- Page 2

  • RSF s’inquiète de la candidature rwandaise à la tête de l’OIF!

    RSF s’inquiète de la candidature rwandaise à la tête de l’OIF!

    Louise Mushikiwabo, la très Kagamiste ministre du régime de Kigali

    Après avoir reçu d’importants soutiens et en l’absence d’autres concurrents déclarés, Louise Mushikiwabo, la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, a toutes les chances de devenir la prochaine secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète de cette candidature issue de l’un des pires régimes en matière de liberté de la presse.

    Le Rwanda est en noire pour la liberté de la presse

    Louise Mushikiwabo est à ce jour la seule candidate en lice pour contester un deuxième mandat à Michaëlle Jean à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie. L’actuelle ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement rwandais a déjà reçu le soutien public du président français Emmanuel Macron et de l’Union africaine. Le prochain secrétaire général de l'organisation sera désigné lors d’un sommet à Erevan en Arménie prévu les 11 et 12 octobre prochains.

    Au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018, le Rwanda est 156e. Parmi les 58 Etats membres de l’OIF, seuls cinq pays ont un bilan pire que le Rwanda en matière de liberté d’information. Censure, menaces, arrestations, violences, assassinats… Le régime dirigé d’une main de fer par Paul Kagamé depuis 2000, et dont Louise Mushikiwabo est ministre depuis près de 10 ans, dispose de l’un des pires systèmes de répression à l’égard des médias et des journalistes. Son président occupe une place de choix dans la galerie des prédateurs de la presse constituée par RSF.

    “Comment l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) va-t-elle pouvoir favoriser le pluralisme des médias et la liberté de la presse conformément à ses objectifs en matière de droits de l’Homme, si elle est dirigée par l’une des principales dirigeantes d’un Etat qui piétine le droit à l’information et réprime les journalistes depuis 18 ans, s’inquiète Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. C’est la capacité de l’OIF à défendre les médias et les journalistes libres comme acteurs incontournables du développement dans l’espace francophone qui est en jeu.”

    Depuis 1996, huit journalistes ont été tués ou sont portés disparus et 35 ont été contraints à l’exil. Ces dernières années, le nombre d’exactions enregistrées par notre organisation a baissé mais la censure reste omniprésente et l’autocensure la règle pour éviter de faire partie du tableau de chasse du régime. Les programmes très écoutés de la BBC en Kinyarwanda sont suspendus depuis 2015, après que la chaîne a diffusé un documentaire évoquant des massacres provoqués par le Front patriotique rwandais (FPR) au moment du génocide des Tutsis de 1994.

    Lors du XVIe sommet de la Francophonie à Antananarivo en novembre 2016, les chefs d’Etat et de gouvernement avaient rappelé leur engagement à “garantir la protection effective des journalistes et la liberté de la presse”.

     

    Chaque année, l'OIF décerne le Prix francophone de l’innovation dans les médias avec RSF et RFI.
  • RDC: Loi d'impunité "Momo" Modeste Mutinga rend l'ascenseur à Alias Joseph Kabila !

    RDC: Loi d'impunité "Momo" Modeste Mutinga rend l'ascenseur à Alias Joseph Kabila !

    "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi corrompu, fourbe et roublard

    A quoi pense "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi lorsqu'il se rase le matin devant un miroir ? L'ancien gendarme de Mobutu, Tshisekediste pur sucre, qui a fini en Mammouth Joséphiste, lorsqu'il est chez le coiffeur pour sa boule à zéro à quoi pense-t-il ? Corrompu jusqu'à la moelle épinière, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi est fourbe, roublard et Grand requin. Il doit tout à Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale. C'est l'imposteur de Kingakati qui l'a nommé Président de la fameuse Haute Autorité des Médias (HAM) de 2002-2006. Institution d'appui à la démocratie, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi la transformera en étouffoir des libertés. Il musela des journalistes, bâillonna des médias et opposants. "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi ira jusqu'à annuler le débat démocratique inscrit dans la Constitution qui devait opposer Jean-Pierre Bemba à Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, les deux candidats arrivés en lice pour le second tour de l'élection présidentielle Louis Michel 2006.

    Voilà un pauvre type devenu millionnaire du dimanche, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi quitta la parcelle familiale à Ngaba, commune populeuse de Kinshasa, il commença à rouler carrosse, à s'acheter des appartements, se construire des villas...il a même un station service sur la route de Maluku !

    "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi fut nommé Rapporteur au Sénat pour le compte d'Alias Joseph Kabila. Le sénat godillot qui n'a jamais été renouvelé depuis 2006 est illégitime. Le Rapporteur du Sénat, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi a démissionné le vendredi 18 septembre 2015 de son poste, suite à un scandale. En effet, surnommer en Afrique du Sud "Momo" par la communauté gay locale, Modeste Mutinga Mutuishayi a fait l’objet d’une enquête, qui devrait aboutir à son arrestation et a sa condamnation par la justice sud-africaine, au regard des différents éléments déjà en possession des enquêteurs sud-africains : témoignages, relèves de comptes bancaires, écoutes téléphoniques etc…La gravité de l’accusation : « proxénétisme homosexuel aggravé » ! "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi a été accusé d’entretenir un vaste réseau homosexuel en République sud-africaine. Il faut savoir que si l’homosexualité n’est pas un crime en RSA, le proxénétisme est en revanche un délit qui peut couter très cher a ceux qui le pratiquent au pays de Nelson Mandela.

    La République démocratique du Congo a jamais livré -t-elle livrer son sénateur Modeste Mutuishayi dit "Momo" à la justice sud-africaine. La raison ? C'est Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, l'imposteur de Kingakati qui est intervenu auprès du président affairiste, Jacob Zuma pour sauver la tête de "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi ! Pour faire profil bas, "Momo" a été dégagé du poste de Rapporteur, Modeste Mutinga Mutuishayi est toujours sénateur !

    Alors que le Congolais vit avec 1 dollar par jour, pour un pays aux immenses ressources...Alias Joseph Kabila qui est arrivé en 1997 au Congo-Kinshasa, avec des bottes de jardinier et une kalachnikov en bandoulière, sans un un caillou dans ses poches...4 ans après, il a placé sur le trône du Congo par la mafia internationale pour mieux piller ses ressources ! Alias Joseph Kabila est un clandestin, un sans-papiers, homme débarque dans un pays sans pièce d'identité, qui ne parle aucune langue de ce pays, mais devient subitement président en République démocratique du Congo. Il a fait du Congo plus que le Nicaragua. Ce criminel politico-militaro-économique a planqué plus de 50 milliards de dollars dans les îles vierges britanniques. Un imposteur qui n'a jamais élu ! En 2006, c'est dans un char de la Monuc, flanqué d'un gilet pare-balles que Malu Malu, abbé tricheur de triste mémoire, est allé à la RTNC pour proclamer les résultats du second tour de l'élection présidentielle Louis Michel 2006. Il y a eu morts d'homme dans la capitale Kinshasa. En 2011, il y a eu également un hold-up électoral orchestré par Daniel Ngoy Mulunda, pasteur fraudeur...C'est au Camp militaire Colonel Tshatshi qu'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale a prêté son second serment frauduleux.

    Pour lui rendre l'ascenseur, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi lui concocte une loi sur mesure soi disant portant statut "des anciens présidents de la République élus" ! Le comble est que des journalistes mendiants, "Coupagistes" et thuriféraires affuble "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi de titre de "Sénateur de l'opposition" alors le ventriote est au chaudron de la mangeoire Joséphiste depuis qu'il a été Président de la Haute Autorité des Médias (HAM) ! Mieux "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi est un Mammouth du régime, qui aura contribué dans la descente à l'enfer de la République démocratique du Congo pour son ventre. Avec un pillage systématique de ses ressources, une paupérisation aggravée de sa population, des atteintes massives aux droits humains, 12 millions de morts congolais, des enfants qui meurent de famine au Kasaï, à l'Est de la République des Congolais sont devenus des réfugiés dans leur propre pays...voici les 15 avantages matériels dont Alias Joseph Kabila doit bénéficier après son imposture à la tête du pays:

    1. L’ancien président de la République élu bénéficie mensuellement d’une pension spéciale exempte de tout impôt. Celle-ci prend effet à l’installation effective du nouveau président élu ;

    2. D’une allocation annuelle pour services rendus à la nation ;

    3. D’une habitation décente fournie par l’État ou une indemnité de logement ;

    4. D’un passeport diplomatique pour lui-même, son conjoint et ses enfants mineurs ;

    5. De deux véhicules dont un de fonction et un autre à usage domestique ;

    6. D’un service de sécurité doté de moyen logistique conséquent comprenant :

    – au moins 2 gardes du corps,

    – 3 éléments de sa suite et

    – une section chargée de la garde de sa résidence ;

    7. D’un personnel domestique dont le nombre ne peut dépasser 10 personnes ;

    8. Des locaux faisant office de bureaux pour lui-même et pour son secrétariat dont le nombre ne peut dépasser 6 personnes ;

    9. D’une dotation mensuelle en carburant ;

    10. D’une dotation mensuelle pour les frais de consommation d’eau, d’électricité et de téléphone ;

    11. Des soins de santé au pays où à l’étranger à charge de la République, pour lui même, son conjoint et ses enfants mineurs ;

    12. D’une rente de survie (mensuelle) pour son conjoint survivant non remarié, en cas de son décès ;

    13. D’une rente d’orphelin (mensuelle) pour ses enfants mineurs, en cas de son décès ;

    14. D’une allocation forfaitaire pour le conjoint survivant non remarié, en cas de son décès ;

    15. D’une allocation forfaitaire pour les orphelins.

     

    Des hors la loi, patentés corrompus, ventriotes, profito-situationnistes et autres Mabumucrates qui ont contribué à affaiblir le Congo, avec des lois scélérates et qui espèrent se protéger après ce régime d'imposture, seront surpris ! Inconscient de la République, "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi croit sauver Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, avec sa maudite loi qui lui accorde des privilèges après 17 ans d'imposture sur le trône du Congo, il sera surpris avec sa boule à zéro !
  • Congrès de Versailles: Le discours du Président Macron!

    Congrès de Versailles: Le discours du Président Macron!

    Emmanuel Macron à Versailles

    Pour la deuxième fois de son quinquennat, Emmanuel Macron a réalisé ce lundi un discours de 90 minutes devant les députés et les sénateurs réunis en Congrès à Versailles pour rappeler le cap de son quinquennat: voici son discours.

    Monsieur le Président du Congrès,

    Monsieur le Président du Sénat,

    Monsieur le Premier ministre,

    Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

    Mesdames et Messieurs les Députés,

    Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

    Je n’ai rien oublié et vous non plus du choix que la France a fait il y a une année : d’un côté, toutes les tentations de la fermeture et du repli, de l’autre, la promesse républicaine ; d’un côté, tous les mirages du retour en arrière, de l’autre, les yeux ouverts, le réalisme et l’espérance assumée. Et je n’ai rien oublié des peurs, des colères accumulées pendant des années, qui ont conduit notre pays à ce choix. Elles ne disparaissent pas en un jour, elles n’ont pas disparu en une année.

    Je n’ai pas oublié la peur du déclassement pour soi-même et pour ses enfants, la rage devant l’impuissance publique, le pays qui se sent coupé en deux, non pas seulement entre partis opposés, mais plus grave encore, entre sa base et son prétendu sommet. A la base, les femmes et les hommes au travail ou qui cherchent du travail sans en trouver, tous ceux qui ont du mal à boucler les fins de mois. Et au sommet, ceux qui sont au pouvoir, leurs discours de soi-disant puissants qui ne changent jamais rien et auxquels en plus on ne comprend plus rien, l’impression du citoyen d’être ignoré, méprisé, surtout de ne pas voir, de ne plus voir, où nous devons et pouvons aller ensemble.

    La colère enfin, née de la fin des ambitions collectives et de la fin des ambitions familiales et personnelles. Je n’ai rien oublié de ces colères, de ces peurs, rien. Peur aussi de l’autre, des grands changements, du fracas du monde : les tensions avec l’Iran, la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis, les divisions de l’Europe. Je n’ai pas oublié, je n’oublie pas et je n’oublierai pas. C’est pourquoi je suis devant vous, dans ce rendez-vous que j’ai voulu annuel, humble mais résolu, porteur d’une mission dont je n’oublie à aucun moment qu’elle engage le destin de chaque Française, de chaque Français et donc le destin national.

    J’ai dit humble mais résolu, et je veux vous faire une confidence : il y a une chose que tout président de la République sait, il sait qu’il ne peut pas tout, il sait qu’il ne réussira pas tout. Et je vous le confirme, je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout. Mais mon devoir est de ne jamais m’y résoudre et de mener inlassablement ce combat. Tout président de la République connaît le doute, bien sûr, et je ne fais pas exception à la règle mais j’ai le devoir de ne pas laisser le doute détourner ma pensée et ma volonté. C’est une fonction qui, si l’on est réaliste, porte à l’humilité ô combien, mais à l’humilité pour soi, pas à l’humilité pour la France. Pour la France et pour sa mission, le président de la République a le devoir de viser haut et je n’ai pas l’intention de manquer à ce devoir.

    De ce destin national, nous sommes, vous comme parlementaires, le Gouvernement sous l’autorité du Premier ministre, moi comme président, conjointement chargés. Vous êtes la représentation nationale. C’est une grande tâche que de représenter le peuple souverain, pas seulement un peuple de producteurs et de consommateurs animés d’attentes économiques et sociales, non, un peuple de citoyens, des femmes et des hommes qui veulent, les yeux ouverts, façonner leur destin collectif. Durant cette année, le Parlement a beaucoup travaillé. La mission que les Français nous ont assignée il y a un an, vous ne l’avez jamais perdue de vue : renforcer notre économie, définir un modèle social juste et équitable, conforme aux aspirations de notre siècle, restaurer l’autorité de l’Etat et lui donner réactivité et efficacité, relancer l’Europe.

    Et vous avez jour après jour œuvré en ce sens. Vous avez œuvré dans l’urgence pour tourner la page des politiques et des blocages qui handicapaient lourdement notre pays. Votre action a permis que l’investissement reparte, que le scandale du tirage au sort à l’université prenne fin, que l’école retrouve sa place et la transmission sa dignité, que la lutte contre le terrorisme soit inscrite dans notre droit sans avoir plus recours à l’état d’urgence, que le travail paie davantage, que la France se dote d’un budget sincère, efficace et ambitieux et repasse sous les 3 % de déficit. Vous avez rendu à la France ses capacités militaires à travers une loi de programmation d’une ambition nouvelle et inédite. Vous avez levé les blocages du marché du travail créés par un Code devenu obsolète et inadapté. Vous avez sauvé d’une faillite certaine notre service public du transport, la SNCF, par une réforme sans précédent.

    Par là, vous avez démontré qu’il n’existe pas de fatalité de l’enlisement et de l’échec lorsque prévaut une volonté politique sans faille guidée par l’intérêt général. Vous avez engagé des chantiers d’une ampleur jamais vue, notamment le chantier de la formation professionnelle, de l’apprentissage, du logement. Qui peut, sur tous ces sujets, oublier la situation dans laquelle était le pays il y a un an ? Qui peut oublier que sur chacun de ces sujets, il était dit que ces réformes étaient impossibles il y a un an ? Et le chantier institutionnel, bien sûr. Ce dernier, à certains, peut tarder et nous assumons ce retard car il n’est dû qu’au choix délibéré de donner la priorité au quotidien des Français. Le Premier ministre en présentera demain le contenu devant l’Assemblée nationale. Je sais d’ores et déjà tout le travail qui a été fait en cette enceinte.

    Au cœur de cette réforme institutionnelle, se trouve la volonté d’une liberté plus grande. Liberté des collectivités territoriales appelées à mieux exploiter leurs atouts, leurs spécificités, en permettant une véritable différenciation. Liberté des citoyens grâce à une Justice indépendante. Liberté du Parlement que je veux plus représentatif des Français, renouvelé, doté de droits supplémentaires, animé par des débats plus efficaces.

    Je crois au bicamérisme qui garantit une démocratie mieux équilibrée et je salue ici le travail accompli cette année par le Sénat pour permettre que les transformations engagées soient adoptées rapidement.

    C’est donc une réforme de confiance, de renforcement de la représentation nationale. Le Parlement ainsi rénové aura le pouvoir de mener, avec le Gouvernement, des échanges plus constructifs car l’esprit de dialogue et d’écoute nous est essentiel. Et c’est d’ailleurs cet esprit qui a présidé à tous vos débats et à tous vos travaux dans l’année qui vient de s’achever. Je remercie ici très vivement le Premier ministre, Edouard PHILIPPE, et son Gouvernement d’avoir inlassablement consulté, discuté, échangé pour mener les transformations nécessaires au pays.

    J’entends bien sûr que l’engagement que j’avais pris devant les Français peut contrarier certains. L’idée de venir chaque année rendre compte devant la représentation nationale du mandat que les Français m’ont donné. Ce reproche est étrange qui consiste tout à la fois à respecter ses engagements et les termes de la Constitution. La révision de 2008 a permis ce Congrès sous la forme aujourd’hui décidée et j’entends qu’on fait les pires reproches, souvent par facilité, à cette procédure.

    C’est pourquoi j’ai demandé au Gouvernement de déposer dès cette semaine un amendement au projet de loi constitutionnelle qui permettra que, lors du prochain Congrès, je puisse rester non seulement pour vous écouter, mais pour pouvoir vous répondre.

