• Martinique: Allocution de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre - "Hommage à Aimé Césaire" à Fort-de-France !

    Martinique: Allocution de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre - "Hommage à Aimé Césaire" à Fort-de-France !

    Jean-Marc Ayrault a rendu un hommage appuyé mercredi à Fort-de-France au poète et homme politique Aimé Césaire, "le meilleur des fils de la Martinique" né il y a cent ans. En présence des enfants du poète et de plusieurs ministres, il a dans la foulée inauguré l'"espace muséal" Aimé Césaire, situé dans son ancien bureau de l'hôtel de ville de Fort-de-France. "Il y a cinq ans, la France attristée perdait le meilleur des fils de la Martinique", a rappelé M. Ayrault sur le parvis de la mairie de Fort-de-France dans un hommage adressé "au nom du gouvernement de la République et de la Nation toute entière". Il a notamment souligné qu'Aimé Césaire avait repris le terme de "nègre" pour "faire de l'insulte un cri tout entier issu de la chair même de l'Histoire". M. Ayrault a aussi rappelé l'oeuvre de M. Césaire à la tête de la mairie de Fort-de-France "pendant plus d'un demi siècle". M. Césaire, décédé en 2008, avait notamment "remplacé les bidonvilles par des centaines de maisons". Il a aussi rappelé avoir siégé "sur les même bancs (à l'assemblée) que lui et dans le même groupe parlementaire de 1986 à 1993". "Je regrette de ne pas m'être assis à ses côtés pour lui dire: "Aimé, mon cher Aimé, votre vie donne plus de sens à mon engagement politique", a-t-il conclu. Mercredi, 26 juin 2013, François Hollande, Président de la République avait lui aussi rendu hommage au Panthéon à M. Césaire.

    Jean-Marc Ayrault et Brigitte Ayrault son épouse dans le bureau d'aimé Césaire. Photo Réveil FM

    La première édition de " Tropiques" d'Aimé Césaire. Photo Réveil FM

    Jean-Marc Ayrault lors de son hommage à Aimé Césaire. Photo Réveil FM

     


    «Aimé Césaire nous a fait prendre conscience... par Matignon

     

    Discours de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, Hommage à Aimé Césaire, Fort-de-France (Martinique).

    Mercredi 26 juin 2013.

    Mesdames, Messieurs les Ministres,

    Monsieur le Préfet,

    Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

    Monsieur le Président du conseil régional, mon cher Serge,

    Madame la Présidente du conseil général,

    Monsieur le Maire de Fort-de-France, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames,

    Messieurs les membres de la famille d’Aimé Césaire,

    Chers amis,

    Aujourd'hui à cette heure-ci, je voudrais vous parler d’Aimé Césaire. Il y a cinq ans, la France attristée perdait Aimé Césaire, le « meilleur des fils de la Martinique ». Au prix d’une juste révolte et d’un engagement de toute une vie pour son « pays natal », Aimé Césaire n’a eu de cesse de rappeler ce qu’il faut de courage pour faire respecter la dignité d’un homme et celle de tout un peuple.

    C’est avec le sentiment de l’honneur qui m’est fait, et conscient du respect dû à une si haute conscience intellectuelle, politique et morale, que je veux aujourd’hui lui rendre hommage, au nom du gouvernement de la République et au nom de la nation toute entière. Je tiens à saluer la présence à nos côtés de ceux, sa famille bien sûr mais aussi beaucoup d’autres, qui l’ont bien connu et parfois accompagné des décennies durant ; mais aussi la présence de ceux qui ont agi sans relâche pour faire connaître sa pensée et poursuivre, comme nous venons de le voir à travers cette inauguration, son action. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés. Et puis, si je peux faire d’emblée une confidence : je me sens en cet instant plein d’humilité devant l’homme que fut Aimé Césaire.

    Dans l’avion, il y a quelques heures maintenant, j’ai relu avec une vraie jubilation, mais aussi avec une authentique admiration quelques-uns de ses discours et de ses grands poèmes. Cela m’a persuadé que la parole politique a besoin de poésie, peut-être plus encore dans une nation comme la France, laquelle est littéraire par tradition depuis des siècles.

    Et j’entends naturellement par ce mot de « poésie » bien d’autres choses que des songes creux. C’est la manière la plus haute, il me semble, de traduire en images ce que nous sommes tous en train de vivre. En tout cas, une certaine poésie peut avoir cette capacité prodigieuse de transmettre, par la voix d’un seul homme, la sensibilité collective d’un peuple ou d’une génération.

    Vous, chers compatriotes Martiniquais, vous savez cela d’instinct, parce que vous avez lu, parce que vous avez entendu parler Césaire. Vous l’avez peut-être même croisé dans la rue, quand il surveillait avec scrupule les travaux de sa ville ; quand il a fait construire le premier hôpital ou quand il a fait remplacer les bidonvilles par des centaines de logements décents. Vous savez avec justesse combien la poésie appartient au quotidien des gens. Lui Césaire, à Dakar, quand il s’est exprimé sur l’art dans la vie du peuple, considérait la poésie comme le seul remède contre, et je le cite, « l’apparition d’un univers inhumain, sur la trajectoire duquel se trouvent le mépris, la guerre, l’exploitation de l’homme par l’homme. » « Par l’art », disait-il, « le monde réifié redevient le monde humain, le monde des réalités vivantes, le monde de la communication et de la participation. » Sa parole, son ton d’invective si particulier, était capable, en vous touchant au fond du cœur, de faire comprendre la souffrance des opprimés. Et pour nous, les Français de l’Hexagone, sa poésie était presque seule à pouvoir révéler, et donc à pouvoir dénoncer la situation d’injustice que vous viviez ici. Le choc que nous avons ressenti quand nous avons écouté Césaire à Paris, tenait à l’exactitude des mots qu’il employait. Dans un long poème tel que le Cahier d’un retour au pays natal, ou dans Les Armes miraculeuses, il est tout à fait impossible d’interchanger les mots : chacun est à sa place, chaque mot est le porte-drapeau d’une identité.

    Ainsi le mot « Nègre » ne peut être remplacé par le mot « Noir » ! Césaire a choisi de dire « Nègre » comme un emblème, parce que dans l’Europe d’avant-guerre, il voulait retourner en éloge un mot qui était de mépris : « Nègre, oui ! Faire de l’insulte un cri d’identité issu de la chair même de l’histoire. » C’étaient ses paroles ! Mais bien sûr, selon la façon dont on utilise les mots, ils peuvent se charger tantôt de tendresse, tantôt d’une cruauté ou d’une violence de fer. En tant que responsable politique, j’ai beaucoup appris en m’imprégnant des mots de Césaire. Je sais combien il faut oser parfois des mots durs, des mots de sang et de larmes, dès qu’il s’agit d’affranchir une condition inadmissible d’esclave. Il faut savoir parler fort quand on veut prendre le parti des hommes dominés. Dans l’exercice de l’État, je sais combien ce que nous disons compte à égalité de ce que nous faisons.

    Notre parole engage un acte, sans quoi elle se vide de substance. Cette leçon de morale politique, je la tiens de Victor Hugo comme je la tiens de Césaire. Cette exigence qu’on peut dire « martiniquaise » est celle du meilleur de notre classe politique aujourd’hui, de gauche comme de droite. Chaque fois que Césaire a saisi la parole publiquement, ce fut pour de grandes causes et pour prendre de justes positions. Il s’est opposé au Régime de Vichy et à son représentant aux Antilles. Il a dénoncé à l’Assemblée nationale la colonisation et la traite des Noirs d’Afrique. Il fut rapporteur de la loi du 16 mars 1946 qui fit de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane, et de la Réunion des départements français, parce qu’il pensait à raison que la France était en mesure de respecter des cultures différentes, des identités multiples.

    Il a souvent évoqué l’humble désarroi des habitants de son île natale, leur misère, le manque d’infrastructures des villes martiniquaises. Il tenait à s’exprimer dans l’hémicycle avec une rigueur de langage, une invention verbale puisant aux sources de son identité, de ses identités. Cela nous imposait. Ses biographes racontent qu’en mars 1941, le Capitaine Paul-Lemerle, un vapeur de la Société Générale des Transports maritimes, parti de Marseille et ayant pour destination les États-Unis d’Amérique, fut arraisonné à Fort-de-France. Et dans ses cales, surveillées par des gardes mobiles casqués, s’entassaient environ trois cents migrants dont beaucoup de Républicains espagnols et des intellectuels européens qui fuyaient la barbarie nazie. Alors qu’ils étaient précisément fidèles aux valeurs éternelles de la France, ils furent conduits dans un camp d’internement à l’extrémité de Pointe-Rouge, en lieu et place de l’ancienne léproserie du Lazaret. Parmi eux : Wilfredo LAM, Victor SERGE, Anna SEGHERS, Claude LÉVI-STRAUSS, Jacqueline LAMBA, et le pape du surréalisme, André BRETON.

    On les libéra après quelques jours et c’est à ce moment-là que BRETON, « au hasard de l’achat d’un ruban pour sa fille », découvre dans une mercerie une revue intitulée Tropiques, que nous avons revue dans le bureau d’Aimé Césaire. « J’abordai ce recueil avec une extrême prévention, rapportera-t-il. Je n’en crus pas mes yeux, mais ce qui était dit là, c’était ce qu’il fallait dire, non seulement du mieux mais du plus haut qu’on pût le dire ! Ainsi la voix de la Liberté n’était en rien brisée, elle se redressait ici comme l’épi même de la lumière. Aimé Césaire, c’était le nom de celui qui parlait. » J’aime énormément cette reconnaissance par BRETON d’un inconnu, surréaliste sans le savoir encore. J’aime surtout que dans ces temps difficiles, « où l’on croit », comme BRETON lui-même, « assister à l’abdication générale de l’esprit », le premier souffle « apte à redonner toute confiance » ait été « l’apport d’un Noir qui est non seulement un Noir mais tout l’homme », ainsi s’exprime BRETON. La France, que j’aime, celle qui était défendue depuis Londres par le général de GAULLE dans les maquis par des hommes et des femmes courageux, la France des Droits de l’Homme était aussi là ce jour-là, défendue par un Martiniquais qui avait retrouvé dans son pays natal le « Nègre fondamental ».

    Ce jour-là, le visage de la France était celui d’un Nègre inconsolé. Ce jour-là, Aimé Césaire montrait également, par-dessus le poète, sa carrure d’homme de réflexion et d’homme politique. Au lendemain de la guerre, il fut élu maire de Fort-de-France. Il obtint du même coup un mandat de député qu’il conservera sans interruption jusqu’en 1993.

