• Panthéon: Hommage de Manuel Valls à Jean Jaurès "Grand tribun pacifiste qui 100 ans après demeure contemporain et éternel" !

    Panthéon: Hommage de Manuel Valls à Jean Jaurès "Grand tribun pacifiste qui 100 ans après demeure contemporain et éternel" !

    Panthéon, Manuel Valls, premier ministre lors de son discours après l'inauguration de l'exposition sur Jean Jaurès. Photos Réveil FM International

    Le 25 juin a lieu dans le cadre grandiose du Panthéon l’inauguration d’une passionnante exposition consacrée à Jean-Jaurès, figure majeure du socialisme, qui continue à inspirer au-delà des divisions partisanes. Dans un peu plus d’un mois, cela fera cent ans que ce pacifiste et dreyfusard, qui a tant œuvré pour contrer la marche à la guerre, a été assassiné par un membre de l’extrême droite, a expliqué l’historien Vincent Duclert, commissaire de l’exposition, qui en a fait les honneurs notamment à Manuel Valls.

    Valls exhorte les socialistes à être "unis dans l'exercice du pouvoir". Pour l'inauguration d'une exposition sur Jaurès au Panthéon, le Premier ministre a livré un vibrant appel pour "tous les socialistes".

    Il lance un vibrant appel aux socialistes. A l'occasion de l'inauguration de l'exposition "Jaurès contemporain 1914-2014", au Panthéon, le Premier ministre a exhorté les socialistes à "l'unité dans l'exercice du pouvoir". "La synthèse jauressienne, c'est l'ambition de maintenir l'unité sans pour autant renoncer à agir. L'unité et l'unité dans l'exercice du pouvoir. Voilà un message que je veux adresser modestement mais avec beaucoup de conviction à tous les socialistes aujourd'hui", a déclaré Manuel Valls, à l'intention évidente des parlementaires socialistes qui se rebiffent à l'Assemblée nationale à l'idée d'adopter le budget rectificatif.

    "Chaque fois que, dans son histoire, le Parti Socialiste s'est présenté divisé devant les Français, il en a lourdement payé le prix", a-t-il rappelé.

    Dans la lignée de Jaurès

    Jean Jaurès aurait "sans doute, au nom même de la responsabilité, parce qu'il voulait le rassemblement des socialistes", voté en faveur du Pacte de responsabilité, avait même risqué auparavant, un peu amusé, le Premier ministre, en réponse à la question d'une journaliste. "Il aurait été aux côtés de ceux, avait-il ajouté plus sérieusement, qui veulent gouverner et qui veulent que la gauche gouverne dans la durée".

    "Chacun peut avoir "son" Jaurès, a appuyé Manuel Valls dans son discours. Et permettez-moi de ne pas me ranger aux côtés de ceux qui voudraient qu'après lui, le socialisme ait perdu de sa force, parce qu'il se serait compromis dans l'exercice du pouvoir". "Jaurès, a-t-il poursuivi, fut même le premier à gauche peut-être, à théoriser la réforme, à la souhaiter, à la revendiquer".

    "A ce pays et à cette gauche tourmentés par la nostalgie révolutionnaire et par la radicalité, il a su montrer avec panache que l'exercice du pouvoir était un honneur, un devoir et aussi un dépassement", a ajouté le Premier ministre avec d'évidentes connotations contemporaines.

    Dépasser les postures

    Il a d'ailleurs appelé à "un dépassement des postures, des dogmes qui enferment dans l'inaction et interdisent de confronter l'idéal au réel". "La gauche gouverne avec François Hollande. Elle agit avec courage, détermination. Pour changer la société, pour la rendre plus juste, pour redresser notre pays", a ajouté le Premier ministre.

    Avant de plaider encore en direction des socialistes: "Soyons fiers de ce que nous accomplissons derrière le président de la République. Et soyons conscients de la tâche difficile qu'il assume".

    Reportage photos Réveil FM International

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  • Réveil FM International à la Sénatrice Isabel Allende:"Allez-vous fleurir les tombes de Danielle et François Mitterrand ?"

    Réveil FM International à la Sénatrice Isabel Allende:"Allez-vous fleurir les tombes de Danielle et François Mitterrand ?"

    Paris, jardin de la résidence du Président du Sénat, Jean-Pierre Bel et Madame Isabel Allende, présidente du Sénat Chilien. Photo Réveil FM International

    Nous sommes au jardin de la résidence du sénat, face aux journalistes accrédités Jean-Pierre bel, le président du Sénat et son homologue, invitée d'honneur Madame Isabel Allende, la fille cadette de Salvador Allende et actuelle présidente du Sénat chilien. Nous avons été émerveillé de découvrir le Chili lors du voyage officielle qu'avait effectué l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le 25 janvier 2013 lors du Sommet CELAC-UE à Santiago. Le premier geste hautement symbolique de Jean-Marc Ayrault fut d'aller fleurir la tombe du président Salvador Allende. Le coup d'État du 11 septembre 1973 mené par Augusto Pinochet met fin à son mandat par la force, renverse le gouvernement et instaure une dictature militaire. Allende se suicide dans le palais de la Moneda, sous les bombes putschistes. En posant cette question à la présidente du Sénat chilien, nous avions le souci de voir si la réciprocité était de mise entre le Chili et la France.

    Madame Isabel Allende a répondu à notre question en rappelant la solidarité du peuple français et de la France au peuple chilien en soulignant le lien très étroit avec la famille Mitterrand.