    L’année écoulée, oui, aura été celle des engagements tenus. Ce que nous avons dit, nous l’avons fait, dans le dialogue en acceptant les désaccords, mais souvent aussi dans l’unité nationale. Qui l’aurait parié là aussi il y a un an ? Cette volonté d’action était au cœur de notre promesse, les Français en voient les premiers fruits à l’école, sur leur feuille de paie, sur le marché du travail, mais ce sont seulement les premiers fruits. Je suis parfaitement conscient du décalage entre l’ampleur des réformes engagées et le résultat ressenti. Il faut du temps et parfois un long temps pour que la transformation initiée s’imprime dans la réalité du pays et je suis conscient, pleinement conscient qu’il me revient, chaque fois que nécessaire, de rappeler le cap, de le rendre plus clair pour tous afin que se rejoignent et travaillent ensemble autant que possible et dans la clarté toutes les forces disponibles du pays.

    C’est un effort jamais achevé, nécessaire, en particulier pour le président de la République, que de reprendre sans cesse, de reformuler sans cesse, tant le tohu-bohu de l’actualité toujours en mouvement, toujours en ébullition, fait courir le risque d’en troubler et d’en perdre le sens car notre action est un bloc ! Elle est une cohérence !

    Il n’y a pas d’un côté une action intérieure et de l’autre une action extérieure, c’est la même action s’adressant aux Français ou s’adressant au monde, c’est le même message : nous protéger et porter nos valeurs. Il n’y a pas d’un côté une action économique et de l’autre une action sociale, c’est le même trait, la même finalité : être plus forts pour pouvoir être plus justes.

    C’est au fond l’affirmation et la proposition du projet français pour le XXIe siècle. Après tant de doutes, tant d’incertitudes, il s’agit que s’exprime le projet de la France. Le projet de la France pour les Français, femmes et hommes dans leur vie comme elle est, souvent difficile, dans le monde comme il est, que nous voulons changer chaque fois qu’il le faut. Le projet de la France pour notre Europe en danger et pour le monde dans lequel l’Histoire a donné à notre pays des responsabilités éminentes et désormais uniques puisque le Royaume-Uni qui siège avec nous au Conseil de sécurité des Nations unies a décidé de quitter l’Union européenne. Ce projet nous impose d’être forts.

    C’est pourquoi nous savons qu’il nous faut redresser notre économie, libérer et soutenir nos forces de création.

    Il nous faut la meilleure école, la meilleure université, la meilleure recherche.

    C’est pourquoi il nous faut la meilleure armée, les meilleurs systèmes de défense possibles. Dans un monde dangereux, la sécurité et les valeurs de civilisation doivent pouvoir se défendre lorsqu’elles sont menacées.

    Ce projet nous impose d’être solidaires. Un peuple qui se défait, qui se disloque se condamne lui-même à échouer. Ce projet nous impose d’être justes, justes au sein des nations, n’ayant pour nous ni pour notre Union européenne aucun projet de domination, mais un projet d’équilibre où seront promus nos valeurs et le respect des droits, des droits humains et du droit des nations. Cette voix française du progrès, c’est celle que nous voulons apporter. Face aux peurs du déclassement économique, à la peur culturelle, civilisationnelle, nous devons répondre par un projet fort, économique, social, national et européen.

    Mettons les choses dans l’ordre, ce projet ne peut être porté que si nous sommes forts et dotés d’une économie solide. C’est la réponse que nous devons apporter à la peur du déclassement économique et social. Or, la clé d’une économie forte, c’est l’investissement. C’est pourquoi dès les premières semaines, nous avons revu la taxation des produits de l’épargne et réformé l’impôt sur la fortune, non pas, comme je l’entends parfois, pour favoriser les riches, mais pour favoriser les entreprises.

    Une politique pour les entreprises, ce n’est pas une politique pour les riches, c’est une politique pour toute la nation, une politique pour l’emploi, une politique pour les services publics, une politique pour ceux qui restent en marge, faute de travail et faute de revenus. Et comment, d’un côté, dénoncer les faiblesses de notre modèle économique, le capital qui quitterait les frontières nationales, et de l’autre, créer les conditions de l’impossibilité d’investir en France ?

    L’investissement est celui de la nation, celui de l’Etat avec un grand plan d’investissement de 50 milliards d’euros, mais doit aussi être celui de chaque citoyen. C’est pourquoi l’épargne des Français doit se mobiliser au service de l’économie. C’est ce cadre que vous avez construit lors des dernières lois budgétaires. Les Français doivent reconquérir leurs parts dans le capital des sociétés françaises. L’utilisation de leur épargne, mais aussi leur association plus étroite au capital des entreprises dont ils sont salariés sont la clé d’un capitalisme populaire retrouvé.

    Cela passe ainsi par l’implication directe des salariés dans la réussite de l’entreprise à travers un nouvel élan de la participation et de l’intéressement préparé par le Gouvernement et qui vous sera soumis pour entrer en vigueur en 2019. Je n’aime ni les castes ni les rentes ni les privilèges et je crois qu’il existe des réussites qui ne se traduisent pas par l’enrichissement pécuniaire, mais la création de richesse, la prospérité d’une nation sont le socle de tout projet de justice et d’équité.

    Si l’on veut partager le gâteau, la première condition est qu’il y ait un gâteau. Et ce sont les entreprises, rassemblant actionnaires, dirigeants et travailleurs, ce sont les producteurs qui font ce gâteau et personne d’autre. Il est mensonger de défendre les salariés si on ne défend pas les entreprises.

    Il est impossible de distribuer quand on ne produit pas assez. L’argent qui s’investit, qui circule, qui crée de l’emploi n’est pas celui qu’on thésaurise jalousement. C’est pourquoi ceux qui risquent, qui osent, qui entreprennent doivent nous trouver à leurs côtés. La taxe à 75 % n’a pas créé d’emplois ni amélioré la condition de qui que ce soit en France sauf peut-être parmi les gestionnaires de fortune au Luxembourg, en Suisse ou aux Caïmans.

    Libérer l’investissement en France par une fiscalité adaptée, compétitive, c’est ainsi faire revenir dans notre pays les investisseurs étrangers qui l’avaient quitté. L’Etat doit assumer ce choix.

    L’Etat doit être pour les citoyens et les entreprises un interlocuteur de confiance qui garantit un ordre mais doit faciliter l’initiative. C’est pourquoi nous avons défini des règles nouvelles qui, en cas d’erreur, offrent des chances de rattrapage et simplifient le quotidien. Pour accompagner ces transformations économiques, libérer l’investissement, réduire la pression fiscale qui pèse sur notre économie, l’Etat doit lui aussi faire des choix car, soyons clairs, il ne saurait y avoir de baisse de la fiscalité ou de développement de l’investissement public sans un ralentissement de la hausse continue de nos dépenses et il ne saurait y avoir une meilleure maîtrise de celles-ci sans des choix forts et courageux.

    C’est dans cet esprit que le Premier ministre présentera dans quelques semaines les nouvelles décisions permettant de tenir les engagements de baisse de nos dépenses publiques prises devant les Français. Cela s’accompagnera en particulier d’une réorganisation de l’Etat à travers plus de présence sur les territoires, plus de souplesse de gestion. D’ici la fin de l’année, le Premier ministre présentera l’ensemble de ses décisions pour la transformation indispensable de l’action publique.

    Il s’agit là aussi sur ce point de nous confronter collectivement à nos propres contradictions : tout le monde souhaite la baisse des impôts ; parfois, d’aucuns les proposaient plus que celles qu’applique à l’heure actuelle le Gouvernement, mais nul ne veut jamais les assumer lorsqu’elles sont décidées. Mais surtout il faut enrayer un mode d’action publique qui a toujours procédé aux économies en réduisant sa présence sur les territoires. Ce que le Premier ministre présentera et qui sera mis en œuvre à partir de 2019 par son Gouvernement, c’est précisément de repenser sur tous les territoires la présence de l’Etat et de ses services, de réouvrir de l’emprise et de contrarier ce faisant plusieurs décennies que toutes majorités ont mises en œuvre pour la réduction des déficits publics.

    En cette première année, beaucoup d’instruments ont été mis en place pour soutenir l’investissement et l’innovation à travers toute l’économie. Je pense, bien sûr, aux réformes fiscales que je viens d’évoquer, aux réformes du marché du travail qui encouragent la prise de risque en permettant de s’adapter quand un marché disparaît ou se transforme. Nous devons à présent libérer les freins de la croissance des entreprises. La loi Pacte doit faciliter la création d’entreprises, encourager l’entrepreneuriat et autoriser l’échec pour mieux réussir. Elle doit aussi permettre de faire grandir les entreprises en rendant notre réglementation moins contraignante et nos financements plus abondants. Il importe de poursuivre ce travail de simplification, d’ouverture de notre économe, favorisant l’initiative économique et la création d’emploi.

    La France doit aussi renouer avec une politique de filières ambitieuse et choisir des secteurs clés où elle concentrera les efforts publics et privés et ainsi créer les conditions qui feront de notre pays la terre privilégiée de l’économie de demain. C’est ce cap que nous avons commencé à fixer pour le numérique et l’intelligence artificielle, l’agriculture et l’agroalimentaire et l’industrie. Contre ceux qui pensaient qu’il fallait choisir entre emploi et innovation, nous avons décidé de ne pas manquer les prochaines révolutions technologiques. C’est pour cela que j’ai présenté en février une stratégie nationale, européenne pour le déploiement de l’intelligence artificielle. Cette stratégie s’articule autour de la croissance, des créations d’emplois, de l’identification de nouveaux métiers, mais aussi autour des principes éthiques auxquels nous sommes attachés et que ces développements pourraient fragiliser.

    Contre ceux qui pensaient que certaines filières sont condamnées au déclin, nous avons réarmé notre industrie. Grâce aux réformes de cette première année, pour la première fois depuis longtemps en France, des grands groupes étrangers ont décidé de développer dans notre pays des capacités de production, notamment dans l’énergie et l’aéronautique. Il nous faut poursuivre ce travail microéconomique de terrain et poursuivre aussi le travail afin que ce développement industriel puisse se déployer dans un cadre européen loyal. C’est pourquoi la France, avec nombre de ses partenaires, soutiendra la proposition de la Commission européenne d’apporter une taxe sur le chiffre d’affaires sur les géants du numérique qui, aujourd’hui, ne paient pas d’impôts dans nos pays.

    Contre ceux qui condamnaient l’agriculture française à la fuite en avant mortifère d’une concurrence dévorante avec les grands pays de production intensive, nous avons engagé un vaste mouvement vers les savoir-faire français, l’excellence, les productions dans leur grande variété, en particulier les plus respectueuses de l’environnement. Vous allez ainsi rebâtir une souveraineté alimentaire de qualité pour la santé et le bien-être de nos concitoyens, mais aussi pour permettre à nos paysans de vivre dignement de leur travail.

    Cette politique de filières, que nous allons structurer et amplifier dans l’année qui vient, doit permettre de retisser les réseaux économiques, les solidarités entre entreprises, qui dessinent la géographie de notre pays et que nous avons trop longtemps abandonnés au hasard et au fatalisme. Je crois à ce volontarisme qui n’est pas un dirigisme mais qui consiste à rappeler aussi à nos entreprises qu’elles viennent de quelque part, qu’elles sont parties de quelque part et que nos territoires sont aussi leur avenir.

    Contre ceux enfin qui pensaient qu’il fallait choisir entre croissance et transition environnementale et climatique, nous avons décidé d’équiper nos entreprises, notre économie pour ce grand défi du siècle. C’est pour cela que vous avez voté la loi mettant fin à la recherche et à l’exploitation d’hydrocarbures en France, qui a fait de notre pays un exemple pour le monde. C’est pour cela que nous avons pris acte des préoccupations en matière de santé de nos concitoyens pour adapter notre modèle productif et le rendre exemplaire en Europe et en France. Je pense, en particulier à l’arrêt progressif de l’utilisation du glyphosate.

    C’est pour cette même raison que dans les semaines qui viennent, le Gouvernement aura à présenter une stratégie ambitieuse pour réduire la pollution de l’air, adapter nos mobilités comme la production d’énergie à nos exigences contemporaines. Ce sont là non seulement des engagements, mais également des opportunités économiques, des filières qui se développeront, des industries qui se structurent – je pense en particulier à celle de l’économie circulaire ou de l’hydrogène – et donc des choix que notre économie et notre société doivent dès à présent prendre et que nous devons accompagner.

    Je l’affirme devant vous, représentants de la nation, la force de notre économie, quand nous l’aurons pleinement retrouvée, c’est le socle même de notre projet de société, du projet de justice qui est au cœur du projet que je veux porter au nom de la France.

    Ce n’est pas un projet pour la réussite matérielle de quelques-uns auquel je crois, c’est un projet pour l’amélioration de la vie de tous car ce n’est pas le petit nombre qui m’importe, mais la communauté de nos concitoyens, de la base au sommet de l’échelle sociale.

    Toutes les sociétés qui ont propagé l’idée que la prospérité devait nécessairement se traduire par des inégalités croissantes le paieront, je le crois, au prix fort. Certaines ont déjà commencé à le payer lorsque les classes populaires et les classes moyennes se sont réveillées pour rappeler à leurs dirigeants que le compte n’y était pas.

    Mais ne nous y trompons pas, nous aussi, nous avons des inégalités croissantes. Il y a une voie française vers l’inégalité. Elle progresse depuis plus de 30 ans. Il ne s’agit pas, comme chez nombre de nos voisins, d’une inégalité de revenus, même si elle existe. Non, ce qui s’est installé avant tout en France, ce sont les inégalités de destin : selon l’endroit où vous êtes né, la famille dans laquelle vous avez grandi, l’école que vous avez fréquentée, votre sort est le plus souvent scellé. Et ces inégalités de destin durant les 30 dernières années ont progressé dans notre pays, qu’on veuille le voir ou non.

    Et pour moi, c’est cela qui m’obsède, le modèle français de notre siècle. Le réel modèle social de notre pays doit choisir de s’attaquer aux racines profondes des inégalités de destin, celles qui sont décidées avant même notre naissance, qui favorisent insidieusement les uns et défavorisent inexorablement les autres sans que cela se voie, sans que cela s’avoue. Le modèle français que je veux défendre exige que ce ne soient plus la naissance, la chance ou les réseaux qui commandent la situation sociale, mais les talents, l’effort, le mérite.

    Oui, à mes yeux, le cœur même d’une politique sociale, celle que nous devons porter n’est pas d’aider les gens à vivre mieux la condition dans laquelle ils sont nés et destinés à rester, mais d’en sortir.

    Le pilier premier de la politique sociale à laquelle je crois est une politique de l’émancipation de chacun qui libère du déterminisme social, qui s’affranchit des statuts.

    C’est pourquoi depuis un an, nous avons tant fait pour l’éducation. C’est le combat de notre siècle parce qu’il est au cœur de nos transformations économiques, de la société postindustrielle dans laquelle nous vivons. Elle est faite de changements, de ruptures, de mutations qui nous obligent à mieux former au début de la vie, mais aussi tout au long de la vie. Depuis la naissance de la République, depuis CONDORCET, l’école est la condition même d’une vie de citoyen libre et autonome. Mais alors que nous avions besoin d’elle peut-être plus que jamais, nous avons ces dernières décennies brisé la dignité de la transmission, abîmé le prestige des professeurs, discrédité l’utilité du diplôme, aggravant en cela la pire des inégalités, celle dont nul n’est responsable, l’inégalité de naissance, l’inégalité de condition sociale.

    C’est des décisions radicales en la matière ont été prises : l’école maternelle obligatoire à 3 ans fait partie de ces mesures dont nous devons être fiers.

    Car les enfants déscolarisés à cet âge ne rattrapent plus leur retard de socialisation et d’apprentissage. Or, ce sont les enfants des milieux modestes qui étaient le moins scolarisés ou qui ne l’étaient pas. Cela entrera en vigueur dès la rentrée 2019. Le dédoublement des classes de CP et CE1 en zone d’éducation prioritaire dites REP et REP+ est une mesure de justice sociale plus efficace que tous les dispositifs de redistribution, parce qu’on y distribue de manière différenciée le savoir fondamental, celui de lire, d’écrire, de compter, de se comporter.

    La réforme de l’orientation assure des choix plus judicieux et des trajectoires plus adéquates au talent de chacune et chacun. Cependant que la réforme du baccalauréat sur trois ans recentre les compétences sur l’essentiel, si souvent perdu de vue dans les brumes d’ambition pédagogique peu substantielle, la mise en place de Parcoursup donne aux jeunes gens la faculté de décider plus lucidement de leur formation initiale.

    En faisant, à travers ces décisions fortes, une transformation radicale de notre système éducatif, vous avez permis de former des femmes et des hommes plus sûrs de leurs compétences, mieux éduqués et ainsi de former des citoyens plus assurés de leur place dans la société et dans la nation française. C’est ainsi que nous renouerons avec cet idéal français des Lumières qui place cette citoyenneté émancipée au-dessus des conditions sociales, des origines, comme du genre.

    L’émancipation passe aussi par le mérite et par le travail. Il y a un an, les entreprises n’avaient pas les moyens d’embaucher ; désormais, elles les ont mais elles peinent à recruter. Il serait absurde que nous passions d’une situation où un chômeur pouvait occuper un emploi mais où l’entreprise ne pouvait lui offrir à une situation où une entreprise le pourrait mais il ne pourrait plus l’occuper. Toutes nos politiques d’insertion dans l’emploi doivent être revues à cette lumière. C’est pourquoi vous serez appelés à voter bientôt définitivement une réforme profonde de la formation professionnelle et de l’apprentissage et il appartiendra aux partenaires sociaux et aux entreprises de se saisir des outils nouveaux que nous leur confions. L’apprentissage et l’alternance seront cet accélérateur de mobilité sociale dont nous avons besoin.

