). Elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis 9 mars 1927.

    Le Palais de Justice de Manosque. Photo Réveil FM

    La place François Mitterrand. Photo Réveil FM

    Le centre Jean Giono. Photo Réveil FM

    Hôtel particulier de la fin du XVIIIè siècle. Il a appartenu à Monsieur de RAFFIN, Consul sous la Révolution Française. Il accueille aujourd'hui le Centre Jean Giono, musée consacré à l'écrivain mosquin (1895-1970).

    Fondation Carzou. Photo Réveil FM

    Ancien couvent de la Présentation, le bâtiment est aujourd'hui le siège de la Fondation Carzou. En 1984, la ville commande à Jean Carzou une fresque retraçant l'Apocalypse selon l'apôtre Jean.

    Monument aux Martyrs de la Résistance à Manosque. Photo Réveil FM

    En 1509, un tremblement de terre secoue la ville.

    Lors du passage de François Ier en 1516, la fille du consul, chargée de présenter les clés de la ville au roi, lui fait un compliment. Les regards admiratifs du prince s’arrêtent sur elle, alarment sa pudeur. Pour faire disparaître la fraîcheur de son teint et les charmes que la nature lui a prodigués, elle expose son visage à des vapeurs de soufre. Le roi, fort ému, comble de faveurs et de libéralités la jeune fille et sa famille. C’est depuis lors que Manosque a pris le surnom de « la Pudique ».

    En 1521, la peste qui sévit en Basse-Provence pousse le Parlement d’Aix à s’installer à Manosque, avant de se replier encore plus à l’intérieur des terres à Sisteron.

    La Réforme connaît un certain succès à Manosque, et une partie des habitants se convertissent. Malgré les guerres de religion, une communauté protestante se maintient au XVIIe siècle autour de son temple, grâce à l’édit de Nantes (1598). Entretemps, les guerres de religion n’épargnent pas la ville : en 1561, Notre-Dame-de-la-Consolation et la chapelle de Toutes-Aures sont saccagées (statues brisées, tableaux déchirés, etc.). Les huguenots de Manosque sont autorisés à bâtir un temple, mais à l’écart de la ville32. En 1592, le marquis d’Oraison profite de la mort du capitaine Baratte, gouverneur de la ville, pour s’en emparer.

    L’édit de Fontainebleau (1688) est fatale à la communauté protestante de la ville, qui disparaît, ses membres émigrant ou étant convertis de force. Lors d’un procès de cette époque, les Manosquins ont la réputation de faire des faux témoignages. Ils remplacent saint Sébastien, saint patron de la ville, par saint Pancrace, saint de la « bonne foi ».

    Une foire s’y tenait au XVIIIe siècle et un bureau de la poste royale installé à la fin de l’Ancien Régime attestent du rayonnement du bourg. À cette époque, la vieille ville s’agrandit vers l’est pour prendre ses dimensions actuelles. La ville est fortement touchée par les différentes épidémies qui ravagent la Provence (celles de la peste de 1720 et du choléra de 1834 évoquée par Jean Giono qui place une partie de l’action de son roman Le Hussard sur le toit) en raison de sa situation (ville de passage).

    Avant la Révolution française, Manosque, comme toutes les villes de cette époque, est soumise à des révoltes épisodiques mais violentes. Ainsi, en 1707, la ville s’agite à propos d’un petit berger des environs qui aurait été enrôlé de force par des sergents recruteurs. Les consuls de la ville interviennent, sans obtenir la renonciation des sergents, mais dans la confusion provoquée par la foule, le berger s’enfuit. Mais la concordance de vues entre la municipalité et le peuple est rare. Dans les années 1760, les membres de la municipalité sont même attaqués lorsqu’ils distribuent les billets de logement (destinés à procurer un logement d’office aux soldats d’un régiment de passage), le peuple jugeant que certains ont bénéficié d’exemptions indues.

    Le piquet décidé par le conseil municipal pour percevoir les droits d’octroi sur les biens entrant en ville provoque une forte contestation, et en mars 1760, le peuple se réunit en assemblée extraordinaire pour délibérer contre cette taxation.

    La pénurie de grains a touché toute la France en 1788, et lors de l’hiver 1789, elle se renouvelle, encore une fois aggravée par les accapareurs qui stockent le grain pour spéculer. Le 14 mars 1789, l’évêque de Sisteron est lapidé car il est soupçonné d’accaparement par la foule.