    Pensez-y, chers amis, un des plus longs mandats parlementaires du vingtième siècle ! À cause du blocus imposé par Vichy, à cause de l’effondrement de l’industrie sucrière, la Martinique dont il devenait l’élu était un territoire en détresse. Or pendant plus d’un demi-siècle, Césaire entreprit le redressement de cette île. Il développa, je l’ai dit, un réseau d’infrastructures qui au vrai n’existait pas. Il encouragea les initiatives urbaines et culturelles : le Festival de Fort-de-France, le Parc Floral, le SERMAC. Bâtisseur infatigable, il n’est pas une rue, n’est-ce pas, pas un quartier de cette ville qui ne lui doive quelque chose. En politique, Césaire resta un homme libre. Il n’eut jamais tout à fait ce qu’on appelle l’esprit de parti.

    C’était un homme de gauche, oui ; un anticolonialiste véhément, cela va de soi, mais, sa sympathie envers le communisme ne l’a pas empêché de répondre avec force à Maurice THOREZ quand les positions staliniennes du Parti communiste lui parurent inacceptables.

    Il sut batailler avec son ami haïtien René DEPESTRE sur l’idée d’une poésie nationale d’assimilation parce qu’il refusait de nier la spécificité de sa culture créole, et de sacrifier la poésie à une quelconque idéologie. Chaque élu de la République devrait avoir le même sens des responsabilités qui fut le sien. Bâtir était essentiel à Césaire. Bâtir un poème, bâtir la Martinique ; bâtir Fort-de-France. Quelques jours avant sa mort, sa fidèle secrétaire Joëlle JULES-ROSETTE, que j’ai eu l’honneur de rencontrer il y a quelques instants, rapporte qu’il s’est rendu sur les chantiers, même s’il fallait mettre encore les pieds dans la boue. C’est peut-être ça le véritable engagement, l’art de vivre d’un poète.

    Comme on l’a parfois noté, Césaire a su rester pareil à la flamme d’un de ses poèmes : « seule et splendide dans son jugement, intègre ». Oui, il faut je crois aussi un bon professeur. Il avait été le premier normalien noir de la Martinique et quand il enseignait le français et le latin au lycée Schoelcher, il savait conjuguer savoir et drôlerie. Son zézaiement et son superbe complet vert perroquet le firent surnommer par ses élèves le Lézard vert. On le décrit d’ailleurs comme nerveux, à la fois tendre et colérique. Ah ! Quand on est jeune, mes chers amis, on aime ce qui est vif.

    Quand on est jeune, on ne peut résister chez nos professeurs à l’enthousiasme ! Et de fait, Césaire a marqué plusieurs générations d’élèves. Sa saine influence est notable en particulier chez le sociologue Frantz FANON ou dans l’oeuvre du poète-essayiste Édouard GLISSANT.

    Permettez-moi qu’enfin je sois, pour mon compte, très sensible au rôle qu’a joué l’école de la République dans les premières années de sa vie. Dans sa formation d’humaniste, l’École de la République lui a légué quelques valeurs universelles comme la tolérance, ou disons plutôt qu’elle a renforcé chez lui une tolérance native. Je suis d’ailleurs heureux que longtemps avant que la France lui rende un hommage officiel au Panthéon, on ait fait le choix ici, en Martinique, de lui remettre une bourse d’études. Je suis fier qu’il ait reçu ensuite au lycée Louis-le-Grand, à Paris, un enseignement dur peut-être, mais sans nul doute utile pour qui veut développer une pensée libre. L’École de la République, je ne fais que répéter-là les mots d’un professeur de khâgne en 1934, n’avaient jamais eu d’autre mission que de développer chez tous ses élèves l’esprit d’observation. Jamais d’autre mission que d’encourager un art de mettre les idées en ordre, une habitude de les exprimer clairement, car l’École de notre République cherche à faire naître chez ceux qu’elle éduque une probité intellectuelle. Elle cherche à nourrir cette capacité non pas d’avaler sans broncher une leçon dogmatique, mais aussitôt entendue, de la juger par soi-même. J’aurais aimé mieux connaître Césaire.

    J’ai siégé sur les mêmes bancs que lui et dans le même groupe parlementaire entre 1986 et 1993, lorsque nous étions tous les deux députés. Parfois il écrivait ses poèmes dans la grande bibliothèque de l’Assemblée nationale. Je regrette de ne pas m’être alors assis à ses côtés pour lui dire : « Aimé, mon cher Aimé, votre vie donne l’un de ses sens à mon engagement politique ». J’aurais dû lui rapporter qu’il était l’inspirateur secret de cette importante loi que Madame Taubira a réussi à faire voter en 2001 : la reconnaissance par la France de la traite et de l’esclavage comme crime contre l’humanité. J’aurais voulu lui dire qu’il m’avait donné l’impulsion pour réaliser à Nantes, d’où partirent au dix-huitième siècle tant de sinistres bateaux négriers, un Mémorial de l’abolition de l’esclavage. J’aurais aimé lui faire part de mon affection.

    Cet écrivain martiniquais Aimé Césaire rejoint dans mon esprit son ami Léon-Gontran DAMAS. Il rejoint son aîné sénégalais Léopold Sédar SENGHOR. Ce dernier avait fait de Césaire son bizut dans les couloirs du lycée Louis-le-Grand ; ils s’aimaient comme des frères. Tous les deux, ils furent ce que la France pouvait espérer de mieux après la Seconde Guerre mondiale. À bon droit, ils furent notre mauvaise conscience jusque récemment. Je me rappelle que le 23 février 2005 fut voté au Palais Bourbon, une nuit, un article de loi sur la reconnaissance dans les programmes scolaires du rôle positif de la présence française dans la colonisation. Aimé Césaire est alors sorti de son silence pour s’en indigner, et heureusement, parce qu’il avait parfaitement raison.

    Aimé Césaire, Léon-Gontran DAMAS, Léopold Sédar SENGHOR furent les écrivains des confins de notre monde. Par leurs discours, leurs poèmes et leur théâtre tragique, ils nous rendirent sensibles à un pan méprisé de la condition humaine.

    Et c’est le premier d’entre eux, Aimé CÉSAIRE, qui nous a fait prendre conscience, à nous Français blancs et métissés de l’Hexagone, que la Nation s’accorde avec la négritude. Je dirai même plus : il nous a fait prendre conscience que par l’histoire, par la richesse des migrations, par le partage d’une même langue, nous avons eu la chance de devenir à la fois Français et Nègres, indissociablement. Je vous remercie.

    Et c’est le premier d’entre eux, Aimé CÉSAIRE, qui nous a fait prendre conscience, à nous Français blancs et métissés de l’Hexagone, que la Nation s’accorde avec la négritude. Je dirai même plus : il nous a fait prendre conscience que par l’histoire, par la richesse des migrations, par le partage d’une même langue, nous avons eu la chance de devenir à la fois Français et Nègres, indissociablement.

    Je vous remercie.

  • Martinique: Jean-Marc Ayrault "Césaire a fait d'une insulte le mot "Nègre" une identité ! "

    Martinique: Jean-Marc Ayrault "Césaire a fait d'une insulte le mot "Nègre" une identité ! "

    "Admiratif" et "humble" face à la parole de Césaire, à sa vie et à son oeuvre, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lui a rendu hommage le mercredi 26 juin dernier sur le parvis de l'ancien hôtel de ville, affirmant que "la Nation s'accorde avec la Négritude".

    Portrait d'Aimé Césaire à Fort-de-France. Photo Réveil FM

    Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lors de son hommage à Aimé Césaire. Photo Réveil FM

    Le poète, l'homme politique, le bâtisseur, le professeur: en une quinzaine de minutes, Jean-Marc Ayrault a retracé la vie et l'oeuvre d'Aimé Césaire, "le meilleur des fils de la Martinique". Si le Premier ministre n'a pas caché avoir relu " avec admiration" quelques-uns de ses discours et poèmes dans l'avion l'amenant à Fort-de-France, il a aussi profité du vol pour retravailler longuement sa propre allocution qu'il savait très attendue. Et c'est d'abord au poète que le locataire de Matignon a rendu hommage, "au nom du gouvernement et de la Nation". "Sa parole, son ton d'invective si particuliers étaient capables, en vous touchant au plus profond du cœur, de faire comprendre la situation des opprimés. A travers elle, il a dénoncé la situation d'injustice que vous viviez ici", a-t-il lancé à la foule présente devant l'ancien Hôtel de ville. Applaudissements chaleureux.

    Pour lui, " chaque mot est le porte-drapeau d'une identité: "nègre" ne peut être remplacé par "noir". Et de lâcher, face à un auditoire à l'unisson: "Aimé Césaire a su faire de l'insulte un cri d'identité issu de la chaire même de l'histoire".

    Français et nègres

    "Dans un monde où la parole politique a besoin de poésie", il a salué le "courage" du chantre de la Négritude, "pareil à la flamme d'une poésie, seul et splendide dans son jugement, intègre",. Cette parole libérée, libre et indépendante, Jean-Marc Ayrault l'a évidemment replacée dans le champ politique et dans l'action d'un homme qui " a su la prendre, à chaque fois, pour une cause juste": son opposition au régime de Vichy, ses prises de position, à l'Assemblée nationale, contre la colonisation et la traite des noirs, son indignation face au "rôle positif" de l'esclavage...

    "Il a fait l'un des plus longs mandats parlementaires du XXème siècle", a-t-il rappelé alors qu'il héritait "d'un territoire en détresse", dû au blocus imposé sous Vichy et à l'effondrement des usines sucrières. "Mais, aujourd'hui, il n'existe pas une rue, pas un quartier de cette ville qui ne lui doivent quelque chose".

    J'aurais aimé mieux connaitre Césaire", a enfin avoué le chef du gouvernement, rappelant avoir siégé sur les mêmes bancs que lui et dans le même groupe parlementaire de 1986 à 1993. " Je lui aurais dit: "votre vie donne un sens à mon engagement politique".

    Aimé Césaire a été le premier à nous faire prendre conscience, à nous, Français blancs et métisses, que la Nation s'accorde avec la Négritude. Et c'est m^me une chance, par une langue et une histoire communes, de devenir Français et nègres. Indissociablement".

    Chaque élu de la République devrait avoir le même sens des responsabilités qui fut le sien.