    Pour un néophyte notre question à Madame Isabel Allende peut paraître anodine. En France, plusieurs communes ont une rue Salvador Allende. Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, née le 7 mars 1959 à Paris, est la fille du sociologue Alain Touraine, spécialiste des mouvements sociaux et d'une mère chilienne.

    L’ambassade d’un pays dans un Etat étranger a pour fonction première la représentation de l’Etat invité, c’est donc une façade qui doit être reluisante. Elle dépend du Ministère des Affaires Etrangères qui y nomme ses représentants. En contrepartie de la représentation et de la faculté de tisser des liens économiques, politiques et culturels avec un Etat tiers, l’ambassade se doit de respecter la souveraineté du pays dans lequel elle se trouve, ce qui pose bien entendu problème dans le cas d’un coup d’Etat militaire de Pinochet et de l’instauration d’une Junte gouvernementale : quelle en est la légitimité ? Comment devrait réagir l’ambassade française ? Fallait-il rester neutre et s’adapter au nouveau gouvernement putschiste ? Fallait-il obéir aux directives de l’Elysée et du Quai d’Orsay ?

    La position officielle reste souvent la neutralité. Laisser-faire, attendre, obéir. Le gouvernement de Pompidou avait adopté en 1973 une position passive, d’autant plus que les Américains tiraient plus ou moins les ficelles du jeu politique au Chili, la CIA avait favorisé la prise de pouvoir d’Augusto Pinochet. Seule directive officielle du gouvernement français : faire son possible pour les Chiliens ayant un lien avec la France (famille, amis) en priorité. Règle d’or en matière de relation internationale : le terrain de l’ambassade fait partie du territoire français, en conséquence une fois la barrière franchie, un Chilien se retrouve sous la protection des autorités françaises et devient donc intouchable par les militaires. Au total, l’ambassade de France au Chili accueillera environ 400 réfugiés chiliens.

    La famille Allende est demeurée très liée à la gauche française. Le président François Mitterrand, surtout son épouse Danielle Mitterrand furent tous les deux des défenseurs d'une Chili démocratique.

    Photos et vidéos souvenirs de Chili janvier 2013

    Isabel Allende, présidente du Sénat chilien, est revenue sur les 100 jours de Michelle Bachelet.

    Isabel Allende, fille de Salvador Allende et présidente du Sénat chilien depuis le mois de mars dernier, a été invitée par Jean-Pierre Bel, son homologue français, à passer quelques jours en France. A l’occasion de cette visite, elle a répondu succinctement sur le bilan des 100 premiers jours de la présidente chilienne, Michelle Bachelet.

    La nouvelle locataire de La Moneda (siège de la présidence) avait annoncé, lors de sa campagne fin 2013, une série de 56 mesures qu’elle réaliserait lors de ces trois premiers mois.

    « D’abord, notons que, fait rare au XXIème siècle, Madame Bachelet est la première femme présidente du Chili mais elle est aussi la seule à effectuer un second mandat. Ces cent jours de gouvernement ont été intenses et ont permis d’envoyer au Parlement plusieurs projets de loi sources de réformes extrêmement profondes.

    Les changements structurels que Michelle Bachelet a engagés visent aussi bien à changer l’image de notre société que la signification même de cette société : nous essayons de promouvoir la justice sociale, de combattre les énormes inégalités et de réussir à promouvoir un pays plus inclusif.

    Ces réformes incluent celle de l’éducation qui doit être gratuite et de qualité et qui, aujourd’hui, n’existe pas au Chili, sauf dans les écoles municipales.

    Ces réformes incluent également celle de la fiscalité qui doit permettre de générer des recettes, 3% du PIB, c’est-à-dire 800 milliards de dollars, pour financer, notamment, la gratuité de l’éducation.

    Nous travaillons enfin à élaborer une nouvelle Constitution. Nous faisons des propositions en ce sens pour l’année prochaine, pour changer une Constitution qui prend sa source dans la période de la dictature. Nous voulons une nouvelle Constitution dont la source et la légitimité soient pleinement démocratiques, une Constitution porteuse d’une conception différente de la société dans laquelle l’Etat joue un rôle actif et pas seulement subsidiaire, comme l’affirme la Constitution actuelle.

    En outre, une série de mesures visent à améliorer la qualité des services. Il s’agit avant tout de la santé qui est considérablement déficitaire. Nous voulons apporter des solutions aux personnes âgées qui doivent prendre leur retraite et toucher des pensions, car, en réalité, notre système ne leur permet pas d’avoir une retraite suffisante. Beaucoup d’autres thèmes sont ciblés par ces mesures. Nous avons, par exemple, un code du travail hérité de la dictature qui doit être réformé.

    Ce sont donc des changements profonds que notre présidente a proposés durant ces trois mois. Dans le bilan qui a été établi, le gouvernement estime qu’il a réalisé plus de 90% des promesses faites pendant la campagne. Cela comprend aussi bien les annonces que le dépôt de textes de loi devant le Congrès. Et comme je l’ai dit, je crois que jamais nous n’avons connu une période législative aussi intense.

     

    Nous comptons continuer dans ce sens. Ainsi, mon jugement, le jugement du gouvernement et, je crois aussi, celui des citoyens en général, est que Michelle Bachelet veut accomplir ses promesses de campagne, fait que nous considérons comme important et que nous avons évoqué avec le président du Sénat français. En campagne, les politiques font tous des promesses, mais il est essentiel que ces promesses soient tenues, c’est ce qui donne confiance aux citoyens.
  • Europe: Les Etats d'âme de Matteo Renzi surnommé "Le Rottamatore"-"Le démolisseur" !