    Au début de la Révolution française, Manosque est une des villes les plus touchées par la fièvre révolutionnaire. La société des Amis de la Constitution est créée fin 1791. Le 28 septembre 1792, le club doit payer une forte amende au club de Marseille, car son représentant Isoard a été attaqué à Manosque, et les clubistes marseillais menaçaient d’opérer une descente en armes sur Manosque. Épurée, elle devient ensuite les Antipolitiques. En 1792-1793, la section est contrôlée par les fédéralistes. En relations avec la section de Marseille, elle diffuse les idées des Girondins, jusqu’à leur proscription le 31 mai 1793 et l’écrasement de l’insurrection fédéraliste en juillet.

    Robespierre le Jeune, en mission auprès de l’armée d’Italie, est attaqué par des réactionnaires venus de Provence le 12 août 1793. Chassé de la ville, il se réfugie à Forcalquier, et revient en force le 23 août, s’appuyant sur les républicains manosquins, pour chasser la réaction. Il en profite pour rétablir la société populaire, qui est à nouveau épurée le 5 frimaire an III par le représentant en mission Gauthier.

    Le château de l’ordre de Malte, déclaré bien national, est vendu aux enchères, puis démoli, créant une vaste place en ville.

    Lors du coup d’État du 2 décembre 1851, le maire Joseph Buisson prend la tête de la résistance provençale et installe un gouvernement provisoire de la République à Digne.

    En 1884, la commune est touchée par une épidémie de choléra, qui cause 12 morts du 23 au 31 août.

    Durant la Seconde Guerre mondiale, un atelier détaché du camp des Milles est implanté à Manosque. De l’autre côté, les couples Rose et Paul Astier et Alphonsine et David Chauvin, sauvent des Juifs de la déportation, et ont été pour cette raison distingués comme Justes parmi les Nations. Sophie Dol, sa fille Jeanne Regnier et sa cousine Alix Raybaud, sont distinguées de la même manière.

    Néanmoins, 10 juifs sont arrêtés à Manosque et déportés.

    Pour préparer le débarquement de Provence, deux équipes Jedburgh sont parachutées les 8 et 9 août afin d’agir sur les arrières allemands, et notamment sur les voies de communication. Disposant du soutien de 3 000 FFI, elles prennent le contrôle de la RN 96 qui permet de remonter la vallée de la Durance de Manosque à Veynes. Au cours des opérations suivant le débarquement, les forces alliées franchissent très tôt les premières défenses allemandes, et se lancent dans de rapides offensives de débordement, afin de couper les voies de retraite à la Wehrmacht. Une colonne, partie le 17 août de Vidauban, franchit la Durance le 20 août au sud de Mirabeau. Le 143e régiment d’infanterie US forme une colonne qui remonte la vallée de la Durance toute la journée du 20 août et libère les villes et village sur son passage, dont Manosque.

     

    Grosse bourgade au début du XXe siècle limitée à la vieille ville et ses faubourgs, la ville s’agrandit considérablement des années 1950 aux années 1970, quadruplant sa population en trente ans.
  • Préfecture de Police de Paris: Jean-Marc Ayrault rend hommage aux policiers tués

    Préfecture de Police de Paris: Jean-Marc Ayrault rend hommage aux policiers tués

    Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, leur a décerné la Légion d'honneur à titre posthume et a souligné la "reconnaissance de la Nation pour leur courage et leur engagement", devant leurs familles et leurs collègues. "Je sais l'émotion ressentie par leurs camarades, parce que je sais l'esprit de cohésion et de fraternité qui règne chez ceux qui ont la difficile mission d'assurer la sécurité de nos concitoyens", a poursuivi Jean-Marc Ayrault. Avant d'assurer :"La police nationale est aujourd'hui en deuil, nous le sommes avec elle".

    Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à la préfecture de police de Paris.

    Le Premier ministre a évoqué un acte "irréparable" et "inexcusable". Des rassemblements silencieux de policiers ont lieu dans tout le pays.

    Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a rendu hommage mardi 26 février aux deux policiers tués jeudi sur le périphérique parisien lors d'une cérémonie d'obsèques à Paris accompagnée, dans toute la France, de rassemblements silencieux de policiers. "La police nationale est aujourd'hui en deuil, nous le sommes avec elle", a déclaré le Premier ministre devant près d'un millier de personnes réunies dans la cour d'honneur de la préfecture de police de Paris.