    Reportage photos

    1. Arrivée de Jean-Marc Ayrault à l'ancien hôtel de ville de Fort-de-France

    Jean-Marc Ayrault a serré quelques mains de Foyalais avant de se rendre dans le bureau d'Aimé Césaire. Une rencontre populaire qui sied à sa volonté d'être aussi "normal": Photos Réveil FM

    Le chef de camp du Premier ministre Ayrault. Photo Réveil FM

    2. Ballet d'accueil par des jeunes filles Foyalaises

    Ballet d'accueil par des jeunes Foyalais pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Photos Réveil FM

    C'est dans la cour de l'ancienne mairie de Fort-de-France que Jean-marc Ayrault a reçu les discours de bienvenue du maire de Fort-de-France, de la présidente du Conseil général et du président du Conseil régional. Trois déclinaisons d'un appel au chef de gouvernement pour "davantage d'engagement et de solidarité"

    Raymond Saint Louis, maire de Fort-de-France. Photo Réveil FM

    C'est Raymond Saint Louis Augustin qui a ouvert le ban des discours de bienvenue dans la cour de l'ancienne mairie de Fort-de-France. Un maire en verve malgré un lapsus, citant"jacques et Mireille Darsières" en lieu et place des enfants du poète. Il rattrapait rapidement le fil d'un discours savamment construit autour de l'oeuvre municipale menée par le chantre de la négritude comme le prolongement de sa poésie, de sa vie d'homme et de responsable politique. Une oeuvre qui prend racine dans une ville " à construire, une ville sans souffle culturel, un peuple qui ne sait qu'il est peuple".

    De cette évocation très lyrique, le maire ne manquera pas de rappeler " douvan zié, sé an gran chimin !" pour mieux citer son prédécesseur en ajoutant. "Gardons chaque pas gagné".

    "La muraille de Bercy" de Josette Manin

    Josette Manin, présidente du Conseil général. Photo Réveil FM

    Tonalité plus pragmatique et plus politique chez Josette Manin, présidente du Conseil général. " Nous avons un modèle qui s'essouffle. Nous le savons et vous le savez. Mais en espérant vraiment que pour la Collectivité territoriale que nous construisons ensemble, nous n'aurons pas à constater que 1+1 ne fait que ". Un avertissement clair qu'elle allait illustrer en évoquant " la muraille de Bercy" pour mieux prendre comme référence la Corse ou l'Etat a su établir un contrat de partenariat avec la collectivité territoriale. "Un contrat social de développement". La tonalité politique n'allait pas s'arrêter avec l'intervention de Serge Letchimy. Le président du Conseil régional s'adressant à "mon cher Jean-marc" allait rappeler que le Premier ministre, alors maire de Nantes, avait su mettre la mémoire de l'esclavage au cœur de sa ville avec le musée édifié sous sa mandature "laissant ainsi un message pour l'avenir".

    "La Nation s'accorde avec la négritude"

    Serge Letchimy, président du Conseil régional. Photo Réveil FM

    Mais l'actualité étant césarienne c'est surtout à l'ancien président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale que Serge Letchimy s'adressait en soulignant l'importance de ce groupe, lors du vote de la résolution en hommage à Césaire, le lundi dernier au Palais Bourbon.

    "L'héritage que Césaire nous a laissé, c'est la conscience d'une société imprégnée par le multiculturalisme. Il faut la construire ensemble dans le respect de la différence et l'égalité des droits".

    Le Premier ministre a évité de répondre directement, rappelant qu'il aurait à s'y exprimer. Jean-Marc Ayrault a évoqué l'homme Césaire, le député qu'il côtoya sur les bancs de l'Assemblée nationale de 1986 à 1993. Et dans une envolée digne d'un convaincu, il lançait alors une profession de foi très césairienne: "La Nation s'accorde avec la Négritude !"

     

    Marie-Thérèse Armède est la doyenne du carnaval de Martinique. Photo Réveil FM

    Les Foyalais dans la cour de l'ancien hôtel de ville de Fort-de-France. Photos Réveil FM

    Freddy Mulongo à l'ancien hôtel de ville de Fort-de-France. Photo Réveil FM

    Des policières de Fort-de-France. Photo Réveil FM

    Jean-Marc Ayrault salue chaleureusement Marie-Thérèse Armède (Tatie Thérèse). Photo Réveil FM

    3. Départ de Jean-Marc Ayrault de l'ancien hôtel de ville de Fort-de-France

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  • Martinique: Jean Marc Ayrault s'incline devant la tombe d'Aimé Césaire au cimetière La Joyaux !

    Martinique: Jean Marc Ayrault s'incline devant la tombe d'Aimé Césaire au cimetière La Joyaux !

    Cimetière La Joyaux en Martinique où repose Aimé Césaire. Photo Réveil FM

    La tombe d'aimé Césaire. Photo Réveil FM

    Une policière avec la couronne de fleurs du Premier ministre Jean Marc Ayrault pour aimé Césaire. Photo Réveil FM

    Après une courte allocution à la presse à sa descente d’avion, le Premier ministre est allé se recueillir sur la tombe d’Aimé Césaire au cimetière La Joyaux. Après avoir déposé une gerbe de fleurs d’hibiscus sur laquelle, on pouvait lire “Jean Marc Ayrault, Premier ministre”, Jean Marc Ayrault a ensuite lu en silence ce qui est gravé sur la stèle : “j’habite une blessure sacrée j’habite des ancêtres imaginaires j’habite un couloir obscur j’habite un long silence j’habite une soif ...” extrait de “Moi Laminaire”.

    Jean-Marc Ayrault a parlé aux Martiniquais dans le cimetière sur la grandeur de l'homme que fut Aimé Césaire.

  • Première visite de Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme au Cameroun du 30 juin au 2 juillet 2013

    Première visite de Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme au Cameroun du 30 juin au 2 juillet 2013

    La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, effectuera sa première visite officielle au Cameroun du 30 juin au 2 juillet prochains, à l’invitation du Gouvernement camerounais.

    Navi Pillay, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

    Au cours de ce séjour, Mme Pillay rencontrera le Président de la République, le Premier Ministre, les ministres des Relations extérieures, de la Justice, de la Promotion de la femme et de la famille ainsi que des représentants des institutions judiciaires. La Haut-Commissaire rencontrera également le Président du Sénat, le Président de l’Assemblée nationale ainsi que le Président et les membres de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés. Elle s’entretiendra aussi avec des membres de la société civile.

    A la fin de sa visite, le mardi 2 juillet, la Haut-Commissaire donnera une conférence de presse au Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique Centrale, dans le quartier Golf-Ntougou à Yaoundé, de 17 heures à 18 heures.
  • Paris, François Hollande rend hommage à Césaire au Panthéon

    Paris, François Hollande rend hommage à Césaire au Panthéon

    Le poète et homme politique Aimé Césaire aurait eu 100 ans le mercredi 26 juin 2013...

    Mercredi 26 juin 2013, François Hollande a rendu hommage à Aimé Césaire au Panthéon.

    François Hollande a rendu hommage ce mercredi matin au Panthéon au poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire, à l'occasion du centenaire de sa naissance, saluant une figure «intimement liée à l'esprit de la République» et à «la lutte contre l'esclavage, le colonialisme, la brutalité».

    Arrivé à 8h, le président de la République a traversé seul la nef du Panthéon, avant de descendre dans la crypte pour déposer une gerbe de fleurs devant la plaque dédiée à l'écrivain, chantre de la négritude.

    «Je tenais à venir ce matin honorer la mémoire d'Aimé Césaire à l'occasion du centenaire de sa naissance», a ensuite déclaré François Hollande dans une courte allocution, en présence des ministres Aurélie Filippetti (Culture) et Victorin Lurel (Outre-mers).

    Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui doit quitter Paris après le conseil des ministres pour se rendre aux Antilles dira lui aussi, «au nom de la nation tout entière, combien la forte personnalité d'Aimé Césaire le poète, l'homme politique trouve sa place dans notre panthéon», a ajouté le chef de l'Etat.

    «La figure d'Aimé Césaire est intimement liée à l'esprit de la République»

    «Je souhaite dire à tous les Martiniquais, mais aussi au-delà des Martiniquais, au-delà des Antilles, au-delà même de la France, combien la figure d'Aimé Césaire est intimement liée à l'esprit qui est celui de la République, c'est-à-dire la diffusion de valeurs, la promotion de chacun, la capacité à être digne en toutes circonstances, la lutte contre l'esclavage, contre le colonialisme, contre la brutalité», a-t-il poursuivi.

    Aimé Césaire «l'a fait avec ses mots de poète et il l'a fait aussi avec ses actes d'homme politique», a dit le Président de la République. L'écrivain, mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France, est enterré à la Martinique mais une plaque lui a été dédiée au Panthéon en avril 2011, lors d'un hommage national.

    L'écrivain, mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France, est enterré à la Martinique mais une plaque lui a été dédiée au Panthéon en avril 2011, lors d'un hommage national.
  • Paris: Va-t-on vers le boycott de la pompeuse fête du 30 juin organisée par Christian Atoki Ileka à l'hôtel George V ?

    Paris: Va-t-on vers le boycott de la pompeuse fête du 30 juin organisée par Christian Atoki Ileka à l'hôtel George V ?

    Avec ses 8 millions de morts, le viol des femmes congolaises qui fait du Congo la capitale mondiale du viol, la prise en otage des institutions républicaines par des soudards et seigneurs de guerre, le tripatouillage de la Constitution de Liège qui régit la République démocratique du Congo par des députés et sénateurs godillots et ventripotents qui ne sont pas au service du peuple congolais mais de leur insatiable ventre...A Paris, Christian Atoki Ileka, l'ambassadeur plénipotentiaire de Joseph Kabila fait fausse route. Alors que les Congolais de France malgré les paiements de leur passeport-biométriques attendent toujours cette sésame devenue arlésienne...Christian Atoki Ileka organise une grande fête-pour l'indépendance de la RDC-le vendredi 28 juin de 18h à 20h à l'hôtel George V à proximité du Fouquet's là où Nicolas Sarkozy, une fois élu président de la Républicaine Française en 2007 avait fait sa fête avec ses amis. Pourquoi Christian Atoki Ileka tient-il à une grandoise fête au George V alors que la majorité de congolais sont des précaires, vivent dans la pauvreté et misère ? Notre compatriote Jacques Towolafonu de Villeneuve d'Ascq dans le Nord de France, n'y va par le dos de la cuillère, il réfute l'invitation alambiquée de Christian Atoki Ileka par lettre recommandée avec accusé de réception.

    Jacques Towolafonu réfute l'invitation de l'hôtel George V organisée par Christian Atoki Ileka pour l'indépendance de la RDC

     

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  • Antilles : Jean-Marc Ayrault se rend en Martinique et en Guadeloupe sur fond de chômage et d’insécurité

    Antilles : Jean-Marc Ayrault se rend en Martinique et en Guadeloupe sur fond de chômage et d’insécurité

    Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault entame ce mercredi une visite de trois jours en Martinique et en Guadeloupe pour tenter de répondre aux inquiétudes dans ces îles victimes d’une insécurité croissante et d’un chômage qui touche plus de 20% de la population. Pour sa première visite en outre-mer depuis son arrivée à Matignon en mai 2012, le Premier ministre a choisi de débuter par la Martinique où est célébré le 26 juin le centenaire de la naissance du poète et homme politique Aimé Césaire. Dès son arrivée à Fort-de-France mercredi, le chef du gouvernement ira ainsi fleurir la tombe de celui en qui Monsieur Ayrault voit une «référence politique et intellectuelle», selon un conseiller.