    Europe: Les Etats d'âme de Matteo Renzi surnommé "Le Rottamatore"-"Le démolisseur" !

    Le Premier ministre italien Matteo Renzi

    DÉCRYPTAGE - Le jeune président du Conseil italien possède de nombreux atouts pour montrer la voie à la gauche européenne…

    Le nouvel homme fort d’Italie peut-il devenir le leader de la gauche européenne? Après seulement quatre mois à la tête du Conseil italien, une période auréolée de son succès aussi monumental qu’inattendu aux élections européennes du 25 mai, Matteo Renzi apparaît comme la nouvelle égérie de la gauche européenne.

    «Certes, il a fait presque 41 % des voix, a mis un coup d’arrêt au mouvement Cinq Etoiles de Beppe Grillo, et a largement battu Silvio Berlusconi. Mais ce résultat spectaculaire aux élections européennes n’est pas la seule raison de l’engouement dont il est l’objet», analyse Marc Lazar, directeur du centre d’histoire de Sciences Po, qui souligne qu’«un certain nombre de personnes pensent qu’il pourrait être un espoir pour la gauche européenne, qu’il peut montrer la voie».

    Donner une âme à l’Europe

    Pour ce spécialiste de la politique italienne, «c’est aussi ce qu’il dit et la façon dont il le dit», qui pourrait faire du président du Conseil le leader de la gauche européenne. Que dit cet homme, jeune -il a 39 ans-, brillant orateur, à l’aise aussi bien à la télévision, à la tribune que sur les réseaux sociaux? Qu’il faut changer, non seulement l’Italie mais aussi l’UE. Il a déjà entamé les réformes en Italie (électorales, constitutionnelles, du code du travail, de l’administration ou encore de la justice, mais aussi des mesures pour les plus bas revenus, la taxation de certaines transactions financières…), même si très peu ont déjà abouti, et qu’on ignore comment il va les financer, rappelle Marc Lazar.

    Mais Matteo Renzi, surnommé le «Rottamatore» («le démolisseur»), compte utiliser le semestre de présidence tournante de l’UE européenne de son pays pour «changer l’Europe et ses politiques économiques». «Si nous voulons sauver l’Europe, nous devons la changer. (…) Aujourd’hui, les vrais amoureux de l’Europe savent qu’elle ne fonctionne plus telle qu’elle est», a-t-il expliqué dans un entretien au Monde et à plusieurs journaux européens après les élections du 25 mai. Avant de lancer: «Si l’Europe m’explique dans le détail comment on doit pêcher l’espadon mais qu’elle ne me dit rien sur la manière de sauver un immigrant qui se noie, cela veut dire que quelque chose ne va pas. Je travaille pour donner une âme à l’Europe et j’espère que le PSE est conscient de ce problème.»

    «L'Europe aujourd'hui, c'est de l'ennui»

    Sa vision d’une UE avec un supplément d’âme, le chef du gouvernement italien l’a réitérée mardi devant les députés nationaux: pour permettre la relance de l’UE, «il ne suffit pas d’avoir une monnaie, un président ou une source de financement en commun. Soit nous acceptons un destin et des valeurs en commun, soit nous perdons le rôle de l’Europe face à elle-même.» «L’Europe aujourd’hui, c’est de l’ennui (…) Elle est submergée de chiffres et privée d’une âme», a-t-il ajouté.

    «Il a un côté fougueux, presque populiste, mais les autres dirigeants européens vont vite lui rappeler qu’il est à la tête d’un pays très affaibli (chômage en hausse, croissance toujours en recul), et qui n’est pas vraiment pris au sérieux par les autres membres de l’UE», juge Marc Lazar. Pourtant, Matteo Renzi a une carte à jouer selon le chercheur.

    «Il est déterminé à montrer que l’Italie est un pays qui compte au niveau européen, qu’elle peut retrouver un grand rôle, comme ce fut le cas au début de la construction européenne. Il pense qu’il peut incarner cela.» A ce titre, la présidence tournante de l’Union européenne de l’Italie sera «très dynamique», prédit le spécialiste.
  • 25 photos Sénat. Le président Jean-Pierre Bel a reçu Isabel Allende, la présidente du Sénat Chilien !

    25 photos Sénat. Le président Jean-Pierre Bel a reçu Isabel Allende, la présidente du Sénat Chilien !

    Cadette de Salvador Allende, la sénatrice socialiste chilienne Isabel Allende, fille du président Salvador Allende renversé en 1973 par un coup d'État, a été choisie par ses pairs pour présider le Sénat chilien. Elle devient la première femme à occuper cette fonction. Elle est en visite officielle à Paris. Après une matinée passée au Sénat et dans le jardin du Luxembourg, les présidents des deux chambres hautes ont déposé une gerbe place Salvador Allende, en présence de la Maire de Paris, Mme Anne Hidalgo. Puis se sont entretenus avec Jean-Christophe Cambadelis, premier secrétaire du parti socialiste. Mme Isabel Allende Bussi a ensuite été reçue par M. François Hollande, Président de la République.

    Le Président du Sénat Jean-Pierre Bel a reçu Mme Isabel Allende Bussi, Présidente du Sénat de la République du Chili, pour une journée de rencontres. Accrédité au Sénat, la rédaction de Réveil FM International était au rendez-vous.