    En compagnie du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault a rencontré, avant la cérémonie, les familles des deux policiers de la Bac de nuit, Boris Voelckel, 32 ans, et Cyril Genest, 40 ans, tués jeudi par un chauffard ivre et sans permis. Un troisième policier a lui aussi été très grièvement blessé lors de cet accident.

    "Ceux qui s'attaquent à vous s'attaquent à l'Etat"

    Evoquant un acte "irréparable" et "inexcusable", le Premier ministre, qui a dit comprendre "l'émotion" ressentie par ses "camarades", a lancé aux policiers : "Ceux qui s'attaquent à vous s'attaquent à l'Etat". Le chauffard et son passager ont tous les deux été mis en examen et écroués samedi.

    Ces obsèques ont été accompagnées de nombreux rassemblements silencieux devant plusieurs commissariats et services de police dans toute la France, après l'appel lancé par les deux principaux syndicats de gardiens de la paix, Unité-SGP et Alliance.

    A Lille, près de 200 policiers se sont ainsi rassemblés silencieusement peu avant midi, dont près de la moitié en tenue. Ils étaient également près de 200 à l'intérieur du commissariat central de Toulouse, et une centaine à Bobigny (Seine-Saint-Denis).

    "Marche blanche" des policiers

    La mort de Boris Voelckel et de Cyril Genest, tous les deux faits chevaliers de la Légion d'honneur à titre posthume, a provoqué un vif émoi au sein de la police. Des centaines de policiers d'Ile-de-France et de proches ont défilé à Paris pour rendre hommage à leurs deux collègues tués.

    Les députés FN Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen étaient présents avant le départ du défilé porte Maillot mais ont été priés de quitter les lieux, a indiqué un organisateur. Le président de Debout la République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, a également été éconduit, a constaté l'AFP.

    Tous en civil, sans banderole, les policiers ont ensuite défilé en silence, certains portant une rose blanche, d'autres un brassard police. Très émus, les larmes aux yeux, l'équipe de nuit de la BAC 75, à laquelle appartenaient les deux policiers et un troisième très grièvement blessé, ouvrait la marche, se tenant par le bras.

    La voiture de police coupée end deux par la Range Rover

    "Ras-le-bol général" de la profession

    Le cortège s'est dirigé vers le commissariat du XVIIème arrondissement, siège de la BAC de nuit de Paris. "On répond à l'appel des familles, c'est tout", a déclaré un policier, âgé de 27 ans, même si certains autres manifestants avaient auparavant exprimé leur mécontentement, notamment contre la garde des Sceaux, Christiane Taubira.

    "Pour nous, c'est un assassinat", juge une autre fonctionnaire de 30 ans exerçant dans le Val-de-Marne, venue exprimer le "ras-le-bol général" de la profession. Une source syndicale policière avait indiqué à l'AFP dans un premier temps que les familles des victimes avaient demandé à ce que cette marche blanche soit annulée. Mais la femme d'une des victimes a démenti sur sa page Facebook.

    "Les autorités disent que se sont les familles qui ont annulé cet hommage, ce qui est strictement faux", écrit-elle, expliquant que cette marche a pour "principal" but de rendre "hommage" aux victimes et "de montrer le ras-le-bol de la famille POLICE". A Marseille, 150 à 200 policiers ont observé une minute de silence.

    Discours de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre,

    Cérémonie d'obsèques des deux policiers décédés

    Préfecture de Police de Paris

    Mardi 26 février 2013

    Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

    Monsieur le ministre de l’Intérieur,

    Mesdames, messieurs les Parlementaires,

    Monsieur le Préfet de Police,

    Monsieur le Maire de Paris,

    Monsieur le représentant du Président de la République,

    Mesdames et messieurs les magistrats,

    Mesdames et messieurs les directeurs généraux,

    Mesdames, messieurs policiers et agents,

    Mesdames et messieurs,

    Madame Aurélie GENEST, madame Céline HEYSSE, madame Marie-Hélène KREMER,

    Le capitaine de police Cyril GENEST et le lieutenant de police Boris VOELCKEL sont tombés brutalement, jeudi dernier, dans l’accomplissement de leur mission. La Police nationale est aujourd’hui en deuil, nous le sommes avec elle, et c’est avec une grande émotion, et une profonde tristesse, que je m’adresse à vous, dans cette cour du 19 août si chargée d’histoire. Le coeur serré, nous sommes réunis autour de leurs dépouilles et de leurs familles, pour nous recueillir et affirmer notre respect et notre gratitude pour ces hommes de devoir.