    Nous mettons ainsi au cœur du système le jeune et son maître d’apprentissage et nous reconstruisons tout autour d’eux avec un seul objectif, en finir avec les ravages du chômage de la jeunesse. Nous baissons le coût de l’apprenti pour l’employeur, rendons ces filières plus attractives pour les jeunes, simplifions les règles pour les rendre plus adaptées à la réalité du travail. D’autres pays ont emprunté cette voie et ont réussi. Aussi je demanderai à tous un effort collectif : aux entreprises pour prendre des apprentis, aux enseignants pour en faire la promotion, aux familles pour soutenir leurs enfants dans cette voie professionnelle épanouissante. Tous, nous devons faire de cette réforme un formidable défi collectif de la nation dans les années qui viennent. Dès cette année, les filières professionnelles et technologiques sont d’ailleurs nettement plus prisées par nos jeunes bacheliers. C’est aussi pour cela que nous avons lancé à destination notamment des chômeurs de longue durée et des jeunes décrocheurs un plan d’investissement dans les compétences d’une ampleur inédite : 15 milliards d’euros sur cinq ans pour former 1 million de jeunes et 1 million de demandeurs d’emploi de longue durée.

    L’émancipation par le travail suppose en effet cet investissement dans les compétences. Encore faut-il savoir de quel emploi nous parlons. Là aussi, les inégalités sont profondes. A côté de ceux qui bénéficient de contrats stables, une part croissante de nos concitoyens, souvent moins qualifiés, plus fragiles, est de plus en plus condamnée à enchaîner des emplois toujours plus précaires, de toujours plus courte durée. Comment peut-on se loger, élever une famille quand on enchaîne perpétuellement des contrats de quelques jours ? Les règles de l’Assurance Chômage ont pu involontairement encourager le développement de ce qu’on appelle la permittence et de la précarité.

    Or, je crois qu’il y a là aussi une voie française, celle qui permet de conjuguer en même temps le progrès économique et le progrès social. C’est pourquoi je souhaite que les partenaires sociaux révisent les règles de l’Assurance Chômage afin que, dans cette période de reprise économique, nous puissions non seulement nous assurer qu’elles récompensent bien davantage la reprise d’activité, mais aussi qu’elles incitent à la création d’emplois de qualité.

    Le projet de loi avenir professionnel sera modifié en ce sens dans les prochains jours et ces règles seront négociées dans les prochains mois par les partenaires sociaux afin qu’une telle réforme puisse entrer en vigueur au printemps 2019.

    Ce sont ces transformations et, plus largement, l’agenda des réformes attendues que je souhaite pouvoir partager avec les partenaires sociaux que je recevrai le 17 juillet prochain.

    Le Premier ministre structurera ces discussions dès la rentrée mais je veux, dans cette deuxième année qui s’ouvre, redonner corps à une République contractuelle à laquelle je crois, celle qui permettra de jeter les bases d’un nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre, par une discussion avec l’ensemble des partenaires sociaux, mais aussi des élus. C’est à son élaboration comme aux détails de sa mise en œuvre que je veux les inviter dès le 17 juillet prochain pour discuter des transformations de l’Assurance Chômage, comme je viens de le dire, mais également de la santé au travail et de tous les sujets indispensables à ces transformations, de le faire dans l’esprit constructif avec lequel nous avons su mener ces derniers mois le dialogue sur l’égalité femmes-hommes entre le Gouvernement et l’ensemble des partenaires sociaux.

    Nous voulons renouer avec une croissance durable, mais aussi promouvoir une croissance partagée. C’est pourquoi je recevrai les 100 premières entreprises françaises durant ce mois afin de solliciter leur engagement dans les défis qui nous attendent. J’attends d’elles qu’elles s’engagent en termes d’apprentissage, d’emploi dans les quartiers difficiles ou les zones économiques en souffrance car il n’y aura pas de dynamisme économique sans mobilisation sociale de toutes les parties prenantes.

    Je ne leur demanderai pas de les engager par la loi mais par un engagement actif, immédiat des engagements de création d’emplois, d’embauche d’apprentis, visibles, par des engagements sur nos territoires. Et je souhaite ainsi dans les prochains mois poursuivre cette nouvelle phase, celle d’une mobilisation pour nos territoires avec l’ensemble des élus concernés, les principales entreprises et les investisseurs. Car nous avons besoin d’un nouvel aménagement économique et d’un aménagement de projet et vous le savez bien, vous qui êtes ici présents.

    Je ne reviens pas ce jour sur les réformes territoriales, le Premier ministre y reviendra dès demain et la conférence des territoires aura à se réunir dans les prochains jours mais la politique territoriale à laquelle je crois, n’est pas celle d’intérêts particuliers ou de catégories où il faudrait jouer telle collectivité contre l’Etat, non !

    La politique territoriale à laquelle je crois, c'est celle qui est au service de nos concitoyens, celle qui vous évitera de perdre des mois comme nous l'avons constamment fait ces dernières décennies à délibérer des compétences qu'il faudrait transférer à l'un ou plutôt à l'autre pour le changer le mandat suivant, non ! La réforme constitutionnelle qui vous est soumise, ce sera celle d'une décentralisation de projets par la différenciation et l'aménagement auquel je crois, c'est celui de l'installation de nouveaux projets, d'un rééquilibrage des territoires, par l'installation d'activités économiques, accompagnées, aménagées avec l'ensemble des élus locaux par le gouvernement et celle d'un accompagnement des services de l'Etat dans le cadre de ce projet.

    Là aussi, là aussi, nous avons le droit de proposer à nos concitoyens, mieux que le bégaiement des querelles que nous ne connaissons que trop, que trop !

    Mais le progrès social, s'il passe par cette émancipation, cette capacité que chacun doit avoir dans la société par l'école, le mérite et le travail de se hisser, le progrès social passe aussi par un élan collectif pour assurer la dignité de chacun, c'est cela la solidarité nationale.

    C'était l'intuition fondamentale qui a présidé au sortir de la Seconde Guerre mondiale à la création de notre Sécurité sociale ; 70 ans plus tard, nous pouvons en être fiers, mais nous devons aussi lucidement regarder en face nos échecs, nos insuffisances ou ce qu'il faut améliorer.

    Elle devait être universelle et nous voyons partout des pans entiers de notre population trop peu ou trop mal couverts qui renoncent aux soins ou qui n'y ont pas accès.

    Elle devait répondre aux angoisses les plus profondes de l'existence et nous sommes aujourd'hui laissés seuls ou presque face à des risques majeurs comme celui de la perte d'autonomie, des retraites incertaines.

    Elle devait susciter la confiance et nous voyons au contraire complaisamment agitée par ceux qui n'ont que le mot « assistanat » à la bouche, la défiance la ronger.

    La priorité de l'année qui vient est simple : nous devons construire l'État Providence du XXe siècle. Un État providence émancipateur, universel, efficace responsabilisant, c'est-à-dire couvrant davantage, protégeant mieux, s’appuyant aussi sur les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous.

    Universel d'abord. L’Etat Providence du XXe siècle était conçu pour une société de plein emploi. La détention d'un travail et d'un travail continu, permanent, pérenne était ainsi devenue le sésame de l'accès à la solidarité nationale. Dans une société frappée par le chômage de masse, par l'intermittence des parcours professionnels, ce sésame a perdu de sa valeur et est devenu une redoutable barrière. C'est pourquoi notre solidarité est devenue dans son fonctionnement statutaire, elle s'est attachée aux carrières, aux secteurs d'activité et ne correspond plus aux règles d'une économie de l'innovation et de la compétence.

    Nous devons donc protéger nos concitoyens non selon leur statut ou leur secteur d'activité, mais de manière plus juste, plus universelle. Dès cette année, nous avons étendu l'Assurance Chômage aux travailleurs indépendants et aux démissionnaires selon les règles préalablement négociées par les partenaires sociaux. Dès 2019, nous refondons notre régime de retraite pour protéger mieux ceux dont les carrières précisément sont hachées, instables, atypiques, bien souvent les carrières des femmes d'ailleurs.

    Faire croire à cet égard que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine visant à faire peur.

    Je le dis clairement, rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui, rien et pour une raison simple c'est là que pour la première fois, rien …[huées et applaudissements] c’est que pour la première fois, ce qui a été choisi n'a pas été de faire une économie sur les retraités d'aujourd'hui ou ceux qui s'apprêtent à partir à la retraite mais de refonder un système de retraite juste, unique, transparent, un système qui viendra progressivement remplacer la quarantaine de régimes existants !

    Car aujourd'hui qui ne croit plus au système de retraite ? Les jeunes parce qu’ils ne pensent pas que ce système permettra de financer la leur et parce que quand j'entends les voix qui s'élèvent tout le monde semble oublier que notre système de retraite auquel je tiens profondément et qui sera au cœur de cette réforme est un système par redistribution, c'est-à-dire un système reposant sur la solidarité entre générations. La retraite n'est pas un droit pour lequel on a cotisé toute sa vie ; la retraite est que les actifs payent pour les retraités.

    La refonte de ce système unique, transparent, juste, c'est celle que vous aurez à discuter, à travailler et voter au cours de l'année prochaine.

    Efficace ensuite, c'est tout particulièrement le cas en matière de santé où les premières réformes engagées sur le reste à charge 0 ou la prévention seront complétées par la présentation à l'automne d'une transformation en profondeur de notre organisation de soins sur le territoire national afin de répondre aux nouveaux risques, aux nouvelles pathologies, aux transformations de notre santé dans une société qui vieillit et où les maladies chroniques sont beaucoup plus nombreuses.

    Plus civique et responsabilisant enfin. La solidarité nationale est de plus en plus financée par l'impôt, ce que vous avez voté en matière d'Assurance Chômage a ainsi supprimé toute cotisation salariale remplacée par la CSG mais il faut bien expliquer l'ensemble de cette réforme, ne pas voir que la CSG qui augmente d'un côté, en oubliant que ce sont toutes les cotisations sociales salariales qui ont baissé de l'autre.

    Cette réforme a permis d'améliorer le pouvoir d'achat des travailleurs tout en préservant la compétitivité et en garantissant le maintien des droits mais ceci conduit aussi à transformer la philosophie même de notre solidarité nationale et en quelque sorte d’en retrouver le sel. Cette solidarité est de moins en moins une assurance individuelle, assortie d'un droit de tirage, financée par l'ensemble des contribuables ; elle implique des droits et des devoirs, car chacun est alors comptable de tous et tous de chacun. Par la réforme que vous avez votée, l'Assurance Chômage aujourd'hui n'est plus du tout financée par les cotisations des salariés. Elle est financée par les cotisations des employeurs et par la CSG. Cette transformation, il faut en tirer toutes les conséquences, il n'y a plus un droit au chômage, au sens où l'entendait classiquement, il y a l'accès à un droit qu'offre la société mais sur lequel on ne s’est pas garanti à titre individuel, puisque tous les contribuables l’ont payé.

    Et c'est là que se joue la véritable transformation mais aussi la véritable dignité, tout le monde doit être protégé, mais chacun a sa part de responsabilité dans la société.

    C'est en contribuant à sa mesure, selon ses possibilités que l'on devient citoyen ; c'est pourquoi nous allons transformer notre système de solidarité pour le rendre tout à la fois plus universel et plus responsabilisant, c'est-à-dire n’accompagner toute personne qui le peut vers une activité professionnelle, même à temps partiel et exiger de chacun qu'il prenne sa part dans la société à sa mesure. C'est ce système de droits et de devoirs qui est au cœur du pacte républicain et non la stigmatisation odieuse qui voudrait voir de l'assistanat chez certains.

    C’est cette philosophie qui sera mise en œuvre dans la réforme de l'Assurance Chômage, comme dans celle des minima sociaux.

    La solidarité nationale se traduit enfin dans l'aide que nous devons de manière inconditionnelle aux plus fragiles. Ce sont d'abord les enfants. Quelle gloire peut-on tirer de politiques sociales qui ont condamné à la pauvreté un enfant sur cinq dans notre pays ?

    Nous investirons pour sortir les enfants de la pauvreté et de ses conséquences dramatiques. Nous déploierons en particulier une action à l'endroit des enfants en danger ou maltraités si nombreux dans notre pays. Ces initiatives interviendront dès l'automne.

    Ce sont aussi nos concitoyens vivant en situation de handicap. Pour ces derniers, vous avez décidé de l'augmentation de l'allocation adulte handicapé de 100 euros. La politique commencée de réinsertion dans l'école, dans le travail sera poursuivi avec des choix budgétaires clairs et un accompagnement renforcé mais c'est aussi une politique de retour vers la citoyenneté pleine et entière que nous assumerons et celle également pour ces personnes, y compris celles sous tutelle d'un retour au droit de vote.

    Ce sont, ensuite, nos concitoyens qui vivent en situation de pauvreté. La stratégie de lutte contre la pauvreté sera présentée en septembre et mise en œuvre en 2019, construite avec l'ensemble des acteurs, elle ne se contentera pas de proposer une politique de redistribution classique mais une politique d'investissement et d'accompagnement social, non pas de nouvelles aides en solde de tout compte mais un accompagnement réel vers l'activité, le travail, l'effectivité des droits fondamentaux, la santé, le logement, l'éducation. Je veux que cette action engage toutes les forces vives de la société et au premier chef, celles et ceux qui vivent dans la pauvreté. Je ne veux pas d'une stratégie qui s'imposerait d’en haut dans la torpeur de l'été pour régler un sujet ou cocher une case mais enfin sortir de l'état de minorité civique. Nos concitoyens qui vivent en situation de pauvreté et veulent être les acteurs de leur propre vie et de ce changement.

    Je veux d'une stratégie de lutte contre la pauvreté qui ne permette pas à nos concitoyens pauvres de vivre mieux, mais bien de sortir de la pauvreté, une bonne fois pour toutes !

    Ce sont enfin les plus âgés vivant en situation de dépendance ; là, se niche l'angoisse des personnes âgées et celle de leur famille, nous l'avons laissée s'installer et nous avons permis que les familles trouvent par elles-mêmes les réponses en dehors de tout cadre officiel faisant de la dépendance une détresse inouïe, détresse de celles qui vivent cette situation durant les derniers mois de leur vie, détresse de leurs familles qui vivent dans l'angoisse, souvent celle de ne pas leur offrir la vie qu'elles leur devaient, détresse des personnels soignants qui sont face là aussi à une transformation de ce qu’est la dépendance. On rentre de plus en plus tard et dans des situations de plus en plus difficiles et nous laissons des personnels remarquables mais avec des équipements, un taux d'encadrement qui ne permet pas de faire face à une dépendance de plus en plus médicalisée et à une transformation de ce grand âge.

    Ce que nous avons vu ces dernières années émerger, c'est un nouveau risque social auquel nous serons toutes et tous confronter et une part de l'angoisse que j'entends de nos concitoyens les plus âgés n'est pas simplement l'angoisse pour eux-mêmes et leur retraite, c'est l'angoisse pour ce qu'ils vont devenir ou ceux dont ils ont souvent la charge. Il nous faut donc construire pleinement le financement et l'organisation de ce nouveau risque social, nous ne pouvons plus longtemps l'ignorer, faire semblant.

    Nous devons donc venir au secours des familles, organiser les choses différemment, répondre aussi aux besoins des personnels des EHPAD qui font ce travail admirable que je décrivais, c'est pourquoi l'année 2019 sera consacrée à ce travail et je souhaite qu'une loi soit votée durant cette année qui permette d'y répondre.

    Il est cependant certain que répondre aux peurs contemporaines n'impose pas seulement une action économique et une action sociale. Nous vivons dans un pays qui ressent sourdement la peur d'un effacement culturel, d'un déclin lent de ses propres repères, des repères historiques qui ont forgé notre nation. Le terrorisme, le fracas du monde, l'immigration, nos échecs en matière d'intégration, les tensions de notre société depuis plusieurs décennies s'entrechoquent bien souvent dans la confusion et font germer une peur culturelle, civilisationnelle, le sentiment sourd que ce monde qui advient imposerait de renoncer à celui d'où nous venons avec ses fondamentaux et ses valeurs. C'est pourquoi il nous faut restaurer l'ordre et le respect républicain, c'est-à-dire restaurer cette idée que la démocratie n'est pas un espace neutre, ouvert à tous les relativismes mais d'abord la reconnaissance partagée des droits et des devoirs qui fondent la République même.

    De cet ordre républicain, la sécurité est le premier pilier, car l'insécurité frappe avant tout les plus modestes, les quartiers les plus populaires, les classes populaires et moyennes qui n'ont pas forcément choisi là où elles habitent et en subissent toutes les conséquences. La police de sécurité du quotidien reconstitue cette proximité de la population et de la police qui donne un visage à l'autorité et qui conjure le sentiment d'abandon ou d'oubli de populations livrées à des lois qui ne sont plus celles de la République. Ainsi avez-vous commencé à donner de nouveaux moyens à nos forces de l'ordre et je vous en remercie.

    La réforme de la procédure pénale permettra d'aller plus loin et d'alléger les charges inutiles pour nos policiers et nos gendarmes comme pour nos magistrats. Vous aurez ce texte important à discuter et à voter afin qu'il puisse entrer en vigueur au premier trimestre 2019. Nous redéfinirons ainsi aussi le sens de la peine, car ce que nous voulons, c'est une autorité de la République qui fasse respecter les règles avec discernement et équité afin que la prison en particulier retrouve toute sa signification en termes de punition mais aussi en termes de réinsertion.

    Pendant ces derniers mois, nous avons aussi mis fin aux occupations illégales du domaine public auquel nous nous étions trop habitués depuis des années à Notre-Dame-des-Landes comme à Bure qui laissaient les habitants dans le désarroi.

    La sécurité recouvre également la lutte contre le terrorisme. Sur ce point, nous avons poursuivi les transformations indispensables, réarmé notre organisation à tous les niveaux en particulier grâce à la loi sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme qui a permis de sortir de l'état d'urgence et d'instituer dans notre droit les instruments indispensables pour lutter contre le terrorisme contemporain.