     

    Discours de M. Jean-Pierre Bel, Président du Sénat à l’occasion de la venue de Mme Isabel Allende, Présidente du Sénat chilien

    Mardi 24 juin 2014 - 13 h 15 (Salons de Boffrand)

    Madame la Présidente, chère Isabel Allende,

    Madame la 1ère Vice-présidente du Sénat, chère Bariza Khiari,

    Mesdames, messieurs les élu(e)s, cher(e)s collègues,

    Mesdames, messieurs, cher(e)s ami(e)s,

    Chère Isabel Allende, vous ne pouvez imaginer le bonheur que vous m’avez procuré en acceptant mon invitation malgré les charges immenses qui sont aujourd’hui les vôtres. Madame la Présidente, vous incarnez bien sûr le Chili d’aujourd’hui qui fait face à de grands défis pour ancrer votre pays dans la modernité et le respect de sa culture et son histoire.

    Votre visite s’inscrit dans le prolongement d’une longue tradition d’amitié entre nos deux pays.

    Vous incarnez aussi, chère Isabel Allende, le long combat des femmes pour accéder à des fonctions de responsabilités politiques, conduit avec héroïsme sous la dictature ; vous avez montré le chemin, avec Michelle Bachelet, en occupant, bien sûr, les plus hautes fonctions de votre République et en vous battant aussi pour de nouveaux droits, dans de nombreux domaines, pour l’égalité entre l’homme et la femme.

    Nous avons tous beaucoup d’admiration pour le courage qui est le vôtre, ce courage dont vous avez fait toujours preuve depuis votre jeunesse, dans l’entourage de votre père, aux côtés de votre mère, pendant les longues années noires du dictateur Pinochet. Nous avons de l’admiration aussi pour la part que vous avez prise dans le processus de construction de la démocratie dans votre pays.

    Ce qui s’est passé au Chili dans les années 70 a eu un écho considérable à l’échelle de la planète.

    L’évocation de cette période, de cette mémoire, n’est jamais facile et ne doit pas nous empêcher d’appréhender l’avenir. Mais elle est nécessaire pour mieux comprendre le présent.

    L’Histoire de votre pays est marquée par une blessure éternelle. Celle d’une dictature sanguinaire qui a bafoué la dignité de vos compatriotes, les a soumis, les a humiliés.

    Le peuple chilien voulait construire une voie pacifique et démocratique vers le socialisme mais, pour ce faire, il aura contrarié des intérêts économiques et financiers qui n’ont pas de patrie.

    Il l’a payé au prix fort. Président 18 ans il a été bâillonné, assassiné, torturé. Ici, à nos portes, nous étions dans la solidarité au peuple espagnol en butte à un autre dictateur, Francisco Franco.

    Mais le 11 septembre 1973, je me souviens.

    Je me souviens de mes 20 ans et de cette nuit terrible où nous avons appris : « ils ont bombardé la Moneda et le Président est mort… »

    Alors, dans toutes les villes, dans tous les pays nous sommes sortis pour marcher dans les rues : « … Allende, Allende… el pueblo unido jamas sera vencido… ! ». C’est la conscience du monde qui assistait, impuissante, à la mise au pas de la démocratie chilienne… toute une génération qui se mobilisait pour créer sa solidarité. Ce sont des souvenirs, c’est le passé ; mais le passé ne passe pas car il vibre et bouge encore.

    En novembre 1970, c’était Claude Estier, qui fut Président du Groupe Socialiste au Sénat et auquel j’ai succédé, qui s’était rendu au Chili pour assister à l’investiture de Salvador Allende et pour rencontrer les leaders de la gauche chilienne.

    Le Président Allende avait alors invité François Mitterrand qui viendra un an plus tard, avec Claude Estier et Gaston Deferre, rencontrer celui qu’il décrit comme l’homme « qui incarne la Révolution dans la légalité ».

    Cette rencontre fut essentielle pour le devenir du Parti socialiste français luimême.

    On connaît la suite.

    Il y a plus de 40 ans maintenant, des milliers de vos compatriotes chiliens sont venus durant les années sombres en exil, en Europe, beaucoup ici, en France.

    Beaucoup ne reconnaissaient plus leur pays, ne savaient plus ce qu’il s’y passait.

    Le Chili était devenu une terre éclatée, des îles à la dérive qui ne pouvaient se rencontrer.

    L’histoire nous a montré aussi, comme le dit si bien le poète Pablo Neruda qu’ils pourraient couper toutes les fleurs (…) ils n’empêcheraient pas le printemps. Ils n’ont pas empêché le printemps malgré votre exil et votre périple car vous étiez, vous et votre famille, les ambassadrices remarquables de la démocratie chilienne.

    Votre histoire personnelle et politique représente le symbole de la lumière de la démocratie au Chili. Parler d’Allende, de votre famille, ne peut être banalisé par les consciences car votre combat, votre parcours, votre vie, votre engagement, vos efforts et votre dignité sont plus forts que la violence, la brutalité du totalitarisme. Mme la Présidente, on vous qualifie de symbole dans votre pays mais aussi dans l’histoire de l’humanité. 48 ans après votre père, le Président Salvador Allende, vous devenez la première femme Présidente du Sénat.

    Aux côtés de Michelle Bachelet, Présidente de la République du Chili, et à qui vous avez remis l’écharpe présidentielle aux couleurs nationales, bleu, blanc, rouge à Valparaiso le 11 mars dernier, vous incarnez la fierté de tout un peuple qui résonne plusieurs décennies après la mort de vos pères respectifs.

    Cette photo a fait le tour du monde.