    Nous sommes réunis pour leur rendre un hommage solennel, qui n’apaisera pas la douleur de leurs familles, de leurs proches et de leurs collègues, mais qui manifestera la reconnaissance de la Nation pour leur courage et leur engagement. En ce moment-même, une minute de silence est observée à la mémoire du capitaine Cyril GENEST et du lieutenant Boris VOELCKEL, dans tous les commissariats de police et dans toutes les gendarmeries de France.

    Je sais l’émotion ressentie par leurs camarades, parce que je sais l’esprit de cohésion et de fraternité qui règnent chez ceux qui ont la difficile mission d’assurer la sécurité de nos concitoyens.

    Dans cette épreuve, le gouvernement est à vos côtés, et c’est sa solidarité et son soutien que je suis venu aujourd’hui vous exprimer en présidant cette cérémonie.

    Cyril GENEST et Boris VOELCKEL laisseront le souvenir d’époux et de compagnon attentifs, de pères de famille affectueux, de fils attentionnés.

    Leurs états de service témoignent d’un engagement sans faille au service de la Police nationale.

    Le capitaine de police Cyril GENEST venait d’avoir 40 ans. Il avait intégré la brigade anti criminalité de nuit en 2003, après avoir exercé dans le 18e arrondissement de Paris. Policier aguerri et gradé respecté, il disposait d’une grande expérience dans la lutte contre la délinquance. Apprécié de sa hiérarchie pour son discernement et ses capacités d’écoute et d’analyse, Cyril GENEST était un policier courageux et professionnel, figure de discipline et d’engagement. Je m’incline devant la douleur de sa femme Aurélie, et j’ai une pensée émue pour ses filles Louise - 4 ans - et Émilie - 2 ans - ainsi que pour ses parents.

    Le lieutenant de police Boris VOELCKEL avait 32 ans. Après avoir exercé à Pantin en Seine-Saint-Denis, il avait rejoint la brigade anti criminalité de nuit en 2007. Particulièrement motivé et volontaire, il était apprécié de ses chefs et d’une grande efficacité dans la lutte contre la délinquance. Il avait acquis le grade de brigadier de police rapidement, en démontrant des dispositions certaines pour les missions d’encadrement et d’organisation. A l’aise dans les situations les plus difficiles, il se destinait lui aussi à une brillante carrière de policier. Je m’associe à la douleur de sa compagne Céline, je pense à son fils Ewan âgé d’1 an et à Chloé, âgée de 7 ans. Je pense à ses parents.

    Je mesure aussi la peine des collègues de Cyril GENEST et de Boris VOELCKEL, rassemblés si nombreux ce matin, qui veulent ainsi porter témoignage de leur engagement, de leur courage, de leur abnégation, parce que ces qualités sont des vertus qu’ils ont en commun.

    Ils étaient connus pour être de bons camarades, fidèles et solidaires, de « bons flics », policiers exemplaires, pugnaces et volontaires. Ils étaient animés de cette passion du métier, moteur de leur engagement dans les brigades anti criminalité, auxquelles je veux rendre un hommage appuyé ce matin.

    J’ai également une pensée pour le brigadier-chef Frédéric KREMER, qui a été très grièvement blessé, très grièvement blessé au cours de la même intervention, et qui se bat en ce moment pour rester en vie. Son nom doit être cité, et son engagement salué. Cela fait plus de dix ans qu’il travaille à la brigade anti criminalité de nuit. Tous ceux qu’il a formés ont aujourd’hui une pensée pour lui. Son épouse, Marie-Hélène, ses enfants, Julie et Mathieu, et ses proches doivent savoir que nous sommes attentifs à l’évolution de sa santé, et que nous sommes à leurs côtés dans ces moments d’inquiétude et d’espoir.

    Le capitaine GENEST, le lieutenant VOELCKEL et le brigadier-chef KREMER étaient en mission de lutte contre la délinquance lorsque leur destin a dramatiquement basculé.