    La Martinique et la Guadeloupe

    Mais le Premier ministre, qui reste comme le chef de l’Etat sont bas dans les sondages, va surtout tenter d’apporter des réponses concrètes aux problèmes que rencontrent les deux îles, qui avaient massivement voté pour François Hollande en 2012.

    Avec des taux de chômage supérieurs à 20% en Martinique comme en Guadeloupe, l’emploi sera au centre de la visite de Monsieur Ayrault. «Dans un passé récent, les département d’outre-mer ont eu un sentiment d’abandon», relève un membre du cabinet de M. Ayrault. Montrer que «l’Etat a repris sa place» sera un des enjeux de la visite.

    Sur ce volet de l’emploi, la visite ne devrait cependant pas donner lieu à des annonces nouvelles. La promotion de la «boîte à outils» du gouvernement, dont les emplois d’avenir, sera par contre assurée. Le Premier ministre rencontrera ainsi vendredi des jeunes en emploi d’avenir dans le Parc national de Guadeloupe.

    M. Ayrault, qui multipliera matin et soir les interventions dans les médias locaux, est aussi très attendu sur le volet fiscal. Le gouvernement reviendra-t-il sur le système de défiscalisation dans les territoires ultramarins? Le Premier ministre devrait préciser la position de l’Etat jeudi devant les milieux économiques à Fort-de-France.

    «L’enjeu est d’avoir des dispositifs plus efficaces pour le développement économique de l’outre-mer», explique un conseiller de M. Ayrault, sans lever le voile sur de futures annonces. Les acteurs économiques de l’île craignent un changement dans la future loi de finances 2014 au moment où les Antilles restent confrontées à la question de la «vie chère» et un ralentissement de l’économie.

    Guadeloupe: 19 morts violentes depuis janvier

    La grave crise sociale et économique qui a ébranlé les départements d’outre-mer en 2009 «n’était rien» comparée à la crise que génèrerait l’arrêt de toute défiscalisation, a ainsi mis en garde mercredi Jean-Paul Le Pelletier, le président de l’Association des chambres de commerce et d’industrie des Outre-mer (ACCIOM).

    Si le système d’aide fiscale à l’investissement est remplacé uniquement par du crédit d’impôt, «on sera sans capacité d’investir en 2013 mais aussi en 2014 et 2015», a pronostiqué le président de l’ACCIOM.

    M. Ayrault devrait aussi promouvoir le «bouclier qualité-prix», un dispositif créé dans le cadre de la loi Lurel de régulation économique outre-mer, destiné à lutter contre les mécanismes de la vie chère. Il porte sur une liste de 101 produits, pour un montant maximal de 365 euros, dont le prix est censé baisser de 10,3%.

    Notamment en Guadeloupe à partir de jeudi, la sécurité sera aussi un aspect majeur du déplacement. «Il y a un contexte un peu lourd en matière de sécurité», confirme-t-on dans l’entourage de M. Ayrault. La Guadeloupe a ainsi vu se multiplier depuis le début de l’année braquages et morts violentes (19 depuis janvier).

    Le Premier ministre se rendra jeudi en Guadeloupe dans la commune des Abymes, où a été créée en novembre une zone de sécurité prioritaire (ZCP) intégrant également la ville voisine de Pointe-à-Pitre. Il y prononcera un discours sur la sécurité et la politique de la ville, en présence du ministre François Lamy.

    Outre MM. Sapin et Lamy, la délégation comprendra plusieurs parlementaires et les ministres George-Pau Langevin (Réussite éducative), Guillaume Garot (Agroalimentaire) et Victorin Lurel (Outre-mer).

    Les journalistes qui l’accompagnent ont quitté Paris, le mardi 25 juin 2013

    Avec la loi contre la vie chère Outre-Mer, le Gouvernement a pris des mesures fortes dans les territoires ultramarins. La visite du Premier ministre aux Antilles, du 26 au 28 juin, vient réaffirmer l’importance de l’Outre-Mer dans la République.

    Roissy-Charles-de-Gaulle, 25 juin 2013. Photos Réveil FM

    "Aujourd’hui, les Outre-Mer sont au cœur de la préoccupation et de la réflexion du Gouvernement" soulignait Victorin Lurel en novembre dernier, lors de la réunion annuelle des maires d’Outre-Mer. Le budget de la mission Outre-Mer du projet de loi de finances 2013 a été augmenté de manière significative avec une hausse des crédits de 5 %. Cette évolution est intervenue après plusieurs années de diminution de l’effort de l’Etat en faveur des Outre-Mer.

    Mardi 25 juin 2013, des journalistes accrédités à Matignon à Roissy Charles-de-Gaulle. Photos Réveil FM

    Des mesures fortes pour la régulation économique du pays ont été décidées par le Gouvernement. La loi contre la vie chère Outre-Mer qui inaugure le dispositif "bouclier qualité-prix"1, fait partie des actions de redressement économique déclinées spécifiquement dans les Outre-Mer.

    Freddy Mulongo dans l'A310 de la République française Paris-Martinique. Photo Réveil FM

    Le service dans l'avion par des hôtesses est impeccable. Photo Réveil FM

    La Tour de contrôle de Roissy-Charles-de-Gaulle. Photo Réveil FM

     

    Décollage et vitesse de croisière. Photo Réveil FMSi les sociétés ultramarines sont plus durement touchées par la crise, celles-ci disposent néanmoins d’atouts considérables de développement. Cécile Duflot avait notamment pointé la richesse des ressources de ces territoires, en matière de biodiversité, lors de la Conférence environnementale.

    Reportage photos Paris-Port de Prince en Martinique

    Bienvenue à l' aéroport international de la Martinique-Aimé Césaire. Photos Réveil FM

    La Martinique fête le centenaire d'Aimé Césaire 1913-2013. Photo Réveil FM

    Des journalistes à la sortie de l'aéroport Aimé Césaire. Photo Réveil FM

    Fort de Prince. Photos Réveil FM

    L'hôtel Batelière, lieu de la réunion. Photos Réveil FM

     

    Jean-Marc Ayrault s’exprimera sur la politique de l’emploi à travers plusieurs rencontres, avec des acteurs économiques et des jeunes. Il visitera également une école de la deuxième chance. La prévention de la délinquance ainsi que la sécurité sont annoncées comme thèmes de prédilection de ce déplacement.

  • A coeur ouvert avec Armand Mavinga Tsafunenga de la 3C-RDC !

    A coeur ouvert avec Armand Mavinga Tsafunenga de la 3C-RDC !

    L'affiche d'Armand Mavinga Tsafunenga.

    Armand Mavinga Tsafunenga, Coordonnateur de la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) et Président National du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC), est un érudit et un leader politique qu’on ne présente plus, tant il est connu au niveau congolais, africain et international. Certaines langues le considèrent déjà comme "l’oiseau rare" que recherchent les Congolaises et Congolais pour prendre en main leur destin. D'autres sont dubitatifs et se posent des questions: Armand Mavinga Tsafunenga qui prône tant l'union et la réconciliation entre les congolais a-t-il une longue fourchette ? Ceux qui dirigent par défi le Congo-Kinshasa sont-ils prêts à laisser filer le bifteck qu'ils ont entre les dents ? Peut-on reconstruire le Grand Congo avec ceux-là même qui ont contribué à mettre le pays à feu et à sang pour leurs intérêts égoïstes et ventripotents ? Au delà de la foi visionnaire qui peut animer chaque homme, le Congo actuel ne ressemble-t-il pas à un marigot où des crocodiles, anacondas et serpents de tous espèces sont à jeun et donc prêts à bondir et tout dévorer ? Ancien expert de l’Unesco et d’autres organisations internationales gouvernementales et non gouvernementales, il est écrivain poète, chercheur, enseignant, Ambassadeur de paix, combattant de la justice, reconnu parmi les plus grands humanistes africains, expert en formulation des politiques culturelles pour le développement en Afrique, membre de sociétés savantes dont la Société française des sciences de l’information et de la communication (SFSIC). Armand Mavinga Tsafunenga est auteur de plusieurs ouvrages. Ses réponses sont toujours percutantes, comme en témoignent déjà ses réponses à l’époque à nos 10 questions en février 2009.

    1. Réveil FM International: Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga où en êtes-vous avec le Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) ? Comment pensez-vous le mettre en place ? A l’heure où les Congolais de l’Etranger se cherchent encore une telle structure est-il possible voire envisageable ?

    Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga: Monsieur Freddy Mulongo, avant toute chose je vous remercie pour l’interview que vous avez bien voulu m’accorder. Depuis le 09 mars 2013, nous sommes décidément à pied d’œuvre pour la mise sur pied du Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) très attendu par la diaspora congolaise dans les quatre coins du monde. Il importe de souligner d’emblée que j’ai pris l’initiative de la création du CMDC en ma qualité de Président du Centre d’études et de promotion de la culture et de la communication en Afrique (CEPROCOM). Le Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) fait partie de ma vision du Grand Congo du XXIème siècle, car la Diaspora Congolaise doit être la vitrine digne, forte, unie et responsable du Peuple Congolais et de la République Démocratique du Congo dans le monde. Le CMDC est une organisation non gouvernementale de développement, de solidarité, de citoyenneté et d’aide humanitaire à vocation internationale. Comme vous le savez, un bon leader est celui qui se sent responsable face aux besoins et problèmes de sa communauté, la mobilise et s’investit dans la recherche des solutions individuelles et collectives les plus appropriées.

    Pour votre gouverne, le samedi 09 mars 2013, un pré-dialogue inter-congolais de la Diaspora Congolaise a été organisé dans la Salle Denis Diderot à Bobigny à Paris. Dans l’invitation à ce pré-dialogue, il était prévu d’envisager la création du Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC). Le thème de ce pré-dialogue était : « La Diaspora Congolaise, force incontournable du changement et d’un nouveau départ de développement économique, socioculturel, scientifique, technologique et écologique, maillon de la cohésion et de l’unité nationales, province spéciale de la République Démocratique du Congo ». A notre agréable surprise, l’idée de la création du CMDC a capté totalement l’attention de Congolaises et Congolais de la diaspora qui ont demandé la mise sur pied sans tarder d’une telle structure. Les messages d’appui ont commencé en Irlande, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Afrique du sud et ainsi de suite. La diaspora congolaise en Allemagne a même demandé d’abriter le siège mondial du CMDC et par la suite a accepté que ce siège soit à Paris. Il m’a été demandé par un large consensus d’accepter de présider le CMDC, en ma qualité d’initiateur, aux fins de la mise en place de toutes ses structures. Aujourd’hui, nous sommes littéralement harcelés pour la mise sur pied d’urgence de cette institution. J’attire votre attention sur le fait que ce pré-dialogue de la diaspora n’avait pas pour objectif de préparer la participation de la diaspora à un éventuel dialogue national au Congo, mais d’aider la diaspora congolaise, évaluée à plus ou moins 7.000.000 de personnes, à s’organiser, à s’unir, à prendre ses responsabilités et à travailler ensemble dans la diversité.