    A travers vous, c’est le visage de l’Amérique Latine qui change et celui du Chili aussi. Vous êtes le symbole d’un continent résolument tourné vers son futur et son développement.

    Aussi, je voudrais saluer votre engagement dans toutes vos fonctions de parlementaire, à la Chambre des députés et au Sénat qui incarnent cette nouvelle voie démocratique au Chili. Je voudrais également témoigner de mon admiration pour ce combat que vous avez mené sans jamais l’abandonner, pour ce long chemin que vous avez parcouru pour imposer le devoir de mémoire et le devoir de justice.

    Votre présence au Palais du Luxembourg nous honore et nous touche beaucoup.

     

    A travers vous, j’adresse au nom du peuple français, notre amitié, notre estime, notre reconnaissance au peuple chilien et nos vœux les plus chaleureux de réussite dans vos nouvelles fonctions.

    Je vous remercie.

  • Paris: Hommage à Salvador Allende 24 juin !

    Paris: Hommage à Salvador Allende 24 juin !

    Jean-Pierre Bel, le président (PS) du Sénat, et Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris, ont rendu hommage hier après-midi à l'ancien président chilien Salvador Allende. En présence de sa fille cadette, Isabel Allende, élue en mars à la tête du Sénat chilien, ils déposeront une gerbe dans le VII e arrondissement, près de la place qui porte le nom de l'ancien chef d'Etat, renversé par le coup d'Etat d'Augusto Pinochet en 1973. Après le retour de la démocratie au Chili, sa fille a été élue députée, puis présidente de la chambre des députés.

    Le 11 mars, elle est devenue présidente du Sénat, poste occupé pour la première fois par une femme.
  • Marine Le Pen échoue à former un groupe au Parlement européen

    Marine Le Pen échoue à former un groupe au Parlement européen

    Deux femmes devant l'affiche de campagne de Marine Le Pen, Denain, mai 2014.

     

    Au moins 25 députés issus de sept pays différents sont requis pour former un groupe parlementaire.

    La présidente du Front national Marine Le Pen n’a pas réussi à rassembler assez de partis eurosceptiques pour former un groupe au parlement européen, a assuré lundi soir son allié néerlandais Geert Wilders. «Nous n’avons malheureusement pas réussi à former une fraction au parlement européen avec six autres partis», a déclaré Geert Wilders, cité par l’agence de presse néerlandaise ANP. Les partis avaient jusqu’à lundi pour s’enregistrer en tant que groupe parlementaire suite aux élections européennes de fin mai ayant vu une nette progression des eurosceptiques. Geert Wilders et Marine Le Pen avaient conclu un accord avant les élections en vue de «détruire de l’intérieur» l’Union européenne.

    Au moins 25 députés (sur un total de 751) issus de sept pays différents sont requis pour former un groupe parlementaire, ce qui permet de bénéficier d’une plus grande visibilité ainsi que de subventions. Or, si le nombre de députés n’est pas un problème, les partis eurosceptiques ont du mal à concilier des points de vue parfois antagonistes. Il manque deux pays à la présidente du Front national, dont le parti a terminé en tête des européennes en France, pour que le compte soit bon. Elle espérait convaincre d’autres partis à rejoindre le FN, le PVV de Geert Wilders, le Parti de la liberté autrichien (FPÖ), la Ligue du Nord italienne et le Vlaams Belang flamand (Belgique).

    Geert Wilders, connu pour ses positions anti-islam, a indiqué que la collaboration entre ces cinq partis «sera poursuivie (...) avec pour but de pouvoir former une fraction avant la fin de l’année avec de nouveaux partenaires». Une association avec le parti polonais Congrès de la Nouvelle droite (KNP), dont les positions homophobes dérangent notamment Geert Wilders, avait été envisagée, mais finalement abandonnée.

    «Le PVV a vraiment envie de former une fraction, mais pas à n’importe que prix», a soutenu Wilders, selon lequel son parti devrait «construire un pont trop important» pour collaborer avec le KNP, qui souhaite également abolir le droit de vote pour les femmes.
  • Croisières Paris Canal Saint Martin, l’histoire des quartiers du "Paris des parisiens", racontée au fil de l’eau !

    Croisières Paris Canal Saint Martin, l’histoire des quartiers du "Paris des parisiens", racontée au fil de l’eau !

    Paris est une très belle ville. Le Paris bruyant, pollué ou tout le monde se croise incognito n'est pas tout Paris. Il faut parfois se comporte en tourisme pour mieux l'apprivoiser et découvrir la ville lumière. Une promenade romantique et insolite de 2 H30 environ, l’histoire des quartiers du "Paris des parisiens", racontée au fil de l’eau. La découverte instructive de ce canal aux eaux tranquilles, bordé d’arbres centenaires, enjambé par d’élégantes passerelles... Sous la mystérieuse voûte de la Bastille, l’œuvre-spectacle de l’artiste Japonais Kéiichi Tahara "Echos de lumière " vous fait vivre des instants magiques. Vous passez 4 bouillonnantes doubles écluses, 2 ponts tournants, vous revivez "l’atmosphère" de l’Hôtel du Nord créée par Marcel Carné, Arletty et Louis Jouvet... Le plaisir des promeneurs le long des berges animées par de jolies boutiques et des bistrots au charme rétro.

    Les parisiens (eh oui !) étaient tous installés au bord du canal, la nappe à carreaux étalée par terre, les sandwichs et autres saucissons et vin pour un pique-nique/air-frais regardant les bateaux passés dont le nôtre et nous faisant toujours un grand signe de la main pour partager ces moments si intenses et si typiques de la capitale...