    Depuis plusieurs mois, en étroite collaboration avec la police judiciaire et le GIR, des dispositifs de surveillance étaient activés dans Paris pour détecter et contrôler les conducteurs de véhicules de luxe, dont le train de vie est manifestement incompatible avec les revenus qui leur sont connus. Une lutte a été en effet engagée avec détermination contre les filières, contre le blanchiment d’argent, contre l’économie souterraine, avec pour objectif de démanteler les trafics qui gangrènent notre société et déséquilibrent le pacte social.

    Les fonctionnaires de la BAC de nuit de Paris participaient à ces dispositifs de surveillance.

    C’est dans ces circonstances qu’ils sont intervenus pour tenter de procéder au contrôle d’individus qui, sous l’emprise de l’alcool et de stupéfiants, avaient commis des infractions au code de la route, mis en danger les autres automobilistes et refusé d’obtempérer aux injonctions des premières équipes de policiers.

    Les policiers auxquels nous rendons hommage étaient en patrouille sur le boulevard périphérique lorsque leur véhicule a été percuté très violemment par celui des fuyards.

    La violence du choc a entraîné la mort du capitaine GENEST et du lieutenant VOELCKEL et les blessures graves dont souffre le brigadier-chef KREMER.

    L’émotion est grande, oui je le sais, elle est grande aussi au sein de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne, elle est grande au sein de la Préfecture de police, elle est grande au sein de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale tout entière.

    L’émotion est grande aussi dans tout le pays qui a été bouleversé par ce drame, et qui l’est à chaque fois qu’un policier ou un gendarme meurt dans l’accomplissement de son devoir.

    L’engagement pour protéger la population et assurer l’ordre public au péril de sa vie n’est pas un engagement comme les autres. Depuis 20 ans, 12 policiers ont été tués en service commandé à Paris. Nos concitoyens mesurent la force de cet engagement, ils savent ce qu’il impose de sacrifices, ils savent ce qu’ils doivent aux hommes et aux femmes qui en ont fait leur métier.

    Mesdames, messieurs, le drame que nous venons de vivre renforce la volonté ferme du gouvernement de lutter sans relâche contre la délinquance et la criminalité. Nos concitoyens demandent légitimement que l’Etat garantisse leur sécurité. Nous leur devons cette sécurité, parce qu’elle constitue le ciment du pacte républicain dont nous sommes les garants et parce qu’une minorité de personnes délinquantes ne peut imposer sa loi dans un Etat de droit.

    Mesdames et Messieurs les policiers et les gendarmes, c’est grâce à vous que la sécurité est assurée en France. Je sais que votre mission est difficile. Je connais votre engagement, je connais votre loyauté, je connais votre abnégation. C’est la fierté de notre pays de pouvoir compter sur des forces de sécurité républicaines, au service des Françaises et des Français et de l’intérêt général.

    Vous pouvez être assurés de mon soutien et celui de mon gouvernement. Je n’accepterai jamais que l’on puisse s’en prendre impunément aux membres des forces de l’ordre. Ceux qui s’attaquent à vous s’attaquent à l’Etat. Ils doivent être systématiquement recherchés, interpellés et présentés à la Justice, pour être sévèrement punis.

    L’acte commis jeudi dernier a été qualifié par le Procureur de la République de Paris de meurtre aggravé sur fonctionnaire de la Police nationale. Cet acte est irréparable, cet acte est inexcusable.

    Nous saluons avec respect la mémoire du capitaine de police Cyril GENEST et du lieutenant de police Boris VOELCKEL, qui ont accompli leur devoir au prix de leur vie. Que leurs enfants et leurs proches sachent qu’ils ont servi la France et qu’ils ont fait honneur à la Police nationale.
  • CPI : La défense de Gbagbo assomme la Procureure Fatou Bensouda

    CPI : La défense de Gbagbo assomme la Procureure Fatou Bensouda

    Les avocats de Laurent Gbagbo sont décidés de faire éclater la vérité à la face du monde entier. Au cinquième jour de l’audience à la Cour pénale internationale (Cpi), la défense a encore sorti l’artillerie lourde pour démonter le document contenant les charges (Dcc) contre Laurent Gbagbo. Après sa jeune consœur, Me Fauveau Ivanovic a pris le relais pour démontrer aux juges que le Dcc du procureur est totalement infondé et truqué de mensonges à couper le souffle. A la lecture de ce document, la défense s’est posé certaines questions. «On se demande si c’est un brouillon ou un mémorandum interne au bureau du Procureur pour savoir quel mode de responsabilité choisir à l’encontre du Président Gbagbo. Pourtant, le Président Gbagbo a le droit de savoir de quoi, pourquoi et en vertu de quoi on l’accuse, mais on ne sait rien avec le Dcc», se désole Me Ivanovic.