    Nous avons eu à Marseille, à Trèbes, à Paris à subir de nouvelles attaques d'un terrorisme islamiste dont les formes ont changé, qui ne s'appuie plus sur des organisations internationales fortement structurées mais se love dans nos sociétés elles-mêmes, utilise tous les moyens contemporains. De nouvelles décisions seront prises et le travail doit se poursuivre sans fébrilité mais sans relâche, c’est celui d'une génération. Sur ces sujets, le temps est à l'action déterminée et je veux ici rendre hommage à l'ensemble de nos soldats qui combattent au Levant et en Afrique, l'ennemi djihadiste, rendre hommage comme à nos forces de sécurité intérieure qui avec courage et calme assurent la protection de nos concitoyens.

    Au-delà de la sécurité, l'ordre républicain est fondé sur un système de droits et de devoirs dont chaque citoyen est le dépositaire et que nous devons réactiver.

    Les droits et les devoirs, c'est bien entendu à l'école que nous les enseignons de façon plus systématique. C'est pour cela que nous poursuivrons la formation et l'accompagnement des maîtres, en particulier sur la laïcité mais nous le ferons aussi par le service national universel qui sera précisé d'ici la fin de l'année, à l'issue d'une nécessaire consultation. Depuis quand n'avait-on pas ainsi sondé la jeunesse sur ses aspirations ? Je crois profondément dans ce service universel car c'est en connaissant mieux son compatriote que jamais peut-être on aurait croisé autrement qu'on se met en mesure de le comprendre mieux, de le respecter et de sentir ce lien invisible qui fait la communauté de destin d'une nation. C'est aussi le moyen de comprendre ce qu'est l'engagement, le cœur de notre République et je sais que notre jeunesse saura s’en saisir.

    La société républicaine que nous voulons est une société du respect et une société de la considération. Nous l'avons constaté pendant la campagne présidentielle : une forme d'irrespect, voire de violence, s’était banalisé à l'égard d'une catégorie de Français, les femmes. Qui aurait cru qu’en ce début de XXIe siècle, l'Etat devrait encore se battre pour que cesse le harcèlement du quotidien, l'inégalité des salaires, la violence physique et morale dont les femmes sont victimes ?

    Ce combat, souvenez-vous, a d'abord surpris ; à certains, il avait même peut paraître dérisoire, lorsque dès avant mon élection, je m'étais engagé en faire la grande cause du quinquennat, une loi importante en ce domaine sera ainsi votée prochainement et la mobilisation en matière de droits comme d'égalité salariale se poursuivra dans les mois et les années qui viennent.

    Nous avons, ce faisant, précédé un mouvement mondial. La France lorsque ce mouvement a surgi chez nous était prête et consciente. De cela, nous devons être fiers, nous n'avons pas suivi le mouvement. Nous l'avons anticipé parce que le respect et la considération ne se négocient pas dans une société républicaine et lorsqu'ils reculent, c'est toute la société qui recule.

    C’est du reste ce qui s'est aussi produit sur des territoires entiers, enfermés dans le mépris et la condescendance. Notre politique pour les quartiers s’est ainsi fondée sur le retour de la considération et cette conviction que naître et vivre dans un quartier ne saurait être un stigmate. Les emplois francs, la généralisation des stages en entreprise, le retour des services publics, des programmes de rénovation urbaine accélérée, des réponses pragmatiques bâties avec les citoyens, une école adaptée permettront de sceller dans des territoires oubliés le retour d'une considération nationale qui trop souvent s'est confondue avec l'indifférenciation de plans dispendieux.

    L’ordre républicain, c'est aussi cette nécessité de ramener dans le giron de la République des pans de la société qui s'en sont éloignés, la République n'a aucune raison d'être en difficulté avec l'islam, pas davantage qu'avec aucune autre religion. La laïcité du reste commande qu'elle n'ait pas à en connaître et veut simplement que soit garantie à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire.

    Mais il y a une lecture radicale, agressive de l'islam qui se fixe pour but de mettre en cause nos règles et nos lois de pays libres, de sociétés libres dont les principes n'obéissent pas à des mots d'ordre religieux. Il faut que tout le monde sache qu'en France, la liberté individuelle, la liberté de pensée, la liberté de critiquer, l'égalité des femmes et des hommes, le respect des choix individuels, tant qu'ils n'attentent pas aux droits des citoyens sont des principes intangibles.

    Il que tout le monde sache que nulle mise en cause de ces principes ne peut être acceptée sur le fondement d’un dogme religieux.

    La laïcité, c’est le respect réciproque, respect de la société et de l’Etat à l’égard des croyants, respect des croyants à l’égard de la société et des principes d’un Etat qui appartient à tous.

    Et je sais que l’immense majorité de nos concitoyens musulmans le savent, le partagent, l’approuvent et sont prêts à participer à cette affirmation de notre République. C’est pourquoi dès l’automne, nous clarifierons cette situation en donnant à l’islam un cadre et des règles garantissant qui s’exerceront partout de manière conforme aux lois de la République.

    Nous le ferons avec les Français dont c’est la confession et avec leurs représentants, l’ordre public, la civilité ordinaire. L’indépendance des esprits et des individus à l’égard de la religion ne sont pas de vaines paroles en France et cela impose un cadre rénové, une concorde retrouvée.

    Cette démarche avait été différée au nom de cette idée que tout se vaut et qu’au fond, notre pays n’est qu’un assemblage chaotique de traditions et de cultures. Sur ce terrain, n’ont grandi que l’insécurité morale et l’extrémisme politique. Il est temps pour la République de se ressaisir de la question culturelle et considérer de nouveau comme de son devoir de faire émerger non une culture officielle, mais une culture partagée. Si l’école est le creuset de cette culture commune, la société en est la caisse de résonance et nous devons œuvrer ensemble à rendre la France cette voix, ce timbre, ce regard qui toujours a fait sa singularité, qui sont la confluence de mille rivières mais qu’on reconnaît au premier coup d’œil.

    C’est pourquoi nous faisons tant d’efforts pour le patrimoine. C’est pourquoi nous nous battons pour la langue française partout à travers le monde. C’est pourquoi nous voulons une politique culturelle qui ose dire qu’il est des expressions plus belles, plus profondes, plus riches que d’autres et que notre devoir est de donner le meilleur à tous nos compatriotes. C’est cette politique de l’accès à la culture par l’école et tout au long de la vie et sur l’ensemble de nos territoires. C’est pourquoi enfin nous devons prendre soin de nos auteurs, faire qu’ils soient rémunérés de manière adaptée et défendre leur situation en Europe où des victoires ont été emportées mais où le combat continue. Nous ne voulons pas une culture officielle mais une culture française plurielle et vivante qui puisse continuer à s’épanouir et à rayonner. Nous voulons continuer à produire un imaginaire français.

    Cet ordre républicain enfin se construit dans la cohésion nationale et donc dans le rapport à l’autre, l’étranger. La peur que nous devons entendre, c’est bien celle-là et je sais combien ces débats vous ont vous-mêmes préoccupés et je pense que ce sujet ne peut être réglé ni dans l’émotion qui crée la confusion ni dans la fermeture et le repli nationaliste qui ne permettent de régler durablement aucun problème. Nous devons, sur ce sujet encore, nous montrer fidèles à notre Constitution qui protège de manière inconditionnelle ceux qui demandent l’asile, mais impose des règles précises à ceux qui, pour des raisons économiques, quittent leur pays pour rejoindre le nôtre.

    L’ordre républicain exige le respect des frontières, des règles pour rejoindre ce qu’est la nation. C’est le principe même de la souveraineté et un devoir d’humanité que notre Constitution prévoit. C’est en respectant cette grammaire que nous devons faire face à nos défis contemporains. Il n’y a aucune solution de court terme, facile, ni celle de l’émotion ni celle de la colère.

    Il n’y a qu’une voie exigeante, celle de la République et de la coopération en Europe. Elle passe par une politique que nous devons repenser à laquelle nous devons redonner de l’ambition, un partenariat refonder avec l’Afrique.

    Cette jeunesse, aujourd’hui, qui quitte l’Afrique pour prendre tous les risques et qui n’a pas droit dans une large majorité à l’asile, c’est la jeunesse du désespoir, c’est la jeunesse à qui on n’a plus donné de projet, qui vient du golfe de Guinée ou d’une bonne partie du Sahel. La France et, avec elle, l’Europe doivent rebâtir les termes d’un partenariat car cette Histoire contemporaine ne nous rappelle qu’une chose : nous ne sommes pas une île et nous avons destin lié.

    La deuxième de nos réponses passera par un renforcement de nos frontières communes en Europe, un investissement assumé que la France porte, voulu, cohérent et par une politique de responsabilité et de solidarité au sein de l’Europe. Toute politique nationaliste de court terme ne réglera en rien la situation migratoire, elle la créera chez l’autre, elle sèmera la division.

    Toute politique qui voudrait mélanger toutes les situations et ne pas voir qu’il existe aujourd’hui des situations différentes selon qu’on vient d’un pays en guerre ou selon qu’on n’en vient pas oublie aussi cette cohésion nationale indispensable que nous devons préserver. Mais jamais la France n’acceptera les solutions de facilité que d’aucuns aujourd’hui proposent et qui consisteraient à organiser des déportations à travers l’Europe pour aller mettre dans je ne sais quel camp à ses frontières, en son sein ou ailleurs les étrangers qu’on ne voudrait pas.

    Cet ordre républicain auquel nous croyons est le fondement d’une nation d’hommes et de femmes libres. Il repose sur cette tension éthique permanente, celle même de la République qui impose de ne céder à aucune facilité contemporaine. C’est cela aussi une puissance du XXIe siècle et c’est la vocation de la France d’enraciner sa force dans cette liberté civique quand trop d’observateurs voudraient nous faire croire qu’il n’est de puissance que par la sujétion des individus, par le recul des libertés, par l’affaiblissement des droits.

    Pour faire face à la peur de l’effacement, à cette insécurité culturelle et civilisationnelle que j’évoquais, nous avons aussi besoin de porter le projet français pour l’Europe. Ce projet, c’est de retrouver le sens et la substance de notre coopération face à tous les défis que nous pouvons relever uniquement ensemble en tant qu’Européens. Cet engagement, ce projet français a d’ores et déjà permis des avancées réelles que d’aucuns pensaient impossibles jusqu’alors. Nous avons progressé vers une Europe qui protège davantage par une politique de défense dont l’idée même avait été abandonnée depuis 70 ans, par une meilleure régulation du travail détaché assurant la protection des salariés européens, par la défense de no intérêts communs sur le plan commercial, par la conclusion voici quelques semaines d’un accord franco-allemand de moyen terme qui n’avait pas été fait depuis plus de 20 ans et qui a permis de jeter les bases d’un budget de la zone euro.

    Depuis quand n’avions-nous pas attendu les crises pour avancer concrètement ? Cette Europe-là n’est pas incantatoire ni éloignée, elle prend en charge le quotidien des Européens et leurs intérêts vitaux. Toutefois, ces avancées réelles pour lesquelles la France s’est battue ne doivent pas faire oublier les doutes, les divisions. L’Europe est encore trop lente, trop bureaucratique, trop divisée pour affronter la brutalité des changements politiques, sécuritaires migratoires et technologiques. Notre plus grande erreur serait cependant de brandir les spectres du passé et de redouter la répétition de l’Histoire ou je ne sais quelle fatalité européenne du conflit. Ce n’est pas cela qui nous menace.

    La vérité est que nos combats d’aujourd’hui requièrent l’Europe car nous ne pourrons être à la hauteur des enjeux contemporains qu’en unissant nos forces avec les nations dont l’Histoire a fait nos partenaires naturels.

    Ni les défis commerciaux ni les défis du climat ni les défis de la défense ni les défis économiques et monétaires ne peuvent se relever dans l’isolement et encore moins le défi migratoire que j’évoquais à l’instant. En ces matières, la solution véritable ne peut être que dans la coopération européenne.

    Et c’est au cœur de ces interrogations que se joue l’Europe de demain. Elle sera nécessairement une Europe des peuples. Peut-être les 28 peuples qui composent l’Union n’avanceront-ils tous pas au même rang, au même pas, mais ils se montreront capables d’agir ensemble dans des circonstances exceptionnelles, face à des défis qui nous confrontent au plus vif de ce que nous sommes. Au sein de cette Europe, la France fait entendre sa voix avec un projet clair, celui que j’ai présenté en octobre dernier à la Sorbonne, celui d’une Europe plus souveraine, plus unie, plus démocratique, celui d’une Europe qui sera portée par une coalition de volonté et d’ambition et plus paralysée par l’unanimisme capturé par quelques-uns.

    Mais il faut aussi le dire clairement, la frontière véritable qui traverse l’Europe est celle, aujourd’hui, qui sépare les progressistes des nationalistes.

    Et nous en avons pour au moins une décennie. Ce sera difficile mais le combat est clairement posé. Il sera au cœur des enjeux de l’élection européenne de 2019 qui appartient à ces scrutins qui sont aussi des tournants. Et comme au cœur de toutes menaces naît une grande opportunité, c’est sur cette crise que nous fonderons les clés de la puissance européenne, de l’indépendance européenne, de la conscience européenne de demain après 70 ans de paix qui nous ont trop souvent conduits à perdre de vue le sens même de l’Europe.

    La crise que nous traversons, nous dit une chose : l’Europe des assis, l’Europe des assoupis est terminée, un combat est en train de se livrer qui finira le projet de l’Europe à avenir, celui d’un repli nationaliste ou celui d’un progressisme contemporain.

    La France porte sa voix, elle est écoutée parce que c’est une voix forte de c'est la voix de la raison mais aussi la voix de parfois ceux qui n’en ont pas ou n’en ont plus et qui parlent pour la défense des biens communs et je m'attacherai à ce combat.

    C’est à ce titre que nous sommes aussi engagés dans d’autres luttes et que la France a fait entendre sa voix lorsque les Etats-Unis se sont retirés de l'Accord de Paris. C'est pour cela que nous sommes intervenus sur le nucléaire iranien ou dans la crise syrienne, c'est pour cela que la France aujourd'hui est à l'initiative pour réinventer un multilatéralisme fort dont le monde contemporain a besoin. La France de nouveau est cette médiatrice, ce tiers de confiance qui tente de tenir ensemble les équilibres du monde et de trouver les voies d'avenir. C’est ce rôle nécessaire tout à la fois pour notre sécurité, la défense de nos valeurs qu'aujourd'hui nous menons. Je crois dans la possibilité de défendre une démocratie forte et respectée, je crois dans la possibilité de défendre une Europe forte et souveraine, je crois dans la possibilité de défendre les valeurs universelles qui nous ont faites à travers ce multilatéralisme fort contemporain.

     

    Tel est, Mesdames et Messieurs, le cap que je fixe à la France, vous l'aurez compris, je souhaite renouer avec ce projet français que nous avons perdu de vue trop longtemps par frilosité ou par confort intellectuel. Il suppose, je l’accorde, de vouloir s'affranchir des querelles où nous nous sommes en quelque sorte confondus ou auxquelles nous nous sommes longtemps habitués.

    Ce projet ne peut se déployer que si nous en finissons avec ce renoncement où nous nous sommes enfermés depuis 40 ans qui voudrait que la France ne soit qu'une puissance moyenne. Cette idée nous a étouffés et meurtris, je crois moi que la France a les moyens de devenir de nouveau une puissance du XXIème siècle.

     

    Pour mener ce projet nous partons du réel, nous ne nous alourdirons pas d'idées préconçues, de clivages recuits, d'idées surannées, le progrès, la dignité de l'individu, la force juste de la République sont nos boussoles et nous suffisent. Notre seule idéologie c’est la grandeur de la France, n'en déplaise à certains, et ce que nous construisons n'en déplaise aux adeptes de l'immédiat, nous le faisons pour aujourd'hui mais aussi pour demain, c'est-à-dire pour la jeunesse, pour qu'elle grandisse, pour qu'elle grandisse dans un pays où elle puisse choisir sa vie, ressentir pleinement cette appartenance qui fait la force d'un peuple et contribuer librement à ce projet qu'on appelle une nation.

    C'est en somme un patriotisme nouveau, réinventé, vivifié que nous sommes en train de construire, il ne se fait pas en un jour, il ne se fait pas en un an mais c'est à cela, Mesdames et Messieurs, que je vous appelle.

    Vive la République ! Vive la France !

  • Sindika Dokolo "Les Congolais debout"et Martin Sali de "RCK" ont marqué le 30 juin 2018 !

    Sindika Dokolo "Les Congolais debout"et Martin Sali de "RCK" ont marqué le 30 juin 2018 !

    Le 29 juin 1960, à la veille de la proclamation d'indépendance du Congo belge, Joseph Kasa-Vubu, le futur président de la nouvelle République du Congo, Patrice Émery Lumumba, le nouveau Premier ministre, et Baudouin Ier, le roi des Belges, se rencontrent à Léopoldville

    Cela n'a pas échappé aux fins limiers de Réveil FM International. Le président Emmanuel Macron peut-il annuler le défilé du 14 juillet parce qu'il a mal au dent ou parce qu'il est fâché contre Jean-Luc Mélenchon, de la France Insoumise ? Le 14 juillet, c'est la fête de la France et de tous les Français. Le 30 juin est un jour sacré pour tous les Congolais. Aujourd'hui, nous avons notre drapeau qui flotte, l'hymne national le debout congolais, notre monnaie le Franc Congolais, nous sommes comme d'autres membres des Nations Unies et de l'Union africaine...Tout cela n'est pas rien. Le 30 juin est le fruit des luttes de nos aïeux face aux colonisateurs. Ce jour mérite commémoration !