    Sans parler des pauses aux écluses où ceux "d'en haut" vous observent alors que vous levez les yeux vers eux en vous demandant ce qui va vous arriver dans l'eau moussante... mais ce n'est rien qu'un palier de plus à monter dans le canal...

    Au départ du Parc de la Villette (Cité des Sciences, la Géode, Cité de la musique, les Jardins à thème), nous avions traversé le Bassin de la Villette, ancien port de commerce aujourd’hui réaménagé pour mettre en valeur la Rotonde de la Villette et avions glissé sous l’étonnant pont levant de Crimée.

     

    Si les bateaux-mouches restent un classique, Paris Canal Saint Martin est un plus.
  • Katompisé à Paris, Bernard Mwamba Katompa "Le faux millionnaire" dans les bras des impérialo-néocoloniaux qui ont catapulté alias Joseph Kabila sur le trône du Congo !

    Katompisé à Paris, Bernard Mwamba Katompa "Le faux millionnaire" dans les bras des impérialo-néocoloniaux qui ont catapulté alias Joseph Kabila sur le trône du Congo !

    Bernard Mwamba Katompa le "Faux millionnaire" est-il un naïf ? Mal conseillé par "Les accrédités de Château Rouge-Barbès" qui l'ont fourgué des gros malabars comme "gardes du corps", lui ont fait louer une Berline pour impressionner les Congolais de France... Depuis qu'il a été "Katompisé" à Paris en avril dernier, Bernard Mwamba Katompa un arriviste-parvenu est sorti de sa bulle. Il s'affiche de plus en plus avec des vampires et prédateurs de la mafia internationale, ceux-là même qui ont catapulté alias Joseph Kabila à la tête du Congo, qui le maintiennent par défi contre la volonté du peuple congolais. Il y a chez Bernard Mwamba Katompa, un peu du Jean-Pierre Bemba Gombo. Lorsque ce dernier a quitté Kinshasa avec sa famille, abandonnant ses militaires "Fourmis" pour Faro au Portugal. Jean-Pierre Bemba Gombo a oublié qu'il avait accepté l'inacceptable, il est allé à Bruxelles pour rencontrer Louis Michel "Big loulou" , l'un des impérialo-néocoloniaux Léopoldiens qui a contribué à mettre le Congo à genou. Deux jours plus tard, alors que Jean-Pierre Bemba Gombo s'était confié à cœur ouvert sur ses intentions de retourner au Congo, un mandat d'arrêt international était lancé par Louis Moreno et des militaires belges avaient déjà assiégé la résidence de Jean-Pierre Bemba et l'ont acheminé à La Haye ! Pourquoi Bernard Mwamba Katompa croit-il que ceux qui soutiennent alias Joseph Kabila vont le soutenir lui ? Que compte-t-il vendre de plus, car le Congo est déjà vendu ? La lutte des Résistants-Patriotes-Combattants Congolais, au delà de la libération du Congo entre les mains des prédateurs, permettre aux Congolais de prendre leur destin en main. A Réveil FM International, nous nous constituons un agenda précis du "Faux millionnaires" Bernard Mwamba Katompa, publiable le moment voulu. Nous pourrions lui dire qui a-t-il rencontré en France, Belgique, Afrique du Sud, aux Etats-Unis... Bernard Mwamba Katompa est de race d'alias Joseph Kabila, il veut aussi être catapulté par la mafia internationale pour faire main basse sur les richesses du Congo.

    Pour remplacer alias Joseph Kabila, Bernard Mwamba Katompa est prêt à tout ! Les Congolais ne l'entendent pas de cette oreille !

  • Jack Lang: "La fête de la musique est devenue un événement mondial" !

    Jack Lang: "La fête de la musique est devenue un événement mondial" !

    Le jour de la Fête de la musique, l'ex- ministre de la Culture Jack Lang revient sur cette manifestation dont il est l'un des artisans-clés. Pour mémoire, il a créé cette festivité en 1981. Depuis, la fête de la musique est devenue un événement mondial. De Shanghai à Los Angeles, de New York à Berlin, la musique est célébrée sous le nom de la Fête de la musique avec le même logo.

    Jack Lang

    Parfois, une petite idée, née sur les bords de la Seine, peut faire le tour du monde. La fête de la musique est aujourd'hui célébrée dans une centaine de pays. New-York en est à sa 8e édition, et en Europe, la plupart des pays en célèbrent le 20e anniversaire. Les populations se sont réellement approprié l'événement et cela me touche énormément.

    Je ne sais pas si je dois être fier, mais c'est une grande joie d'avoir créé ce que l'on peut considérer comme le plus grand festival de musique du monde, qui plus est gratuit! Aujourd'hui, 32 ans après sa création, je garde un souvenir impérissable de cette première fête de la musique. J'étais alors tout jeune ministre de la Culture. J'avais pour mission, à la demande du président, de métamorphoser la vie culturelle française.

    En juin 1982, le moment était venu. Il s'agissait d'une idée neuve et nous ignorions si les musiciens, amateurs ou professionnels répondraient positivement à notre appel. Certains nous l'avaient fait savoir, mais nous voulions marquer le coup et nous avions demandé à toutes les petites ou grosses organisations de participer.

    Je dois avouer qu'en ce 21 juin 1982, quelques heures avant le début officiel de la fête de la musique, j'avais un peu le trac... Peut être le plus grand trac de ma vie.