    Laurent Gbagbo à la CPI.

    Elle en veut pour preuve, la présentation de quatre chefs d’accusation sur la persécution. Le procureur argue que les partisans de Ouattara ont été ciblés à partir de références religieuses, politiques, ethniques et nationales. Mais, le paragraphe 21 du Dcc montre une véritable contradiction de cette allégation. Ce paragraphe souligne que les membres des groupes étaient ciblés parce que partisans de Ouattara.

    «Ce n’est donc pas pour leur appartenance religieuse, ethnique ou nationale qu’ils ont été ciblés selon le Procureur, mais pour leur appartenance politique», s’étonne la défense qui évoque là, une contradiction flagrante de considération dans les références de la part du procureur.

    C’est pour cela que la défense demande que : «on ne doit considérer que les références politiques. D’ailleurs, nous contestons l’existence même de persécution dans sa totalité y compris au niveau politique. Le Procureur a ajouté les références ethniques, religieuses et nationales pour masquer la persécution politique, c’est un manque de rigueur», attaque Me Fauveau Ivanovic.

    Poursuivant, elle ajoute que le Procureur n’apporte aucun élément probant au terme de ses allégations. Alors que le statut de Rome imposait que le procureur enquête tant à charge qu'à décharge. «Ces allégations citées dans le Dcc sont des accusations vagues, imprécises, brumeuses et politiques (...) ne s'appuyant sur aucune réalité», dénonce l’avocate Ivanovic. Revenant sur l’incongruité du Dcc, la défense indique le flou qu’il contient. Notamment au niveau temporel.

    Car le Procureur argue encore que le Président Gbagbo a choisi de se maintenir au pouvoir avant novembre 2010 et après son arrestation. «Nous ne savons pas exactement à quelle période le Procureur se réfère. Antérieure à novembre 2010 ne veut rien dire. 2002 ? 2005 ?

    2009 ? 2010, on ne sait pas», se demande la défense. Pour comprendre la crise postélectorale de 2010, il faut remonter aux évènements de 1999, des gens date à laquelle, le Président Gbagbo n’était pas au pouvoir. Me Ivanovic fait bien de rappeler cet épisode aux juges. Car ce sont les mêmes acteurs militaires du coup d’Etat de 1999, à la solde de Ouattara qui vont tuer, massacrer, égorger, assassiner les partisans du Président Gbagbo de 2002 à 2010.

    «Le Procureur date le début des faits en 2002. Les troubles sont antérieurs à l'arrivée de Gbagbo au pouvoir en Côte d’Ivoire. Le procureur oublie pratiquement dix ans d'histoire. Ça n'aide pas à fonder des allégations solides», regrette l’avocate de la défense. Son désespoir est grand surtout que le procureur n’apporte pas d’éléments probants montant des attaques planifiées, systématiques et généralisées contre les partisans de Ouattara.

    «Aucune preuve concrète de ces allégations vagues, imprécises, politiques et brumeuses, n’est visible dans le Dcc. Car ne s’appuyant pas sur la réalité». Me Ivanovic veut savoir qui sont les co-auteurs et auteurs directs des crimes commis pendant la période postélectorale, si le Président Gbagbo est le co-auteur indirect.

    Le Dcc ne fait pas mention du mode de responsabilité, se contentant de citer la coaction indirecte. En outre, la défense souligne aux juges que c’est à dessein que le procureur ignore le conflit armé intervenu en Côte d’Ivoire, de novembre 2010 à mai 2011.

    La défense est déçue de la démarche de l’accusation. Car son attitude dans cette affaire salit toute la famille judiciaire internationale. Parce que soutient Me Ivanovic : «Le procureur n'a pas mis en doute seulement son indépendance, mais aussi son impartialité. Il a jeté une ombre sur la justice internationale. Il a mis la justice au service de la politique».