    Le régime d'imposture d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale n'avait pas hésité en 2010 d'inviter Paul Kagamé, le dictateur de Kigali pour humilier le peuple congolais. Voilà que le fameux "Raïs" et imposteur de Kingakati a eu peur d'un assassinat à la manière d'Anouar el-Sadate, assassiné par des soldats islamistes, le 6 octobre 1981, tandis qu'il assiste dans un stade du Caire à un défilé militaire à l'occasion de la fête nationale. Il faut préciser le "Raïs" Égyptien est mort en plein triomphe. A 63 ans, la mort de Sadate avait causé une immense émotion dans le monde entier. Elle fait craindre pour le processus de paix qu'il a engagé trois ans plus tôt avec Israël. A Kingakati, Alias Joseph Kabila a même peur de son propre ombre. Face aux imposteurs illégitimes qui règnent par défi qui réfutent les festivités du 30 juin aux Congolais qui ont le culot de demander aux Congolais de fêter dans la méditation et recueillement pour masquer leurs échecs à tous points de vue et aux sceptiques qui clament que nous n'avons pas d'indépendance, nous sommes du côté de ceux qui croient au 30 juin.

    Dans la diaspora congolaise, Sindika Dokolo du mouvement "Les Congolais debout" et Martin Sali de RCK-Résistants Combattants du Kongo) ont marqué par leurs actions le 30 juin 2018.

    Sindika Dokolo est entrain de monter en puissance dans l'estime de plusieurs congolais ! Les grincheux patentés ne sont pas restés inactifs. Un leader se lève et montre le cap surtout pendant des périodes difficiles. Que n'a-t-on entendu à propos de la marche de Sindika Dokolo à Bruxelles ? Ceux qui se lèvent tôt finissent toujours par gagner. Contrairement à certains politicailleurs qui organisent des dîners de gala à 1000 dollars pour financer leur candidature à l'hypothétique élection présidentielle avec des machines à voler, Sindika Dokolo commence à comprendre qu'aucune révolution, aucune lutte pour le changement dans un pays, ne se fait sans moyens. Mettre des bus, à la disposition des congolais de la diaspora pour se rendre le samedi 30 juin à Bruxelles, fut une idée lumineuse. Le samedi 30 Juin, la France jouait contre l'Argentine, l'Espagne contre l'Uruguay en 8è de finale de la coupe du monde. Les 3000 Congolais présents à la marche de Souveraineté de Bruxelles sont des convaincus et croient à la victoire de la lutte. Dans le langage de Sindika Dokolo, c'est le "Nous" qui prime, bravo. Il apparaît de plus en plus comme un fédérateur, ce qui est positif. Même son discours a été rassembleur. Pas des clivages, il n'a jamais monter les Congolais contre les autres.

    Reste que que Sindika Dokolo devra se donner une discipline, en toute sagesse, faire attention de ne pas être otage des Conventionnistes du Lac Léman. La Convention des Congolais de l'Etranger est un nid des collabos et traîtres connu de tous. C'est la Convention des Congolais de l'Etranger qui a organisé une conférence de presse à Marie-Ange Mushobekwa, la putative ministre des droits humains à l'hôtel International de Genève. Conférence de presse annulée en dernière minute à cause des Résistants-Patriotes-Combattants. Que peut dire Marie-Ange Mushobekwa aux Congolais avec des atteintes massives des droits humains qui se commettent en toute impunité en République démocratique du Congo ? Le régime de Kinshasa, qui est illégitime et illégal est-il fréquentable ? Les Conventionnistes du Lac Léman, au fait, ils ne sont que 4 membres, sont mangeurs à tous les râteliers. La Convention des Congolais de l'Etrangern'est rien d'autre que la métamorphose de la fameuse Fédération des Congolais de l'Etranger (FCE), que les plus futés ironisent et baptisent en Fédération des Congolais Corrompus (FCC) ! En Suisse, Sindika Dokolo doit surtout s'appuyer aux Congolais debout, le père Joseph Lukelu de l'ASC-Aide Secours au Congo, en un !

    Martin Sali de RCK est sorti du lot. Son allocution du 30 juin 2018 est profonde et mobilisatrice. Courageux, Martin Sali a mis en exergue trois aspects dans son allocution aux Congolais.

    1. La résistance du peuple Kongolais seul apportera le changement par la désobéissance civile, art 64: "LE SOULÈVEMENT POPULAIRE "!

    2. Une nouvelle alternative politique, économique, spirituelle et sociale.

    3. Une transition sans la Kabilie "Occupation" pour préparer de vraies élections crédibles, libre, Transparente et Démocratique.

    Voici son allocution: Chers compatriotes Kongolais et Kongolaises !

    Chers Africains et Amis du Kongo !

    Chers Compagnons de lutte !

    Nous voulons nous souvenir du 30 juin 1960, comme la date historique qui marque une étape décisive dans la conquête de la libération totale du Kongo ! Cinquante-Huit ans après l'indépendance de la République démocratique du Congo, la date du 4 janvier 1959 a été la poudrière nécessaire à l'explosion du peuple Kongolais pour sortir du jourg colonial, de prendre conscience que la liberté est une aspiration profonde et un droit universel ! La résistance est née !

    Cette date du 30 juin 1960 à Kinshasa, accompagnée du discours immortel de Patrice Emery Lumumba Premier ministre du Président Joseph Kasa-Vubu, de Joseph Okito, de Maurice Mpolo, d'Antoine Kingotolo, de Gaston Diomi, de Mobutu Sese Seko, de Laurent-Désiré Kabila, de Pierre Mulele...les compagnons de lutte ainsi que toute la Nation Kongolaise face au Roi Baudoin 1er de la Belgique !

    Son message était d'autant plus vrai en 1960 qu'en ce jour du 30 juin 2018, car la résistance de la diaspora menée par le RCK, "Résistants Combattants du Kongo", est enflammée par le flambeau qui nous a été légué pour combattre cette gangrène d'occupation néocolonialisme laissé par les colons en quittant l'Afrique !

    Le RCK rend un hommage éternel ce 30 juin 2018, ce jour restera gravé à jamais dans nos mémoires, à tous les martyrs qui sont morts avant, pendant et après notre indépendance, et rappel, toute la résistance à ne pas oublier que c'est par la lutte qu'elle a été conquise !

    Cette même lutte que nous menons tous les jours, une lutte ardente qui doit être idéaliste, car le pouvoir sanguinaire d'occupation a réussi à mettre sous terre plus de 12 millions de Kongolais !

    Le régime illégitime et illégal de la Kabilie gouverne avec poigne par l'imposteur-criminel Joseph Kabila voudrait que les Kongolais une fois de plus tombent danc ce piège d'élection présidentielle où lui seul ou un de ses frères en sortira vainqueur !

    Cette lutte ne nous épargnera pas, elle prendra nos forces, nos espérances mais nous devons rester constant et déterminés avec notre idéologie et nous battre jusqu'au bout, en employant tous les moyens constitutionnels, voire même par la révolution populaire ! Tant de guerres, de souffrances, de massacres, de viols, un génocide sans nom, d'injustices, de dictatures, de famines, d'expropriation de nos richesses, d'inhumanité ont mis beaucoup de colère, de frustration, de douleurs dans les cœurs des hommes et des femmes qui se battent pour reconquérir la souveraineté nationale du Kongo !

    Le pouvoir a toujours appartenu au peuple, car c'est cette puissance spirituelle et ancestrale qui nous permettra d'atteindre nos objectifs !

    Les batailles de la vie ne sont pas gagnées par les plus forts, ni par les plus rapides, mais par ceux qui n'abandonnent jamais !

    Les institutions et la classe politique Kongolaise corrompues et complices sont inefficaces et ne pourrons pas chasser l'occupation !

    Seul la Résistance du peuple peut apporter le changement par la désobéissance civile en appliquant l'article 64 de la Constitution qui est le soulèvement populaire ! Pour que toutes ces atrocités gravées dans nos esprits ne se reproduisent plus jamais, nous devons tous nous lever comme un seul homme, afin de reconquérir notre souveraineté et notre indépendance ! Le RCK propose :

    -Une nouvelle alternative politique, sociale et économique avec un Etat qui respecte les droits humains et ses engagements de développement vis-à-vis de son peuple !

    -Une transition sans la Kabilie qui organisera de vraies élections crédibles, libres, transparentes et démocratiques !

     

    Vive les Résistants Combattants du Kongo

    Vive le Kongo libre et prospère !

    La patrie a la victoire nous vaincrons ! Ingeta Ingeta Ingeta !

    Je vous remercie !

  • CPI: Lettre ouverte d'une Congolaise à Madame Fatou Bensouda la Procureure !

    CPI: Lettre ouverte d'une Congolaise à Madame Fatou Bensouda la Procureure !

    Huguette Walo Olela à Helvetiaplatz à Zurich lors d'une marche Anti-Kabila

    C'est une femme congolaise qui prend la peine d'écrire une lettre ouverte à Madame Fatou Bensouda, la Procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI) sur la situation chaotique en République démocratique du Congo. Huguette Walo Olela est l'une des combattantes de la liberté pour le Congo. En Suisse, Zurich est connu pour être le bastion des Congolais Anti-Kabila. Le Collectif des Congolais de Suisse avec : Jean Claude kalala Muayika, Bienvenu Silulundi, Achille Ibula, Andreas, Guillaume Kasongo... est très actif !

    Les actions menées par Kabila et sa bande depuis bientôt quatre ans relèvent bien du génocide dans le sens qu’il y a eu intention délibérée d’élimination d’une catégorie de la population. Ce dernier devait partir fin décembre 2016 mais il n'a qu'un seul but conserver le pouvoir par tous les moyens.

    Objet : La CPI doit émettre rapidement un mandat d’arrêt contre le Président sanguinaire, hors mandant, Joseph Kabila.

    Madame la Procureure,

    Je vous écris aujourd’hui pour exprimer, une fois encore, ma profonde préoccupation devant la détérioration alarmante de la situation des droits de l'Homme en République Démocratique du Congo. Si je vous écris, c’est à la suite de vos paroles que j’ai écoutées il y a deux ans à la radio Okapi, Je cite :" Mon Bureau enquête en République Démocratique du Congo depuis 2004 et notre travail continue. Je n’hésiterai pas à agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformité avec le principe de complémentarité".

    On en est où avec toutes ces belles promesses ?

    Vous le savez très bien que depuis l’expiration du second mandat de l'imposteur Joseph Kabila, en décembre 2016, le président hors mandat et son régime multiplient les stratégies machiavéliques, y compris criminels, pour tenter de conserver le pouvoir. Les massacres perpétués ces derniers mois placent le curseur encore plus haut dans l’échelle des violences auxquelles ce pays est accoutumé. On évalue à plus de huit millions le nombre de victimes et de morts en RD du Congo en vingt-ans. Ce chiffre est le plus important depuis la seconde guerre mondiale, mais qui le connaît et en parle dans les médiaux mondiaux ?

    Un horrible génocide passe sous un silence médiatique le plus scandaleux. Des tueries de masse, Des hommes émasculés, d’exécutions sommaires de civils, des femmes violées, des fœtus extraits et découpés à la machette…

    Un voyou certes, mais aussi un tueur en série, Hyppolyte Kanambe alias "Joseph Kabila", usurpateur d'identité, imposteur et cheval de Troie Rwandais au Congo. Il s’est armé jusqu’aux dents et ne compte pas quitter le pouvoir et applique une politique de terreur pour exterminer tout un peuple.

    Du 19 au 22 janvier 2015, Le gouvernement de la République démocratique du Congo a eu recours à une force illégale et excessive pour réprimer les manifestations qui ont eu lieu dans le pays. Les manifestants protestaient contre le projet visant à modifier la loi électorale, dont de nombreux Congolais estimaient qu’il permettrait au président l'imposteur Hyppolyte Kanambe de rester en fonction au-delà de la limite de deux mandats consécutifs que lui impose la constitution.

    Les corps découverts dans cette charnière sont des victimes d’exécutions sommaires ou de disparitions forcées aux mains des forces de sécurité congolaises lors de manifestations de janvier 2015, ainsi que lors de l’« Opération Likofi », lancée par la police contre soi- disant les gangs appelés Kuluna.

    En effet, lors de ces deux opérations, les forces de sécurité avaient emporté des corps de certaines personnes tuées, sans jamais les rendre à leurs familles pour être enterrés.

    Le 19 janvier 2015, des manifestations contre la révision de la loi électorale avaient été suivies de répressions. Plusieurs dizaines de personnes avaient été tuées.

    Le 31 décembre 2017, Les forces de sécurité congolaises ont tiré à balles réelles et employé des gaz lacrymogènes contre des manifestants pacifiques dans des églises catholiques de Kinshasa et d’autres villes du pays , tuant au moins huit personnes et blessant des dizaines d’autres.

    Le 21 janvier 2018, Les marches de protestation ont connu une autre tournure. A l’appel du comité laïc de coordination, ils étaient des millions à battre les pavés dans de grandes villes du pays. Les marches ont été réprimées dans le sang. Quinze personnes ont été tuées à Kinshasa à la sortie des églises par les forces de sécurité.

    Le 25 février 2018, à la sortie des messes, à l'appel du Comité laïc de coordination, les marches ont été violemment dispersées par les forces de l'ordre à Kinshasa et dans plusieurs grandes villes du pays par des tirs de gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles. Le bilan est lourd, l'arithmétique se poursuit dans une impunité totale. Depuis le mois de décembre dernier, les forces de sécurité ont battu un triste record en tirant dans l'enceinte des églises pour interrompre les services religieux et empêcher des manifestations pacifiques après la messe dominicale.

    Si les Congolais et les partenaires de la RDC sont inquiets, ce n’est pas le cas du régime de Kinshasa, qui s’obstine à conserver le pouvoir par tous les moyens.

    Le plan du régime de Kinshasa est de multiplier des zones d’insécurité pour que l’organisation des élections soit rendue impossible. En tout cas, tout est fait pour retarder davantage la tenue d’élections.

    Ce plan est parti récemment de la vague d’évasions dans les prisons de plus de dix provinces. Comme si ces évasions étaient programmées, elles se sont déroulées simultanément à Kinshasa, au Kongo central, dans le Tanganyika, au Sud-Kivu, au Nord-Kivu, au Haut-Katanga, à l’Équateur, etc

    Les massacres planifiés au grand Kasaï pourraient constituer des crimes contre l’humanité et ont été perpétrés principalement par les agents de l’Etat et la milice Bana Mura appuyée par des policiers et soldats congolais.

    Il établit, en effet, un lien direct entre le désir de se maintenir au pouvoir de la majorité présidentielle et la multiplication des poches d’instabilité sécuritaire dans le pays : Le chaos plutôt que l’alternance.

    A jamais, Kabila coule le bain de sang.

    Madame la Procureure,

    C’est avec beaucoup de chagrin, indignation et révolte que j'ai appris la mort cruelle, dans la nuit du 09 au 10 juin 2018, du camarade Luc Nkulula du Mouvement de la Lutte pour le Changement (LUCHA), brûlé vif dans son domicile à GOMA à l’âge de 33 ans.

    Face à la détermination de Luc Nkulula et de ses camarades de voir, au péril de leur vie, Kabila quitter le pouvoir, il ne restait plus donc d’autres options pour ces fous du pouvoir que de passer à l’élimination physique. Avec ce crime odieux, le régime du dictateur Kabila a encore fait une victime de plus dans les rangs de ceux qui se battent.

    Face à cette cruauté et ce mépris pour les droits humains et le droit à la vie qui est chaque jour grandissant en RDC contre sa dictature, sa gouvernance chaotique et son projet de Balkanisation de la République Démocratique du Congo. Kabila est un tyran sanguinaire qui ne se soucie pas de la valeur de la vie tant qu’il peut atteindre ses motivations égoïstes de domination, de puissance et d’immortalité. Les éventuels opposants sont avertis. L'imposteur règne en despote et n'hésitera devant rien pour se maintenir au pouvoir.

    Quelle sauvagerie ? Quelle lâcheté que d’assassiner un jeune homme de 33 ans qui était plein d’avenir et plein de promesses pour le Congo et le continent africain ! Le tyran sanguinaire est prêt à tout brûler pour rester éternellement au pouvoir.

    Je cite : Mon Bureau enquête en République Démocratique du Congo depuis 2004 et notre travail continue. Je n’hésiterai pas à agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformité avec le principe de complémentarité.

    Le plan du régime de Kinshasa est de multiplier des zones d’insécurité pour que l’organisation des élections soit rendue impossible. En tout cas, tout est fait pour retarder davantage la tenue d’élections.

    Ce plan est parti récemment de la vague d’évasions dans les prisons de plus de dix provinces. Comme si ces évasions étaient programmées, elles se sont déroulées simultanément à Kinshasa, au Kongo central, dans le Tanganyika, au Sud-Kivu, au Nord-Kivu, au Haut-Katanga, à l’Équateur, etc.

    Massacres planifiés qui pourraient constituer des crimes contre l’humanité et qui ont été perpétrés principalement par les agents de l’Etat et la milice Bana Mura appuyée par des policiers et soldats congolais.

    Il établit, en effet, un lien direct entre le désir de se maintenir au pouvoir de la majorité présidentielle et la multiplication des poches d’instabilité sécuritaire dans le pays.

    Les actions menées par le pouvoir d'occupation ont engendré un climat de chaos de nature non seulement à compromettre le processus électoral mais aussi à menacer durablement la sécurité dans plusieurs provinces.

    Il s’appesantit principalement sur les crimes commis dans les provinces du Grand Kasaï depuis la mi-2016, l’une des pires crises des droits humains dans le monde.

    L’article 6 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale stipule que le génocide désigne l’un des actes suivants commis dans l’intention de détruire, totalement ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux :

    (a) Tuer les membres du groupe ;

    (b) Causer des dommages physiques ou mentaux graves aux membres du groupe ;

    (c) Infliger délibérément au groupe des conditions de vie calculées pour provoquer sa destruction physique, totale ou partielle.