    "Et si les rues étaient vides?", "Si les places étaient sans musiciens?" Cela aurait été une terrible claque, une grande déception.

    Mais ce ne fut pas le cas. Les gens sont sortis de chez eux, peu à peu, et ont investi les places, les parcs, la rue. Même si l'on ne peut qualifier cette première édition de triomphe absolu, ce fut en tout cas très honorable.

    Je me souviens par exemple avec émotion de la prestation de Jacques Higelin. Il a participé à cette toute première fête de la musique. Un sacré personnage. il avait loué un camion sur lequel il avait hissé un orchestre, et il se baladait ainsi dans la ville, entraînant une foule de partisans, d'amateurs, ce fut l'un des moments phares de cette fête de la musique.

    Aujourd'hui, je peux dire, non sans une certaine émotion, que la fête est inscrite dans les cœurs et dans les têtes. Lorsqu' on évoque le "21 juin", les gens pensent à l'été mais surtout à la fête de la musique. C'est devenu une sorte de célébration physique, un rituel annuel et son esprit initial demeure. Il s'agit d'un grand moment de créativité, chaque année, de nouvelles structures émergent, c'est impressionnant. Mais cette année, il y a une ombre au tableau. J'adresse une pensée particulière aux intermittents du spectacle. J'ai de l'espoir pour eux. Je suis à la fois combatif et confiant.

    Combatif, car l'adoption de ce nouveau statut précariserait et appauvrirait de nombreux musiciens, artistes et techniciens et mettrait en péril notre vie culturelle, sans compter l'animation des nombreux festivals qui font la richesse culturelle et économique de beaucoup de villes. Confiant, car je ne peux imaginer qu'on ne trouve pas de solutions... Manuel Valls est un homme de culture, tout comme François Rebsamen. Aurélie Filippetti est une personne de grande qualité, et nous partageons le même sentiment à ce propos. Il faut qu'une solution soit trouvée, dans les prochains jours, les prochaines heures.

     

    Que serait la musique sans ses musiciens... D'ailleurs, ce 21 juin, à l'Institut du monde arabe que je préside, le parvis célébrera toutes les musiques du monde.
  • Affaire Me Aimé Kilolo: Le silence inquiétant des lobotomisés "Censeurs, museleurs, bâillonneurs et tribalo-ethniques" !

    Affaire Me Aimé Kilolo: Le silence inquiétant des lobotomisés "Censeurs, museleurs, bâillonneurs et tribalo-ethniques" !

    Cour pénale internationale (CPI), La Haye, lundi 22 novembre 2010, Maîtres Aimé Kilolo et Liriss Kwebe lors de la conférence de presse. Photo Réveil FM International

    Jean-Pierre Bemba, le président du MLC devenu artiste peintre au quartier pénitentiaire de la CPI à Scheveningue, près de La Haye, n'a pas la "Baraka" car poursuivi par un œil indien. Ses deux brillants avocats Congolais ont été mis hors d'état de le défendre, sans qu'un remous se fasse dans la communauté congolaise de l'étranger ni que des "Censeurs, museleurs, bâillonneurs et tribalo-ethniques" de tous poils montent au créneau pour dénoncer ce qui se passe. Résident à Kinshasa, le très brillant Me Liriss Kwebe est décédé en février 2012 on ne sait toujours pas de quoi. Personne n'a pipé un mot, il a été enterré comme si de rien n'était. Quant à Me Aimé Kilolo, belge d'origine congolaise, sans aucune résistance, il a été arrêté à l'aéroport de Zaventem à Bruxelles le 24 novembre 2013 puis transférer à la CPI. Pourquoi Me Aimé Kilolo n'a pas bénéficié de la solidarité de la Communauté congolaise ? Dans une démocratie peut-on mettre sur écoute un avocat sans enfreindre sa liberté de la défense ?

    Me Aimé Kilolo Musamba. Photo Réveil FM International

    Le MLC, une bande des vautours qui se repaissent sur la bête tant qu'il y a encore quelque chose à prendre, par machiavélisme des ambitieux, farceurs font métier de politicailler. Pourquoi ne lit-on pas des messages de soutien à Me Aimé Kilolo Musamba ? Lorsqu'il s'agit de défendre les Brontosaures, Dinosaures et Mammouths qui depuis 54 ans ont contribué à mettre le Congo à genou, des écervelés sortent des eaux profondes "Na se ya mayi" remontent à la surface pour inoculer leur venin de haine, propager des ragots et rumeurs. Ce qui tue la résistance congolaise, c'est le tribalo-ethnicisme.

    En mars 2014, Au lendemain des révélations de Mediapart, l'avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, qui réfutait les accusations de trafic d'influence, avait annoncé aux médias qu'il allait porter plainte pour violation du secret de l'instruction. Pourquoi Me Aimé Kilolo n'a-t-il pas bénéficier du même respect des procédures pour la défense ?

    Des enquêtes visant exclusivement des ressortissants du continent, une politique du deux poids deux mesures : les accusations fusent contre la CPI, qui voit sa légitimité mise en doute. Remplit-elle correctement sa mission ?