    Monsieur Freddy MULONGO, pour bien répondre davantage à votre grande question, il m’est un devoir de vous rappeler l’objet et les modalités d’action du CMDC qui est créé sous forme d’association loi 1901, déclaré le 24 mai 2013 à la Préfecture de Paris sous le numéro W751219882. Aux termes de l’article 6 de ses statuts, le CMDC a pour objet :

    (a) contribuer à la construction du Grand Congo, un Etat de droit modèle et émergent en Afrique ;

    (b) contribuer au développement et au renforcement de l’unité, de la fraternité, de l’égalité, de la justice, de la paix, de la liberté, de la solidarité et de la cohésion nationale en République Démocratique du Congo ;

    (c) promouvoir l’exemplarité culturelle et l’esprit d’excellence et du mieux vivre ensemble du peuple congolais au pays et de la diaspora congolaise dans les pays d’accueil ou d’existence;

    (d) défendre les intérêts de la diaspora congolaise dans le monde, tout en renforçant la solidarité panafricaine et internationale;

    (e) contribuer à la justice, à la paix et au mieux vivre ensemble dans le monde ;

    (f) défendre les droits citoyens de la diaspora congolaise d’élire ses dirigeants au pays et ses députés et sénateurs, en appuyant le statut de la diaspora congolaise comme province spéciale de la République Démocratique du Congo ;

    (g) contribuer à l’émergence des Maisons du Grand Congo dans les capitales et lieux importants du monde ;

    (h) jouer un rôle consultatif auprès des autorités congolaises et au niveau international.

    Conformément à son objet, les activités du CMDC empruntent notamment les modalités d’action suivantes :

    (a) études et recherches spécialisées ;

    (b) mobilisation, dans la mesure du possible, des ressources humaines, matérielles et financières nécessaires et disponibles ;

    (c) édition, production, diffusion, documentation et information (collecte, diffusion et échange d’informations et de données) ;

    (d) consultation et participation à la mise en œuvre des activités opérationnelles ;

    (e) formulation de politiques et de plans, identification, exécution et évaluation des projets ;

    (f) collecte et distribution de l’aide humanitaire ;

    (g) organisation du corps électoral de la diaspora congolaise en collaboration avec les autorités congolaises, notamment au niveau des représentations diplomatiques de la République Démocratique du Congo ;

    (h) organisation des commissions et groupes de travail ;

    (i) formation et éducation ;

    (j) information et sensibilisation du public ;

    (k) stimulation et orientation de la coopération et de la solidarité humaine.

    Comme vous pouvez le constater, la création du CMDC est importante et urgente, en témoigne l’accueil que lui réserve déjà la diaspora. Je suis invité à voyager à travers le monde pour la mise sur pied des structures du CMDC qui comprend les organes suivants :

    - le Congrès ;

    - le Bureau Exécutif ;

    - le Conseil économique, social, culturel et environnemental ;

    - la Commission Parlementaire ;

    - les Conseils Locaux.

    Il n’y a pas de souci à se faire, car même le plus long chemin commence toujours par un premier pas. Je mettrai à profit mon expérience de la création et de la mise sur pied des organisations internationales non gouvernementales. Le CMDC sera un organe consultatif des Nations Unies et d’autres organisations internationales ainsi que des organisations régionales comme l’Union Africaine, l’Union Européenne et autres. Au sein du Bureau Exécutif, il est prévu cinq coordinations suivant la répartition géographique des Nations Unies, à savoir : Afrique, Amériques, Asie, Europe et Océanie.

    Il y aura un Conseil Général du CMDC au niveau de chaque pays, coiffé par une coordination régionale ou continentale. Un Conseil économique, social, culturel et environnemental, summum de l’intelligentsia congolaise de la diaspora, sera mis sur pied. La Commission Parlementaire sera mise sur pied quand la diaspora congolaise commencera à voter ses dirigeants et notamment ses députés (16) et ses sénateurs (4) dans le cadre de ma vision de la diaspora congolaise province spéciale de la République Démocratique du Congo. Toutes les informations seront publiées incessamment dans le site de CMDC en construction. La mise sur pied du CMDC se fera graduellement et méthodiquement pour déboucher sur le Congrès mondial de la Diaspora Congolaise qui se tiendra à Paris en France.

    Cela devra être un grand moment dans l’histoire de notre pays, car seront aussi invités les responsables de missions diplomatiques du Congo et les autorités gouvernementales congolaises ayant une légitimité populaire.

    Vous comprenez Monsieur Freddy Mulongo l’importance du CMDC et pourquoi il est très attendu par la diaspora. C’est un cadre d’unité, de réflexion, de dialogue, de conciliation, de réconciliation, d’action et de défense de nos intérêts. Beaucoup m’ont demandé si cette action était nécessaire au moment où beaucoup de compatriotes parlent du combat de libération ?

    Je dis oui, car la libération n’est pas un problème ponctuel de guerre ou de révolution à mener pour se libérer, mais c’est un processus global, à la fois spirituel, moral, social, politique, diplomatique, militaire, pour ne pas dire culturel. Il faut éviter de tomber dans le piège de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) que le Président Laurent-Désiré Kabila a traité par la suite de conglomérat d’aventuriers.

    Le CMDC est une réponse appropriée aux problèmes et soucis de la diaspora congolaise. Problèmes sociaux, d’identité, de citoyenneté, d’intégration, de protection des familles congolaises, de changement tant attendu au pays et d’unité.

    Pour terminer, il me paraît essentiel de préciser que les membres du CMDC sont de deux catégories, à savoir des membres individuels et des membres institutionnels. Les associations et plateformes peuvent aussi être membres du CMDC. Ce dernier ne se substitue pas à aux associations et plateformes existantes, mais travaillent avec elles en leur donnant plus de visibilité et en créant une synergie entre elles. Le CMDC permet de mettre en commun les actions de différentes plateformes congolaises. Pour ne citer que quelques unes : Fédération des Congolais de l’Etranger (FCE), Congrès Congolais de la Diaspora (CCD), Unité Centrale de la Diaspora Congolaise, Rassemblement de la Diaspora Congolaise, La Diaspora Congolaise Unie, Coordination de la Diaspora politique avisée de la République Démocratique du Congo (CODIPOA), Plateforme des Associations Congolaises de France (PACOF), Union des Associations Congolaises de France, Communauté Congolaise d’Atlanta, Communauté Congolaise de Charlotte, Communauté Congolaise de Toronto, Communauté Congolaise de Montréal, Communauté Congolaise de Japon, Communauté Congolaise de Chine, Collectif des Associations Congolaises à Montréal, Congrès des Congolais en Amérique, Congrès des Congolais du Canada, Union des Patriotes de la Diaspora Congolaise (UPDC), Association Civile Congolaise d’Italie. Monsieur Freddy MULONGO, je peux continuer à énumérer des initiatives congolaises qui appellent une synergie sans altérer la spécificité de chacune d’elles. Le CMDC ne peut pas, par exemple, se substituer au laboratoire qu’est la Fédération des Congolais de l’Etranger, mais travaille avec elle et sollicite son expertise. Ensemble, nous pouvons facilement monter un fonds d’investissement pour investir de manière coordonnée, planifiée et efficace au pays. Quand les Congolaises et Congolais sont expulsés ou veulent rentrer au pays, le CMDC peut travailler avec l’association 3RA (Retour Reconversion Retraite en Afrique) pour leur retour dans la dignité et la réinsertion facile. Les récents événements de l’agression et de l’arrestation des étudiants congolais à Punjab en Inde ne justifient-ils pas la nécessité d’un CMDC fort et efficace ?

    Pour conclure, à l’heure où les Congolais de l’étranger se cherchent, le Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) est un cadre privilégié d’unité, de cohésion, de réflexion, de solidarité, de synergie et d’action pour se retrouver ainsi pour connaitre les chemins et trouver les solutions adéquates à leurs problèmes.

    Armand Mavinga Tsafunenga au salon aéronautique et de l'espace 2013 au Bourget

    2. Réveil FM International: On connait votre humilité mais il y a quelques mois vous avez publié la liste du gouvernement melting pot dans lequel il y avait des Congolais de l’Etranger associés aux dinosaures mobutistes, et vous-même en tant que Président de la République. Un gouvernement des brontosaures, dinosaures mobutistes et mammouths joséphistes, pour quoi faire ?

     

    Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga: Merci Monsieur Freddy Mulongo pour cette pertinente question. Je suis flatté que vous commenciez votre question en mettant en exergue mon humilité. Oui je reste un homme humble, car l’humilité et la serviabilité font partie de ma nature. Quelle que soit l’importance des activités que je mène, je reste toujours humble. Ce dossier de gouvernement d’union nationale et de transition démocratique continue toujours de faire l’actualité jusqu’aujourd’hui. En effet, après les ratés des élections de novembre 2011, une crise s’est installée au sommet de l’Etat de la République Démocratique du Congo.

    Le pouvoir souffre d’une crise de légitimité après des fraudes électorales dignes d’un roman policier et la crise sociale est à son comble. Une crise majeure peut à tout moment arriver au Congo, on n’est pas sorti de l’auberge avec la crise de l’autorité de l’Etat ; le fléau de la corruption a affaibli l’Etat et le peuple s’inquiète et s’interroge. Il y a un danger quand un Etat n’arrive pas à assumer ses devoirs régaliens de défense de la nation et de la sécurité des biens et des personnes.

    Les voix se sont élevées et s’élèvent dans le monde pour rechercher des solutions visant à résoudre le problème d’un leadership crédible, visionnaire, responsable et outillé pour la République Démocratique du Congo. Certaines langues n’ont pas hésité à dire qu’il n’y a pas de bons leaders congolais.

    Vous vous souvenez, Freddy Mulongo, de la forte réaction du compatriote Jean Kalama Ilunga à la journaliste Colette Braeckman sur l’existence d’un vrai et sérieux leadership congolais. Aussi des appels à l’unité nationale, à la réconciliation et à une transition apaisée ont fusé de tous les coins jusqu’à ce jour.

    Face aux enjeux d’une crise majeure dans notre pays, de la recherche d’un nouveau leadership crédible, visionnaire, responsable et compétent, et d’un changement global tant attendu, nous avons créé le 26 novembre 2012 à Paris la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo, 3C-RDC en sigle.