    Dans sa démonstration, Me Ivanovic explique comment la marche dite pacifique lancée sur la Rti par les partisans de Ouattara, est plutôt une attaque armée contre les positions des forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire. Au cours de cette marche du 16 décembre 2010, on a vu des marcheurs armés de kalache, de Rpg et autres armes lourdes.

    D’autres étaient en possession d’armes blanches. Des tirs sont partis de cette foule armée contre les postes des Fds. La défense démonte l’allégation du procureur qui tente de faire croire par le truchement d’un témoin P117 que cette marche était pacifique. «Mais pourquoi faire confiance à un témoin alors qu'une vidéo montre les instructions précises données aux militaires de Ouattara ?», s’étonne la défense devant des juges eux-mêmes ébahis.

    Une vidéo prend à défaut le procureur. On voit dans cette vidéo, Soro Guillaume et le commandant Wattao donner des ordres à leurs hommes pour prendre la Rti. «Soldats, militaires, (...) il faut que vous vous mobilisiez. Jeudi, nous allons à la télévision», a soutenu Soro avant cette marche sur la Rti.

    Pareil pour Wattao qui indique ceci : «Huit heures, rassemblement à la piscine, avec toutes les armes de combat». Comment avec de tels ordres militaires, peut-on parler de marche pacifique réprimée dans le sang par les soldats de l’armée ivoirienne ? Cela s’appelle de la manipulation médiatique.

    A ce sujet, le ministre de l’Intérieur, feu Désiré Tagro, a annoncé que les ex-rebelles attaquaient à l’arme lourde la commune de Cocody, où est situé le siège de la Rti, soutient la défense. «Lorsque les forces de l'ordre sont attaquées par des personnes lourdement armées, ce n'est plus une opération de maintien de l'ordre...

    C'est ce qui s'est passé le 16 décembre 2010. Les rebelles armés étaient dans la foule donc difficilement identifiables», apprend la défense aux juges toujours abasourdis par ces réalités que voulait cacher le procureur. La partialité et le manque d’éthique du procureur sont étalées devant les juges par Me Ivanovic, lorsqu’elle cite l’accusation disant que les morts Fds du 16 décembre 2010 ne sont pas liées à la marche alors qu'il impute les événements produits même les jours d'après à la marche.

    La défense n’arrive pas à comprendre comment le procureur qui énumère des meurtres sans préciser l'identité des victimes, l'identité des agresseurs, les circonstances, les lieux, ne puisse pas les documenter avec rigueur. «Au lieu de chercher des preuves tangibles et concrètes, le procureur s'est appuyé sur un ouï dire. Le procureur affirme qu'il y a eu des morts le 16 décembre 2010 au matin lorsque les corps habillés ont attaqué le siège du Pdci. S'appuie sur la déclaration d'un témoin... qui n'était pas au siège du Pdci», a regretté la défense. «Aucune preuve concrète et solide ne montre que les Fds n'ont attaqué les manifestants sans avoir été attaquées à l'arme de guerre. Les manifestants se dirigeaient vers l'endroit où il y avait les combats entre Fds et rebelles. C'est pourquoi les Fds les en empêchaient.

    Mais certains y sont arrivés. Evidemment que le chef d'Etat major a organisé des réunions ! Un bain de sang était annoncé ! Le courriel dont le procureur parle (adressé à la secrétaire de Simone Gbagbo) avertissait d'un schéma où les rebelles devaient provoquer les populations. Des colonnes de rebelles dormantes devaient attaquer déguisées en gendarmes. Les Fds ont pris des dispositions pour prévenir un bain de sang annoncé. Le procureur dit que les attaques contre les civils étaient planifiées et organisées. Les rebelles planifiaient des troubles, comme le prouvent leurs déclarations.

    Les preuves du procureur démontent elles-mêmes les accusations du procureur. Les Fds essayaient de se défendre en utilisant les moyens conventionnels», éclaire la défense. Sans souligner que le témoin P9 affirme que les Fds ont reçu l’ordre de ne pas tirer sur les manifestants. Il est même prouvé que les Fds ont été attaquées et désarmées par les manifestants venant du golf hôtel.

    Le témoin P9 confirme que la marche du 16 décembre n’était pas du tout pacifique. Lui et le témoin P10 ont déclaré que les mesures prises avaient pour seul but d'empêcher les troubles à l'ordre public.
  • Scandale à la CPI : La Procureure Bensouda accuse Gbagbo de violences commises au Kenya, la presse kenyane fait de choux gras avec ce bide !