    C'est l'histoire d'une cour de justice installée en Europe mais qui ne traite que de l'Afrique, financée par des puissances occidentales qui ne sont autres que les oppresseurs coloniaux d'hier et qui se consacre à juger ces délinquants de luxe que sont les dirigeants africains, alors que les citoyens ordinaires doivent se contenter de leurs propres tribunaux, jugés précaires et éminemment corruptibles. Ainsi peut se résumer le procès intenté à la Cour pénale internationale (CPI) par l'Union africaine, mais aussi par nombre de juristes et d'intellectuels sur le continent. Une chose est sûre : jeter le bébé avec l'eau du bain et prôner un retrait massif des États africains de la CPI serait une incontestable régression, tant que cette solution conviendra à des chefs d'État dont l'unique objectif est d'organiser leur propre impunité. Mais Fatou Bensouda, qui a hérité d'une institution largement modelée par l'ego de son prédécesseur, Luis Moreno-Ocampo, serait bien inspirée de penser à réformer les modes d'intervention d'une cour pénale qui pour l'instant n'a d'internationale que le nom. Il est vrai qu'ici comme ailleurs qui paie commande. Or la grande majorité des 34 pays africains membres de la Cour n'a jamais mis un seul dollar pour financer cette lourde machine (Quatre pays assurent à eux seuls près de 50 % du financement de la CPI : le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France). Tant que perdurera cette situation, l'épée de Damoclès qu'est la CPI restera suspendue au-dessus d'un seul continent : l'Afrique.

    Dans un communiqué daté du mercredi 14 mai 2014, Guylain Mafuta Laman, avocat au barreau de Bruxelles et membre de l’équipe de défense de son confrère Aimé Kilolo-Musamba - conseil du sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo, arrêté le 24 novembre 2013 à Bruxelles et transféré à la Cour pénale internationale à La Haye –, faisait savoir que son client accusait le procureur près la Cour pénale internationale ainsi que les membres de son office d’abuser de leurs fonctions pour « intimider » les avocats de la défense. Pour Me Mafuta, son confrère Aimé Kilolo-Musamba, en sa qualité de conseil de Jean-Pierre Bemba, avait obtenu des informations établissant que 22 témoins à charge appelés à la barre par le procureur avaient reçu des «sommes d’argent» et de «nombreux avantages». Pour lui, l’accusation a précipité l’interpellation de Kilolo pour étouffer dans l’œuf les révélations que celui-ci comptait faire au cours d’une prochaine audience. Dans son communiqué, l’avocat Mafuta reprochait par ailleurs au procureur une certaine discrimination raciale en ciblant «uniquement les avocats de race noire au sein de l’équipe de défense de Jean-Pierre Bemba».

     

    vendredi 26 novembre 2010 sur Réveil FM International, nous écrivions:"Dire que la justice doit être équitable et impartiale, ne veut en aucun cas dire l'égalité des moyens. Et à la Cour Pénale Internationale (CPI): le greffe, le bureau du procureur et le bureau des victimes sont les trois organes- à part entière-qui bénéficient des moyens énormes. La défense est l'enfant pauvre de la CPI. Et c'est sans beaucoup de moyens financiers que les avocats de Jean Pierre Bemba défendent leur client à la Cour Pénale Internationale. Quelque soit l'issue qu'aura le procès République Centrafricaine contre Jean Pierre Bemba, les Congolais peuvent être fiers de deux de leurs fils. Maîtres Liriss Kwebe et Aimé Kilolo sont Congolais. Liriss Kwebe est originaire de la province du Bandundu, tandis que Aimé Kilolo de la province du Katanga. Me Kwebe est inscrit au barreau de Kinshasa, tandis que Kilolo au barreau de Bruxelles. Dès qu'ils quittent leurs toges noires et sortent de la Cour, ils sont acclamés, chouchoutés par la Communauté congolaise venue à La Haye pour l'ouverture du procès de la RCA contre Jean Pierre Bemba. Pour la diaspora, Maîtres Liriss Kwebe et Aimé Kilolo sont des petits "David" qui se battent contre le grand "Goliath".Maître Liriss Kwebe et Aimé Kilolo apparaissent à la Cour Pénale internationale (CPI) comme deux avocats décomplexés.Contre le procureur Luis Moreno Ocampo et son bureau, Maîtres Liriss Kwebe et Aimé Kilolo se battent avec l'expertise de leurs forts arguments. Ils expliquent, déficellent, décortiquent, réfutent les propos de l'équipe du procureur Luis Moreno Ocampo, composée de 25 personnes".

    Où sont donc les Résistants-Patriotes-Combattants qui clament qu'ils se battent pour un Congo libre ? Me Aimé Kilolo n'est-il pas fils du Grand Congo ? Qu'un katangais puisse défendre un Ngwandi n'est-ce pas le symbole même de l'unité nationale congolaise ? Pourquoi ceux qui pondent à longueur des journées des réflexions souvent alambiquées n'arrivent-ils pas à écrire ni se prononcer ? Les congolais sont-ils tous devenus "Calculateurs" ?

    « Aujourd’hui, Maître Kilolo est une victime pour avoir voulu affronter jusqu’au bout le procureur dans le cadre d’une bataille judiciaire. Il a contacté des témoins à décharge qui ont mis à mal la démarche du magistrat. Le procureur savait que Me Kilolo s’apprêtait à dénoncer le fait que des témoins à charge ont été soudoyés ». « Si mener des enquêtes, contacter des témoins pour la manifestation de la vérité, défendre et réussir à faire libérer un accusé est considéré par le procureur comme un crime qui conduit un avocat derrière les barreaux, alors quel est finalement le rôle des avocats à la Cour pénale internationale ?», s' interrogeait Me Guylain Mafuta Laman à Bruxelles, le mercredi 14 mai 2014.

    Ceux qui croient au complot contre la République démocratique du Congo, sans toucher à ses dignes fils et filles, son élite engagée et dynamique, n'ont rien compris !