    Un changement décisif qui va au-delà d’un simple besoin de changement des hommes, face à un leadership faible, non visionnaire et affaibli par la corruption et l’égoïsme aveuglant à la tête du pays. Un changement vers un nouveau destin de bonheur social, de paix, de dignité, de prospérité, de liberté et de solidarité nationale.

    La 3C-RDC est une plateforme qui a pris une vitesse de croisière et compte à son sein des représentants de toutes les couches de la population congolaise, à savoir : des leaders politiques de différentes tendances, des responsables des associations, des groupements des jeunes, des résistants, des cadres des églises, des intellectuels, des artistes et différents professionnels.

    Pour répondre à cette dynamique de leadership, des membres de 3C-RDC ont pris l’initiative d’organiser un sondage autour d’un gouvernement d’union nationale et de transition démocratique. Face à la crise des élections, il fallait le construire autour d’un nouveau leader qui n’était pas candidat aux élections présidentielles. Consulté, j’ai accepté de mettre mon leadership sur le lieu public, fort de ma vision du Grand Congo du XXIème siècle.

    Ce n’est pas moi qui ai pris l’initiative de ce sondage, mais le grand public s’est focalisé sur celui qui était suggéré au poste de Président de la Transition. Etant consulté, je devais veiller à ce que les propositions correspondent à des critères précis, étant donné que le sondage fait partie de la démocratie participative.

    Ainsi, le besoin de faire un sondage sur un projet de gouvernement d’union nationale et de transition démocratique part d’un constat et de déclarations incendiaires contre l’élite congolaise et notamment la classe politique qui n’arrive pas à s’entendre sur un leadership commun, responsable, crédible et visionnaire. Ce n’est point le lieu ici de citer des remarques violentes, voire humiliantes adressées à la classe politique congolaise où tout le monde veut devenir Président de la République, et où la plupart des acteurs politiques privilégient leurs intérêts personnels, au détriment de ceux du Peuple et du pays. Faire la politique devient donc un métier pour bien vivre avec sa famille et non une vision qui s’accompagne d’une mission. Les ennemis du Congo se sont appuyés sur cette faiblesse pour dire qu’il n’y a pas de leaders congolais crédibles.

    En outre, ce sondage n’a pas porté seulement sur le gouvernement : des propositions importantes ont été faites pour les institutions comme la Cour Constitutionnelle, le Conseil économique, social et culturel, et la Commission Vérité, Justice et Réconciliation Nationale. Le sondage était anonyme et la 3C-RDC n’apparaissait nulle part. Diriger c’est prévoir, c’est savoir anticiper.

    C’est ici l’occasion de féliciter Mr Bob Masala Maku et Mr Jerry Izouele Djamba qui ont organisé et suivi ce sondage du lundi 17 au dimanche 30 décembre 2012.

    L’équipe du sondage a reçu beaucoup de mails et d’appels téléphoniques du pays et de toute la diaspora congolaise, sans parler des centaines de contacts interpersonnels. De nombreux échanges ont enrichi ce sondage sur les réseaux sociaux. Il y a eu plus de 75% d’avis favorables à l’architecture proposée.

    Il y a eu unanimité sur mon profil comme leader pouvant conduire le Peuple Congolais à la justice, à la paix, à la réconciliation nationale et au bonheur social. Par exemple, à la question de proposer une femme au poste Premier Ministre, les gens ont proposé Mme Justine Kasa-Vubu sans tenir compte du fait qu’elle était d’une même province que le leader proposé comme Président de la Transition.

    Et cette réponse a été confirmée une semaine après quand des Congolais réunis le vendredi 21 décembre 2012 en Congrès à Anvers en Belgique ont plébiscité encore cette dernière comme potentielle Première Ministre de la Transition. L’équipe du sondage était loin d’imaginer l’engouement qu’allait susciter cette initiative au pays et dans la diaspora.

    La 3C-RDC a été d’office coptée comme un laboratoire de propositions, au point que les gens ont demandé que des propositions soient faites aussi pour la Cour Suprême de Justice et les services de défense et de sécurité dont l’armée. La plupart des sondés ont préféré la formule de Vice-Premiers Ministres à celle de Ministres d’Etat.

    Pour ce sondage, c’est la méthode suggestive qui a été utilisée. Le sondage est un outil de la démocratie participative. Quand un acteur veut devenir un acteur politique public, il peut faire l’objet d’un sondage pas pour le nuire, mais pour connaître les attentes populaires. Le sondage peut être anonyme. Dans ce cas, on demande au public de proposer des noms. Cette approche est fastidieuse, prend du temps et n’amène pas aux objectifs visés, car souvent le public n’a pas le temps de connaître en profondeur ces acteurs politiques et surtout de lire ce qu’ils écrivent et/ou proposent.

    Ce qui amène parfois les gens à privilégier plus le critère ethnique, au détriment des autres critères. Le sondage peut être aussi suggestif. Il est précédé d’un travail de fond sur le grand panel des acteurs politiques congolais. L’équipe du sondage a utilisé l’approche suggestive et il est heureux de constater qu’elle a été très fructueuse, vu le nombre de réactions enregistrées.

    Plusieurs critères ont été utilisés : la compétence, le militantisme, l’équilibre politique, le socle d’union nationale, la répartition géographique, la continuité de l’Etat, les éléments de connaissance (publications, discours, déclarations, etc.). L’équipe du sondage y a travaillé à fond pour essayer d’être impartial.

    Aujourd’hui, cette architecture de gouvernement d’union et de transition démocratique est devenue un précieux outil de travail dans les différents états-majors politiques congolais. Deux leaders politiques ont demandé que leurs noms soient retirés de cette liste.

    Par contre, beaucoup de leaders politiques étaient mécontents de ne pas voir leurs noms sur cette liste, même s’il s’agit d’un sondage. La plupart n’ont pas voulu qu’on leur parle du sondage, ils voulaient être repris dans ce projet de gouvernement. Ce n’est pas facile de ramener une liste de 100 personnes en une trentaine.

    Il ne s’agissait pas d’un projet melting pot, mais d’un projet visant à dégager une architecture type de notre leadership d’union nationale et de transition démocratique, sans esprit d’exclusion ni d’intolérance. J’insiste que c’était un sondage et non une nomination. Il faudra un jour un leader politique qui va mettre tous les acteurs politiques congolais ensemble sans esprit de haine, de vengeance, de revanche et de règlement des comptes, un leader politique qui va impulser la cohésion, l’unité et la réconciliation nationales dans la justice.

    C’est une tâche ardue. Mais comme je le dis chaque jour, « demain n’est pas à attendre mais à inventer et demain se prépare aujourd’hui. » Me préparant à diriger un jour mon pays et à le mettre de façon décisive sur l’orbite de l’émergence, je me dois de travailler avec tous les Congolaises et Congolais autour de la vision du Grand Congo que je porte sans distinction d’appartenance politique, sociale, ethnique et religieuse. Il sera un Grand Congo de justice, de paix, de sécurité, de liberté et de bonheur social pour le Peuple Congolais.

    En me projetant dans cette vision de gouvernement d’union nationale, de réconciliation et de transition démocratique juste et apaisée pour demain, je reste toujours humble, car pour moi diriger un jour le Congo n’est pas une ambition mais un destin.

    3. Réveil FM International: Malu Malu revient à la CENI après avoir orchestré les fraudes électorales lors des élections Louis Michel de 2006, qu’augure ce retour ? Pensez-vous que cela soit une bonne chose ?

     

    Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga: Le retour de l’Abbé Malu-Malu à la tête de la Commission Electorale Nationale et Indépendante (CENI) pose problème. Il convient de signaler d’abord que je ne suis pas contre l’Abbé Malu-Malu qui est un homme sympathique et intelligent.

    Les élections organisées en 2006 ont été largement financées par l’Union Européenne que représentait Monsieur Louis Michel. Il était tout à fait normal que ce dernier veille sur les intérêts de l’Union Européenne. Les élections de 2006 ont été émaillées de beaucoup d’irrégularités sous la direction de l’Abbé Apollinaire Malu-Malu.

    Je me souviens que le Cardinal Etsou Bamungwabi avait réclamé la vérité des urnes à cette époque, comme le Cardinal Laurent Monsengwo l’a reclamée pour les élections de novembre 2011. S’il avait bien son travail à l’époque, on ne l’aurait pas évincé à la tête de la CENI en faveur du Pasteur méthodiste Daniel Ngoy Mulunda Nyanga. Nous ne devons pas oublier les violences préélectorales, électorales et postélectorales de 2006 et 2007.

    Avant de parler de la désignation nomination de l’Abbé Apollinaire Malu-Malu à la tête de la CENI, je vous fais remarquer que la composition déjà de la CENI pose problème. La CENI n’est pas indépendante, mais une institution politique partisane d’organisation des élections. En vertu de quoi la majorité doit avoir six places et l’opposition quatre places au sein de la CENI.

    C’est ni plus ni moins de la maffia politique. La CENI devrait être tenue par des experts qui ne sont pas membres de partis politiques, mais qui sont d’une neutralité avérée. Comme l’a souligné la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC, la majorité présidentielle et plusieurs membres de l’opposition ont peur de la démocratie.

    Les membres de la majorité et de l’opposition de la CENI veulent procéder à des nominations de leurs membres aux élections locales, urbaines, municipales et provinciales sous l’égide d’Abbé Malu-Malu.

    La composition de la CENI n’étant ni nationale ni indépendante, le décor de l’aggravation de la crise actuelle est planté. Les autorités actuelles ont donc refusé de tenir compte des manquements graves des élections de 2011.

    Abbé Malu-Malu doit être sincère et transparent pour faire le bon choix, car l’hypocrisie ne paie pas et finira par le rattraper un jour dans sa vie. L’Abbé Malu-Malu et le Pasteur Daniel Ngoy Mulunda sont des éléments d’une même figure, à savoir des membres de la majorité présidentielle dirigée par le PPRD. Qui a oublié que l’Abbé Malu-Malu est Co-chef de la délégation gouvernementale aux pourparlers de Kampala avec le M23, sans citer les multiples fonctions qu’il a assumées dans le cadre de signature de plusieurs accords de paix sans paix entre le gouvernement et les mouvements rebelles et mercenaires à l’est de la République Démocratique du Congo.

    Il est temps que l’Abbé Malu-Malu écrive à sa hiérarchie pour demander une mise en disponibilité aux fins de travailler avec Joseph Kabila, parce qu’il est devenu un leader politique à part entière de la majorité présidentielle.