    Kabila ignore le droit international, la Charte des Nations unies et le Statut de Rome, il est nécessaire qu’une enquête soit menée par votre bureau pour examiner les preuves et intenter des poursuites en son encontre tant qu’il y a des preuves.

    Madame la Procureure,

    La CPI est une cour permanente ayant pour mandat de juger des individus présumés responsables des crimes les plus graves : le crime de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. Selon l’article 27 du Statut de la CPI, la qualité officielle de chef d’Etat ou de gouvernement ainsi que les immunités qui peuvent s’attacher à une telle qualité n’exonèrent pas, de poursuites pénales.

    Kabila est à la tête d’un système d’impunité bien enraciné dans lequel ceux qui sont les plus responsables de violations sont régulièrement récompensés par des postes, des richesses et des pouvoirs. Les forces de sécurité congolaises ont engagé ou orchestré une grande partie des violences, dans certains cas en formant ou en soutenant des groupes armés locaux. Les efforts pour semer la violence et l’instabilité sont une « stratégie du chaos » apparemment délibérée ayant pour but de justifier des retards supplémentaires pour les élections.

    Madame la Procureure,

    Après beaucoup d'effusion de sang et des années de répression brutale – avant et après l’échéance du 19 décembre 2016, qui a marqué la fin du deuxième et dernier mandat autorisé par la constitution de l'imposteur et l'usurpateur alias " Joseph Kabila".

    Dites-nous, Mme la Procureure, ce qui manque pour que cette tragédie figure dans les actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de votre Cour ?

    Notre responsabilité humaine nous demande précisément de restaurer l’humanité lorsque le mal a marqué d’un sceau ineffaçable parfois un peuple entier. Quelle justice pour un peuple meurtri par des crimes contre l’humanité ?

    Après l’Holocauste, le Rwanda et Srebrenica, nous avions déclaré « plus jamais ». Nous avons davantage que des mots : nous devons aller de l’avant. Ceci est mon appel pour agir. Je tiens à rappeler que la CPI est une institution judiciaire indépendante, dotée d’un mandat judiciaire et créée pour mettre fin à l’impunité, afin d’éviter que les crimes internationaux les plus graves ne restent impunis, et pour contribuer à prévenir la commission de ces crimes à l’avenir.

     

    Madame la Procureure,

    Il faudra trouver un équilibre entre les privilèges et immunités des chefs d'Etat et la nécessité de faire respecter le droit international dans ce qu’il a de plus fondamental : rendre justice aux victimes.

    Dans l'espoir que le cri de tout un peuple aura la susceptibilité de retenir votre aimable attention.

    Je vous prie d'agréer, Madame la procureure, l'expression de ma plus haute considération.

    Adliswil, le 22 juin 2018

    Huguette Walo Olela

  • Le grand "Bluff" d'Isidore Ndaywel, le "Dégageator" du CLC !

    Le grand "Bluff" d'Isidore Ndaywel, le "Dégageator" du CLC !

    Isidore Ndaywel, le "Dégageator" du CLC

    De la poudre aux yeux, de la poudre de perlimpinpin! Pour du bluff, c'en est vraiment un. Pourquoi le communiqué rendu public à Kinshasa, du samedi 7 juillet, du Comité Laïc de Coordination Catholique (CLC) ne porte pas les signatures de Maman Annie Kandolo et du professeur Thierry NLandu Mayamba ?

    Où sont les signatures de Maman Annie Kandolo et du professeur Thierry NLandu Mayamba ?

    Isidore Ndaywel qui joue au tyran peut-il l'expliquer à l'opinion publique nationale et internationale ? Comment les membres du Comité comité laïc de coordination catholique (CLC) qui sont en "clandestinité", alors qu'ils sont logés, mangent à la même table et dînent au même resto...mais ne se parlent jamais ! Isidore Ndaywel qui apprend à être dictateur a réussi à diviser le Comité Laïc de Coordination Catholique en deux groupes: celui de ses affidés et Maman Annie Kandolo-Professeur Thierry NLandu Mayamba. Isidore Ndaywel qui est catholique ignore-t-il cette parole biblique: "si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister".

    Maman Annie Kandolo du CLC

    Professeur Thierry NLandu Mayamba du CLC

    Pour gagner, il faut rassembler et fédérer ! On ne peut pas gagner uniquement avec des affidés et courtisans ! La société civile n'a pas besoin d'un dictateur ! Si Isidore Ndaywel veut être un vrai leader du CLC, il doit écouter et dialoguer !

    Isidore Ndaywel est un homme du sérail qui a accompagné le régime d'imposture, d'occupation et de prédation qu'il prétend combattre aujourd'hui. Il a une mémoire courte ! Maman Annie Kandolo et le professeur Thierry NLandu Mayamba sont dans la société civile depuis des lustres. Lors qu'Isidore Ndywel était à la mangeoire du régime, eux luttaient auprès de notre peuple. Comment une équipe divisée peut-elle terroriser un dictateur-imposteur ? N'est-ce pas du grand bluff ? Pour qui roule réellement Isidore Ndaywel ? Les annonces d'Isidore Ndaywel sont soporifiques, il veut endormir notre peuple réveillé.

    Comment peut-il annoncer des actions de grande envergure au mois d'août si Alias Joseph Kabila tentait de se présenter à la présidentielle de décembre 2018: Marches pacifiques, sit-in, villes mortes, grèves généralisées et actions de désobéissance civile sont annoncées au mois d'août, alors même qu'Isidore Ndaywel divise son propre camps ! Isidore Ndaywel sera-t-il planqué comme à l'accoutumée ou sera-t-il devant tout le monde pour ouvrir des marches pacifiques le régime ne va hésiter à réprimer ? La nation congolaise est certes en danger, mais cela vaut-il des aventures ? La vie de nos compatriotes est en danger. Les marches pacifiques organisées en début de l'année ont été réprimées dans le sang et il y a eu mort d'hommes. On ne badine pas avec la vie d'autrui.

    Le CLC est-il devenu l'appendice de G7? Les accointancesd'Isidore Ndawyel avec Pierre Numbi devient trop suspectes ! Le CLC reçoit-il ses mots ordres du G7 de Pierre Numbi ? Pour noyer ceux du CLC qui réfutent le remorquage par le G7, Isidore Ndaywel ne s'est pas empêché de trouver des journalistes mendiants "coupagistes" qui ont écrits des saletés pour salir la réputation de Maman Annie Kandolo et le professeur Thierry Nlandu Mayamba.

    Isidore Ndaywel joue avec le feu

    Les Congolais réclament la libération des prisonniers politiques. N'est-ce pas Pierre Numbi alors Conseiller Spécial d'Alias Joseph Kabila qui a fait odieusement emprisonner Eugène Diomi Ndongala, président de la Démocratie Chrétienne ? Le G7 n'est-il pas un conglomérat des politicailleurs, ventriotes, Mabumucrates, opportunistes et profito-situationnistes qui ont contribué à l'instauration du régime dictatorial en République démocratique du Congo ? Repus, corrompus et tortionnaires veulent se "virginiser" dans la blanchisserie G7 ? "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi n'est-il pas le fourbe, roublard, grand requin qui a muselé des journalistes, bâillonné des médias et opposants lors de l'élection Louis Michel 2006 ? N'est-ce pas le même "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi qui a privé 60 millions de Congolais d'un débat démocratique inscrit dans la Constitution de la Transition qui devait opposer Jean Pierre Bemba à Alias Joseph Kabila ? N'a-t-il pas été nommé Rapporteur au Sénat par le même Alias Joseph Kabila que le fameux G7 "tente" de pourfendre ? N'est-ce pas le même Alias Joseph Kabila qui est intervenu auprès de Jacob Zuma, ex président Sudafricain pour que le procès pour proxénétisme de "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi n'ait pas lieu en Afrique du Sud ? Enfin, n'est-ce pas le même "Momo" Modeste Mutinga Mutuishayi du G7 qui remue ciel et terre au Sénat, pour que la loi qui protège les anciens Chefs d'Etat soit votée, afin d'accorder l'immunité à Alias Joseph Kabila ? Et Isidore Ndaywel fait du CLC le porte-parole du G7 ! Il faut arrêter de prendre les Congolais pour des idiots.

    La République démocratique du Congo a besoin des hommes et femmes constants dans leurs convictions dans la marche de libération de notre pays. Isidore Ndaywel parait de plus en plus comme un mangeur à tous les râteliers !

    Souvenirs, souvenirs

    En 2010, Isidore Ndaywel qui est un bon enseignant universitaire avait participé aux préparatifs des festivités des 50 ans de l’indépendance de la République démocratique du Congo. Il était demeuré silencieux et n'avait même pas protesté que les Chefs d'Etat y compris Albert II, le roi des Belges aient attendu deux heures durant, sous un soleil de plomb, l'arrivée de Paul Kagamé, l'ogre de Kigali. Le Rwanda est un pays agresseur, pillard et receleur des ressources de la République démocratique du Congo !

    Nous sommes le lundi 25 avril 2012 à Paris. A une semaine de la fin de campagne électorale, entre les deux tours de l'élection présidentielle. Une première en France, le candidat François Hollande organise une conférence de presse avec 300 journalistes accrédités ! La question de Freddy Mulongo pour Réveil FM International: "Monsieur Hollande, une fois élu, irez-vous XIVè sommet de Francophonie qui doit se tenir du 12 au 14 octobre 2012 à Kinshasa en République démocratique du Congo ? Alors qu'il y a eu hold-up électoral reconnu par les observateurs de l'Union européenne, du Centre Carter, de l'Église catholique et des Nations Unies...? Et quelle sera votre gestion du dossier 'Françafrique' ? Puisque les archives existent ma question est posée à 1h28 sur cette vidéo de la chaîne parlementaire Public Sénat !

    Une fois élu, le sommet de la Francophonie à Kinshasa devient un casse-tête pour l'Elysée. Le président François Hollande devait-il y aller ou non ? Pendant ce temps, les Congolais de la diaspora s'étaient organisés pour réfuter que le sommet de la Francophonie se tienne au Congo-Kinshasa, abattoir d'êtres humains où les hold-up électoraux sont coutumiers. Maître Norbert Tricaud, avocat de notre compatriote Jean-Louis Tshimbalanga a porté plainte contre Abdou Diouf, ancien Secrétaire Général de l'OIF, qui a violé ses propres statuts. Car l'OIF défend les valeurs de la démocratie et libertés. A Paris, Isidore Ndaywel avait traité ses compatriotes Congolais de la diaspora des naïfs et rêveurs. Car, il faut le savoir, c'est le même Isidore Ndaywel, nommé par Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale, qui avait pris la tête du comité national d’organisation du 14e sommet de la Francophonie, et Alias Jaynet Kabila, chapeautait alors la "commission parlementaire de supervision" du sommet de la Francophonie.

    Le 14e sommet de la Francophonie avait eu lieu la semaine dernière à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Déjà dénoncé par François Hollande depuis Paris, Alias Joseph Kabila était tancé par les ONG et associations de défense des droits de l’Homme !

     

    Lors qu'on est un converti de la 26è heure, dans la lutte de libération d'un pays, comme l'est Isidore Ndaywel, on ne joue pas au Matador. Isidore Ndaywel doit se résaisir et vite récréer la cohésion dans son équipe. Il doit recourir à l'aide des prêtres et évêques pour mieux mener sa mission. Ce n'est pas à lui de diviser son équipe pour mieux régner, il doit toujours rassembler et fédérer: forces et énergies.

    Nous ne voulons plus voir des images insensées: prêtes humiliés et déshabillés, des soudards qui profanent des églises, des nourrissons gazés au lacrymo, des jeunes assassinés: Rosy Tshimanga, Thérèse Kapinga et autres...pendant qu'Isidore Ndywel est planqué !
  • RDC: Marie-Ange Mushobekwa sonné au Conseil des droits de l'homme !

    RDC: Marie-Ange Mushobekwa sonné au Conseil des droits de l'homme !

    Marie-Ange Mushobekwa, la putative ministre des droits humains.

    Marie-Ange Mushobekwa a eu chaud dans la salle du Conseil des droits de l'homme, le 3 juillet dernier. Il ne fait bon d'être ministre fantoche aux droits de l'homme du régime d'imposture, d'occupation et de prédation en République démocratique du Congo. "Menteuse" professionnelle, Marie-Ange Mushobekwa va jusqu'à déclarer que les "Bana Mura" n'ont aucun lien avec le gouvernement congolais. Pire que les libertés individuelles sont garanties en RDC ! La liberté de manifester et la liberté d’opinion étaient garanties par la Constitution de la République démocratique du Congo et que les interdictions prononcées avaient été depuis levées ! On croit rêver ! Marie-Ange Mushobekwa, la putative ministre des droits de l'homme, dont les multiples déclarations ne sont jamais suivies d'effet, l'accompagnatrice de la dictature, a eu son ième douche froide au Conseil des droits de l'homme. Pas facile de défendre la RDC, un "abattoir d'êtres humains" dont tous les voyants sont au rouge, qui vient de contribuer du départ des Etats-Unis du Conseil. Que peut Marie-Ange Mushobekwa, à part faire des bruits avec sa bouche ? La blablateuse justifie des odieux crimes afin de protéger son bifteck dans un régime illégitime, illégal qui dirige par défi ! Celle qui a pris la mauvaise habitude d'enfariner le Conseil des droits de l'homme, pour montrer bonne figure, Marie-Ange Mushobekwa déclare: «Le meurtre de Michael Sharp et Zaïda Catalan, les deux experts des Nations Unies et de leurs accompagnateurs congolais ne restera pas impuni. Certains suspects ont déjà été mis aux arrêts et sont détenus à la prison centrale de Kananga ainsi que celle de Kinshasa. D’autres suspects demeurent en cavale. Nous espérons qu’avec le soutien de la Monusco, nous arriverons à mettre la main sur ces criminels». Cela fait deux ans que les experts des Nations-Unies ont été assassinés. Sur les réseaux sociaux, la vidéo de leur assassinat a même été diffusée...Les autorités de Kinshasa n'ont toujours pas mis la main sur des assassins. Même la confirmation de l'élection présidentielle au 23 décembre, n'a pas emballé la salle du Conseil: Alias Joseph Kabila est-il candidat ? Comment vont fonctionner les machines à voler ? Tous les candidats vont-ils concourir librement ?

    La France a réclamé que les trois experts Ndiaye (Sénégal), Luc Côté (Canada) et Fatimata M’Baye (Mauritanie) qui ont mené l’enquête aux Kasaï puissent continuer leurs enquêtes. Malgré la solidarité de quelques pays africains dictatoriaux, la majorité des pays ont réclamé la fin de l'impunité en République démocratique du Congo. Pour aider nos lecteurs à mieux saisir ce qui s'est passé, nous mettons à votre disposition la réaction de chaque pays et des Ong sur la situation de la République démocratique du Congo.

    Le Conseil des droits de l’homme a tenu, le 3 juillet dernier, à la mi-journée, un dialogue renforcé sur la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo, à l’occasion duquel il a entendu des mises à jour orales du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, M. Zeid Ra’ad Al Hussein; du chef de l’Équipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï, M. Bacre Waly Ndiaye; et du chef par intérim du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme en République démocratique du Congo, M. Abdoul Aziz Thioye, qui s’exprimait au nom de la cheffe de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo, Mme Leila Zerrougui. Mme Marie-Ange Mushobekwa, Ministre des droits humains de la République démocratique du Congo, a également fait une déclaration.

    La situation des droits de l’homme demeure un motif de grande préoccupation sur l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo, a affirmé d’emblée M. Zeid. Le Haut-Commissaire a évoqué, pour s’en alarmer, le degré de violence dans le Sud et le Nord Kivu et dans les régions des Kasaï. De même, la violence interethnique et intercommunautaire s’est poursuivie dans la province de l’Ituri entre les membres des communautés hema et lendu, avec des morts, des incendies de villages et des déplacements massifs. De leur côté, les forces armées récemment déployées auraient également commis des violations des droits de l’homme, ciblant en particulier la communauté lendu, a précisé M. Zeid. Selon le Bureau de coordination de l’aide humanitaire des Nations Unies, a ajouté le Haut-Commissaire, le conflit a entraîné le déplacement de 4,4 millions de personnes.

    M. Zeid a indiqué ensuite que le Haut-Commissariat avait fourni des conseils techniques à la commission nationale d’enquête mise sur pied par le Gouvernement en réponse aux attaques brutales survenues lors des manifestations de décembre 2017 et de janvier 2018, commission dont les recommandations sont pratiquement restées lettre morte. Le Haut-Commissaire a enfin déploré le rétrécissement de l’espace public en République démocratique du Congo.

    M. Waly Bacre Ndiaye a ensuite fait savoir qu’après huit mois d’enquête fondée, notamment, sur plus de 500 entretiens avec des victimes et témoins de violence dans la région du Kasaï, l’Équipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï avait des motifs raisonnables de croire que, pendant la vague de violence qui touche le Kasaï depuis 2016, les forces de sécurité congolaises ainsi que les milices Kamunia Nsapu et Bana Mura ont commis de nombreuses atrocités, y compris des meurtres, mutilations, viols et d’autres formes de violences sexuelles. Les experts sont d’avis que certaines de ces exactions constituent des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre, tels que définis par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

    M. Abdoul Aziz Thioye a déclaré pour sa part que l’Accord politique du 31 décembre 2016 restait la « seule voie viable » pour sortir de la crise politique et sécuritaire actuelle. Il a salué les avancées dans les préparatifs des élections du 23 décembre 2018, qui démontrent la volonté des parties prenantes à ce qu’elles se matérialisent par un transfert pacifique de pouvoir. Jugeant essentiel qu’une solution durable soit trouvée, M. Thioye a encouragé les autorités à lutter contre l’impunité de même qu’à œuvrer à la réconciliation et à la restauration de l’autorité de l’État.