    Scandale à la CPI : La Procureure Bensouda accuse Gbagbo de violences commises au Kenya, la presse kenyane fait de choux gras avec ce bide !

    C’était le coup de théâtre hier au deuxième jour du procès de Laurent Gbagbo à la CPI, pendant l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges. La procureure de la Cour pénale internationale a ajouté à l’acte d’accusation contre le Président Laurent Gbagbo, des dossiers et images de violences qui se sont déroulées au Kenya.

    La Cour Pénale Internationale.

    Révélation faite publiquement par Me Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo, pour qui c’est la preuve que Fatou Bensouda ne connait pas le dossier d’accusation, et qu’elle n’a pas pris la peine de le lire ou de l’étudier. Dans la salle, un silence assourdissant s’est du coup fait sentir. La gêne était palpable du côté de l’accusation, dont la manipulation et la légèreté venaient d’éclater au grand jour.

    La procureure Fatou Bensouda, du haut de sa chaire, était au paroxysme de la gêne. Prise la main dans le sac, elle évitait le regard de tous en jouant des mains et en faisant une moue. Elle aurait voulu si elle avait pu se cacher sous la table, tellement la gêne était perceptible sur son visage.

    C’est un Me Altit des grands jours qui a pulvérisé méthodiquement le dossier d’accusation, balayant certaines énormités du revers de la main.

    Par exemple, Me Altit s’est offusqué que Fatou Bensouda dise dans l’accusation que la Côte d’Ivoire était en paix jusqu’en 2010, et que le Président Gbagbo avait refusé le verdict des urnes à la présidentielle de 2010. C’est plus tôt Alassane Ouattara qui a toujours refusé le verdict des urnes. Laurent Gbagbo a même exigé le recomptage des voix pour que la vérité éclate, chose que Ouattara a toujours refusé.

    Pour lui, la procureure Bensouda, en passant sous silence la rébellion de Guillaume Soro de 2002 et le fait que le pays était coupé en deux même pendant la présidentielle, est la preuve qu’elle ne connait pas son dossier, et que le dossier d’accusation est d’une vacuité flagrante.

    A sa suite, Me Agathe Baroan, sa collègue de la Défense, a démontré que les termes « ON GAGNE OU ON GAGNE » ET « C’EST MAÏS », étaient des termes communs employés par tous les ivoiriens. Elle s’est employée à démontrer la sociologie de la Côte d’Ivoire pour faire ressortir la vacuité de l’acte d’accusation.

    Par exemple, elle a expliqué que le terme « ON GAGNE OU ON GAGNE » a été créé par la chanteuse Antoinette Hallany, fervente supportrice d’Alassane Ouattara. Laquelle s’employait durant la campagne, de le chanter dans ses chansons avant tous les meetings du RDR, le parti de Ouattara.

    Comme on le voit, la défense de Gbagbo s’est employée avec brio hier, à démonter les éléments de l’accusation. « Tout se passe comme si le procureur avait été convaincu dès le début qu’il n’y avait qu’un seul responsable au drame ivoirien », a attaqué d’entrée Me Emmanuel Altit dans déclaration liminaire. Et de poursuivre : « il n’existe aucune base factuelle aux accusations […] Le récit du procureur est biaisé car il dépend des éléments transmis par les autorités ivoiriennes. » et qu’ »il s’agit d’un procès politique ».

    Mercredi, la défense a réussi à détruire le dossier du procureur, selon plusieurs analystes dont Stéphanie Maupas, correspondante de FRANCE 24 à La Haye.

    Pour la procureure Fatou Bensouda, Laurent Gbagbo a fomenté « un plan pour rester au pouvoir à tout prix à travers des attaques mortelles, planifiées avec soin » contre des supporters de son rival. « Le procureur, qui devra prouver que son dossier est solide, dispose de 614 pièces, qui sont des témoignages mais aussi des documents saisis dans la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo après son arrestation le 14 avril 2011″, précise Stéphanie Maurepas.

     

    UN NON LIEU

    Si la défense parvient à pulvériser et démonter l’accusation comme durant les deux premiers jours, la juge de la CPI n’aura pas d’autre choix que de libérer Laurent Gbagbo en lui faisant bénéficier d’un non-lieu, bien que sur le fond, Me Altit et ses collègues aient déjà fait cette requête.