    Ce sera un bonheur pour nous de le compter clairement parmi nous comme acteur politique et non comme Président de la CENI. Ce qui pourrait permettre à son Président de lui confier le poste qu’il aimerait lui confier en dehors de la CENI. Le retour de Malu-Malu, loin d’apaiser les esprits, va déboucher sur un climat de suspicion qui va aggraver la crise actuelle de légitimité du pouvoir. Toutes les forces vives de la nation sont appelées à une vigilance tous azimuts pour dénicher à temps le plan caché de ce retour.

    Armand Mavinga Tsafunenga au Centre d'Accueil de la Presse Etrangère. Photo Réveil FM-CAPE

    4. Réveil FM International: Ancien expert de l’Unesco, les rumeurs courent que les lobbyistes belges et angolais veulent vous placer à la tête du Congo. Pourquoi d’autres pays : la France, les Etats-Unis…ne vous appuient-ils pas seulement les Belges et les Angolais ?

    Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga: Merci Monsieur Freddy Mulongo pour cette question. Depuis que j’ai annoncé que je me prépare et suis prêt à changer le destin du Peuple Congolais et de la République Démocratique du Congo, je suis au cœur de toutes les discussions sur le changement en République Démocratique du Congo.

    Eu égard à la centralité et à la position géostratégique de notre pays, il est tout à fait normal que les gens se posent tant de questions et essaient de répondre selon les éléments à leur disposition.

    La question que vous me posez est délicate, car je sais que c’est le Peuple Congolais qui va un jour me placer à la tête du pays, car le pouvoir émane du peuple. C’est ce qui justifie le rallye que je viens d’amorcer pour atteindre toute la diaspora congolaise et mes compatriotes au pays pour leur présenter ma vision du Grand Congo du XXIème siècle. Ce qu’il faudra d’abord noter c’est l’unanimité qui se crée autour de cette vision et du projet global ad hoc.

    Vous vous souvenez d’ailleurs de l’engouement déjà créé par ma vision en 2008 en ma qualité du Président National du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC). Vous avez participé avec moi au Congrès organisé les 28 et 29 novembre 2008 à Paris, si j’ai encore bonne mémoire, par la Fédération des Congolais de l’Etranger (FCE) sur le thème : « Mondialisation et migration, mondialisation et double nationalité, mondialisation, décentralisation, développement local et emploi, mondialisation, décentralisation et démocratie locale ». Lors de ce congrès, vous avez été témoins comment des participants et des députés venant du Congo avaient littéralement sauté sur mon livre intitulé « A la recherche d’un modèle de développement culturellement durable. Pour bâtir une nouvelle et vraie République Démocratique du Congo » (Paris, Pyramide Papyrus Presse, 2007). C’est après d’ailleurs ce congrès que vous m’avez posé vos 10 questions légendaires d’un bon journaliste.

    La République Démocratique du Congo traverse une crise multiforme sans précédent à l’image de l’holocauste silencieux qui s’y passe. L’espérance de vie est réduite à 43 ans, plus de 8.000.000 de morts directs et indirects, plus de 3.000.000 de personnes déplacées qui vivent comme des réfugiés sur le sol de leurs ancêtres, des frontières troublées avec le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, l’autorité de l’Etat est sapée, la corruption a ébranlé l’Etat incapable de tenir ses devoirs régaliens de protection de la nation, des biens et des personnes. Une crise majeure peut à tout moment ébranler le pouvoir en place qui souffre de légitimité.

    La République Démocratique du Congo transformée est devenu le ventre mou de la région des Grands Lacs malgré ses immenses ressources naturelles et stratégiques à l’ère de la mondialisation. Des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme assassinés sans aucune forme de procès et une dictature se met tranquillement en place au détriment des règles démocratiques élémentaires. Des défis immenses attendent celui qui va remplacer Joseph Kabila parce que ce dernier ne pourra pas modifier la constitution pour briguer un troisième mandat. J’ai été préparé et me suis préparé à relever ces défis ensemble avec mon peuple. Pour votre information, c’est depuis le 11 juillet 1991 à 13h00 que je suis préparé et me prépare à assumer mon destin pour le Peuple Congolais et notre pays.

    Diriger le Congo pour moi est le fruit d’une longue préparation. Je suis appelé à être une charnière entre l’ancien Congo qui se termine avec le Président Joseph Kabila et le nouveau Congo qui commencera avec moi. Cette rétrospective me permet de revenir maintenant à votre question.

    Beaucoup de gens se demandent qui est derrière Armand Mavinga Tsafunenga ? Quels sont ses appuis pour briguer la présidence de la République Démocratique du Congo. Il faut faire très attention avec les rumeurs, car elles peuvent être montées de toutes pièces pour nuire à la mise en œuvre de notre vision.

    Ces rumeurs des lobbyistes belges et angolais sont fausses et il faut éviter d’embarrasser inutilement les autorités belges et angolaises.

    Je compte d’abord sur l’Eternel et le Peuple Congolais, ensuite sur toute la communauté internationale parce que le Congo est un pays stratégique dont tout le monde a besoin. Nous avons besoin de soutien de tous les pays pour la concrétisation de notre vision.

    Il nous faut une Afrique centrale apaisée et prospère, notamment dans la région des Grands Lacs, avec la revitalisation de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) qui pourra s’ouvrir aussi à l’Ouganda et à la Tanzanie, à côté de la République Démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi.

    Mon profil de grand humaniste africain, d’Ambassadeur de paix et d’expert du développement et des organisations internationales est important pour la paix, la justice, la réconciliation, la stabilité, le mieux vivre ensemble et la prospérité dans la région, comme au niveau international. Je suis aussi un spécialiste de la lutte contre le terrorisme, notamment en ce qui concerne l’approche anticipative, ce qui renforce mon profil d’acteur approprié dans la protection des biens et des personnes ainsi que dans la sécurisation des investissements de nos partenaires extérieurs au Congo.

    J’ai tout d’un profil typique du leader qu’attendent le Peuple Congolais et la communauté internationale impliquée dans les grands enjeux géostratégiques de la République Démocratique du Congo.

    5. Réveil FM International: Comptez-vous vous présenter en 2016, si oui croyez-vous que les élections seront libres, démocratiques et transparentes ? Que pensez-vous de tous ceux qui disent 2006=2011=2016 ?

    Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga: Monsieur Freddy Mulongo, il ne fait l’ombre d’aucun doute que je serai candidat aux élections présidentielles de 2016, car cette élection finira par avoir lieu. Dans les magazines « Echos des tropiques » (janvier-mars 2013) du Journaliste Mbamba Toko et Panafrica International (mars-avril 2013) de James Ngumbu, j’ai annoncé que je serai candidat, notamment dans l’interview du Journaliste Anicet Muzinga.

    Vous avez sans peut-être déjà lu l’affiche qui est publiée sur laquelle est écrit ce qui suit : « Mettons-nous tous ensemble autour de Papa Armand Mavinga Tsafunenga pour changer notre destin en République Démocratique du Congo. Demain n’est pas à attendre, mais à inventer. 2016 c’est demain matin. Demain se prépare aujourd’hui ». C’est pour dire que nous avons déjà commencé à préparer 2016.

    Nous ne croyons pas mais nous allons nous investir pour que les élections soient libres, démocratiques et transparentes. Le premier combat est d’empêcher le Président actuel de changer la constitution pour briguer un nouveau mandat. Une constitution est un texte sacré et non un règlement d’ordre intérieur d’un pouvoir qui le change à sa guise. Avec l’Abbé Malu-Malu ou pas, 2016 ne sera pas comme 2006 et 2011. En 2006 et en 2011, des groupes de Congolaises et Congolais étaient prêts à soutenir ma candidature aux élections présidentielles, mais je leur avais dit que ces élections ne me concernaient pas et qu’ils devaient garder leur argent. Et j’ai souligné que le jour où je serai candidat aux élections présidentielles, je les gagnerai sans contestation. Les élections de 2011 étaient celles de notre Père Etienne Tshisekedi, considéré comme le Moïse de l’Etat de droit au Congo ; celles de 2016 seront les élections de Papa Armand Mavinga Tsafunenga, le Josué de l’Etat de droit au Congo. Le Peuple Congolais, grâce à la mobilisation de sa diaspora, n’acceptera plus qu’on lui vole sa victoire et deviendra de plus en plus exigeant.

    Il faut savoir lire les signes des temps avec tous les mouvements qui se développent comme les résistants et notamment les combattants, les bana bilaka (les enfants de la promesse), les bana mvuluzi (les enfants du sauveur libérateur Kimbangu), la COFAC ( Coalition des Forces Armées congolaises), etc.

    Il faut savoir lire les signes des temps avec tous les mouvements qui se développent comme les résistants et notamment les combattants, les bana bilaka (les enfants de la promesse), les bana mvuluzi (les enfants du sauveur libérateur Kimbangu), la COFAC ( Coalition des Forces Armées congolaises), etc.
  • Paris: Nous y étions au cinéma Paradiso au Grand Palais

    Paris: Nous y étions au cinéma Paradiso au Grand Palais

    Jusqu’au vendredi 21 juin dernier, installé de façon éphémère au Grand Palais, le Cinéma Paradiso, « drive-in » à l’ancienne, ne désemplit pas. Un cinéma et des restaurants ont été installés de manière provisoire sous la verrière du Grand Palais. Le Grand Palais, posé en bord de Seine dans le 8e arrondissement de Paris, est envahi par un brouhaha joyeux. Certains jouent au baby-foot, d’autres investissent des jeux vidéos rétro. Sur l’un des stands, un groupe de cinq jeunes gens, sages et concentrés, est assis autour d’une table. Ils s’initient aux joies du tricot. À côté, un coiffeur tient boutique et attend le client. Au milieu du grand hall d’exposition, trône une ancienne affiche Coca-cola, entourée de buvettes. Affiche cinéma Paradisio Grand Palais Fiat & MK2 Les 12 000 m2 de la verrière ont été investis pour vous proposer un drive-in, un dinner, une piste de roller, un espace de jeu, une discothèque et bien d’autres animations.

    Cinéma Paradiso. Photo Réveil FM

    France Culture. Photo Réveil FM

    On nous a dit « drive-in ». On a pensé pare-chocs, frotti-frotta et sièges en skaï. Alors, en pénétrant dans la nef du Grand Palais, où MK2 organise « le plus grand drive-in jamais réalisé dans une capitale », on a comme un moment de flottement. Où sont les voitures ? Sous la voûte majestueuse, on ne voit d'abord que des parasols rouges, une pub Coca avec pin-up blonde, des stands en bois croulant sous les gadgets et des enseignes lumineuses « Diner » – dites « daïneure », à l'américaine – et « Super Club ». Au fond, derrière un échafaudage surmonté de l'inscription « Cinema Paradiso », des carrosseries rutilantes finissent par nous faire de l'œil. Face à l'écran, trente-quatre Fiat 500 décapotables donnent au lieu un air de Salon de l'auto. Pour les Ford et la poussière, c'est raté. Pour l'ambiance ciné paroissial en Sicile, aussi. 19h30. D'ici à la séance de The Big Lebowski, on a le temps de faire un tour. Entre les stands où tout s'achète (cher) – des cosmétiques Kiehl's au pop-corn bio en passant par les DVD MK2 – circule une faune plutôt jeune et branchée. Hipsters, bobos et quelques rares familles avec enfants. Une foire pour CSP+, avec un côté camping au musée pour l'odeur de graillon. Maxime, du staff MK2, dit que l'opération est « un grand événement populaire ». La preuve avec la piste de disco roller et l'expo sur le « retrogaming » ! « C'est plein de vieilles bornes, vous verrez. » Vieilles bornes ? Pas sûre qu'il faille bien le prendre.