    Mme Marie-Ange Mushobekwa, Ministre des droits humains de la République démocratique du Congo, a regretté que le travail de terrain de l’Équipe d’experts se soit fait dans la précipitation, ce qui sème un doute sur l’authenticité de certaines éléments relevés dans ses enquêtes. Elle a néanmoins admis que des éléments des forces armées se sont rendu coupables d’atrocités dans le Kasaï. Elle a également reconnu que la milice Kamuina Nsapu avait semé la terreur pendant plusieurs mois, avait recruté de gré ou de force des enfants, les poussant à tuer tous les agents de l’État qu’ils rencontraient sur leur chemin.

    À l’occasion du dialogue renforcé qui a suivi ces présentations, de nombreuses délégations* se sont exprimées. Elles ont mis l’accent sur l’ampleur de la crise en République démocratique du Congo et exhorté les autorités nationales à créer un climat propice à la tenue des élections prévues le 23 décembre prochain, avec comme condition préalable l’élargissement de l’espace dévolu à la société civile, la transparence et l’inclusion. Il a été en outre demandé au Gouvernement de respecter les engagements pris dans l’Accord politique du 31 décembre 2016 et de lutter contre l’impunité pour les crimes passés et présents. Certains orateurs ont demandé le renouvellement du mandat de l’Équipe d’experts internationaux.

    Le Conseil poursuivait ses travaux en fin d’après-midi pour entendre la mise à jour orale du Haut-Commissariat concernant la coopération avec l’Ukraine et l’assistance dans le domaine des droits de l’homme – mise à jour qui sera suivie d’un dialogue interactif.

    Dialogue interactif renforcé sur la République démocratique du Congo

    Dans sa résolution 35/33, le Conseil a prié le Haut-Commissaire de dépêcher une équipe d’experts internationaux, notamment des experts de la région, afin de réunir et de conserver des informations, d’établir les faits et les circonstances concernant des violations présumées des droits de l’homme ou d’atteintes à ces droits et des violations du droit international humanitaire dans les régions du Kasaï. Dans la même résolution, le Conseil a prié le Haut-Commissaire de lui présenter un rapport d’ensemble avec les conclusions de l’équipe, et d’inviter cette dernière à participer à un dialogue à sa trente-huitième session. Dans sa résolution 36/30, le Conseil a par ailleurs prié le Haut-Commissariat de lui présenter un compte rendu oral sur la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo à sa trente-huitième session, dans le cadre d’un dialogue interactif renforcé.

    Le rapport de l’Équipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï est publié sous la cote A/HRC/38/31 (version préliminaire).

    Présentations

    M. ZEID RA’AD AL HUSSEIN, Haut-Commissaire aux droits de l’homme, a déclaré que le dialogue international est à la fois important et arrive à point nommé, la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo demeurant un motif de grande préoccupation sur l’ensemble du territoire. En effet, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH) a répertorié un nombre croissant de violations, soit 2858 entre janvier et mai derniers, par rapport à 2332 pour la même période en 2017; et l’ampleur réelle de ces violations est certainement encore plus grande, a indiqué le Haut-Commissaire. Ainsi, la situation en matière de sécurité va en se détériorant dans plusieurs régions, avec un impact dramatique sur les civils, a-t-il souligné.

    M. Zeid a plus particulièrement exprimé sa préoccupation face au degré de violence dans le Sud-Kivu et le Nord-Kivu et dans les régions des Kasaï, notant une activité accrue des Nyatura et d’autres groupes armés Mayi-Mayi dans le Nord-Kivu, ainsi que de la coalition Mayi-Mayi dirigée par William Yakutumba, particulièrement active dans le Sud-Kivu et, plus récemment, dans la province de Maniema.

    La violence interethnique et intercommunautaire s’est également poursuivie dans la province de l’Ituri entre les membres des communautés Hema et Lendu, avec des morts, des incendies de villages et des déplacements massifs, a poursuivi le Haut-Commissaire. Les forces armées récemment déployées auraient également commis des violations des droits de l’homme, ciblant en particulier la communauté Lendu, a-t-il ajouté.

    La situation dans les régions des Kasaï est tout aussi inquiétante, avec de graves abus à l’encontre des civils de la part des groupes armés et de multiples violations commises par les forces de sécurité et de défense congolaises en réponse aux activités de ces milices, a en outre fait observer M. Zeid. Il a noté, à cet égard, que conformément à la résolution 35/33 du Conseil, le Haut-Commissariat avait aussi assisté l’enquête des autorités militaires dans les régions des Kasaï avec deux missions d’experts en médecine légale, en protection des témoins et autres experts judiciaires.

    Du fait de ces conflits, et d’autres encore, un très grand nombre de personnes ont dû fuir leurs foyers et abandonner leurs moyens de subsistance, ce qui aggrave leur vulnérabilité aux violations mentionnées, en particulier pour ce qui est des femmes et des enfants. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires (BCAH) fait actuellement état de 4,4 millions de personnes déplacées dans la République démocratique du Congo, a précisé M. Zeid.

    Le Haut-Commissaire a fortement exhorté les autorités à respecter leurs obligations au regard du droit international et du droit international humanitaire dans toutes les zones de conflit: Bas-Uélé, Haut-Uélé, Sud et Nord-Kivu, Maniema, Tanganyika et les régions des Kasaï. Il a en outre exhorté à davantage d’efforts pour la reddition de comptes des responsables de violations, y compris les auteurs de violence sexuelle liée au conflit, surtout lorsqu’il s’agit d’agents étatiques. M. Zeid a indiqué que des membres des forces armées congolaises (FARDC) semblent être responsables d’un gros tiers des violations et abus, y compris de violence sexuelle, que le Bureau conjoint aux droits de l’homme a documentés dans toutes les zones de conflit depuis le début de cette année. Ces crimes ne sont pas uniquement préjudiciables aux victimes; ils affectent aussi la crédibilité des autorités chargées de la protection, ce qui pousse les gens à créer des groupes d’auto-défense illégaux ou à s’affilier à de tels groupes, a fait observer le Haut-Commissaire. Il a en conséquence exhorté le Gouvernement à prendre les mesures nécessaires à la poursuite des auteurs de ces violations.

    Le Haut-Commissaire a par ailleurs noté qu’au cours des derniers mois, peu de progrès ont été accomplis dans la reddition de comptes pour les crimes passés. En avril dernier, un lieutenant-colonel a été condamné à 20 ans de prison par le tribunal militaire du Sud-Kivu pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, y compris esclavage sexuel, pillage et attaques contre des civils commis entre 2005 et 2007.

    M. Zeid a ajouté rester aussi troublé par les nombreuses violations des normes du droit international et des principes associés au droit des gens de participer à l’espace démocratique, ce qui fait planer des doutes sérieux sur la crédibilité des élections, longtemps reportées et prévues maintenant pour le 23 décembre 2018. Aucun progrès non plus n’est à noter dans l’application de mesures de confiance telles que stipulées dans l’accord politique du 31 décembre 2016, notamment pour ce qui est du respect des droits à la liberté d’opinion, d’expression et de réunion pacifique, de la remise en liberté de tous les prisonniers politiques et de la reddition de comptes pour les violations des droits de l'homme. L’impunité est monnaie courante, ce qui sape la confiance de l’opinion publique dans les engagements du Gouvernement, a fait observer le Haut-Commissaire.

    M. Zeid a ensuite indiqué que le Haut-Commissariat avait fourni des conseils techniques à la commission nationale d’enquête mise sur pied par le Gouvernement en réponse aux attaques brutales survenues lors des manifestations de décembre 2017 et de janvier 2018. Publié en mars, le rapport de la commission a conclu que les membres de la police et de l’armée avaient effectivement commis des violations des droits de l’homme, notamment par l’usage excessif de la force. Ce rapport formule un éventail de recommandations pertinentes, en particulier pour ce qui vise à lever l’interdiction des manifestations publiques et à restreindre le recours à l’armée durant les manifestations. M. Zeid a toutefois regretté que, jusqu’à présent, la plupart de ces recommandations n’aient pas été appliquées et que le rapport consolidé n’ait été transmis au Ministère de la justice que la semaine dernière. Au contraire, les autorités ont continué à interdire, ou réprimer, les activités organisées par la société civile et les partis d’opposition, a déploré M. Zeid. Le Haut-Commissariat a relevé 61 violations du droit à la liberté d’assemblée entre mars et mai derniers, a-t-il indiqué. D’autre part, l’intimidation à l’endroit des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes s’est intensifiée, certains recevant régulièrement des menaces contre leur vie et leur famille. M. Zeid a aussi fait état de multiples cas d’arrestations et de détentions arbitraires de la part des forces de sécurité. Le maintien en détention incommunicado durant de longues périodes aux mains des services de renseignement et sans aucun examen judiciaire est un autre sujet de grave préoccupation et doit être interdit, a ajouté le Haut-Commissaire.

    M. Zeid a signalé que la législation en cours de préparation semble viser une restriction encore plus forte des libertés publiques et du rôle de la société civile, en particulier pour ce qui est des projets de loi sur le terrorisme, sur la protection et les responsabilités des défenseurs des droits de l’homme (actuellement devant le Parlement) et sur la réglementation du travail des organisations à but non lucratif. Le Haut-Commissaire a vivement encouragé les parlementaires à s’abstenir d’adopter ces textes, qui ne respectent pas les droits de l’homme de la population.

    Le Haut-Commissaire a conclu que dans la perspective des élections, le Gouvernement gagnerait à pleinement respecter ses engagements au titre de l’accord politique du 31 décembre 2016, y compris pour ce qui est de libérer tous les prisonniers politiques. Des mesures visant à assurer le respect des droits de l'homme permettraient en outre de traiter nombre des causes profondes du conflit qui ravage désormais la République démocratique du Congo, a souligné M. Zeid. La sécurité, tant au niveau national qu’au niveau international, ne peut être obtenue que lorsque les droits et la sécurité des individus sont garantis, a-t-il rappelé. Il a conclu en soulignant qu’à travers la coopération technique et la supervision, le travail du Haut-Commissariat apporte une assistance vitale aux autorités, y compris dans le contexte du processus électoral.

    M. ABDOUL AZIZ THIOYE, chef par intérim du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme en République démocratique du Congo (BCNUDH), s’est exprimé au nom de la cheffe de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), Mme Leila Zerrougui, en précisant que cette dernière n’était pas en mesure de se présenter devant le Conseil. Il a fait observer que des progrès ont été accomplis en République démocratique du Congo et a plus particulièrement mentionné la mise en place par la Ministre des droits de l'homme d’une commission chargée d’enquêter sur la répression violente de manifestations pacifiques des 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018; il a toutefois regretté que la plupart des recommandations de cette commission restent encore à mettre en œuvre plus de trois mois après la publication de son rapport.

    L’accord du 31 décembre 2016 reste la seule voie viable pour sortir de la crise politique et sécuritaire actuelle, a poursuivi M. Thioye. Il a salué les avancées dans la préparation des élections du 23 décembre prochain, qui démontrent la volonté des parties prenantes à ce que ces élections donnent lieu à un transfert pacifique de pouvoir. Les engagements répétés du Gouvernement à garantir les libertés publiques et les droits civils et politiques doivent se concrétiser pleinement afin d’ouvrir l’espace démocratique et de créer les conditions nécessaires pour un processus électoral apaisé, inclusif, indépendant et crédible, a insisté M. Thioye. Il a en outre exhorté les autorités de la République démocratique du Congo à adopter une approche constante en matière de gestion des manifestations et réunions publiques, dans le strict respect de la Constitution et sans aucune considération liée à l’appartenance politique des organisateurs.

    Les privations de liberté de longue durée et au secret (incommunicado) aux mains des services de renseignement doivent aussi cesser, a déclaré M. Thioye. Les représentants de la société civile, les défenseurs des droits de l'homme et les journalistes contribuent à consolider l’expression démocratique et doivent pouvoir exercer librement leurs activités légitimes sans entrave ni intimidation, a-t-il insisté.

    Par ailleurs, la situation humanitaire continue à être préoccupante, a poursuivi M. Thioye. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance a souligné que 3,8 millions de personnes, dont 2,3 millions d’enfants, avaient besoin d’aide dans la région du Kasaï. En outre, des milliers d’enfants qui avaient été enrôlés dans les milices manquent aujourd’hui du soutien nécessaire pour réintégrer leurs familles et leurs communautés. Dans cette région, les conclusions de l’Équipe d’experts indépendants mandatée par le Conseil sont très importantes pour aider les autorités congolaises à assurer la reddition de comptes face aux violations massives des droits de l'homme, prévenir leur récurrence et fournir des réparations aux victimes. Il est essentiel qu’une solution durable soit trouvée, en luttant contre l’impunité, pour la réconciliation et pour restaurer l’autorité de l’État, a insisté M. Thioye. En conclusion, il s’est fait la voix de l’engagement plein et entier de la MONUSCO pour aider les autorités de la République démocratique du Congo à faire face aux défis en matière de droits de l'homme.

    M. BACRE WALY NDIAYE, chef de l’Équipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï, a déclaré qu’après huit mois d’enquête fondée sur plus de 500 entretiens avec des victimes et témoins de violence dans la région du Kasaï, ainsi que sur des informations provenant d’autres sources, sur la base des informations collectées, vérifiées et corroborées, l’Équipe a des motifs raisonnables de croire que pendant la vague de violence qui touche le Kasaï depuis 2016, les forces de défense et de sécurité congolaise (FARDC), la milice Kamunia Nsapu et les milices Bana Mura ont commis de nombreuses atrocités, y compris des meurtres, mutilations, viols et autres formes de violences sexuelles. Les experts sont d’avis que certaines des exactions commises par les FARDC et ces milices constituent des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre tels que définis par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) ainsi que de graves violations et atteintes aux droits de l'homme.

    Le chef de l’Équipe a expliqué que la situation dans cette région est complexe et les acteurs de violence sont multiples. La milice Kamunia Nsapu, majoritairement composée de personnes issues de la communauté Luba, est née d’un conflit coutumier et d’un mouvement politico-coutumier qui s’opposait aux autorités étatiques. Grace à un système de recrutement bien organisé et à la mise en place de tshiota (ou foyers initiatiques), la milice s’est vite propagée, a su organiser et planifier des attaques contre les signes de l’État congolais. La réaction des FARDC face à cette expansion a été brutale. Par ailleurs, les milices Bana Mura, composées en grande majorité de jeunes hommes de l’ethnie Chokwe, ont été créées localement en réaction à l’arrivée de milices Kamunia Nsapu dans leurs zones.

    Il existe des liens plus ou moins étroits entre les FARDC et ces milices Bana Mura, tant elles ont conduit ensemble des opérations contre les Kamunia Nsapu. Mais à ce jour, l’Équipe n’a pas pu établir l’existence d’une chaîne de commandement commune entre ces deux entités, a précisé M. Ndiaye.

    Il a souligné que les membres de son Équipe ont été choqués par l’ampleur et la brutalité des crimes commis par tous les acteurs de la crise au Kasaï. Alors que les violences ont touché toutes les populations, les enfants ont particulièrement été affectés, a-t-il ajouté. La milice Kamunia Nsapu a recruté massivement des enfants, souvent sous la contrainte, et les a utilisés en première ligne, souvent non armés sinon de simples bâtons. De nombreux enfants sont morts lors des combats contre les FARDC qui étaient, elles, équipées d’armes automatiques et tiraient sans sommation, faisant un usage disproportionné de la force, a indiqué le chef de l’Équipe d’experts. Les femmes ont également représenté un grand nombre des victimes, notamment des victimes de viols et d’autres formes de violence sexuelle.

    Les attaques menées dans les villages par les FARDC, les Bana Mura et les Kamunia Nsapu ont forcé des milliers de personnes à fuir dans la brousse. Les femmes ont été confrontées à des miliciens qui leur laissaient le choix entre le viol par un ou plusieurs hommes et la mort; d’autres ont été réduites en esclavage, a précisé M. Ndiaye.

    Selon l’Équipe d’experts, le problème de l’impunité reste très sérieux en République démocratique du Congo, compte tenu de l’ampleur des crimes commis, a souligné M. Ndiaye. Aussi, l’Équipe présente-t-elle une série de recommandations, essentiellement dans le domaine judiciaire, afin que les auteurs des crimes odieux soient jugés et les victimes rétablies dans leurs droits, a conclu son chef.

    MME MARIE-ANGE MUSHOBEKWA, Ministre des droits humains de la République démocratique du Congo, a rappelé que, dans les provinces du Kasaï, le « phénomène Kamuina Nsapu » n’était au départ qu’un mouvement créé sur la base de revendications coutumières, mais qui s’est transformé en groupe terroriste. Elle a déploré que certains acteurs politiques, tant sur le plan national qu’international, aient voulu instrumentaliser le drame de la région à des fins politiques. C’est pourquoi le Gouvernement de la République démocratique du Congo a soutenu la résolution 35/33 du Conseil des droits de l'homme, votée le 23 juin 2017, pour permettre la manifestation de la vérité sur cette situation, et a accueilli favorablement la désignation de l’Équipe d’experts internationaux en lui apportant sa totale coopération, conscient qu’aucune paix, aucune réconciliation ne serait possible sans justice.

    Indiquant revenir du Kasaï, la Ministre a regretté que le travail de terrain de l’Équipe d’experts se soit fait dans la précipitation, ce qui sème un doute quant à l’authenticité de certaines éléments relevés dans ses enquêtes. Mme Mushobekwa a indiqué qu’elle n’entendait pas pour autant rejeter en bloc le travail de l’Équipe d’experts et a reconnu que certains éléments des forces armées se sont rendu coupables d’atrocités dans le Kasaï. Elle a également reconnu que la milice Kamuina Nsapu avait semé la terreur pendant plusieurs mois et avait recruté de gré ou de force des enfants, les poussant à tuer tous les agents de l’État qu’ils rencontraient sur leur chemin.

    Les principes des droits de l'homme sont universels et il n’y a donc pas de bons et de mauvais crimes, a poursuivi la Ministre des droits humains. « Tous les crimes sont condamnables et doivent être condamnés », a-t-elle insisté, précisant que son Gouvernement avait déjà mis aux arrêts les trois quarts des policiers et militaires coupables de crimes, alors que d’autres sont recherchés. Pour certains, les procès ont déjà commencé, a précisé Mme Mushobekwa.

    Concernant les manifestations du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018, les conclusions des enquêtes initiées par le Gouvernement à travers le Ministère des droits humains ont répertorié 14 morts et 32 blessés par balles et ont été transmises à la justice pour engager des poursuites contre tous les auteurs de ces crimes, a ajouté la Ministre.

    S’agissant enfin du processus électoral, Mme Mushobekwa a confirmé une fois de plus que les élections présidentielles et législatives nationales et provinciales auront bien lieu le 23 décembre 2018.

    Dialogue interactif renforcé

    L’Autriche, au nom de l’Union européenne, s’est dite très préoccupée par la situation de crise profonde que traverse actuellement la République démocratique du Congo sur le plan humanitaire et sur celui des droits de l’homme. L’Autriche s’est alarmée de l’ampleur des violences sexuelles dans les provinces de l’Ituri, des Kivu, du Tanganyika et des Kasaï. Elle a condamné avec la plus grande fermeté l’usage d’enfants soldats et les violences commises par les milices Kamuina Nsapu contre la population et les représentants de l’autorité publique. L’Autriche a en outre insisté sur l’importance de poursuivre, d’une manière crédible, légitime, consensuelle et inclusive, le processus électoral qui devrait conduire aux élections présidentielles et législatives prévues pour le 23 décembre prochain.

    Le Togo, au nom du Groupe africain, a félicité le Gouvernement de la République démocratique du Congo pour sa bonne coopération avec l’Équipe d’experts internationaux, à laquelle il a facilité l’accès au pays, aux sites et aux personnes que les experts ont souhaité rencontrer. Le Togo a en outre regretté la publication tardive du rapport d’experts.

    La République tchèque a appelé le Gouvernement de la République démocratique du Congo à la mise en œuvre des recommandations qui lui sont faites, soulignant que les violations systématiques perpétrées par les forces étatiques et des milices armées peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. La République tchèque a souligné l’importance de lutter contre l’impunité, y compris pour ce qui est des responsables d’assassinats du personnel humanitaire et de l’ONU.

    L’Allemagne a lancé un appel en vue de la prorogation du mandat de l’Équipe d’experts internationaux, avant de se dire alarmée par les violences et par le recours permanent à l’enrôlement forcé d’enfants, qu’elle a condamnés. L’Allemagne a en outre espéré que les élections se tiendront conformément aux résolutions pertinentes. L’Estonie a encouragé le Gouvernement de la République démocratique du Congo à poursuivre sa coopération. Elle s’est inquiétée des conséquences humanitaires du déplacement de plus d’un million de personnes dans les pays voisins. L’Estonie a exhorté à la libération des enfants soldats et à leur réinsertion. Elle a aussi plaidé pour que s’ouvre la voie vers la justice pour toutes les victimes du conflit – un conflit dont il convient aussi d’analyser les causes profondes, a souligné l’Estonie.

    La Belgique a relevé que le rapport mentionne certaines exactions commises par les forces de sécurité et les milices Bana Mura et Kamuina Nsapu contre la population – y compris des meurtres à grande échelle, des viols et autres formes de violence sexuelle, des exécutions extrajudiciaires, l’usage excessif de la force et les destructions intentionnelles de villages, d’hôpitaux et d’écoles – qui constituent des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. La Belgique a souligné l’importance de la lutte contre l’impunité et de la réconciliation, deux aspects essentiels pour garantir la non-répétition des violences.

    La France a dit prendre note avec la plus grande préoccupation des conclusions des experts. Elle a estimé qu’il était indispensable que toute la lumière soit faite sur les crimes décrits et que leurs auteurs soient traduits en justice. La France considère aussi que le mandat des experts doit être renouvelé. Elle a fait observer par ailleurs que le retour à la stabilité en République démocratique du Congo dépendait de la tenue, à la date prévue, soit le 23 décembre 2018, d’élections libres, crédibles et transparentes, conduisant à une alternance démocratique du pouvoir.

    Vu la gravité des crimes relevés par les experts, la Suisse a recommandé que le mandat de ces derniers soit renouvelé pour un an supplémentaire; et que leurs recommandations soient suivies d’effets, de même que celles de la commission nationale d’enquête. La Suisse a demandé comment la communauté internationale pouvait aider la République démocratique du Congo à appliquer ces recommandations. L’Australie a voulu savoir quelles mesures le Gouvernement congolais envisageait de prendre pour traduire en justice les auteurs des crimes recensés par les experts.

    Le Soudan a, pour sa part, remarqué que le Gouvernement de la République démocratique du Congo avait coopéré avec le Conseil et pris des mesures pour résoudre les problèmes qui se posent. Le Soudan estime que la République démocratique du Congo doit continuer de bénéficier de l’assistance technique et de mesures de renforcement de ses capacités. L’Espagne a elle aussi reconnu l’effort de coopération de la République démocratique du Congo. Elle a appelé de ses vœux une politique de réconciliation nationale afin d’éviter que les violences intercommunautaires ne se poursuivent.

    Le Botswana a jugé déplorable que la situation dans le Kasaï ait conduit à une crise humanitaire qui a entraîné 1,4 million de personnes déplacées et 35 000 réfugiés. Il a appelé toutes les parties prenantes à ne pas entreprendre d’action susceptible de saper la stabilité politique et la sécurité. Le Botswana a considéré important que la communauté internationale fournisse l’aide nécessaire aux victimes. La Chine a espéré que les parties au conflit donneraient la priorité à la stabilité. Elle a recommandé aux pays de la région d’appliquer l’accord-cadre d’Addis-Abeba. La communauté internationale doit aussi fournir une assistance constructive et répondre aux problèmes humanitaires, a demandé la Chine.

    Le Royaume-Uni s’est dit troublé par les violations des droits de l'homme commises par la milice Kamuina Nsapu et par les forces de sécurité, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre ou contre l’humanité. Pour résoudre les causes profondes de la violence, le Royaume-Uni a demandé au Gouvernement congolais d’appliquer l’Accord du 31 décembre et d’organiser des élections crédibles et inclusives en décembre prochain. Le Royaume-Uni a demandé à l’Équipe d’experts de quelle coopération elle avait bénéficié de la part du Gouvernement s’agissant de l’enquête sur le meurtre de deux experts de l’ONU, en mars 2017.

    Les Pays-Bas se sont dit choqués et horrifiés par l’échelle des atrocités commises dans les Kasaï par les forces de sécurité et les milices Kamuina Nsapu et Bana Mura. Ils ont exprimé leur profonde préoccupation à propos du manque total de protection des enfants dans ce cycle de violence. Les Pays-Bas ont souligné l’importance de l’existence d’un espace politique dans le pays, en particulier en cette année électorale. L’Irlande a appelé tous les groupes armés à cesser immédiatement le recrutement d’enfants soldats et à renvoyer dans leur famille ceux qui sont encore dans leurs rangs. Elle a souligné la nécessité d’une solution politique durable pour mettre fin à la violence.

    L’Érythrée a salué les efforts fournis par le Gouvernement congolais pour assurer la sûreté et la sécurité de ses citoyens dans toutes les régions du pays. L’Érythrée a estimé que la République démocratique du Congo avait besoin d’un renforcement de ses capacités et de ses ressources, sur la base de ses propres priorités, pour parvenir à une solution durable. L’Érythrée a appelé le Conseil à abandonner la procédure existante et, en lieu et place, à renforcer son partenariat constructif avec la République démocratique du Congo. L’Égypte a félicité le Gouvernement congolais pour ses efforts et l’a prié de les renforcer pour améliorer la situation des droits de l'homme. Le représentant égyptien a plaidé pour une approche globale de l’assistance technique et du renforcement des capacités.

    Le Mozambique a noté avec préoccupation l’implication des forces de défense aussi bien que des milices Kamuina Nsapu et Bana Mura dans la commission de nombreuses atrocités: il a demandé à l’Équipe d’experts d’aider la République démocratique du Congo à en identifier les causes structurelles. L’Algérie a exhorté le pays à poursuivre ses efforts en matière de promotion et de protection des droits de l'homme et a appelé la communauté internationale à lui fournir le soutien requis.

    L’Angola a lancé un appel aux acteurs du processus de régularisation pour qu’ils surmontent leurs divergences et construisent des espaces de convergence pour la paix, la sécurité, la stabilité et la réconciliation nationales.

    La Nouvelle-Zélande s’est dite préoccupée par les violences systématiques et généralisées contre les civils appartenant à certains groupes ethniques. La Nouvelle-Zélande est également troublée par l’usage excessif de la force par les forces de sécurité et de défense contre des manifestants; elle a exhorté le Gouvernement à autoriser l’exercice des droits de réunion pacifique et d’expression. La Nouvelle-Zélande a aussi plaidé pour des enquêtes judiciaires transparentes et indépendantes sur toutes les violations des droits de l'homme.

    Plusieurs organisations non gouvernementales ont participé au débat interactif renforcé. La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) a salué les conclusions des experts, rappelant que des organisations membres de la Fédération avaient déjà documenté de tels crimes. Alors que l’impunité continue de régner en République démocratique du Congo, la Ligue est préoccupée par le fait que, dans le contexte des élections prévues pour décembre, si rien n’est fait pour mettre un terme à ce climat, la situation se détériorera davantage.

    Human Rights Watch a également exprimé des préoccupations quant au climat d’impunité qui prévaut dans le pays, avec seulement « quelques suspects et criminels de bas niveau » arrêtés, alors que la violence ne cesse de croître dans les provinces de l’Ituri et que des civils sont toujours ciblés au Kivu et dans la province du Tanganyika. Toute cette violence est exacerbée par le climat politique qui règne en République démocratique du Congo, et en particulier par le fait que le Président Kabila est resté au pouvoir bien au-delà de son mandat constitutionnel en reportant à chaque fois la tenue des élections, a expliqué la délégation.

    Mais, selon l’Association Dunenyo, les élections prévues en décembre 2018 pourraient bien ne pas se tenir, tant les signes qui remontent du terrain sont inquiétants. Partout dans les rues de Kinshasa, la capitale, des affiches appellent « le Président hors-mandat » à se présenter à nouveau, en violation de la Constitution et de l’Accord de la Saint-Sylvestre. De telles méthodes sont de nature à créer un climat qui justifiera un report des élections, permettant au Président de continuer de rester au pouvoir, au risque d’un soulèvement populaire qui pourrait avoir de graves conséquences dans le pays, mais aussi dans la sous-région, a prévenu la délégation.

    L’Action internationale pour la paix et le développement dans la région des Grands Lacs a également exprimé des inquiétudes quant à tenue des élections, à leur régularité et à leur transparence. Le Gouvernement veut ainsi imposer des « machines à tricher » non prévues par le code électoral; et, dans un rapport, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a comptabilisé plus de 20 millions de faux électeurs dans les listes électorales. Quant au « Président hors-mandat », il ne fait plus mystère de son intention de se présenter aux élections, a regretté l’ONG.

    La Fédération internationale de l'ACAT Action des chrétiens pour l'abolition de la torture - FIACAT s’est pour sa part inquiétée des restrictions de l’espace démocratique, avec notamment la détention de militants de l’organisation Filimbi, de défenseurs des droits de l'homme ou d’opposants. La préparation d’une nouvelle loi sur la réglementation des organisations non gouvernementales imposera des conditions drastiques à leur création, a mis en garde la représentante. Franciscain international a exprimé les mêmes inquiétudes, déplorant par exemple que l’interdiction de manifestation publique soit toujours en vigueur. Dans le contexte des élections à venir, l’ONG a recommandé la prise de mesures de « décrispation politique » dans le pays, comme la libération des prisonniers politiques.

    World Evangelical Alliance a demandé si les experts avaient noté un quelconque rôle des entreprises multinationales dans les violences au Kasaï, région connue pour son sous-sol très riche en minerais.

    Amnesty International s’est alarmée de l’incapacité des autorités congolaises de poursuivre les auteurs des violations graves des droits de l’homme sur leur territoire, seuls deux cas ayant fait l’objet d’une enquête. Amnesty s’est aussi inquiétée de la suppression de la liberté d’expression et du manque d’obligation redditionnelle en République démocratique du Congo. L’ONG a appelé les autorités à remédier à cette situation et le Conseil à renouveler le mandat des experts internationaux.

    Les défenseurs des droits de l’homme sont menacés dans l’exercice de leur travail en République démocratique du Congo, a fait remarquer Le Service international pour les droits de l'homme, qui a aussi encouragé les autorités de ce pays à mener des enquêtes impartiales pour établir les faits et juger les auteurs des violations des droits de l’homme commises par toutes les parties. L’ONG a également fait état de lois sur les associations et la société civile qui viendront encore limiter l’espace dévolu aux défenseurs des droits de l’homme en République démocratique du Congo.

    Réponses et conclusions

    M. ZEID a fait part de sa surprise après les propos de la Ministre des droits humains de la République démocratique du Congo, qui a assuré que les trois quarts des policiers et soldats coupables de crimes avaient été arrêtés. Le Haut-Commissaire a prié la Ministre de donner des éléments concrets, car ses affirmations sont en contradiction avec les informations reçues par le Haut-Commissariat. Par ailleurs, le Haut-Commissaire a critiqué le projet de loi sur les défenseurs des droits de l'homme car il se concentre plus sur la définition et les activités des défenseurs que sur la nécessité de les protéger. M. Zeid a estimé que cette loi aurait des effets négatifs sur la liberté d’association.

    M. THIOYE a souligné que le Haut-Commissariat restait prêt à aider la République démocratique du Congo à renforcer ses capacités.

    M. NDIAYE a fait observer que l’Équipe d’experts avait pu travailler grâce à la coopération franche avec le Gouvernement. S’agissant de la capacité de la justice congolaise, le chef de l’Équipe d’experts internationaux sur la situation au Kasaï a reconnu que l’assistance technique n’avait pas été suffisante pour l’amener à la hauteur des crimes commis. M. Ndiaye a souligné la nécessité d’un processus de transition en République démocratique du Congo, pour comprendre les raisons de la crise et pour permettre à la population de prendre part à son avenir.

    MME MUSHOBEKWA a remercié le Haut-Commissaire pour son soutien et son accompagnement dans l’amélioration de la situation des droits de l'homme en République démocratique du Congo. La Ministre a aussi remercié l’Équipe d’experts internationaux, estimant qu’il faudrait renouveler son mandat car plus d’éléments sont nécessaires et il faut que justice soit rendue. Pour répondre aux interrogations des délégations, Mme Mushobekwa a indiqué que des enquêtes crédibles avaient été menées après les violences commises par les forces de sécurité lors des manifestations du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018, et a assuré que justice serait rendue. Au sujet de l’organisation des élections de décembre 2018, la Ministre a assuré que son Gouvernement veillait à en assurer la crédibilité afin que tous se plient au verdict des urnes.

    En ce qui concerne l’organisation de manifestations publiques, Mme Mushobekwa a rappelé que la liberté de manifester et la liberté d’opinion étaient garanties par la Constitution de la République démocratique du Congo et que les interdictions prononcées avaient été depuis levées. Quant à la question sur les militants détenus, elle a reconnu qu’ils avaient été détenus pendant cinq mois, que les services de renseignement n’avaient pas l’obligation d’en informer son Ministère des droits humains et qu’elle ne pouvait pas se substituer aux juges et tribunaux. Mme Mushobekwa a admis également la nécessité de renforcer les capacités des policiers en matière de droits de l'homme, certains commettant parfois des bavures par manque de connaissance, a-t-elle expliqué. Un plan de formation des policiers et militaires a été mis en place, a-t-elle annoncé, espérant que les mêmes erreurs ne seraient pas commises de nouveau.

    Quant à la milice Bana Mura, elle n’est en aucun cas liée au Gouvernement congolais, a assuré la Ministre. Au sujet des allégations de femmes esclaves sexuelles dans la province du Kasaï, Mme Mushobekwa en a informé les Ministères de l’intérieur et de la défense pour qu’ils les recherchent et les libèrent et a demandé des précisions à la MONUSCO. Mais, a-t-elle annoncé, seulement trois femmes ont été retrouvées.

    Concernant la loi sur les défenseurs des droits de l'homme, la Ministre a précisé que le Gouvernement congolais avait soutenu le projet de loi voté par les sénateurs, mais ensuite amendé dans un autre sens par les députés.

     

    *Délégations ayant participé au débat: Union européenne; Togo (au nom du Groupe Africain); Tchéquie; Allemagne; Estonie; Belgique; France; Suisse; Australie; Soudan; Espagne; Botswana; Nouvelle-Zélande; Chine; Royaume-Uni; Pays-Bas; Érythrée; Irlande; Mozambique; Algérie; Angola; Égypte; Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH); Human Rights Watch; Association Dunenyo; World Evangelical Alliance; Fédération internationale de l'ACAT Action des chrétiens pour l'abolition de la torture - FIACAT; Franciscain international; Action internationale pour la paix et le développement dans la région des Grands Lacs; Amnesty International; Service international pour les droits de l'homme...