    Freddy Mulongo dans l'un des trente-quatre Fiat 500 décapotables. Photo Réveil FM

    On va voir quand même, et oh, magie de la culture régressive, les jeux de notre enfance sont tous là, Pac-Man en tête. 20h15. Une fille commente : « C'est l'Amérique pour de faux, quoi ! » Le cheeseburger sur l'estomac, les tympans saturés de disco, on se sent faible soudain, aspirée par le fond d'une « Piscine » chèrement acquise (une coupe de champagne avec glaçons). Finalement, c'est l'heure. On n'a pas droit aux décapotables, il faudra se contenter d'un siège ou d'un transat. Un type râle : « La prochaine fois, au lieu de raquer 20 euros pour voir un film dans un fauteuil, j'irai à la Villette, au moins c'est en plein air et gratuit ! » Les rangs sont clairsemés. Des hôtesses nous distribuent des casques, « son immersif » garanti. Alors que la verrière est toujours inondée de lumière, le film commence.

    Dès 21 heures, une file d’attente se constitue peu à peu à l’entrée du cinéma signalé par des lettres roses lumineuses. La programmation rend hommage à des classiques du cinéma américain. La séance de Taxi Driver doit commencer à 21 h. Des trentenaires portant blazer, barbe de trois jours et grandes lunettes noires arrondies discutent entre eux. Les filles ont des jupes à fleurs, des petits blousons de cuir, et une tresse sur le côté…

    Derrière un grand rideau noir se trouve la salle de projection improvisée. Des sofas rouges sont étendus au pied de l’écran, puis sont alignés des transats, des sièges de cinéma, et au fond, trente-deux Fiat 500 toutes neuves occupées par les spectateurs les plus chanceux.

    UN CASQUE AUDIO PAR SPECTATEUR

    Un jeune homme, cheveux bruns, tenue décontractée, grand sourire, arpente les allées de la salle. C’est Elisha Karmitz, fils cadet de Marin Karmitz, patron du réseau de salles MK2. « Je n’avais jamais connu de drive-in de ma vie, confie le jeune organisateur. Mais ce n’est pas une démarche nostalgique. J’ai voulu utiliser certains codes de notre enfance pour les moderniser. Ce qui est moderne, c’est le mélange très contemporain entre l’esprit discothèque, les créations lumineuses et la salle de cinéma. »

    « Je n’ai pas voulu faire un événement pour les parisiens branchés, ajoute-t-il. J’ai appelé cet événement Cinéma Paradiso en référence à la scène du film du même nom où Alfredo (Philippe Noiret) projette la séance de cinéma sur la place du village ».

    Les gens s’installent dans les fauteuils. Ils ont à la main des coupes de champagne, des verres de vin ou de bière. 21 h 30 : le film tarde à se lancer. La lumière est encore vive sous la grande verrière. Lorsqu’il démarre, les formes se devinent à peine sur la toile blanche. Les spectateurs portent des casques dans lesquels résonne le saxophone entêtant de Taxi Driver.

    DERRIÈRE LE RIDEAU, LA PISTE DE DANSE SE PRÉPARE

    Au bout d’une demi-heure, la nuit tombe enfin. Le film sort peu à peu de l’écran. Robert de Niro se raconte des histoires d’héroïsme, torse nu devant son miroir, revolver au poing.

    Quand les bruits entêtants de la rue new-yorkaise s’estompent dans le casque, le brouhaha qui règne derrière le rideau, où l’on prépare la piste de danse, prend le relais. Au-dessus des têtes, des éclats de couleurs se reflètent dans la verrière. La structure métallique du Grand Palais s’illumine peu à peu. Elle encadre l’écran de sa charpente teintée d’un violet éclatant. Pendant ce temps, sur l’écran, se déploient les bas-fonds d’un New York nocturne.

    Quand le film s’arrête, les spectateurs se lèvent paresseusement de leur siège. Des couples s’embrassent. Comme un clin d’œil involontaire à la scène finale de Cinéma Paradiso, où le héros visualise une bande qui reprend tous les baisers de cinéma censurés par le curé de la paroisse.

    LE PUBLIC PARTAGÉ

    Il y a foule, à la sortie. Un groupe de jeunes filles reste planté, en proie à une discussion animée. Manifestement, elles n’ont pas également apprécié la séance. « Je suis très déçue, lance la plus vive du groupe. C’est un événement pour « bobos ». Et toutes ces pubs coca-cola dans le Grand-Palais, ça m’énerve ».

    Son amie n’est pas vraiment d’accord : « Moi, j’ai trouvé ça sympathique. La programmation est prometteuse. Les Dents de la mer est bientôt au programme. Ce film dans un tel cadre, c’est tout de même du jamais vu. »

    Freddy Mulongo dans un playstation. Photo Réveil FM

    Stand Barbie pour les petites filles. Photo Réveil FM

    Asterix et ses amis. Photo Réveil FM

     

    Ce tableau nous a plu: "Avoir la tête dans les nuages ! Photo Réveil FM

  • Affaire Ambassade de Berne: Le chargé d'Affaires ai, Jean Claude Kalala, Chick Munduki, Evelyne Milolo et Mado ntumba Munduki sont attendus le lundi 29 juillet au tribunal fédéral de Bellinzona

    Affaire Ambassade de Berne: Le chargé d'Affaires ai, Jean Claude Kalala, Chick Munduki, Evelyne Milolo et Mado Ntumba Munduki sont attendus le lundi 29 juillet au tribunal fédéral de Bellinzona

    Jean-Claude Kalala Muayika

    Chick Munduki Osonga. Photo Réveil FM

    Pour une première c'est vraiment une première dans l'histoire de la diplomatie mondiale. L'ambassade de la République démocratique a accusé ses ressortissants auprès des autorités suisses. Le 28 juillet 2013, Jean Claude Kalala, Chick Munduki Osonga, Evelyne Milolo et Mado Ntumba  Munduki vont se retrouver face à leur accusateur Sébastien Mutomb Mujing, chargé d'Affaires ai de la Mission diplomatique de la République démocratique du Congo au tribunal fédéral de Bellinzonna. Qu'ont fait les Congolais résidents en Suisse pour être accusé par l'ambassade qui devait les protéger ? En effet, lors du second hold-up électoral du régime de Joseph Kabila suite aux fraudes massives orchestrées par Daniel Ngoyi Mulunda le fameux président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), fraudes dénoncées par plusieurs organismes internationaux: Institut Carter, Union européenne...Des congolais avaient manifesté pacifiquement dans l'enceinte de l'ambassade de la RDC à Berne. Une ambassade fantôme, une ambassade pres qu'abandonné où les herbes folles risquaient d'abriter des serpents et scorpions. Pour avoir chanté à tue-tête contre le hold-up électoral, dénoncé la dictature totalitaire installé au Congo-Kinshasa et la prise en otage de ses institutions par une bande mafieuse, en bon calculateur Sébastien Mutomb Mujing, chargé d'Affaires ai, qui est toujours intérimaire alors selon la loi congolaise l'intérim ne peut dépasser 12 mois, a cru tomber sur une occasion en or pour se faire mieux voir du régime de Kinshasa va sauter sur l'occasion. Sans contre expertise d'une institution indépendante, espérant en tirer les dividendes "Que le régime le nomme Ambassadeur", Sébastien Mutomb Mujing va accuser faussement ses compatriotes congolais à la police suisse, de violation de domicile comme si la résidence de l'ambassade était sa propriété ou celle de ses parents. Il est allé trop en insinuant que ses compatriotes avaient cassé vitres, portes et que certains documents avaient disparu !

    Le régime de Kinshasa compte envoyer des hauts cadres du PPRD pour soutenir le Chargé d'Affaires ai. Les Résistants-Patriotes-Combattants seront-ils aux côtés de leurs frères ?

    De toutes les façons les congolais qui savent et sont conscients que le tribunal Fédéral de Bellinzonna est une tribune qui leur est offert pour expliquer la situation abracadabrantesque que vivent les congolais de la République démocratique du Congo avec 8 millions de morts, tripatouillages, fraudes électorales, le viol des femmes utilisé comme arme de guerre, des milices tutsi rwandaises fabriquées et soutenues par le régime de Kinshasa pour piller, assassiner, massacrer des paisibles citoyens...

    Le clivage est net entre le peuple congolais et ceux qui sans légitimité dirigent par défi ! Le peuple congolais muselé, chosifié, appauvri à outrance par le régime totalitaire, n'a qu'un seul recours et secours, celui des Résistants-Patriotes-Combattants, ces congolais de l'étranger sont devenus la voix des sans voix pour la République démocratique du Congo. Ces sont eux qui nourrissent des familles au Congo, ce sont eux qui soignent des familles, envoient les enfants à l'école...Ils pallient à qui mieux mieux les carences et incohérences d'un régime d'occupation.

    Le procès de Bellinzona du 29 juillet 2013 est un procès du peuple congolais contre un régime dictatorial qui dirige par défi sans légitimité et de manière illégale. C'est le refus de payer 300 Francs suisses chacun pour payer la nouvelle clôture de l'ambassade de la RDC à Berne qui amènent ces 4 congolais à Bellinzona. Ils estiment dans leur âme et conscience qu'ils n'ont jamais violé le domicile de qui que que ce soit, en se rendant à la maison commune de tous les Congolais qui est l'ambassade de la RDC, qu'ils n'ont rien casser dans cette ambassade et qu'ils ne vont pas enrichir un pouvoir d'occupation, d'usupation et d'imposture qu'est le régime de Joseph Kabila et ses sbires de l'ambassade.

    Jean Claude kalala Muayika, Chick Munduki (dont la caméra de Kongolo Télema fut saisi par la police à l'époque empêchant notre confrère de faire son travail jusqu'à notre intervention, la caméra fut restituée mais les cartes mémoires confisquées), Evelyne Milolo et Mado Ntumba Munduki sont décidés à aller jusqu'au bout ! Bellinzona prélude ce qui risque de se passer au tribunal Fédéral de Lausanne avant celle de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg !